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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Daredevil, Born Again, saison 1 (2025)

Publié le 6 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Drame, Thriller, USA, Review, Disney, MCU, Fantastique, Marvel, Télévision, Les bilans de Lurdo, Policier, Religion

Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.

Et pourtant...

Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :

Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...

Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).

Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.

Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.

L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.

Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.

Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.

Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.

On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.

Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.

Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.

De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).

Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).

Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.

On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - St. Denis Medical, saison 1 (2024)

Publié le 5 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, NBC, Critiques éclair, Review, USA, Romance

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine NBC, la chaîne des workplace comedies (The Office, Superstore, Parks & Rec), etc, et Justin Spitzer, scénariste sur Scrubs, The Office et créateur de Superstore ? 18 épisodes de St. Denis Medical, une workplace comedy dans le milieu hospitalier, et qui utilise toutes les formules et les archétypes du genre...

St. Denis Medical, saison 1 (2024) :

À son arrivée à St. Denis Medical, centre hopitalier dans l'Oregon, Matt (Mekki Leeper), jeune infirmier maladroit originaire d'une communauté religieuse repliée sur elle-même, découvre tous ses nouveaux collègues : Ron (David Alan Grier), vétéran urgentiste ronchon, Bruce (Josh Lawson), chirurgien à l'égo surdimensionné, Alex (Allison Tolman), infirmière en chef consumée par son travail, Joyce (Wendi McLendon-Covey), directrice excentrique de l'hôpital, et la jolie Val (Kaliko Kauahi), infirmière administratrive à laquelle il n'est pas insensible...

La première chose qui saute aux yeux, lorsque l'on visionne cette saison 1 de SDM, c'est à quel point la formule habituelle de la workplace comedy NBC est ici appliquée : un format mockumentaire, une patronne à la Michael Scott, un vieux ronchon, un chirurgien arrogant et prétentieux, des patients excentriques, un jeune n00b qui découvre tout ça et qui s'éprend en secret d'une infirmière, une infirmière en chef surbookée et "normale"... on est en terrain très familier, et l'on comprend aussitôt pourquoi bon nombre de critiques US ont qualifié la série, à sa sortie, de "The Office dans un hôpital".

La comparaison aurait fonctionné aussi avec Superstore, dont on retrouve plusieurs acteurs au fil de la saison, et un peu avec Scrubs... mais la différence entre SDM et un show comme Scrubs (ou Green Wing, pour parler de sitcom médicale à l'anglaise), c'est que SDM est plus sage, et se coule vraiment dans le moule formaté des comédies de bureau américaines.

C'est un peu le problème du show, d'ailleurs : la série se repose beaucoup sur les excentricités de Joyce (parfois épuisantes), sur le will they/won't they de Matt et Val (très classique), sur les ronchonnements de Ron, et sur Alex, constamment débordée et négligeant sa vie de famille. Ce qui est une formule éprouvée (peut-être même trop), avec des acteurs solides qui portent le show sur leurs épaules et tiennent bien leur rôle... mais ça s'arrête là.

La série conserve un bon fond, refuse de vraiment se moquer du monde médical, et ça se regarde très facilement : on peut donc dire qu'en tant que première saison d'une sitcom de bureau, SDM fonctionne, mais ne fait pas d'étincelles.

C'est solide, c'est très classique (pour ne pas dire dérivatif) et c'est vaguement amusant : espérons que le programme trouvera une voix plus affirmée en saison 2, comme beaucoup de sitcoms de ce type, et saura se détacher un peu plus de ses influences.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dexter : les origines (2024)

Publié le 4 Juin 2025 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Review, USA, Thriller, Policier, Critiques éclair, Showtime, Drame, Dexter, Paramount

Depuis sa création en 2006 sur Showtime, Dexter a atteint une dimension de série culte... mais est aussi devenue un programme très inégal, au gré des showrunners, des saisons, des antagonistes, etc.

J'ai passé en revue quelques-unes de ces saisons dans ces pages, et si le degré d'appréciation de chaque saison reste très subjectif (par exemple, je ne suis pas super fan de la saison 2, pourtant très appréciée, mais c'est simplement parce que je n'apprécie guère l'actrice Jaime Murray), tout le monde s'entend plus ou moins pour dire que la série, passée sa quatrième saison, n'a fait que décliner.

Jusqu'au relaunch de 2021, avec Clyde Phillips (showrunner de la première heure) aux commandes, qui se voulait une sorte de rédemption de la série, visant à corriger la fin de la saison 8, unanimement détestée... mais qui finissait par frustrer, la faute à une écriture médiocre bourrée de facilités.

Dexter : les origines (Dexter : Original Sin - 2024) :

Gisant dans une ambulance, agonisant, Dexter (Michael C. Hall) voit sa vie défiler devant ses yeux. Il revit ainsi ses jeunes années, en 1991, lorsque, sous la supervisition de Harry (Christian Slater), et à peine âgé d'une vingtaine d'années, Dexter (Patrick Gibson) faisait ses premiers pas au sein de la police de Miami, et ses premiers pas en tant que tueur en série. Ce, alors même qu'un mystérieux meurtrier s'en prend aux enfants de certains officiels de la ville, et qu'un tueur en série frappe les démunis...

