Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Balls Up : mettez le paquet ! (2026) :
Après avoir malencontreusement fait couler leur entreprise et provoqué un incident diplomatique lors de la finale de la Coupe du Monde entre le Brésil et l'Argentine, Brad (Mark Wahlberg) et Elijah (Paul Walter Hauser), deux employés d'une société de préservatifs, se retrouvent traqués par tout le Brésil, des passants aux trafiquants de drogue (Sacha Baron Cohen) en passant par la police et le gouvernement...
Oh la vache, quel étron filmique. On aurait pu croire qu'avec un des Farrelly aux commandes, le duo de scénaristes de Deadpool et de Zombieland à l'écriture, et deux acteurs qui, quand ils se lâchent, sont assez déjantés, Balls Up aurait pu être, au minimum, divertissant.
Mais même pas. Cette production Amazon est désespérément plate, inerte et fainéante, avec de la comédie reposant entièrement sur de l'humour Bigard faisandé et insipide, un rythme inexistant, des situations à la fois improbables et sous-développées (Sacha Baron Cohen en narcotrafiquant à l'accent incompréhensible, ça va 5 minutes, mais ça ne débouche sur rien de vraiment probant, l'humour de drogué dans le camp de hippies ne mène à rien non plus : à chaque fois, on a l'impression que les scénaristes se sont contentés de faire une liste d'idées saugrenues, mais ne les ont jamais développées plus avant), l'écriture est faible, l'interprétation manque de punch et d'énergie, et à moins d'être vraiment super bon public et de trouver la moindre vanne bite/couilles hilarante, il n'y a rien à sauver de tout ça.
1.5/6
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La Falaise (The Bluff - 2026) :
Autrefois pirate sanguinaire, Ercell Bodden (Priyanka Chopra) s'est installée sur une île des Caraïbes où elle vit paisiblement avec son fils Isaac (Vedanten Naidoo), handicapé, sa belle-sœur Elizabeth (Safia Oakley-Green), et son époux T.H. (Ismael Cruz Córdova), actuellement en mer. Jusqu'au jour où le cruel Francisco Connor (Karl Urban), ancien compagnon d'armes d'Ercell, ressurgit avec son équipage, et met l'île à feu et à sang pour retrouver l'ex-pirate et le trésor qu'elle lui a dérobé.
Les frangins Russo et Priyanka Chopra collaborent de nouveau (ou plutôt, tentent de justifier leurs précédents contrats avec Amazon pour le flop retentissant de l'univers partagé Citadel), pour ce film de pirates au budget relativement limité (ne pas s'attendre à d'immenses navires qui s'affrontent, etc, une grosse moitié du film se déroulant dans une grotte piégée), au rendu visuel très désagréable (sous-éclairage pour de nombreux intérieurs, et étalonnage numérique orange/bleu qui transforme certaines scènes en défilé d'oompa-loompas), et au rythme assez mollasson.
D'autant qu'au final, on est vraiment dans une histoire assez calibrée du type "XXX est une ex-espionne qui a tout quitté pour fonder une famille, mais un ennemi tout droit sorti de son passé revient se venger, obligeant XXX à reprendre les armes" comme les plateformes de streaming les aiment tant.
Bref, je n'ai pas franchement trouvé ça très maîtrisé, très palpitant voire même tout simplement très intéressant (sauf Karl Urban, qui campe un pirate assez convaincant).
2.25/6
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Si je dis : un acteur anxieux à la ramasse qui tente de décrocher le rôle de ses rêves, tout en étant traqué par le gouvernement, en devant faire face à une certaine oppression systémique à cause de ses origines et de sa nature et en interagissant au quotidien avec un mentor interprété par une légende IRL du monde de l'acting anglo-saxon... non, je ne parle bien évidemment pas de la récente Wonder Man, la satire Marvel de l'industrie hollywoodienne des super-héros US, mais de ce Bait, une mini-série en six épisodes d'une petite demi-heure qui marche dans la même direction que la série du MCU, mais avec une approche et un résultat bien différents...
