Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Smashing Machine (The Smashing Machine - 2025) :
La carrière de Mike Kerr (Dwayne Johnson), pionnier des MMA aux États-Unis, ainsi que sa relation toxique avec sa compagne Dawn (Emily Blunt), son amitié avec son rival Mark Coleman (Ryan Bader), et sa dépendance aux opioïdes...
De quoi donner à Dwayne Johnson l'occasion de composer quelque chose de plus travaillé et de moins cliché que d'habitude (même s'il n'y a pas forcément non plus de quoi crier à l'Oscar immédiat), et à Emily Blunt de jouer une petite amie tour à tour possessive, hystérique et distante... paradoxalement assez clichée.
Je dis paradoxalement, parce que l'intention de Safdie semble clairement être d'éviter tous les clichés et les figures imposées du biopic sportif, pour proposer une version cinéma indépendant de ce type de métrage... mais le résultat est étrangement plat et superficiel, narrativement parlant.
À l'image de ces combats, qui manquent d'impact et refusent le spectaculaire, filmés comme le reste du film à l'épaule, et aux bruitages étrangement en retrait. À l'image de cette fin de film, qui refuse là encore le climax de rigueur et bascule subitement sur le vrai Mark Kerr qui fait ses courses en 2025. À l'image de l'illustration musicale, délibérément différente et atmosphérique.
Bref, au final, quand bien même le film reste intéressant et bien mené, on se demande un peu quel est l'intérêt réel de tout ça, quand le documentaire existe en parallèle.
3.5/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
Suite et fin de la saison 3 de Star Trek Strange New Worlds, après une première moitié très inégale s'étant pris de plein fouet deux grèves consécutives dans la tête, et soufflant par conséquent le chaud et le froid, entre épisodes inaboutis, écriture parfois approximative, et romances à gogo.
Star Trek - Strange New Worlds, saison 3 (2025) - suite et fin :
- 3x06 - The Sehlat Who Ate Its Tail :Lorsque le Farragut, où sert James T Kirk, assiste impuissant à la destruction d'une planète par un immense navire pillard, qui réduit le Farragut en miettes, l'Enterprise arrive au secours du vaisseau, mais finit lui-même ingéré par le monstre et ses occupants. Aux commandes d'une épave à peine volante, et entouré de Spock, Uhura, Chapel et Scotty, Kirk doit alors endosser le rôle de capitaine pour la toute première fois...
Enfin un épisode digne de ce nom dans cette saison cahotante : certes, ici, l'objectif est clairement de jouer la carte de la nostalgie, en réunissant tous les futurs personnages de TOS à bord du Farragut, mais l'épisode est suffisamment bien écrit pour souligner que Kirk n'est pas encore le Capitaine assuré que l'on connaît.
Ce Kirk (Paul Wesley reste bon dans son rôle, même si à aucun moment je ne vois le Kirk de Shatner) est encore hésitant, peine à assumer les conséquences de ses décisions et du "pouvoir" de Capitaine, n'écoute pas ses collaborateurs autant qu'il le devrait, et au travers de cet épisode, il apprend. Il évolue. Et ça, c'est suffisamment rafraîchissant pour être noté.
Et puis la morale de l'histoire, avec l'identité (pas forcément surprenante) des occupants du vaisseau pillard, fonctionne plutôt bien. Un épisode efficace, le meilleur de la saison jusqu'à présent.
- 3x07 - What Is Starfleet? :Alors que l'Enterprise se trouve impliqué dans un conflit entre deux populations, Beto, le frère d'Ortegas, réalise un documentaire à charge remettant en question le bien-fondé de l'intervention de la Fédération, et la présence de l'équipage sur place...
Un épisode assez frustrant, puisque jouant la carte du faux documentaire... mais le faisant de manière assez maladroite et pataude, avec un Beto balourd, aux interviews basiquement manipulatrices et aux intentions ouvertement hostiles.
Trop de grosses ficelles, donc, y compris au niveau des méchants aliens cornus, mais heureusement, c'est assez bien interprété, notamment par Celia Rose Gooding.
- 3x08 - Four-and-a-Half Vulcans : Transformés en Vulcains dans le cadre d'une mission, Pike, Uhura, Chapel et La'an se retrouvent coincés avec cette apparence, et avec le changement de perspective qui l'accompagne...
Et on retombe dans de la comédie balourde et très mal dosée, avec quatre membres d'équipage qui jouent les Vulcains avec plus ou moins de bonheur (pourquoi Anson Mount interprète son Vulcain comme un robot, je n'en suis pas sûr), de la musique primesautière forcée, encore une séance de danse, et surtout une Una qui ne parvient pas à se contrôler aux abords de Patton Oswalt, en Vulcain irrésistible et fasciné par les humains.
Mouais. On sent que tout le monde s'est bien amusé à tourner ça, mais que la production semble, encore une fois, totalement incapable de canaliser ses idées et son sens de l'humour sans tomber dans du n'importe quoi agaçant.
- 3x09 - Terrarium :Écrasée sur une planète désolée, Ortegas tente de survivre et de recontacter l'Enterprise... mais elle réalise bien vite qu'elle n'est pas seule, et qu'une Gorn est dans la même situation qu'elle...
Un grand classique : l'épisode recyclant Enemy Mine, déjà fait maintes et maintes fois, et qui, en soi, n'est pas désagréable... mais est bien trop générique et déjà vu pour tenir la distance. C'est longuet, c'est mollasson, et les scénaristes ne peuvent s'empêcher de toutélier le tout à Arena, l'épisode de TOS opposant Kirk à un Gorn, en ramenant les Metrons de manière tout à fait inutile.
