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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE SÉRIES - The Boys, saison 5 (2026)

Publié le 1 Août 2026 par Lurdo dans Action, Comédie, Critiques éclair, Drame, Science Fiction, Review, USA, Amazon, Les bilans de Lurdo, Télévision, Fantastique, Boys

Cinquième et ultime saison pour la série The Boys d'Amazon, après un spin off animé, un spin off annulé, et quatre saisons qui, à mesure que la réalité américaine devenait de plus en plus folle et radicalisée, ont peiné à suivre la cadence, la satire du show devenant assez timide et prévisible face aux agissements des politiciens US.

La série s'essouflait clairement, et il était plus que temps d'y mettre un terme, si possible en beauté... ce que nous garantissait Eric Kripke durant la production du show. Mission (non) accomplie.

The Boys, saison 5 (2026) :

L'équipe de Butcher a enfin mis au point le virus capable de tuer tous les supes, mais lorsque celui-ci échoue à éliminer Soldier Boy (Jensen Ackles), Butcher (Karl Urban) et compagnie comprennent qu'ils ont besoin d'un échantillon du sérum original de Vought. Plus facile à dire qu'à faire, d'autant qu'en face, Homelander (Antony Starr) cherche le même sérum : car il a eu une épiphanie, et a décidé qu'une fois injecté dans ses veines, il sera désormais un Dieu, que les humains doivent vénérer...

Une saison 5 en 10 épisodes d'une heure, qui promettait en effet un final apocalyptique, avec notamment les personnages de Gen V, et qui, au final, a déçu une grande partie d'un public déjà à la limite de sa patience et de sa tolérance pour la satire balourde du show.

Il faut dire que cette satire, déjà pas très fine, a largement été rattrapée et dépassée par la réalité MAGA, outre-Atlantique, au point que la série paraît timorée par rapport aux agissements de Trump.

Donc forcément, quand Homelander crée des camps de prisonniers, envahit les villes sanctuaires, radicalise les USA, se prend pour Jesus, etc, ça fait un peu redondant par rapport à la réalité. Et ça frustre des deux côtés de la barrière : les MAGAs qui n'apprécient guère que l'on se moque de leur président, et en face, les spectateurs normaux qui aimeraient un peu moins de photocopiage du paysage politique US.

D'autant que même à côté de tout ça, la série se bordélise un peu plus, consciente d'approcher de sa fin, et bien décidée à laisser de la place aux personnages préférés des scénaristes. On a ainsi Kimiko qui revient, douée de parole, histoire de développer toute sa romance avec Frenchie (pas forcément une réussite, tout ça, même si l'actrice est impeccable : par moments, le personnage semble avoir totalement changé de personnalité) ; Hughie et Starlight qui se rabibochent, histoire de faire le point sur leur relation ; Mother's Milk qui prend plus de place et d'importance ; Soldier Boy, à la fois là pour régler son histoire de paternité avec Homelander, mais aussi pour teaser le prochain spin-off de la série, et pour permettre à Kripke d'organiser une réunion avec les autres acteurs de Supernatural...

Et il en va de même avec bon nombre de personnages secondaires, qui ont droit à leur conclusion, souvent sanglante. De quoi remplir la saison, qui paradoxalement part dans plein de directement tout en paraissant étrangement statique : autant du côté de Homelander et de Vought, ça reste sympa (mention spéciale à Daveed Diggs, excellent en prêcheur superhéroïque), autant les Boys passent le plus clair de la saison à parler dans des hangars ou des labos ternes, ou à échafauder et à exécuter des plans foireux qui échouent et les renvoient palabrer dans des hangars.

Il y a bien un semblant de propos sur le cynisme de Starlight, la radicalisation de Butcher, etc, mais bon... trop fréquemment, la série donne l'impression de se précipiter et d'être brouillonne, ce qui tue dans l'œuf les tentatives de faire de l'émotion.

Quant aux personnages de Gen V, n'y comptez même pas : ils font de la figuration dans deux scènes et demi, histoire de dire, et n'utilisent jamais leurs pouvoirs (un comble).

Bref, une saison frustrante et déséquilibrée qui se plie en quatre pour tout boucler, mais finit malheureusement par retomber dans une fin semi-larmoyante assez générique, avec montage musical sous forme de happy end, dont les scénaristes se seraient ouvertement moqué dans les premières saisons du show.

Un épisode se démarque, l'épisode 05 et son format histoires courtes consacrées à des personnages secondaires, un épisode dominé par Valorie Curry, impériale, et par le massacre de célébrités à l'occasion de la réunion des anciens de Supernatural... mais dans l'ensemble, si la fin de série de The Boys n'est pas désastreuse, elle reste assez décevante, mollassonne, et paresseuse.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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Les bilans de Lurdo - Gen V, saison 2 (2025)

Publié le 30 Novembre 2025 par Lurdo dans Boys, Action, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Fantastique, Science Fiction, Review, USA, Amazon, Drame, Thriller

La première saison de Gen V, spin-off universitaire de The Boys, m'avait laissé assez mitigé lors de sa diffusion sur Amazon, en 2023 : à mi-chemin entre une série CW et une satire graveleuse à la The Boys, Gen V tapait fréquemment en dessous de la ceinture, son cast jeune et inégal ne parvenant pas toujours à compenser une écriture qui, au fil de la saison, accumulait les raccourcis et les grosses ficelles pour arriver à un final catapulté.

