Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Mini-série Marvel/Disney+ restée dans les cartons depuis fin 2024, Wonder Man a été victime de la nouvelle politique du studio, désormais décidé à diminuer le nombre de productions du MCU, pour ne plus surcharger le marché.
Résultat : huit épisodes d'une petite demi-heure, repoussés jusqu'en janvier 2026, et sortis sans trop de publicité... et c'est bien dommage, puisqu'il s'agit probablement là de l'un des programmes les plus sympathiques de Marvel depuis un bon moment.
Wonder Man, saison 1 (2025) :
Lorsqu'il apprend que son film préféré, Wonder Man, est sur le point d'être remaké par Von Kovak (Zlatko Burić), un réalisateur oscarisé, Simon Williams (Yahya Abdul-Mateen II), acteur talentueux mais anxieux et qui surintellectualise tous ses rôles, n'a qu'un objectif : décrocher le rôle titre. Et lorsqu'il croise le chemin de Trevor Slattery (Ben Kingsley), de retour à la vie de comédien et tentant d'obtenir un rôle secondaire dans le même film, les deux acteurs sympathisent. Mais Simon a un secret - il possède des capacités destructrices qu'il ne maîtrise pas - et Trevor, lui, cache aussi des choses à son nouvel ami : il a négocié sa liberté avec le Département du Damage Control, et il espionne Simon pour obtenir une preuve de ses pouvoirs...
Mettons de suite les choses au clair : la mini-série Wonder Man est sortie sous le label Marvel Spotlight, qui regroupe les programmes plus "urbains" et réalistes de l'univers Marvel, moins liés aux grands événements des longs-métrages : Echo, Daredevil : Born Again, et donc ce Wonder Man, qui pendant la majeure partie de ses 8 épisodes, ressemble presque à une satire HBO ou Showtime du monde des acteurs et d'Hollywood.
Un sujet qui, entre la production et la diffusion de Wonder Man, est revenu entretemps à la mode (The Franchise, The Studio) ; qui plus est, en filigrane, il y a bien l'histoire des pouvoirs de Simon et le passé de Trevor en tant que Mandarin qui revient le hanter (donc la série n'est pas totalement coupée de la continuité du MCU), mais le tout est utilisé pour renforcer le propos du show, et le portrait d'un homme seul, pétri de doutes, qui trouve en un ex-terroriste excentrique un nouveau meilleur ami.
Et ça fonctionne, honnêtement. Sous la caméra de Destin Daniel Cretton (réalisateur de Shang-Chi, déjà avec le personnage de Trevor Slattery, et ici créateur et producteur du show) et d'Andrew Guest (scénariste sur 30 Rock, Community, Suburgatory et Brooklyn 99, producteur/script doctor sur Hawkeye), Wonder Man passe comme une lettre à la poste, chaque épisode apportant son lot de moments amusants, et de choix musicaux intéressants, le tout clairement et ouvertement inspiré du ton et de l'esprit du film Midnight Cowboy.
On se retrouve au final avec une grosse lettre d'amour adressée au Septième Art et au métier d'acteur, dans ce qu'ils ont de bons côtés comme de mauvais, avec quelques caméos amusants (Joe Pantoliano, mais aussi Josh Gad dans un épisode flashback sur le Doorman, un acteur ayant connu son heure de gloire et sa descente aux Enfers à cause de pouvoirs étranges), une amitié improbable qui connaît une fin à la fois douce-amère et optimiste, et qui pourrait tout aussi bien trouver une fin ici, ou se conclure dans un autre projet du MCU.
Imparfait (notamment au niveau du rythme), mais assez réussi dans l'ensemble, et plutôt attachant.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Les Quatre Fantastiques : Premiers pas (The Fantastic Four : First Steps - 2025) :
Après avoir obtenu des pouvoirs lors d'un accident spatial, Reed Richards (Pedro Pascal), Sue Storm (Vanessa Kirby), Johnny Storm (Joseph Quinn) et Ben Grimm (Ebon Moss-Bachrach) sont devenus les héros de leur planète. Jusqu'à ce que Galactus (Ralph Ineson), forme de vie colossale venue du fond de l'espace et annoncée par Shalla-Bal (Julia Garner), décide de faire de la Terre son prochain repas. Mais les Fantastiques ont une chance de sauver leur planète : sacrifier le bébé à naître de Reed et Sue, en échange de la vie de tous les humains...
