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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

Critique éclair #158 - Maelstrom : The Odyssey of Waterworld (2018)

Publié le 13 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Histoire, Documentaire, Drame, Critiques éclair, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Maelstrom - The Odyssey of Waterworld (2018) :

Un documentaire (sorti en tant que bonus pour le dvd du film aux USA) de 90+ minutes qui retrace, au travers d'images d'archive, de production et d'interviews actuelles et passées, la genèse difficile de ce blockbuster à l'ancienne, au budget faramineux pour l'époque, et aux ambitions démesurées.

Et c'est très intéressant, tout ça, puisque tout le monde est interviewé... ou presque. Pas de trace des acteurs ou de Kevin Costner (hormis via des interviews de l'époque), ce qui n'est guère surprenant : inondé de mauvaise presse (le film était devenu le bouc émissaire de l'industrie et des journalistes, qui propageaient bon nombre de rumeurs non fondées), le métrage, initialement plus sombre et d'une durée de 3 heures, est passé sous les ciseaux des monteurs lorsque Kevin Costner a repris les rênes du projet, une fois Kevin Reynolds (le réalisateur) évacué.

On a donc ici le point de vue de l'équipe originale (y compris du compositeur original, Marc Isham, remplacé lui aussi par James Newton-Howard, pour un score très swashbuckling), mais pas celui de Costner, probablement rebuté par l'expérience et par le flop médiatique du film.

Incomplet, donc, mais intéressant néanmoins, notamment parce que ça rappelle la quantité astronomique d'efforts et de travail nécessaires pour donner vie à un tel projet avant l'essor du numérique.

4/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

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Critique éclair #157 - Predator : Killer of Killers (2025)

Publié le 11 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, Histoire, Science Fiction, Thriller, USA, Review, Hulu, Disney

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Predator : Killer of Killers (2025) :

En 841, en Scandinavie, un Predator affonte la guerrière Ursa ; en 1609, au Japon, le combat fratricide de Kenji et Kiyoshi est interrompu par un Predator ; en 1942, Torres, un mécanicien/pilote, assiste à l'attaque d'un vaisseau Predator durant la Bataille de l'Atlantique. Trois destins qui vont finir par converger à l'autre bout de la galaxie...

Une mini-anthologie animée chapeautée par Dan Trachtenberg (réalisateur de Prey et désormais en charge de la franchise Predator), et qui prend la forme de trois segments consacrés chacun à une époque/un humain, avant de les confronter dans une arène sur la planète des Predators, à l'occasion d'un grand final.

Pas désagréable, malgré un style d'animation délibérément saccadé (à la Chat Potté 2/Spider-verse) qui demande un certain temps d'adaptation et ne sera pas du goût de tout le monde : c'est de l'action non-stop, ça bourrine, l'écriture se fait un peu plus faiblarde et clichée durant le troisième segment, mais ça se regarde tranquillement, et ça respecte le mythe, en proposant des Yautjas aux apparences distinctes et mémorables, et en liant le tout aux autres épisodes de la franchise.

Sympa, sans plus.

3.75/6

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Critique éclair #156 - Nightbitch (2024)

Publié le 9 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, USA, Review, Drame

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Nightbitch (2024) : 

En plein post-partum et hypocondriaque, une mère de famille (Amy Adams) commence lentement à ne plus supporter sa vie de femme mariée, au mari trop absent, devant élever seule un bambin débordant d'énergie. Elle remarque alors que son comportement se fait de plus en plus animal, et que divers signes physiques étranges se manifestent chez elle : pilosité, apparitions de mammelles, etc. Et à mesure que le canin prend le pas sur l'humain, elle redécouvre le sens de la vie...

Mouais. Une comédie noire féministe qui parle de la dépression, des problèmes de couple, de la maternité, du besoin de s'échapper, tout ça, sous le couvert d'une grosse métaphore à base de pseudo-lycanthropie.

Et honnêtement, ça se limite à ça : Adams, délibérément jamais mise en valeur, est excellente comme toujours, sa relation avec son fils est attachante et naturelle, mais très rapidement, les tenants et les aboutissants de la métaphore apparaissent évidents, le côté lycanthropie devient un prétexte rapidement écarté et aseptisé, et le film commence à ronronner, avec son propos simpliste et cousu de fil blanc, martelé encore et encore, ses personnages secondaires sous-développés et caricaturaux, etc.