Pas nécessairement mauvais, mais rien de vraiment mémorable.
- 3x10 - New Life and New Civilizations :L'équipage réalise que le Vezda rencontré plus tôt dans leurs voyages s'est échappé, et qu'il a jeté son dévolu sur une peuplade reculée. Pike et sa compagne décident alors de passer à l'action...
Pfffff.... un gros gloubiboulga de technoblabla, de pseudo-science et de pseudo-religion (entre les ley lines spatiales, les Vezdas, le double tir synchronisé, et tout le bordel ambiant) qui sombre rapidement dans le grand n'importe quoi, avant de faire un pas de côté et de tenter d'offrir à Pike et Marie un mini-Inner Light.
Ce qui ne fonctionne jamais totalement, le casting étant ce qu'il est. Vraiment pas aimé cette fin de saison, en mode beaucoup de bruit et d'effets spéciaux pour pas grand chose.
- Bilan saisonnier -
Énorme bof que cette saison 3 de Strange New Worlds, même en faisant preuve d'indulgence compte tenu des conditions particulières de production : c'est bordélique, c'est fréquemment mal dosé, l'équilibre fun/sérieux n'est plus vraiment là (l'alternance est trop systématique, et jamais assez travaillée), et trop souvent, on a l'impression d'une série qui se plaît beaucoup trop à jouer la carte du fanservice référentiel Star Trek, plutôt qu'à être du Star Trek.
Et lorsque les scnaristes s'éloignent enfin un peu de ce fanservice, des références constantes, de leur fascination pour le sex appeal de Spock, des grosses ficelles visant à réunir tous les personnages de TOS de manière forcée et des épisodes voulant à tout prix être comiques, c'est pour nous proposer une intrigue de fond ultra bancale sur le Mal absolu, et sur Marie Batel, l'Élue désignée pour vaincre le Mal avec ses super-pouvoirs.
Mouais. À la limite, si le casting de certains des personnages avait été plus inspiré et charismatique (Batel, Korby), ça aurait pu passer, mais là... non.
En espérant que, maintenant que la série s'est débarrassée de certains personnages encombrants, elle va repartir sur des bases un peu plus saines en saison 4. De toute façon, les heures de la série sont comptées, donc les scénaristes n'ont plus vraiment le choix...
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Retour de la dernière série Trek encore diffusée sur Paramount (Lower Decks ayant été annulée, Section 31 s'étant lamentablement vautrée), pour une nouvelle saison de 10 épisodes promettant toujours plus d'aventures décalées et légères... peut-être trop, à en juger par le résultat agréable, mais en dents de scie, des saisons précédentes.
Star Trek - Strange New Worlds, saison 3 (2025) - première partie :
- 3x01 - Hegemony, part 2 : L'Enterprise traque le vaisseau gorn ayant enlevé les colons parnassiens et une partie de l'équipage, mais découvre par la même occasion le monde originel de ces aliens, ainsi que leurs plans d'invasion du reste de la galaxie...
Conclusion spectaculaire et dramatique au cliffhanger de la fin de saison 2, avec les mêmes défauts et les mêmes qualités : visuellement, c'est réussi, mais les personnages établis sont dotés d'une plot armor, les Gorns sont des pseudo-Aliens dérivatifs, et tout le quota émotion, porté à bout de bras par la rupture entérinée de Spock et Chapel, mais surtout par l'inquiétude de Pike pour sa compagne (il en vient même à lâcher un début de Notre Père, tant il est désespéré) aurait beaucoup mieux fonctionné si cette dernière n'était pas affreusement transparente.
Pas désagréable, mais rien d'exceptionnel pour autant.
- 3x02 - Wedding Bell Blues : Après avoir passé trois mois à quai pour réparations, l'équipage de l'Entreprise est sur le poin de célébrer le centenaire de la création de la Fédération, alors même que Chapel revient de son stage d'archéologie... accompagné de Korby (Cillian O'Sullivan), son nouveau compagnon. Jaloux, Spock croise alors le chemin d'un étrange individu (Rhys Darby) qui exauce son souhait, et change la réalité autour d'eux, faisant de Spock un futur marié sur le point d'épouser Chapel...
Changement radical de ton après les Gorns, pour un épisode qui essaie très fort d'être à la fois une romance impossible, une comédie en mode "souhait exaucé", et un hommage à TOS (qui rejoue d'assez près Squire of Gothos et toutélie enfin Trelane à Q, via un caméo vocal de John De Lancie).
Malheureusement, si je dois être totalement franc, le tout ne fonctionne que très partiellement, en partie parce que la production essaie trop fort d'exprimer la comédie du tout, avec musique primesautière vraiment appuyée et cabotinage assumé, utilisation de WHAM !, etc, mais aussi parce le rythme du tout est gentiment bordélique et bancal. Et que Korby est assez sous-développé et un peu terne.
Dommage que le résultat final soit aussi moyen/superficiel, et que les quelques pistes secondaires (le frère d'Ortega, le PTSD de celle-ci, La'an) soient presque plus intéressantes que l'intrigue centrale.
- 3x03 - Shuttle to Kenfori : Pour tenter de trouver une plante rarissime pouvant potentiellement sauver sa compagne, Pike et M'Benga partent pour une mission secrète à la frontière de l'Empire klingon... mais les Klingons ne sont pas loin, et le passé de M'Benga refait surface...