Revoici donc Dexter en 10 épisodes de 45-60 minutes pour Paramount+, sous la forme d'une préquelle revenant dans le Miami au début des années 90, et narrant les premiers émois meurtriers du tueur en série... Alors soyons tout de suite très clairs : le gimmick du "Dexter revisite ses souvenirs avant de mourir" n'est qu'un artificie narratif bien pataud et artificiel, puisque non seulement la série nous montre de nombreuses choses dont Dexter ne peut avoir eu connaissance, mais en plus, le programme va être suivi de Dexter Resurrection, au nom assez clair.

Après, ce retour en arrière dans le temps est surtout un gros prétexte pour délaisser le cadre enneigé de la dernière saison de Dexter, et revenir à quelque chose de plus chaud, d'ensoleillé, et aussi de plus racoleur (toutes les "adolescentes" de la série, de Deb à sa copine Sofia en passant par toutes leurs comparses, sont constamment en petites tenues moulantes et ultra-légères, bien cadrées, au point que ça en devient fréquemment forcé), avec en prime une illustration musicale très juke-box.

Et qui dit préquelle dit versions plus jeunes des personnages familiers : ça passe pour Harry, Laguerta (Christina Milian), Masuka (Alex Shimizu) et Batista (James Martinez), c'est très réussi pour Dexter (Patrick Gibson fait un excellent travail de mimétisme et tient particulièrement bien les tics de diction de Michael C. Hall), mais ça coince un peu plus pour Debra (Molly Brown), dont la nouvelle actrice, si elle fait de son mieux pour singer l'interprétation et la diction de Jennifer Carpenter, n'en a ni le physique ni la caractérisation (elle passe toute la saison embarquée dans des frasques de lycéenne girly rose bonbon, à se droguer, à coucher, à se rebeller contre son père, à engueuler son frère, etc).

Encore une fois, ce n'est pas la faute de l'actrice, mais des scénaristes, qui peinent à la rendre vraiment intéressante ou à rendre naturels tous ses fucks et ses insultes, ainsi que son soudain intérêt pour le travail de la police, en fin de saison ; idem pour Harry, qui passe toute la saison à s'inquiéter des tendances de Dexter (ce qui est normal), à enquêter sur le tueur s'en prenant aux démunis (en fait, c'est Brian, le frère de Dexter, qui se venge de ceux qui lui ont fait du mal : un toutéliage forcé, à nouveau, et pas forcément très utile) et à avoir des flashbacks relatant sa relation avec la mère de Dexter (le péché originel d'Harry), et tout ce qui en a découlé, y compris le toutéliage avec Brian. Des flashbacks redondants, pas très utiles, qui se contentent de répéter ce qu'on savait déjà et qui semblent uniquement là pour donner des choses à faire à Christan Slater.

Ce qui pèse tout de même assez lourdement sur l'ensemble de la saison, une saison qui se regarde, mais qui n'est pas forcément très palpitante : Dexter rencontre ses futurs collègues, Dexter tue des méchants, Dexter commet des erreurs sans conséquences car résolues par des grosses ficelles narratives très faciles, et le méchant principal est rapidement évident, dès ses premières apparitions (encore une fois, le fait d'avoir un tueur masqué et de cacher délibérément son identité trahit paradoxalement immédiatement cette dernière, surtout quand il n'y a que deux nouveaux acteurs au casting, Patrick Dempsey et Sarah Michelle Gellar).

Cela dit, cette préquelle de Dexter a pour elle de restaurer un peu de l'atmosphère de la série originale, ce qui est toujours très agréable. Après, même si le tout est nettement plus agréable à suivre et nettement moins cosplay que ce que je redoutais, je ne suis pas certain que le tout soit réellement indispensable, si ce n'est pour faire de Dexter une franchise avec plusieurs séries en parallèle...

M'enfin ça se regarde.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Shifting Gears, saison 1 (2025)

Publié le 3 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, ABC, Hulu, Review, USA, Sitcom

Après C'est moi le chef ! et Super Noël : la série, Tim Allen revient sur le petit écran pour ce Shifting Gears de 10 épisodes de 22 minutes, pour Hulu/ABC, une série qui ressemble beaucoup à ce que l'acteur a déjà fait dans le passé...

Shifting Gears, saison 1 (2025) :

Républicain grincheux, veuf et propriétaire d'un garage de rénovation de véhicules de collection, Matt Parker (Tim Allen) voit sa vie soudainement changer lorsque sa fille Riley (Kat Dennings), démocrate et mère de Carter (Maxwell Simkins), adolescent, et Georgia (Barrett Margolis), fillette précoce, revient s'installer chez lui avec sa progéniture. La cohabitation s'annonce compliquée...

On le voit tout de suite, on est en terrain très balisé, avec un Tim Allen sarcastique et grognon qui fait des vannes de vieux boomer réactionnaire (notamment sur les Français), et une Kat Dennings qui s'oppose à lui, soit exactement ce qu'on pouvait déjà trouver dans Last Man Standing avec la sœur aînée de la famille (et son mari "libéral incompétent").

À partir de là, Shifting Gears n'apporte pas grand chose : on est en terrain archi-familier, c'est générique et inoffensif au possible, avec un Tim Allen étrangement raide et enroué dans certains épisodes, une Kat Dennings qui fait du Kat Dennings, des vannes mollassonnes, des rires enregistrés artificiels, des caméos plus ou moins probants (Brenda Song, Jay Leno, Nancy Travis de Last Man Standing), des personnages secondaires assez classiques (le duo de mécanos Sean William Scott/Daryl Chill Mitchell, la mécano lesbienne qui a trois lignes de dialogue dans toute la saison), et une romance gentiment forcée entre Tim Allen (71 ans) et Jenna Elfman (53 ans).

