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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

religion

Halloween Oktorrorfest 2026 - The Empty Man (2020)

Publié le 28 Septembre 2026 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Thriller, Fantastique, Review, USA, Halloween, Oktorrorfest, Horreur, Religion

​Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...    

The Empty Man (2020) :

En deuil, l'ex-policier James Lasombra (James Badge Dale) est informé par son amie Nora (Marin Ireland) qu'Amanda (Sasha Frolova), la fille adolescente de cette dernière, a mystérieusement. Il commence alors son enquête, une enquête qui tourne autour du mystérieux Empty Man, figure inquiétante vénérée par certains jeunes, et autour de laquelle est centrée un sinistre mouvement sectaire, l'Institut Pontifex, dirigé par Arthur Parsons (Stephen Root)...

Premier long-métrage de David Prior, adapté d'un comic book, qui nous propose ici un film de plus de 2 heures aux tendances lovecraftiennes (avec cultistes, sentiment d'horreur cosmique et caméo de Nyarlathotep vers la fin), métrage qui aurait probablement mérité d'être un peu raccourci.

Il faut dire qu'après une introduction assez intrigante au fin fond de l'Himalaya, le métrage revient assez rapidement à quelque chose qui ressemble à du creepypasta assez générique, avec Slenderman l'Empty Man qui se manifeste au bout de trois jours pour t'emporter après que tu aies effectué tel geste anodin en l'invoquant, blablabla.

Cette partie enquête n'est ainsi pas très convaincante, et il faut attendre que le protagoniste commence à enquêter sur la Scientologie secte étrange au cœur de tout ça pour que le métrage retrouve une direction intéressante (le rituel nocturne, avec flammes touchant les cieux, est notamment visuellement très réussi).

Après, ça reste inégal à divers niveaux, notamment la narration, puisque le rebondissement final sur la nature de Lasombra (en même temps, avec un nom comme ça...) est plus que prévisible, et que la conclusion arrive donc sans grande surprise au terme d'une exposition un peu maladroite.

Mais pour un premier film dans le genre, The Empty Man reste plus qu'honorable, même si certains éléments sont vraiment de trop et auraient dû être retirés du scénario (et d'autres, comme l'utilisation de Stephen Root, auraient mérité plus de temps).

3.75/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2026 - Quitte ou Double (2026)

Publié le 14 Septembre 2026 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Thriller, Review, USA, Fantastique, Religion, Horreur, Halloween, Oktorrorfest

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Quitte ou Double (The Highest Stakes - 2026) :

Cinq joueurs de poker se retrouvent dans un grand hôtel, pour y prendre part à un tournoi de poker télévisé, sous l'œil attentif de Samuel Nicholas (Seth Green), maître du jeu et présentateur de l'émission : il y a là Michael Quinn (Kevin Dillon), un inspecteur aux méthodes brutales, Tom Cartright (Dylan Walsh), un politicien potentiellement présidentiable, le Dr Stevens (Dan Bucatinsky), un chirurgien névrosé, Billy Gray (Charlie Weber), représentant de commerce aux nombreux bons plans, et Aurora (Eloise Lovell Anderson), une escort girl à l'aplomb certain. Mais rapidement, la véritable nature du tournoi se révèle, et ses enjeux deviennent de plus en plus conséquents...

Et l'on ouvre cette Oktorrorfest 2026 avec un métrage un peu décalé : un film indépendant écrit par des producteurs, réalisé par un ancien de chez Hallmark et qui, très rapidement, dévoile sa nature de thriller fantastique.

Oui, comme l'indiquent les nombreux personnages aux noms évoquant l'Enfer, le personnage de Seth Green est bien le Diable, les joueurs sont tous condamnés à l'Enfer, et la partie de poker a pour enjeux l'âme des uns et des autres : malgré le fait que le scénario utilise ceci comme un twist surprenant, pas de grande surprise, on le comprend très vite, et le métrage, assez maladroit dans l'ensemble, n'est pas assez maîtrisé pour dissimuler suffisamment ses intentions.

