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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

religion

Critique éclair #212 - Good Fortune (2025)

Publié le 23 Décembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Religion, Fantastique, USA, Review, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Good Fortune (2025) :

Ange de bas niveau assigné aux accidents de voiture, Gabriel (Keanu Reeves) aimerait une mission plus importante. Lorsqu'il découvre Arj (Aziz Ansari), travailleur de la gig economy au bout du rouleau, récemment renvoyé par Jeff (Seth Rogen), un tech bro millionnaire, Gabriel intervient, et place Arj dans la peau de Jeff, et vice-versa. Mais lorsque Arj découvre qu'il se plait particulièrement dans cette nouvelle existence aisée, et refuse de l'abandonner, les choses se compliquent...

Premier long métrage avec et de Aziz Ansari, Good Fortune lorgne sur plein de scénarios bien éprouvés : ici La vie est belle de Capra et Un conte de Noël de Dickens, là Un fauteuil pour deux de Landis, une touche des Ailes du Désir et de nombreux autres films où des anges interviennent lorsqu'ils ne le devraient pas, un peu de buddy movie... le tout en mode cynique et corrosif, pour un résultat étrangement mollasson et inerte.

Bizarrement, à trop vouloir aller à contre-courant des clichés habituels de ce genre de films, et de leur morale, Ansari finit en effet par proposer ici un semi-pamphlet anti-capitaliste sans réel mordant, un film qui empile d'autres clichés (le personnage de Kéké Palmer, syndicaliste militante à l'américaine) sur un propos assez convenu façon "la vie est dure, il ne faut jamais baisser les bras et se battre contre le système" et "l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue".

Au final, ce n'est pas particulièrement drôle, pas particulièrement rythmé, pas particulièrement original, et ça ne fait pas particulièrement avancer le schmilblick. Bof.

2.5/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

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Halloween Oktorrorfest 2025 - G.O.A.T. (2025)

Publié le 20 Octobre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Fantastique, Religion, Sport, Review, Oktorrorfest, USA

Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...    

G.O.A.T. (Him - 2025) :

Future légende du football américain, Cam Cade (Tyriq Withers) est agressé peu de temps avant d'être sélectionné par son équipe favorite, les San Antonio Saviors, et perd alors toute confiance en lui. Jusqu'à ce que son idole de toujours, le GOAT Isaiah White (Marlon Wayans), qui lui aussi est passé par une période de doute après une blessure, lui propose de l'intégrer à l'équipe s'il parvient à le convaincre de sa valeur, au cours d'une semaine d'entraînement privé dans l'immense propriété de White, au milieu du désert. Mais cette semaine va pousser Cam dans ses derniers retranchements, et lui révéler les secrets les plus sombres du GOAT...

Un joli ratage que ce film pourtant auréolé d'un hype certaine avant sa sortie, hype principalement générée de raisons indépendantes de la qualité réelle du film : ça parle de football us, le sport préféré des Ricains ; c'est produit par Jordan Peele ; et ça cible ouvertement un public afro-américain, en abordant des thématiques comme le sacrifice, la pauvreté, les familles qui dépendent entièrement du succès de l'athlète de la fratrie, l'exploitation des sportifs noirs par des Blancs, la religion/le sport en tant que religion, etc, le tout enveloppé dans une couche d'horreur façon "pacte avec le diable".

Pas de chance, ça tombe totalement à plat : si le tout a du style (beaucoup de travail sur les images, sur le montage, sur l'action, avec notamment des séquences rayons X qui font très Mortal Kombat), l'écriture ne suit pas, oubliant de développer la majeure partie de ses personnages, proposant une critique sociale éventée et convenue, des dialogues laborieux, et beaucoup de platitudes.

Et surtout, ça reste ultra-pauvre en horreur et en tension. Tout au plus le film se réveille-t-il dans ses cinq dernières minutes, pour mettre en images une sorte de rédemption cathartique tant pour le personnage principal que pour les jeunes athlètes exploités par le système... mais ça s'arrête là.

Trop sérieux pendant 95% de sa durée, trop nawak pendant le reste, jamais suffisamment subtil, le film a le postérieur entre plusieurs chaises, et malgré les efforts des deux acteurs principaux, ça ne convainc pas.

