Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Mickey 17 (2025) :
En 2050, pour échapper à ses dettes, Mickey Barnes (Robert Pattinson) accepte de se faire cloner et de devenir un Remplaçable dans le cadre d'une mission de colonisation de la planète Niflheim, mission menée par le politicien/gourou Kenneth Marshall (Mark Ruffalo) et son épouse (Toni Collette). Utilisé comme cobaye et envoyé dans toutes les missions les plus dangereuses, Mickey trouve ainsi régulièrement la mort, mais ses souvenirs sont alors immédiatement implantés dans le corps d'un clone numéroté. Jusqu'à ce que Mickey 17, réservé et névrosé, soit sauvé d'une mort atroce par un Rampant, une forme de vie originaire de Niflheim, que Marshall veut exterminer. De retour à sa base, Mickey découvre que son clone Mickey 18, agressif et violent, a déjà été activé, et que, désormais hors-la-loi, les deux Mickey doivent composer l'un avec l'autre... et avec le massacre des Rampants qui se prépare.
Mouais. Un film de science-fiction de Bong Joon-ho, réalisateur de The Host, Snowpiercer, Okja et Parasite, qui continue son approche très satirique de la société pour dénoncer plein de choses (lutte des classes, religion, autoritarisme, destruction de la planète), en adaptant un roman, pour un résultat de 137 minutes qui... m'a laissé de marbre.
Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qui a été, à mes yeux, la goutte qui a fait déborder le vase : l'interprétation très particulière de Pattinson dans son double rôle (avec narration en voix off aux faux airs de Steve Buscemi), pourtant raccord avec le surjeu total et caricatural de tout le monde ? Son alchimie très moyenne avec Naomi Ackie ? La satire gentiment balourde et pataude de cet univers ? Le rythme mollasson du métrage ? Le côté antipathique et outrancier de tous les personnages ? Les multiples digressions bordéliques ?
Un peu tout ça, et son contraire, je suppose. Une chose est sûre : à part le côté visuel, les effets spéciaux, et les bestioles plutôt réussies, je n'ai pas accroché à ce métrage longuet, à sa narration, à son humour finalement pas très drôle et à son ton déglingué.
Dommage, les intentions semblaient bonnes.
2.75/6
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Probablement parce que les épisodes unitaires intégrés dans chaque saison de Mythic Quest sont justement les épisodes préférés des critiques et des fans, Apple et la production ont décidé de produire ce spin-off de la série principale, une mini-anthologie en 4 épisodes d'une petite demi-heure, intégralement composée de ces "épisodes unitaires" plus sérieux et sincères. Un choix audacieux, surtout après une saison 4 de la série mère un peu cahotante...
Mythic Quest - Side Quest, saison 1 (2025) :
Aux commandes, Ashly Burch, John Howell Harris et la sœur de Rob McElhenney (qui est, il est bon de le noter, scénariste de deux des épisodes unitaires les plus marquants de la série mère), pour un résultat qui a suscité l'enthousiasme des fans et des critiques... mais qui m'a laissé étrangement mitigé, peut-être plus encore que dans le cas de la dernière saison de Mythic Quest.
- 1x01 - Song and Dance :Phil (Derek Waters), directeur artistique de MQ au bord du burnout, part une semaine en vacances à Hawaï avec sa compagne (Anna Konkle), mais ne peut s'empêcher de répondre aux appels constants de Ian Grimm.
Un démarrage pépère, avec un épisode se concentrant sur l'équilibre vie privée/vie professionnelle, sur le refus de s'engager, sur la peur de l'échec, le burnout, tout ça. Pas désagréable en soi, mais pas aussi drôle que les scénaristes ne pensent l'être, Ian semble avoir régressé dans sa caractérisation (surtout lorsque vu en parallèle de la saison 4), et si le couple fonctionne bien, au final, c'est gentillet, sans plus.
- 1x02 - Pull List :Une journée dans une boutique de comics afro-américaine, alors que la patronne et les habitués (Shalita Grant, Rome Flynn, William Stanford Davis, Bria Samoné Henderson, Ramon Reed, Leonard Robinson, Gary Kraus) attendent tous le dernier numéro du comic-book Mythic Quest et refusent de se faire spoiler.
