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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

drame

Les bilans de Lurdo - Margo a des problèmes d'argent, saison 1 (2026)

Publié le 29 Août 2026 par Lurdo dans A24, Comédie, Drame, Critiques éclair, Catch, Review, USA, Apple, Les bilans de Lurdo, Télévision

Après des années à être le "Mr Série juridique" sur toutes les chaînes américaines (Ally McBeal, The Practice, Boston Legal, The Law Firm, Harry's Law...), David E. Kelley est passé à la prestige tv, sur le cable et maintenant sur les plateformes de streaming.

Big Little Lies, Big Shot, The Lincoln Lawyer, Anatomie d'un scandale, Love & Death... et maintenant, ce Margo's Got Money Troubles, adaptation A24 d'un roman pour Apple Tv.

Margo a des problèmes d'argent, saison 1 (Margo's Got Money Troubles - 2026) :

Parce qu'elle a couché avec son professeur de littérature (Michael Angarano) et que ce dernier l'a plaquée en apprenant qu'elle était enceinte de lui et ne voulait pas avorter, Margo (Elle Fanning) a des problèmes d'argent. Fille de Shyanne (Michelle Pfeiffer), une ancienne serveuse sur le point d'épouser un pasteur (Greg Kinnear), et de Jinx (NIck Offerman), un ex-catcheur toxicomane qui tente de se racheter une conduite, elle cherche une solution, et finit par s'essayer aux photos de charme sur OnlyFans, sous le pseudonyme de Hungry Ghost. Rapidement, avec l'aide de sa colocataire Susie (Thaddea Graham), elle trouve là un moyen de s'exprimer, de s'affirmer, et de subvenir à ses besoins... 

Au programme, huit épisodes de 30-45 minutes, qui retracent le parcours chaotique d'une jeune maman à la famille excentrique, contrainte de se tourner vers OnlyFans pour gagner sa vie et élever son fils. Un portrait d'une certaine Amérique qui aurait pu donner quelque chose de très white trash (la mère est ex-serveuse dans un Hooters, le père ex-catcheur drogué...) mais qui, finalement, parvient à esquiver l'écueil facile du misérabilisme, ou de la sitcom caricaturale à la My Name is Earl.

Kelley, qui n'écrit ici qu'une partie des épisodes mais dont la plume est immédiatement identifiable (notamment lors de la partie tribunal du final, avec ce bon vieux Paul McCrane en juge improbable) est aidé par une distribution impeccable, de Fanning à Kinnear, en passant par Offerman (totalement crédible dans son rôle), Pfeiffer (magistrale), Thaddea Graham, et même Nicole Kidman en avocate ex-catcheuse (même si c'est peut-être là le seul élément de la distribution qui ressemble plus à du stunt casting qu'à autre chose).

Après, si c'est bien interprété et globalement bien mené, c'est aussi un programme qui n'est pas dénué de défauts, et peut même paraître assez safe et prévisible : les mésaventures de Margo suivent des rails narratifs relativement convenus, les réactions des uns et des autres sont assez évidentes (un peu déçu par le rebondissement final sur Greg Kinnear), l'écriture hésite parfois entre mélodrame et comédie un peu forcée (quoique, j'avoue avoir bien aimé la grosse engueulade entre Pfeiffer et Fanning, totalement désamorcée par les serre-têtes portés par les deux actrices, avec bites en plastique qui tremblotent à chaque réplique larmoyante ou énervée), et les prétentions artistiques de Margo, qui pense faire de l'art en montrant ses seins, finissent par lasser.

Mais Kelley est toujours très bon pour rendre ses personnages (et leurs relations) attachants, et Margo (...) ne déroge pas à la règle. Rien que pour Pfeiffer et Offerman, la série mérite le coup d'œil, même si l'on est totalement réfractaire à l'esthétique mise en avant par Margo, qui imprègne toute la série, depuis son générique de début (inexpliqué jusqu'à l'épisode 6) jusqu'à son générique de fin, en passant par son illustration musicale.

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Les bilans de Lurdo - Les Quatre saisons, saison 2 (2026)

Publié le 15 Août 2026 par Lurdo dans Comédie, Drame, Les bilans de Lurdo, Netflix, Télévision, Review, USA, Italie, Critiques éclair

Retour de cette série Netflix en 8 épisodes d'une petite demi-heure, librement adaptée du film du même nom, et qui se terminait, en fin de saison 1, par la mort inattendue de l'un des protagonistes.

Les quatre saisons, saison 2 (The Four Seasons, season 2 - 2026) :

Malgré une année difficile suite à la mort de Nick (Steve Carell), Danny (Colman Domingo), Claude (Marco Calvani), Ginny (Erika Henningsen), Kate (Tina Fey), Jack (Will Forte) et Anne (Kerri Kenney) continuent de se retrouver pour prendre des vacances ensemble... pour le meilleur et pour le pire.

La première saison des Quatre saisons, bien que sympatoche, avait pour défaut de jouer assez fort la carte sitcom, avant de tenter un revirement émotionnel dans son avant-dernier épisode : cette année, le programme semble trouver un meilleur équilibre, et rester plus longtemps dans un espace doux-amer, qui évite la comédie trop outrée.

