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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Étoile, saison 1 (2025)

Publié le 4 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Musique, Amazon, Review, USA, France, Drame

Après Mrs Maisel, succès critique incontestable pour Amazon, Amy Sherman-Palladino a clairement eu carte blanche de la part du diffuseur, et a décidé de revenir à ses premières amours, déjà exploitées dans Bunheads : le ballet et la danse classique. 

D'où cette première saison d'Étoile, en 8 épisodes d'une heure, une saison diffusée dans l'anonymat le plus total, et annulée dans la foulée, alors qu'une saison 2 était déjà commandée. Voyons voir si le programme méritait mieux...

Étoile, saison 1 (2025) :

Pour tenter de sauver leurs compagnies respectives, Geneviève Lavigne (Charlotte Gainsbourg), du Ballet National de Paris, et Jack McMillan (Luke Kirby), du New York Metropolitan Ballet, décident d'échanger certains de leurs talents : Cheyenne Toussaint (Lou de Laâge), danseuse-étoile rebelle et activiste écolo, est envoyée à New York, tandis que Mishi Duplessis (Taïs Vinolo), fille de la Ministre de la culture française, et le chorégraphe excentrique Tobias Bell (Gideon Glick) arrivent à Paris...

Univers très élitiste, tournage en français et en anglais (et dialogues qui passent de l'un à l'autre de manière souvent aléatoire), longs passages dansés... à la base, on ne peut pas dire que Étoile se soit facilité la tâche, ou que la série se prête vraiment à un succès commercial et critique. On reste cependant dans les préoccupations et intérêts habituels des Palladino, y compris au niveau du personnage principal de la série, Cheyenne.

Après une Lorelai Gilmore qui dynamitait la haute société de sa famille, ou encore Mrs Maisel qui cassait tout sur son passage pour connaître le succès dans le monde du stand-up, on a ici Cheyenne Toussaint, danseuse française ultra-exigente et perfectionniste, écoterroriste battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, guerrière de la danse qui envoie tout et tout le monde bouler pour ne suivre que ses intuitions et ses impulsions, tsundere capricieuse qui pense avoir toujours raison...

...et cette fois-ci, c'est insupportable. Un peu comme dans le cas d'une Maisel des dernières saisons, les Palladino semblent avoir choisi une protagoniste carriériste et radicale, une femme arrogante et ambitieuse, très talentueuse mais qui a conscience de sa supériorité, assez égocentrique, et qui n'a que faire des sentiments d'autrui sur le chemin de ses objectifs. Un personnage abrasif, antipathique et cassant, qui, pour fonctionner, demanderait une interprétation charismatique et subtile, avec beaucoup de charme.

Et je ne sais pas si c'est la barrière de la langue dans l'écriture (Lou de Laâge joue en français et en anglais, et l'écriture des dialogues français est parfois assez artificielle), les différences entre le jeu français et américain, ou tout simplement un problème d'interprétation, mais Cheyenne ne fonctionne pas du tout : gueularde comme une poissonnière, toujours une expression de Grumpy Cat sur le visage, aucune alchimie avec les autres personnages, systématiquement dans le clash et le mépris, Cheyenne Toussaint ressemble à un mauvais personnage de sitcom... et ça coule une grosse majorité de la série.

Déjà que de manière générale, le programme semble ne pas savoir sur quel pied danser (!) : l'écriture semble fréquemment déséquilibrée, oscillant entre "regardez comme le ballet, c'est formidable et poétique" avec de longues plages de chorégraphie d'ailleurs très bien filmées, une comédie dans la lignée des programmes précédents du couple, et plusieurs sous-intrigues principales très inégales : d'un côté, la gestion des deux compagnies de danse, les problèmes moraux posés par le financement de Crispin (Simon Callow), mécène excentrique et oligarque louche, et la relation entre Lavigne et McMillan (pas désagréable, tout ça, et Charlotte Gainsbourg est excellente - même si ses disputes avec sa sœur sont imbuvables).

De l'autre, le quotidien des compagnies de danse ; à côté, les soucis de Mishi, sa famille bourgeoise, et la mère bricoleuse et caractérielle de Cheyenne qui l'accueille (un gros flop, tout ça, plat, sans grand intérêt, et plein d'excentricités forcées, qui retombe en plus dans les ficelles habituelles de la fille de bonne famille privilégiée qui découvre le monde, à la Rory Gilmore) ; et puis la relation qui se noue entre Tobias, le chorégraphe sur le spectre de l'autisme, et Gabin (Ivan du Pontavice), un danseur arrogant et ambitieux (plutôt amusante, cette sous-intrigue, et du Pontavice est bon dans son rôle, je dois dire).

