Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Troisième fournée pour la série Apple menée par Maya Rudolph, après une première saison amusante, sans plus, et une saison 2 similaire, mais toujours inégale ; au programme, 10 épisodes de 25 minutes, chapeautés par Matt Hubbard, le créateur de la série, et par une équipe de scénaristes partiellement renouvelée...
Loot, saison 3 (2025) :
Alors que la relation de Molly et d'Arthur connaît des turbulences, la milliardaire découvre que son ex-mari va épouser Luciana (D'Arcy Carden), une arnaqueuse qui n'a d'autre intérêt que l'argent de John ; Nicholas continue de repousser ses rêves d'être un acteur à succès ; et Sofia doit gérer la présence de sa sœur Destiny, envahissante...
Une saison qui commence sur un ton très décomplexé et excentrique, à la limite de la parodie, puisque l'épisode d'ouverture (coécrit par Rudolph et une scénariste de SNL) envoie Molly sur une île peuplée de nudistes, réunis sous l'égide d'un Henry Winkler très entreprenant : de quoi s'amuser, même si dès l'épisode 2, on retombe dans quelque chose de plus normal et formaté.
Voyage en Angleterre pour recevoir une récompense, rencontre de Luciana, épisode centré sur la relation codépendante de Molly et Nicholas, la première moitié de la saison fonctionne assez bien, et laisse deviner un certain changement.
Et puis à mi-parcours, à partir de l'épisode du camping, ça se délite un peu. L'écriture se fait un peu plus caricaturale, Molly régresse subitement, elle part aussitôt pour la Corée pour récupérer Nicholas, elle se trouve un nouveau mec tout en muscles (ce qui donne lieu à plein de clichés sur la différence d'âge et de génération), Destiny se barre, et le tout se finit par une réconciliation express avec Luciana, et entre Molly et Arthur.
Je ne sais pas s'il faut voir là une conséquence du retour de Maya Rudolph à SNL, qui a entraîné une pause de la production de cette saison 3 de Loot, avec une reprise en main de l'écriture par les scénaristes établis de la série à partir de la deuxième moitié de la saison, mais le changement est perceptible.
Et le focus accru sur la romance Arthur/Molly, au détriment de la Fondation et des autres personnages (Sofia fait parfois presque de la figuration) n'est pas forcément un choix judicieux. Ça ne fait pas forcément de la saison 3 de Loot une mauvaise saison, mais elle est, in fine, toujours très inégale et relativement frustrante, manquant de direction autre que "plus de shipping"...
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10 épisodes de 20-30 minutes chapeautés par les frères Weitz (American Pie, Mozart in the Jungle, Pour un garçon, beaucoup de comédies et de comédies romantiques), et adaptant les nouvelles de Martha Wells, pour un résultat un peu passé sous le radar, mais qui a déjà été renouvelé pour une saison 2 par Apple...
Murderbot - Journal d'un AssaSynth, saison 1 (2025) :
Le quotidien de "Murderbot" (Alexander Skarsgard), un androïde de sécurité qui accompagne un groupe de chercheurs incapables, naïfs et très très peace & love (Noma Dumezweni, David Dastmalchian, Sabrina Wu, Akshay Khanna, Tamara Podemski, Tattiawna Jones) sur une planète aux nombreux dangers ; mais ce que les humains ignorent, c'est que Murderbot a réussi à se libérer du joug de la Corporation qui le contrôle, et que, désormais autonome, il méprise cordialement le genre humain, tout en passant le plus clair de son temps absorbé par le visionnage des épisodes de la série The Rise and Fall of Sanctuary Moon...
Une série plutôt légère au programme, donc, avec un Murderbot qui narre l'essentiel de ses états d'âme, de ses observations et de ses réactions en voix off, sur un ton sardonique, un peu comme un Dexter cybernétique, tandis qu'évoluent autour de lui des humains ultra-sensibles, issus d'une communauté hippie, et qui ne sont pas très doués.
La structure de la saison ne révolutionne rien : Murderbot méprise ses "clients", ils ont peur de lui, et progressivement, alors que l'androïde découvre le libre-arbitre et son humanité, les chercheurs s'attachent à lui et font tout pour le sauver quand vient le moment de le faire. À partir de là, tout repose sur les personnages, et les acteurs qui les interprètent.