Un épisode sérieux, un peu fourre-tout, qui part dans plein de directions (confrontation avec une klingonne qui veut se venger, sauvetage périlleux, rébellion d'Ortegas, urgence médicale, et film de zombies), lesquelles fonctionnent plus ou moins bien, c'est selon. Ce qui fonctionne le mieux, ici, c'est l'interprétation et le mélodrame, avec un Pike bouleversé par le sort de sa compagne, une Ortegas qui n'en fait qu'à sa tête, un M'benga excellent, etc.
Ce qui fonctionne moins bien, ce sont ces zombies qui, en fin de compte, font vraiment pièce rapportée, et auraient aussi bien pu être remplacés par une autre menace sans que cela ne change quoi que ce soit.
Dans l'ensemble, l'épisode est un peu bancal, donc, mais il est néanmoins suffisamment bien produit et mené pour se regarder assez facilement. À l'exception de ces foutus zombies hors-sujet.
- 3x04 - A Space Adventure Hour : Tandis que l'Enterprise étudie une étoile en cours d'effondrement, La'an est envoyée dans l'holodeck fraîchement installé pour en tester l'utilité et la viabilité. Elle endosse donc le rôle d'Amelia Moon, détective privée dans les années 60, qui enquête sur le meurtre d'un mogul d'Hollywood, tué dans sa baignoire alors que le créateur et l'équipe d'une série de science fiction ringarde se trouvaient chez lui...
Mouais. J'ai vraiment du mal avec cette saison, pour l'instant, une saison très déséquilibrée, avec des scripts approximatifs qui tentent de forcer des situations humoristiques ou excentriques, lesquelles sont systématiquement tirées vers le bas par des problèmes de rythme, d'interprétation ou d'écriture. Alors d'accord, la saison 3 a connu beaucoup de problèmes et de retard à cause de grèves des scénaristes et des acteurs, mais tout de même.
Donc, cet épisode : un épisode de dysfonctionnement de l'holodeck, sans surprise, avec une parodie de murder mystery doublée d'une parodie de Star Trek TOS, et les débuts d'une romance entre Spock et La'an.
Le problème étant que tout semble mal dosé (un peu comme dans l'épisode 1x08, tiens) : tout est très générique, les rebondissements sont prévisibles, ça cabotine dans tous les sens (Mount et Wesley, notamment), la parodie de TOS (devant et derrière la caméra) est balourde, le murder mystery est tout sauf palpitant, et la romance de Spock et La'an est assez forcée, en cela que la production ne semble envisager le personnage de Spock que comme un être irrésistible et magnétique.
Très gros bof, donc, pour ce quatrième épisode - ça fait trois épisodes faiblards à la suite, je commence à m'inquiéter.
- 3x05 - Through The Lens of Time : Une expédition archéologique menée par Korby et Chapel, accompagnés par l'infirmier Gamble et le frère d'Ortegas, met à jour un temple mystérieux, qui semble exister hors du temps et de l'espace. Mais rapidement, Gamble est possédé par une entité malveillante enfermée dans le temple...
Un épisode un peu maladroit mais pas désagréable, très inspiré par Indiana Jones, et un peu cousu de fil blanc : on se doute bien qu'en centrant tout sur Gamble, cela en faisait immédiatement un red shirt potentiel, et ça ne rate pas, puisqu'il se retrouve possédé par quelque chose qui évoque fortement les Pah Wraiths de Deep Space Nine (nul doute que ces créatures reviendront).
Par contre, l'épisode confirme que le fil conducteur de la saison est clairement la compagne de Pike, sa contamination, et tout ce qui en découle. Un peu étrange, et dommage que l'actrice soit aussi transparente, mais bon. Rien d'exceptionnel, mais c'était plus intéressant et mieux mené que les précédents.
Bilan de mi-saison :
Une première moitié de saison qui me laisse un peu dubitatif : la série tente d'alterner comédie et sérieux, avec en prime le fil conducteur de la compagne de Pike, mais le dosage n'est vraiment pas maîtrisé, et c'est soit trop laborieux et mélodramatique, soit trop romantique, soit trop balourd dans la parodie.
Je reste indulgent, cependant, compte tenu des conditions difficiles de production, mais j'espère que la seconde moitié de la saison va un peu redresser la barre, parce que pour l'instant, si ça reste tout de même au-dessus du niveau de Star Trek Discovery (ne serait-ce que grâce au capital sympathie de la distribution), c'est un peu faiblard dans l'ensemble.
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La première saison de Gen V, spin-off universitaire de The Boys, m'avait laissé assez mitigé lors de sa diffusion sur Amazon, en 2023 : à mi-chemin entre une série CW et une satire graveleuse à la The Boys, Gen V tapait fréquemment en dessous de la ceinture, son cast jeune et inégal ne parvenant pas toujours à compenser une écriture qui, au fil de la saison, accumulait les raccourcis et les grosses ficelles pour arriver à un final catapulté.
Retour du programme, donc, après une saison 4 de The Boys assez mollassonne, et la promesse d'une saison 2 de Gen V intrinsèquement liée à l'avenir de la série-mère, mais devant aussi, en parallèle, faire face à la mort de Chance Perdomo, l'un de ses interprètes, dans un accident de moto...