Habituellement, l'un des points très forts des séries de Palladino et de son époux est leur distribution : le couple a toujours su dénicher des interprètes attachant(e)s, des visages mémorables, et autres character actors donnant de la personnalité et de la présence à tous les personnages secondaires peuplant ses séries.

Ici, il en va de même, on retrouve donc plusieurs des habitués des séries Palladino, en premier lieu desquels Luke Kirby (le Lenny Bruce de Mrs Maisel), mais aussi Gideon Glick (Alfie de Maisel), Yanic Truesdale (Gilmore Girls), Kelly Bishop, Connor Ratliff, etc. Autour d'eux, d'autres seconds rôles attachants, notamment David Haig. Des interprètes solides qui donnent du corps à la série (comme le font d'ailleurs les running gags, çà et là, du "tu penses qu'il/elle va revenir", ou de la danseuse accompagnée par son psy), mais systématiquement, tout tend à s'arrêter dans un grincement à chaque fois que Cheyenne entre en scène, comme un chien dans un jeu de quilles, ultra-intense avec sa démarche de camionneuse, sa moue boudeuse et son ton agressif.

Pour utiliser une image directement liée à la série : Étoile, c'est un peu comme de regarder la chorégraphie fluide et maîtrisée d'un numéro de danse (l'ensemble du show, son écriture, sa réalisation), d'admirer certains passages très réussis (certains personnages, certaines scènes), avant de remarquer que la danseuse étoile fait la gueule du début à la fin, qu'elle trébuche çà et là, qu'elle finit en pilotage automatique, et qu'elle quitte la scène en faisant des doigts d'honneur à ses collègues.

 

Alors certes, ça se regarde parce que les Palladino restent très compétents et passionnés, il y a des moments vraiment amusants et réussis, et pour peu que l'on ferme un peu les yeux sur les quelques clichés habituels des séries américaines sur Paris et la France (ainsi que sur une adaptation un peu maladroite au moment de la traduction anglais/français), ça passe, mais le personnage de Cheyenne s'est vraiment avéré un rebutoir total pour moi (surtout compte tenu de la in de la saison) - et à partir de là, difficile pour moi de m'étonner de l'annulation prématurée du programme.

Probablement la série la plus faible (ou du moins, la moins aboutie) du catalogue des Palladino (sur le même thème, Bunheads était tellement, tellement plus attachante).

 

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Reacher, saison 1 (2022)

Publié le 3 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Critiques éclair, Review, USA, Amazon, Les bilans de Lurdo, Télévision, Reacher

Sur un coup de tête, et parce que je n'étais pas d'humeur à regarder quelque chose de plus complexe, j'ai décidé de tenter la saison 1 de Reacher, adaptation des romans de Lee Child pour Amazon, après deux films avec Tom Cruise dans le rôle principal.

Pas de Tom Cruise, ici, mais Alan Ritchson, nettement plus proche du Reacher colossal des livres, et une première saison de 8x45-50 minutes, adaptant le premier récit mettant le personnage en vedette...

Reacher, saison 1 (2022) :

À son arrivée dans la petite ville de Margrave, en Georgie, Jack Reacher (Alan Ritchson), ex-militaire qui erre désormais de ville en ville comme un vagabond, se retrouve embarqué dans une conspiration qui le dépasse lorsque son frère Joe est retrouvé mort. Bien vite, les cadavres se multiplient autour de Reacher, qui ne peut compter que sur deux policiers locaux, Oscar Finlay (Malcolm Goodwin) et la charmante Roscoe Conklin (Willa Fitzgerald) pour l'aider à mettre fin à un trafic international de fausse monnaie...

Je m'étais déjà fait la réflexion en regardant les films avec Tom Cruise : Reacher, c'est particulièrement régressif, comme un film d'action des années 80-90 avec Steven Seagal, et il ne faut donc clairement pas s'attendre à autre chose que des grosses ficelles narratives et trente tonnes de facilités, enrobées dans des atours d'actioner bourrin.

Et avec Nick Santora (Punisher : War Zone, la production de nombreuses séries pas très subtiles comme Prison Break, FUBAR, Scorpion, The Fugitive...) et son équipe à l'écriture, il ne faut pas s'attendre à ce que les dialogues transcendent tout ça : ici, Reacher est écrit comme un über-Sherlock Holmes doté de dons de voyance, capable de faire des déductions improbables jamais vraiment justifiées de manière crédible au travers de plages d'exposition maladroite et balourde, et qui servent de prétexte à ses enquêtes et à ses bastons.