Ce qui n'empêche pas certains éléments d'être joyeusement absurdes ou amusants. Cette année, donc, comme toujours découpée en quatre saisons, nous propose ainsi un printemps où tout le monde doit faire face aux conséquences de la mort de Nick, alors qu'ils doivent répandre les cendres de ce dernier en montagne. 

Rapidement, les ressentiments refont surface, notamment entre Danny et Claude, qui veulent un enfant, mais sont refroidis par la présence du bébé de Ginny ; cette dernière, qui est en conflit avec Anne pour des histoires d'héritage ; ou encore Kate et Jack, dont la relation est perturbée par le mal-être de ce dernier, suite à la mort de son meilleur ami.

Et puis, après la brève menace d'un tireur fou, tout le monde se dit ses quatre vérités, et l'abcès est enfin crevé, donnant lieu à une fin de printemps assez feel good : tout le monde a passé un cap, et l'été apporte alors un certain renouveau.

Pendant deux épisodes sur la côte Est, le groupe essaie de se détendre, mais les doutes ressurgissent : Anne et Ginny "coparentent" le bébé, mais les deux femmes réalisent qu'elles en oublient leur vie respective de femme et de mère. Danny et Claude décident de ne plus devenir parents. Et Jack, qui a trouvé sur la plage un nouvel ami, en a assez de faire semblant d'être heureux avec Kate. Une fin d'été tendue, qui se répercute directement en automne, pour un Thanksgiving très peuplé chez Annie.

Deux épisodes assez doux amers, qui voient Claude et Danny annoncer qu'ils vont s'installer en Italie, Kate déprimer suite à cette annonce, et Anne et Ginny mettre un terme définitif à leur amitié codépendante. Ce qui aboutit, naturellement, à un épisode 6 qui ramène Steve Carell en Nick, pour un épisode flashback en plein COVID, flashback qui révèle bon nombre des failles des personnages principaux, déjà présentes à l'époque.

Enfin, pour ses deux derniers épisodes, direction l'Italie, pour un Noël à Trente, une conclusion à la fois amusante (Anne que tout le monde prend pour la Befana) et convaincante, proposant une happy end à chacun, assez appropriée aux fêtes de fin d'année.

Encore une fois, Quatre saisons ne sera jamais une sitcom hilarante provoquant des éclats de rire permanents : le programme est pensé comme une comédie dramatique sur l'évolution de ses personnages et de leurs rapports, avec tout de même une pointe d'excentricité et de mordant, inhérente à la plume de Tina Fey et de ses compères. 

Et en cela, cette saison 2 convainc : plus sincère, comme je le mentionnais en introduction, la saison place ses personnages face à des choix et à des décisions pas toujours faciles, les confronte aux conséquences psychologiques du deuil, et réaffirme, de manière encourageante et positive, qu'il est possible de se réinventer à la cinquantaine, et de trouver le bonheur.

Tour à tour amusante, émouvante ou tout simplement pertinente, la saison 2 de The Four Saisons s'avère très agréable, en attendant une troisième fournée d'épisodes.

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Les bilans de Lurdo - Invincible, saison 4 (2026)

Publié le 8 Août 2026 par Lurdo dans Action, Aventure, Review, USA, Amazon, Critiques éclair, Télévision, Science Fiction, Fantastique, Les bilans de Lurdo, Animation, Drame

Après une saison 3 qui avait fini par me lasser (symptôme d'une industrie qui n'a de cesse de ressasser toujours les mêmes thèmes et les mêmes problématiques depuis les années 80, persuadée de sa maturité et de sa profondeur), place à la saison 4 de l'adaptation des comics de Kirkman, avec l'un des arcs majeurs d'Invincible : la guerre contre les Viltrumites. 

Invincible, saison 4 (2026) :

Encore traumatisé par son affrontement contre Conquest et les événements entourant la Guerre des Invincibles, Mark déprime en silence, mais doit se remettre en selle au plus vite : en effet, une nouvelle guerre se profile à l'horizon, alors que la Coalition des Planètes se prépare à attaquer frontalement l'Empire viltrumite...

Invincible peut dire merci aux Viltrumites : l'arc narratif de la guerre contre l'Empire permet à la série de s'extirper de l'environnement terrien, de partir dans l'espace, d'explorer de nouveaux mondes étranges, de revenir sur le passé des Viltrumites, de Nolan, sur l'épidémie ayant tué son peuple, etc... au point de laisser aux héros terriens un rôle de figuration.

Certes, ils apparaissent principalement en début de saison, lorsque les Flaxans reviennent, et que les poulpes martiens ressurgissent... mais dans l'ensemble, toute la saison repose vraiment sur les Viltrumites et sur Thragg (Lee Pace), le Grand Régent de la race extraterrestre.

Et ce n'est pas plus mal, car le PTSD de Mark et sa perte de contrôle ne sont pas forcément très intéressants. La grossesse de Eve et son avortement décidé unilatéralement (beaucoup plus controversé dans le comic book), idem. Et il faut donc attendre que la Viltrumite War se déclenche réellement, à mi saison, pour que les choses démarrent réellement et prennent de l'ampleur.