Là, globalement, pas de souci, les trois points forts de la série sont clairement Skarsgard (impeccable), Dastmalchian (toujours très juste en chercheur méfiant au passé trouble, sorte de miroir humain du Murderbot), et Dumezweni (la leader du groupe, victime de troubles anxieux) : trois acteurs solides pour les personnages les mieux écrits du lots.
Le reste des scientifiques, malheureusement, est bien trop caricatural pour vraiment être aussi efficace qu'il l'aurait fallu : entre les problèmes du throuple, la survivante de l'attaque du ver, ou même le bref passage dans la série d'Anna Konkle dans le rôle d'une rescapée issue d'un autre groupe, tout est souvent trop appuyé, faisant vraiment de ces humains une bande de bras-cassés aux réactions improbablement bêtes (idem pour les antagonistes qui arrivent en fin de saison).
Ajoutez à cela The Rise and Fall of Sanctuary Moon, la série dans la série, une sorte de mauvais soap très Star Trekien clairement tourné dans un esprit parodique (avec Clark Gregg, Jack McBrayer, John Cho, etc... tous avec des looks improbables), et l'on se retrouve avec un Murderbot aux ruptures de ton assez brusques, avec d'un côté un show parodique et très caricatural, et de l'autre, des moments plus sérieux et dramatiques, qui cherchent à dire quelque chose sur la condition humaine, sur l'indépendance, sur le libre-arbitre, etc.
Le contraste est parfois sévère, et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'avec un format différent, ou un ton plus subtil (franchement, les problèmes du throuple lassent rapidement), la série aurait été plus efficace et intéressante.
En l'état, Murderbot est bien interprétée, bien produite, mais aussi relativement anecdotique et prévisible : un peu frustrant, donc, et avec une conclusion qui joue la carte émotion d'une manière qui fonctionne presque... mais qui s'avère un peu affaiblie par le renouvellement de la série pour une nouvelle année.
À regarder en connaissance de cause, en somme.
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Série rétrofuturiste en 10 épisodes d'une petite demi-heure, Hello Tomorrow! fait partie de ces comédies dramatiques ambitieuses de la plateforme Apple Tv : un programme qui mêle le format dramédie court du câble à un budget effets spéciaux conséquents, et à une distribution assez prestigieuse. Le résultat, malheureusement, n'est pas totalement à la hauteur des promesses...
Hello Tomorrow !, saison 1 (2023) :
Le parcours de Jack Billings (Billy Crudup), magouilleur à la tête d'une société de vente de propriétés sur la Lune, et de son équipe de démarcheurs à domicile : Eddie (Hank Azaria), endetté par des paris sportifs, amant de Shirley (Haneefah Wood), bras droit de Billings, Herb (Dewshane Williams), vendeur hésitant à la femme enceinte, et Joey (Nicholas Podany), le fils caché de Jack, qui ignore tout de ses origines et vient de rejoindre l'équipe pour tenter de payer les soins médicaux de sa mère dans le coma. Mais Myrtle (Alison Pill), cliente mécontente, et Lester (Matthew Maher), un agent gouvernemental très à cheval sur les règles, s'opposent à eux...
Un monde rétrofuturiste présentant des années 40-50 où l'homme est bien établi sur la Lune, où les robots sont nos hommes à tout faire, où les voitures flottent au dessus du sol, etc, c'est toujours une proposition sympathique. Donc sur le papier, Hello Tomorrow avait de quoi me plaire.
Malheureusement, on sent que ce cadre intéressant n'est guère plus qu'un prétexte : les scénaristes auraient aussi bien pu échanger la Lune pour une île tropicale lointaine, et le résultat aurait été exactement le même, le gimmick rétrofuturiste en moins. Parce que oui, finalement, la série est un portait de mythomanes et de menteurs qui cherchent le bonheur et la richesse, quitte à arnaquer plus pauvre et plus désespéré que soi : le rêve américain, en somme.
À partir de là, tout l'argument lunaire devient (délibérément) secondaire. Ce qui intéresse la production, c'est Jack Billings, ses mensonges, ses arnaques, ses relations avec ses subordonnés, sa mère, son fils, ses désillusions, etc. De quoi donner à Crudup de quoi faire, mais aussi de quoi créer une rupture de ton assez flagrante : d'un côté, les scènes de Crudup, souvent mélodramatiques et de l'autre, les scènes du reste de l'équipe, avec des personnages sous-développés, fréquemment limités à un ou deux traits de caractère, à l'interprétation un peu caricaturale, et saupoudrées d'un fond de satire assez superficielle...