Je mentirais donc en disant que cette première saison de Reacher m'a convaincu sur le fond : c'est ultra-basique, le scénario a l'épaisseur d'un épisode de l'Agence Tous Risques ou du Rebelle (délayé sur 7 ou 8 heures), les répliques clichées et les rebondissements télégraphiés s'enchaînent, les moments "émotion" sont forcés... et dans l'ensemble, ce n'est pas terrible (mais je suppose qu'une grosse partie de ces problèmes proviennent du récit original, très roman de gare).

Reste la forme, alors, et là, c'est assez inégal : le casting est plutôt réussi (les méchants sont antipathiques, Ritchson a la carrure du personnage, Fitzgerald est très attachante, Goodwin amusant, Kristen Kreuk et Harvey Guillén ont de petits rôles), l'interprétation est solide (quelques moments convainquent moins en début de saison, mais on va placer ça sur le compte d'acteurs et d'une production qui se cherchent)... mais étrangement, l'action est moins probante.

Du moins dans toute la première partie de la saison, puisque la grosse scène d'action finale, en fin de saison, fonctionne assez bien - mais le reste de l'action est plus discutable, jamais vraiment mis en valeur par le montage (histoire de cacher un manque de moyens ? Un manque de savoir-faire ?) et la réalisation, très plate. 

Après, j'ai bien conscience que cette critique semble particulièrement négative - mais ce n'est pas réellement le cas.

Oui, Reacher ne remportera pas de récompenses, et c'est peu ou prou l'équivalent des séries de Stephen J. Cannell, un peu modernisées (la présence de Bruce McGill dans un role de méchant n'aide pas à se défaire de cette impression)... mais pour peu qu'on aborde le tout en ayant pleinement conscience de tout ça (c'était mon cas, et les films d'action bas-de-plafond ne m'ont jamais dérangé), et qu'on éteigne son cerveau, on passe quelques heures plutôt divertissantes à regarder un colosse à la musculature improbable détruire des méchants sans sourciller. 

Ça pourrait être mieux... mais ça pourrait aussi être pire.

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Blog Update ! - Juillet 2025

Publié le 2 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Update

En juillet, des nouveautés, des séries et une quinzaine consacrée à la France sur le blog du Téléphage Anonyme...

#168 - QUINZAINE FRANÇAISE - Heureux gagnants (2024) - 4/6

#169 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le Jardinier (2025) - 2/6

#170 - QUINZAINE FRANÇAISE - Les Infaillibles (2024) - 1/6

#171 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le Larbin (2024) - 2.75/6

#172 - QUINZAINE FRANÇAISE - On fait quoi maintenant ? (2024) - 3/6

#173 - QUINZAINE FRANÇAISE - Super Papa (2024) - 2.5/6

#174 - QUINZAINE FRANÇAISE - La tête dans les étoiles (2023) - 2.5/6

#175 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le procès du chien (2024) - 2.25/6

#176 - QUINZAINE FRANÇAISE - L'heureuse élue (2024) - 3/6

#177 - QUINZAINE FRANÇAISE - Chasse gardée (2023) - 3.75/6

#178 - QUINZAINE FRANÇAISE - Les Vedettes (2022) - 3/6

#179 - QUINZAINE FRANÇAISE - Lune de miel avec ma mère (2025) - 2/6

#180 - QUINZAINE FRANÇAISE - Un mariage sans fin (2025) - 3/6

#181 - Superman (2025) - 4/6

#182 - Heads of State (2025) - 4/6

#183 - Thunderbolts* (2025) - 4.25/6

#184 - Happy Gilmore 2 (2025) - 3.75/6

#185 - Deep Cover (2025) - 4/6

#186 - Diablo (2025) - 4/6

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# Film(s) du mois : 

Un mois plutôt sympathique (ou alors j'étais bien luné, allez savoir) ; pas tant du côté de la quinzaine française (encore que Heureux Gagnants et Chasse Gardée n'étaient pas désagréables), mais plutôt des nouveautés : le retour de Superman, l'avant-dernier film Marvel (les Thunderbolts), ou encore des comédies comme Heads of State et Deep Cover. Pas forcément des chefs d'oeuvre, mais des films sympathiques, comme je le disais juste au-dessus.

 

# Flop(s) du mois : 

Trois films français (Les Infaillibles, avec Ines Reg ; Le Jardinier, avec Michael Youn et JCVD ; et Lune de miel avec ma mère, avec Michèle Laroque), trois ratages fainéants, trois métrages à oublier rapidement.

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# Petit écran :

Quatre séries, ce mois-ci, dont trois séries françaises : une adaptation de Zorro avec Jean Dujardin, amusante, mais qui se perd dans des histoires de couple et de midlife crisis ; une adaptation de Cat's Eyes, pas désagréable, mais bourrée de petites scories qui finissent par s'accumuler ; et Fiasco, un mockumentaire en mode The Office sur le tournage calamiteux d'un film historique - assez réussi même si parfois prévisible.