Les trois showrunners passent la main à deux scénaristes afroaméricains pour un épisode particulièrement bien reçu par les fans et la critique... mais que j'ai trouvé particulièrement épuisant.
Pas tant parce que je n'appartient clairement pas à la tranche démographique visée, mais surtout parce que le tout est bourré de clichés (ça s'ouvre sur un débat Goku vs Superman, il y a un pervers amateur de hentai - le seul blanc du lot ^^), très convenu dans sa structure (c'est le format habituel du genre : on découvre un groupe, son quotidien, ses personnalités, ça monte en puissance, ça s'engueule, ça explose, tout le monde se dit ses quatre vérités, et on finit sur une note plus positive où tout le monde se ressoude), les personnages sont bruyants et caricaturaux (mention spéciale à la meilleure copine rondouillarde et gatekeepeuse qui passe tout l'épisode à insulter les autres, à draguer lourdement le beau gosse, et tout ça "parce qu'elle n'a rien d'autre dans sa vie"), bref, ça m'a gonflé plus qu'autre chose, comme du sous-Kevin Smith à la sauce afro-américaine.
- 1x03 - Fugue :Une violoncelliste (Annamarie Kasper)rêvant de jouer les thèmes de MQ sur scène intègre l'orchestre de ses rêves, mais découvre rapidement que la vie en tournée et les exigences du métier tuent progressivement sa passion pour la musique.
Un autre épisode qui touche au problème du perfectionnisme, du burnout, et de faire de sa passion son métier.
Un résultat assez premier degré et mélodramatique pour un dilemne plutôt classique, qui aurait pu être transposé dans n'importe quel milieu, avec une actrice principale musicienne compétente mais que j'ai trouvée un peu en surjeu (elle est un peu trop dans les sourires béats lors de la première partie, et un peu trop dans la tourmente lors de sa crise de nerfs et de ce qui suit) et une réalisation qui fait quelques efforts pour exprimer visuellement la passion de la musique de la protagoniste (le moment où elle entend de nouveau "la musique de la vie" fonctionne, l'étincelle façon Tinkerbell qui rythme ses concerts ou encore la feuille qui se pose sont plus classiques).
Dans l'ensemble, ça se regarde, sans être particulièrement innovant ou original, et c'est un peu longuet et prévisible pour ce que ça raconte.
- 1x04 - The Last Raid : Un groupe de joueurs adolescents de MQ (Van Crosby, Melanie Brook, Alice Wen, David Andrew Calvillo, Justin Jarzombek, Dash McCloud)se lance dans un raid difficile, mais rapidement, il apparaît que presque personne n'a envie d'être là, et que la fin de cette guilde approche à grand pas...
Probablement le seul qui m'ait réellement plu dans cette fournée de quatre épisodes, et ce malgré des premiers moments difficiles qui m'ont fait craindre le pire (avec des dialogues et un doublage un peu forcés et artificiels).
Et puis une fois que tout ce petit monde est posé et que l'on rentre dans le côté vie privée et relations des joueurs, ça fonctionne plutôt bien, et quand bien même l'animation et les visuels ressemblent plus à un MMORPG d'il y a 15-20 ans, le tout reste efficace et sympathique.
On retrouve cela dit la même structure que dans l'épisode Pull List, mais la touche douce-amère est moins forcée que le happy end de l'épisode 02, et l'épisode plus agréable.
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Voilà, on y est, quatre épisodes, un seul m'a vraiment convaincu, un autre m'a paru insupportable, et comme la saison est très courte, ça donne un tout assez déséquilibré.
Un tout qui ressemble étrangement à un recyclage d'épisodes unitaires de la série-mère, qui auraient été refusés au moment de l'écriture de Mythic Quest car pas assez liés au reste du programme. Mais paradoxalement, malgré leurs défauts, tous ces épisodes se seraient probablement mieux intégrés dans la saison 4 que l'épisode spécial que l'on a eu, sur Pootie Shoe.
