Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Rental Family - Dans la vie des autres (2025) :
Phillip Vanderploeg (Brendan Fraser), acteur américain de publicités vivant à Tokyo, souffre de solitude et de mélancolie, jusqu'à ce qu'il croise le chemin de Shinji (Takehiro Hira), patron d'une agence de location de famille, qui propose des acteurs pour diverses occasions privées : mariages, enterrements, événements sociaux, etc. Le temps d'un contrat, Phillip devient ainsi le père de substitution d'une fillette (Shannon Mahina Gorman), un journaliste faisant un article sur un acteur vieillissant (Akira Emoto), ou encore le faux mari d'une jeune femme (Misato Morita) n'osant pas faire son coming-out. Mais progressivement, le poids de ces mensonges et des responsabilités qui les accompagne commence à peser sur Phillip...
Une comédie dramatique américano-japonaise inspirée d'un phénomène réel au Japon, celui des "familles de remplacement" que l'on loue pour ne plus subir la solitude et l'oppression d'une société nippone stricte, rigide et sous bien des aspects rétrograde.
Depuis que la presse occidentale a appris l'existence de cette incongruité, les projets en traitant se sont multipliés de part et d'autre de l'Atlantique, notamment au cinéma et du côté de Werner Herzog, mais ici, c'est un réalisateur japonais qui prend les commandes, et propose un métrage sincère et touchant, avec un Brendan Fraser paumé qui tente de nouer des liens dans un pays où il se sent seul.
Le résultat est un feel-good movie plutôt réussi, bien qu'assez prévisible dans l'ensemble, et c'est probablement la raison pour laquelle une certaine portion des critiques ont rejeté ce métrage, parlant d'un film sirupeux, pas assez cynique ou mordant, artificiel et peu crédible, etc...
J'ai un peu envie de dire qu'ils sont passés à côté du sujet même du film (comment retrouver des liens sincères dans un monde froid, distant et délibérément artificiel), mais c'est vraiment une histoire de sensibilité personnelle : on adhère ou pas à la proposition, et sans nécessairement crier au chef-d'œuvre ou à la performance d'acteur, j'ai plutôt adhéré.
4/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Adulthood (2025) :
Lorsque leur mère Judy a un accident et est hospitalisée, incapable de communiquer, Noah (Josh Gad), scénariste immature et Meg (Kaya Scodelario), mère de famille débordée, se retrouvent dans la demeure de leur enfance en Californie, en piètre état... Ils tombent des nues lorsque, emmuré au sous-sol, ils trouvent alors le cadavre d'une voisine disparue il y a bien longtemps. Craignant pour la réputation de leur mère, ils se débarrassent du corps dans un marais voisin, mais les choses se compliquent lorsque le cadavre refait surface, et que Grace (Billie Lourd), l'aide-soignante de leur mère, menace de les dénoncer...
Réalisation d'Alex Winter (le Bill des Bill and Ted), cette comédie noire s'avère relativement sympathique, même si l'essai n'est pas totalement transformé, et que le film peine un peu à conserver une unité de ton suffisante.
Les personnages sont amusants (notamment Anthony Carrigan, en cousin redneck), les morts décomplexées, mais le tout finit par s'essoufler un peu trop vite, et par proposer une dernière ligne droite un peu trop plate pour son propre bien, et une conclusion assez faiblarde.
Quant au propos général sur la maturité, l'âge adulte, l'héritage que l'on laisse à nos enfants, etc, c'est trop en filigrane et en demi-teinte pour vraiment convaincre, un peu à l'image de ces décisions et réactions improbables que les personnages enchaînent sans réelle justification.
Dommage.
3.25/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
Nouvelle production de Kurtzman pour CBS/Paramount +, Starfleet Academy se positionne comme un spin-off du très médiocre Star Trek Discovery, avec une distribution jeune, dynamique et inclusive, quelques acteurs connus pour attirer le chaland, une showrunneuse issue de la teen tv (elle a œuvré sur Les Magiciens et sur deux séries CW) et une campagne promotionnelle très clairement orientée teen, façon Beverly Hills du futur.
De quoi créer immédiatement une certaine ambiance délétère et polarisante parmi les fans, avant même le lancement du programme...