Par exemple, Alison Pill est excellente en Myrtle, femme au foyer névrosée et malheureuse voyant dans une propriété lunaire un moyen de s'émanciper, d'échapper à son époux et à sa vie d'épouse parfaite, etc... mais ses scènes (et sa relation avec Lester le dyslexique) semblent fréquemment appartenir à une autre série, plus comique et décomplexée (idem pour Herb et sa femme).
C'est un peu ce qui finit par plomber la série : les ruptures de ton, le contraste entre une comédie pas très assurée et un mélodrame qui évoque parfois Don Draper et ses Mad Men, et un manque de maîtrise globale de l'écriture, avec des scènes un peu abruptes, des moments qui auraient pu être retravaillés, des facilités, des éléments jamais expliqués, etc, qui font que le programme finit un peu par tourner en rond.
Peut-être qu'avec une saison 2, la série aurait trouvé ses marques. En l'état, c'est visuellement convaincant, mais globalement plus frustrant qu'autre chose.
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Série comique Apple Tv écrite et produite par Evan Goldberg et Seth Rogen (ainsi que par des producteurs/scénaristes de Veep), en 10 épisodes de 25-40 minutes, The Studio se veut un hommage au monde du cinéma, et une satire du monde d'Hollywood et des grands studios, à grands renforts de caméos de célébrités (tous les amis de Rogen répondent présents, mais pas que) et d'humour grinçant. Une série qui frappe souvent juste, mais qui se perd parfois aussi un peu en route.
The Studio, saison 1 (2025) :
Lorsque Patty Leigh (Catherine O'Hara) est renvoyée par Griffin Mill (Bryan Cranston), le patron caractériel du studio de cinéma Continental, Matt Remick (Seth Rogen) se retrouve promu au poste de cette dernière, et en charge de toutes les productions à venir. Avec son équipe (Ike Barinholtz, Chase Sui Wonders, Kathryn Hahn), il tente alors de concilier ses ambitions artistiques... et les demandes de Mill, qui exige des films rentables, des blockbusters, et des placements produits.
En réalité, The Studio est un peu une série légèrement bipolaire.
D'un côté, une satire du monde du cinéma, avec de nombreux visages familiers dans leur propre rôle (Paul Dano, Martin Scorsese, Zoe Kravitz, Dave Franco, Anthony Mackie, Ron Howard, Charlize Theron, Steve Buscemi, Sarah Polley, Olivia Wilde, Zac Efron, Johnny Knoxville, Josh Hutcherson, Adam Scott, et beaucoup d'autres, sans compter les guests dans des rôles fictifs), et un regard mordant sur les coulisses des grands studios : Matt qui tente de fusionner un drame de Scorsese avec un film sponsorisé par Kool-Aid, Matt et son équipe qui tentent de faire comprendre à Ron Howard que les 45 dernières minutes du film sont nullissimes, un vol de pellicule qui a lieu sur le tournage d'Olivia Wilde (un épisode qui tourne un peu à vide sur la durée), les rivalités entre les sbires de Matt qui sont prêts à tout pour que leur projet fétiche voie le jour au détriment de celui de l'autre, le peu de considération d'autres corps de métiers pour ceux du cinéma, les cérémonies de récompenses où tout le monde veut être remercié, la nécessité de se plier aux normes de diversité et de bien-pensance n vigueur à un moment t, etc...
Autant d'éléments amusants, plus ou moins efficaces, mais globalement divertissants, et portés par un véritable amour du Septième Art de la part de Goldberg et Rogen, qui s'exprime à chaque instant, et notamment formellement, avec beaucoup de plans-séquences et une caméra portée qui virevolte entre les acteurs.
Et puis il y a aussi quelques épisodes hystériques. Des épisodes qui gueulent beaucoup, assez artificiellement, où le personnage de Rogen devient subitement un incompétent gaffeur qui provoque catastrophe sur catastrophe (durant le tournage du dernier film de Sarah Polley), ou bien qui reposent sur l'utilisation de drogues en tous genres (le grand final, un festival de surjeu et de précipitation artificielle).