Gen V, saison 2 (2025) :
Réintégrés à God U malgré les événements précédents, Jordan (London Thor/Derek Luh), Emma (Lizze Broadway) et les autres doivent faire face à Cypher (Hamish Linklater), le nouveau proviseur de l'établissement, aux pouvoirs mystérieux et menaçants. Toujours en fuite, Marie (Jaz Sinclair) croise de son côté le chemin de Starlight, qui la recrute dans sa résistance contre Vought, mais rapidement, l'étudiante comprend qu'elle va devoir réintégrer elle-aussi God U pour espérer s'attaquer à l'institution de l'intérieur, et développer ses pouvoirs...
Allons droit au but : cette saison 2 de GV est dans la droite lignée de la saison précédente, tant au niveau de ses qualités que de ses défauts. Certes, la mort de Perdomo a dû être intégrée dans la structure narrative de la saison, mais cela n'a pas semblé bouleverser pour autant cette dernière dans son ensemble.
La saison tourne en effet quasi-exclusivement autour de Marie, (de plus en plus présentée comme la plus exceptionnelle des supers, la seule capable de vaincre potentiellement Homelander, parce que forcément, le super-aryen ne peut être vaincu que par la jeune afro-américaine ^^), de sa relation avec ses amis, de sa culpabilité de les avoir laissés en prison, de sa sœur dotée de prémonitions (un personnage totalement inutile de cette saison, clairement uniquement là pour préparer la suite), de sa romance avec Jordan, et surtout de sa relation complexe avec Cypher, le proviseur qui tente de l'amener à développer ses pouvoirs.
Et très honnêtement, si cette saison de Gen V a de l'intérêt, c'est en grande partie, pour ne pas dire uniquement, grâce à Hamish Linklater, qui parvient à faire de Cypher un méchant ambigu, menaçant, et aux pouvoirs assez vagues... du moins dans un premier temps.
Car très rapidement, malheureusement, la série laisse deviner les réelles capacités de Cypher, tout en laissant ses personnages principaux dans le brouillard, et Cypher finit par changer de visage (et d'interprète - on y perd, et sa caractérisation change d'ailleurs étrangement entre les deux interprétation). De quoi donner un résultat particulièrement frustrant, notamment lorsque vient la révélation télégraphiée du secret de Cypher, mais aussi parce qu'un peu comme dans Alien Earth, la série fait de tous ses jeunes héros des abrutis finis.
C'en est presque systématique : la moindre décision, le moindre plan échafaudé par les protagonistes est, au mieux, impulsif et mal conçu, au pire complètement stupide et narrativement forcé.
Tout ça avec la justification narrative implicite que Marie et compagnie sont "jeunes et cons", mais voilà : quand in fine, Cypher, superméchant eugéniste manipulateur (au sens propre comme au sens figuré) associé à Sister Sage de The Boys ("la femme la plus intelligente de la Terre", si je me souviens bien), finit par être vaincu en un demi-épisode, comme une m*rde, par l'équipe des jeunes bras-cassés réunis (histoire de prouver que les superpouvoirs nazes ont eux aussi de la valeur, un grand thème de la saison), qui appliquent là un plan encore une fois capillotracté et idiot, le spectateur soupire. Fortement.
D'autant qu'à nouveau, la narration et l'écriture en prennent un bon coup dans l'aile à mesure que la fin de saison approche, et qu'il faut renforcer le toutéliage avec la série-mère, quitte à abuser de grosses ficelles, de raccourcis maladroits et de coïncidences bien pratiques pour amener tel ou tel personnage à tel ou tel endroit ou permettre à tel ou tel événement de se produire.
Alors certes, une référence ou un caméo ici ou là, ce n'est pas rédhibitoire (outre Sage, Giancarlo Esposito vient débiter de l'exposition, Starlight aussi, Black Noir et The Deep apparaissent brièvement le temps d'une scène), mais quand toute la saison se veut de la mise en place pour la saison 5 de The Boys, et sacrifie ses personnages ou ses sous-intrigues pour favoriser cette dernière, ça coince.
Et plutôt deux fois qu'une.
Énorme bof, donc, que cette saison 2 de Gen V, d'autant que progressivement, la franchise The Boys donne l'impression de devenir ce qu'elle satirisait à l'origine...
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Honnêtement je ne m'y attendais pas : après de nombreuses saisons ratées, et une tentative de spin-off intéressante, mais aussitôt annulée par la chaîne, voilà (encore) une suite à la série-mère Dexter, à nouveau sous l'égide du showrunner d'origine... et malgré des défauts frustrants, c'est plutôt sympathique !
Dexter : Resurrection, saison 1 (2025) :
Alors qu'il surveille son fils Harrison (Jack Alcott), devenu groom dans un hôtel de New York, Dexter Morgan (Michael C. Hall) découvre que Leon Prater (Peter Dinklage), milliardaire philanthrope, est en réalité un fan de tueurs en série, qui organise régulièrement des réunions regroupant divers tueurs de la ville. Dexter voit alors là une occasion rêvée de rencontrer ses semblables et de les éliminer... sans se douter que Batista (David Zayas), à la retraite, est lui-même sur ses traces.
On avait laissé Dexter Morgan à l'agonie à la fin de Dexter New Blood puis entre deux eaux dans Dexter - Les Origines : le revoici revenu à la vie, mais transplanté à New York, où il surveille son fils Harrison de loin.
Et immédiatement, cela change beaucoup de choses. J'ai en effet toujours été persuadé qu'une grande partie du charme et de l'atmosphère si particulière de Dexter provenait de la ville de Miami, de son ambiance, de sa chaleur, de sa musique latino et cubaine, de la photographie si distincte de la serie, et du climat étouffant de la Floride.