Et, un peu comme un miroir à Fiasco, The Studio, une série Apple bourrée de caméos sur les coulisses du fonctionnement d'un grand studio hollywoodien, avec Seth Rogen en patron de studio balbutiant. Assez drôle, même si parfois bien trop hystérique.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages en cliquant ici et en consultant nos archives .

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# À venir :

 

En août, une semaine consacrée aux séries, suivie de quelques critiques plus classiques jusqu'à la fin du mois...

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Vous pouvez retrouver la liste de tous les films passés en revue dans ces pages sur la page dédiée à cet effet, accessible via l'onglet Cinéma du menu de haut de page.

 

 

 

En parallèle, les archives des Téléphages Anonymes restent en ligne : 

- L'historique de toutes les éditions précédentes de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries de Noël passés en revue à cette occasion, est disponible sur les pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier.

- L'historique de tous les films et séries d'horreur passés précédemment en revue à l'occasion de l'Halloween Oktorrorfest annuelle, est disponible ici.

- L'index de tous les autres films passés en revue sur le blog des Téléphages est accessible en cliquant directement sur ce lien (000-1000), sur celui-ci (1001-2000) ou bien ce dernier (2000+)...

- Et enfin, les bilans de toutes les autres séries critiquées sont recensés dans dans l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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Les bilans de Lurdo - The Studio, saison 1 (2025)

Publié le 27 Juillet 2025 par Lurdo dans Comédie, Cinéma, Télévision, Les bilans de Lurdo, Review, USA, Apple, Critiques éclair

Série comique Apple Tv écrite et produite par Evan Goldberg et Seth Rogen (ainsi que par des producteurs/scénaristes de Veep), en 10 épisodes de 25-40 minutes, The Studio se veut un hommage au monde du cinéma, et une satire du monde d'Hollywood et des grands studios, à grands renforts de caméos de célébrités (tous les amis de Rogen répondent présents, mais pas que) et d'humour grinçant. Une série qui frappe souvent juste, mais qui se perd parfois aussi un peu en route.

The Studio, saison 1 (2025) :

Lorsque Patty Leigh (Catherine O'Hara) est renvoyée par Griffin Mill (Bryan Cranston), le patron caractériel du studio de cinéma Continental, Matt Remick (Seth Rogen) se retrouve promu au poste de cette dernière, et en charge de toutes les productions à venir. Avec son équipe (Ike Barinholtz, Chase Sui Wonders, Kathryn Hahn), il tente alors de concilier ses ambitions artistiques... et les demandes de Mill, qui exige des films rentables, des blockbusters, et des placements produits.

En réalité, The Studio est un peu une série légèrement bipolaire.

D'un côté, une satire du monde du cinéma, avec de nombreux visages familiers dans leur propre rôle (Paul Dano, Martin Scorsese, Zoe Kravitz, Dave Franco, Anthony Mackie, Ron Howard, Charlize Theron, Steve Buscemi, Sarah Polley, Olivia Wilde, Zac Efron, Johnny Knoxville, Josh Hutcherson, Adam Scott, et beaucoup d'autres, sans compter les guests dans des rôles fictifs), et un regard mordant sur les coulisses des grands studios : Matt qui tente de fusionner un drame de Scorsese avec un film sponsorisé par Kool-Aid, Matt et son équipe qui tentent de faire comprendre à Ron Howard que les 45 dernières minutes du film sont nullissimes, un vol de pellicule qui a lieu sur le tournage d'Olivia Wilde (un épisode qui tourne un peu à vide sur la durée), les rivalités entre les sbires de Matt qui sont prêts à tout pour que leur projet fétiche voie le jour au détriment de celui de l'autre, le peu de considération d'autres corps de métiers pour ceux du cinéma, les cérémonies de récompenses où tout le monde veut être remercié, la nécessité de se plier aux normes de diversité et de bien-pensance n vigueur à un moment t, etc...

Autant d'éléments amusants, plus ou moins efficaces, mais globalement divertissants, et portés par un véritable amour du Septième Art de la part de Goldberg et Rogen, qui s'exprime à chaque instant, et notamment formellement, avec beaucoup de plans-séquences et une caméra portée qui virevolte entre les acteurs.

Et puis il y a aussi quelques épisodes hystériques. Des épisodes qui gueulent beaucoup, assez artificiellement, où le personnage de Rogen devient subitement un incompétent gaffeur qui provoque catastrophe sur catastrophe (durant le tournage du dernier film de Sarah Polley), ou bien qui reposent sur l'utilisation de drogues en tous genres (le grand final, un festival de surjeu et de précipitation artificielle).