Autant j'ai plutôt apprécié la première facette de la série, autant la deuxième m'a rapidement fatigué, et je ressors de cette première saison un peu mitigé : le programme est amusant, assez sympathique (pour peu qu'on ne soit pas allergique à Seth Rogen), on a parfois l'impression de voir Michael Scott à la tête d'un grand studio hollywoodien, et les innombrables caméos apportent une plus-value certaine au projet, mais par moments, ça s'éparpille un peu et ça monte en régime de manière relativement forcée, ce qui convainc moins et donne envie de faire avance rapide.
Pour une saison 1, cela dit, c'est honorable, si tant est que le programme soit renouvelé par Apple (EDIT : ah, si, c'est visiblement le cas).
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Fountain of Youth (2025) :
Traqué par Esme (Eiza González) et ses hommes, qui tentent de l'empêcher de dérober des tableaux rarissimes, Luke Purdue (John Krasinski) revient soudain dans la vie de sa sœur Charlotte (Natalie Portman), et l'entraîne vite dans la tourmente d'une chasse au trésor improbable : engagés par le milliardaire Owen Carver (Domhnall Gleeson), Luke et son équipe sont à la recherche de la Fontaine de jouvence...
Un film Apple Tv réalisé par Guy Ritchie et écrit par James Vanderbilt (Zodiac, les deux Spider-man avec Andrew Garfield, la suite d'Independance Day et les deux derniers Scream), héritier de la famille Vanderbilt qui a réussi à placer l'histoire de sa famille et du Lusitania dans ce métrage...
... un métrage qui ressemble un peu à ce que l'on obtiendrait si un enfant pas très doué découvrait Benjamin Gates et Indiana Jones à l'âge de 10 ans et qu'une fois adulte, il décidait soudain d'écrire un film similaire, en se basant uniquement sur ses souvenirs de l'époque et sur quelques parties d'Uncharted.
C'est mou, c'est dérivatif, c'est assez mal écrit (les dialogues sont clichés), bref, c'est générique et anonyme au possible, et tout cela se retrouve directement à tous les niveaux de la production.
Le casting ? Les seconds rôles sont inexistants, Natalie Portman est en pilotage automatique, etJohn Krasinski tente de jouer les aventuriers nonchalants et charmeurs, sans avoir forcément le naturel ou le charisme pour y parvenir. La réalisation ? Pas le moindre style, pas de rythme, pas d'énergie... Guy Ritchie était lui aussi en pilotage automatique (en même temps, il est arrivé en tant qe réalisateur remplaçant, donc il ne devait pas être très impliqué). L'écriture ? Comme mentionné plus haut, il n'y a pas une idée originale là-dedans, c'est du grand n'importe quoi du début à la fin, les personnages sont tous sous-développés, les rebondissements sont télégraphiés. La musique ? Inexistante.
Bref, en théorie, ça aurait dû correspondre à tout ce que j'aime dans le genre, mais c'est en réalité un film d'aventures où les aventures sont insipides, les personnages n'ont pas d'alchimie, les idées sont faisandées, et la mise en images est fainéante.
C'est un peu à l'image du titre du film, en fait : générique au possible. Et assez énervant.
1.75/6
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The Instigators (2024) :
Lorsque deux petites frappes pas très douées de Boston, Rory (Matt Damon), dépressif, et Cobby (Casey Affleck), alcoolique, se trouvent embarquées dans un braquage mal préparé et dérobent un bracelet appartenant à l'ancien Maire véreux de la ville (Ron Perlman), ils sont contraints de prendre la fuite, embarquant avec eux le Dr Rivera (Hong Chau), la psychothérapeute de Rory...
Une comédie criminelle signée Doug Liman, produite par Ben Affleck et Matt Damon, et tournée (probablement avec un budget assez limité) pour Apple Tv... pour un résultat assez typique des productions de plateformes de streaming : c'est regardable, mais c'est assez quelconque et oubliable, jamais particulièrement drôle, pêchu ou tendu, en tout cas pas suffisamment pour convaincre plus que ça.
L'écriture est un peu inégale (la psychothérapeute qui ne cesse jamais d'analyser son client, même en plein milieu d'une course poursuite, c'est parfois assez forcé), une grosse partie du budget semble avoir été consacrée aux cascades automobiles, et la distribution assez prestigieuse (Alfred Molina, Toby Jones, Ving Rhames, Michae Stuhlbarg...) semble fréquemment sous-exploitée, mais dans l'ensemble, ce n'est pas non plus un désastre.