Pourtant, ponctuellement, tout ça fonctionne, notamment lorsque les scénaristes visent la sincérité et l'émotion plutôt que les vannes... mais honnêtement, on est dans de la sitcom familiale ultra-basique, à l'ancienne, et à moins d'être ultra-fan de Tim Allen, on peut passer son chemin sans hésiter.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Black Mirror, saison 7 (2025)

Publié le 2 Juin 2025 par Lurdo dans Anthologie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Thriller, Drame, Fantastique, Science Fiction, Netflix, USA, UK, Review, Black Mirror, Romance

Deux ans après la diffusion de la saison 6 de Black Mirror, une saison frustrante de 5 épisodes inégaux, Charlie Brooker remet le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes, constituée cette fois-ci de six épisodes, dont une suite directe à l'épisode USS Callister de la saison 4 (dont j'ai honnêtement oublié les tenants et aboutissants - un revisionnage est de rigueur).

Black Mirror, saison 7 (2025) :

- 7x01 - Common People : Lorsque son épouse Amanda (Rashida Jones) est atteinte d'une tumeur au cerveau, Mike (Chris O'Dowd), ouvrier, accepte une procédure expérimentale révolutionnaire, qui sauve sa femme mais la connecte en permanence, contre un abonnement, à un serveur de l'entreprise Rivermind dans le cloud. Mais le forfait de connexion évolue, et quand Rivermind commence à dévaluer le contrat du couple, les choses se compliquent...

Un épisode tragique, noir et efficace, très Black Mirror, qui critique de multiples facettes de notre société actuelle, de la gig economy aux abonnements à géométrie variable (avec boosters et tout le toutim) bourrés de publicité, comme Netflix les aime tant, en passant par les OnlyFans et autres sites de camgirls. C'est peut-être un poil trop long pour ce que ça raconte (avec 5-10 minutes en moins, le spectateur aurait probablement moins le temps de voir venir les rebondissements suivants arriver), mais ça fonctionne tout de même, en déroulant son récit jusqu'à sa conclusion inévitable.

- 7x02 - Bête Noire : Maria (Siena Kelly), conceptrice dans une entreprise de confiserie, s'inquiète de voir Verity (Rosy McEwen), qu'elle avait harcelée au lycée, rejoindre son équipe, d'autant que cette arrivée s'accompagne de bouleversements dans la perception même qu'a Maria de la réalité : encore et encore, Verity semble changer le monde autour d'elle à son avantage, pour se venger de Maria...

Je suis moins fan de cet épisode, dont on devine qu'il a été créé par Brooker sur la base de "l'Effet Mandela, c'est rigolo, mais si c'était quelqu'un qui le contrôlait pour se venger ?". On se retrouve donc avec une bête histoire de vengeance d'une sociopathe contre une ennemie de lycée, avec une Maria délibérément antipathique qui devient de plus en plus paranoïaque, une Verity qui multiplie les regards menaçants, et une explication superficielle pas loin du "A Wizard did it !" qui permet aux protagonistes de changer la réalité en quelques secondes et quelques mots. Pas convaincu par celui-là, ou par son ton outré et caricatural (avec cartons-titres ponctués de grands coups d'orgue).

- 7x03 - Hotel Reverie : Actrice à la mode, Brandy (Issa Rae) aimerait un rôle complexe et profond, plein de sentiments et de romance. Arrive Kimmy (Awkwafina), de la société Redream, qui lui propose de jouer le rôle vedette du remake d'Hotel Reverie, un film sentimental devenu un classique. Mais ce que Brandy ignore, c'est que Redream va lui permettre d'entrer littéralement dans le film, à la place de son acteur principal, et de vivre cette romance impossible avec Dorothy (Emma Corrin), l'actrice principale du film.

Mouais. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec San Junipero, de la saison 3, une romance LGBTQ prenant place dans un monde virtuel à l'esthétique vintage... et ici, critiques comme spectateurs ne se sont pas privés de faire la comparaison, pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, je n'ai pas été ultra-convaincu par ce qui n'est ni plus ni plus qu'un épisode Holodeck de Star Trek The Next Generation, avec son/sa protagoniste qui revit son histoire préférée, qui tombe amoureux d'un personnage, et la défaillance technique qui donne soudainement vie et libre arbitre à ce personnage virtuel, avec tout ce que ça entraîne de complications et de romance impossible.

Sauf qu'ici, le prétexte de base est capillotracté, et l'on peine à percevoir la plus-value de "remaker" à l'identique un film en ne changeant que son acteur principal : ça ne modernise rien du tout, ça n'attire aucun nouveau public, bref, c'est assez creux et ça n'a aucun intérêt (et si justement, une partie de la satire de l'épisode était de se moquer des remakes "woke" très calculateurs, en remplaçant ici un héros caucasien masculin et hétéro par une femme noire et lesbienne histoire de servir la soupe à telle ou telle catégorie démographique... c'est raté, tant l'épisode laisse ce sujet inexploité).

Bref : pas accroché au postulat de départ, pas accroché à l'équipe technique incompétente, pas accroché au couple présenté (qui n'a pas une grande alchimie, avec une Issa Rae trop moderne à tous les niveaux), pas accroché au rendu du film rétro, un peu approximatif et caricatural, et pas accroché aux tentatives de faire de l'émotion bouleversifiante avec le recours un peu facile à du Debussy, qui même sans rien à l'écran parviendrait à émouvoir.