Coupez !, saison 1 (Bait, saison 1 - 2026) :
Shah Latif (Riz Ahmed), acteur londonien, rêve d'être James Bond. Seul problème : il est d'origine pakistanaise, ce qui passe assez mal aux yeux des spectateurs potentiels du futur Bond, et lui donne un certain handicap dans la course à ce rôle, pour lequel il a pourtant déjà décroché une audition. Et progressivement, alors qu'il fait tout pour obtenir le rôle de 007, Shah va se laisser dévorer par ses ambitions, son anxiété, ses regrets, les attentes d'autrui et le racisme dont il est victime...
Une série Amazon globalement assez bien reçue par les critiques (ce qui ne surprend pas forcément, la combinaison humour british + propos sur le racisme sociétal, l'immigration et l'intégration + cringe humor + satire nombriliste de l'industrie cinématographique + semi-biographie du parcours de Riz Ahmed étant assez attirante pour une certaine presse), mais qui m'a laissé un peu mitigé.
En fait, au visionnage, j'ai eu l'impression que la série était divisée en trois parties : les deux premiers épisodes de mise en place de l'intrigue, de présentation des personnages, et d'introduction du personnage de Shah (acteur bourré de névroses, d'angoisses, un personnage typiquement anglais, maladroit et gentiment baratineur, à l'imagination bien développée), ne sont pas désagréables.
On y découvre donc Shah, pas totalement sympathique, mais pas non plus antipathique, son cousin Zulfi (Guz Khan), entrepreneur magouilleur à la tête d'une flotte de VTC, tout le reste de la famille (au demeurant assez amusante et attachante), ainsi que le rival de Shah (Himesh Patel), et une tête de cochon doublée par Patrick Stewart - tête de cochon qui devient rapidement le mentor imaginaire de Shah/l'expression de toutes ses insécurités, à mesure qu'il s'enfonce dans ses névroses.
Puis, après ces deux épisodes assez légers, arrivent les deux épisodes centraux de la saison : celui de l'Aïd el-Fitr, un épisode festif et familial qui accumule tensions, mensonges, excuses, secrets, etc, jusqu'à l'explosion. Plutôt efficace et sincère, tout comme l'épisode 04, durant lequel Shah passe la nuit suivant l'Aïd à accompagner son ex dans une tournée des clubs, pour tenter de la reconquérir. À nouveau, ça fonctionne, sans virer dans la comédie caricaturale.
Et puis on arrive à la fin de saison, et ça part un peu dans le n'importe quoi : la famille de Shah disparaît, l'acteur perd 250 points de QI et se met à accumuler les bourdes, il part en vrille, la police l'ignore totalement, il se promène et parle constamment avec sa tête de cochon portée dans un sac en bandoulière, il découvre que le MI5 veut le recruter et lui donner le rôle de Bond, il affronte ses échecs au cours d'une scène d'action imaginaire dans une ruelle, il se fait chasser d'une mosquée, il finit à l'hôpital, etc... et comme il a vaincu tous ses démons, il décroche in fine le rôle de Bond.
Alors pour être franc, je vois très bien ce que la série a tenté de faire avec ce récit, avec cette descente aux enfers d'un homme névrosé soumis à de nombreuses pressions, notamment sociétales, avec Patrick Stewart en Jiminy Cricket sarcastique et hostile, avec la rédemption d'un acteur prêt à tout pour la gloire et la viralité, avec le mélange des genres et des tons, etc.
Seulement voilà, j'ai trouvé le tout affreusement déséquilibré, parfois trop caricatural (par moments, Shah est un Howard Steel en puissance), parfois pas assez développé, parfois pas assez sincère, et au final assez frustrant. Pourtant, tous les moments centrés autour de la famille et de la communauté de Shah étaient plutôt agréables... mais dans l'ensemble, je suis resté sur ma faim. Dommage.