C'est simplement totalement anecdotique.
3/6
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Probablement parce que les épisodes unitaires intégrés dans chaque saison de Mythic Quest sont justement les épisodes préférés des critiques et des fans, Apple et la production ont décidé de produire ce spin-off de la série principale, une mini-anthologie en 4 épisodes d'une petite demi-heure, intégralement composée de ces "épisodes unitaires" plus sérieux et sincères. Un choix audacieux, surtout après une saison 4 de la série mère un peu cahotante...
Mythic Quest - Side Quest, saison 1 (2025) :
Aux commandes, Ashly Burch, John Howell Harris et la sœur de Rob McElhenney (qui est, il est bon de le noter, scénariste de deux des épisodes unitaires les plus marquants de la série mère), pour un résultat qui a suscité l'enthousiasme des fans et des critiques... mais qui m'a laissé étrangement mitigé, peut-être plus encore que dans le cas de la dernière saison de Mythic Quest.
- 1x01 - Song and Dance :Phil (Derek Waters), directeur artistique de MQ au bord du burnout, part une semaine en vacances à Hawaï avec sa compagne (Anna Konkle), mais ne peut s'empêcher de répondre aux appels constants de Ian Grimm.
Un démarrage pépère, avec un épisode se concentrant sur l'équilibre vie privée/vie professionnelle, sur le refus de s'engager, sur la peur de l'échec, le burnout, tout ça. Pas désagréable en soi, mais pas aussi drôle que les scénaristes ne pensent l'être, Ian semble avoir régressé dans sa caractérisation (surtout lorsque vu en parallèle de la saison 4), et si le couple fonctionne bien, au final, c'est gentillet, sans plus.
- 1x02 - Pull List :Une journée dans une boutique de comics afro-américaine, alors que la patronne et les habitués (Shalita Grant, Rome Flynn, William Stanford Davis, Bria Samoné Henderson, Ramon Reed, Leonard Robinson, Gary Kraus) attendent tous le dernier numéro du comic-book Mythic Quest et refusent de se faire spoiler.
Les trois showrunners passent la main à deux scénaristes afroaméricains pour un épisode particulièrement bien reçu par les fans et la critique... mais que j'ai trouvé particulièrement épuisant.
Pas tant parce que je n'appartient clairement pas à la tranche démographique visée, mais surtout parce que le tout est bourré de clichés (ça s'ouvre sur un débat Goku vs Superman, il y a un pervers amateur de hentai - le seul blanc du lot ^^), très convenu dans sa structure (c'est le format habituel du genre : on découvre un groupe, son quotidien, ses personnalités, ça monte en puissance, ça s'engueule, ça explose, tout le monde se dit ses quatre vérités, et on finit sur une note plus positive où tout le monde se ressoude), les personnages sont bruyants et caricaturaux (mention spéciale à la meilleure copine rondouillarde et gatekeepeuse qui passe tout l'épisode à insulter les autres, à draguer lourdement le beau gosse, et tout ça "parce qu'elle n'a rien d'autre dans sa vie"), bref, ça m'a gonflé plus qu'autre chose, comme du sous-Kevin Smith à la sauce afro-américaine.
- 1x03 - Fugue :Une violoncelliste (Annamarie Kasper)rêvant de jouer les thèmes de MQ sur scène intègre l'orchestre de ses rêves, mais découvre rapidement que la vie en tournée et les exigences du métier tuent progressivement sa passion pour la musique.
Un autre épisode qui touche au problème du perfectionnisme, du burnout, et de faire de sa passion son métier.
Un résultat assez premier degré et mélodramatique pour un dilemne plutôt classique, qui aurait pu être transposé dans n'importe quel milieu, avec une actrice principale musicienne compétente mais que j'ai trouvée un peu en surjeu (elle est un peu trop dans les sourires béats lors de la première partie, et un peu trop dans la tourmente lors de sa crise de nerfs et de ce qui suit) et une réalisation qui fait quelques efforts pour exprimer visuellement la passion de la musique de la protagoniste (le moment où elle entend de nouveau "la musique de la vie" fonctionne, l'étincelle façon Tinkerbell qui rythme ses concerts ou encore la feuille qui se pose sont plus classiques).