Autant j'ai plutôt apprécié la première facette de la série, autant la deuxième m'a rapidement fatigué, et je ressors de cette première saison un peu mitigé : le programme est amusant, assez sympathique (pour peu qu'on ne soit pas allergique à Seth Rogen), on a parfois l'impression de voir Michael Scott à la tête d'un grand studio hollywoodien, et les innombrables caméos apportent une plus-value certaine au projet, mais par moments, ça s'éparpille un peu et ça monte en régime de manière relativement forcée, ce qui convainc moins et donne envie de faire avance rapide.

Pour une saison 1, cela dit, c'est honorable, si tant est que le programme soit renouvelé par Apple (EDIT : ah, si, c'est visiblement le cas).

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Fiasco, saison 1 (2024)

Publié le 6 Juillet 2025 par Lurdo dans Comédie, Documentaire, Critiques éclair, Cinéma, Les bilans de Lurdo, France, Review, Netflix, Romance, Télévision

Mockumentaire en 7 épisodes de 30-40 minutes, Fiasco lorgne fortement sur une production à la The Office, et met en vedette son co-scénariste/co-créateur Pierre Niney, qui a décidément le vent en poupe ces dernières années.

Fiasco, saison 1 (2024) :

Une équipe documentaire suit le tournage chaotique d'Une femme résistante, un biopic fantaisiste du jeune réalisateur Raphaël Valande (Pierre Niney), adapté de la vie de la grand-mère, ex-résistante ayant sauvé des centaines de Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais entre la famille de Raphaël qui le déteste, le financement du film qui bat de l'aile, l'attirance de Raphaël pour Ingrid (Leslie Medina), son actrice principale, et un mystérieux corbeau qui sabote la production et fait chanter Jean-Marc (Pascal Demolon), le producteur, le tournage s'avère des plus compliqués...

J'avoue, j'ai eu un peu peur en commençant la série, notamment parce que le programme est alors assez chargé en témoignages face caméra pas très naturels et un peu trop écrits, et en exposition un peu maladroite.

C'est un risque que prennent toutes les séries (ou films) jouant la carte du mockumentaire : il faut que tout le monde soit naturel et crédible, que ce soit lors des scènes prises sur le vif, ou lors des interviews en studio en mode "confessionnal".

Heureusement, rapidement, la série trouve son ton et son rythme de croisière : ce n'est pas parfait, les épisodes sont parfois un peu bordéliques, sortes de compilation d'idées et de gags cringe sans unité thématique, et c'est très caricatural, mais dans l'ensemble, une fois que le moteur tourne à plein régime, on ne s'ennuie pas.

On regrettera néanmoins que le show téléphone un peu trop les chutes de certains gags (que ce soit des jeux de mots foireux - le quiproquo sur "Amadou et Marianne" - ou la découverte du passage secret de la grand-mère et ce qu'il renferme), qu'il soit si gentil avec le milieu du cinéma français, qu'il s'éparpille un peu çà et là, ou encore que les tentatives de pathos et d'émotion arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe.

Cela dit, je m'attendais à bien pire, Niney s'amuse vraiment à se prendre des gadins à répétition, et finalement, ça se regarde plutôt sympathiquement.

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Blog Update ! - Juin 2025

Publié le 5 Juillet 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Update, Review

​Un mois bien meilleur que le précédent sur le blog du Téléphage Anonyme, avec notamment une grosse semaine consacrée aux séries, et des films d'une qualité nettement supérieure au néant du mois de mai...

#156 - Nightbitch (2024) - 2.5/6

#157 - Predator : Killer of Killers (2025) - 3.75/6

#158 - Maelstrom : The Odyssey of Waterworld (2018) - 4/6

#159 - Mountainhead (2025) - 3/6

#160 - Summer of 69 (2025) - 3.75/6

#161 - Queen of the Ring (2025) - 3.25/6

#162 - The King of Fighters (2009) - 1/6

#163 - Things will be different (2024) - 4/6

#164 - The Instigators (2024) - 3/6

#165 - Fucking Kassovitz (2011) - 4.5/6

#166 - Fountain of Youth (2025) - 1.75/6

#167 - Ballerina (2025) - 4/6

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# Film(s) du mois : 

Comme d'habitude, mettons de côté les documentaires (Fucking Kassovitz, un journal de tournage assez intéressant, et Maelstrom, un retour sur la production chaotique de Waterworld), et concentrons-nous sur les autres films : Ballerina, un actioner s'inscrivant dans l'univers de John Wick et n'ayant pas à rougir de la comparaison ; Things will be different, un film de science-fiction/voyage temporel/thriller indépendant assez intrigant ; la version animée de Predator, réussie sans être exceptionnelle ; et puis Summer of 69, une comédie adolescente amusante.

