Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Fucking Kassovitz (2011) :
Retour sur le fameux making-of d'une heure du long-métrage Babylon AD, de Kassovitz, un making-of longtemps resté controversé car faisant la lumière sur un tournage catastrophique, plombé tant par l'incompétence d'une partie de la production des pays de l'Est que par l'égo surdimensionné de Vin Diesel, et le tempérament de Kassovitz.
Après, on peut le comprendre, ce Kassovitz, que l'on voit maigrir et s'enfouir de plus en plus dans sa doudoune à capuche à mesure que l'ampleur du désastre de ce tournage devient claire : face à des départements artistiques tous à la traine et ne lui proposant rien de ce qu'il avait demandé des semaines plus tôt, victime d'une sécurité défaillante (explosion qui se déclenche trop tôt, projecteurs qui tombent à deux centimètres de la tête d'une membre de l'équipe), confronté aux caprices d'un Baboulinet immature, bloqué par des financiers américains qui lui coupent son budget déjà limité et prennent le contrôle du film, Kasso décroche progressivement.
Et comme il n'a pas un caractère facile, ça coince.
Un documentaire intéressant et, semble-t-il, assez objectif (Mélanie Thierry est là pour exprimer un point de vue relativement neutre, mais sincère), Fucking Kassovitz évoque Lost in la Mancha, et d'autresmaking-ofssimilaires, rappellant à quel point un film, quel qu'il soit, n'est qu'un chateau de cartes en équilibre précaire, et qu'il en faut peu pour que tout s'écroule.
4.5/6
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Suite directe de The Batman de Matt Reeves (un film inégal mais qui est remonté un peu dans mon estime au revisionnage), ce The Penguin propose, en huit épisodes d'une heure environ diffusés sur HBO Max, de narrer l'ascension du Pingouin dans le monde de la pègre de Gotham City, sous la supervision de Lauren LeFranc, ancienne scénariste sur Chuck et Agents of SHIELD...
The Penguin, saison 1 (2024) :
Alors que Gotham City se remet difficilement de l'acte terroriste du Riddler, Oz Cobb (Colin Farrell), dit "le Pingouin", ex bras droit de feu Carmine Falcone, décide de s'emparer du pouvoir dans les sphères criminelles, et d'organiser le trafic d'une nouvelle drogue. Il fait alors tout son possible pour monter les deux grandes familles du crime, les Falcone et les Maroni, l'une contre l'autre, mais la libération inattendue de Sofia Falcone (Cristin Milioti), fille de Carmine et tueuse en série enfermée à Arkham, va mettre des batons dans les roues du Pingouin...
Une crime story dans l'univers de Batman, mais sans Batman, une ascension à la Scarface plutôt réussie et intrigante, portée par une interprétation excellente de plusieurs acteurs, en particulier Colin Ferrell (on oublie totalement que c'est lui sous le masque), Cristin Milioti (excellente en fille de mafieux revancharde), et Deirdre O'Connell (en mère du Pingouin, atteinte de Parkinson et de sénilité).
Tout au long des huit épisodes de la saison, donc, on suit les parcours parallèles de Oz Cobb et de Sofia Falcone, qui tous deux finissent par gravir les échelons de la pègre : le premier en trahissant et manipulant tout le monde, en montant les Maroni et les Falcone les uns contre les autres, en manigançant, et en se trouvant toujours au bon endroit, au bon moment ; la seconde en se montrant implacable, en acceptant son héritage, en rejetant sa réputation, et en allant toujours plus loin pour s'imposer.
Le tout, sur fond de Gotham ravagée par les exactions du Riddler, et corrompue de bout en bout. De quoi dresser un portrait sinistre de la ville de Batman, totalement absent de la série, et humaniser au maximum le personnage du Pingouin, que ce soit au travers de son amitié naissante avec le jeune Victor (Rhenzy Feliz), qu'il prend sous son aile après l'avoir surpris en train de voler les jantes de sa voiture (un renvoi direct à Jason Todd et Batman), mais aussi et surtout via sa relation avec sa mère Francis.