Dans l'ensemble, ça se regarde, sans être particulièrement innovant ou original, et c'est un peu longuet et prévisible pour ce que ça raconte.
- 1x04 - The Last Raid : Un groupe de joueurs adolescents de MQ (Van Crosby, Melanie Brook, Alice Wen, David Andrew Calvillo, Justin Jarzombek, Dash McCloud)se lance dans un raid difficile, mais rapidement, il apparaît que presque personne n'a envie d'être là, et que la fin de cette guilde approche à grand pas...
Probablement le seul qui m'ait réellement plu dans cette fournée de quatre épisodes, et ce malgré des premiers moments difficiles qui m'ont fait craindre le pire (avec des dialogues et un doublage un peu forcés et artificiels).
Et puis une fois que tout ce petit monde est posé et que l'on rentre dans le côté vie privée et relations des joueurs, ça fonctionne plutôt bien, et quand bien même l'animation et les visuels ressemblent plus à un MMORPG d'il y a 15-20 ans, le tout reste efficace et sympathique.
On retrouve cela dit la même structure que dans l'épisode Pull List, mais la touche douce-amère est moins forcée que le happy end de l'épisode 02, et l'épisode plus agréable.
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Voilà, on y est, quatre épisodes, un seul m'a vraiment convaincu, un autre m'a paru insupportable, et comme la saison est très courte, ça donne un tout assez déséquilibré.
Un tout qui ressemble étrangement à un recyclage d'épisodes unitaires de la série-mère, qui auraient été refusés au moment de l'écriture de Mythic Quest car pas assez liés au reste du programme. Mais paradoxalement, malgré leurs défauts, tous ces épisodes se seraient probablement mieux intégrés dans la saison 4 que l'épisode spécial que l'on a eu, sur Pootie Shoe.
Reste qu'en soi, cette première (et unique) saison inégale de Side Quest ne m'a pas particulièrement séduit, tant dans ses thèmes assez classiques que dans ses choix : ce n'est pas désastreux, mais c'est assez oubliable.
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Quatrième saison de cette série Apple qui, après une saison 3 en demi-teinte, revient pour dix épisodes de 25 minutes, avec pour objectif de bouleverser le status quo du programme...
Mythic Quest, saison 4 (2025) :
Alors que David cherche une source de financement étrangère pour le studio, le duo Poppy/Ian est bouleversé par l'arrivée, dans la vie de Poppy, d'une romance inattendue : la voilà désormais partagée entre son métier et son couple avec Storm, un artiste ; Dana, elle, entre en conflit avec David, qui refuse de la rémunérer justement pour ses contributions à Playpen...
Aïe. Je ne m'y attendais pas, mais Mythic Quest a percuté de plein fouet un mur, en saison 4, celui de la flanderisation.
Mais commençons par ce qui fâche : on en a l'habitude, chaque saison de MQ peut être décrite comme un ensemble d'épisodes sympas-sans-plus, au sein desquels brille particulièrement un épisode indépendant, souvent plus sérieux, sincère et touchant. En saison 1, c'était l'épisode mettant en scène Cristin Milioti et Jake Johnson ; en saison 2, l'épisode sur CW Longbottom et sur sa rivalité créative de longue date avec un collègue ; en saison 3, l'épisode sur les jeunes années de Poppy et Ian...
En saison 4, malheureusement, cet "épisode spécial" n'est pas à la hauteur : un épisode entièrement consacré à Pootie Shoe l'influenceur, écrit par l'acteur interprétant Pootie Shoe, avec Charlie Day dans le rôle de son agent. Pas particulièrement drôle, manquant nettement du sérieux et de l'émotion des autres épisodes spéciaux, cet épisode se regarde passivement, sans jamais marquer.
Et, privée de son habituel épisode excellent, la saison se retrouve à végéter à un niveau très moyen, alourdie par une écriture qui, désormais, est tiraillée entre shipping, copinage et flanderisation.
On le sait, la bande de McElhenney est assez soudée, et il considère son cast comme une famille. Ce qui se traduit par des épisodes écrits et/ou réalisés par divers membres du cast, notamment David Hornsby et Ashly Burch.
Une Ashly Burch qui, au fil des saisons, a pris de plus en plus de place devant et derrière la caméra, son personnage Rachel ayant été catapulté en quatre ans de simple testeuse de jeux vidéo au poste de directrice de la monétisation de ce studio de plusieurs millions de dollars. Avec elle, sa petite amie Dana, passée de testeuse à game designer, et devenant cette saison une superstar du studio dont les créations (un mini-jeu intégré à Playpen, le Roblox de MQ) font la fortune de MQ.