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Reconnu coupable (Mercy - 2026) :
Dans un Los Angeles dévoré par la criminalité et les inégalités, Chris Raven (Chris Pratt), inspecteur de police, est accusé du meurtre de sa femme, mais il n'en garde aucun souvenir. Attaché à la chaise de son exécution à venir, il a désormais 90 minutes pour prouver son innocence à la juge Maddox (Rebecca Ferguson), intelligence artificielle d'un nouveau projet judiciaire, et découvrir ainsi la vérité...
Un long-métrage Amazon/MGM réalisé par Timur Bekmambetov, réalisateur kazahk devenu, par la force des choses, spécialiste du genre du cinéma screenlife (ces films qui déroulent leur histoire au travers des écrans de smartphones, d'ordinateurs et autres, comme Unfriended, Searching, Profile ou encore le récent et désastreux War of the Worlds avec Ice Cube)... et qui ici, nous déroule peu ou prou la même formule, en mode thriller futuriste qui lorgne fortement sur Minority Report, mais en plus simpliste, basique, et générique.
Tout est en effet cousu de fil blanc, les nœuds de l'intrigue sont rapidement dénoués par le spectateur (qui se retrouve avec de bonnes longueurs d'avance sur l'enquête de Raven), la construction de l'univers et de ses règles n'est jamais vraiment convaincante (la criminalité de LA qui baisse de 68 % parce qu'une intelligence artificielle a légitimement condamné à mort une quinzaine de personnes, mouais...), et le tout ne fonctionne réellement que grâce au compte à rebours que le récit s'impose.
C'est donc regardable, sans plus, on voit largement les grosses ficelles narratives à tous les niveaux, et au final, c'est typiquement du contenu pour plateforme de streaming (néanmoins sorti en salles), très oubliable et creux.
3/6
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La saison 1 de Fallout était une bonne surprise, une adaptation ludique du monde du jeu vidéo, avec une distribution attachante, un sens de l'humour efficace, des personnages intrigants, et un scénario assez bien mené et accessible. J'avais bien aimé ces 8 premiers épisodes, et j'attendais la suite avec un certain intéret.
Malheureusement, en saison 2, la mayonnaise n'a pas vraiment pris.
Fallout, saison 2 (2025) :
Alors que Maximus (Aaron Moten) est désormais considéré comme un héros par la Confrérie de l'Acier, Lucy (Ella Purnell) continue sa quête en compagnie de la Goule (Walton Goggins), à la recherche de son père (Kyle MacLachlan), réfugié quelque part à New Vegas...
Et histoire de continuer sur l'embryon de métaphore culinaire de l'intro, je vais simplement dire que le problème principal de la saison 2, c'est le mélange des ingrédients. Un peu comme si le chef, après le succès et la réussite de sa recette en saison 1, avait décidé de revisiter celle-ci, en doublant la dose de tous ses ingrédients, en en rajoutant de nouveaux, en mélangeant le tout un bon coup, et en servant dans les mêmes assiettes qu'en saison 1.
Le résultat, c'est un plat totalement déséquilibré, où les saveurs luttent les unes contre les autres, où les goûts s'effacent mutuellement, où le salé, le poivré, et toutes les autres épices s'affrontent et s'étouffent, bref, un plat indigeste, dans lequel les éléments sont bons, mais les proportions, pas du tout.
Mais trève de métaphore culinaire. J'ai donc trouvé cette saison 2 très laborieuse, une saison 2 reposant, à sa base, sur le mystère de Mr House (Justin Theroux) et de ses actions à New Vegas, un mystère... lié à tous les personnages principaux.