Des éléments pour moi indissociables de l'univers Dexter, et que New Blood (qui avait tout transposé dans la neige et le grand Nord) avait totalement perdus (à contrario de Dexter Origins, grâce à sa structure en flashback). Là, pour cette "résurrection", on s'éloigne encore plus de l'ADN de la série dans sa première incarnation : adieu la Floride, place à New York ; adieu la musique latino et le score envoûtant de feu Daniel Licht, place à énormement de morceaux à la mode, de la musique urbaine, des gros titres qui ont du coûter cher, et qui n'ont pas un tiers de la personnalité des thèmes originaux (qui réapparaissent vaguement, cà et là, sous forme de bribes amputées et presque vaporeuses, quand Dexter tue).
Gros probleme d'atmosphère, donc, qui se combine paradoxalement à une volonté de faire ouvertement dans le fanservice, en multipliant les visions du passé (John Lithgow, Erik King, Jimmy Smits, Christian Camargo et bien sûr James Remar) et les caméos d'anciens (Batista, Masuka, Quinn), ainsi que dans le stunt casting, avec bon nombre d'acteurs connus dans de petits rôles de tueurs/victimes de Dexter (Eric Stonestreet, Krysten Ritter, David Dastmalchian, Neil Patrick Harris...) ou adjacents (Dinklage, Uma Thurman).
Malgré cela, pourtant, et d'autres problèmes dont je parlerai plus bas, progressivement, la mayonnaise prend.
Probablement parce que cette saison renoue avec l'essence même de Dexter : Dexter qui tue, conseillé par l'esprit de son père, et qui tente, en parallèle, de trouver sa place dans la société, et de déterminer s'il est un monstre du mauvais côté de la Loi et de la morale. Les problèmes de paternité de Dexter, sa relation compliquée avec Harrison, son amitié naissante avec Blessing (Ntare Guma Mbaho Mwine), la transmission éventuelle de son Dark Passenger à Harrison... rien de forcément neuf ou inédit pour la série, mais un traitement globalement efficace, qui sait ménager son suspense.
Et puis en face, il y a la tentation. La tentation de Prater, ses contacts, son argent ; la tentation de Krysten Ritter, une tueuse qui flirte avec Dexter ; la tentation de trouver une famille d'adoption auprès de tous ces tueurs en série qui connaissent les mêmes pulsions que Dex ; la tentation d'éliminer Batista, qui menace Dexter à chaque instant... encore une fois, rien de révolutionnaire, mais la saison gère bien ses menaces et ses résolutions, donc ça fonctionne.
Cependant, la série ne serait pas ce qu'elle est sans ses grosses ficelles narratives qui font que Dexter s'en sort toujours comme par magie : personnages secondaires brièvement stupides ; erreurs grossières de Dexter ; enquête de Claudette (Kadia Saraf), policière perspicace mais un peu autiste, qui piétine soudain au moment le plus opportun ; interruptions au moment crucial de certains dialogues ; la batterie du téléphone de Dex, dans le dernier épisode ; la filature risible de Batista, visible comme le nez au milieu du visage ; voire même toute la caractérisation de Batista, cette saison, qui est au mieux discutable, au pire honteuse.
Autant d'éléments forcés, qui ont toujours été présents dans Dexter, qui ne sont pas rédhibitoires, mais qui ne cessent de faire lever les yeux au ciel quand ils surviennent.
Heureusement, cette saison, les éléments positifs dominent nettement les scories (même si je regrette le manque de générique et d'ambiance musicale, qui auraient pu clairement améliorer le tout). Resurrection est une sorte de retour aux origines, une remise à plat de Dexter qui efface les erreurs du passé, et reprend les bases de la série pour les exploiter au mieux... et faire évoluer son personnage principal, plus à l'aise dans ses baskets.
Reste à voir ce que donnera la saison 2, si tant est qu'elle n'est pas annulée de manière aléatoire dans six mois.
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La première saison de Peacemaker, la série de James Gunn, était une assez bonne surprise, bourrée de tics inhérents au réalisateur/scénariste, mais aussi bien interprétée, rythmée et amusante. Gunn remet ici le couvert pour une deuxième saison de 8 épisodes, avec toujours, peu ou prou, une carte blanche absolue qui lui permet de faire ce qu'il veut... pour le meilleur et pour le pire.
Peacemaker, saison 2 (2025) :
Alors que Rick Flag, Sr. (Frank Grillo) reprend les rênes d'Argus et s'efforce d'éviter que l'incident de Metropolis ne se reproduise, Peacemaker (John Cena) se cherche toujours. Refusé par le Justice Gang, il a couché avec Harcourt (Jennifer Holland), mais ses sentiments pour elle ne sont pas réciproques : il utilise alors son armurerie transdimensionnelle pour explorer le multivers et rejoindre une réalité parallèle où son frère (David Denman) est encore en vie, où Peacemaker est un héros, et où Harcourt est sa compagne...
C'est toujours un sentiment bizarre d'aborder une série avec un à priori positif, et de s'apercevoir qu'en réalité, on a peut-être passé un cap dans son parcours de spectateur. Très bien accueillie par la critique et les fans, pas forcément alourdie par des attentes démesurées, la saison 2 de Peacemaker avait de quoi me plaire, malgré mes quelques réserves mentionnées dans ma critique de la saison 1.