Après, ça se regarde, malgré ces maladresses, donc, et un certain côté racoleur dans le personnage d'Aurora : d'ailleurs, l'aspect diable/âmes aurait pu donner quelque chose de bondieusard et de moralisateur, mais là aussi, le film évite cet écueil en conservant un certain ton sarcastique et décalé qui rapproche un peu le tout d'un Conte de la Crypte, toutes proprotions gardées.

Bref, pas désagréable bien qu'assez approximatif. Seth Green semble bien s'amuser, en tout cas.

2.75/6 en étant gentil

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - Good Omens, saison 3 (2026)

Publié le 2 Août 2026 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Religion, Amazon, UK, Review, Télévision, Romance

Troisième et ultime saison pour cette adaptation libre du roman de Neil Gaiman et de Terry Pratchett, après une première saison agréable et fidèle au roman, mais perfectible, une seconde saison originale sympathique, mais phagocytée par le shipping des deux personnages principaux, et surtout la cancellation de Neil Gaiman, suite à sa vie privée/amoureuse problématique, ce qui lui a valu d'être expulsé des projets qu'il avait en cours (cf aussi Sandman de Netflix).

Et donc, une troisième saison, ou plutôt, un téléfilm de conclusion de 90 minutes pour Amazon, bricolé à partir des idées de Gaiman, qui a quitté le show en cours de production...

Good Omens, saison 3 (2026) :

Désormais à la tête du Paradis, Aziraphale (Michael Sheen) fait de son mieux pour que tout le monde baigne dans la félicité ; mais quelqu'un a dérobé le Livre de la Vie, et éliminé deux archanges. Sur Terre, Rampa (David Tennant) déprime, séparé de son ange préféré. Et puis il y a Jesus (Bilal Hasna), qui a été renvoyé sur Terre et tente de retrouver son chemin à Londres, signe de la Fin imminente des Temps...

On ne va pas y aller par quatre chemins : oui, cette "saison 3" déçoit.

Entre l'intrigue de Jésus (sorte de mélange entre celle de Gabriel en saison 2, et la fin des Temps imminente de la saison 1), qui est constamment sous-développée, et se termine de façon baclée, sans rien avoir apporté à la série d'une manière ou d'une autre ; le whodunit centré sur le Livre de la Vie, qui est résolu à mi-parcours et se conclue, là aussi, de façon catapultée ; le fait qu'un bon tiers du métrage tourne autour de Rampa et d'Aziraphale qui se réconcilient ; et l'écriture assez lourde et maladroite de tout ce qui est dialogues théologiques dans la dernière ligne droite du téléfilm... on sent constamment que tout ça était initialement pensé comme une saison complète, dramatiquement vidée de sa substance lorsque l'affaire Gaiman a éclaté.

Et donc, ce que cette saison 3 nous propose, in fine, est plutôt frustrant : un récit pas forcément désagréable, mais jamais mis en valeur par la mise en scène (jamais le quartier londonien n'aura paru aussi fauché et fait studio à l'écran), un scénario qui semble survoler tous ses passages obligés, tout résoudre de manière précipitée, pour arriver à ce qui intéresse vraiment la production : la happy end des deux protagonistes, réincarnés en humains dans un nouvel univers.

Certes, cette fin fonctionne, les personnages restent attachants, c'est une assez jolie conclusion, et David Arnold continue de fournir une illustration musicale de qualité, mais difficile de ne pas être agacé par les nombreuses scories du projet (notamment ses multiples digressions inutiles), qui ressemble un peu trop à un téléfilm-résumé d'une saison complète qu'à une œuvre bien structurée en tant que telle.

Dommage.

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Critique éclair #212 - Good Fortune (2025)

Publié le 23 Décembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Religion, Fantastique, USA, Review, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Good Fortune (2025) :

Ange de bas niveau assigné aux accidents de voiture, Gabriel (Keanu Reeves) aimerait une mission plus importante. Lorsqu'il découvre Arj (Aziz Ansari), travailleur de la gig economy au bout du rouleau, récemment renvoyé par Jeff (Seth Rogen), un tech bro millionnaire, Gabriel intervient, et place Arj dans la peau de Jeff, et vice-versa. Mais lorsque Arj découvre qu'il se plait particulièrement dans cette nouvelle existence aisée, et refuse de l'abandonner, les choses se compliquent...