Reste qu'en soi, cette première (et unique) saison inégale de Side Quest ne m'a pas particulièrement séduit, tant dans ses thèmes assez classiques que dans ses choix : ce n'est pas désastreux, mais c'est assez oubliable.
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The Electric State (2025) :
Dans une Amérique se remettant à peine d'une guerre civile contre les robots, Michelle (Millie Bobby Brown), une adolescente, découvre que son frère décédé est encore en vie, son esprit contrôlant à distance un petit robot traqué par les autorités. Elle part avec lui à l'aventure, à la recherche de l'enveloppe corporelle de son frère, aux mains de la corporation Sentre. En chemin, elle rencontre John Keats (Chris Pratt), ex-soldat devenu contrebandier, et elle part pour la zone d'exclusion, une réserve où sont parqués tous les robots survivants...
Après The Gray Man, nouveau film des frères Russo pour Netflix (qui retrouvent ici leurs scénaristes de Marvel et Alan Silvestri à la musique), nouveau gros budget, et nouveau flop, qui s'est fait massacrer par les critiques américains, trop contents de se payer la tête d'anciens de Marvel (il n'y a qu'à voir le nombre de critiques US qui profitent de l'occasion pour déverser tout leur mépris pour les films de superhéros et pour le travail précédent des Russo, de Pratt ou de Millie Bobby Brown, comme si, rétroactivement, ils avaient toujours détesté leurs films, ces mêmes films auxquels ils avaient pourtant donné des critiques positives à l'époque).
Après, indépendamment des préjugés et de la mauvaise foi des critiques, il faut bien avouer que cette nouvelle adaptation d'un livre de Simon Stålenhag (après Tales from the Loop, la série d'Amazon qui ne m'avait pas vraiment convaincu) est loin d'être réussie.
On est ici dans un blockbuster très générique, bourré d'effets spéciaux souvent gratuits et inutiles (oui, forcément, il fallait bien montrer des robots, mais fréquemment, on sent que les Russo avaient carte blanche au niveau budget/sfx, et qu'ils en ont mis partout, plus que nécessaire), où Pratt fait du Pratt, MBB du MBB, Stanley Tucci du Tucci, Giancarlo Esposito de l'Esposito, bref, c'est un peu en pilotage automatique, et ça peine à imposer un rythme quelconque.
On se retrouve donc avec un métrage d'aventure pas très palpitant, aux choix capillaires discutables, à l'illustration musicale juke-box, qui tente d'invoquer des notions de justice sociale, d'égalité, d'anti-racisme et anti-discrimination, mais le fait de manière assez pataude (à l'image du speech final de MBB, balourd et donneur de leçons, sur une version mélancolique de Wonderwall), et dont les rebondissements sont assez téléphonés.
Alors il y a quelques moments efficaces, notamment durant la bataille finale (les effets numériques sont réussis), et l'univers n'est pas désagréable, mais je dois dire que je suis resté très passif et indifférent à cette proposition trop souvent creuse et plate.
2.25/6
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Saison 3 de la série Amazon adaptée des comics de Robert Kirkman, Invincible revient donc (après une saison 2 m'ayant laissé un peu mitigé) avec 8 épisodes de 45-60 minutes, toujours plus violents, toujours plus sanglants, bref, toujours plus fidèles au comic book...
Invincible, saison 3 (2025) :
Désormais fermement opposé aux méthodes de Cecil (Walton Goggins), Mark (Steven Yeun) tente de concilier son quotidien superhéroïque, sa romance naissante avec Eve (Gillian Jacobs), et son rôle de grand-frère auprès d'un Oliver (Christian Convery) qui découvre l'étendue de ses pouvoirs et de son héritage viltrumite. Pour ne rien arranger, Powerplex (Aaron Paul), un nouveau superméchant, tente de se venger de Mark et du danger qu'il représente lors de ses combats... et Angstrom (Sterling K. Brown) fait son retour, accompagné d'une armée de doubles de Mark provenant d'univers parallèles.