Et pourtant, au fil des épisodes de cette nouvelle saison, j'ai commencé à me désintéresser du tout, voire même à m'agacer des tics de Gunn en tant que scénariste et metteur en scène.
Parce que pour le coup, cette saison 2 de Peacemaker (qui se conclue - SPOILERS - par la création de l'agence Checkmate par Peacemaker et ses copains) effectue un virage assez prononcé vers le programme collégial, l'ensemble cast, plus encore qu'en saison 1.
Et si, en théorie, la saison est censée se concentrer sur Peacemaker qui se découvre une nouvelle vie, une nouvelle chance d'avoir une famille, etc, dans un univers parallèle trop beau pour être vrai (à ce titre, le rebondissement est assez évident, mais fonctionne), et qui fait le point sur son statut de héros, dans les faits, la série passe presque plus de temps à se concentrer sur le reste du groupe que sur Chris (qui est séparé de ses alliés pendant une majeure partie de la saison).
Forcément : James Gunn aime ses acteurs (pour la plupart des amis IRL), il cherche à leur donner plein de scènes et de choses amusantes à faire, et il rajoute d'autres de ses compères (Tim Meadows, Michael Rooker en chasseur pseudo-indien, la moitié des sbires de Lex Luthor, Frank Grillo, etc), ce qui commence à prendre de la place dans la série. Sans même mentionner la compagne de Gunn, omniprésente : chorégraphe du générique de début, dans lequel elle est centrale, elle est ici le love interest de Peacemaker, et devient presque, par la force des choses, le personnage principal du programme.
Tout tourne autour d'elle, de sa relation avec Peacemaker, de ses bagarres nocturnes dans des bars pour avoir le sentiment d'exister, etc, etc, etc... et comme personne ne vient dire à Gunn de se freiner un peu, il n'en fait qu'à sa tête.
Idem pour tout ce qui est illustration musicale : c'était limite en saison 1, ça s'était bien calmé avec Superman, mais là, c'est un retour à quelque chose de plus présent et de plus envahissant que jamais, avec en prime des scènes de concert, des montages superflus, etc. Gunn se fait clairement plaisir, même si ça tire le programme vers le bas.
Et puis n'oublions pas l'intégration de l'univers DC au sens large, avec caméo de Luthor, de ses sbires, du Justice Gang, de Maxwell Lord, etc (ce n'est pas désagréable, mais ça donne, encore une fois, l'impression d'un Gunn en mode Kevin Smith, qui place toute sa bande de copains dans son show, même si ça n'apporte pas forcément grand chose au schmilblick) et le plaçage de pions pour teaser la suite de l'univers (la caractérisation de Flag est ainsi assez inégale, notamment dans le dernier épisode).
Autant de petites scories qui ne sont pas forcément rédhibitoires, mais qui, à force, s'accumulent jusqu'à un point de non-retour, surtout lorsque l'on propose une saison sans antagoniste réel, et donc sans fil narratif fort autre que le devenir des personnages.
Après, la saison n'est pas mauvaise, en soi : les personnages sont toujours sympathiques, bien interprétés, ils évoluent joliment et le tout se regarde assez facilement... mais j'ai vraiment trouvé que les bons moments de cette saison 2 étaient diluées dans tant de digressions, tant de superflu, tant de remplissage, qu'au final, le rythme en a grandement souffert.
Et mon intérêt aussi.
Difficile de ne pas se demander si Gunn ne gère pas trop de projets en parallèle, entre ses séries, ses films, l'univers DC dans son ensemble, etc, et qu'il ne finit pas par s'éparpiller un peu trop, mettant en production cette saison 2 qui aurait mérité un deuxième ou troisième jet de scénario...
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Better Man (2024) :
La carrière de Robbie Williams, chanteur d'extraction populaire vivant dans l'ombre d'un père showman (Steve Pemberton) et qui, après avoir rejoint le boyband Take That, se trouve rongé par l'anxiété, la dépression, et la drogue, jusqu'à devoir quitter le groupe pour trouver son chemin en solo...
Un biopic musical romancé inspiré de la vie et de la carrière de Robbie Williams, par le réalisateur de The Greatest Showman, avec pour particularité, une métaphore centrale, celle de Robbie Williams représenté en tant que singe se produisant sur scène dans ce grand cirque qu'est le show-business.
Gros travail numérique de Weta, qui donne vie dans chaque plan à un Robbie Williams simien ultra-expressif et crédible, pour un biopic pas forcément révolutionnaire (la structure est assez classique : débuts difficiles, montée en puissance, chute dans la drogue et la dépression, rédemption et retour au sommet) mais plutôt bien mené en un peu plus de deux heures, avec notamment un long passage sur la relation de Williams avec Nicole Appleton (des All Saints), qui n'a duré que deux ans IRL, mais semble avoir vraiment marqué Williams durablement.
Reste que, malgré sa structure assez académique, et son nombre relativement limité de numéros musicaux hors-scène (il y a une jolie chorégraphie des Take That dans les rues de Londres, sur Rock DJ), le film parvient à emporter l'adhésion au travers de sa patte graphique, de son postulat de départ, et de son énergie. Sans parler de ses excentricités, comme ces figures sinistres représentant les doutes et les peurs de Williams, dissimulées dans le public de ses shows, et qu'il finit par vaincre au cours d'une immense bataille durant le plus gros concert de sa vie.