Décevant, je dois dire, jamais suffisamment mordant (sans mauvais jeu de mots) pour marquer, et jamais suffisamment original ou pointu dans son propos pour se démarquer.

2.5/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Primal, saison 2 (2022)

Publié le 8 Juin 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, USA, Review, Romance, Fantastique, Histoire, Primal, Critiques éclair

En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.

Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...

Primal, saison 2 (2022) :

Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.

Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.

On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.

La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.

Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.

À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.

La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.

Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.

Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.

Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.

Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner. 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Daredevil, Born Again, saison 1 (2025)

Publié le 6 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Drame, Thriller, USA, Review, Disney, MCU, Fantastique, Marvel, Télévision, Les bilans de Lurdo, Policier, Religion

Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.

Et pourtant...

Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :

Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...

Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).

Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.

Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.

L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.

Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.

Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.

Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.

On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.

Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.

Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.

De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).

Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).

Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.

On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - St. Denis Medical, saison 1 (2024)

Publié le 5 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, NBC, Critiques éclair, Review, USA, Romance

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine NBC, la chaîne des workplace comedies (The Office, Superstore, Parks & Rec), etc, et Justin Spitzer, scénariste sur Scrubs, The Office et créateur de Superstore ? 18 épisodes de St. Denis Medical, une workplace comedy dans le milieu hospitalier, et qui utilise toutes les formules et les archétypes du genre...

St. Denis Medical, saison 1 (2024) :

À son arrivée à St. Denis Medical, centre hopitalier dans l'Oregon, Matt (Mekki Leeper), jeune infirmier maladroit originaire d'une communauté religieuse repliée sur elle-même, découvre tous ses nouveaux collègues : Ron (David Alan Grier), vétéran urgentiste ronchon, Bruce (Josh Lawson), chirurgien à l'égo surdimensionné, Alex (Allison Tolman), infirmière en chef consumée par son travail, Joyce (Wendi McLendon-Covey), directrice excentrique de l'hôpital, et la jolie Val (Kaliko Kauahi), infirmière administratrive à laquelle il n'est pas insensible...

La première chose qui saute aux yeux, lorsque l'on visionne cette saison 1 de SDM, c'est à quel point la formule habituelle de la workplace comedy NBC est ici appliquée : un format mockumentaire, une patronne à la Michael Scott, un vieux ronchon, un chirurgien arrogant et prétentieux, des patients excentriques, un jeune n00b qui découvre tout ça et qui s'éprend en secret d'une infirmière, une infirmière en chef surbookée et "normale"... on est en terrain très familier, et l'on comprend aussitôt pourquoi bon nombre de critiques US ont qualifié la série, à sa sortie, de "The Office dans un hôpital".

La comparaison aurait fonctionné aussi avec Superstore, dont on retrouve plusieurs acteurs au fil de la saison, et un peu avec Scrubs... mais la différence entre SDM et un show comme Scrubs (ou Green Wing, pour parler de sitcom médicale à l'anglaise), c'est que SDM est plus sage, et se coule vraiment dans le moule formaté des comédies de bureau américaines.

C'est un peu le problème du show, d'ailleurs : la série se repose beaucoup sur les excentricités de Joyce (parfois épuisantes), sur le will they/won't they de Matt et Val (très classique), sur les ronchonnements de Ron, et sur Alex, constamment débordée et négligeant sa vie de famille. Ce qui est une formule éprouvée (peut-être même trop), avec des acteurs solides qui portent le show sur leurs épaules et tiennent bien leur rôle... mais ça s'arrête là.

La série conserve un bon fond, refuse de vraiment se moquer du monde médical, et ça se regarde très facilement : on peut donc dire qu'en tant que première saison d'une sitcom de bureau, SDM fonctionne, mais ne fait pas d'étincelles.

C'est solide, c'est très classique (pour ne pas dire dérivatif) et c'est vaguement amusant : espérons que le programme trouvera une voix plus affirmée en saison 2, comme beaucoup de sitcoms de ce type, et saura se détacher un peu plus de ses influences.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dexter : les origines (2024)

Publié le 4 Juin 2025 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Review, USA, Thriller, Policier, Critiques éclair, Showtime, Drame, Dexter, Paramount

Depuis sa création en 2006 sur Showtime, Dexter a atteint une dimension de série culte... mais est aussi devenue un programme très inégal, au gré des showrunners, des saisons, des antagonistes, etc.