Dernier long-métrage Marvel en date, sorti en salles en juillet dernier face au Superman de James Gunn pour un duel semi-fratricide qui s'est soldé par un match nul, du moins à mes yeux, les deux films ayant des défauts et des qualités les empêchant de vraiment s'élever au dessus du stade de divertissement sympatoche, sans plus.
Les deux métrages sont en effet arrivés avec un passif assez chargé, celui de leur franchise respective : Superman de Gunn devait s'imposer après les films avec Christopher Reeve, le reboot de Bryan Singer, et la version musclée de Snyder ; First Steps devait faire oublier les deux volets médiocres de la Fox, tout en racontant une histoire assez similaire à ceux-ci.
Et si le film de DC était assez divertissant et bien casté et produit, il restait assez frustrant car trop marqué par les tics (notamment musicaux, avec un score abominable et toujours des morceaux éclectiques à gogo) de son réalisateur/scénariste, incapable de ne pas en faire un film collégial et bordélique, souffrant de quelques problèmes de rythme.
Pour les Quatre Fantastiques, c'est un peu le problème inverse : c'est tout aussi divertissant, bien casté (léger bémol sur les couleurs capillaires) et bien produit (tout le côté rétrofuturiste 60s est un régal), la bande originale de Giacchino est excellente, et le tout est totalement centré sur le quatuor principal et leur unité familiale... mais cela semble se faire au détriment des personnages secondaires, et le script semble tellement épuré qu'il en paraît parfois trop élagué.
C'est probablement aussi une conséquence de sa structure en trois grosses parties (présentation de la Terre 828 et de la position des 4 sur celle-ci/arrivée de la surfeuse et mission de premier contact auprès de Galactus/affrontement final sur Terre), le tout en moins de deux heures, qui font que certains événements sont un peu simplistes/précipités, notamment l'évasion des 4 du vaisseau de Galactus.
Reste qu'on se retrouve ainsi avec un film tout à fait agréable et divertissant, qui, à dessein, ne nécessite pas de "faire ses devoirs" sur le MCU et sa continuité, mais qui reste aussi un peu superficiel et prévisible. Rien de mauvais, mais rien d'exceptionnel non plus.
4/6 (même note que Superman, pour des défauts différents)
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Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
Marvel Zombies, saison 1 (2025) :
Sur une planète ravagée par une horde de zombies, Kamala Khan (Ima Vellani), Riri Williams (Dominique Thorne) et Kate Bishop (Hailee Steinfeld) assistent au crash d'un jet du SHIELD, avec à son bord un transmetteur unique. Elles prennent alors la route pour le rapporter à la seule base du SHIELD encore active, avec l'espoir de sauver le monde avant que la maléfique Reine des Morts, Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), ne fasse déferler son armée de zombies sur les derniers survivants humains...
Mini-série Disney+ en quatre épisodes de 25-35 minutes, Marvel Zombies arrive dans la continuité de l'épisode similaire de What If (saison 1), pour nous présenter une adaptation libre des comics du même nom, où l'univers Marvel est envahi de cadavres réanimés.
On retrouve donc l'univers Marvel présenté dans What If, où Peter Parker tentait de rejoindre le Wakanda pour essayer de sauver le monde grâce à la technologie locale... sauf qu'ici, on suit plusieurs points de vue différents. Dans le premier épisode, donc, les Young Avengers de Kamala reçoivent l'aide de Blade Knight (un mélange de Blade et de Moon Knight, à l'effigie de Mahershala Ali) et de la famille de Yelena, pour un premier épisode en mode road trip à l'issue funeste.