Une relation dévouée et fusionnelle qui sera recontextualisée en fin de saison, tout comme cette amitié avec Victor, qui trouvera un dénouement inévitable à ce même moment : qu'on se le dise, dans le monde de la pègre de Gotham, il n'y a pas de fin heureuse, et tout le monde est capable de tuer si les motivations sont suffisantes.
En face de Farrell, impeccable, on a aussi Cristin Milioti, sexy, vénéneuse, instable et à fleur de peau, qui compose une antagoniste parfaite pour le Pingouin : tout dans le personnage est un contraste total à l'existence de Cobb, et l'actrice parvient, à grands renforts de nuances et de moments subtils, à donner corps à cette fille de mafieux accusée de crimes qu'elle n'a pas commis, torturée dans un asile, et bien décidée à se venger du destin et de la vie... en commençant par Cobb.
Bref, une très bonne surprise que cette mini-série (je suppose que c'est une mini-série, car je ne vois pas de saison arriver derrière) qui se conclue de la seule manière possible : par un Pingouin triomphant... et l'apparition du Batsignal dans le ciel.
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The Instigators (2024) :
Lorsque deux petites frappes pas très douées de Boston, Rory (Matt Damon), dépressif, et Cobby (Casey Affleck), alcoolique, se trouvent embarquées dans un braquage mal préparé et dérobent un bracelet appartenant à l'ancien Maire véreux de la ville (Ron Perlman), ils sont contraints de prendre la fuite, embarquant avec eux le Dr Rivera (Hong Chau), la psychothérapeute de Rory...
Une comédie criminelle signée Doug Liman, produite par Ben Affleck et Matt Damon, et tournée (probablement avec un budget assez limité) pour Apple Tv... pour un résultat assez typique des productions de plateformes de streaming : c'est regardable, mais c'est assez quelconque et oubliable, jamais particulièrement drôle, pêchu ou tendu, en tout cas pas suffisamment pour convaincre plus que ça.
L'écriture est un peu inégale (la psychothérapeute qui ne cesse jamais d'analyser son client, même en plein milieu d'une course poursuite, c'est parfois assez forcé), une grosse partie du budget semble avoir été consacrée aux cascades automobiles, et la distribution assez prestigieuse (Alfred Molina, Toby Jones, Ving Rhames, Michae Stuhlbarg...) semble fréquemment sous-exploitée, mais dans l'ensemble, ce n'est pas non plus un désastre.
C'est simplement totalement anecdotique.
3/6
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Things will be different (2024) :
Frère et sœur, Joseph (Adam David Thompson) et Sidney (Riley Dandy) se retrouvent dans un diner perdu après avoir dérobé plusieurs millions de dollars. En fuite et poursuivis par les autorités, ils se réfugient dans une ferme reculée, où les instructions contenues dans un carnet leur permettent d'utiliser un placard "magique" qui les transporte dans une bulle temporelle. Mais rapidement, ils réalisent qu'ils sont pris au piège dans cette ferme hors du temps, et que s'ils veulent s'en sortir, ils vont devoir exécuter les instructions de mystérieux interlocuteurs dont ils ignorent tout.
Long métrage à mi-chemin entre le film de SF et le film policier, réalisé et écrit par un collaborateur de Moorhead et Benson (à la production), ce Things will be different est un gros bordel de boucles temporelles qui se mélangent, de questions laissées en suspens, de paradoxes abscons, etc... qui s'appuient sur une réalisation et une interprétation maîtrisées.
Et c'est ça qui fait toute la force du film : même si le spectateur ne comprend pas forcément tous les tenants et aboutissants du métrage (si tant est que tout soit vraiment logique, cohérent et explicable, à la base - on peut en douter), la relation des deux protagonistes est crédible, touchante et sincère, et elle porte sur ses épaules le scénario et ses défaillances ponctuelles.
Ajoutez à cela une réalisation efficace (les montages du temps qui s'écoule sont notamment très réussis), et l'on se retrouve donc avec un thriller original, intrigant, pas forcément ultra-carré dans son écriture (honnêtement, le film sème tellement d'indices sans forcément leur donner de suite qu'il peut être frustrant, et en rebutera plus d'un), mais très ambitieux. C'est toujours ça de pris.