Je ne m'y attendais pas, tout comme je ne m'attendais pas à trouver certaines scènes plutôt touchantes, notamment la toute fin, sur "My Way".
Une bonne surprise, qui ne méritait pas de se planter en salles (en même temps, vu l'accueil critiques aux USA, façon "Robbie Williams, on connaît pas, pourquoi aller voir un film sur sa vie ?", ça n'allait pas exploser les records au box-office...)
4.25/6
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Dracula (2025) :
En 1480, dans les Carpathes, le prince Vladimir (Caleb Landry Jones) se détourne de Dieu et de sa religion lorsque son épouse Elisabeta trouve la mort dans un assaut des Ottomans. Désormais maudit, transformé en vampire assoiffé de sang, Vladimir, dit "Dracula", passe des siècles à tenter de retrouver la réincarnation de sa bien-aimée, avant de se replier dans son château. Jusqu'en 1889, lorsque Jonathan Harker (Ewens Abid) lui rend visite. Dracula comprend que Mina (Zoë Bleu), la fiancée de Jonathan, est celle qu'il recherche, et il part aussitôt pour Paris, en pleines célébrations du centenaire de la Révolution française...
On pourra saluer l'audace de ce bon vieux Luc Besson : arriver sur les talons du Nosferatu de Eggers, lui repiquer l'une de ses affiches secondaires (plagiat souligné par la créatrice de l'affiche de Nosferatu) et l'idée de caster une "fille de" dans le rôle de Mina (chez Eggers, la fille Paradis-Depp, ici, la fille de Rosanna Arquette), "s'inspirer" très lourdement du Dracula de Coppola (notamment dans certaines scènes et certains visuels, mais aussi dans le simple concept de base du Dracula romantique qui cherche la réincarnation de sa bien-aîmée, blablabla) sous couvert d'hommage, demander à Danny Elfman (à la musique) de faire de même avec le score de Kilar (et aussi quelques éléments qui fleurent bon le temp-tracking de Christopher Young), ajouter une grosse influence du Parfum de Suskind/Tykwer (Dracula séduit ses victimes grâce à un parfum irrésistible qui met les gens en trance), sans oublier une bonne grosse dose de franchouillardise (tout est retransposé à Paris, probablement pour justifier certains financements ou lieux de tournage) et des gargouilles numériques qui font du catch et semblent sortir du Bossu de Notre-Dame... et espérer faire un carton au box-office et auprès des critiques.
Pas de chance, les grosses ficelles ont été remarquées dès la bande-annonce, et une fois devant ce film de plus de deux heures, ça ne s'améliore pas. Parce qu'outre tous les problèmes ci-dessus, il y a un vrai souci au cœur même du métrage : un peu comme pour Valérian, il n'y a pas la moindre alchimie entre ce Dracula et sa bien-aimée. Ce qui est problématique, vu que le Dracula de Besson est une romance intemporelle et mélodramatique.
Cette absence totale d'alchimie est en partie imputable aux nombreuses ruptures de ton du métrage (qui se permet des écarts goguenards et rigolards, notamment sur Dracula qui fait faire une danse chorégraphiée à tous les humains sous le charme de son parfum, au fil des époques), en partie à l'interprétation terne de Zoe Bleu, mais aussi et surtout à l'écriture des personnages féminins, tout simplement inexistante.
Tout au plus Maria (Matilda De Angelis) parvient-elle à exister de par son jeu et son enthousiasme, mais elle, comme Mina, ne sont écrits qu'au travers du prisme des personnages masculins, que ce soit Dracula (Caleb Landry Jones est habité, mais cabotine occasionnellement), le chasseur de vampires (Christoph Waltz, qui fait du Christoph Waltz en prêtre jamais nommé), Guillaume de Tonquédec en médecin, etc.
On se retrouve donc avec une fresque romantique qui tombe assez à plat, sans le moindre charme, avec quelques scènes WTF (le couvent, le massacre à Versailles) uniquement là pour laisser Besson s'amuser, et un grand final spectaculaire à base d'armée roumaine qui attaque le chateau de Dracula, de gargouilles numériques qui font des huracanranas sur les soldats, de Dracula qui massacre tout le monde sans broncher... avant de se faire convaincre de se laisser tuer par Waltz en mode négociateur.
Dit comme ça, ça pourrait presque donner envie, mais en fait, ça prend l'eau de partout et c'est tellement dérivatif qu'on ne peut que soupirer.
2/6
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The Crow (2024) :
Drogué enfermé dans une institution, Eric Draven (Bill Skarsgård) y croise Shelly (FKA Twigs), dans la même situation que lui, hantée par de lourds secrets et un sombre passé. C'est le coup de foudre, mais peu de temps après leur évasion de l'établissement, le couple amoureux est retrouvé par les sbires de Vincent Roeg (Danny Huston) et sauvagement assassiné. Dans l'au-delà, Eric apprend alors qu'il peut revenir parmi les vivants, porté par les ailes d'un corbeau et rendu invincible, le temps d'exercer sa vengeance...
Film culte s'il en est, The Crow (1994) n'était pas forcément un grand film ou un chef d'œuvre du Septième Art. Néanmoins, son atmosphère, son style visuel, sa bande originale, sa tragédie IRL et sa sincérité en ont fait une oeuvre à part, qu'Hollywood tente depuis de répliquer encore en encore (la copie la moins honteuse étant paradoxalement la version télévisée, qui développait un peu l'univers et son mysticisme sans se défaire du cœur du projet).