(c'est bien interprété par Corrin, cela dit) 

- 7x04 - Plaything : En 1994, Cameron Walker (Lewis Gribben), journaliste névrosé spécialisé dans les jeux vidéos, découvre Thronglets, un jeu révolutionnaire de Colin Ritman (Will Poulter), qui affirme avoir créé là une vie numérique. Rapidement, en prenant du LSD, Cameron réalise qu'il parvient à comprendre les Thronglets qui vivent dans son ordinateur, et que ceux-ci lui demandent de les aider à se multiplier. En 2034, Cameron (Peter Capaldi) est arrêté et interrogé par les autorités pour un meurtre qu'il a commis...

Un épisode plutôt réussi, suite indirecte de Bandersnatch (Poulter reprend son rôle), et contenu semi-autobiographique pour Brooker, autrefois journaliste de jeux vidéo pour un magazine de jeux PC. L'épisode, divisé en deux parties, adopte une mise en image au format 4/3, multiplie les références et les clins d'œil à une certaine époque et un certain milieu, et propose une interprétation à fleur de peau de Capaldi et de Gribben : de quoi donner corps à cette histoire d'intelligence artificielle à mi chemin entre le Tamagotchi et les promesses d'un Peter Molyneux, une intrigue sympathique qui se termine bien... ou mal. Selon le point de vue.

- 7x05 - Eulogy : Lorsqu'il est contacté par Eulogy, une entreprise de technologie funéraire qui tente de réunir des souvenirs de Carol, qui vient de décéder, Phillip (Paul Giamatti) est hésitant. Mais avec l'aide d'une intelligence artificielle (Patsy Ferran) intégrée dans l'équipement envoyé par Eulogy, il va se laisser convaincre et retracer, en se plongeant virtuellement dans les rares photos qu'il a conservées de l'époque, son histoire compliquée avec Carol...

Un épisode assez différent, très nostalgique, doux-amer et touchant, à deux doigts de la pièce de théâtre, et entièrement porté à bout de bras par Giamatti, excellent comme à son habitude, et par ses interactions avec Patsy Ferran, qui lui sert ici de conscience et remet en questions ses souvenirs et ses choix.

Ici, pas de retournement de situation noir et cynique, mais de la sincérité, et pas de technologie menaçante, mais une invention qui aide à faire le point, à se souvenir, à pardonner, presque comme une thérapie. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'était plutôt joli.

- 7x06 - USS Callister : Into Infinity : Alors que l'équipage de l'USS Callister tente de survivre dans le jeu Infinity, toujours plus monétisé, en dépouillant les joueurs de leurs crédits, cette activité illégale et étrange déclenche des signaux d'alarme dans le monde réel. La véritable Nanette (Cristin Milioti) mène l'enquête, et réalise bien vite l'étendue des actes de Robert Daly (Jesse Plemons), son patron décédé...

Une suite directe à l'épisode de la saison 4, ce long-métrage (90 minutes) est un nouveau volet tout à fait honorable de cette histoire, bien qu'un peu inégal. En réalité, l'épisode m'a donné l'impression d'être coupé en deux : une première moitié constituée d'un résumé des événements précédents, des mésaventures sérieuses et tendues du Callister, et des recherches nerveuses de Nanette dans le monde réel. Et puis une seconde partie plus spectaculaire qui voit monde réel et monde virtuel interagir, et une véritable aventure se mettre en place.

Heureusement, le tout s'équilibre plutôt bien, culminant en un affrontement à deux niveaux, le premier entre le vaisseau et tous les joueurs floués qui veulent se venger (avec des dogfights à la Star Wars), le second entre Nanette et une version virtuelle de Daly, toute aussi instable que l'original. Plutôt sympathique, donc, même si l'épilogue m'a laissé un peu de marbre, pas aussi efficace ou drôle que Brooker semble le penser.

- Bilan saisonnier -

Si je fais mes comptes, on a donc, cette saison, quatre épisodes assez bons et réussis, et deux un bon cran en dessous. Ce qui est nettement meilleur que certaines saisons passées, je dois dire, puisqu'on évite un épisode vraiment mauvais ou trop balourd ou cynique pour convaincre.

Plutôt une saison agréable, en fait, ce qui me surprend, puisqu'il suffit de relire certains de mes bilans précédents (ici) pour s'apercevoir que je n'ai généralement pas forcément une grande affinité avec le style de Charlie Brooker.

Mais je suppose que maintenant, Brooker a plus de moyens, plus de tranquillité d'esprit, et peut-être un peu moins de cynisme... ce n'est pas plus mal (encore que, je suis sûr que pour certains, c'est tout l'inverse, et depuis que Black Mirror est sur Netflix, Brooker est devenu trop gentil et ne fait plus que de la daube ^^)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sprung (2022)

Publié le 1 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Policier, Thriller, Critiques éclair, Sitcom, Les bilans de Lurdo, Télévision, USA, Review, Amazon

Après My Name is Earl, Raising Hope et The Guest Book (au format anthologique plus anecdotique), le showrunner Greg Garcia a remis le couvert pour le service freevee d'Amazon, avec une nouvelle mini-série en 9 épisodes de 30-60 minutes dans la droite lignée de ses productions précédentes : des visages connus, des personnages magouilleurs et white trash, de l'humour absurde et plein de bons sentiments...

