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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

Les bilans de Lurdo - Coupez !, saison 1 (2026)

Publié le 18 Avril 2026 par Lurdo in Amazon, Comédie, Critiques éclair, Drame, Les bilans de Lurdo, Thriller, Télévision, Review, UK

Si je dis : un acteur anxieux à la ramasse qui tente de décrocher le rôle de ses rêves, tout en étant traqué par le gouvernement, en devant faire face à une certaine oppression systémique à cause de ses origines et de sa nature et en interagissant au quotidien avec un mentor interprété par une légende IRL du monde de l'acting anglo-saxon... non, je ne parle bien évidemment pas de la récente Wonder Man, la satire Marvel de l'industrie hollywoodienne des super-héros US, mais de ce Bait, une mini-série en six épisodes d'une petite demi-heure qui marche dans la même direction que la série du MCU, mais avec une approche et un résultat bien différents...

Coupez !, saison 1 (Bait, saison 1 - 2026) :

Shah Latif (Riz Ahmed), acteur londonien, rêve d'être James Bond. Seul problème : il est d'origine pakistanaise, ce qui passe assez mal aux yeux des spectateurs potentiels du futur Bond, et lui donne un certain handicap dans la course à ce rôle, pour lequel il a pourtant déjà décroché une audition. Et progressivement, alors qu'il fait tout pour obtenir le rôle de 007, Shah va se laisser dévorer par ses ambitions, son anxiété, ses regrets, les attentes d'autrui et le racisme dont il est victime...

Une série Amazon globalement assez bien reçue par les critiques (ce qui ne surprend pas forcément, la combinaison humour british + propos sur le racisme sociétal, l'immigration et l'intégration + cringe humor + satire nombriliste de l'industrie cinématographique + semi-biographie du parcours de Riz Ahmed étant assez attirante pour une certaine presse), mais qui m'a laissé un peu mitigé.

En fait, au visionnage, j'ai eu l'impression que la série était divisée en trois parties : les deux premiers épisodes de mise en place de l'intrigue, de présentation des personnages, et d'introduction du personnage de Shah (acteur bourré de névroses, d'angoisses, un personnage typiquement anglais, maladroit et gentiment baratineur, à l'imagination bien développée), ne sont pas désagréables.

On y découvre donc Shah, pas totalement sympathique, mais pas non plus antipathique, son cousin Zulfi (Guz Khan), entrepreneur magouilleur à la tête d'une flotte de VTC, tout le reste de la famille (au demeurant assez amusante et attachante), ainsi que le rival de Shah (Himesh Patel), et une tête de cochon doublée par Patrick Stewart - tête de cochon qui devient rapidement le mentor imaginaire de Shah/l'expression de toutes ses insécurités, à mesure qu'il s'enfonce dans ses névroses.

Puis, après ces deux épisodes assez légers, arrivent les deux épisodes centraux de la saison : celui de l'Aïd el-Fitr, un épisode festif et familial qui accumule tensions, mensonges, excuses, secrets, etc, jusqu'à l'explosion. Plutôt efficace et sincère, tout comme l'épisode 04, durant lequel Shah passe la nuit suivant l'Aïd à accompagner son ex dans une tournée des clubs, pour tenter de la reconquérir. À nouveau, ça fonctionne, sans virer dans la comédie caricaturale.

Et puis on arrive à la fin de saison, et ça part un peu dans le n'importe quoi : la famille de Shah disparaît, l'acteur perd 250 points de QI et se met à accumuler les bourdes, il part en vrille, la police l'ignore totalement, il se promène et parle constamment avec sa tête de cochon portée dans un sac en bandoulière, il découvre que le MI5 veut le recruter et lui donner le rôle de Bond, il affronte ses échecs au cours d'une scène d'action imaginaire dans une ruelle, il se fait chasser d'une mosquée, il finit à l'hôpital, etc... et comme il a vaincu tous ses démons, il décroche in fine le rôle de Bond.

Alors pour être franc, je vois très bien ce que la série a tenté de faire avec ce récit, avec cette descente aux enfers d'un homme névrosé soumis à de nombreuses pressions, notamment sociétales, avec Patrick Stewart en Jiminy Cricket sarcastique et hostile, avec la rédemption d'un acteur prêt à tout pour la gloire et la viralité, avec le mélange des genres et des tons, etc.

Seulement voilà, j'ai trouvé le tout affreusement déséquilibré, parfois trop caricatural (par moments, Shah est un Howard Steel en puissance), parfois pas assez développé, parfois pas assez sincère, et au final assez frustrant. Pourtant, tous les moments centrés autour de la famille et de la communauté de Shah étaient plutôt agréables... mais dans l'ensemble, je suis resté sur ma faim. Dommage.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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