Au moment où j'écris ces lignes, le dernier épisode la saison vient d'être diffusé, l'internet est en extase, Invincible est "la meilleure série animée de tous les temps", c'est exceptionnel, Marvel et DC sont atomisés, et en plus Invincible est dans Fortnite, c'est bien la preuve que c'est trop audacieux, intelligent et génial.
La routine, en somme, pour une série qui reste fidèle à elle-même et à son modèle papier... même si cela implique l'utilisation de tropes, de thématiques et de rebondissements qui arrivent un peu après la bataille.
Ici, en l'occurrence, toute la saison s'articule autour du refus de Mark de tuer, et de comment, face aux événements tragiques qui s'accumulent, il finit par réaliser que c'est un mal nécessaire, et que le monde n'est pas manichéen. Et tout cela, ça passe par une succession de Kobayashi Maru scénaristiques, qui s'empilent encore et encore, jusqu'à ce que Mark cède : un peu artificiel, surtout au format condensé d'une saison télévisuelle.
Ce côté artificiel est en effet partiellement hérité du comics, mais amplifié par le format tv, et chaque sous-intrigue semble ainsi manipulée pour amener le spectateur aux mêmes conclusions que celles qui sont imposées à Mark ; ici, la rupture de Mark avec Cecil et son organisation, une rupture contrebalancée par toute une séquence retraçant la vie de Cecil, et montrant qu'il faut parfois se salir les mains pour sauver le monde ; ailleurs, la rédemption de Rex, sa romance naissante avec sa collègue et sa mort tragique (particulièrement téléphonée) ; Oliver, qui n'a de cesse d'insister sur l'inutilité d'un code moral face à des psychopathes ; la romance de Mark et Eve, qui débouche forcément sur une scène tragique servant de moteur à Mark ; Powerplex, qui veut venger la mort des membres de sa famille ; deux autres méchants, contraints de se tourner vers la criminalité pour subsister...
Autant de sous-intrigues (sans même mentionner celle de tous les Invincibles des univers parallèles, ou encore les compromissions de Mark avec Titan, etc) qui, toutes, poussent le personnage principal à franchir la ligne rouge et à repenser sa vision du monde, de manière assez évidente et parfois maladroite.
Le tout culminant par un demi-épisode de baston ultra-sanglante (comme d'habitude) contre Conquest, histoire de conclure le programme dans un bain de sang qui, déjà, me lassait au format papier.
Je crois que c'est ça qui me fatigue un peu dans cette adaptation d'Invincible, et qui m'empêche d'adhérer au tout : j'ai déjà lu tout ça il y a 15-20 ans, et déjà à l'époque, les interrogations du style "tuer ou ne pas tuer", "le monde n'est pas tout noir ou tout blanc, mais il est constitué de nuances de gris" ou "grands pouvoirs = grandes responsabilités" commençaient à être redondantes.
Alors 20 ans après, dans une série mettant à ce point l'accent sur l'ultra-violence et le gore gratuits, je souffle. D'autant que pour être très franc, l'arc des Invincibles alternatifs n'a jamais vraiment été très passionnant, et toutes les digressions de la saison, si elles ont le mérite de développer un peu l'univers et les autres personnages, ne le sont pas beaucoup plus.
Au final, force est de constater que cette saison n'avance pas énormément, que l'animation reste parfois inégale, et que le phénomène récurrent des personnages principaux toujours plus puissants, qui se font mettre en pièces mais survivent in extremis, devient lassant (encore une fois, c'était déjà très présent dans le comic-book, mais la série condense et surligne un peu tout).
Je suis donc tout aussi mitigé qu'en saison 2, voire plus, mais un peu comme pour les comics, les fans adoreront, souvent aveuglément.
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Six épisodes de 60-80 minutes au programme de cette série prestigieuse HBO Max adaptée d'un roman du fils Herbert et de Kevin J. Anderson, et qui sert de préquelle aux films Dune de Denis Villeneuve...
Dune : Prophecy, saison 1 (2024) :
10 000 ans avant l'ascension de Paul Atreides, deux sœurs Harkonnen, Valya (Emily Watson) et Tula (Olivia Williams) prennent la tête de la Sororité (qui deviendra l'ordre du Bene-Gesserit), et décident de la modeler à leur image, influençant ainsi les Maisons de l'Empire et la famille même de l'Empereur (Mark Strong) pour parvenir à leurs fins...