Sprung (2022) :

Après avoir passé plus de 25 ans en prison pour un trafic de marijuana, Jack (Garret Dillahunt) est libéré en pleine crise de la COVID, sans avoir nulle part où aller. Avec Gloria (Shakira Barrera), une autre prisonnière avec laquelle il avait flirté à distance derrière les barreaux, il accepte alors l'offre de Rooster (Phillip Garcia), son codétenu, et s'installe chez la mère de celui-ci, Barb (Martha Plimpton). Mais ce logement est assorti d'une condition : que Jack, qui a tout appris en prison et qui est doté d'une excellente mémoire, aide Barb et compagnie à effectuer de petits larcins, voire même... à voler une fortune en tableau chez une représentante du Congrès malhonnête (Kate Walsh).

Difficile de faire rire avec la Covid, et pourtant, en présentant cette crise du point de vue d'une bande d'incapables (Rooster est assez lent, sa mère à peine plus vive d'esprit, Gloria ne pense qu'à magouiller, et Jack, lui, est naïf au possible), Garcia y parvient.

La série propose ainsi le portrait d'une crise durant laquelle personne ne comprend rien à rien, et d'une confusion générale qui va profiter à cette bande d'opportunistes. Tout d'abord, au travers de petites magouilles qui, sous l'impulsion de Jack, prennent pour cible de petites frappes : un trafiquant de papier toilette, un vétérinaire qui fait des tests PCR frauduleux, un trafiquant de drogues/prêteur sur gages... de quoi poser un format intrigant qui laisse deviner ce qu'aurait pu être la série si elle avait été diffusée sur un network.

On y voit en effet un Jack naïf mais ultra-doué, qui a retenu toutes les leçons enseignées pendant ses 26 années en prison, et est capable de les mettre en pratique IRL, comme une sorte d'idiot savant à la fois cambrioleur, homme d'action, spécialiste en tout, etc. Le tout mis en images avec des flashbacks sur son séjour en prison, où Jack apprend X et Y, en fonction de ses besoins du moment.

Autour de lui, que des incapables attachants, qui rapidement vont s'embarquer dans une intrigue de vol de tableaux - un fil conducteur efficace, qui culmine dans l'épisode final (le plus long), et permet une évolution de tout ce petit monde, notamment sur le plan personnel (tout le monde change un peu au gré de la saison, des romances se créent).

Bien qu'étant un peu inégale au niveau gestion du rythme, la série se regarde ainsi très facilement : les personnages sont attachants (comme souvent chez Garcia), les rebondissements sont improbables, l'humour souvent décalé, et cette vision absurde de la crise pandémique fonctionne plutôt bien, sans jamais se départir d'un fond de sincérité et d'émotion toujours agréable.

J'ai donc passé un moment plutôt agréable.

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Blog Update ! - Mai 2025

Publié le 31 Mai 2025 par Lurdo dans Update, Review, Critiques éclair, Cinéma, Télévision, Les bilans de Lurdo

Un mois exceptionnel sur le blog du Téléphage Anonyme, puisque, de tout son calendrier habituel de films et de séries télévisées, pas un long métrage n'a atteint le seuil du "ce film mérite le coup d'œil", à savoir 3.5/6...

 Critique éclair #144 - Cleaner (2025) - 2.25/6

Critique éclair #145 - Sonic 3, le film (2024) - 2.5/6

Critique éclair #146 - Down Periscope (1996) - 2.75/6

Critique éclair #147 - Tekken (2009) - 2/6

Critique éclair #148 - The Electric State (2025) - 2.25/6

Critique éclair #149 - Blanche-Neige (2025) - 1.75/6

Critique éclair #150 - Mickey 17 (2025) - 2.75/6

Critique éclair #151 - The Witcher : Les sirènes des abysses (2025) - 2.25/6

Critique éclair #152 - One More Shot (2024) - 3/6

Critique éclair #153 - Welcome to the Jungle (2013) - 3/6

Critique éclair #154 - Vaiana 2 (2024) - 3.25/6

Critique éclair #155 - Woody Woodpecker : Alerte en Colo (2024) - 2.25/6

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# Film(s) du mois : 

Euh... on va plutôt parler des films les moins pires du mois, donc... Moana 2, qui reste très bien produit et spectaculaire visuellement, à défaut d'être autre chose qu'un patchwork rapiécé à partir d'épisodes d'une série ; Welcome to the Jungle, une comédie un peu bas de plafond mais pas désagréable, et qui va au bout de son idée, avec un JCVD amusant ; et One More Shot, un actioner en pseudo-plan séquence, qui fait toujours son petit effet sans être exceptionnel...

 

# Flop(s) du mois : 

Le remake de Blanche-Neige en prises de vue réelles, raté à tous les niveaux ; le film d'animation Witcher : les sirènes des abysses, qui se prend pour la Petite Sirène ; The Electric State, blockbuster Netflix assez quelconque sauvé par ses effets spéciaux... le choix est large. 

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# Petit écran :

Trois séries, ce mois-ci : Happy's Place, une sitcom assez générique et oubliable qui voit Reba McEntire revenir sur le devant de la scène ; la dernière et ultime saison de Mythic Quest, qui pour sa quatrième fournée, propose quelque chose de souvent frustrant, d'occasionnellement amusant, et de parfois inspiré.

Et le spin off de Mythic Quest, Side Quest, qui tente de feinter en ne proposant que des épisodes unitaires plus sérieux, semblables à ceux qui, une fois par saison, faisaient le succès de la série-mère... sauf que là, forcément, c'est un peu trop, et pas assez drôle à mon goût. 