4/6
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The King of Fighters (2009) :
Dans un monde où un tournoi d'arts martiaux se déroule dans une dimension parallèle accessible via des oreillettes bluetooth, Mai Shiranui (Maggie Q) assiste au vol de trois reliques inestimables par Rugal Bernstein (Ray Park), qui disparaît alors dans la dimension parallèle, avec pour objectif de libérer l'Orochi, une entité maléfique qui lui donnera des pouvoirs immenses. Mais pour y parvenir, Rugal attire les autres combattants dans son monde, afin de les éliminer un à un...
Après Street Fighter, Chun-Li, Mortal Kombat, D.O.A, Tekken... voilà encore une adaptation cinématographique d'un jeu de combat, en l'occurrence King Of Fighters... et là on touche le fond.
C'est bien simple, quasiment rien ne fonctionne ici : le casting est hors-sujet, l'interprétation faiblarde, la réalisation incompétente, le montage désastreux, la chorégraphie des combats est approximative, les effets spéciaux fauchés, et le scénario... aïe.
Bref, malgré quelques visages familiers, c'est vraiment mauvais.
1/6
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Après une saison 1 très attendue, en 2022, mais à l'accueil critique comme public assez mitigé (pour des raisons valables, comme pour des raisons typiquement... réactionnaires) ayant créé une atmosphère assez nocive autour de la sortie du programme, revoici l'adaptation Amazon des événéments précédant le Seigneur des Anneaux.
Toujours 8 épisodes d'une grosse heure au programme, avec un tournage en grande partie relocalisé au Royaume-Uni, pour la suite d'un récit qui ne m'avait pas déplu, malgré un côté un peu éparpillé et des scories inhérentes à une saison 1...
Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (Rings of Power, season 2 - 2024) :
Après avoir gagné la confiance de Galadriel (Morfydd Clark) et trahi cette dernière, Sauron (Charlie Vickers) part pour l'Eregion où, sous l'apparence d'Annatar, un elfe envoyé par les dieux, il convainc Celebrimbor (Charles Edwards) de créer le reste des Anneaux de pouvoir, notamment ceux destinés aux Nains ; à l'autre bout du monde, le futur Gandalf (Daniel Weyman) croise le chemin de Tom Bombadil (Rory Kinnear), qui le prend sous son aile ; quant à Adar (Joseph Mawle), il réunit ses armées pour écraser une fois pour toutes la menace du retour de Sauron...
Si elle m'avait relativement convaincu, la saison 1 des Anneaux de pouvoir n'était pas sans défauts, loin de là, au premier rang desquels une multiplication des sous-intrigues et des personnages secondaires, qui finissait par brouiller un peu trop les cartes, et par singer trop fréquemment certains points scénaristiques des LOTR de Peter Jackson.
Pour cette saison 2, malheureusement, il en va toujours de même : si le programme se démarque plus franchement de l'influence PJ, pour se concentrer sur une montée en puissance progressive débouchant sur le siège de la ville d'Eregion (dans l'avant-dernier épisode de la saison), la série continue d'avoir des problèmes de structure (parfois inhérents au format et au découpage télévisuel), avec des restes de sous-intrigues conclues de manière précipitée, et d'autres clairement uniquement là pour faire de la mise en place d'événements futurs.
Les points forts et faibles de l'écriture restent toujours les mêmes : les manipulations de Sauron en Eregion fonctionnent, Charlie Vickers ayant radicalement changé d'apparence pour l'occasion, etCharles Edwards étant excellent en orfèvre sous l'influence du Mal; les mésaventures des nains, et le conflit de Durin confronté à son père, consumé par l'anneau, restent l'intrigue la plus intéressante et la plus attachante de la série (avec une superbe scène finale pour Durin père vs le Balrog) ; tout ce qui touche au Numenor est absolument et complètement insipide (que ce soit à Numenor même, ou sur le continent), avec un vrai déficit de charisme de ce côté-là ; et malheureusement, Gandalf et ses hobbits (dont j'avais apprécié la relation en saison 1) font énormément de surplace, le personnage de Tom Bombadil étant une agréable surprise au milieu d'une sous-intrigue molle qui évoque, par moments, l'entraînement de Luke sur Dagobah (d'ailleurs, pas ultra convaincu par la manière dont le show amène le nom "Gandalf").