C'est l'un des soucis de la saison, d'ailleurs : comme en saison 1, mais dans des proportions encore plus amplifiées, tous les éléments de la série et de son univers sont liés à la poignée de protagonistes centraux du programme, tout le monde est directement lié à Lucy et à la Goule, tout tourne autour d'eux et du personnage de Kyle MacLachlan, au point de rendre l'univers de Fallout exigu et étriqué.
Et le trop plein d'ingrédients de la recette Fallout (saison 2), combiné au toutéliage général, fait que la série se sent obligée de se disperser encore plus que d'habitude : les sous-intrigues se multiplient, centrées sur des personnages secondaires pas indispensables mais que les scénaristes aiment bien (ça, c'est assez typique des saisons 2 télévisuelles, dans lesquelles la production remarque que certains acteurs/rôles secondaires de la s1 sont plus attachants, plus amusants ou plus populaires que prévu, et tentent de leur trouver plus de place, sans réelle justification), alors même qu'une grosse partie de la saison donne bizarrement l'impression de faire du surplace.
C'est aussi un peu la faute à la structure en flashbacks du métrage, qui renvoie constamment au passé de la Goule et de certains autres intervenants, mais aussi au trop plein d'exposition, systématiquement assénée sans grande finesse d'écriture - des problèmes récurrents qui ralentissent le programme et l'envoient fréquemment dans des directions/digressions redondantes ou inutiles.
Ajoutez à cela des caméos ponctuels pas très probants (Kumal Nanjiani, Brian Thompson, Clancy Brown, Ron Perlman, Natasha Hensridge) qui ne sont souvent guère plus que des moments "hé, regardez qui on a ramené pour tel ou tel rôle, vous le reconnaissez ?" voire qui sont mal avisés (Macauley Culkin en légionnaire, qui joue assez mal), une illustration musicale Juke Box qui frôle le James Gunn, et voilà : cette saison 2 de Fallout m'a paru particulièrement bancale, et assez peu engageante.
Pas mauvaise, attention, ça reste bien produit et interprété (bémol sur Culkin, donc, mais aussi sur Moten, qui passe toute la saison renfrogné et replié sur lui-même, un peu trop monolithique), les effets numériques sont réussis, l'humour reste mordant, et globalement, c'est assez honorable.
Mais narrativement, en fin de compte, cette saison 2, surchargée, frustre par toute la mise en place qu'elle fait pour la suite, par des grosses ficelles narratives (tout ce qui concerne Norm, le frère de Lucy) et par un toutéliage pas très intéressant. Dommage.
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Team Démolition (The Wrecking Crew - 2026) :
Lorsque Jonny (Jason Momoa), policier rebelle, est attaqué chez lui, dans l'Oklahoma, par des yakuzas qui viennent de tuer son père à Hawaï, il décide de rentrer au pays pour tenter de comprendre le fin mot de cette histoire. Là, il retrouve son frère aîné James (Dave Bautista), ex-Navy Seals avec qui il ne s'entend guère, et bon gré mal gré, les deux hommes vont faire équipe pour semer le chaos sur l'île et mettre un terme aux agissements du malfaisant Marcus Robichaux (Claes Bang)...
Une production Amazon avec le réalisateur de Blue Beetle derrière la caméra, et le scénariste des séries See, Banshee et Warrior (ainsi que de The Adam Project) à l'écriture : sur le papier, rien de forcément exceptionnel, si ce n'est la promesse d'un métrage assez dynamique, à la distribution diverse, à l'action décomplexée mais efficace, et qui ne se prend pas trop au sérieux.
Et c'est exactement ce qu'on a avec ce Team Démolition (un titre français vraiment désastreux) : un buddy cop movie à l'ancienne, dans un cadre exotique, mené par un duo qui fonctionne plutôt bien, au sens de l'humour gentiment impertinent et rigolard, de l'action assez punchy... et tout de même des défauts inhérents au contenu pour plateforme de streaming. À savoir une durée abusive (plus de deux heures), des effets numériques très inégaux (oui, les scènes d'action sont globalement bien menées, mais les doublures numériques convainquent nettement moins et la colorimétrie numérique orange/bleu est parfois maladroite), et une intrigue globale cousue de fil blanc.