Seul problème : de plus en plus, les traits paraissent forcés, que ce soit au travers de l'écriture ou de l'interprétation. Rachel (déjà assez surjouée à la base), conspirationiste, touche le fond lors d'une audience au Congrès, où elle perd soudainement 100 points de QI ; Dana devient une diva sociopathe et égocentrique qui se prend pour la meilleure programmeuse de l'univers et n'admet pas que l'on soit meilleure qu'elle (d'aucuns la décrivent comme une Ian 2.0, mais on a déjà vécu ça en saison 2 avec Poppy) ; David se transforme en petit patron autoritaire et méchant ; Carole des RH picole et couche avec tout ce qui bouge...
Jo et Brad restent peu ou prou égaux à eux-mêmes, heureusement, ou presque, puisque Brad est embarqué dans une sous-intrigue d'espionnage industriel avec une ex polonaise, sous-intrigue qui tombe un peu à plat in fine.
À peu près idem pour Ian et Poppy, isolés de leur côté, qui se retrouvent, par contre, dans une intrigue bourrée de shipping, tour à tour sentimental et professionnel : Poppy tombe amoureuse, attend un enfant (l'actrice était enceinte, avec une ellipse temporelle maladroite de 5 mois entre deux épisodes), et prévoit de quitter le studio en fin de saison pour rejoindre son compagnon - ce qui bouleverse bien évidemment sa relation avec Ian, qui travaille avec elle sur la prochaine extension de MQ.
Une intrigue qui se conclue dans un ultime épisode très mélodramatique, où ils s'avouent leur quatre vérités et tombent dans les bras l'un de l'autre pour un baiser passionné - un choix scénaristique polarisant pour le public de la série (très intense) n'envisageant rien d'autre qu'une relation platonique pour ces personnages, et qui concluait la saison sur un cliffhanger.
Sauf que... non, en fait. Entre le moment où j'ai rédigé ces lignes pour la première fois et la date de publication de cette critique, Mythic Quest et son spin-off ont été annulés par Apple. Pas forcément une décision surprenante, sauf que pour compliquer les choses, l'équipe de MQ a eu l'opportunité de revenir sur cet épisode final pour en modifier la fin et éliminer le cliffhanger.
Poppy et Ian se disent désormais leurs quatre vérités mais ne tombent plus dans les bras l'un de l'autre, et la saison (ainsi que la série) se termine en status quo tout sauf probant : une décision créative étrange, un pétard mouillé inexplicable après la montée en puissance du reste de la saison, qui ne fait sens que si la production a un téléfilm de conclusion dans ses cartons, ou si elle a voulu apaiser les fans après leurs protestations en ligne.
Quoiqu'il en soit, ce n'est pas ultra-drôle, tout ça, ce qui se combine à la main très lourde des scénaristes et à la flanderisation des autres personnages, pour donner naissance à une saison très inégale en intérêt comme en rires.
Il y a bien quelques moments ou épisodes sympathiques (le murder mystery à la Agatha Christie - enfin, une partie de Loup-Garou en cosplay d'Hercule Poirot), et le programme continue d'aborder des thèmes pertinents (l'utilisation de l'IA, les investissements saoudiens, l'exploitation du contenu généré par les utilisateurs...) mais ça s'arrête trop souvent là, et l'absence d'un épisode particulièrement fort se fait vraiment ressentir.
Apple et la production, eux, ont brièvement semblé penser que la solution, c'était le lancement d'un spin-off anthologique, Side Quest, uniquement composé d'épisodes "sérieux" centrés sur de nouveaux personnages... Mouais.
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Pendant une semaine, pour fêter Walpurgis, la nuit des Sorcières, ce 30 avril, célébrons Halloween au printemps, avec une poignée de séries fantastiques et de films d'horreur...
The Gorge (2025) :
Mercenaire et tireur d'élite, Levi (Miles Teller) accepte une mission top secret au milieu de nulle part : pendant un an, il doit monter la garde dans une tour montée sur le flanc ouest d'un gouffre embrumé, gouffre où vivent des créatures mystérieuses tentant régulièrement de s'échapper. Sur le versant opposé, Drasa (Anya Taylor-Joy) monte la garde dans une tour similaire, pour le compte de la Russie ; mais alors que les deux militaires ne sont pas supposés communiquer, voilà qu'ils nouent une relation impossible, et que l'enfer se déchaîne lorsqu'ils finissent dans la gorge rocheuse...
