Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Dora : À la recherche du Sol Dorado (Dora and the Search for Sol Dorado - 2025) :
Après avoir passé toute son enfance à rechercher le mythique Sol Dorado, Dora l'exploratrice (Samantha Lorraine) se résoud à travailler avec son cousin Diego (Jacob Rodriguez) dans le parc d'attraction Jungle World, dirigé par la mythique aventurière Camilla the Crusader (Daniella Pineda). Mais rapidement, elle découvre que Camilla cherche aussi Sol Dorado, afin de redonner de l'éclat à sa carrière, et qu'elle utilie le parc comme une façade pour y faire des fouilles illégales. S'engage alors une course au trésor entre Camilla et ses mercenaires, et Dora, accompagnée de Diego, de leur amie Naiya (Mariana Garzón Toro) et du petit frère de celle-ci, Sonny (Acston Luca Porto)...
Nouvelle adaptation du personnage de Dora l'exploratrice, après le film de 2019 (assez sympathique), et un budget revu à la baisse, coproduction Nickelodeon et Paramount + oblige : dans les faits, cela se traduit par quelques effets numériques un peu cheaps, et quelques décors un peu factices (l'éclairage, dans les temples incas, est un peu trop artificiel), mais rien de bien méchant, et à nouveau, ce métrage s'avère une surprise assez agréable à suivre.
Samantha Lorraine compose une Dora toujours ultra positive et enthousiaste, le reste de la bande est sympatoche, Daniella Pineda évoque une Sydney Fox aventurière qui aurait mal tourné, et l'ensemble du métrage adopte un rythme efficace qui permet de ne pas s'ennuyer, enchaînant les découvertes et explorations de temples façon Indiana Jones, sans jamais trop se prendre au sérieux.
Le métrage fini assume sa nature d'adaptation, les nombreuses influences qui en font un film d'aventures, la Colombie apporte une toile de fonds convaincante, bref, une bonne surprise dans le genre, pour peu qu'on sache à quoi s'attendre.
4.25/6 (j'ai peut-être même préféré au premier opus)
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Enola Holmes 3 (2026) :
Alors qu'elle est sur le point d'épouser Tewkesbury (Louis Partridge) à Malte, Enola (Millie Bobby Brown) s'aperçoit que son frère Sherlock (Henry Cavill) a été enlevé. Puis c'est le tour de sa belle-mère : avec l'aide de sa mère (Helena Bonham Carter), du Dr Watson (Himesh Patel), d'un révolutionnaire local (Joe Azzopardi) et de son fiancé, la jeune femme mène alors l'enquête... et va se retrouver confrontée à un(e) ennemi(e) de longue date.
Troisième volet de la saga des Enola Holmes de Netflix, après un premier volet somme toute agréable bien qu'un peu léger et fanficcy, et un deuxième bien plus balourd, avec une Moriarty militante opprimée par une société victorienne raciste et sexiste...
Ici, on se trouve un peu au carrefour des deux approches, avec toujours une mise en scène et un montage ludiques, un rythme assez soutenu, une Millie Bobby Brown qui est nettement plus motivée que dans Stranger Things, une Helena Bonham Carter qui s'amuse, des décors maltais agréables, de l'aventure, mais aussi tout un propos sur la colonisation par l'Empire Britannique, un Louis Partridge toujours aussi falot, un Cavill qui fait globalement de la figuration, une Moriarty qui cabotine toujours autant, et surtout plein d'éléments un peu sous-développés, dont notamment toute la résolution de l'intrigue, assez facile et simpliste.
Globalement, cependant, avec sa durée limitée, ce troisième épisode se regarde tranquillement, même si un certain nombre d'éléments tombent à plat. Rien de très mémorable, malheureusement, mais ça fait ce pour quoi une production de plateforme de streaming est conçue : ça occupe pendant 90 minutes.
3.5/6
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Après une saison 3 qui avait fini par me lasser (symptôme d'une industrie qui n'a de cesse de ressasser toujours les mêmes thèmes et les mêmes problématiques depuis les années 80, persuadée de sa maturité et de sa profondeur), place à la saison 4 de l'adaptation des comics de Kirkman, avec l'un des arcs majeurs d'Invincible : la guerre contre les Viltrumites.
Invincible, saison 4 (2026) :
Encore traumatisé par son affrontement contre Conquest et les événements entourant la Guerre des Invincibles, Mark déprime en silence, mais doit se remettre en selle au plus vite : en effet, une nouvelle guerre se profile à l'horizon, alors que la Coalition des Planètes se prépare à attaquer frontalement l'Empire viltrumite...