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages en cliquant ici et en consultant nos archives .

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# À venir :

 

En juin, après une semaine séries, retour à un rythme plus normal jusqu'à la fin du mois, avant la quinzaine française de juillet...

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Vous pouvez retrouver la liste de tous les films passés en revue dans ces pages sur la page dédiée à cet effet, accessible via l'onglet Cinéma du menu de haut de page.

 

 

 

En parallèle, les archives des Téléphages Anonymes restent en ligne : 

- L'historique de toutes les éditions précédentes de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries de Noël passés en revue à cette occasion, est disponible sur les pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier.

- L'historique de tous les films et séries d'horreur passés précédemment en revue à l'occasion de l'Halloween Oktorrorfest annuelle, est disponible ici.

- L'index de tous les autres films passés en revue sur le blog des Téléphages est accessible en cliquant directement sur ce lien (000-1000), sur celui-ci (1001-2000) ou bien ce dernier (2000+)...

- Et enfin, les bilans de toutes les autres séries critiquées sont recensés dans dans l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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Les bilans de Lurdo - Happy's Place, saison 1 (2024)

Publié le 25 Mai 2025 par Lurdo dans Sitcom, Comédie, Télévision, USA, Review, NBC, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair

Après Reba (6 saisons, 2011-2007, sur la CW) et Malibu Country (une saison en 2012 sur ABC), Reba McEntire (l'autre légende féminine de la country outre-Atlantique, avec Dolly Parton) revient sur le petit écran, pour Happy's Place, une workplace comedy NBC en 18 épisodes, d'ores et déjà renouvelée.

Happy's Place, saison 1 (2024) :

Gérante du bar de feu son père Happy, Bobbie (Reba McEntire) supervise tranquillement son personnel : Steve (Pablo Castelblanco), le comptable latino flamboyant, Emmett (Rex Linn), le vieux cuistot ronchon, Gabby (Melissa Peterman), la barmaid excentrique et épuisante, et Takoda (Tokala Black Elk), l'homme à tout faire et serveur amérindien. Jusqu'au jour où elle rencontre Isabella (Belissa Escobedo), qui révèle rapidement qu'elle est sa demi-sœur, née d'une aventure de son père, et qui hérite donc d'une moitié de l'établissement...

Et honnêtement, on se retrouve ici avec quelque chose d'ultra-générique dans le genre. La distribution n'est pas désagréable, McEntire et Peterman ont toujours une excellente alchimie (depuis Reba) et ça a bon fond, mais on retombe dans une workplace comedy vraiment basique, avec des épisodes aux ressorts classiques, qui tentent fortement de concilier émotion et rires, à l'ancienne, sans totalement y parvenir.

Au programme, donc, du cabotinage, des caméos d'anciens de Reba (Steve Howey, Christopher Rich), beaucoup de messages sur l'acceptation et le pardon, une famille recomposée, des rires enregistrés, et des épisodes assez passe-partout, ici sur Gabby qui veut un enfant, sur Isabella qui découvre le bar et ce que l'on y fait, sur Isabella et Bobbie qui apprennent à se connaître, sur du shipping entre Bobbie et Emmett, etc, etc, etc, bref, une sitcom comfort food pour un certain public nostalgique de Reba, et une série un peu handicapée dans certains épisodes par une écriture assez abrasive d'Isabella (qui déboule comme un chien dans un jeu de quilles, commence à faire des changements dans le bar sans prévenir Bobbie, etc).

Mais dans l'ensemble, il n'y a vraiment pas grand chose à dire sur ce programme, un programme paradoxalement plus efficace du côté émotion que du côté humour, très balisé.

Je ne remettrai probablement pas le couvert en saison 2, par contre.

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Les bilans de Lurdo - Mythic Quest : Side Quest, saison 1 (2025)

Publié le 18 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Anthologie, Les bilans de Lurdo, Sitcom, Apple, USA, Review, Drame, Télévision

Probablement parce que les épisodes unitaires intégrés dans chaque saison de Mythic Quest sont justement les épisodes préférés des critiques et des fans, Apple et la production ont décidé de produire ce spin-off de la série principale, une mini-anthologie en 4 épisodes d'une petite demi-heure, intégralement composée de ces "épisodes unitaires" plus sérieux et sincères. Un choix audacieux, surtout après une saison 4 de la série mère un peu cahotante...

Mythic Quest - Side Quest, saison 1 (2025) :

Aux commandes, Ashly Burch, John Howell Harris et la sœur de Rob McElhenney (qui est, il est bon de le noter, scénariste de deux des épisodes unitaires les plus marquants de la série mère), pour un résultat qui a suscité l'enthousiasme des fans et des critiques... mais qui m'a laissé étrangement mitigé, peut-être plus encore que dans le cas de la dernière saison de Mythic Quest.

- 1x01 - Song and Dance : Phil (Derek Waters), directeur artistique de MQ au bord du burnout, part une semaine en vacances à Hawaï avec sa compagne (Anna Konkle), mais ne peut s'empêcher de répondre aux appels constants de Ian Grimm.

Un démarrage pépère, avec un épisode se concentrant sur l'équilibre vie privée/vie professionnelle, sur le refus de s'engager, sur la peur de l'échec, le burnout, tout ça. Pas désagréable en soi, mais pas aussi drôle que les scénaristes ne pensent l'être, Ian semble avoir régressé dans sa caractérisation (surtout lorsque vu en parallèle de la saison 4), et si le couple fonctionne bien, au final, c'est gentillet, sans plus.