Certes, ça reste alors de la baston DBZ sanguinolente, encore et encore, avec toujours un manque d'enjeux réels (puisque tous les héros survivent à tout et revient toujours plus fort ensuite), mais le show s'avère alors réellement spectaculaire et épique (malgré quelques défaillances au niveau de l'animation et du mixage sonore).

Avant cela, cependant, il faut subir l'épisode 4 de la saison, un récit original signé Kirkman lui-même, et qui envoie Invincible en "Enfer" pour aider Damien (le Hellboy/Rorschach du pauvre de l'univers Invincible) et son patron Satan (Bruce Campbell) à se battre contre Volcanikka (Indira Varma). Un épisode parenthèse bourré de heavy metal, mais aussi totalement inutile, voire inintéressant, si ce n'est pour voir Kirkman faire mumuse avec ses jouets.

Un peu comme avec Tech Jacket, en fait : un personnage inutile, uniquement là pour remplir un quota et parce que Kirkman essayait de lancer un spinoff Tech Jacket à l'époque du comic-book. Résultat : Tech Jacket est genderswapped dans la série, et reste partie prenante du conflit contre les Viltrumites, alors que bon, dans l'ensemble, cette parodie de Blue Beetle n'a pas grand intérêt.

Tout ça jusqu'à une trêve imposée dans le dernier épisode, épisode un peu bordélique et décousu, mais qui conclut la saison en laissant une porte ouverte pas inintéressante, et des sous-intrigues en suspens.

Dans l'ensemble, la saison 4 d'Invincible ne m'a pas paru exceptionnelle, mais le fait qu'elle ait un fil conducteur plus dynamique que précédemment l'a rendue plus sympathique et intéressante à mes yeux. Pas sûr que la suite sera du même niveau, cela dit.

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - The Boys, saison 5 (2026)

Publié le 1 Août 2026 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Science Fiction, Review, USA, Amazon, Les bilans de Lurdo, Télévision, Fantastique, Boys

Cinquième et ultime saison pour la série The Boys d'Amazon, après un spin off animé, un spin off annulé, et quatre saisons qui, à mesure que la réalité américaine devenait de plus en plus folle et radicalisée, ont peiné à suivre la cadence, la satire du show devenant assez timide et prévisible face aux agissements des politiciens US.

La série s'essouflait clairement, et il était plus que temps d'y mettre un terme, si possible en beauté... ce que nous garantissait Eric Kripke durant la production du show. Mission (non) accomplie.

The Boys, saison 5 (2026) :

L'équipe de Butcher a enfin mis au point le virus capable de tuer tous les supes, mais lorsque celui-ci échoue à éliminer Soldier Boy (Jensen Ackles), Butcher (Karl Urban) et compagnie comprennent qu'ils ont besoin d'un échantillon du sérum original de Vought. Plus facile à dire qu'à faire, d'autant qu'en face, Homelander (Antony Starr) cherche le même sérum : car il a eu une épiphanie, et a décidé qu'une fois injecté dans ses veines, il sera désormais un Dieu, que les humains doivent vénérer...

Une saison 5 en 10 épisodes d'une heure, qui promettait en effet un final apocalyptique, avec notamment les personnages de Gen V, et qui, au final, a déçu une grande partie d'un public déjà à la limite de sa patience et de sa tolérance pour la satire balourde du show.

Il faut dire que cette satire, déjà pas très fine, a largement été rattrapée et dépassée par la réalité MAGA, outre-Atlantique, au point que la série paraît timorée par rapport aux agissements de Trump.

Donc forcément, quand Homelander crée des camps de prisonniers, envahit les villes sanctuaires, radicalise les USA, se prend pour Jesus, etc, ça fait un peu redondant par rapport à la réalité. Et ça frustre des deux côtés de la barrière : les MAGAs qui n'apprécient guère que l'on se moque de leur président, et en face, les spectateurs normaux qui aimeraient un peu moins de photocopiage du paysage politique US.

D'autant que même à côté de tout ça, la série se bordélise un peu plus, consciente d'approcher de sa fin, et bien décidée à laisser de la place aux personnages préférés des scénaristes. On a ainsi Kimiko qui revient, douée de parole, histoire de développer toute sa romance avec Frenchie (pas forcément une réussite, tout ça, même si l'actrice est impeccable : par moments, le personnage semble avoir totalement changé de personnalité) ; Hughie et Starlight qui se rabibochent, histoire de faire le point sur leur relation ; Mother's Milk qui prend plus de place et d'importance ; Soldier Boy, à la fois là pour régler son histoire de paternité avec Homelander, mais aussi pour teaser le prochain spin-off de la série, et pour permettre à Kripke d'organiser une réunion avec les autres acteurs de Supernatural...

Et il en va de même avec bon nombre de personnages secondaires, qui ont droit à leur conclusion, souvent sanglante. De quoi remplir la saison, qui paradoxalement part dans plein de directement tout en paraissant étrangement statique : autant du côté de Homelander et de Vought, ça reste sympa (mention spéciale à Daveed Diggs, excellent en prêcheur superhéroïque), autant les Boys passent le plus clair de la saison à parler dans des hangars ou des labos ternes, ou à échafauder et à exécuter des plans foireux qui échouent et les renvoient palabrer dans des hangars.