Invincible peut dire merci aux Viltrumites : l'arc narratif de la guerre contre l'Empire permet à la série de s'extirper de l'environnement terrien, de partir dans l'espace, d'explorer de nouveaux mondes étranges, de revenir sur le passé des Viltrumites, de Nolan, sur l'épidémie ayant tué son peuple, etc... au point de laisser aux héros terriens un rôle de figuration.
Certes, ils apparaissent principalement en début de saison, lorsque les Flaxans reviennent, et que les poulpes martiens ressurgissent... mais dans l'ensemble, toute la saison repose vraiment sur les Viltrumites et sur Thragg (Lee Pace), le Grand Régent de la race extraterrestre.
Et ce n'est pas plus mal, car le PTSD de Mark et sa perte de contrôle ne sont pas forcément très intéressants. La grossesse de Eve et son avortement décidé unilatéralement (beaucoup plus controversé dans le comic book), idem. Et il faut donc attendre que la Viltrumite War se déclenche réellement, à mi saison, pour que les choses démarrent réellement et prennent de l'ampleur.
Certes, ça reste alors de la baston DBZ sanguinolente, encore et encore, avec toujours un manque d'enjeux réels (puisque tous les héros survivent à tout et revient toujours plus fort ensuite), mais le show s'avère alors réellement spectaculaire et épique (malgré quelques défaillances au niveau de l'animation et du mixage sonore).
Avant cela, cependant, il faut subir l'épisode 4 de la saison, un récit original signé Kirkman lui-même, et qui envoie Invincible en "Enfer" pour aider Damien (le Hellboy/Rorschach du pauvre de l'univers Invincible) et son patron Satan (Bruce Campbell) à se battre contre Volcanikka (Indira Varma). Un épisode parenthèse bourré de heavy metal, mais aussi totalement inutile, voire inintéressant, si ce n'est pour voir Kirkman faire mumuse avec ses jouets.
Un peu comme avec Tech Jacket, en fait : un personnage inutile, uniquement là pour remplir un quota et parce que Kirkman essayait de lancer un spinoff Tech Jacket à l'époque du comic-book. Résultat : Tech Jacket est genderswapped dans la série, et reste partie prenante du conflit contre les Viltrumites, alors que bon, dans l'ensemble, cette parodie de Blue Beetle n'a pas grand intérêt.
Tout ça jusqu'à une trêve imposée dans le dernier épisode, épisode un peu bordélique et décousu, mais qui conclut la saison en laissant une porte ouverte pas inintéressante, et des sous-intrigues en suspens.
Dans l'ensemble, la saison 4 d'Invincible ne m'a pas paru exceptionnelle, mais le fait qu'elle ait un fil conducteur plus dynamique que précédemment l'a rendue plus sympathique et intéressante à mes yeux. Pas sûr que la suite sera du même niveau, cela dit.
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Cinquième et ultime saison pour la série The Boys d'Amazon, après un spin off animé, un spin off annulé, et quatre saisons qui, à mesure que la réalité américaine devenait de plus en plus folle et radicalisée, ont peiné à suivre la cadence, la satire du show devenant assez timide et prévisible face aux agissements des politiciens US.
La série s'essouflait clairement, et il était plus que temps d'y mettre un terme, si possible en beauté... ce que nous garantissait Eric Kripke durant la production du show. Mission (non) accomplie.
The Boys, saison 5 (2026) :
L'équipe de Butcher a enfin mis au point le virus capable de tuer tous les supes, mais lorsque celui-ci échoue à éliminer Soldier Boy (Jensen Ackles), Butcher (Karl Urban) et compagnie comprennent qu'ils ont besoin d'un échantillon du sérum original de Vought. Plus facile à dire qu'à faire, d'autant qu'en face, Homelander (Antony Starr) cherche le même sérum : car il a eu une épiphanie, et a décidé qu'une fois injecté dans ses veines, il sera désormais un Dieu, que les humains doivent vénérer...
Une saison 5 en 10 épisodes d'une heure, qui promettait en effet un final apocalyptique, avec notamment les personnages de Gen V, et qui, au final, a déçu une grande partie d'un public déjà à la limite de sa patience et de sa tolérance pour la satire balourde du show.
Il faut dire que cette satire, déjà pas très fine, a largement été rattrapée et dépassée par la réalité MAGA, outre-Atlantique, au point que la série paraît timorée par rapport aux agissements de Trump.