Cela dit, globalement, en comparaison de la majorité des sorties direct-to-streamingrécentes, souvent médiocres, génériques et fauchées, ici, ça fonctionne beaucoup mieux, porté par une certaine décontraction et bonne humeur à tous les niveaux de la production, et par l'ambiance typiquement hawaïenne.
Une assez agréable surprise, donc, qui ne révolutionne rien, mais qui fait ce qu'on lui demande de faire.
3.75/6
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Parce qu'on ne change pas une formule qui gagne, et quand bien même cette formule serait celle de Vox Machina, qui à mes yeux n'a jamais vraiment réussi à s'extirper de son statut d'adaptation de JDR, voici que l'univers de la troupe Critical Role s'étend avec une nouvelle campagne et de nouveaux personnages, chapeautés pour Amazon Prime par Tasha Huo, scénariste sur The Witcher : Blood Origin, Red Sonja, et showrunneuse de l'adaptation animée de Tomb Raider pour Netflix...
The Mighty Nein, saison 1 (2025) :
Alors que le continent de Wildemount est en proie à des tensions croissantes entre les Kryn et l'Empire de Dwendal, des personnalités disparates convergent vers une fête foraine mystérieuse : Beau (Marisha Ray), moine soldat qui mène l'enquête sur les Volstruckers, des sorciers assassins menaçant de plonger le monde dans le chaos ; Caleb (Liam O'Brien), clochard magicien qui tente d'échapper à ces assassins, et se lie d'amitié avec Nott (Sam Riegel), une voleuse gobelin alcoolique ; Fjord (Travis Willingham), marin demi-orc qui obtient des pouvoirs lors d'un naufrage, et accompagne Jester (Laura Bailey), une jeune Tiefling enthousiaste ; et Molly (Taliesin Jaffe), diseur de bonne aventure au passé trouble...
Il serait assez facile de trouver des points communs entre tous les projets de la showrunneuse et cette adaptation de Mighty Nein : une certaine tendance aux personnages torturés et hantés par leur passé, aux femmes fortes au style très queer, une narration parfois un peu bordélique, etc... mais soyons francs : tout cela est en très grande partie hérité de la campagne originale, une campagne de plus de 500-600 heures ici partiellement synthétisée en huit épisodes de 45 minutes.
Et d'ailleurs, un peu comme pour Vox Machina, on n'évite pas les clichés mélodramatiques des JDR, notamment au niveau des personnages (jusqu'à la répétition, d'ailleurs, avec Molly et Fjord qui incarnent tous deux le trope du gentil qui devient incontrôlable et agressif lorsqu'il libère ses pouvoirs cachés obtenus d'une entité maléfique mystérieuse).
Ici, cependant, contrairement à Machina, la série consacre plus de la moitié de sa première saison à constituer le plus gros du groupe des Nein ; c'est probablement pour cela que les trois ou quatre premiers épisodes sont loin de convaincre.
Parfois, c'est dû à des choix artistiques fainéants (l'apparence de Beau, par exemple, très dérivative) ou étranges (la gobline qui se déguise en fillette mais garde ses oreilles de gobelin en évidence, et est doublée par un homme à la voix trafiquée), à des accents approximatifs, ou à des anachronismes dans les dialogues ; ailleurs, c'est parce que les scénaristes ont la main gentiment lourde sur le pathos ; ou encore, parce que le scénario sépare volontairement certains membres du groupe et personnages secondaires (la barbare, le drow qui assiste le méchant) jusqu'à la fin de la saison.