J'ai passé en revue quelques-unes de ces saisons dans ces pages, et si le degré d'appréciation de chaque saison reste très subjectif (par exemple, je ne suis pas super fan de la saison 2, pourtant très appréciée, mais c'est simplement parce que je n'apprécie guère l'actrice Jaime Murray), tout le monde s'entend plus ou moins pour dire que la série, passée sa quatrième saison, n'a fait que décliner.

Jusqu'au relaunch de 2021, avec Clyde Phillips (showrunner de la première heure) aux commandes, qui se voulait une sorte de rédemption de la série, visant à corriger la fin de la saison 8, unanimement détestée... mais qui finissait par frustrer, la faute à une écriture médiocre bourrée de facilités.

Dexter : les origines (Dexter : Original Sin - 2024) :

Gisant dans une ambulance, agonisant, Dexter (Michael C. Hall) voit sa vie défiler devant ses yeux. Il revit ainsi ses jeunes années, en 1991, lorsque, sous la supervisition de Harry (Christian Slater), et à peine âgé d'une vingtaine d'années, Dexter (Patrick Gibson) faisait ses premiers pas au sein de la police de Miami, et ses premiers pas en tant que tueur en série. Ce, alors même qu'un mystérieux meurtrier s'en prend aux enfants de certains officiels de la ville, et qu'un tueur en série frappe les démunis...

Revoici donc Dexter en 10 épisodes de 45-60 minutes pour Paramount+, sous la forme d'une préquelle revenant dans le Miami au début des années 90, et narrant les premiers émois meurtriers du tueur en série... Alors soyons tout de suite très clairs : le gimmick du "Dexter revisite ses souvenirs avant de mourir" n'est qu'un artificie narratif bien pataud et artificiel, puisque non seulement la série nous montre de nombreuses choses dont Dexter ne peut avoir eu connaissance, mais en plus, le programme va être suivi de Dexter Resurrection, au nom assez clair.

Après, ce retour en arrière dans le temps est surtout un gros prétexte pour délaisser le cadre enneigé de la dernière saison de Dexter, et revenir à quelque chose de plus chaud, d'ensoleillé, et aussi de plus racoleur (toutes les "adolescentes" de la série, de Deb à sa copine Sofia en passant par toutes leurs comparses, sont constamment en petites tenues moulantes et ultra-légères, bien cadrées, au point que ça en devient fréquemment forcé), avec en prime une illustration musicale très juke-box.

Et qui dit préquelle dit versions plus jeunes des personnages familiers : ça passe pour Harry, Laguerta (Christina Milian), Masuka (Alex Shimizu) et Batista (James Martinez), c'est très réussi pour Dexter (Patrick Gibson fait un excellent travail de mimétisme et tient particulièrement bien les tics de diction de Michael C. Hall), mais ça coince un peu plus pour Debra (Molly Brown), dont la nouvelle actrice, si elle fait de son mieux pour singer l'interprétation et la diction de Jennifer Carpenter, n'en a ni le physique ni la caractérisation (elle passe toute la saison embarquée dans des frasques de lycéenne girly rose bonbon, à se droguer, à coucher, à se rebeller contre son père, à engueuler son frère, etc).

Encore une fois, ce n'est pas la faute de l'actrice, mais des scénaristes, qui peinent à la rendre vraiment intéressante ou à rendre naturels tous ses fucks et ses insultes, ainsi que son soudain intérêt pour le travail de la police, en fin de saison ; idem pour Harry, qui passe toute la saison à s'inquiéter des tendances de Dexter (ce qui est normal), à enquêter sur le tueur s'en prenant aux démunis (en fait, c'est Brian, le frère de Dexter, qui se venge de ceux qui lui ont fait du mal : un toutéliage forcé, à nouveau, et pas forcément très utile) et à avoir des flashbacks relatant sa relation avec la mère de Dexter (le péché originel d'Harry), et tout ce qui en a découlé, y compris le toutéliage avec Brian. Des flashbacks redondants, pas très utiles, qui se contentent de répéter ce qu'on savait déjà et qui semblent uniquement là pour donner des choses à faire à Christan Slater.