Star Trek : Starfleet Academy, saison 1 (2026) - Première partie :
- 1x01 - Kids These Days : Au 32e siècle, la Fédération place l'ex-Capitaine Nahla Ake (Holly Hunter), retraitée excentrique, à la tête de la nouvelle Académie de Starfleet, et du vaisseau-école de celle-ci, l'Athena. Lors de son premier voyage, cependant, l'Athena est retrouvé par Nus Braka (Paul Giamatti), un pirate ayant enlevé la mère de Caleb (Sandro Rosta), l'un des cadets et le protégé du Capitaine Ake...
Résultat assez mitigé, pour ce series premiere qui souffle le chaud et le froid : le ton est très inégal (on passe du mélodrame plein de pathos - l'intro - à la teen comedy balourde au grand spectacle habituel du nuTrek de Kurtzman, et ainsi de suite) ; les personnages sont à la fois assez clichés (le lead rebelle autour de qui tourne toute l'intrigue, la directrice stricte et autoritaire, le bourge arrogant, le klingon sensible car probablement gay, la fille ambitieuse d'un amiral qui tente de prouver qu'elle n'est pas là par népotisme, la fille rondouillarde à la coupe de cheveux improbable, à l'hyperenthousiasme naïf, à la sociabilisation maladroite et qui sert de comic relief - Tilly 2.0, en somme, mais black) et paradoxalement tous bien trop compétents pour de nouveaux élèves pas encore entrés à l'académie (on se demande même à quoi sert tout l'équipage de l'Athena, qui reste les bras ballants pendant toute la fin de l'épisode) ; la série tente désespérément d'être quirky et décalée (Holly Hunter qui se plie en quatre sur son fauteuil de commandement, la photonique qui essaie de s'intégrer aux humains) mais paraît forcée ; l'interprétation est parfois caricaturale (Giamatti en fait trois tonnes, en mode superméchant de cartoon) ; et le tout se conclue sur une reprise musicale de San Francisco, supposément symbolique et émouvante, mais en fait assez hors sujet.
Cela dit, ça se regarde. C'est suffisamment rythmé pour fonctionner, le caméo de Picardo est sympathique, et personne n'est à baffer pour le moment (certains sont transparents, et j'ai un peu de mal avec la photonique, mais bon). Ça pourrait être pire, même si j'ai eu très peur pendant l'arrivée de Caleb au pénitencier en mode action movie...
- 1x02 - Beta Test :Alors que Starfleet tente de convaincre Betazed de rejoindre à nouveau la Fédération en invitant la délégation diplomatique du Président sur le campus de l'Académie, Caleb s'éprend de Tarima (Zoë Steiner), la fille du Président...
Et c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir de ce second épisode, un épisode qui m'a globalement assez déplu, ou du moins, qui n'a pas su m'intéresser du tout.
D'un côté, de la diplomatie assez basique entre les représentants de la Fédération et le Président isolationniste (d'ailleurs, les scénaristes sont à côté de la plaque en présentant des Bétazoides empathes, dont un sourd qui communique par langage des signes, et dont les yeux ont diverses couleurs, alors que le canon de Trek les décrit bien en tant que télépathes aux yeux noirs) ; de l'autre, de la bluette de show young adult, avec musique d'accompagnement de série CW en fond sonore, protagoniste rebelle et torturé assez caricatural, love interest assez insipide (aux choix d'interprétation discutables), et dialogues assez médiocres, avec des scénaristes qui ne semblent pas à l'aise pour écrire des personnages de jeunes adultes autrement que comme des lycéens américains immatures du 20e siècle en rut (en même temps, le fait que Caleb et Tarima n'aient pas la moindre alchimie ne doit pas aider).
Le tout, bombardé de gimmicks visuels et de poudre aux yeux (des robots qui volent dans tous les sens, des références et des caméos fanservice dans tous les coins) histoire de rappeler au spectateur que malgré ces personnages au langage très peu châtié et très 21e siècle, il regarde bien du Star Trek. En théorie.
(ah, et le générique est encore un de ces génériques surintellectualisés bourrés de symbolisme, et au thème principal inexistant, qui fait presque plus série de Bryan Fuller qu'autre chose)
- 1x03 - Vitus Reflux :La rivalité entre les cadets de Starfleet et les élèves de l'école militaire s'amplifie, alors que les deux camps s'engagent dans une guerre de farces qui n'a de cesse de prendre de l'ampleur...