# Flop(s) du mois : 

Là, pas trop de surprises : Fountain of Youth, un navet Apple qui se veut un film d'aventures à la Indiana Jones, mais ressemble plus à un mauvais succédané de Benjamin Gates, le charisme en moins ; The King of Fighters, une adaptation fauchée du jeu vidéo du même nom ; et, à ma grande surprise, Nightbitch, une comédie noire fantastique sur Amy Adams qui se transforme en chien... mais qui, honnêtement, n'apporte rien de particulièrement frais ou intéressant à son second degré de lecture sur la maternité, sur la dépression et sur tout ce que traverse son personnage principal. C'est compétent et bien interprété, mais c'est aussi du déjà vu, à un point tel qu'on s'en lasse rapidement.

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# Petit écran :

Beaucoup de séries au programme de ce mois de juin, à commencer par une semaine entière consacrée au petit écran, en ouverture de mois.

Dans le désordre, j'ai ainsi visionné la première et unique saison de la mini-série pandémique Sprung, de Greg Garcia, une comédie sympatoche dans la droite lignée des autres productions du bonhomme, comme My Name is Earl.  

Toujours au rayon des premières saisons de comédies, on peut citer la première saison de Shifting Gears, où Tim Allen nous refait son numéro de père de famille ronchon (bof) ; et la première saison de St. Denis Medical, peu ou prou Superstore dans un hôpital - pas désagréable, tout en s'inscrivant dans un format très balisé.

On continue dans les saisons 1, mais plus sérieuses, avec la première saison (et la seule, à priori) du Penguin, la série DC/HBO qui s'inscrit dans le même univers que The Batman de Matt Reeves : une bonne surprise, je dois dire, avec une interprétation magistrale de Colin Farrell et de Cristin Milioti ; on peut aussi citer l'équivalent Marvel de ce Penguin, à savoir la saison 1 de Daredevil, Born Again, et l'ascension du Kingpin à la mairie de New York City : un programme Disney + qui fusionne les séries Daredevil de Netflix au MCU, et qui s'avère plutôt réussi.

Au rayon des bonnes surprises, la saison 1 de Dexter : les origines a su dépasser mes attentes (qui étaient, je l'avoue, inexistantes) : ça se regarde bien, le ton est là, et bien qu'une grosse partie de la saison soit un peu redondante, ce n'est pas un désastre. Un peu le même cas de figure pour la saison 7 de Black Mirror : je n'en attendais rien de très mémorable, et finalement, j'ai senti Charlie Brooker plus inspiré que dans les autres saisons récentes.

Je suis légèrement plus mitigé sur la saison 2 de Primal, la série d'animation de Genndy Tartakovsky, qui se perd un peu dans sa sérilisation, tout en restant captivante ; et sur la saison 2 des Anneaux de Pouvoir, ambitieuse et spectaculaire, mais toujours plate et quelconque dès que le programme s'intéresse aux humains.

Reste enfin la saison 15 de Doctor Who, une saison frustrante qui sous-exploite ses acteurs et leurs personnages, et se termine en queue de poisson ; et Bandits Bandits, l'adaptation Apple Tv du film de Terry Gilliam, une adaptation un peu phagocytée par le style de ses créateurs (Taika Waititi et Jemaine Clement), assez bordélique, et qui s'avère inégale.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages en cliquant ici et en consultant nos archives .

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# À venir :

 

En juillet, comme tous les ans, une quinzaine consacrée aux productions françaises, et quelques critiques plus normales par la suite...

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Vous pouvez retrouver la liste de tous les films passés en revue dans ces pages sur la page dédiée à cet effet, accessible via l'onglet Cinéma du menu de haut de page.

 

 

 

En parallèle, les archives des Téléphages Anonymes restent en ligne : 

- L'historique de toutes les éditions précédentes de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries de Noël passés en revue à cette occasion, est disponible sur les pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier.

- L'historique de tous les films et séries d'horreur passés précédemment en revue à l'occasion de l'Halloween Oktorrorfest annuelle, est disponible ici.

- L'index de tous les autres films passés en revue sur le blog des Téléphages est accessible en cliquant directement sur ce lien (000-1000), sur celui-ci (1001-2000) ou bien ce dernier (2000+)...