Le bilan scénaristique est donc assez inégal, mais je mentirais en disant m'être ennuyé, ou en affirmant que le siège d'Eregion n'est pas impressionnant - ce n'est pas totalement au niveau des films (il reste notamment un côté très studio/télévisuel à certains décors et certains éclairages/cadrages), mais c'est plus qu'honorable compte tenu de l'ampleur et de l'ambition de la proposition.
À l'identique, musicalement, Bear McCreary se démène une fois de plus et parvient à imposer ses thèmes et ses chansons, notamment pour Tom Bombadil, personnage particulièrement casse-gueule s'il en est (léger hors sujet, par contre, sur la "ballade de Damrod" et ses vocalisations death metal).
Ce qui donne, au final, une saison agréable à suivre... mais, un peu comme en saison 1, un peu frustrante : les scories restent toujours présentes (et ne quitteront probablement plus la série, désormais), et empêchent le programme d'être vraiment passionnant de bout en bout, malgré beaucoup de qualités et une interprétation très solide.
À voir en connaissance de cause, donc, et je ne peux m'empêcher de me demander comment la série va bien pouvoir continuer à conserver l'intérêt du spectateur lorsque l'attention des scénaristes va basculer en très grande partie sur Numenor et les humains...
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Queen of the Ring (2025) :
L'histoire « vraie » de Millie Burke (Emily Bett Rickards), serveuse et jeune mère célibataire dans les années 30, et qui, après avoir croisé le chemin du catcheur et promoteur Billy Wolfe (Josh Lucas), décide de tout plaquer pour devenir la meilleure femme catcheuse de l'histoire de la discipline. Un succès qui lui prendra plusieurs décennies, et qui mettra en péril sa vie privée...
Un biopic romancé adapté d'un livre et pas désagréable, mais très académique et basique, avec des personnages secondaires sous-développés, une chronologie bricolée et occasionnellement passée en avance rapide (surtout dans la dernière partie du film, avec de fréquents fondus au noir), et une forme très académique : on sent que le réalisateur/scénariste (par ailleurs patron de maison de disque, ce qui explique sans nul doute l'illustration musicale ici anachronique) a fait de son mieux pour résumer la carrière et la vie de Millie Burke, mais n'a pas forcément réussi à tout gérer de manière optimale en 2h15 (supposément, une heure de film a été coupée, et le projet était pensé comme une mini-série de streaming, mais bon).
Après, si l'on peut regretter le manque de subtilité dans tout ce qui est propos sur le féminisme, la violence conjugale, etc, les quelques private jokes sur Vince McMahon et sur le monde du catch, les faux raccords çà et là (notamment dans la dernière ligne droite), le côté mélo très appuyé et toute une fin en mode shoot match qui ne fonctionne pas réellement, reste l'interprétation, notamment de Rickards.
Une Rickards athlétique (on le savait déjà) qui tient très bien son rôle et s'y donne corps et âme, entourée de multiples visages familiers, de Walton Goggins à Deborah Woll, en passant par de nombreuses catcheuses (créditées ou non), et bien sûr Josh Lucas, plutôt bon lui aussi dans un rôle difficile.
La distribution est excellente, elle joue bien (y compris Kamille en antagoniste), le rendu visuel est crédible et de bonne facture, et cette histoire est loin d'être désagréable à suivre... mais voilà, ça ne dépasse jamais le fond, la forme et le budget (la perruque de Gorgeous George !!) d'un biopic tv, et donc ça reste assez moyen in fine.
3.25/6 (après, c'est amusant de voir Rickards s'essayer au monde du catch après que son compère d'Arrow, Stephen Amell, soit tombé dedans lui aussi, et de retrouver ici Kelli Berglund, qui était dans Heels)
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Summer of 69 :
Abbie (Sam Morelos), streameuse, est sur le point d'avoir son bac, mais elle ne peut s'empêcher de rêver de Max (Matt Cornett), le séduisant joueur de football de sa classe. Vierge et désespérée, elle engage alors Santa Monica (Chloe Fineman), une stripteaseuse ayant besoin d'argent pour sauver son établissement de la faillite, afin que cette dernière lui apprenne tout des choses de l'amour et du sexe...