Donc forcément, quand Homelander crée des camps de prisonniers, envahit les villes sanctuaires, radicalise les USA, se prend pour Jesus, etc, ça fait un peu redondant par rapport à la réalité. Et ça frustre des deux côtés de la barrière : les MAGAs qui n'apprécient guère que l'on se moque de leur président, et en face, les spectateurs normaux qui aimeraient un peu moins de photocopiage du paysage politique US.
D'autant que même à côté de tout ça, la série se bordélise un peu plus, consciente d'approcher de sa fin, et bien décidée à laisser de la place aux personnages préférés des scénaristes. On a ainsi Kimiko qui revient, douée de parole, histoire de développer toute sa romance avec Frenchie (pas forcément une réussite, tout ça, même si l'actrice est impeccable : par moments, le personnage semble avoir totalement changé de personnalité) ; Hughie et Starlight qui se rabibochent, histoire de faire le point sur leur relation ; Mother's Milk qui prend plus de place et d'importance ; Soldier Boy, à la fois là pour régler son histoire de paternité avec Homelander, mais aussi pour teaser le prochain spin-off de la série, et pour permettre à Kripke d'organiser une réunion avec les autres acteurs de Supernatural...
Et il en va de même avec bon nombre de personnages secondaires, qui ont droit à leur conclusion, souvent sanglante. De quoi remplir la saison, qui paradoxalement part dans plein de directement tout en paraissant étrangement statique : autant du côté de Homelander et de Vought, ça reste sympa (mention spéciale à Daveed Diggs, excellent en prêcheur superhéroïque), autant les Boys passent le plus clair de la saison à parler dans des hangars ou des labos ternes, ou à échafauder et à exécuter des plans foireux qui échouent et les renvoient palabrer dans des hangars.
Il y a bien un semblant de propos sur le cynisme de Starlight, la radicalisation de Butcher, etc, mais bon... trop fréquemment, la série donne l'impression de se précipiter et d'être brouillonne, ce qui tue dans l'œuf les tentatives de faire de l'émotion.
Quant aux personnages de Gen V, n'y comptez même pas : ils font de la figuration dans deux scènes et demi, histoire de dire, et n'utilisent jamais leurs pouvoirs (un comble).
Bref, une saison frustrante et déséquilibrée qui se plie en quatre pour tout boucler, mais finit malheureusement par retomber dans une fin semi-larmoyante assez générique, avec montage musical sous forme de happy end, dont les scénaristes se seraient ouvertement moqué dans les premières saisons du show.
Un épisode se démarque, l'épisode 05 et son format histoires courtes consacrées à des personnages secondaires, un épisode dominé par Valorie Curry, impériale, et par le massacre de célébrités à l'occasion de la réunion des anciens de Supernatural... mais dans l'ensemble, si la fin de série de The Boys n'est pas désastreuse, elle reste assez décevante, mollassonne, et paresseuse.
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Adaptation libre du personnage de Ben Reilly/Spider-Man Noir, notamment apparu dans les Spider-verse du studio, cette série Sony/Marvel est la première déclinaison du nouvel univers Spider-Man tel que Sony l'entend, une déclinaison en 8 épisodes de 50 minutes, produits à la fois en noir et blanc et en version colorisée, et diffusés sur Amazon Prime.
Spider-Noir, saison 1 (2026) :
Dans les années 30, bien après la mort de sa compagne et après qu'il ait raccroché le costume de l'Araignée, Ben Reilly (Nicolas Cage), détective privé, tombe sous le charme de Cat Hardy (Li Jun Li), sur laquelle il doit enquêter. Rapidement, il découvre qu'elle est impliquée dans les affaires de Silvermane (Brendan Gleeson), un boss de la pègre new-yorkaise, et qu'elle est indirectement liée à plusieurs criminels doués de pouvoirs surhumains, qu'ils ont obtenus dans les mêmes conditions que les capacités de Ben...
Une série qui a reçu un accueil très enthousiaste de la part de la presse et des spectateurs, et j'aurais aimé pouvoir dire que le produit fini m'a tout autant enthousiasmé... mais je dois bien avouer que le tout m'a paru relativement inégal.
Sur le fond, c'est une relecture What If de Spider-man et de ses antagonistes (Tombstone, Sandman, Megawatt, Black Cat...), avec un Ben Reilly ancien soldat durant la Première guerre mondiale (bizarrement, à l'écran, ça fait plus Seconde guerre mondiale, mais bon), qui a libéré des soldats (dont faisaient partie tous les méchants du show) victimes d'expériences scientifiques allemandes, et qui a été mordu par un homme-araignée mutant.