Retour du programme, donc, après une saison 4 de The Boys assez mollassonne, et la promesse d'une saison 2 de Gen V intrinsèquement liée à l'avenir de la série-mère, mais devant aussi, en parallèle, faire face à la mort de Chance Perdomo, l'un de ses interprètes, dans un accident de moto...

Gen V, saison 2 (2025) :

Réintégrés à God U malgré les événements précédents, Jordan (London Thor/Derek Luh), Emma (Lizze Broadway) et les autres doivent faire face à Cypher (Hamish Linklater), le nouveau proviseur de l'établissement, aux pouvoirs mystérieux et menaçants. Toujours en fuite, Marie (Jaz Sinclair) croise de son côté le chemin de Starlight, qui la recrute dans sa résistance contre Vought, mais rapidement, l'étudiante comprend qu'elle va devoir réintégrer elle-aussi God U pour espérer s'attaquer à l'institution de l'intérieur, et développer ses pouvoirs...

Allons droit au but : cette saison 2 de GV est dans la droite lignée de la saison précédente, tant au niveau de ses qualités que de ses défauts. Certes, la mort de Perdomo a dû être intégrée dans la structure narrative de la saison, mais cela n'a pas semblé bouleverser pour autant cette dernière dans son ensemble.

La saison tourne en effet quasi-exclusivement autour de Marie, (de plus en plus présentée comme la plus exceptionnelle des supers, la seule capable de vaincre potentiellement Homelander, parce que forcément, le super-aryen ne peut être vaincu que par la jeune afro-américaine ^^), de sa relation avec ses amis, de sa culpabilité de les avoir laissés en prison, de sa sœur dotée de prémonitions (un personnage totalement inutile de cette saison, clairement uniquement là pour préparer la suite), de sa romance avec Jordan, et surtout de sa relation complexe avec Cypher, le proviseur qui tente de l'amener à développer ses pouvoirs.

Et très honnêtement, si cette saison de Gen V a de l'intérêt, c'est en grande partie, pour ne pas dire uniquement, grâce à Hamish Linklater, qui parvient à faire de Cypher un méchant ambigu, menaçant, et aux pouvoirs assez vagues... du moins dans un premier temps.

Car très rapidement, malheureusement, la série laisse deviner les réelles capacités de Cypher, tout en laissant ses personnages principaux dans le brouillard, et Cypher finit par changer de visage (et d'interprète - on y perd, et sa caractérisation change d'ailleurs étrangement entre les deux interprétation). De quoi donner un résultat particulièrement frustrant, notamment lorsque vient la révélation télégraphiée du secret de Cypher, mais aussi parce qu'un peu comme dans Alien Earth, la série fait de tous ses jeunes héros des abrutis finis.

C'en est presque systématique : la moindre décision, le moindre plan échafaudé par les protagonistes est, au mieux, impulsif et mal conçu, au pire complètement stupide et narrativement forcé.

Tout ça avec la justification narrative implicite que Marie et compagnie sont "jeunes et cons", mais voilà : quand in fine, Cypher, superméchant eugéniste manipulateur (au sens propre comme au sens figuré) associé à Sister Sage de The Boys ("la femme la plus intelligente de la Terre", si je me souviens bien), finit par être vaincu en un demi-épisode, comme une m*rde, par l'équipe des jeunes bras-cassés réunis (histoire de prouver que les superpouvoirs nazes ont eux aussi de la valeur, un grand thème de la saison), qui appliquent là un plan encore une fois capillotracté et idiot, le spectateur soupire. Fortement. 

D'autant qu'à nouveau, la narration et l'écriture en prennent un bon coup dans l'aile à mesure que la fin de saison approche, et qu'il faut renforcer le toutéliage avec la série-mère, quitte à abuser de grosses ficelles, de raccourcis maladroits et de coïncidences bien pratiques pour amener tel ou tel personnage à tel ou tel endroit ou permettre à tel ou tel événement de se produire.

Alors certes, une référence ou un caméo ici ou là, ce n'est pas rédhibitoire (outre Sage, Giancarlo Esposito vient débiter de l'exposition, Starlight aussi, Black Noir et The Deep apparaissent brièvement le temps d'une scène), mais quand toute la saison se veut de la mise en place pour la saison 5 de The Boys, et sacrifie ses personnages ou ses sous-intrigues pour favoriser cette dernière, ça coince.

Et plutôt deux fois qu'une.

Énorme bof, donc, que cette saison 2 de Gen V, d'autant que progressivement, la franchise The Boys donne l'impression de devenir ce qu'elle satirisait à l'origine...

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