Et tout de suite, abordons le problème qui fâche : oui, Dune : Prophecy (initialement Dune : Sisterhood) a été mis en chantier en 2019, et était initialement supposé être écrit par Jon Spaihts, développé en parallèle du premier métrage de Villeneuve. Sauf que rapidement, le projet s'est compliquée, des critiques ont fusé sur l'absence de femmes à la production... et le tout a abouti entre les mains de la showrunneuse de la saison 2 d'Altered Carbon.
Ce qui, forcément, n'augurait pas forcément du meilleur, sans même mentionner le recours une équipe créative composée mécaniquement de binomes homme/femme à chaque épisode, histoire d'éviter toute accusation potentielle de sexisme... Et donc, on se retrouve avec une première saison un peu bancale de Dune Prophecy, une série qui tente très fort de singer le Dune de Villeneuve, son esthétique, sa direction artistique, sa manière de filmer, son côté nébuleux et épique, etc... mais n'y parvient pas vraiment.
Le souci, en fait, c'est que Dune Prophecy tente de concilier l'influence inévitable des long-métrages avec une approche prestige tv coulée dans le moule de House of the Dragon : des jeux de pouvoirs, des complots, des manipulations à tous les étages, des visions prophétiques, une famille impériale en péril... et surtout, des personnages que les scénaristes veulent ambigus... au point d'en être contreproductifs.
Difficile en effet de se passionner pour ce que l'on nous présente à l'écran - les proto-Bene Gesserit dirigées par deux sœurs Harkonnen revanchardes, les jeux de pouvoir à la cour de l'Empereur, l'histoire d'amour impossible entre la Princesse et un Atreides, etc - quand l'immense majorité des personnages peine à créer l'empathie du spectateur, voire même lorsqu'ils sont antipathiques au possible.
Ce n'est pas la faute des acteurs, pour la plupart excellents et/ou sous-exploités (Mark Strong n'est pas forcément gâté par son rôle d'empereur manipulé par tout le monde, mais c'est un peu le cas de tous les personnages masculins, qui passent au second plan) : ils font avec ce qu'on leur donne, même s'il faut bien avouer que Travis Fimmel semble jouer la moitié de ses scènes en mode Jack Sparrow illuminé, ce qui n'est pas forcément un choix très probant.
Non, ce qui ne fonctionne pas dans cette écriture, c'est qu'elle tente très fort d'humaniser les Harkonnen sans y parvenir, et qu'elle est handicapée, dès le début, par un postulat de départ qui ne convainc pas, à savoir l'époque qui sert de cadre au programme. La série se déroule moins d'une centaine d'années après une guerre contre les machines... et plus de 10000 ans avant les éléments des films.
10000 ans. Pendant lesquels tout cet univers est visiblement restée stagnant, tant dans sa mode, sa technologie, l'organisation et la structure de la société, les traditions, etc, etc, etc... et durant lesquelles tout continue de tourner autour des Harkonnen et des Atreides.
On touche là au problème des préquelles placées dans un lointain passé, histoire d'éviter de parasiter les événements de la franchise principale : trop souvent, les scénaristes sont tiraillés entre le désir de faire quelque chose de radicalement différent, et le besoin de renvois constants aux personnages et événements établis... ce qui finit par sonner faux, par donner un toutéliage creux, et par frustrer.
Ici, outre le cadre temporel et les personnages, il y a aussi des problèmes de rythme, des problèmes d'ambition (difficile de rendre plausibles les manigances supposément ultra-complexes des Sœurs lorsque le spectateur a constamment trois longueurs d'avance sur les rebondissements du scénario, et lorsque les personnages ne semblent pas forcément très intelligents ou rusés), de la nudité gratuite (très peu, mais suffisamment pour remplir le quota contractuel), un générique assez quelconque, des flashbacks à rallonge un peu redondants...