Premier long métrage avec et de Aziz Ansari, Good Fortune lorgne sur plein de scénarios bien éprouvés : ici La vie est belle de Capra et Un conte de Noël de Dickens, là Un fauteuil pour deux de Landis, une touche des Ailes du Désir et de nombreux autres films où des anges interviennent lorsqu'ils ne le devraient pas, un peu de buddy movie... le tout en mode cynique et corrosif, pour un résultat étrangement mollasson et inerte.

Bizarrement, à trop vouloir aller à contre-courant des clichés habituels de ce genre de films, et de leur morale, Ansari finit en effet par proposer ici un semi-pamphlet anti-capitaliste sans réel mordant, un film qui empile d'autres clichés (le personnage de Kéké Palmer, syndicaliste militante à l'américaine) sur un propos assez convenu façon "la vie est dure, il ne faut jamais baisser les bras et se battre contre le système" et "l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue".

Au final, ce n'est pas particulièrement drôle, pas particulièrement rythmé, pas particulièrement original, et ça ne fait pas particulièrement avancer le schmilblick. Bof.

2.5/6 

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Halloween Oktorrorfest 2025 - G.O.A.T. (2025)

Publié le 20 Octobre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Halloween, Horreur, Fantastique, Religion, Sport, Review, Oktorrorfest, USA

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G.O.A.T. (Him - 2025) :

Future légende du football américain, Cam Cade (Tyriq Withers) est agressé peu de temps avant d'être sélectionné par son équipe favorite, les San Antonio Saviors, et perd alors toute confiance en lui. Jusqu'à ce que son idole de toujours, le GOAT Isaiah White (Marlon Wayans), qui lui aussi est passé par une période de doute après une blessure, lui propose de l'intégrer à l'équipe s'il parvient à le convaincre de sa valeur, au cours d'une semaine d'entraînement privé dans l'immense propriété de White, au milieu du désert. Mais cette semaine va pousser Cam dans ses derniers retranchements, et lui révéler les secrets les plus sombres du GOAT...

Un joli ratage que ce film pourtant auréolé d'un hype certaine avant sa sortie, hype principalement générée de raisons indépendantes de la qualité réelle du film : ça parle de football us, le sport préféré des Ricains ; c'est produit par Jordan Peele ; et ça cible ouvertement un public afro-américain, en abordant des thématiques comme le sacrifice, la pauvreté, les familles qui dépendent entièrement du succès de l'athlète de la fratrie, l'exploitation des sportifs noirs par des Blancs, la religion/le sport en tant que religion, etc, le tout enveloppé dans une couche d'horreur façon "pacte avec le diable".

Pas de chance, ça tombe totalement à plat : si le tout a du style (beaucoup de travail sur les images, sur le montage, sur l'action, avec notamment des séquences rayons X qui font très Mortal Kombat), l'écriture ne suit pas, oubliant de développer la majeure partie de ses personnages, proposant une critique sociale éventée et convenue, des dialogues laborieux, et beaucoup de platitudes.

Et surtout, ça reste ultra-pauvre en horreur et en tension. Tout au plus le film se réveille-t-il dans ses cinq dernières minutes, pour mettre en images une sorte de rédemption cathartique tant pour le personnage principal que pour les jeunes athlètes exploités par le système... mais ça s'arrête là.

Trop sérieux pendant 95% de sa durée, trop nawak pendant le reste, jamais suffisamment subtil, le film a le postérieur entre plusieurs chaises, et malgré les efforts des deux acteurs principaux, ça ne convainc pas.

2/6 

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Halloween Oktorrorfest 2025 - Satan Wants You (2023)

Publié le 16 Octobre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Documentaire, Religion, Histoire, USA, Review, Horreur, Halloween, Oktorrorfest, Fantastique, Canada

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Satan Wants You (2023) :

Un documentaire diffusé sur Tubi et qui s'associe bien à un visionnage de la série Hysteria!, puisqu'il revient sur la "panique satanique  qui a brièvement traversé les USA dans les années 80, suite à la publication d'un livre sensationnaliste, Michelle Remembers, dans lequel un psychiatre canadien affirmait que ses séances de régression hypnotique effectuée sur Michelle, une patiente dépressive, prouvaient qu'elle avait été victime de satanistes malveillants et pédophiles (dont sa mère), pendant toute son enfance.