Il y a bien un semblant de propos sur le cynisme de Starlight, la radicalisation de Butcher, etc, mais bon... trop fréquemment, la série donne l'impression de se précipiter et d'être brouillonne, ce qui tue dans l'œuf les tentatives de faire de l'émotion.

Quant aux personnages de Gen V, n'y comptez même pas : ils font de la figuration dans deux scènes et demi, histoire de dire, et n'utilisent jamais leurs pouvoirs (un comble).

Bref, une saison frustrante et déséquilibrée qui se plie en quatre pour tout boucler, mais finit malheureusement par retomber dans une fin semi-larmoyante assez générique, avec montage musical sous forme de happy end, dont les scénaristes se seraient ouvertement moqué dans les premières saisons du show.

Un épisode se démarque, l'épisode 05 et son format histoires courtes consacrées à des personnages secondaires, un épisode dominé par Valorie Curry, impériale, et par le massacre de célébrités à l'occasion de la réunion des anciens de Supernatural... mais dans l'ensemble, si la fin de série de The Boys n'est pas désastreuse, elle reste assez décevante, mollassonne, et paresseuse.

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - Daredevil : Born Again, saison 2 (2026)

Publié le 30 Juillet 2026 par Lurdo dans Action, Marvel, MCU, Review, USA, Disney, Thriller, Drame, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision

La première saison de Daredevil : Born Again, le revival Disney+ de la série Daredevil de Netflix, s'était avérée une bonne surprise malgré une genèse compliquée, et un changement de showrunner en cours de route. Et tandis que Marvel tente de réintégrer lentement tous les personnages des séries Marvel/Netflix à son MCU actuel (avec les soucis que cela peut entraîner niveau continuité ou chronologie), le revival continue avec 8 nouveaux épisodes de 50 minutes qui, plus que jamais, se veulent le reflet de l'Amérique trumpienne d'aujourd'hui...

Daredevil : Born Again, saison 2 (2026) :

Avec ses méthodes brutales et sa milice anti-justiciers, le Maire Fisk (Vincent D'Onofrio) a remis de l'ordre dans la ville de New-York, et est désormais intouchable. Mais Karen Page (Deborah Ann Woll) et Matt Murdock (Charlie Cox) sont bien décidés à le faire tomber, et à aider les victimes du Maire, alors même que ce dernier subit des pressions du gouvernement, et que Bullseye (Wilson Bethel) est toujours en liberté, électron libre bien décidé à se venger de Fisk et de ses sbires...

Il faut dire qu'entre Fisk détenteur de tous les pouvoirs à New York, qui s'exhibe dans un match de boxe comme Trump à la WWE, sa milice privée qui enlève le moindre opposant et l'enferme sans raison dans des geôles moisies, l'ultraviolence décomplexée de tout le monde, et l'impunité totale du Kingpin face aux contrepouvoirs, alors même qu'il fait tout pour s'enrichir en secret, difficile de ne pas voir les points communs avec la réalité américaine actuelle. Surtout lorsqu'une foule en colère prend d'assaut une institution publique vers la fin de la saison, comme un reflet déformé de l'assaut du Capitole le 06 janvier.

Heureusement, ce parallèle évident ne devient jamais trop appuyé, principalement parce que la série parvient à équilibrer ses différents fils pour tisser une tapisserie narrative assez harmonieuse. Ici, la "rédemption" de Bullseye ; ailleurs, la compromission d'Heather, l'ex de Murdoch, qui se laisse entraîner dans le sillage de Fisk et est dévorée progressivement par son PTSD ; en parallèle, les rapports troubles de BB Urich et de Daniel, qui oscillent entre amitié, manipulation, et sacrifice ; sans oublier Karen et Matt, qui tentent d'organiser la résistance, recrutent Jessica Jones, et cherchent un moyen de faire tomber Fisk devant un tribunal...

Le tout sur fond de thématiques évidentes, comme la justice, la rédemption, le pardon, l'équilibre, etc... qui excluent bizarrement Frank Castle de la discussion et de la saison ("il fait probablement son truc dans son coin", explique un personnage en début de saison pour expliquer cette absence).

Il y a de l'action (parfois un peu brouillonne selon les réalisateurs), de l'émotion (la mort de Vanessa Fisk est très bien interprétée par tout le monde), un peu d'humour (j'ai beaucoup apprécié le personnage de Mr Charles/Matthew Lillard, poil à gratter de la CIA qui vient mettre des bâtons dans les roues de chacun), c'est visuellement très sombre (et parfois trop stylisé, comme à chaque fois que Moorhead et Benson réalisent et plaquent leurs éclairages colorés un peu partout), avec des tentatives d'aller au delà de la simple illustration visuelle (le miroir, dans l'épisode final, de la progression de Daredevil d'un côté, et de Fisk de l'autre, qui se fraient chacun un chemin brutal parmi la foule des manifestants et des sbires de Fisk, comme reflets déformants l'un de l'autre).