Outre cette origin story, on a donc le privé désabusé qui cache un secret et qui est toujours meurtri par la mort de sa femme, la femme fatale qui le séduit et le trahit, la pègre (Gleeson semble s'amuser), un intrépide journaliste (Lamorne Morris), une secrétaire effrontée (Karen Rodriguez), etc, le tout pour une série lorgnant délibérément plus sur le pastiche de film noir que sur des aventures superhéroïques.
Une volonté assumée d'Oren Uziel, le showrunner (scénariste de 22 Jump Street, The Cloverfield Paradox, Freaks of Nature et The Lost City), qui cependant ne parvient pas totalement à retranscrire ces intentions à l'écran. La faute à un budget limité (certaines scènes puent le fond vert mal finalisé), à un style visuel qui ne fonctionne qu'à moitié (les cadrages, les éclairages, etc, sont parfois vraiment trop forcés et excentriques pour paraître naturel ou servir d'hommage), à un générique plus proche de Bond que d'un film noir, et à une interprétation inégale (Cage cabotine énormément, ce qui va un temps, et un personnage comme Megawatt est tout simplement horripilant, jamais vraiment convaincant).
Mais passe encore : généralement, le spectateur sait à quoi s'attendre lorsqu'il regarde un film ou une série avec Cage, donc son surjeu, ses excentricités (occasionnellement, il se crispe dans des positions improbables, parce qu'"il est une araignée"), ses imitations... ça peut encore aller.
Le vrai souci de la série est le dosage de tous ses ingrédients : malgré tous les efforts de la production, on ne croit jamais vraiment à la romance de Ben et de Cat, on ne croit jamais vraiment au traumatisme de ce dernier, on ne croit pas vraiment au noir et blanc ou à la colorisation, on ne croit pas vraiment au contraste entre Cage raide et son cascadeur fluide et dynamique en Araignée, bref, il se dégage constamment un sentiment d'artificialité du programme.
Le rythme est parfois trop lent et le budget trop limité pour le bien de la série, et même si l'on parvient ponctuellement à mettre ces éléments parasites de côté, on est rapidement ramené à la réalité par le jeu de Cage, qui au fil de la saison devient de plus en plus caricatural...
Après, ça se regarde, mais très honnêtement, on aurait pu raccourcir le tout à une durée de 90 minutes, et ça aurait été tout aussi pertinent et intéressant, tout en étant plus dynamique. Alors je sais que les critiques ont vraiment apprécié, mais bon... sans détester, je n'ai tout simplement pas totalement adhéré à la proposition, trop approximative à mon goût.
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La première saison de Daredevil : Born Again, le revival Disney+ de la série Daredevil de Netflix, s'était avérée une bonne surprise malgré une genèse compliquée, et un changement de showrunner en cours de route. Et tandis que Marvel tente de réintégrer lentement tous les personnages des séries Marvel/Netflix à son MCU actuel (avec les soucis que cela peut entraîner niveau continuité ou chronologie), le revival continue avec 8 nouveaux épisodes de 50 minutes qui, plus que jamais, se veulent le reflet de l'Amérique trumpienne d'aujourd'hui...
Daredevil : Born Again, saison 2 (2026) :
Avec ses méthodes brutales et sa milice anti-justiciers, le Maire Fisk (Vincent D'Onofrio) a remis de l'ordre dans la ville de New-York, et est désormais intouchable. Mais Karen Page (Deborah Ann Woll) et Matt Murdock (Charlie Cox) sont bien décidés à le faire tomber, et à aider les victimes du Maire, alors même que ce dernier subit des pressions du gouvernement, et que Bullseye (Wilson Bethel) est toujours en liberté, électron libre bien décidé à se venger de Fisk et de ses sbires...
Il faut dire qu'entre Fisk détenteur de tous les pouvoirs à New York, qui s'exhibe dans un match de boxe comme Trump à la WWE, sa milice privée qui enlève le moindre opposant et l'enferme sans raison dans des geôles moisies, l'ultraviolence décomplexée de tout le monde, et l'impunité totale du Kingpin face aux contrepouvoirs, alors même qu'il fait tout pour s'enrichir en secret, difficile de ne pas voir les points communs avec la réalité américaine actuelle. Surtout lorsqu'une foule en colère prend d'assaut une institution publique vers la fin de la saison, comme un reflet déformé de l'assaut du Capitole le 06 janvier.
Heureusement, ce parallèle évident ne devient jamais trop appuyé, principalement parce que la série parvient à équilibrer ses différents fils pour tisser une tapisserie narrative assez harmonieuse. Ici, la "rédemption" de Bullseye ; ailleurs, la compromission d'Heather, l'ex de Murdoch, qui se laisse entraîner dans le sillage de Fisk et est dévorée progressivement par son PTSD ; en parallèle, les rapports troubles de BB Urich et de Daniel, qui oscillent entre amitié, manipulation, et sacrifice ; sans oublier Karen et Matt, qui tentent d'organiser la résistance, recrutent Jessica Jones, et cherchent un moyen de faire tomber Fisk devant un tribunal...