- 1x02 - Pull List : Une journée dans une boutique de comics afro-américaine, alors que la patronne et les habitués (Shalita Grant, Rome Flynn, William Stanford Davis, Bria Samoné Henderson, Ramon Reed, Leonard Robinson, Gary Kraus) attendent tous le dernier numéro du comic-book Mythic Quest et refusent de se faire spoiler.

Les trois showrunners passent la main à deux scénaristes afroaméricains pour un épisode particulièrement bien reçu par les fans et la critique... mais que j'ai trouvé particulièrement épuisant.

Pas tant parce que je n'appartient clairement pas à la tranche démographique visée, mais surtout parce que le tout est bourré de clichés (ça s'ouvre sur un débat Goku vs Superman, il y a un pervers amateur de hentai - le seul blanc du lot ^^), très convenu dans sa structure (c'est le format habituel du genre : on découvre un groupe, son quotidien, ses personnalités, ça monte en puissance, ça s'engueule, ça explose, tout le monde se dit ses quatre vérités, et on finit sur une note plus positive où tout le monde se ressoude), les personnages sont bruyants et caricaturaux (mention spéciale à la meilleure copine rondouillarde et gatekeepeuse qui passe tout l'épisode à insulter les autres, à draguer lourdement le beau gosse, et tout ça "parce qu'elle n'a rien d'autre dans sa vie"), bref, ça m'a gonflé plus qu'autre chose, comme du sous-Kevin Smith à la sauce afro-américaine.

- 1x03 - Fugue : Une violoncelliste (Annamarie Kasper) rêvant de jouer les thèmes de MQ sur scène intègre l'orchestre de ses rêves, mais découvre rapidement que la vie en tournée et les exigences du métier tuent progressivement sa passion pour la musique.

Un autre épisode qui touche au problème du perfectionnisme, du burnout, et de faire de sa passion son métier.

Un résultat assez premier degré et mélodramatique pour un dilemne plutôt classique, qui aurait pu être transposé dans n'importe quel milieu, avec une actrice principale musicienne compétente mais que j'ai trouvée un peu en surjeu (elle est un peu trop dans les sourires béats lors de la première partie, et un peu trop dans la tourmente lors de sa crise de nerfs et de ce qui suit) et une réalisation qui fait quelques efforts pour exprimer visuellement la passion de la musique de la protagoniste (le moment où elle entend de nouveau "la musique de la vie" fonctionne, l'étincelle façon Tinkerbell qui rythme ses concerts ou encore la feuille qui se pose sont plus classiques).

Dans l'ensemble, ça se regarde, sans être particulièrement innovant ou original, et c'est un peu longuet et prévisible pour ce que ça raconte.

- 1x04 - The Last Raid : Un groupe de joueurs adolescents de MQ (Van Crosby, Melanie Brook, Alice Wen, David Andrew Calvillo, Justin Jarzombek, Dash McCloud) se lance dans un raid difficile, mais rapidement, il apparaît que presque personne n'a envie d'être là, et que la fin de cette guilde approche à grand pas...

Probablement le seul qui m'ait réellement plu dans cette fournée de quatre épisodes, et ce malgré des premiers moments difficiles qui m'ont fait craindre le pire (avec des dialogues et un doublage un peu forcés et artificiels).

Et puis une fois que tout ce petit monde est posé et que l'on rentre dans le côté vie privée et relations des joueurs, ça fonctionne plutôt bien, et quand bien même l'animation et les visuels ressemblent plus à un MMORPG d'il y a 15-20 ans, le tout reste efficace et sympathique.

On retrouve cela dit la même structure que dans l'épisode Pull List, mais la touche douce-amère est moins forcée que le happy end de l'épisode 02, et l'épisode plus agréable.

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Voilà, on y est, quatre épisodes, un seul m'a vraiment convaincu, un autre m'a paru insupportable, et comme la saison est très courte, ça donne un tout assez déséquilibré.

Un tout qui ressemble étrangement à un recyclage d'épisodes unitaires de la série-mère, qui auraient été refusés au moment de l'écriture de Mythic Quest car pas assez liés au reste du programme. Mais paradoxalement, malgré leurs défauts, tous ces épisodes se seraient probablement mieux intégrés dans la saison 4 que l'épisode spécial que l'on a eu, sur Pootie Shoe.

Reste qu'en soi, cette première (et unique) saison inégale de Side Quest ne m'a pas particulièrement séduit, tant dans ses thèmes assez classiques que dans ses choix : ce n'est pas désastreux, mais c'est assez oubliable.

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Les bilans de Lurdo - Mythic Quest, saison 4 (2025)

Publié le 11 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Romance, Sitcom, Télévision, USA, Apple

Quatrième saison de cette série Apple qui, après une saison 3 en demi-teinte, revient pour dix épisodes de 25 minutes, avec pour objectif de bouleverser le status quo du programme...

Mythic Quest, saison 4 (2025) :

Alors que David cherche une source de financement étrangère pour le studio, le duo Poppy/Ian est bouleversé par l'arrivée, dans la vie de Poppy, d'une romance inattendue : la voilà désormais partagée entre son métier et son couple avec Storm, un artiste ; Dana, elle, entre en conflit avec David, qui refuse de la rémunérer justement pour ses contributions à Playpen... 

Aïe. Je ne m'y attendais pas, mais Mythic Quest a percuté de plein fouet un mur, en saison 4, celui de la flanderisation.