Dans le second épisode, on a droit à une relecture de Shang Chi durant l'invasion zombie, un Shang Chi qui évolue en sorte de Mad Max, avant de se réfugier à bord du Raft, le pénitencier flottant du MCU, désormais utilisé par Zemo pour transporter des humains via la mer. Sauf que forcément, les Atlantes sont eux aussi contaminés par le virus zombie, et Namor massacre la moitié du cast en quelques instants.
Le récit emmène alors tout le monde à Kamar Taj, où l'on retrouve Spidey et compagnie : leur mission au Wakanda a échoué (suite à l'arrivée de Thanos), et l'on apprend que tout ce qui intéresse Wanda, c'est de réunir une armée suffisamment puissante pour vaincre Infinity Hulk - une incarnation de Banner qui a intégré l'énergie des Pierres d'Infinité et empêche l'univers de s'auto-détruire.
À partir de là, et après un passage à New Asgard, le tout devient une grosse bagarre générale qui se conclue dans le dernier épisode, de manière là aussi douce amère et globalement tragique.
En soi, ça se regarde, malgré un côté visuel parfois inégal - certains personnages sont très fidèles à leurs modèles, d'autres ne leur ressemblent pas du tout, et ça n'a rien à voir avec le fait qu'ils soient doublés ou non par les acteurs correspondants ; après, comme pour Eyes of Wakanda, ce qui émane le plus de ce projet, c'est une impression d'inachevé, ou plutôt de bancal : Marvel Zombies est clairement un reste de la politique de contenu MCU précédente, lorsque d'innombrables projets étaient mis en chantier pour fournir du contenu à Disney+.
Le résultat, c'est un programme qui a un peu le postérieur entre deux chaises : trop court pour justifier son existence en tant que mini-série, trop long pour être intégré dans une saison de What If...?, Marvel Zombies n'est pas désagréable, et est même parfois très joli, esthétiquement parlant, mais n'est guère plus qu'un pas de côté anecdotique qui n'apporte pas grand chose au MCU, si ce n'est donner de quoi faire aux héros un peu oubliés des phases 4 et 5.
C'est toujours ça de pris, surtout à Halloween,et ça reste divertissant, mais on a parfois l'impression que ça sert çà et là à remplir des causes contractuelles pour les projets qui ont connu un succès moindre.
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Quatre épisodes de 25-30 minutes pour cette anthologie Disney + chapeautée par Ryan Coogler et Todd Harris, et qui se veut un regard sur les activités du Wakanda au travers des époques, en parallèle de l'histoire humaine connue...
Eyes of Wakanda (2025) :
- 1x01 - "Into the Lion's Den" :Noni (Winnie Harlow), une ex Dora Milaje trop rebelle et indépendante pour rester intégrée à cette unité, est envoyée par Akeya (Patricia Belger), l'actuelle commandante des Milaje, pour tenter d'arrête le Lion (Cress Williams), un ancien agent wakandais qui a dérobé des armes et les a utilisées pour se créer un empire et réduire ses ennemis en esclavage...
Un épisode qui prend place en pleine Antiquité, avec l'introduction des War Dogs, ces agents wakandais qui agissent en secret dans le monde extérieur et tentent de récupérer des objets et du vibranium volés au Wakanda. Plutôt dynamique et intéressant, sans être exceptionnel.
- 1x02 - "Legends and Lies" :en plein siège de Troie, Memnon (Larry Herron) tente de concilier son amitié avec Achille (Adam Gold) et sa loyauté envers le Wakanda, qui l'a chargé de récupérer un médaillon en vibranium détenu par Hélène de Troie (Joanna Kalafatis)...
Résultat un peu plus mitigé pour cet épisode, malgré quelques images somptueuses : il faut dire que toute la première partie de l'épisode, qui narre de nouveau le siège de Troie, le Cheval, etc, ne passionne guère pour peu qu'on soit familier avec cette histoire. Le duel entre Memnon et un Achille trahi, par contre, était plus probant, notamment pour la charge émotionnelle du tout.