Le tout sur fond de thématiques évidentes, comme la justice, la rédemption, le pardon, l'équilibre, etc... qui excluent bizarrement Frank Castle de la discussion et de la saison ("il fait probablement son truc dans son coin", explique un personnage en début de saison pour expliquer cette absence).
Il y a de l'action (parfois un peu brouillonne selon les réalisateurs), de l'émotion (la mort de Vanessa Fisk est très bien interprétée par tout le monde), un peu d'humour (j'ai beaucoup apprécié le personnage de Mr Charles/Matthew Lillard, poil à gratter de la CIA qui vient mettre des bâtons dans les roues de chacun), c'est visuellement très sombre (et parfois trop stylisé, comme à chaque fois que Moorhead et Benson réalisent et plaquent leurs éclairages colorés un peu partout), avec des tentatives d'aller au delà de la simple illustration visuelle (le miroir, dans l'épisode final, de la progression de Daredevil d'un côté, et de Fisk de l'autre, qui se fraient chacun un chemin brutal parmi la foule des manifestants et des sbires de Fisk, comme reflets déformants l'un de l'autre).
Tout ça poura aboutir à une fin ouverte, où Murdock, après avoir eu son moment "I am Iron Man" en plein tribunal, finit emprisonné, tandis que Fisk est contraint de partir en exil, hanté par la mort de sa femme et sa défaite.
De quoi conclure une saison bien menée et très d'actualité, qui ne se défait jamais d'un certain idéalisme un peu naïf ("trust the system"), et qui évite de tomber dans le travers du conflit de super-héros bourré de caméos (pour lequel la série n'a pas le budget, de toute façon).
Reste à voir ce que donnera la saison 3, avec plus de Defenders et potentiellement moins de Fisk...
Après une saison 2 de la série The Punisher de Netflix en demi-teinte, et une première fournée d'épisodes de Daredevil : Born Again qui opposait directement Frank Castle aux initiatives de Fisk à New York (et se concluait par l'évasion du Punisher des geôles de ce dernier), on pouvait s'attendre à ce que le Punisher fasse partie intégrante des "troupes" réunies autour de Daredevil pour affronter la milice privée de Fisk, en saison 2 de Born Again.
Mais il n'en est rien, puisque Castle est absent de cette saison 2, et qu'on le retrouve, à la place, dans ce one-shot à la chronologie un peu bordélique, co-écrit par Jon Bernthal.
The Punisher - One Last Kill (2026) :
Retranché dans un immeuble de Little Sicily, Frank Castle (Jon Bernthal) est au bord du suicide, totalement perdu après avoir vengé les siens et massacré la pègre de New York. Jusqu'à ce que Ma Gnucci (Judith Light), doyenne de la famille Gnucci, refasse surface, encore en vie, et annonce à Frank qu'elle a mis une prime sur sa tête, et que tous les criminels de la ville vont bientôt être à ses trousses...
De l'aveu même de la production, l'objectif de ce téléfilm (qui n'est en réalité qu'un épisode spécial de The Punisher) était de faire passer Castle d'ex-soldat sanguinaire et dépressif, obsédé par l'idée de faire payer ceux qui ont tué sa famille, à un statut de justicier s'interposant entre le crime et le quidam moyen. Autrement dit : lui donner une nouvelle mission, laisser derrière lui la vengeance et étendre le champ de son action.
Une sorte de pont entre le Castle de la série Punisher, celui que l'on retrouve dans la saison 1 de Born Again, et celui qui fera brièvement équipe avec Spider-Man dans le Brand New Day à venir... ce qui fonctionne plus ou moins ici.
Frank déprimé, zombie obsédé par la vengeance mais incapable de s'extirper de son PTSD pour aider autrui, sur le point de se suicider et hanté par le souvenir des siens, mais qui repart pour un tour dès qu'une cible se présente à lui, c'est une caractérisation assez mélodramatique, mais pas désagréable.
C'est un peu toujours la même partition du Frank tourmenté, comme dans sa série, mais avec des variations, et à partir de la moitié de l'épisode, lorsque Castle se sort de sa torpeur et recommence à casser du méchant, on retrouve là un Punisher qui fait plaisir à voir, brutal et destructeur.