C'est de pire en pire, ce Harry Potter dans l'espace.
Une heure de rivalité puérile et immature entre Griffondor et Serpentard, de laser tag, de leçon de botanique avec une plante rigolote, de cours de sport basique et dépassé, de chasse à la mascotte (avec un costume de mugato digne de TOS), de Thok caricaturale en pseudo-Severus Rogue, de Holly Hunter qui en fait vraiment trois tonnes dans son rôle de Dumbledore-bis, de références incongrues (quand l'épisode vire au film de casse, et que Sam la photonique dit qu'elle va apparaître et disparaître comme le Père Noël), et de ce qui semble être le futur love interest du jeune Klingon en la personne d'un rival de l'école militaire.
Tout ça pour arriver à la conclusion que faire partie d'une équipe, c'est important. Youpi.
J'espère vraiment que la série va s'améliorer, parce que jusqu'à présent, ce n'est vraiment pas ça.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
En 2025, confrontée à des audiences en berne et à un partenariat vacillant avec Disney +, pas de Christmas Special au programme pour la série Doctor Who, qui se remet à peine d'une saison assez médiocre et bordélique.
À la place... une mini-série en 5 épisodes de 45 minutes, clairement pensée par Russell Davies pour évoquer la mini-série de Torchwood : Children of the Earth (2009), et consacrée à un monstre classique de Doctor Who, les Sea Devils.
The War Between the Land and the Sea (2025) :
Lorsqu'un cadavre de Sea Devil est retrouvé après son meurtre par des pêcheurs, Barclay (Russell Tovey) et une équipe de UNIT sont dépêchés sur place. Mais rapidement, la situation se complique puisque les Sea Devils décident de déclarer la guerre aux habitants de la surface, las des mauvais traitements infligés par l'Homme à la planète. Barclay se retrouve ainsi propulsé ambassadeur de fortune quand Salt (Gugu Mbatha-Raw), représentante des Sea Devils, le choisit pour représenter les Terriens...
Le problème, très honnêtement, c'est que malgré la réception publique et critique très positive de Children of the Earth, à l'époque, le programme n'était pas très bon, une mini série mal rythmée, bavarde, qui se voulait aborder des sujets sérieux et imposer des choix éthiques et tragiques à ses personnages, le tout saupoudré de larmoiement et de mélodrame peu convaincant.
Et l'on retrouve tous ces problèmes dans The War between the Land and the Sea : propos environnementaliste basique et simpliste, réactions improbables, récit un peu catapulté, déséquilibre total entre les différents éléments de l'histoire (la guerre, les manigances des maychants humains, UNIT qui est constamment dépassée par les événements, la romance faiblarde de Barclay et de Salt, l'évolution du personnage de Kate Lethbridge-Stewart, etc), et tentatives maladroites de créer de l'émotion forcée.
Le tout, sur une bande originale ronflante et insipide de Lorne Balfe, et avec un ton bien trop premier degré pour permettre à la pilule de mieux passer.
Je pense que ces quelques lignes qui précèdent sont assez claires : je n'ai pas apprécié cette mini-série, j'ai trouvé le tout très laborieux, parfois idiot, sans l'énergie et le décalage apportés habituellement par le Docteur, et qui permettent en temps normal de fermer les yeux sur les problèmes de script ou les personnages sous-développés.
Ici, ce n'est pas le cas : il y a de nombreux problèmes d'écriture (beaucoup d'éléments sous-développés ou ignorés en cours de route, des ruptures de ton qui ne fonctionnent pas), le programme finit par ressembler à une alternance de plans océaniques et de personnes qui regardent des écrans avec un air inquiet, et ni l'évolution de la relation de Barclay et Salt, ni celle de Kate (qui progressivement succombe à la pression globale, et à la mort de son compagnon - miroir bancal à la mort de Ianto dans Children of the Earth) ne convainquent.