Et donc, après des années de development hell durant lesquelles pléthore de noms improbables ont été associés au projet (de Jason Momoa à Stephen Norrington, en passant par Mark Wahlberg, Bradley Cooper, Luke Evans, et bon nombre d'autres acteurs), avec ou sans James O'Barr à l'écriture... voilà le produit fini.
Rupert Sanders (Blanche-Neige et le Chasseur, Ghost in the Shell) à la barre, des scénaristes peu inspirés, une production chaotique et bancale, et un résultat... complètement raté.
En même temps, dès le début, difficile de s'intéresser à cette romance inexistante entre ces deux paumés drogués dépressifs, et notamment ce Eric Draven qui semble tout droit sorti du moule Joker Leto, couvert de tatouages edgy, avec PARIAH tatoué sur les phalanges, constamment torse nu, etc. Les deux personnages n'ont aucune alchimie (malgré le fait que le film consacre 35 minutes à leur relation), la romance est affreusement plate, il n'y a aucune montée en puissance, bref, les personnages sont ratés, à l'image de Danny Huston en grand méchant aux pouvoirs sataniques... qu'il n'utilise jamais vraiment de manière probante.
Ajoutez à cela une bande originale peu pertinente et un film particulièrement mal rythmé : 35 minutes de mise en place, Draven est tué, passe dans l'au-delà, revient à la vie, tente de se venger, est tué, revient dans l'au-delà, fait un pacte avec une force surnaturelle, revient à la vie, se maquille en Crow sur du Enya, et se venge enfin, au bout de 75 minutes, lors d'une scène à l'opéra gratuitement gore et numérique, sorte de violence à la John Wick, mais en plus mou et nettement moins rythmé...
... et puis ensuite, il faut se dépécher de finir le film : en quinze minutes, Draven retrouve le méchant, l'emmène avec lui dans l'au-delà, et paf, générique de fin sur une fin ouverte à la con.
Honnêtement, même sans la moindre comparaison avec l'original, ce Crow 2024 un vrai ratage spectaculaire, tiré vers le fond par une esthétique pub de parfum, des acteurs impassibles, un rythme inexistant, une romance qui l'est tout autant, et une charge émotionnelle négative.
À la limite, on m'aurait dit "c'est un métrage uniquement produit pour garder les droits d'exploitation de la franchise, comme pour Hellraiser, Children of the Corn, Leprechaun ou autres franchises de ce genre", je me serais montré plus indulgent.
1.5/6
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Sinners (2025) :
En 1932, dans le Mississippi, Smoke and Stack Moore (Michael B. Jordan), deux petites frappes ayant travaillé pour Al Capone, reviennent dans leur ville natale pour y ouvrir un juke joint, où célébrer la culture afroaméricaine et vendre de l'alcool. Rapidement, cependant, le club et sa musique attirent l'attention des forces du Mal, et les jumeux et leurs proches doivent faire face à des vampires sanguinaires prêts à tout leur prendre.
Un long-métrage de Ryan Coogler qui a été particulièrement bien accueilli par la critique US pour de multiples raisons évidentes (le réal et l'acteur principal ont les faveurs de la critique et du public, c'est un film de genre sur le passé des afroaméricains, sur leur culture, sur l'oppression, sur la musique, c'est de l'horreur "transcendée" où les méchants vampires blancs du KKK qui tentent de voler la musique et la culture des noirs sont une grosse métaphore, avec en prime un propos survolé sur la religion, c'est un projet aux partis pris techniques très affirmés, avec photo sous-exposée, tournage pellicule, etc...) mais qui, au final, s'avère plutôt inégal.
Déjà, parce que Sinners prend bien son temps, consacrant sa première heure à de la mise en place et à la présentation des personnages - en soi, pourquoi pas (et cette première heure propose quelques jolies séquences, notamment le plan séquence qui voit le club se peupler de musiciens noirs de toutes les époques dans un grand melting pot intemporel), pour peu que la suite du film soit à la hauteur.
Mais c'est là que le bât blesse un peu : quand tout commence à partir en vrille, comme dans Une Nuit en Enfer (un grosse influence évidente du film), Coogler semble se désintéresser progressivement du genre de son métrage : la partie siège manque de tension, l'assaut des vampires est assez mou et parfois filmée de manière très basique, l'affrontement final entre les deux frères (et de manière générale tout ce qui est thématique sur la dualité) est sous-exploité, et la fin de cette intrigue arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, suivi de plusieurs épilogues pas forcément très probants formellement (Smoke qui défourraille le KKK au ralenti sur fond de riffs métal avec une sulfateuse ; Sammie, devenu star du blues, qui reçoit la visite, dans ses vieilles années, de Stack et d'Annie, vampires toujours vivants).
On en vient presque à regretter que Coogler soit parti dans un film de vampires, et pas dans quelque chose de plus sérieux et/ou historique.
Une expérience assez mitigée, donc, mais... je suis caucasien, et je suis français. Si je dois en croire toutes les suranalyses et autres commentaires énervés laissés sur le web outre-atlantique en réponse à la moindre critique un tant soit peu tiède, cela me disqualifie donc de pouvoir donner mon avis sur le film, car je ne suis pas capable de comprendre celui-ci et toutes ses subtilités ultra-profondes, ses messages, etc : le bon vieux "un film trop intelligent pour toi, réservé à ceux qui ont un cerveau", qui devient ici "réservé à ceux qui ont un cerveau afroaméricain"...
3.75/6
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