Des affirmations peu probantes, mais pourtant aussitôt prises pour argent comptant par une certaine droite américaine conservatrice, renforcées par l'Église, les talk-shows et rapidement propagées un peu partout dans le monde.

Sauf que... en fait, ce Satan Wants You ne rentre pas tant que ça dans les détails de la satanic panic, gardant toujours au centre de ses préoccupations le livre et le couple à l'origine de celui-ci : la panique reste en arrière-plan, son histoire reste sommairement décrite, jusqu'à aboutir à aujourd'hui, avec le pizzagate, QAnon et les fake news, héritiers directs des années 80 et de l'hystérie collective de l'époque.

Ce qui intéresse plus le documentaire, c'est le livre, son témoignage, et la romance problématique entre Michelle et son psychiatre, lui en quête de gloire et marqué par des images de rites africains qu'il avait filmés sur place, et elle totalement à sa botte, incapable de discerner la réalité du fantasme dans ses transes hypnotiques.

Et ce cher psychiatre de franchir le pas et de coucher avec sa patiente, avant de divorcer précipitamment de sa femme, d'épouser Michelle, et de se lancer dans une tournée mondiale de promotion de leur livre, un livre partiellement financé par l'Église catholique, plein de problèmes chronologiques et de cohérence interne, et qui a déclenché une folie collective outre-atlantique et ailleurs.

Malheureusement, à mes yeux, cette liaison (ainsi que les témoignages de leurs proches, etc) a tendance à un peu trop occuper d'espace dans ce métrage, au détriment du contexte global et d'une plongée plus approfondie dans le phénomène.

En l'état, le documentaire est intéressant, mais un peu frustrant.

3.5/6 

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Les bilans de Lurdo - Halloween Oktorrorfest 2025 - Hysteria!, saison 1 (2024)

Publié le 12 Octobre 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Jeunesse, Religion, Fantastique, Horreur, Thriller, Oktorrorfest, Halloween, NBC, Peacock, Review, USA, Musique

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Hysteria!, saison 1 (2024) :

Dans la petite ville américaine de Happy Hollow, en 1989, rien ne va plus. Alors même qu'un lycéen est retrouvé mort dans d'étranges circonstances, et que Tracy Whitehead (Anna Camp), la bigote de la ville, pointe une secte satanique du doigt, Dylan (Emjay Anthony), Jordy (Chiara Aurelia) et Spud (Kezii Curtis), trois lycéens en marge, décident de rendre populaire leur groupe de métal Dethkrunch en adoptant une image provocante et en jouant des clichés du genre. Mais rapidement, les phénomènes étranges se multiplient en ville, et pendant que le Shérif Dandridge (Bruce Campbell) mène l'enquête, l'opinion publique se polarise autour de Dethkrunch : d'un côté, les parents de plus en plus hostiles, de l'autre, les lycéens de la ville, fascinés par le groupe et son image sulfureuse...

Huit épisodes d'une heure pour cette seule et unique saison d'Hysteria!, une série pseudo-fantastique Peacock showrunnée par Matthew Scott Kane et coproduite par le frère de Mike Flanagan, une série qui s'inspire de la "panique satanique" ayant traversé les Eighties (mais lorgne aussi un peu sur Stranger Things, il faut bien l'avouer), pour présenter une petite ville en proie à des phénomènes paranormaux et à une peur contagieuse.

Le tout pour un résultat assez mitigé, je dois bien l'avouer : à mi-chemin entre le thriller fantastique, le teen show, la comédie et l'enquête policière, Hysteria est clairement une œuvre de fan. Fan du genre horrifique (avec un générique utilisant la police de caractère des films de Carpenter, des caméos de Jeffrey Combs et Barbara Crampton, Bruce Campbell excellent dans un rôle sérieux de shérif sceptique, des clins d'œil çà et là), fan de heavy-metal (la bande originale a dû coûter une fortune tant les classiques se succèdent), fan de plein d'autres choses (Nolan North en père de famille, Anna Camp en religieuse fanatique) : tout cela rend la série assez attachante dans son ensemble, prenant son élément thriller surnaturel au sérieux dans sa mise en images, sans se départir d'un sens de l'humour parfois noir, avec ses ados incapables, et ses éléments récurrents.