2/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2025 - Satan Wants You (2023)

Publié le 16 Octobre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Histoire, USA, Review, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Canada

Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...    

Satan Wants You (2023) :

Un documentaire diffusé sur Tubi et qui s'associe bien à un visionnage de la série Hysteria!, puisqu'il revient sur la "panique satanique  qui a brièvement traversé les USA dans les années 80, suite à la publication d'un livre sensationnaliste, Michelle Remembers, dans lequel un psychiatre canadien affirmait que ses séances de régression hypnotique effectuée sur Michelle, une patiente dépressive, prouvaient qu'elle avait été victime de satanistes malveillants et pédophiles (dont sa mère), pendant toute son enfance.

Des affirmations peu probantes, mais pourtant aussitôt prises pour argent comptant par une certaine droite américaine conservatrice, renforcées par l'Église, les talk-shows et rapidement propagées un peu partout dans le monde.

Sauf que... en fait, ce Satan Wants You ne rentre pas tant que ça dans les détails de la satanic panic, gardant toujours au centre de ses préoccupations le livre et le couple à l'origine de celui-ci : la panique reste en arrière-plan, son histoire reste sommairement décrite, jusqu'à aboutir à aujourd'hui, avec le pizzagate, QAnon et les fake news, héritiers directs des années 80 et de l'hystérie collective de l'époque.

Ce qui intéresse plus le documentaire, c'est le livre, son témoignage, et la romance problématique entre Michelle et son psychiatre, lui en quête de gloire et marqué par des images de rites africains qu'il avait filmés sur place, et elle totalement à sa botte, incapable de discerner la réalité du fantasme dans ses transes hypnotiques.

Et ce cher psychiatre de franchir le pas et de coucher avec sa patiente, avant de divorcer précipitamment de sa femme, d'épouser Michelle, et de se lancer dans une tournée mondiale de promotion de leur livre, un livre partiellement financé par l'Église catholique, plein de problèmes chronologiques et de cohérence interne, et qui a déclenché une folie collective outre-atlantique et ailleurs.

Malheureusement, à mes yeux, cette liaison (ainsi que les témoignages de leurs proches, etc) a tendance à un peu trop occuper d'espace dans ce métrage, au détriment du contexte global et d'une plongée plus approfondie dans le phénomène.

En l'état, le documentaire est intéressant, mais un peu frustrant.

3.5/6 

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2025 - Hysteria!, saison 1 (2024)

Publié le 12 Octobre 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Religion, Fantastique, Horreur, Thriller, Oktorrorfest, Halloween, NBC, Peacock, Review, USA, Musique

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Hysteria!, saison 1 (2024) :

Dans la petite ville américaine de Happy Hollow, en 1989, rien ne va plus. Alors même qu'un lycéen est retrouvé mort dans d'étranges circonstances, et que Tracy Whitehead (Anna Camp), la bigote de la ville, pointe une secte satanique du doigt, Dylan (Emjay Anthony), Jordy (Chiara Aurelia) et Spud (Kezii Curtis), trois lycéens en marge, décident de rendre populaire leur groupe de métal Dethkrunch en adoptant une image provocante et en jouant des clichés du genre. Mais rapidement, les phénomènes étranges se multiplient en ville, et pendant que le Shérif Dandridge (Bruce Campbell) mène l'enquête, l'opinion publique se polarise autour de Dethkrunch : d'un côté, les parents de plus en plus hostiles, de l'autre, les lycéens de la ville, fascinés par le groupe et son image sulfureuse...

Huit épisodes d'une heure pour cette seule et unique saison d'Hysteria!, une série pseudo-fantastique Peacock showrunnée par Matthew Scott Kane et coproduite par le frère de Mike Flanagan, une série qui s'inspire de la "panique satanique" ayant traversé les Eighties (mais lorgne aussi un peu sur Stranger Things, il faut bien l'avouer), pour présenter une petite ville en proie à des phénomènes paranormaux et à une peur contagieuse.