Pendant cette première moitié de saison (de la grosse mise en place), la série est tout à fait regardable, mais un peu bordélique et décousue. Et puis, à partir de la mi-saison, ça se recadre, pour le meilleur (un gros flashback sur Caleb) et pour le pire - enfin, pas vraiment le pire, c'est simplement que le récit retombe dans une adaptation basique de jeu de rôle au format "allez à tel endroit pour rencontrer telle personne, recevez votre mission, équipez-vous chez tel vendeur excentrique, et ramenez l'objet magique gardé dans tel donjon ou chez tel méchant".
Du DnD très (trop ?) classique, qui permet de placer des pièges (notamment un puzzle à base de constellations que l'on retrouve texto dans Sea of Thieves), Nathan Fillion en commanditaire, et une infiltration d'un bal mondain plein de grosses ficelles maladroites... avant de se conclure en cliffhanger pour la saison 2.
Dans l'ensemble, donc, une première saison structurellement discutable, et au format un peu laborieux (honnêtement, 8 x 45 minutes, ça fonctionne nettement moins bien que 10 ou 12 épisodes de 30 minutes), mais que j'ai probablement préféré à une grosse partie de Vox Machina.
Ce n'est pas exceptionnel (contrairement à ce que la fanbase de Critical Role s'acharne à affirmer en ligne), et ça retombe toujours dans des clichés inhérents au genre, mais ça se regarde, et ça évite un peu le côté "acteurs de doublage qui veulent montrer l'étendue de leur talent dramatique", ce qui est toujours ça de pris.
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Trap House (2025) :
Lorsque le père de l'un d'entre eux est abattu lors d'un raid sur une planque d'un cartel de la drogue, des lycéens (Blu Del Barrio, Jack Champion, Sophia Lillis, Whitney Peak, Zaire Adams) enfants des agents de la DEA impliqués (Dave Bautista, Bobby Cannavale...) décide de mettre à profit leurs connaissances du métier de leurs parents et l'équipement de ces derniers pour braquer certaines des autres planques des trafiquants, et leur voler leur argent...
Un thriller sorti en salles mais ressemblant vraiment beaucoup à un DTV, fruit du travail du réalisateur de Stuber, et qui demande énormément de suspension d'incrédulité : rien dans cette histoire d'ados braqueurs n'est vraiment plausible, les rebondissements sont évidents, et dans l'ensemble, l'écriture est assez médiocre, même si ça se regarde sans trop de difficultés, principalement parce que les acteurs adultes sont compétents et impliqués.
Reste qu'il est probable que bon nombre de spectateurs décrocheront au bout de 25 minutes, quand les ados idiots décident de s'improviser justiciers et que les trafiquants endurcis et sanguinaires se font avoir comme des amateurs.
(et puis la fin, qui appelle une suite éventuelle... non)
2.5/6
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Une Journée incontrôlable (Playdate - 2025) :
Parce qu'il a du mal à se rapprocher de son fils adoptif Lucas (Benjamin Pajak), pas sportif pour un sou, Brian (Kevin James), récemment mis au chômage, décide de l'emmener jouer au parc, où ils croisent le musculeux Jeff (Ritchson) et son fils CJ (Banks Pierce). Par la force des choses, les deux duos passent l'après-midi ensemble... jusqu'à ce que de mystérieux criminels s'en prennent à Jeff, pour tenter de reprendre l'enfant. Car ce dernier a, en réalité, été libéré d'un laboratoire étrange par l'ancien militaire, qui est en fuite...