- 1x03 - "Lost and Found" : dans la Chine des années 1400, après avoir dérobé une statue sacrée de dragon pour en récupérer la langue fabriquée en vibranium, Basha (Jacques Colimon), un War Dog wakandais nonchalant et arrogant, doit faire face à l'Iron Fist (Jona Xiao), qui veut récupérer son bien...
Un épisode plein d'action, avec un duel Iron Fist/Basha, et un côté buddy comedy avec Ebo (Isaac Robinson-Smith), le capitaine incompétent en charge de la sécurité des antiquités récupérées par les War Dogs.
Après, j'ai envie de dire que le côté arrogant et confiant de Basha est un peu agaçant, car symptomatique de la culture wakandaise, et l'écriture est un peu trop moderne (ça parle de cafeteria, ça utilise des tournures de phrase contemporaines) pour totalement convaincre. Mais visuellement, il y a un joli travail de mise en images de l'action.
- 1x04 - "The Last Panther' :en 1896, alors que l'Italie envahit l'Éthiopie, et que le Prince wakandais (Zeke Alton) et son garde du corps (Steve Toussaint), en mission pour retrouver une hache en vibranium, s'interrogent sur une intervention potentielle pour aider le pays, une Panthère noire (Anika Noni Rose) arrive du futur pour tenter de sauver le Wakanda de son isolationniste, qui finira par détruire le pays quand une menace supérieure en nombre et en puissance s'attaquera à lui..
Cette mini-anthologie joue la carte du touéliage pour conclure la saison, un peu comme What If...? en son temps, en compliquant un peu plus ici la manière dont le voyage temporel fonctionne dans le MCU, et en optant pour un ultime montage parallèle alternant 1896 avec un futur lointain, où le Wakanda affronte la Vague d'annihilation Horde.
Pas ultra palpitant, à vrai dire, notamment parce que le combat de la Reine contre les monstres extraterrestres n'a pas vraiment d'enjeux (malgré le caméo du Watcher plus tôt dans l'épisode)... cela dit, la critique implicite du Wakanda en tant que nation isolationniste n'est pas désagréable.
-- Bilan --
Une saison tout à fait regardable, mais qui ne m'a que partiellement convaincu. Il faut dire que la caractérisation globale des Wakandais, leur complexe de supériorité et leur exceptionnalisme sont assez fatigants... notamment parce qu'il n'y a que peu de tension à regarder les aventures de personnages disposant de tous les atouts technologiques modernes, voire futuristes, alors que le reste de l'humanité en est encore à l'Antiquité ou au 15e siècle.
Cela dit, par la même occasion, en montrant que finalement, depuis 2000 ans, le Wakanda n'a pas tant progressé que ça, et disposait déjà de tout son équipement à l'époque, la série souligne à quel point le pays est stagnant, et finalement, il valide son propos final selon lequel le Wakanda ne peut continuer à s'isoler et à se reposer sur ses lauriers, sous peine de s'éteindre.
Ce qui est, peu ou prou, la morale de Civil War et du premier Black Panther. On tourne un peu en rond, donc, et le fait de toutélier toute la saison au personnage de Killmonger (désormais clairement identifié comme un personnage clé et indispensable de l'histoire du Wakanda), renforce encore cette impression de répéter des éléments déjà vus ou entendus.
Heureusement, EOW est visuellement très compétente et techniquement aboutie. C'est toujours ça de pris.
Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.
Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.
Ironheart, saison 1 (2025) :
Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea Couleé, Sonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...
Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.
Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.
Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.
Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.
Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.
On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.
À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".
À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.
J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.
Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Thunderbolts* (2025) :
Lorsque Valentina De Fontaine (Julia Louis-Dreyfus), directrice de la CIA, fait l'objet d'une enquête du congrès, elle décide de se débarrasser de toute preuve compromettante - y compris des mercenaires qu'elle a utilisés au fil des ans : c'est ainsi que Ylena Belova (Florence Pugh), John Walker (Wyatt Russell), Ava Starr (Hannah John-Kamen) et Antonia Dreykov (Olga Kurylenko) se retrouvent dans un bunker sur le point d'être incinéré, avec pour mission de s'éliminer mutuellement. Mais au grand dam de De Fontaine, ils décident de collaborer, et avec l'aide d'Alexei (David Harbour) et de Bucky Barnes (Sebastian Stan), qui enquête sur De Fontaine, ils s'échappent et tentent de protéger Bob (Lewis Pullman), cobaye des expériences de De Fontaine, et dépressif aux pouvoirs surhumains...
Ultime production Marvel de la phase 5 du MCU (une phase compliquée, mais finalement dans la droite lignée des précédentes, avec des hauts, des bas, et beaucoup de productions moyennes), ce Thunderbolts* est arrivé sans beaucoup d'attentes, et s'est avéré une bonne surprise.
Un ton plus léger que le dernier Captain America, sans toutefois virer à la comédie pure et dure, une distribution attachante et éprouvée (même si Hannah John-Kamen reste un peu à la marge, peinant à s'imposer face aux autres fortes personnalités), une grosse métaphore de la dépression et du désespoir qui donne une touche de noirceur au tout, de l'action explosive, une Julia Louis-Dreyfus qui a enfin de quoi faire à l'écran et un grand final qui, intelligemment, prend les attentes à contre-pied et résoud tout par un câlin collectif, plutôt que par une grosse baston pleine de sfx.
Très agréable, donc, tout ça, même si ça reste imparfait : les effets numériques peuvent parfois être inégaux (lorsque tout le monde attaque Sentry, les doublures numériques sont assez voyantes), le score de Son Lux (un trio de musiciens/compositeurs) est bordélique et peu mémorable, la relation Yelena/Bob renvoie un peu à la relation Nat/Banner...
Mais dans l'ensemble, ça reste un Marvel sympathique, qui conclut la phase 5 sur une note intéressante (et la scène post-crédits sur la fusée des 4 Fantastiques est intrigante).
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Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.
Et pourtant...
Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :
Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...
Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).
Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.
Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.
L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.
Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.
Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.
Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.
On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.
Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.
Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.
De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).
Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).
Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.
On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.
Les deux premières saisons de What If...? étaient de bonnes surprises, des anthologies souvent légères et amusantes, parfois un peu plus sérieuses, qui présentaient des scénarios alternatifs aux événements du MCU.
Certes, la saison 2 était tout de même un cran en dessous, victime de scénaristes ayant confondu la popularité du personnage de Capitaine Carter avec un besoin impérieux de la faire figurer dans la moitié des épisodes de la saison, et paradoxalement, la sérialisation de l'anthologie était ainsi devenue inutilement trop prononcée... mais ce n'était pas rédhibitoire pour autant.
Pour cette saison 3, annoncée comme l'ultime saison de la série par un Marvel qui freine un peu sur son calendrier et resserre ses budgets, peu de changement (la showrunneuse a passé la main à son bras droit des deux premières saisons, mais tout de même a écrit deux épisodes), mais une réception étrangement hostile de la part des critiques qui, pour beaucoup, semblent tout juste découvrir le concept et le ton général de la série après trois saisons, reprochant soudain à ce programme (diffusé à Noël, rappelons-le) de ne pas être plus profond, plus sombre et plus dramatique... ou tout l'inverse.
What If...?, saison 3 (2024) :
- 3x01 : "What If... the Hulk Fought the Mech Avengers?" : Après qu'une transformation incontrôlable de Hulk ait donné naissance à l'Apex, un kaiju indestructible accompagné de Gamma Beasts innombrables, la Guerre Gamma a ravagé la Terre, et les Avengers survivants ont vaincu les monstres à bord de leurs Mecha-Avengers. Mais l'Apex est de retour, et Captain America (Anthony Mackie) doit partir à la recherche de Bruce Banner (Mark Ruffalo), en exil...