Ce qui pèse tout de même assez lourdement sur l'ensemble de la saison, une saison qui se regarde, mais qui n'est pas forcément très palpitante : Dexter rencontre ses futurs collègues, Dexter tue des méchants, Dexter commet des erreurs sans conséquences car résolues par des grosses ficelles narratives très faciles, et le méchant principal est rapidement évident, dès ses premières apparitions (encore une fois, le fait d'avoir un tueur masqué et de cacher délibérément son identité trahit paradoxalement immédiatement cette dernière, surtout quand il n'y a que deux nouveaux acteurs au casting, Patrick Dempsey et Sarah Michelle Gellar).

Cela dit, cette préquelle de Dexter a pour elle de restaurer un peu de l'atmosphère de la série originale, ce qui est toujours très agréable. Après, même si le tout est nettement plus agréable à suivre et nettement moins cosplay que ce que je redoutais, je ne suis pas certain que le tout soit réellement indispensable, si ce n'est pour faire de Dexter une franchise avec plusieurs séries en parallèle...

M'enfin ça se regarde.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Shifting Gears, saison 1 (2025)

Publié le 3 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, ABC, Hulu, Review, USA, Sitcom

Après C'est moi le chef ! et Super Noël : la série, Tim Allen revient sur le petit écran pour ce Shifting Gears de 10 épisodes de 22 minutes, pour Hulu/ABC, une série qui ressemble beaucoup à ce que l'acteur a déjà fait dans le passé...

Shifting Gears, saison 1 (2025) :

Républicain grincheux, veuf et propriétaire d'un garage de rénovation de véhicules de collection, Matt Parker (Tim Allen) voit sa vie soudainement changer lorsque sa fille Riley (Kat Dennings), démocrate et mère de Carter (Maxwell Simkins), adolescent, et Georgia (Barrett Margolis), fillette précoce, revient s'installer chez lui avec sa progéniture. La cohabitation s'annonce compliquée...

On le voit tout de suite, on est en terrain très balisé, avec un Tim Allen sarcastique et grognon qui fait des vannes de vieux boomer réactionnaire (notamment sur les Français), et une Kat Dennings qui s'oppose à lui, soit exactement ce qu'on pouvait déjà trouver dans Last Man Standing avec la sœur aînée de la famille (et son mari "libéral incompétent").

À partir de là, Shifting Gears n'apporte pas grand chose : on est en terrain archi-familier, c'est générique et inoffensif au possible, avec un Tim Allen étrangement raide et enroué dans certains épisodes, une Kat Dennings qui fait du Kat Dennings, des vannes mollassonnes, des rires enregistrés artificiels, des caméos plus ou moins probants (Brenda Song, Jay Leno, Nancy Travis de Last Man Standing), des personnages secondaires assez classiques (le duo de mécanos Sean William Scott/Daryl Chill Mitchell, la mécano lesbienne qui a trois lignes de dialogue dans toute la saison), et une romance gentiment forcée entre Tim Allen (71 ans) et Jenna Elfman (53 ans).

Pourtant, ponctuellement, tout ça fonctionne, notamment lorsque les scénaristes visent la sincérité et l'émotion plutôt que les vannes... mais honnêtement, on est dans de la sitcom familiale ultra-basique, à l'ancienne, et à moins d'être ultra-fan de Tim Allen, on peut passer son chemin sans hésiter.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Black Mirror, saison 7 (2025)

Publié le 2 Juin 2025 par Lurdo dans Anthologie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Thriller, Drame, Fantastique, Science Fiction, Netflix, USA, UK, Review, Black Mirror, Romance

Deux ans après la diffusion de la saison 6 de Black Mirror, une saison frustrante de 5 épisodes inégaux, Charlie Brooker remet le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes, constituée cette fois-ci de six épisodes, dont une suite directe à l'épisode USS Callister de la saison 4 (dont j'ai honnêtement oublié les tenants et aboutissants - un revisionnage est de rigueur).

Black Mirror, saison 7 (2025) :

- 7x01 - Common People : Lorsque son épouse Amanda (Rashida Jones) est atteinte d'une tumeur au cerveau, Mike (Chris O'Dowd), ouvrier, accepte une procédure expérimentale révolutionnaire, qui sauve sa femme mais la connecte en permanence, contre un abonnement, à un serveur de l'entreprise Rivermind dans le cloud. Mais le forfait de connexion évolue, et quand Rivermind commence à dévaluer le contrat du couple, les choses se compliquent...