Difficile de faire plus "contenu pour plateforme de streaming" que ce Playdate : un second rôle comique en pilotage automatique et un acteur musclé vedette d'une des séries phares de la plateforme dans un buddy-movie générique et pas très sérieux, plein de visages connus qui passent en coup de vent, sous-exploités dans de brefs caméos (Sarah Chalke, Paul Walter Hauser, Stephen Root, Alan Tudyk, Isla Fisher), un scénariste de tv et un réalisateur-faiseur semi-anonyme (responsable de Let's be Cops, Animal ! L'animal avec Rob Schneider, de Girl Next Door) derrière la caméra, un côté technique assez approximatif (énormément de post-synchro voyante, un montage et une shaky-cam cache-misère, des effets numériques fauchés), du placement produit maladroit, et un script assez faiblard, avec un rebondissement à la fois improbable et évident (SPOILER - CJ est l'un des nombreux clones de Jeff, considéré par ses supérieurs comme "le soldat parfait"), et qui décide de flinguer tout son propos ("malgré leur reprogrammation mentale, les clones ne sont pas que des machines à tuer robotiques, ils peuvent aussi avoir des sentiments") au profit d'une ultime vanne explosive (Jeff tue une cinquantaine de clones sans broncher).
C'est donc assez médiocre, tout ça, avec des références maladroites, de gros clichés bien baveux (notamment tout un postulat de départ ressemblant à une sitcom des années 90, avec ce père incompétent incapable de faire un sandwich, qui n'arrive pas à se rapprocher de son fils efféminé qui préfère la danse et les comédies musicales, et des méchants qui ont cinq lignes de motivation), et des runnings gags tirés vers le bas par la production faiblarde.
Heureusement qu'Alan Ritchson qui s'amuse à composer une parodie de Reacher devenant de plus en plus débile et idiot au gré du film, ça distrait un peu.
1.5/6
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Ultime saison pour Solar Opposites, annulée par Hulu, une saison en forme de bilan voulant boucler la boucle de toutes les intrigues et sous-intrigues de la série en 10 épisodes à peine, quitte à proposer quelque chose de précipité et d'un peu brouillon...
Solar Opposites, saison 6 (2025) :
Désormais sans le sou, les Opposites tentent de trouver une nouvelle source d'argent pour financer leur quotidien... et accessoirement conclure leur mission sur Terre ; dans le Mur, Cherie tente d'imposer un nouvel ordre sociétal, et finit par organiser une mission suicide pour récupérer le rayon agrandissant de Yumyulack, laissé sans surveillance...
Si l'on ressent bien quelque chose dans cette nouvelle fournée d'épisodes, c'est que les scénaristes sont bien décidés à tout boucler avant la fin du show, pour le meilleur et pour le pire. Une fois la menace de l'ancien capitaine des Opposites évacuée manu militari dès la reprise, la saison se retrouve ainsi à avancer de manière assez désordonnée, alternant des sous-intrigues pas très marquantes ou inspirées pour les Opposites, avec l'intrigue du Mur, qui prend toujours plus de place et est toujours trop sérieuse pour son propre bien.
Le tout étant toutélié, en toute fin de saison, avec les Silver Cops, pour une conclusion clairement précipitée et approximative, qui ne satisfera pas forcément grand monde.
Dans l'intervalle, on retourne à Wooden City, on revoit brièvement le Red Goobler, Korvo devient un père digne de ce nom, Terry devient un auteur à succès de romances médiévales-fantastiques, et le Pupa évolue jusqu'à son stade ultime...
Ponctuellement, c'est amusant, mais encore une fois, il subsiste cette impression que le programme s'est un peu laissé dévorer par ses sous-intrigues (le Mur et les Silver Cops), au point de paraître plus inspiré ou motivé par celles-ci que par les mésaventures des Opposites.
Pas forcément problématique, surtout si l'on apprécie ces arcs narratifs, mais plus embêtant si l'on a déjà, à la base, des réserves conséquentes concernant ces éléments.
Et puis on ne va pas le nier : la série a eu du mal à se remettre totalement du kickban de Justin Roiland en 2023, tentant depuis ce moment de retrouver un équilibre, pas tant au niveau vocal qu'au niveau créatif.
Bref, une ultime saison qui m'a laissé mitigé : les fans aimeront, ça reste amusant à suivre, mais j'ai trouvé le tout assez décousu et bordélique, une sorte de gros fourre-tout de dernière minute qui n'a pas forcément su me convaincre sur de multiples plans.
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