Bref, si Dune Prophecy est relativement bien filmée, et si le budget important permet de rendre le tout crédible à l'écran, il n'empêche que la série donne l'impression d'avoir les yeux plus gros que le ventre, ou plutôt d'avoir des ambitions démesurées (= tenir la comparaison avec les films Dune et présenter un récit au point de vue farouchement féminin) sans en avoir forcément les moyens (ou le talent).
Résultat : je n'ai pas accroché plus que ça, je me suis lassé en cours de route, j'ai eu du mal à finir (il faut dire que le dernier épisode, de plus de 80 minutes et qui finit en laissant plein de choses en suspens pour la saison 2, est assez brinquebalant), et à en juger par l'accueil tiède de nombreux critiques, pas sûr que le programme aille beaucoup plus loin que la saison 2.
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Troisième saison pour Vox Machina, une saison toujours sur Amazon, toujours en 12 x 25 minutes, toujours bien animée et spectaculaire, toujours aussi bien accueillie par le public... et toujours aussi frustrante pour moi, comme cela l'était en saison 2.
La légende de Vox Machina, saison 3 (The legend of Vox Machina, season 3 - 2024) :
Désormais en possession des Vestiges de légende, Vox Machina doit affronter Thordax avant que les œufs de ce dernier n'éclosent. Pour cela, ils doivent unir leurs forces à celles de leurs nombreux alliés, et faire confiance à Raishan, alliée de Thordax qui semble vouloir trahir ce dernier...
Alors très franchement, je ne me suis pas renseigné, et donc je ne sais pas si la série connaîtra une saison 4 (la fin de saison semble assez définitive et ferait une happy end convenable, avec une porte ouverte pour une suite, au cas où), mais je ne suis pas certain d'être de la partie.
Non pas que cette saison 3 soit mauvaise, loin de là... mais plus le temps passe, et plus je m'aperçois que je n'ai pas l'attachement nécessaire aux personnages à l'univers pour passer outre les défauts récurrents du programme, inhérents à sa nature d'adaptation de campagne de JDR.
La saison 3 reprend ainsi là où la série s'était arrêtée : sur le conflit de Vox Machina contre le Conclave des Dragons de Thordax. Et si l'on ne peut pas nier que les affrontements sont toujours impressionnants, visuellement, le fait que la série botte immédiatement en touche et envoie l'équipe en quête d'un autre artefact, à l'autre bout du monde, n'en est que plus frustrant.
On se retrouve alors avec pas mal de digressions et de sous-quêtes : ici, Scanlan qui tente de renouer avec sa fille et déprime ; là, Percy qui retrouve Ripley et Orthax le démon, qui veulent produire des armes à feu en grand nombre ; ailleurs, Kayleth qui chouine parce que personne ne l'écoute ; et puis le groupe se sépare, la moitié partant en Enfer, l'autre étant embarquée dans une intrigue secondaire pas très intéressante avec Allura et Kima ; il y a des coucheries et du shipping dans tous les sens ; Pike apprend à ne plus se fier uniquement à sa Foi ; on a droit à un match de catch entre un démonKong et Thordaxzilla ; Percy décède ; et la communauté de l'anneau Vox Machina et de tous leurs alliés s'unit pour attaquer le Mordor le volcan où trône Sauron Thordax, dans un ultime affrontement épique qui occupe deux bons épisodes et conclut la saison...
Ah, non, c'est vrai, il reste encore trois épisodes ensuite, principalement centrés sur un autre boss fight, Kayleith qui élimine Raishan, et sur le groupe qui ramène Percy à la vie.
Donc voilà - malgré l'action comme toujours épique, les enjeux finissent par être limités : les personnages principaux bénéficient tous d'une plot armor, jeu de rôle oblige, ils montent tous en puissance d'une manière ou d'une autre (level up oblige), c'est très très axé sentiments et larmes (l'humour continue de reculer progressivement), et si l'on sent la bonne volonté de tout le monde pour transformer une campagne de JDR en récit cohérent et bien structuré, ça reste un peu vain.