Tout ça poura aboutir à une fin ouverte, où Murdock, après avoir eu son moment "I am Iron Man" en plein tribunal, finit emprisonné, tandis que Fisk est contraint de partir en exil, hanté par la mort de sa femme et sa défaite.

De quoi conclure une saison bien menée et très d'actualité, qui ne se défait jamais d'un certain idéalisme un peu naïf ("trust the system"), et qui évite de tomber dans le travers du conflit de super-héros bourré de caméos (pour lequel la série n'a pas le budget, de toute façon).

Reste à voir ce que donnera la saison 3, avec plus de Defenders et potentiellement moins de Fisk...

 

  (bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - The Punisher : One Last Kill (2026)

Publié le 29 Juillet 2026 par Lurdo dans Action, Thriller, Critiques éclair, Marvel, MCU, Review, USA, Disney, Drame, Télévision, Les bilans de Lurdo

Après une saison 2 de la série The Punisher de Netflix en demi-teinte, et une première fournée d'épisodes de Daredevil : Born Again qui opposait directement Frank Castle aux initiatives de Fisk à New York (et se concluait par l'évasion du Punisher des geôles de ce dernier), on pouvait s'attendre à ce que le Punisher fasse partie intégrante des "troupes" réunies autour de Daredevil pour affronter la milice privée de Fisk, en saison 2 de Born Again.

Mais il n'en est rien, puisque Castle est absent de cette saison 2, et qu'on le retrouve, à la place, dans ce one-shot à la chronologie un peu bordélique, co-écrit par Jon Bernthal.

The Punisher - One Last Kill (2026) : 

Retranché dans un immeuble de Little Sicily, Frank Castle (Jon Bernthal) est au bord du suicide, totalement perdu après avoir vengé les siens et massacré la pègre de New York. Jusqu'à ce que Ma Gnucci (Judith Light), doyenne de la famille Gnucci, refasse surface, encore en vie, et annonce à Frank qu'elle a mis une prime sur sa tête, et que tous les criminels de la ville vont bientôt être à ses trousses...

De l'aveu même de la production, l'objectif de ce téléfilm (qui n'est en réalité qu'un épisode spécial de The Punisher) était de faire passer Castle d'ex-soldat sanguinaire et dépressif, obsédé par l'idée de faire payer ceux qui ont tué sa famille, à un statut de justicier s'interposant entre le crime et le quidam moyen. Autrement dit : lui donner une nouvelle mission, laisser derrière lui la vengeance et étendre le champ de son action.

Une sorte de pont entre le Castle de la série Punisher, celui que l'on retrouve dans la saison 1 de Born Again, et celui qui fera brièvement équipe avec Spider-Man dans le Brand New Day à venir... ce qui fonctionne plus ou moins ici.

Frank déprimé, zombie obsédé par la vengeance mais incapable de s'extirper de son PTSD pour aider autrui, sur le point de se suicider et hanté par le souvenir des siens, mais qui repart pour un tour dès qu'une cible se présente à lui, c'est une caractérisation assez mélodramatique, mais pas désagréable.

C'est un peu toujours la même partition du Frank tourmenté, comme dans sa série, mais avec des variations, et à partir de la moitié de l'épisode, lorsque Castle se sort de sa torpeur et recommence à casser du méchant, on retrouve là un Punisher qui fait plaisir à voir, brutal et destructeur.

Malheureusement, il est alors un peu difficile de relier ce Punisher évoluant dans Little Sicily, ce quartier fictif de New York, pendant des émeutes improbables, avec le New York ultra-policé de Fisk, dans Daredevil : Born Again, saison 2. Supposément, One Last Kill prendrait place en parallèle du début de cette saison 2 - soit. On peut tout de même se demander où était Castle lorsque toute la ville s'est soulevée aux côtés de Daredevil pour renverser le Kingpin... 

Mais bon, ce sont là des soucis de continuité et d'univers partagé : pris indépendamment de Daredevil, One Last Kill est tout à fait satisfaisant, bien qu'un peu court et abrupt, et ressemblant plus au premier épisode d'une nouvelle saison qu'à un épisode unitaire.

Ce one-shot aurait probablement bénéficié de 15-20 minutes supplémentaires afin d'étoffer un peu le tout et de mieux le replacer dans sa continuité... mais on se contentera de ce qu'on a, en attendant la sortie du Spider-Man.

  (bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - The Witcher, saison 4 (2025)

Publié le 28 Juillet 2026 par Lurdo dans Action, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Review, USA, Drame, Fantastique

Après une saison 3 particulièrement laborieuse et bavarde (qui voyait Henry Cavill rester en retrait et être évacué du programme), ainsi que divers spin-offs avortés, place à la saison 4 de The Witcher, l'avant-dernière du programme, avec Liam Hemsworth à la place de Cavill, pour une nouvelle saison qui se voulait plus accessible...