Malheureusement, il est alors un peu difficile de relier ce Punisher évoluant dans Little Sicily, ce quartier fictif de New York, pendant des émeutes improbables, avec le New York ultra-policé de Fisk, dans Daredevil : Born Again, saison 2. Supposément, One Last Kill prendrait place en parallèle du début de cette saison 2 - soit. On peut tout de même se demander où était Castle lorsque toute la ville s'est soulevée aux côtés de Daredevil pour renverser le Kingpin...
Mais bon, ce sont là des soucis de continuité et d'univers partagé : pris indépendamment de Daredevil, One Last Kill est tout à fait satisfaisant, bien qu'un peu court et abrupt, et ressemblant plus au premier épisode d'une nouvelle saison qu'à un épisode unitaire.
Ce one-shot aurait probablement bénéficié de 15-20 minutes supplémentaires afin d'étoffer un peu le tout et de mieux le replacer dans sa continuité... mais on se contentera de ce qu'on a, en attendant la sortie du Spider-Man.
Après une saison 3 particulièrement laborieuse et bavarde (qui voyait Henry Cavill rester en retrait et être évacué du programme), ainsi que divers spin-offs avortés, place à la saison 4 de The Witcher, l'avant-dernière du programme, avec Liam Hemsworth à la place de Cavill, pour une nouvelle saison qui se voulait plus accessible...
The Witcher, saison 4 (2025) :
Tout le monde tente de retrouver Ciri (Freya Allan), qui s'émancipe actuellement à l'autre bout du continent au sein des Rats (Christelle Elwin, Ben Radcliffe, Fabian McCallum, Aggy K. Adams, Connor Crawford, Juliette Alexandra), un groupe de jeunes hors-la-loi. Geralt (Liam Hemsworth) traverse ainsi le pays en compagnie d'alliés divers et variés (Eamon Farren, Joey Batey, Meng'er Zhang, Danny Woodburn, Laurence Fishburne, Linden Porco...), pour la retrouver, tandis que Yennefer (Anya Chalotra), elle, rassemble les sorcières encore en vie pour défendre leur école de sorcellerie contre le maléfique Vilgefortz (Mahesh Jadu) et ses troupes...
Plus accessible.... ou du moins, c'est ce que l'on croit deviner en regardant ces 8 épisodes mieux structurés, qui s'efforcent de minimiser les problèmes d'écriture des premières saisons pour quelque chose de plus concis, dynamique, avec des mini-aventures plus limitées.
J'en suis le premier surpris, d'autant que j'avais prévu de ne pas regarder cette saison à la base... mais ça passe à peu près. Je dis à peu près, car il reste toujours des scories évidentes, inhérentes au récit et aux choix de la production.
Commençons par la scorie la plus évidente : le remplacement de Cavill dans le rôle-titre.
Liam s'en sort honorablement, mais n'a pas la présence physique ni le charisme pour vraiment imposer son Geralt. Pas aidé par les scénaristes, qui gardent à nouveau en retrait, lui adjoignent toute une troupe de compagnons, le passent au second plan, et se contentent de flashbacks retournés avec Hemsworth pour tenter de faire illusion. Mais ça passe encore.
Ensuite, Ciri et ses Rats. J'ai visionné la saison avant d'avoir regardé le téléfilm consacré à ce groupe très United Colors of Benetton, mais je ne crois pas que cela aurait changé quoi que ce soit de voir le métrage auparavant : le groupe est insipide, il remplit clairement des quotas, Ciri n'a aucune alchimie avec sa petite amie, et quand arrive leur fin tragique aux mains d'un Sharlto Copley cabotin, on s'en contrefout royalement.
Les autres sous-intrigues de la saison s'en sortent mieux : ici, Yennefer recrute des sorcières (et quelques Witchers) aux quatre coins du continent, pour affronter l'armée maléfique de Vilgefortz dans un affrontement assez réussi (qui occupe une grosse partie de l'épisode 6). C'est relativement efficace, ça donne l'impression d'avancer, et ce même si la série manque toujours cruellement d'identité musicale et visuelle (c'est ultra-terne).
Ailleurs, on suit donc les mésaventures de Geralt 2.0 et de sa compagnie de l'anneau, qui s'en sortent plus ou moins bien : le nain et le gnome sont amusants, l'archère nettement moins (elle s'en va, revient, annonce qu'elle est enceinte, perd son bébé, flirte avec un Cahir en pleine rédemption) ; en chemin, la petite bande récupère ce bon vieux Lawrence Fishburne, plutôt efficace et juste en vampire qui cache son identité, malgré son look improbable ; et puis il y a Jasquier. Qui chante.