Le tout pour un résultat assez mitigé, je dois bien l'avouer : à mi-chemin entre le thriller fantastique, le teen show, la comédie et l'enquête policière, Hysteria est clairement une œuvre de fan. Fan du genre horrifique (avec un générique utilisant la police de caractère des films de Carpenter, des caméos de Jeffrey Combs et Barbara Crampton, Bruce Campbell excellent dans un rôle sérieux de shérif sceptique, des clins d'œil çà et là), fan de heavy-metal (la bande originale a dû coûter une fortune tant les classiques se succèdent), fan de plein d'autres choses (Nolan North en père de famille, Anna Camp en religieuse fanatique) : tout cela rend la série assez attachante dans son ensemble, prenant son élément thriller surnaturel au sérieux dans sa mise en images, sans se départir d'un sens de l'humour parfois noir, avec ses ados incapables, et ses éléments récurrents.

Mais Hysteria commet aussi des erreurs qui ne pardonnent pas, et qui tirent le résultat final vers le bas. À commencer par son étalonnage numérique constant : pour donner du style à sa photographie, la série utilise un lissage numérique et une colorimétrie très particulière, qui baigne toutes ses images dans un contraste bleu/orange très appuyé. Et c'est moche.

Ensuite, le rythme de la série est très inégal : chaque épisode approche ou dépasse les 60 minutes, et les péripéties finissent par dépendre systématiquement des mauvais choix des personnages, des choix fréquemment uniquement là pour permettre de rallonger la sauce. Et puis il y a l'écriture dans son ensemble : une écriture très moderne (tous les personnages "want to be seen" et le répètent constamment, la série esquive volontairement tout racisme potentiel de ces années 80 fantasmées) et qui tente de ménager la chèvre et le choux en montrant explicitement à l'écran de multiples phénomènes surnaturels ou inexpliqués (Julie Bowen qui est tirée par les chevilles et projetée dans les airs par un démon, le séisme qui ouvre la saison, le éruptions cutanées sur tous les personnages adultes, etc), tous expliqués d'un "mais tout ça, c'était de l'hystérie collective dans la tête des personnes concernées" semi-convaincu... et même là, le show botte en touche avec une fin ouverte.

Et cette fin de saison peu satisfaisante, qui boucle tout de manière impeccable et offre une happy end à tout le monde (y compris aux antagonistes psychotiques, à l'exception de Garret Dillahunt, assez sous-exploité dans l'ensemble), frustre plus qu'autre chose, et affaiblit un peu trop la charge contre la religion et le propos de la saison.

Déjà que l'écriture et l'interprétation un peu caricaturale (j'aime bien Anna Camp, mais elle ne fait pas vraiment dans la subtilité et la demi-mesure, ici, dans un personnage dans la droite lignée de Sarah Newlin dans True Blood) n'aident pas trop à prendre tout ça vraiment au sérieux.

Dans l'ensemble, malgré ses problèmes de rythme et son ton particulier (le showrunner a travaillé sur American Horror Story, et ça se sent), et quand bien même la série s'essouffle clairement dans sa deuxième partie, alors que les ficelles de l'écriture s'épaississent et que le QI de tout le monde pique du nez, Hysteria se regarde sans trop de difficultés. Je ne suis pas forcément surpris de l'annulation, cela dit, cette saison se suffisant clairement à elle-même.

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Halloween Oktorrorfest 2025 - The Baby in the Basket (2025)

Publié le 29 Septembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Horreur, Religion, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Thriller, UK, Review

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The Baby in the Basket (2025) : 

En 1942, alors que la Seconde Guerre Mondiale bat son plein, un bébé est déposé sur les marches d'un couvent reculé en Écosse. La Mère Supérieure (Maryam d'Abo) et les Sœurs (Elle O’Hara, Amber Doig-Thorne, Michaela Longden...) recueillent aussitôt le nourrisson, mais rapidement, celui-ci semble avoir une influence maléfique sur les religieuses, et notamment sur Sœur Agnes (Doig-Thorne), qui y voit là l'œuvre du Diable. Une à une, les Sœurs commencent à sombrer dans la folie, et pour ne rien arranger, la présence de Daniel (Nathan Shepka), ex-militaire et homme à tout faire, en trouble plus d'une.