Mais commençons par ce qui fâche : on en a l'habitude, chaque saison de MQ peut être décrite comme un ensemble d'épisodes sympas-sans-plus, au sein desquels brille particulièrement un épisode indépendant, souvent plus sérieux, sincère et touchant. En saison 1, c'était l'épisode mettant en scène Cristin Milioti et Jake Johnson ; en saison 2, l'épisode sur CW Longbottom et sur sa rivalité créative de longue date avec un collègue ; en saison 3, l'épisode sur les jeunes années de Poppy et Ian... 

En saison 4, malheureusement, cet "épisode spécial" n'est pas à la hauteur : un épisode entièrement consacré à Pootie Shoe l'influenceur, écrit par l'acteur interprétant Pootie Shoe, avec Charlie Day dans le rôle de son agent. Pas particulièrement drôle, manquant nettement du sérieux et de l'émotion des autres épisodes spéciaux, cet épisode se regarde passivement, sans jamais marquer.

Et, privée de son habituel épisode excellent, la saison se retrouve à végéter à un niveau très moyen, alourdie par une écriture qui, désormais, est tiraillée entre shipping, copinage et flanderisation.

On le sait, la bande de McElhenney est assez soudée, et il considère son cast comme une famille. Ce qui se traduit par des épisodes écrits et/ou réalisés par divers membres du cast, notamment David Hornsby et Ashly Burch. 

Une Ashly Burch qui, au fil des saisons, a pris de plus en plus de place devant et derrière la caméra, son personnage Rachel ayant été catapulté en quatre ans de simple testeuse de jeux vidéo au poste de directrice de la monétisation de ce studio de plusieurs millions de dollars. Avec elle, sa petite amie Dana, passée de testeuse à game designer, et devenant cette saison une superstar du studio dont les créations (un mini-jeu intégré à Playpen, le Roblox de MQ) font la fortune de MQ.

Seul problème : de plus en plus, les traits paraissent forcés, que ce soit au travers de l'écriture ou de l'interprétation. Rachel (déjà assez surjouée à la base), conspirationiste, touche le fond lors d'une audience au Congrès, où elle perd soudainement 100 points de QI ; Dana devient une diva sociopathe et égocentrique qui se prend pour la meilleure programmeuse de l'univers et n'admet pas que l'on soit meilleure qu'elle (d'aucuns la décrivent comme une Ian 2.0, mais on a déjà vécu ça en saison 2 avec Poppy) ; David se transforme en petit patron autoritaire et méchant ; Carole des RH picole et couche avec tout ce qui bouge...

Jo et Brad restent peu ou prou égaux à eux-mêmes, heureusement, ou presque, puisque Brad est embarqué dans une sous-intrigue d'espionnage industriel avec une ex polonaise, sous-intrigue qui tombe un peu à plat in fine.

À peu près idem pour Ian et Poppy, isolés de leur côté, qui se retrouvent, par contre, dans une intrigue bourrée de shipping, tour à tour sentimental et professionnel : Poppy tombe amoureuse, attend un enfant (l'actrice était enceinte, avec une ellipse temporelle maladroite de 5 mois entre deux épisodes), et prévoit de quitter le studio en fin de saison pour rejoindre son compagnon - ce qui bouleverse bien évidemment sa relation avec Ian, qui travaille avec elle sur la prochaine extension de MQ.

Une intrigue qui se conclue dans un ultime épisode très mélodramatique, où ils s'avouent leur quatre vérités et tombent dans les bras l'un de l'autre pour un baiser passionné - un choix scénaristique polarisant pour le public de la série (très intense) n'envisageant rien d'autre qu'une relation platonique pour ces personnages, et qui concluait la saison sur un cliffhanger.

Sauf que... non, en fait. Entre le moment où j'ai rédigé ces lignes pour la première fois et la date de publication de cette critique, Mythic Quest et son spin-off ont été annulés par Apple. Pas forcément une décision surprenante, sauf que pour compliquer les choses, l'équipe de MQ a eu l'opportunité de revenir sur cet épisode final pour en modifier la fin et éliminer le cliffhanger.

Poppy et Ian se disent désormais leurs quatre vérités mais ne tombent plus dans les bras l'un de l'autre, et la saison (ainsi que la série) se termine en status quo tout sauf probant : une décision créative étrange, un pétard mouillé inexplicable après la montée en puissance du reste de la saison, qui ne fait sens que si la production a un téléfilm de conclusion dans ses cartons, ou si elle a voulu apaiser les fans après leurs protestations en ligne.

Quoiqu'il en soit, ce n'est pas ultra-drôle, tout ça, ce qui se combine à la main très lourde des scénaristes et à la flanderisation des autres personnages, pour donner naissance à une saison très inégale en intérêt comme en rires.

Il y a bien quelques moments ou épisodes sympathiques (le murder mystery à la Agatha Christie - enfin, une partie de Loup-Garou en cosplay d'Hercule Poirot), et le programme continue d'aborder des thèmes pertinents (l'utilisation de l'IA, les investissements saoudiens, l'exploitation du contenu généré par les utilisateurs...) mais ça s'arrête trop souvent là, et l'absence d'un épisode particulièrement fort se fait vraiment ressentir.

Apple et la production, eux, ont brièvement semblé penser que la solution, c'était le lancement d'un spin-off anthologique, Side Quest, uniquement composé d'épisodes "sérieux" centrés sur de nouveaux personnages... Mouais.

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