Parce que la série, dans son ensemble, semble plus décontractée, flirtant de temps à autre avec un second degré plutôt agréable (façon Hercules/Xena - les paysans, le perroquet...). Ce qui donne des moments plus légers, qui passent mieux à l'écran, mais aussi des ratages quasi-intégraux, comme cet épisode 5 qui voit tout le monde se poser au coin du feu et raconter son histoire personnelle.
Avec malheureusement un long et très pénible numéro musical de Jasquier, qui donne envie d'arrêter immédiatement l'épisode et la saison.
Heureusement, comme je le disais, globalement et hormis ce faux pas, cette saison 4 m'a paru plus maîtrisée (même si je sais que ce n'est pas une opinion très populaire : de l'avis général, ça ne fait qu'empirer).
Certes, une bonne partie du tout est toujours à jeter (tout ce qui tourne autour de Ciri, mais aussi de sa remplaçante auprès du Roi, avec caméo de ce bon vieux James Purefoy en conseiller qui manigance : c'est mou, c'est du remplissage, c'est insipide), et l'écriture est toujours très inégale, plus intéressée par le développement et l'héroïsme de tous les autres personnages sauf Geralt, qui finit par faire presque de la figuration dans la série qui porte son nom.
Mais en comparaison de la saison précédente, qui m'avait littéralement fait dormir devant chaque épisode, ça passe.
Et c'est peut-être ça la conclusion inattendue de ce bilan saisonnier : The Witcher est une série en fin de vie, c'est évident, et les problèmes d'écriture, de production et de gestion sont toujours les mêmes... mais cette fois-ci, ça passe. C'est toujours ça de pris.
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Parce que chez Netflix, on était tellement confiant dans la capacité de ses scénaristes à créer une franchise transmédia inépuisable et exceptionnelle autour de The Witcher, on a mis énormément de projets parallèles en chantier : sérieprincipale, téléfilmsd'animation, spin-off préquelle... pour au final, s'apercevoir que l'approche Netflix (façon studio à l'ancienne, avec des scénaristes et showrunners sous contrat avec Netflix et assignés aux nouveaux projets, en fonction des besoins en personnel) n'apportait rien de probant.
Et ce n'est certainement pas cette nouvelle préquelle/spin-off consacrée aux Rats (groupe de voleurs des rues qui, dans la série principale, finit par accepter Ciri dans ses rangs), qui va changer la donne.
Les Rats - Une histoire "The Witcher" (The Rats: A Witcher Tale - 2025) :
Six jeunes brigands soudés, surnommés les Rats (Christelle Elwin, Ben Radcliffe, Fabian McCallum, Aggy K. Adams, Connor Crawford, Juliette Alexandra), décident de dérober les caisses de Dominik Houvengheln, qui organise des combats singuliers partout dans le pays. Seul problème, le trésor est gardé par un monstre inconnu, un jalowick, et pour le vaincre, les Rats recrutent Brehen (Dolph Lundgren), un Witcher alcoolique et désabusé. Mais Leo Bonhart (Sharlto Copley), associé impitoyable de Houvengheln, va s'interposer...
C'est amusant comme les choses se répètent avec The Witcher : comme pour L'héritage du Sang, The Rats devait initialement être une mini-série servant à développer les Rats, à les rendre attachants et familiers, avant de réellement continuer leur histoire dans la série-mère, en saison 4.
Et comme pour l'Héritage du Sang, le tournage a eu lieu, Netflix a réalisé que ce qui avait été tourné était plus que médiocre, le projet a été annulé, et retourné/remonté pour constituer un téléfilm de 82 minutes, servant de préquelle à la saison 4... tout en s'ouvrant sur un épilogue de cette même saison 4, qui la spoile notablement.
The Rats est donc à la fois une suite et une préquelle à la saison 4... mais c'est aussi et surtout un gros bordel, sorti à la va-vite et en toute discrétion par Netflix, sans la moindre promotion.
Le souci principal étant que ce téléfilm compte sur un certain capital sympathie du spectateur pour les Rats, chose que la série-mère n'a jamais su générer. Et de toute façon, soyons francs, le fait de déjà connaître le sort des Rats (rappelé dans la première scène de ce métrage) empêche de s'investir dans leurs aventures.
Ce qui n'aide pas, non plus, c'est le fait que l'écriture reste faible. Toujours occasionnellement anachronique (voir un personnage se précipiter pour monter à l'avant d'un chariot en criant "Shotgun", à l'américaine, alors qu'il n'y a pas d'armes à feu dans le monde du Witcher...), elle peine à donner aux Rats une identité au delà de celle de "personnages clichés au passé tragique que des rôlistes créeraient sur un coin de table pour une campagne D&D".