Un film de couvent britannique qui évoque, par son ton grandiloquent et ses moyens assez réduit, un certain cinéma anglais des années 70. Ce n'est pas très bon (le film met 30 minutes à poser ses personnages avant que le bébé n'apparaisse), c'est assez fauché (le bébé démon à la fin) et c'est parfois très inégal dans l'interprétation et les effets, mais ça se regarde étrangement, principalement parce que ça a un certain charme rétro. Mais ça s'arrête là.

2.5/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Twilight of the Gods (2024)

Publié le 31 Août 2025 par Lurdo dans Animation, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Fantastique, Religion, Review, USA, Action

Une saison unique de 8 épisodes de 25-30 minutes pour cette mini-série animée Netflix chapeautée par Zack Snyder, Eric Carrasco et Jay Oliva, et qui s'inspire de la mythologie nordique pour raconter une histoire (forcément) épique, sanglante et mythique...

Twilight of the Gods (2024) :

La vengeance de Sigrid (Sylvia Hoeks), demi-humaine et demi-géante, qui jure de venger les siens massacrés par Thor (Pilou Asbæk) le jour de son mariage au Prince humain Leif (Stuart Martin). Avec le soutien distant de Loki (Paterson Joseph), Sigrid va alors constituer un groupe de guerriers qui n'ont plus rien à perdre, pour aller attaquer Asgard afin de tuer Thor...

Mouais. Je suis assez mitigé (positif) sur cette mini-série, au final. D'un côté, toute la mythologie nordique possède un potentiel souvent laissé inexploité qui n'est inintéressant, et cette mini-série retranscrit assez bien le côté distant et froid de ces dieux nordiques manipulateurs et menteurs ; visuellement, le programme est plutôt réussi (malgré une simplicité de trait qui n'est pas sans évoquer, occasionnellement, un Kim Possible ou le style Cartoon Saloon) ; le rythme est assez bien maîtrisé, le bestiaire varié et intéressant, et l'action est dynamique...

Mais de l'autre, il y a plein de petites scories agaçantes, dont une grosse partie est inhérente à la présence de Zack Snyder à la production. Parce que oui, qui dit Snyder, dit bourrinage (la série vide des hectolitres de sang et de boyaux dans une nonchalance assez typique du bonhomme), ralentis épiques, approche se voulant "badass" et "adulte" mais paraissant plus souvent "edgelord" et immature qu'autre chose (la nudité, les scènes de sexe, certains dialogues, le trouple), pseudo-déconstruction des mythes (même si l'inspiration principale est la mythologie nordique, difficile de ne pas voir ici une volonté d'inverser délibérément la représentation des personnages de Thor et de Loki tels que popularisés par Marvel ces dernières années - Thor devient un gros connard belliqueux et misogyne, Loki est un bouc-émissaire qui manipule, certes, mais uniquement pour protéger sa famille)... et inspirations flagrantes. 

Ici, l'architecture de l'Asgard du MCU, et certains choix graphiques. Ailleurs, certains design familiers parmi les créatures et entités surnaturelles. Ou encore toujours le même schéma narratif de la guerrière traumatisée qui se reconstruit une famille de fortune en recrutant des guerriers aux quatre coins du monde pour aller lutter un méchant patriarchal et sadique... comme dans Rebel Moon.

Le tout bizarrement combiné au cahier des charges de la représentativité à la Netflix, avec une Freja noire, une sorcière transgenre, un barde bisexuel, une héroïne forte défendant la cause des femmes maltraitées, un passage "l'homophobie c'est mal", une guerrière bisexuelle amoureuse de l'héroïne, etc.

Tout cela crée un contraste étrange, pas forcément désagréable dans l'ensemble, mais avec des ruptures de ton et de style qui peuvent décontenancer.

Après, la saison se regarde facilement, malgré quelques effets scénaristiques uniquement là pour choquer le spectateur (certaines morts délibérément gore au possible), une vision prémonitoire d'Odin qui m'a fait pouffer de rire (il voit approcher le Ragnarök... et tombe face à face avec Jésus sur sa croix, symbole du remplacement du paganisme et des dieux nordiques par la chrétienté : un symbolisme éculé, pataud et maladroit, typiquement snyderien, en fait), un bourrinage incessant, et une fin clairement en queue de poisson, qui frustre plus qu'elle ne satisfait.