Un épisode tragique, noir et efficace, très Black Mirror, qui critique de multiples facettes de notre société actuelle, de la gig economy aux abonnements à géométrie variable (avec boosters et tout le toutim) bourrés de publicité, comme Netflix les aime tant, en passant par les OnlyFans et autres sites de camgirls. C'est peut-être un poil trop long pour ce que ça raconte (avec 5-10 minutes en moins, le spectateur aurait probablement moins le temps de voir venir les rebondissements suivants arriver), mais ça fonctionne tout de même, en déroulant son récit jusqu'à sa conclusion inévitable.

- 7x02 - Bête Noire : Maria (Siena Kelly), conceptrice dans une entreprise de confiserie, s'inquiète de voir Verity (Rosy McEwen), qu'elle avait harcelée au lycée, rejoindre son équipe, d'autant que cette arrivée s'accompagne de bouleversements dans la perception même qu'a Maria de la réalité : encore et encore, Verity semble changer le monde autour d'elle à son avantage, pour se venger de Maria...

Je suis moins fan de cet épisode, dont on devine qu'il a été créé par Brooker sur la base de "l'Effet Mandela, c'est rigolo, mais si c'était quelqu'un qui le contrôlait pour se venger ?". On se retrouve donc avec une bête histoire de vengeance d'une sociopathe contre une ennemie de lycée, avec une Maria délibérément antipathique qui devient de plus en plus paranoïaque, une Verity qui multiplie les regards menaçants, et une explication superficielle pas loin du "A Wizard did it !" qui permet aux protagonistes de changer la réalité en quelques secondes et quelques mots. Pas convaincu par celui-là, ou par son ton outré et caricatural (avec cartons-titres ponctués de grands coups d'orgue).

- 7x03 - Hotel Reverie : Actrice à la mode, Brandy (Issa Rae) aimerait un rôle complexe et profond, plein de sentiments et de romance. Arrive Kimmy (Awkwafina), de la société Redream, qui lui propose de jouer le rôle vedette du remake d'Hotel Reverie, un film sentimental devenu un classique. Mais ce que Brandy ignore, c'est que Redream va lui permettre d'entrer littéralement dans le film, à la place de son acteur principal, et de vivre cette romance impossible avec Dorothy (Emma Corrin), l'actrice principale du film.

Mouais. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec San Junipero, de la saison 3, une romance LGBTQ prenant place dans un monde virtuel à l'esthétique vintage... et ici, critiques comme spectateurs ne se sont pas privés de faire la comparaison, pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, je n'ai pas été ultra-convaincu par ce qui n'est ni plus ni plus qu'un épisode Holodeck de Star Trek The Next Generation, avec son/sa protagoniste qui revit son histoire préférée, qui tombe amoureux d'un personnage, et la défaillance technique qui donne soudainement vie et libre arbitre à ce personnage virtuel, avec tout ce que ça entraîne de complications et de romance impossible.

Sauf qu'ici, le prétexte de base est capillotracté, et l'on peine à percevoir la plus-value de "remaker" à l'identique un film en ne changeant que son acteur principal : ça ne modernise rien du tout, ça n'attire aucun nouveau public, bref, c'est assez creux et ça n'a aucun intérêt (et si justement, une partie de la satire de l'épisode était de se moquer des remakes "woke" très calculateurs, en remplaçant ici un héros caucasien masculin et hétéro par une femme noire et lesbienne histoire de servir la soupe à telle ou telle catégorie démographique... c'est raté, tant l'épisode laisse ce sujet inexploité).

Bref : pas accroché au postulat de départ, pas accroché à l'équipe technique incompétente, pas accroché au couple présenté (qui n'a pas une grande alchimie, avec une Issa Rae trop moderne à tous les niveaux), pas accroché au rendu du film rétro, un peu approximatif et caricatural, et pas accroché aux tentatives de faire de l'émotion bouleversifiante avec le recours un peu facile à du Debussy, qui même sans rien à l'écran parviendrait à émouvoir.

(c'est bien interprété par Corrin, cela dit) 

- 7x04 - Plaything : En 1994, Cameron Walker (Lewis Gribben), journaliste névrosé spécialisé dans les jeux vidéos, découvre Thronglets, un jeu révolutionnaire de Colin Ritman (Will Poulter), qui affirme avoir créé là une vie numérique. Rapidement, en prenant du LSD, Cameron réalise qu'il parvient à comprendre les Thronglets qui vivent dans son ordinateur, et que ceux-ci lui demandent de les aider à se multiplier. En 2034, Cameron (Peter Capaldi) est arrêté et interrogé par les autorités pour un meurtre qu'il a commis...