Ce n'est pas la faute de la distribution (encore que, j'ai toujours eu un peu de mal avec l'interprétation de Jemma Redgrave, et vu qu'elle est positionnée ici comme l'un des personnages principaux, ça coince par moments) la production est professionnelle, mais globalement, les rouages de la machine TWBTLATS grincent de partout, l'émotion ne passe pas, la romance non plus, et le retour final au status quo agace plus qu'autre chose.
Bof.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Worth the Wait (2025) :
Actrice renommée, Amanda Yan (Elodie Yung) tourne son nouveau film à Seattle, mais se retrouve à devoir cotoyer son ex (Andrew Koji), qui remplace au pied levé le réalisateur de cette production ; Leah (Lana Condor), médecin urgentiste dans la même ville, tombe amoureuse de Kai (Ross Butler), cadre qui travaille en Malaisie, et le couple débute une romance à distance ; Riley (Ami Fumiko Whitney) est éprise de Blake (Ricky He), mais l'oncle de la lycéenne, Curtis (Sung Kang) est très strict et n'approuve pas cette relation ; Teresa (Karena Ka-Yan Lam) et Nathan (Osric Chau) attendent un bébé, mais lorsque celui-ci ne survit pas, le couple se remet en question. Tout ce petit monde se croise et s'entrecroise, avec une même idée en tête : trouver le bonheur.
Une comédie dramatico-romantique américaine à la distribution asio-américaine, réalisée par un réalisateur taïwanais multirécompensé, pour un résulat ma foi tout à fait agréable dans le genre de la comédie romantique collégiale.
Ça ne révolutionne rien, les différentes situations sont assez classiques, mais la distribution est sympathique, et les nombreux passages "émotion" fonctionnent bien, principalement parce qu'ils sont sincères et crédibles. Au pire, on pourrait trouver que la sous-intrigue d'Elodie Yung est un peu sous-développée, mais bon... le reste compense, et les 100 minutes du film évitent que l'on s'ennuie, contrairement à d'autres films collégiaux du même type.
4.25/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Pour l'éternité (Eternity - 2025) :
Lorsqu'elle décède, Joan (Elizabeth Olsen) se réveille dans l'Au-delà, et découvre qu'elle a une semaine pour faire un choix crucial : passer le reste de l'éternité avec Luke (Callum Turner), son premier mari, décédé lors de la guerre de Corée avant que le couple n'ait eu une chance de connaître le bonheur, ou avec Larry (Miles Teller), son second mari, râleur décédé après plus de 60 ans de vie commune.
Une comédie romantico-fantastique A24/Apple Tv, qui lorgne gentiment sur The Good Place, pour proposer une histoire de couple/trio amusante, qui fait finalement très sitcom.
C'est bien interprété, mais malheureusement, le tout est aussi un peu plat et prévisible, et ça ne transcende jamais vraiment le postulat de base de l'histoire pour surprendre le spectateur, préférant se reposer sur les talents d'Elizabeth Olsen, et sur son concept.
Ça se regarde, sans plus.
3/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Nuked (2024) :
Influenceuse constamment connectée, Gill (Anna Camp) chronique son quotidien et ses tentatives de tomber enceinte avec son conjoint Jack (Justin Bartha). Pour leur 40e anniversaire, ils invitent chez eux leurs amis : Ishaan (Maulik Pancholy) et Damian (Stephen Guarino), couple gay, Penelope (Lucy Punch), jeune maman névrosée et son époux Sam (George Young), Logan (Ignacio Serricchio), musicien rebelle dont la carrière est au point mort, et Mo (Tawny Newsome), son ex, qui travaille pour le gouvernement. Sans oublier Sasha (Natasha Leggero), chef spécialiste en cuisine au cannabis, engagée pour préparer un banquet pour le groupe. Mais soudainement, alors que tous les invités ont délaissé leurs smartphones le temps de la soirée et sont dans un état euphorique, une alerte est émise, prévenant de l'arrivée imminente d'un missile : aussitôt, c'est la panique générale...
Mouais. Une comédie dramatique indépendante, avec de l'humour de stoner, des personnages assez peu sympathiques (le cast est attachant, les protagonistes nettement moins), une mise en place longuette (plus d'une demi-heure), et un virage immédiat dans une direction hystérique et criarde, qui cède la place à de longues séquences durant lesquelles le groupe se dispute, se dit ses quatre vérités, s'avoue ses secrets, etc.