Snyder fait du Snyder, en somme, mais le reste de son équipe est suffisamment compétent pour que le résultat final s'en sorte assez bien.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Daredevil, Born Again, saison 1 (2025)

Publié le 6 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Drame, Thriller, USA, Review, Disney, MCU, Fantastique, Marvel, Télévision, Les bilans de Lurdo, Policier, Religion

Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.

Et pourtant...

Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :

Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...

Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).

Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.

Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.

L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.

Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.

Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.

Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.

On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.

Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.

Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.

De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).

Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).

Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.

On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Les bilans de Lurdo - Kaos, saison 1 (2024)

Publié le 23 Mars 2025 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Netflix, Religion, Drame, Télévision, Comédie, Fantastique

Huit épisodes d'une heure au programme de cette réinvention et modernisation ambitieuse de la mythologie grecque, menée d'une main assurée pour Netflix par la showrunneuse britannique de la série The End of the F***ing World : une bonne surprise inattendue, dominée par la présence toujours excentrique et flamboyante de Jeff Goldblum dans le rôle de Zeus...

Kaos, saison 1 (2024) :

Dans sa ville du Mont Olympe, le pétulant Zeus (Jeff Goldblum) s'inquiète : une prophétie décrivant la fin de son règne semble se réaliser, alors même qu'autour de lui, des manigances se trament. Hera (Janet McTeer) le trompe avec Poséidon (Cliff Curtis) ; Hades (David Thewlis) identifie les signes précurseurs du tarissement de la source de pouvoir des dieux... et pire que tout, Prométhée (Stephen Dillane), meilleur ami/victime de Zeus, observe le tout depuis le flanc de sa montagne, tirant les ficelles de la prophétie funeste, et déplaçant ses pions humains. Il y a Orphée (Killian Scott), star de la pop, qui, motivé par Dionysos (Nabhaan Rizwan), décide de partir chercher sa bien-aimée Eurydice (Aurora Perrineau) aux Enfers, sans savoir que cette dernière s'y est éprise de Caeneus (Misia Butler), un employé d'Hades. En Crète, Ariadne (Leila Farzad), fille du président, découvre que son père lui a caché bien des choses au sujet de la mort de son frère jumeau, à leur naissance...

Comme je le disais en introduction, une bonne surprise que cette série (déjà annulée par Netflix... sans surprise) bien menée et excentrique, qui sait évoluer en ménageant bon gré mal gré ses variations de ton et d'intensité.

Ce qui aide beaucoup, c'est que la relecture contemporaine de la mythologie grecque soit tour à tour fidèle aux mythes d'origine, ou parfois totalement décalée : ici les Enfers en mode administration filmée en noir et blanc, là, l'Olympe façon villa bling où Zeus passe ses journées en survêtement à martyriser ses serviteurs, ailleurs des manigances politiques avec le Président de la Crète, etc, etc, le tout dans un cadre moderne, illustré par une bande originale bourrée de classiques, qui n'ont pas dû être donnés.

On suit ainsi tous ces personnages, tant divins qu'humains, qui évoluent en parallèle, et dont le destin se croise et s'entremêle : de quoi permettre au récit d'évoluer, passant de la comédie satirique à quelque chose de plus sérieux et de plus dramatique, pour aboutir à une conclusion promettant une suite plus épique (la guerre contre l'Olympe et ses dieux désormais mortels), malheureusement laissée en suspens par l'annulation du programme.

Alors certes, ce n'est pas parfait : il y a parfois trop de personnages secondaires (et paradoxalement, on se demande souvent où sont passés les autres dieux de l'Olympe), et le rythme connaît un petit coup de mou à mi-parcours, mais tout ce qui tourne autour de la source des pouvoirs de Zeus est bien trouvé, la montée en puissance de ce dernier à mesure qu'augmente sa colère l'est tout autant, c'est globalement bien interprété, plutôt joli visuellement, et dans l'ensemble, le programme s'avère attachant et intrigant.

Mais bon, la plateforme Netflix étant ce qu'elle est... RIP. 

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