- Et enfin, les bilans de toutes les autres séries critiquées sont recensés dans dans l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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Les bilans de Lurdo - The Penguin, saison 1 (2024)

Publié le 29 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Thriller, Policier, HBO, Review, USA, DC, Télévision, Les bilans de Lurdo

Suite directe de The Batman de Matt Reeves (un film inégal mais qui est remonté un peu dans mon estime au revisionnage), ce The Penguin propose, en huit épisodes d'une heure environ diffusés sur HBO Max, de narrer l'ascension du Pingouin dans le monde de la pègre de Gotham City, sous la supervision de Lauren LeFranc, ancienne scénariste sur Chuck et Agents of SHIELD...

The Penguin, saison 1 (2024) :

Alors que Gotham City se remet difficilement de l'acte terroriste du Riddler, Oz Cobb (Colin Farrell), dit "le Pingouin", ex bras droit de feu Carmine Falcone, décide de s'emparer du pouvoir dans les sphères criminelles, et d'organiser le trafic d'une nouvelle drogue. Il fait alors tout son possible pour monter les deux grandes familles du crime, les Falcone et les Maroni, l'une contre l'autre, mais la libération inattendue de Sofia Falcone (Cristin Milioti), fille de Carmine et tueuse en série enfermée à Arkham, va mettre des batons dans les roues du Pingouin...

Une crime story dans l'univers de Batman, mais sans Batman, une ascension à la Scarface plutôt réussie et intrigante, portée par une interprétation excellente de plusieurs acteurs, en particulier Colin Ferrell (on oublie totalement que c'est lui sous le masque), Cristin Milioti (excellente en fille de mafieux revancharde), et Deirdre O'Connell (en mère du Pingouin, atteinte de Parkinson et de sénilité).

Tout au long des huit épisodes de la saison, donc, on suit les parcours parallèles de Oz Cobb et de Sofia Falcone, qui tous deux finissent par gravir les échelons de la pègre : le premier en trahissant et manipulant tout le monde, en montant les Maroni et les Falcone les uns contre les autres, en manigançant, et en se trouvant toujours au bon endroit, au bon moment ; la seconde en se montrant implacable, en acceptant son héritage, en rejetant sa réputation, et en allant toujours plus loin pour s'imposer.

Le tout, sur fond de Gotham ravagée par les exactions du Riddler, et corrompue de bout en bout. De quoi dresser un portrait sinistre de la ville de Batman, totalement absent de la série, et humaniser au maximum le personnage du Pingouin, que ce soit au travers de son amitié naissante avec le jeune Victor (Rhenzy Feliz), qu'il prend sous son aile après l'avoir surpris en train de voler les jantes de sa voiture (un renvoi direct à Jason Todd et Batman), mais aussi et surtout via sa relation avec sa mère Francis.

Une relation dévouée et fusionnelle qui sera recontextualisée en fin de saison, tout comme cette amitié avec Victor, qui trouvera un dénouement inévitable à ce même moment : qu'on se le dise, dans le monde de la pègre de Gotham, il n'y a pas de fin heureuse, et tout le monde est capable de tuer si les motivations sont suffisantes.

En face de Farrell, impeccable, on a aussi Cristin Milioti, sexy, vénéneuse, instable et à fleur de peau, qui compose une antagoniste parfaite pour le Pingouin : tout dans le personnage est un contraste total à l'existence de Cobb, et l'actrice parvient, à grands renforts de nuances et de moments subtils, à donner corps à cette fille de mafieux accusée de crimes qu'elle n'a pas commis, torturée dans un asile, et bien décidée à se venger du destin et de la vie... en commençant par Cobb.

Bref, une très bonne surprise que cette mini-série (je suppose que c'est une mini-série, car je ne vois pas de saison arriver derrière) qui se conclue de la seule manière possible : par un Pingouin triomphant... et l'apparition du Batsignal dans le ciel.

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Les bilans de Lurdo - Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (2024)

Publié le 22 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Amazon, Critiques éclair, Drame, Action, Aventure, USA, UK, Review

Après une saison 1 très attendue, en 2022, mais à l'accueil critique comme public assez mitigé (pour des raisons valables, comme pour des raisons typiquement... réactionnaires) ayant créé une atmosphère assez nocive autour de la sortie du programme, revoici l'adaptation Amazon des événéments précédant le Seigneur des Anneaux.

Toujours 8 épisodes d'une grosse heure au programme, avec un tournage en grande partie relocalisé au Royaume-Uni, pour la suite d'un récit qui ne m'avait pas déplu, malgré un côté un peu éparpillé et des scories inhérentes à une saison 1...

Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (Rings of Power, season 2 - 2024) :

Après avoir gagné la confiance de Galadriel (Morfydd Clark) et trahi cette dernière, Sauron (Charlie Vickers) part pour l'Eregion où, sous l'apparence d'Annatar, un elfe envoyé par les dieux, il convainc Celebrimbor (Charles Edwards) de créer le reste des Anneaux de pouvoir, notamment ceux destinés aux Nains ; à l'autre bout du monde, le futur Gandalf (Daniel Weyman) croise le chemin de Tom Bombadil (Rory Kinnear), qui le prend sous son aile ; quant à Adar (Joseph Mawle), il réunit ses armées pour écraser une fois pour toutes la menace du retour de Sauron...

Si elle m'avait relativement convaincu, la saison 1 des Anneaux de pouvoir n'était pas sans défauts, loin de là, au premier rang desquels une multiplication des sous-intrigues et des personnages secondaires, qui finissait par brouiller un peu trop les cartes, et par singer trop fréquemment certains points scénaristiques des LOTR de Peter Jackson.

Pour cette saison 2, malheureusement, il en va toujours de même : si le programme se démarque plus franchement de l'influence PJ, pour se concentrer sur une montée en puissance progressive débouchant sur le siège de la ville d'Eregion (dans l'avant-dernier épisode de la saison), la série continue d'avoir des problèmes de structure (parfois inhérents au format et au découpage télévisuel), avec des restes de sous-intrigues conclues de manière précipitée, et d'autres clairement uniquement là pour faire de la mise en place d'événements futurs.

Les points forts et faibles de l'écriture restent toujours les mêmes : les manipulations de Sauron en Eregion fonctionnent, Charlie Vickers ayant radicalement changé d'apparence pour l'occasion, et Charles Edwards étant excellent en orfèvre sous l'influence du Mal ; les mésaventures des nains, et le conflit de Durin confronté à son père, consumé par l'anneau, restent l'intrigue la plus intéressante et la plus attachante de la série (avec une superbe scène finale pour Durin père vs le Balrog) ; tout ce qui touche au Numenor est absolument et complètement insipide (que ce soit à Numenor même, ou sur le continent), avec un vrai déficit de charisme de ce côté-là ; et malheureusement, Gandalf et ses hobbits (dont j'avais apprécié la relation en saison 1) font énormément de surplace, le personnage de Tom Bombadil étant une agréable surprise au milieu d'une sous-intrigue molle qui évoque, par moments, l'entraînement de Luke sur Dagobah (d'ailleurs, pas ultra convaincu par la manière dont le show amène le nom "Gandalf").

Le bilan scénaristique est donc assez inégal, mais je mentirais en disant m'être ennuyé, ou en affirmant que le siège d'Eregion n'est pas impressionnant - ce n'est pas totalement au niveau des films (il reste notamment un côté très studio/télévisuel à certains décors et certains éclairages/cadrages), mais c'est plus qu'honorable compte tenu de l'ampleur et de l'ambition de la proposition.

À l'identique, musicalement, Bear McCreary se démène une fois de plus et parvient à imposer ses thèmes et ses chansons, notamment pour Tom Bombadil, personnage particulièrement casse-gueule s'il en est (léger hors sujet, par contre, sur la "ballade de Damrod" et ses vocalisations death metal).

Ce qui donne, au final, une saison agréable à suivre... mais, un peu comme en saison 1, un peu frustrante : les scories restent toujours présentes (et ne quitteront probablement plus la série, désormais), et empêchent le programme d'être vraiment passionnant de bout en bout, malgré beaucoup de qualités et une interprétation très solide.

À voir en connaissance de cause, donc, et je ne peux m'empêcher de me demander comment la série va bien pouvoir continuer à conserver l'intérêt du spectateur lorsque l'attention des scénaristes va basculer en très grande partie sur Numenor et les humains...

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Les bilans de Lurdo - Doctor Who, saison 15 (2025)

Publié le 15 Juin 2025 par Lurdo dans Who, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Critiques éclair, UK, BBC, Disney, Science Fiction, Review, Fantastique, Jeunesse

Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.

Doctor Who, saison 15 (2025) :

- 15x01 - The Robot Revolution : lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...

Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable. 

- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...

Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.

Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.

- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.

Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.

Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.

- 15x04 - Lucky Day : sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.

Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.

C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.

- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...

Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.

Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....

- 15x06 - The Interstellar Song Contest : Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...

Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.

Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).

- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...

Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.

Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.

- 15x08 - The Reality War : Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...

Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.

Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.

- Bilan saisonnier -

Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.

Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.

Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.

C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.

Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Primal, saison 2 (2022)

Publié le 8 Juin 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, USA, Review, Romance, Fantastique, Histoire, Primal, Critiques éclair

En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.

Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...

Primal, saison 2 (2022) :

Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.

Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.

On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.

La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.

Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.

À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.

La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.

Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.

Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.

Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.

Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner. 

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