Mais Hysteria commet aussi des erreurs qui ne pardonnent pas, et qui tirent le résultat final vers le bas. À commencer par son étalonnage numérique constant : pour donner du style à sa photographie, la série utilise un lissage numérique et une colorimétrie très particulière, qui baigne toutes ses images dans un contraste bleu/orange très appuyé. Et c'est moche.

Ensuite, le rythme de la série est très inégal : chaque épisode approche ou dépasse les 60 minutes, et les péripéties finissent par dépendre systématiquement des mauvais choix des personnages, des choix fréquemment uniquement là pour permettre de rallonger la sauce. Et puis il y a l'écriture dans son ensemble : une écriture très moderne (tous les personnages "want to be seen" et le répètent constamment, la série esquive volontairement tout racisme potentiel de ces années 80 fantasmées) et qui tente de ménager la chèvre et le choux en montrant explicitement à l'écran de multiples phénomènes surnaturels ou inexpliqués (Julie Bowen qui est tirée par les chevilles et projetée dans les airs par un démon, le séisme qui ouvre la saison, le éruptions cutanées sur tous les personnages adultes, etc), tous expliqués d'un "mais tout ça, c'était de l'hystérie collective dans la tête des personnes concernées" semi-convaincu... et même là, le show botte en touche avec une fin ouverte.

Et cette fin de saison peu satisfaisante, qui boucle tout de manière impeccable et offre une happy end à tout le monde (y compris aux antagonistes psychotiques, à l'exception de Garret Dillahunt, assez sous-exploité dans l'ensemble), frustre plus qu'autre chose, et affaiblit un peu trop la charge contre la religion et le propos de la saison.

Déjà que l'écriture et l'interprétation un peu caricaturale (j'aime bien Anna Camp, mais elle ne fait pas vraiment dans la subtilité et la demi-mesure, ici, dans un personnage dans la droite lignée de Sarah Newlin dans True Blood) n'aident pas trop à prendre tout ça vraiment au sérieux.

Dans l'ensemble, malgré ses problèmes de rythme et son ton particulier (le showrunner a travaillé sur American Horror Story, et ça se sent), et quand bien même la série s'essouffle clairement dans sa deuxième partie, alors que les ficelles de l'écriture s'épaississent et que le QI de tout le monde pique du nez, Hysteria se regarde sans trop de difficultés. Je ne suis pas forcément surpris de l'annulation, cela dit, cette saison se suffisant clairement à elle-même.

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Halloween Oktorrorfest 2025 - The Baby in the Basket (2025)

Publié le 29 Septembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Horreur, Religion, Fantastique, Oktorrorfest, Halloween, Thriller, UK, Review

Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...   

The Baby in the Basket (2025) : 

En 1942, alors que la Seconde Guerre Mondiale bat son plein, un bébé est déposé sur les marches d'un couvent reculé en Écosse. La Mère Supérieure (Maryam d'Abo) et les Sœurs (Elle O’Hara, Amber Doig-Thorne, Michaela Longden...) recueillent aussitôt le nourrisson, mais rapidement, celui-ci semble avoir une influence maléfique sur les religieuses, et notamment sur Sœur Agnes (Doig-Thorne), qui y voit là l'œuvre du Diable. Une à une, les Sœurs commencent à sombrer dans la folie, et pour ne rien arranger, la présence de Daniel (Nathan Shepka), ex-militaire et homme à tout faire, en trouble plus d'une.

Un film de couvent britannique qui évoque, par son ton grandiloquent et ses moyens assez réduit, un certain cinéma anglais des années 70. Ce n'est pas très bon (le film met 30 minutes à poser ses personnages avant que le bébé n'apparaisse), c'est assez fauché (le bébé démon à la fin) et c'est parfois très inégal dans l'interprétation et les effets, mais ça se regarde étrangement, principalement parce que ça a un certain charme rétro. Mais ça s'arrête là.