Plus de deux heures au compteur pour ce métrage Apple Tv, écrit par le scénariste de Fast X et de The Tomorrow War, et réalisé par Scott Derrickson (Doctor Strange, Black Phone, Sinister, etc)... deux heures que l'on sent largement passer, la faute à un script maladroit, déséquilibré et globalement assez dérivatif, qui évoque constamment d'autres œuvres et ne convainc jamais vraiment.
À commencer par l'écriture : la caractérisation des personnages, aux traumatismes surlignés et forcés, la romance, pas particulièrement probante (il faut dire que j'ai toujours eu un peu de mal avec Anya Taylor-Joy), les réactions peu crédibles de tout le monde (bizarrement, ATJ semble être télépathe, puisqu'à chaque fois que Teller l'observe aux jumelles depuis l'autre côté du gouffre, elle semble le sentir et se retourner dans sa direction), et les explications à la fois balourdes (via vieux film d'époque retrouvé par hasard) et décevantes (une expérience scientifique qui a mal tourné) du pourquoi et du comment du gouffre.
Et puis on n'y croit que très moyennement, entre les deux tours qui fleurent bon le studio et les écrans verts, le fond du gouffre que l'on croirait sorti d'Annihilation (en plus générique), les créatures numériques pas top, le sous-éclairage de tout le film, les péripéties toutes télégraphiées et/ou physiquement improbables (les personnages sont clairement allés à l'école de cascades Vin Diesel), et j'en passe.
Bref, le postulat de départ était sympathique, le côté romance fonctionne un temps, mais le tout est trop faiblard pour tenir la distance, et une fois la première heure passée, ça s'essouffle rapidement (mention spéciale au grand final avec les maychants mercenaires de "Darklake").
2.5/6
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To the Moon (Fly Me to the Moon - 2024) :
En 1968, Kelly Jones (Scarlett Johansson), publicitaire new-yorkaise, est recrutée par Moe (Woody Harrelson), un agent gouvernemental, pour aider la NASA à redorer son image de marque, en utilisant tous les trucs et astuces des professionnels de Madison Avenue. Mais en parallèle, alors que Kelly apprend à connaître Cole (Channing Tatum), le directeur du prochain vol Apollo 11, elle reçoit aussi pour tâche de mettre en scène un faux alunissage dans un hangar de la NASA, au cas où le véritable alunissage se déroulerait mal...
Un film Apple Tv réalisé par Greg Berlanti, écrit par un trio de scénaristes inexpérimentés, et qui, bizarrement, est la définition même de "la mayonnaise ne prend pas". Les acteurs sont sympathiques (même si Channing Tatum semble un peu anachronique dans cet environnement Sixties), la reconstitution est compétente, c'est plein de bonne volonté, mais le mélange des genres et des tons fait que le tout ne se cristallise jamais en quelque chose d'homogène et d'efficace.
Fly Me to the Moon se veut en effet à la fois comédie satirico-conspirationniste, comédie romantique, éloge nostalgique de la conquète spatiale, critique du monde de la publicité, reconstitution historique, mélodrame, farce improbable... le tout en près de 2h15, et sur la base d'un script un peu décousu, jamais totalement maîtrisé et rythmé par Berlanti (issu du monde de la télévision).
On se retrouve donc avec un long-métrage qui saute thématiquement du coq à l'âne, et n'a jamais vraiment la légèreté, le pétillant et le fun qu'exigerait une comédie romantique se déroulant dans les années 60. C'est dommage, parce que çà et là, pourtant, le film trouve des moments ludiques, qui fonctionnent bien, et laissent deviner le film que scénaristes et réalisateur avaient en tête.
Mais dans l'ensemble, mwebof. Ce n'est pas désastreux, mais c'est très peu plausible, un peu trop éparpillé, et l'alchimie entre Tatum et Johansson ne casse pas des briques, ce dernier étant un peu trop en mode "je suis sérieux et hanté par le drame d'Apollo 1" pour se mettre sur la bonne longueur d'ondes.
3/6
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