Un mélange de Godzilla, de Pacific Rim, des Avengers, de Voltron, de Macross, etc, avec un gros casting vocal, des plans plutôt jolis, et des inspirations assumées (la version finale de Hulk), pour un tout qui se regarde, sans plus. Il faut dire que je ne suis pas forcément fan du genre "méchas vs monstres", donc...
- 3x02 : "What If... Agatha Went to Hollywood?" : Parce qu'elle veut s'emparer des pouvoirs du Céleste Tiamut, Agatha Harkness (Kathryn Hahn), star du Hollywood des années 30, décide de recourir aux services de Kingo (Kumail Nanjiani), l'ultime Éternel, pour réaliser un dernier rituel. Mais le maître de Kingo, Arishem, ne l'entend pas de cette oreille...
Un épisode années 30 et comédie musicale très divertissant, et visuellement assez spectaculaire. Les acteurs s'amusent clairement au doublage, le numéro de danse virevolte dans tous les sens, et il est amusant de constater que le MCU animé gère mieux l'existence des Éternels que le MCU cinématographique.
- 3x03 : "What If... the Red Guardian Stopped the Winter Soldier?" : Au début des années 90, le Red Guardian (David Harbour) part pour les USA, afin de prouver qu'il a plus de valeur que le Soldat de l'hiver (Sebastian Stan), envoyé tuer les Stark. S'en suit un road trip avec les deux hommes, des soldats aux caractères radicalement différents, traqués par Bill Foster (Laurence Fishburne)...
À nouveau, un épisode plutôt comique, en mode buddy comedy, dont on sent que les acteurs (Harbour en tête) s'en donnent à cœur joie en forçant le trait. C'est rythmé, plein d'action, c'est assez drôle, bref, c'est réussi, avec en prime une référence sortie de nulle part à Thelma et Louise.
- 3x04 : "What If... Howard the Duck Got Hitched?" : Lorsqu'ils se rencontrent durant une fête donnée par Thor, c'est le coup de foudre entre Howard le canard (Seth Green) et Darcy (Kat Dennings), qui finissent par se marier et par donner naissance à un œuf. Mais bien vite, toutes les forces du mal de l'univers tentent de mettre la main sur cet œuf au destin unique...
Troisième épisode à la suite dans le registre de la comédie, avec ici un gros, gros casting vocal (presque tout le monde reprend son rôle), une chanson de KISS et une animation décomplexée, en mode course poursuite à la Benny Hill aux quatre coins de la galaxie, avec une fin façon Arche d'alliance. Ça n'a pas dû être économique à produire, mais c'était rigolo.
- 3x05 : "What If... the Emergence Destroyed the Earth?" : Le Watcher observe un monde où, après la destruction de la Terre au cours de l'Émergence de Tiamut, Mysterio (Alejandro Saab) a pris le contrôle des ruines à l'aide de ses illusions et de son armée de robots. Avec une poignée de survivants, Riri Williams (Dominique Thorne) tente de vaincre Vision et son maître...
Mwébof, celui-là, une version post-apocalyptique pleine de seconds couteaux d'un univers improbable, avec en tête d'affiche une Riri Williams qui déjà ne convainquait pas particulièrement dans Black Panther 2. Quant à la toute fin, à savoir lorsque le Watcher cesse de se contenter de regarder et intervient semi-directement, mouais... c'est la suite logique de ce qui a été amené jusque là dans la série, mais je n'ai pas trop envie que ça fasse toute la fin de la série là-dessus.
- 3x06 : "What If... 1872?" : Justicier au Far West, Shang Chi (Simu Liu) et sa coéquipière Kate Bishop (Hailee Steinfeld) partent sur les traces du malfaisant Hood, qui enlève et exploite les immigrants chinois, et est responsable de la disparition de Xi (Meng'er Zhang), la sœur de Shang Chi...