2.5/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Twilight of the Gods (2024)

Publié le 31 Août 2025 par Lurdo dans Animation, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Fantastique, Religion, Review, USA, Action

Une saison unique de 8 épisodes de 25-30 minutes pour cette mini-série animée Netflix chapeautée par Zack Snyder, Eric Carrasco et Jay Oliva, et qui s'inspire de la mythologie nordique pour raconter une histoire (forcément) épique, sanglante et mythique...

Twilight of the Gods (2024) :

La vengeance de Sigrid (Sylvia Hoeks), demi-humaine et demi-géante, qui jure de venger les siens massacrés par Thor (Pilou Asbæk) le jour de son mariage au Prince humain Leif (Stuart Martin). Avec le soutien distant de Loki (Paterson Joseph), Sigrid va alors constituer un groupe de guerriers qui n'ont plus rien à perdre, pour aller attaquer Asgard afin de tuer Thor...

Mouais. Je suis assez mitigé (positif) sur cette mini-série, au final. D'un côté, toute la mythologie nordique possède un potentiel souvent laissé inexploité qui n'est inintéressant, et cette mini-série retranscrit assez bien le côté distant et froid de ces dieux nordiques manipulateurs et menteurs ; visuellement, le programme est plutôt réussi (malgré une simplicité de trait qui n'est pas sans évoquer, occasionnellement, un Kim Possible ou le style Cartoon Saloon) ; le rythme est assez bien maîtrisé, le bestiaire varié et intéressant, et l'action est dynamique...

Mais de l'autre, il y a plein de petites scories agaçantes, dont une grosse partie est inhérente à la présence de Zack Snyder à la production. Parce que oui, qui dit Snyder, dit bourrinage (la série vide des hectolitres de sang et de boyaux dans une nonchalance assez typique du bonhomme), ralentis épiques, approche se voulant "badass" et "adulte" mais paraissant plus souvent "edgelord" et immature qu'autre chose (la nudité, les scènes de sexe, certains dialogues, le trouple), pseudo-déconstruction des mythes (même si l'inspiration principale est la mythologie nordique, difficile de ne pas voir ici une volonté d'inverser délibérément la représentation des personnages de Thor et de Loki tels que popularisés par Marvel ces dernières années - Thor devient un gros connard belliqueux et misogyne, Loki est un bouc-émissaire qui manipule, certes, mais uniquement pour protéger sa famille)... et inspirations flagrantes. 

Ici, l'architecture de l'Asgard du MCU, et certains choix graphiques. Ailleurs, certains design familiers parmi les créatures et entités surnaturelles. Ou encore toujours le même schéma narratif de la guerrière traumatisée qui se reconstruit une famille de fortune en recrutant des guerriers aux quatre coins du monde pour aller lutter un méchant patriarchal et sadique... comme dans Rebel Moon.

Le tout bizarrement combiné au cahier des charges de la représentativité à la Netflix, avec une Freja noire, une sorcière transgenre, un barde bisexuel, une héroïne forte défendant la cause des femmes maltraitées, un passage "l'homophobie c'est mal", une guerrière bisexuelle amoureuse de l'héroïne, etc.

Tout cela crée un contraste étrange, pas forcément désagréable dans l'ensemble, mais avec des ruptures de ton et de style qui peuvent décontenancer.

Après, la saison se regarde facilement, malgré quelques effets scénaristiques uniquement là pour choquer le spectateur (certaines morts délibérément gore au possible), une vision prémonitoire d'Odin qui m'a fait pouffer de rire (il voit approcher le Ragnarök... et tombe face à face avec Jésus sur sa croix, symbole du remplacement du paganisme et des dieux nordiques par la chrétienté : un symbolisme éculé, pataud et maladroit, typiquement snyderien, en fait), un bourrinage incessant, et une fin clairement en queue de poisson, qui frustre plus qu'elle ne satisfait.

Snyder fait du Snyder, en somme, mais le reste de son équipe est suffisamment compétent pour que le résultat final s'en sorte assez bien.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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