Assez prévisible, pas forcément très intéressant sur la durée, pas très drôle, et Lucy Punch hérite d'un rôle vraiment ingrat. Bof.
2.25/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
Parce qu'on ne change pas une formule qui gagne, et quand bien même cette formule serait celle de Vox Machina, qui à mes yeux n'a jamais vraiment réussi à s'extirper de son statut d'adaptation de JDR, voici que l'univers de la troupe Critical Role s'étend avec une nouvelle campagne et de nouveaux personnages, chapeautés pour Amazon Prime par Tasha Huo, scénariste sur The Witcher : Blood Origin, Red Sonja, et showrunneuse de l'adaptation animée de Tomb Raider pour Netflix...
The Mighty Nein, saison 1 (2025) :
Alors que le continent de Wildemount est en proie à des tensions croissantes entre les Kryn et l'Empire de Dwendal, des personnalités disparates convergent vers une fête foraine mystérieuse : Beau (Marisha Ray), moine soldat qui mène l'enquête sur les Volstruckers, des sorciers assassins menaçant de plonger le monde dans le chaos ; Caleb (Liam O'Brien), clochard magicien qui tente d'échapper à ces assassins, et se lie d'amitié avec Nott (Sam Riegel), une voleuse gobelin alcoolique ; Fjord (Travis Willingham), marin demi-orc qui obtient des pouvoirs lors d'un naufrage, et accompagne Jester (Laura Bailey), une jeune Tiefling enthousiaste ; et Molly (Taliesin Jaffe), diseur de bonne aventure au passé trouble...
Il serait assez facile de trouver des points communs entre tous les projets de la showrunneuse et cette adaptation de Mighty Nein : une certaine tendance aux personnages torturés et hantés par leur passé, aux femmes fortes au style très queer, une narration parfois un peu bordélique, etc... mais soyons francs : tout cela est en très grande partie hérité de la campagne originale, une campagne de plus de 500-600 heures ici partiellement synthétisée en huit épisodes de 45 minutes.
Et d'ailleurs, un peu comme pour Vox Machina, on n'évite pas les clichés mélodramatiques des JDR, notamment au niveau des personnages (jusqu'à la répétition, d'ailleurs, avec Molly et Fjord qui incarnent tous deux le trope du gentil qui devient incontrôlable et agressif lorsqu'il libère ses pouvoirs cachés obtenus d'une entité maléfique mystérieuse).
Ici, cependant, contrairement à Machina, la série consacre plus de la moitié de sa première saison à constituer le plus gros du groupe des Nein ; c'est probablement pour cela que les trois ou quatre premiers épisodes sont loin de convaincre.
Parfois, c'est dû à des choix artistiques fainéants (l'apparence de Beau, par exemple, très dérivative) ou étranges (la gobline qui se déguise en fillette mais garde ses oreilles de gobelin en évidence, et est doublée par un homme à la voix trafiquée), à des accents approximatifs, ou à des anachronismes dans les dialogues ; ailleurs, c'est parce que les scénaristes ont la main gentiment lourde sur le pathos ; ou encore, parce que le scénario sépare volontairement certains membres du groupe et personnages secondaires (la barbare, le drow qui assiste le méchant) jusqu'à la fin de la saison.
Pendant cette première moitié de saison (de la grosse mise en place), la série est tout à fait regardable, mais un peu bordélique et décousue. Et puis, à partir de la mi-saison, ça se recadre, pour le meilleur (un gros flashback sur Caleb) et pour le pire - enfin, pas vraiment le pire, c'est simplement que le récit retombe dans une adaptation basique de jeu de rôle au format "allez à tel endroit pour rencontrer telle personne, recevez votre mission, équipez-vous chez tel vendeur excentrique, et ramenez l'objet magique gardé dans tel donjon ou chez tel méchant".
Du DnD très (trop ?) classique, qui permet de placer des pièges (notamment un puzzle à base de constellations que l'on retrouve texto dans Sea of Thieves), Nathan Fillion en commanditaire, et une infiltration d'un bal mondain plein de grosses ficelles maladroites... avant de se conclure en cliffhanger pour la saison 2.