The Witcher, saison 4 (2025) :

Tout le monde tente de retrouver Ciri (Freya Allan), qui s'émancipe actuellement à l'autre bout du continent au sein des Rats (Christelle Elwin, Ben Radcliffe, Fabian McCallum, Aggy K. Adams, Connor Crawford, Juliette Alexandra), un groupe de jeunes hors-la-loi. Geralt (Liam Hemsworth) traverse ainsi le pays en compagnie d'alliés divers et variés (Eamon Farren, Joey Batey, Meng'er Zhang, Danny Woodburn, Laurence Fishburne, Linden Porco...), pour la retrouver, tandis que Yennefer (Anya Chalotra), elle, rassemble les sorcières encore en vie pour défendre leur école de sorcellerie contre le maléfique Vilgefortz (Mahesh Jadu) et ses troupes...

Plus accessible.... ou du moins, c'est ce que l'on croit deviner en regardant ces 8 épisodes mieux structurés, qui s'efforcent de minimiser les problèmes d'écriture des premières saisons pour quelque chose de plus concis, dynamique, avec des mini-aventures plus limitées.

J'en suis le premier surpris, d'autant que j'avais prévu de ne pas regarder cette saison à la base... mais ça passe à peu près. Je dis à peu près, car il reste toujours des scories évidentes, inhérentes au récit et aux choix de la production.

Commençons par la scorie la plus évidente : le remplacement de Cavill dans le rôle-titre.

Liam s'en sort honorablement, mais n'a pas la présence physique ni le charisme pour vraiment imposer son Geralt. Pas aidé par les scénaristes, qui gardent à nouveau en retrait, lui adjoignent toute une troupe de compagnons, le passent au second plan, et se contentent de flashbacks retournés avec Hemsworth pour tenter de faire illusion. Mais ça passe encore.

Ensuite, Ciri et ses Rats. J'ai visionné la saison avant d'avoir regardé le téléfilm consacré à ce groupe très United Colors of Benetton, mais je ne crois pas que cela aurait changé quoi que ce soit de voir le métrage auparavant : le groupe est insipide, il remplit clairement des quotas, Ciri n'a aucune alchimie avec sa petite amie, et quand arrive leur fin tragique aux mains d'un Sharlto Copley cabotin, on s'en contrefout royalement.

Les autres sous-intrigues de la saison s'en sortent mieux : ici, Yennefer recrute des sorcières (et quelques Witchers) aux quatre coins du continent, pour affronter l'armée maléfique de Vilgefortz dans un affrontement assez réussi (qui occupe une grosse partie de l'épisode 6). C'est relativement efficace, ça donne l'impression d'avancer, et ce même si la série manque toujours cruellement d'identité musicale et visuelle (c'est ultra-terne).

Ailleurs, on suit donc les mésaventures de Geralt 2.0 et de sa compagnie de l'anneau, qui s'en sortent plus ou moins bien : le nain et le gnome sont amusants, l'archère nettement moins (elle s'en va, revient, annonce qu'elle est enceinte, perd son bébé, flirte avec un Cahir en pleine rédemption) ; en chemin, la petite bande récupère ce bon vieux Lawrence Fishburne, plutôt efficace et juste en vampire qui cache son identité, malgré son look improbable ; et puis il y a Jasquier. Qui chante.

Parce que la série, dans son ensemble, semble plus décontractée, flirtant de temps à autre avec un second degré plutôt agréable (façon Hercules/Xena - les paysans, le perroquet...). Ce qui donne des moments plus légers, qui passent mieux à l'écran, mais aussi des ratages quasi-intégraux, comme cet épisode 5 qui voit tout le monde se poser au coin du feu et raconter son histoire personnelle.

Avec malheureusement un long et très pénible numéro musical de Jasquier, qui donne envie d'arrêter immédiatement l'épisode et la saison.

Heureusement, comme je le disais, globalement et hormis ce faux pas, cette saison 4 m'a paru plus maîtrisée (même si je sais que ce n'est pas une opinion très populaire : de l'avis général, ça ne fait qu'empirer).

Certes, une bonne partie du tout est toujours à jeter (tout ce qui tourne autour de Ciri, mais aussi de sa remplaçante auprès du Roi, avec caméo de ce bon vieux James Purefoy en conseiller qui manigance : c'est mou, c'est du remplissage, c'est insipide), et l'écriture est toujours très inégale, plus intéressée par le développement et l'héroïsme de tous les autres personnages sauf Geralt, qui finit par faire presque de la figuration dans la série qui porte son nom.

Mais en comparaison de la saison précédente, qui m'avait littéralement fait dormir devant chaque épisode, ça passe.

Et c'est peut-être ça la conclusion inattendue de ce bilan saisonnier : The Witcher est une série en fin de vie, c'est évident, et les problèmes d'écriture, de production et de gestion sont toujours les mêmes... mais cette fois-ci, ça passe. C'est toujours ça de pris.

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - Les Rats : Une histoire "The Witcher" (2025)

Publié le 27 Juillet 2026 par Lurdo dans Action, Aventure, Netflix, Fantastique, Critiques éclair, Télévision, Review, USA, Les bilans de Lurdo, Drame

Parce que chez Netflix, on était tellement confiant dans la capacité de ses scénaristes à créer une franchise transmédia inépuisable et exceptionnelle autour de The Witcher, on a mis énormément de projets parallèles en chantier : série principale, téléfilms d'animation, spin-off préquelle... pour au final, s'apercevoir que l'approche Netflix (façon studio à l'ancienne, avec des scénaristes et showrunners sous contrat avec Netflix et assignés aux nouveaux projets, en fonction des besoins en personnel) n'apportait rien de probant.