Une teen comedyHulu en mode coming of age, sous l'influence très claire des années 80, et qui s'avère sympatoche, bien que très balisée.
Alors oui, par rapport aux teen comedies des 80s, ici, on suit un personnage féminin (attachant), et effectivement, rien de tout ça n'est particulièrement crédible, mais la comédienne Jillian Bell (ici réalisatrice et coscénariste) s'en sort plutôt bien, et met ici en images une amitié improbable entre une lycéenne et une strip-teaseuse, dans un film pas aussi graveleux et bas de plafond que le postulat de base pouvait le laisser entendre.
Après, ce n'est pas non plus exceptionnel : comme je le mentionnais, c'est très balisé, il y a un petit coup de mou à mi-parcours, et on retrouve le schéma de la grosse dispute et des quatre vérités qui sont dites entre les deux buddies dans la dernière ligne droite...
Mais dans l'ensemble, quand bien même certains personnages secondaires seraient sous-exploités (Charlie Day qui vient jouer les prêteur sur gages véreux dans deux scènes et demi, entre autres), le tout reste suffisamment excentrique, léger et décalé pour qu'on ne s'ennuie pas.
3.75/6
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Mountainhead (2025) :
Randall Garrett (Steve Carell), Hugo « Souper » Van Yalk (Jason Schwartzman), Venis « Ven » Parish (Cory Michael Smith) et Jeffrey « Jeff » Abredazi (Ramy Youssef) sont quatre géants de la tech américaine, qui se retrouvent dans le luxueux chalet de Souper pour y passer un moment entre amis. Mais autour d'eux, alors que le reste du monde sombre dans le chaos suite aux actions dérégulées de Ven, rien ne va plus : dans leur bulle, les quatre sociopathes décident de profiter de la situation pour acquérir plus de pouvoir, et "aider" l'humanité à se transcender...
Une satire du monde de la tech et de ses "génies" comme Zuckerberg, Musk ou Bezos, Mountainhead est le fruit du travail du scénariste de Succession, série très à la mode outre-Atlantique, qui nous livre ici un métrage qui tourne un peu à vide.
Certes, le quatuor de tête retranscrit bien à l'écran la personnalité quasi-autiste et arriviste de toutes ces tech-bros qui contrôlent des technologies ahurissantes sans le moindre égard pour l'être humain (sauf celui qui est passionné par le transhumanisme - il y en a toujours un), et qui passent leur temps collés sur leur téléphone, à se vanner ou à faire des deals bancals... ce sont des clowns déshumanisés et cyniques, ni plus ni moins, et sur ce plan, la satire fonctionne bien, à grands renforts de buzzwords, de jargon creux, de rires méprisants, de tirades délirantes et mégalomaniaques, etc.
Mais sur la longueur, le film commence à se répéter un peu, la formule se fait rapidement soulante, et la deuxième moitié du métrage ronronne, à mesure que trahisons et manipulations se produisent entre les quatre compères incapables, qui tentent de trouver un moyen de se débarrasser du moins décidé d'entre eux.
Ce n'est pas désagréable en soi, c'est juste trop long pour ce que ça raconte. Et quelque part, quand on voit comment le monde (enfin, surtout l'Amérique) part en vrille depuis quelques mois, revoir la même chose mais sous forme fictive n'a pas forcément un attrait exceptionnel.
3/6
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Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.
Doctor Who, saison 15 (2025) :
- 15x01 - The Robot Revolution :lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...
Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable.
- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...
Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.
Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.
- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.
Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.
Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.
- 15x04 - Lucky Day :sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.
Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.
C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.
- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...
Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.
Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....
- 15x06 - The Interstellar Song Contest :Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...
Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.
Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).
- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...
Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.
Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.
- 15x08 - The Reality War :Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...
Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.
Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.
- Bilan saisonnier -
Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.
Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.
Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.
C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.
Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.
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