Dans l'ensemble, donc, une première saison structurellement discutable, et au format un peu laborieux (honnêtement, 8 x 45 minutes, ça fonctionne nettement moins bien que 10 ou 12 épisodes de 30 minutes), mais que j'ai probablement préféré à une grosse partie de Vox Machina.
Ce n'est pas exceptionnel (contrairement à ce que la fanbase de Critical Role s'acharne à affirmer en ligne), et ça retombe toujours dans des clichés inhérents au genre, mais ça se regarde, et ça évite un peu le côté "acteurs de doublage qui veulent montrer l'étendue de leur talent dramatique", ce qui est toujours ça de pris.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Smashing Machine (The Smashing Machine - 2025) :
La carrière de Mike Kerr (Dwayne Johnson), pionnier des MMA aux États-Unis, ainsi que sa relation toxique avec sa compagne Dawn (Emily Blunt), son amitié avec son rival Mark Coleman (Ryan Bader), et sa dépendance aux opioïdes...
De quoi donner à Dwayne Johnson l'occasion de composer quelque chose de plus travaillé et de moins cliché que d'habitude (même s'il n'y a pas forcément non plus de quoi crier à l'Oscar immédiat), et à Emily Blunt de jouer une petite amie tour à tour possessive, hystérique et distante... paradoxalement assez clichée.
Je dis paradoxalement, parce que l'intention de Safdie semble clairement être d'éviter tous les clichés et les figures imposées du biopic sportif, pour proposer une version cinéma indépendant de ce type de métrage... mais le résultat est étrangement plat et superficiel, narrativement parlant.
À l'image de ces combats, qui manquent d'impact et refusent le spectaculaire, filmés comme le reste du film à l'épaule, et aux bruitages étrangement en retrait. À l'image de cette fin de film, qui refuse là encore le climax de rigueur et bascule subitement sur le vrai Mark Kerr qui fait ses courses en 2025. À l'image de l'illustration musicale, délibérément différente et atmosphérique.
Bref, au final, quand bien même le film reste intéressant et bien mené, on se demande un peu quel est l'intérêt réel de tout ça, quand le documentaire existe en parallèle.
3.5/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
Suite et fin de la saison 3 de Star Trek Strange New Worlds, après une première moitié très inégale s'étant pris de plein fouet deux grèves consécutives dans la tête, et soufflant par conséquent le chaud et le froid, entre épisodes inaboutis, écriture parfois approximative, et romances à gogo.
Star Trek - Strange New Worlds, saison 3 (2025) - suite et fin :
- 3x06 - The Sehlat Who Ate Its Tail :Lorsque le Farragut, où sert James T Kirk, assiste impuissant à la destruction d'une planète par un immense navire pillard, qui réduit le Farragut en miettes, l'Enterprise arrive au secours du vaisseau, mais finit lui-même ingéré par le monstre et ses occupants. Aux commandes d'une épave à peine volante, et entouré de Spock, Uhura, Chapel et Scotty, Kirk doit alors endosser le rôle de capitaine pour la toute première fois...
Enfin un épisode digne de ce nom dans cette saison cahotante : certes, ici, l'objectif est clairement de jouer la carte de la nostalgie, en réunissant tous les futurs personnages de TOS à bord du Farragut, mais l'épisode est suffisamment bien écrit pour souligner que Kirk n'est pas encore le Capitaine assuré que l'on connaît.
Ce Kirk (Paul Wesley reste bon dans son rôle, même si à aucun moment je ne vois le Kirk de Shatner) est encore hésitant, peine à assumer les conséquences de ses décisions et du "pouvoir" de Capitaine, n'écoute pas ses collaborateurs autant qu'il le devrait, et au travers de cet épisode, il apprend. Il évolue. Et ça, c'est suffisamment rafraîchissant pour être noté.
Et puis la morale de l'histoire, avec l'identité (pas forcément surprenante) des occupants du vaisseau pillard, fonctionne plutôt bien. Un épisode efficace, le meilleur de la saison jusqu'à présent.
- 3x07 - What Is Starfleet? :Alors que l'Enterprise se trouve impliqué dans un conflit entre deux populations, Beto, le frère d'Ortegas, réalise un documentaire à charge remettant en question le bien-fondé de l'intervention de la Fédération, et la présence de l'équipage sur place...