Et ce n'est certainement pas cette nouvelle préquelle/spin-off consacrée aux Rats (groupe de voleurs des rues qui, dans la série principale, finit par accepter Ciri dans ses rangs), qui va changer la donne.   

Les Rats - Une histoire "The Witcher" (The Rats: A Witcher Tale - 2025) :

Six jeunes brigands soudés, surnommés les Rats (Christelle Elwin, Ben Radcliffe, Fabian McCallum, Aggy K. Adams, Connor Crawford, Juliette Alexandra), décident de dérober les caisses de Dominik Houvengheln, qui organise des combats singuliers partout dans le pays. Seul problème, le trésor est gardé par un monstre inconnu, un jalowick, et pour le vaincre, les Rats recrutent Brehen (Dolph Lundgren), un Witcher alcoolique et désabusé. Mais Leo Bonhart (Sharlto Copley), associé impitoyable de Houvengheln, va s'interposer...

C'est amusant comme les choses se répètent avec The Witcher : comme pour L'héritage du Sang, The Rats devait initialement être une mini-série servant à développer les Rats, à les rendre attachants et familiers, avant de réellement continuer leur histoire dans la série-mère, en saison 4.

Et comme pour l'Héritage du Sang, le tournage a eu lieu, Netflix a réalisé que ce qui avait été tourné était plus que médiocre, le projet a été annulé, et retourné/remonté pour constituer un téléfilm de 82 minutes, servant de préquelle à la saison 4... tout en s'ouvrant sur un épilogue de cette même saison 4, qui la spoile notablement.

The Rats est donc à la fois une suite et une préquelle à la saison 4... mais c'est aussi et surtout un gros bordel, sorti à la va-vite et en toute discrétion par Netflix, sans la moindre promotion.

Le souci principal étant que ce téléfilm compte sur un certain capital sympathie du spectateur pour les Rats, chose que la série-mère n'a jamais su générer. Et de toute façon, soyons francs, le fait de déjà connaître le sort des Rats (rappelé dans la première scène de ce métrage) empêche de s'investir dans leurs aventures.

Ce qui n'aide pas, non plus, c'est le fait que l'écriture reste faible. Toujours occasionnellement anachronique (voir un personnage se précipiter pour monter à l'avant d'un chariot en criant "Shotgun", à l'américaine, alors qu'il n'y a pas d'armes à feu dans le monde du Witcher...), elle peine à donner aux Rats une identité au delà de celle de "personnages clichés au passé tragique que des rôlistes créeraient sur un coin de table pour une campagne D&D".

Parmi les acteurs principaux, rares sont ainsi ceux qui parviennent à s'imposer : non seulement la moitié des personnages fait de la figuration, au second plan derrière Christelle Elwin (elle-même un peu inégale), mais en plus, il n'y a réellement que Juliette Alexandra qui se démarque un peu.

D'autant plus paradoxal que son personnage passe presque inaperçu dans la saison 4 de The Witcher, preuve que les scénaristes ne savaient que faire de tous ces protagonistes sous-développés, et n'étaient réellement intéressés que par la relation Ciri/Mistle.

Quoiqu'il en soit, ce téléfilm bricolé se regarde assez passivement, malgré une structure de film de casse qui fonctionne toujours à un degré ou à un autre, et la présence de Dolph Lundgren. Mais là encore, le déroulement reste très évident et prévisible, et souffre des scories habituelles de cette franchise.

Résultat très mitigé, donc, une fois de plus... et projet tombé à l'eau. À nouveau.

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Les bilans de Lurdo - Rooster, saison 1 (2026)

Publié le 27 Juin 2026 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Sitcom, HBO, Télévision, Review, USA

Décidément, Bill Lawrence est un homme occupé, avec pas moins de 5 séries en production (Shrinking, le revival de Scrubs, Ted Lasso, Bad Monkey, et ce Rooster) et même s'il délègue beaucoup, il n'en reste pas moins qu'il a le vent en poupe.

Rooster, saison 1 (2026) :

À l'occasion d'un passage à l'université où travaille sa fille Katie (Charly Clive), récemment séparée de son compagnon infidèle, Archie (Phil Dunster), Greg Russo (Steve Carrell), auteur de romans de gare à succès décroche un poste de conférencier dans ce même établissement. Alors qu'il n'a jamais enseigné et qu'il n'a jamais fait d'études supérieures, Greg découvre la vie universitaire, ses particularités et ses excès, tout en tentant de gérer les tourments amoureux de sa fille, sa propre vie de divorcé, et les exigences de ses collègues et supérieurs, dont Walter Mann (John C. McGinley), le président excentrique de l'université...

Ici, Lawrence s'attaque à la midlife crisis d'un auteur de romans de gare, catapulté professeur de littérature dans une grande université américaine, le tout sur fond de satire du milieu de l'enseignement, et de crise du couple de sa fille. Un projet pour HBO Max, au format dramédie de 10 épisodes de 30 minutes, à l'ancienne, et reposant en grande partie sur les épaules de Steve Carrell... pour un résultat mitigé.