Parmi les acteurs principaux, rares sont ainsi ceux qui parviennent à s'imposer : non seulement la moitié des personnages fait de la figuration, au second plan derrière Christelle Elwin (elle-même un peu inégale), mais en plus, il n'y a réellement que Juliette Alexandra qui se démarque un peu.
D'autant plus paradoxal que son personnage passe presque inaperçu dans la saison 4 de The Witcher, preuve que les scénaristes ne savaient que faire de tous ces protagonistes sous-développés, et n'étaient réellement intéressés que par la relation Ciri/Mistle.
Quoiqu'il en soit, ce téléfilm bricolé se regarde assez passivement, malgré une structure de film de casse qui fonctionne toujours à un degré ou à un autre, et la présence de Dolph Lundgren. Mais là encore, le déroulement reste très évident et prévisible, et souffre des scories habituelles de cette franchise.
Résultat très mitigé, donc, une fois de plus... et projet tombé à l'eau. À nouveau.
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Supergirl (2026) :
Lorsqu'elle est approchée par Ruthye Marye Knoll (Eve Ridley), en quête de vengeance, Kara (Milly Alcock), en pleine tournée des pubs spatiaux, refuse d'aider la jeune fille. Mais quand Krypto, son chien, est empoisonné par Krem (Matthias Schoenaerts), le brigand que Ruthye veut retrouver, Kara ne rigole plus, et part aux trousses du mercenaire, avec la jeune fille sur les talons... et Lobo (Jason Momoa), le chasseur de primes intergalactique, non loin derrière.
Deuxième grosse production de l'ère James Gunn au sein de DC, Supergirl - réalisé par Craig Gillespie (Fright Night, Moi, Tonya et Cruella - mwébof à tous les niveaux) et écrit par Ana Nogueira (une scénariste dont c'est le premier film, et que Gunn a prise sous son aile sur plusieurs projets DC) - voulait frapper fort, redonner un coup de jeune et une dose de rebellion au personnage de Supergirl aperçu dans le sympathique mais inégal Superman de Gunn.
"She's a mess" semble être le mot d'ordre de cette nouvelle adaptation, qui s'inspire par ailleurs du run de Tom King sur Supergirl - Woman of tomorrow, et enrobe le tout de chansons et d'un rendu très James Gunn, pour le meilleur et pour le pire (niveau musique, notamment, on se retrouve avec des needle drops assez hors sujet, enrobés dans un score générique au possible sans le moindre moment mémorable, donc paglop).
Néanmoins, même si l'on sent très fréquemment son influence à l'écran, je pense que j'aurais probablement préféré avoir James Gunn 100 % aux commandes du film : ça aurait probablement donné quelque chose d'un peu plus franc du collier.
En l'état, ce Supergirl m'a semblé sous-écrit et un peu inabouti sur de nombreux plans : relecture superhéroïque de True Grit mâtinée de Gardiens de la Galaxie et de Mad Max, ce Supergirl peine à imposer son identité à l'écran, et ce souci vient directement de la direction artistique ET de l'écriture.
Milly Alcock est très bien dans le rôle principal, pas de souci, mais autour d'elle, c'est assez insipide : les pirates sklariennes qui dérobent de la technologie dans le bus, les méchants Brigands piercés et qui kidnappent des femmes pour les réduire en esclavave (on sent qu'il y avait là un propos un peu plus féministe et affirmé, qui a disparu en cours de route, tant cet élément n'apporte rien au récit), le big bad que les héroïnes passent tout le film à courser, et même les aliens, tout semble dérivatif, assez générique, et rarement mis en valeur par la photographie qui ne connaît que deux modes - boueuse et terne, ou néons et éclairages façon synth-wave.
Le film semble manquer d'ambition visuelle, ne pas savoir comment mettre en valeur une partie de ses éléments (Lobo, notamment, fait vraiment pièce rapportée dans le script, mais aussi à l'image, avec ce Momoa engoncé dans un muscle suit peu flatteur, sur une moto de l'espace qui fait toc), et donc, souffre d'un scénario assez cousu de fil blanc, parsemé de flashbacks pas forcément utiles sur Argos et sur Clark qui donne des conseils à Kara à son arrivée sur Terre.
Je suis embêté, parce que je n'ai pas forcément détesté le film, mais il est tout de même très passable. Milly est très bien dans le rôle-titre, le personnage est désormais intégré naturellement à l'univers, et ses futures apparitions devraient être plus enjouées, mais en l'état, bof.
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