Une sorte de Shang Chi 2 en version western (avec une confrontation finale entre Schang Chi et sa sœur qui ressemble probablement à ce qu'aurait donné le final d'un SC 2 ou 3), plutôt bien mené, même si au final, tout reste très prévisible. Uatu continue d'intervenir, ce qui débouche sur un double épisode final qui lui est consacré...
- 3x07/08 : "What If... the Watcher Disappeared?"/"What If... What If?" : Lorsqu'elles réalisent que Uatu est en danger, Captain Carter (Hailey Atwell), Kahhori (Devery Jacobs), Storm (Alison Sealy-Smith) et Byrdie (Natasha Lyonne) cherchent à accéder à la Cinquième dimension, et ont recours pour cela à un Infinity Ultron pacifiste (Ross Marquand). Mais les Watchers ont déjà décidé du sort de Uatu (Jeffrey Wright) et une ultime bataille débute alors pour sauver ce dernier...
Un double épisode final assez bof, en partie parce qu'à nouveau centré sur la team Girl power de Captain Carter (je ne suis pas du tout fan du personnage de Byrdie, façon rock chick/riot grrrl au doublage très... spécial), mais aussi parce que la deuxième moitié dégénère dans de la baston à la DBZ avec des personnages surpuissants, une fusion, une absence totale de véritables conséquences (tout le monde se passe à tabac, mais même pas un bleu), un transfert de pouvoirs bien trop facile, et un sacrifice de Carter (encore une fois) assez attendu.
Ça se regarde sur le plan du spectacle pur et simple, mais je n'ai pas trouvé tout ça particulièrement intéressant, à une scène ou deux près.
(et puis la manière dont Storm-Thor est introduite à l'arrache, juste histoire d'utiliser la doubleuse, mwébof)
Bilan saisonnier :
Une ultime saison frustrante, car proposant quelque chose de ludique et de léger dans sa première partie, avant de rebasculer dans ses travers habituels et de tout centrer sur Captain Carter vers la fin. Ce qui est un exemple assez typique de surexposition : j'aime bien le personnage de Carter en tant qu'homologue interdimensionnel de Rogers, mais entre la saison précédente et cette fin de saison, là, c'est trop.
D'autant plus que le show reste assez maladroit dans sa manière de cocher les cases du cahier des charges de représentativité habituel chez Marvel TV et Disney (on place un maximum de personnages secondaires féminins et/ou issus de la diversité, mais ils font à peine plus que de la figuration) ou de rendre OP ses personnages inventés, comme Byrdie, Storm-Thor ou Kahhori.
Bref, un peu déçu par la dernière ligne droite du programme, qui se termine (de manière assez appropriée) par un monologue d'Uatu bouclant la boucle... mais qui passe par de la baston à gogo et des facilités frustrantes pour en arriver là.
Après, est-ce que cela fait rétroactivement de la série "la pire production Marvel", comme beaucoup de commentateurs en ligne et certains critiques "pro" l'ont affirmé ? Ces mêmes critiques qui sont incapables de se mettre d'accord sur ce qu'ils auraient voulu de la série (Encore plus de postulats improbables ? Au contraire, plus de What if sérieux et développés ? Des fusions décalées de personnages, comme Thanos-Wolverine ? Ou bien moins de ça, parce que c'est trop enfantin et immature ? Tout le monde semble avoir un avis différent sur la question...) ?
Loin de là. What If...? reste une série animée sympatoche mais anecdotique, dont la saison 1 reste la plus intéressante, et qui a décliné un peu au fil des épisodes, mais rien de dramatique, et on trouve toujours, chaque saison, de quoi se mettre sous la dent.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Captain America : Brave New World (2025) :
Les tensions internationales croissent autour de l'adamantium, un métal rarissime découvert dans le corps du Céleste immergé dans l'Océan Indien, et Sam Wilson (Anthony Mackie) et son compère Joaquin (Danny Ramirez) peinent à se faire à l'arrivée à la Maison Blanche de leur ennemi juré, l'ex-Général Ross (Harrison Ford). Mais alors que celui-ci semble désormais vouloir changer d'attitude pour le bien du peuple américain, Isaiah (Carl Lumbly), ex-super soldat, tente d'assassiner en public le Président. Sam comprend que quelque chose ne tourne pas rond, et son enquête va révéler les machinations de Samuel Sterns (Tim Blake Nelson), un ancien "ennemi" de Ross...