Déjà, premier point négatif : la photographie de cette série très automnale (voire hivernale) et douce-amère. Peut-être pour mieux coller au sujet ou à l'ambiance particulière du projet, Lawrence et son équipe ont opté pour une colorimétrie numérique très stylisée, tentant de restituer une image "cinématographique" sombre, avec beaucoup d'arrière-plans flous, et une teinte globale tirant sur le verdâtre. Le résultat est assez moche, je dois dire, même s'il a ses fans.

Ensuite, si Lawrence et ses scénaristes restent doués pour créer des personnages aux relations attachantes (Rooster et tout le monde, en fait, mais aussi le Président de l'université - ce bon vieux Docteur Cox - et Sunny, qu'il prend sous son aile), ils ne font pas forcément des miracles. Si Carrell est en effet excellent et porte la série sur son dos, je ne peux pas en dire autant des histoires de cœur et de cul de sa fille avec son mari infidèle qu'elle ne parvient pas à quitter. 

Ces deux personnages finissent en effet par occuper une place démesurée dans la série, tirant le tout vers le bas - encore que le personnage de Phil Dunster, anciennement dans Ted Lasso, s'en sort mieux : le personnage est une tête à claques arrogante, mais les scénaristes lui donnent plus de répliques et de situations drôles ; Katie, elle, paraît fréquemment versatile, voire antipathique et abrasive, alors même que les scénaristes cherchent clairement à montrer en elle une femme blessée que le spectateur est supposé trouver vulnérable, touchante et attachante.

D'autant que le ton du programme peut être très inégal selon les scénaristes : ici un coté pince sans rire et des répliques cinglantes, ailleurs de l'humour de sitcom très prononcé (le flic décalé qui perd toujours son arme), de la satire universitaire, des running gags inoffensifs (Carrell qui bruite à la bouche tous ses déplacements en scooter électrique tout-terrain) ou encore de l'émotion et du mélodrame qui se veulent sincères et émouvants.

La mayonnaise prend ponctuellement, principalement lorsque Carrell, toujours très attachant, est le sujet de la scène, de la sous-intrigue ou de l'épisode, mais je n'ai donc pas été très convaincu par l'ensemble : une grosse partie de la distribution est efficace, et le message optimiste est très similaire à celui de Ted Lasso (bien que les deux shows ne jouent pas dans la même catégorie) mais le tout n'a pas su me séduire totalement, que ce soit formellement, ou par son écriture.

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Critique éclair #274 - Projet Dernière chance (2026)

Publié le 25 Juin 2026 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Aventure, Science Fiction, Critiques éclair, Review, USA, Drame

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine... ##  

Projet Dernière chance (Project Hail Mary - 2026) :

Dans un futur proche, le Soleil se meurt, lentement mais sûrement dévoré, comme d'autres étoiles, par une forme de vie microscopique inconnue. Pour tenter de trouver une solution et sauver la Terre, le Projet Hail Mary est mis en chantier, afin d'envoyer un vaisseau spatial à l'autre bout de la galaxie, et d'essayer de comprendre pourquoi un seul astre semble échapper à ce phénomène qui se propage d'étoile en étoile. En 2032, lorsqu'il est réveillé par les systèmes du vaisseau, Ryland Grace (Ryan Gosling), ancien biologiste et instituteur, découvre que le reste de l'équipage est décédé pendant le voyage. Partiellement amnésique, il tente alors de survivre et d'accomplir sa mission... ce qui va se compliquer lorsqu'à destination, il rencontre une forme de vie extraterrestre, surnommée Rocky, envoyée par son peuple pour tenter de trouver une solution au même problème.

Après un certain temps passé plus en retrait, à des postes de producteurs sur de nombreux longs-métrages, Lord et Miller repassent devant la caméra, avec Drew Goddard (un ancien de chez Whedon et Abrams) à l'écriture, pour une adaptation d'un roman de l'auteur de The Martian... et sans surprise, ça donne un résultat assez enjoué et déconneur, plus en tout cas que ce que l'on aurait pu attendre sur la base d'un tel postulat aux enjeux dramatiques.

On accroche ou pas au ton assez léger, donc, avec un Ryan Gosling pas très doué, astronaute malgré lui, une structure en flashbacks à mesure que Grace retrouve ses souvenirs, et un récit qui devient une buddy comedy lorsque Rocky entre en jeu, alors que Rylad doit apprendre à communiquer et faire équipe avec l'alien rocheux.

Assez casse-gueule, mais globalement, j'ai plutôt apprécié le tout, je dois dire. Certes, narrativement, c'est parfois un peu cousu de fil blanc, et pas forcément très plausible, mais les effets numériques et pratiques et l'interprétation sarcastique-mais-pas-trop de Gosling font que l'on croit à cette amitié improbable, et au résultat de cette mission suicide.

Tout au plus mettrais-je un bémol sur l'illustration musicale, parfois un peu envahissante, et sur des effets de style et de réalisation pas forcément utiles, mais bon : dans l'ensemble, Project Hail Mary est plutôt maîtrisé et compétent, et même si ça s'essouffle un peu sur la fin, ça tient assez bien la distance.

4.25/6 

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