Un épisode plutôt réussi, suite indirecte de Bandersnatch (Poulter reprend son rôle), et contenu semi-autobiographique pour Brooker, autrefois journaliste de jeux vidéo pour un magazine de jeux PC. L'épisode, divisé en deux parties, adopte une mise en image au format 4/3, multiplie les références et les clins d'œil à une certaine époque et un certain milieu, et propose une interprétation à fleur de peau de Capaldi et de Gribben : de quoi donner corps à cette histoire d'intelligence artificielle à mi chemin entre le Tamagotchi et les promesses d'un Peter Molyneux, une intrigue sympathique qui se termine bien... ou mal. Selon le point de vue.

- 7x05 - Eulogy : Lorsqu'il est contacté par Eulogy, une entreprise de technologie funéraire qui tente de réunir des souvenirs de Carol, qui vient de décéder, Phillip (Paul Giamatti) est hésitant. Mais avec l'aide d'une intelligence artificielle (Patsy Ferran) intégrée dans l'équipement envoyé par Eulogy, il va se laisser convaincre et retracer, en se plongeant virtuellement dans les rares photos qu'il a conservées de l'époque, son histoire compliquée avec Carol...

Un épisode assez différent, très nostalgique, doux-amer et touchant, à deux doigts de la pièce de théâtre, et entièrement porté à bout de bras par Giamatti, excellent comme à son habitude, et par ses interactions avec Patsy Ferran, qui lui sert ici de conscience et remet en questions ses souvenirs et ses choix.

Ici, pas de retournement de situation noir et cynique, mais de la sincérité, et pas de technologie menaçante, mais une invention qui aide à faire le point, à se souvenir, à pardonner, presque comme une thérapie. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'était plutôt joli.

- 7x06 - USS Callister : Into Infinity : Alors que l'équipage de l'USS Callister tente de survivre dans le jeu Infinity, toujours plus monétisé, en dépouillant les joueurs de leurs crédits, cette activité illégale et étrange déclenche des signaux d'alarme dans le monde réel. La véritable Nanette (Cristin Milioti) mène l'enquête, et réalise bien vite l'étendue des actes de Robert Daly (Jesse Plemons), son patron décédé...

Une suite directe à l'épisode de la saison 4, ce long-métrage (90 minutes) est un nouveau volet tout à fait honorable de cette histoire, bien qu'un peu inégal. En réalité, l'épisode m'a donné l'impression d'être coupé en deux : une première moitié constituée d'un résumé des événements précédents, des mésaventures sérieuses et tendues du Callister, et des recherches nerveuses de Nanette dans le monde réel. Et puis une seconde partie plus spectaculaire qui voit monde réel et monde virtuel interagir, et une véritable aventure se mettre en place.

Heureusement, le tout s'équilibre plutôt bien, culminant en un affrontement à deux niveaux, le premier entre le vaisseau et tous les joueurs floués qui veulent se venger (avec des dogfights à la Star Wars), le second entre Nanette et une version virtuelle de Daly, toute aussi instable que l'original. Plutôt sympathique, donc, même si l'épilogue m'a laissé un peu de marbre, pas aussi efficace ou drôle que Brooker semble le penser.

- Bilan saisonnier -

Si je fais mes comptes, on a donc, cette saison, quatre épisodes assez bons et réussis, et deux un bon cran en dessous. Ce qui est nettement meilleur que certaines saisons passées, je dois dire, puisqu'on évite un épisode vraiment mauvais ou trop balourd ou cynique pour convaincre.

Plutôt une saison agréable, en fait, ce qui me surprend, puisqu'il suffit de relire certains de mes bilans précédents (ici) pour s'apercevoir que je n'ai généralement pas forcément une grande affinité avec le style de Charlie Brooker.

Mais je suppose que maintenant, Brooker a plus de moyens, plus de tranquillité d'esprit, et peut-être un peu moins de cynisme... ce n'est pas plus mal (encore que, je suis sûr que pour certains, c'est tout l'inverse, et depuis que Black Mirror est sur Netflix, Brooker est devenu trop gentil et ne fait plus que de la daube ^^)

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