Forcément.
Un Captain America qui fait directement suite à la série The Falcon and the Winter Soldier (une série au résultat mitigé, handicapée par des reshoots et un changement de direction à mi-parcours, pandémie oblige) et indirectement à deux des films les moins appréciés du MCU (L'Incroyable Hulk et Eternals) ; un film qui a lui même été handicapé par une production compliquée (notamment liée à un personnage secondaire isréalien), qui sort alors même que presse et spectateurs sont dans une phase "tout ce que fait Marvel désormais, c'est de la merde, de toute façon" très cynique, dans un climat politique compliqué (sortir un film sur un Captain America noir qui se bat contre un Président des USA rouge, colérique et destructeur, ça ne fait forcément pas l'unanimité dans l'Amérique de Trump) et qui remplace feu William Hurt par Harrison Ford dans le rôle de Ross ; et pour ne rien arranger, un film Marvel qui veut s'inscrire dans la lignée de Captain America 2 : The Winter Soldier (comprendre : moins de blagounettes, plus de sérieux et de thriller géopolitique), ce qui revient à se priver d'une partie du public des films Marvel... ça ne pouvait que coincer.
Et voilà, un Captain America 4 qui s'est fait démonter par la critique, attaqué pour tout et son contraire (pas assez drôle, pas assez sérieux, pas assez engagé, trop engagé dans des positions d'apaisement et de cohabitation qui se marient mal avec l'époque actuelle polarisée, etc, etc), et décrit par de nombreux critiques presse comme l'un des trois pires, si ce n'est le pire film de toute l'histoire de MarvelStudios (hyperbole/absence totale de nuance, quand tu nous tiens...)
Personnellement, ayant très modérément apprécié The Falcon and The Winter Soldier, je n'attendais absolument rien de ce métrage. Et j'ai été relativement agréablement surpris. Le mot-clé étant "relativement".
Dans un premier temps, ça lorgne effectivement beaucoup sur The Winter Soldier (pour le ton) et Civil War (pour le contenu). Au point d'en devenir presque gênant : Cap qui défie les ordres et qui, avec son sidekick et une ancienne de la Chambre rouge, tente de prouver l'innocence de son ami ex-super-soldat manipulé par un méchant non identifié, suite à un attentat en pleine crise géopolitique internationale, avec pour toile de fond le partage d'un minerai rare... c'est Civil War, peu ou prou.
Ça fait donc un peu redite, mais en moins bien : moins bien filmé (les scènes de Samuel Sterns en plan débullé et sombre, mwébof), moins nerveux (les affrontements sont notamment un peu trop mous), une bande originale plus effacée, une pseudo-Black Widow moins convaincante eet très absente, des scénes d'exposition (tout ce qui tourne autour de Giancarlo Esposito) que l'on sent rajoutées lors des reshoots pour bien expliquer le plan des méchants, des effets spéciaux plus inégaux (le budget est clairement inférieur aux plus gros blockbusters du MCU, et si Red Hulk est réussi, certaines autres incrustations sont assez laides, et certaines textures semblent très approximatives)...
Et pourtant, le scénario plus simple et direct, le capital sympathique de Sam Wilson (qui cherche à négocier et à parler avant de taper), les détails qui tentent de le rendre crédible en tant que successeur à Cap malgré l'absence de superpouvoirs (costume et ailes en vibranium), et l'interprétation impliquée d'Harrison Ford font que j'ai relativement apprécié ce spectacle aux défauts certains, mais qui est loin des pires productions du MCU.
Je m'attendais à tellement pire qu'en fait, je crois que j'ai même préféré à Black Panther 2, donc...
3/6 (soit la même note que la série Falcon et le Soldat de l'hiver)
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