Un épisode assez frustrant, puisque jouant la carte du faux documentaire... mais le faisant de manière assez maladroite et pataude, avec un Beto balourd, aux interviews basiquement manipulatrices et aux intentions ouvertement hostiles.
Trop de grosses ficelles, donc, y compris au niveau des méchants aliens cornus, mais heureusement, c'est assez bien interprété, notamment par Celia Rose Gooding.
- 3x08 - Four-and-a-Half Vulcans : Transformés en Vulcains dans le cadre d'une mission, Pike, Uhura, Chapel et La'an se retrouvent coincés avec cette apparence, et avec le changement de perspective qui l'accompagne...
Et on retombe dans de la comédie balourde et très mal dosée, avec quatre membres d'équipage qui jouent les Vulcains avec plus ou moins de bonheur (pourquoi Anson Mount interprète son Vulcain comme un robot, je n'en suis pas sûr), de la musique primesautière forcée, encore une séance de danse, et surtout une Una qui ne parvient pas à se contrôler aux abords de Patton Oswalt, en Vulcain irrésistible et fasciné par les humains.
Mouais. On sent que tout le monde s'est bien amusé à tourner ça, mais que la production semble, encore une fois, totalement incapable de canaliser ses idées et son sens de l'humour sans tomber dans du n'importe quoi agaçant.
- 3x09 - Terrarium :Écrasée sur une planète désolée, Ortegas tente de survivre et de recontacter l'Enterprise... mais elle réalise bien vite qu'elle n'est pas seule, et qu'une Gorn est dans la même situation qu'elle...
Un grand classique : l'épisode recyclant Enemy Mine, déjà fait maintes et maintes fois, et qui, en soi, n'est pas désagréable... mais est bien trop générique et déjà vu pour tenir la distance. C'est longuet, c'est mollasson, et les scénaristes ne peuvent s'empêcher de toutélier le tout à Arena, l'épisode de TOS opposant Kirk à un Gorn, en ramenant les Metrons de manière tout à fait inutile.
Pas nécessairement mauvais, mais rien de vraiment mémorable.
- 3x10 - New Life and New Civilizations :L'équipage réalise que le Vezda rencontré plus tôt dans leurs voyages s'est échappé, et qu'il a jeté son dévolu sur une peuplade reculée. Pike et sa compagne décident alors de passer à l'action...
Pfffff.... un gros gloubiboulga de technoblabla, de pseudo-science et de pseudo-religion (entre les ley lines spatiales, les Vezdas, le double tir synchronisé, et tout le bordel ambiant) qui sombre rapidement dans le grand n'importe quoi, avant de faire un pas de côté et de tenter d'offrir à Pike et Marie un mini-Inner Light.
Ce qui ne fonctionne jamais totalement, le casting étant ce qu'il est. Vraiment pas aimé cette fin de saison, en mode beaucoup de bruit et d'effets spéciaux pour pas grand chose.
- Bilan saisonnier -
Énorme bof que cette saison 3 de Strange New Worlds, même en faisant preuve d'indulgence compte tenu des conditions particulières de production : c'est bordélique, c'est fréquemment mal dosé, l'équilibre fun/sérieux n'est plus vraiment là (l'alternance est trop systématique, et jamais assez travaillée), et trop souvent, on a l'impression d'une série qui se plaît beaucoup trop à jouer la carte du fanservice référentiel Star Trek, plutôt qu'à être du Star Trek.
Et lorsque les scnaristes s'éloignent enfin un peu de ce fanservice, des références constantes, de leur fascination pour le sex appeal de Spock, des grosses ficelles visant à réunir tous les personnages de TOS de manière forcée et des épisodes voulant à tout prix être comiques, c'est pour nous proposer une intrigue de fond ultra bancale sur le Mal absolu, et sur Marie Batel, l'Élue désignée pour vaincre le Mal avec ses super-pouvoirs.
Mouais. À la limite, si le casting de certains des personnages avait été plus inspiré et charismatique (Batel, Korby), ça aurait pu passer, mais là... non.
En espérant que, maintenant que la série s'est débarrassée de certains personnages encombrants, elle va repartir sur des bases un peu plus saines en saison 4. De toute façon, les heures de la série sont comptées, donc les scénaristes n'ont plus vraiment le choix...
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.