Car à mes yeux, Vox Machina continue de grincer aux entournures, et sans l'attachement inhérent des fans aux personnages, qu'ils ont suivi pendant des années et des années avant le début de la série, je peine à m'intéresser vraiment à tout ça : entre deux saisons, j'ai tendance à oublier qui est qui, qui fait quoi, et qui sont tous ces personnages secondaires, je me contrefous du shipping un peu pataud, et lorsque vient un moment typiquement JDR, ça a tendance à me sortir du récit plus qu'autre chose.
Après, comme d'habitude, les fans répondront sans doute présent, donc mon avis importe peu.
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Jules (2023) :
Vieil homme commençant à exhiber les premiers signes d'Alzheimer, Milton (Ben Kingsley) vit seul, surveillé à distance par sa fille Denise (Zoë Winters). Jusqu'au jour où une soucoupe volante s'écrase dans son jardin, avec à son bord un alien muet et blessé (Jade Quon). Avec l'aide de Joyce (Jane Curtin) et Sandy (Harriet Sansom Harris), deux connaissances de son âge, Milton va prendre l'alien sous son aile, et l'aider à réparer son vaisseau...
Une jolie comédie indépendante de science-fiction sur la vieillesse, la maladie, la solitude et le besoin d'autonomie, réalisée avec subtilité et mesure par le producteur de Little Miss Sunshine, entre autres.
C'est simple, sentimental et poétique, très bien interprété, et ça fonctionne, tout simplement, en tant que film indépendant discret mais efficace, avec ce que ça comporte de points forts et de points faibles.
4.25/6
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Mon futur moi (My Old Ass - 2024) :
Après avoir ingéré des champignons hallucinogènes alors qu'elle faisait du camping avec ses amies, Elliott (Maisy Stella), jeune femme queer et fière de l'être, rencontre son double trentenaire (Aubrey Plaza) en provenance du futur. De cette rencontre (et des échanges par texto qui suivent alors), Elliott ne retient qu'une chose : elle ne doit surtout pas tomber amoureuse de Chad (Percy Hynes White), un jeune homme qui vient d'arriver sur l'île où Elliott passe ses vacances, sous peine de ruiner son avenir...
Hum. Je suis bien embêté. Produit par Margot Robbie, écrit et réalisé par l'actrice Megan Park, My Old Ass a reçu un accueil dithyrambique de la part de la critique américaine, la combo "représentativité LGBTQ" et "Aubrey Plaza et Margot Robbie sont géniales, tout ce qu'elle font est génial" ayant clairement joué un rôle dans cette réception enthousiaste.
Seulement voilà : il ne faut pas se fier aux apparences. Et alors que l'affiche et le pitch promettaient une comédie fantastique mettant en vedette Aubrey Plaza et une jeune actrice dont c'est le premier film, My Old Ass est en réalité une coming of age story sérieuse prenant la forme d'une bluette adolescente sur une jeune lesbienne qui s'éprend, le temps de ses vacances, d'un jeune homme de son âge.
En effet, l'argument fantastique à la Fréquence Interdite, clairement né de la formule rhétorique "si seulement je pouvais remonter le temps et dire à mon moi adolescent de ne pas faire telle ou telle conner*e", s'avère finalement très peu présent et exploité : une fois la rencontre initiale passée, Aubrey Plaza disparaît totalement de la majorité du métrage (hormis quelques phrases au téléphone, en voix off), pour ne revenir que dans une scène et demi à la fin (histoire de forcer un peu d'émotion et de larmes dans le récit)...
On se retrouve donc, au final, avec un portrait d'adolescente bisexuelle qui se cherche et s'affirme, une romance interdite qui ne l'est que pour des raisons assez... naïves et mélodramatiques (SPOILERS : si Chad est si dangereux pour Elliott... c'est parce qu'il va avoir un accident mortel, et qu'elle va en avoir le cœur brisé), pas aidée par un Chad assez quelconque, et qui se termine en bottant en touche et en évitant une conclusion tragique.
Pas du tout ce à quoi on pouvait s'attendre à l'origine, mais pile de quoi faire un court/moyen métrage, ou un film indépendant young adult un peu cliché (entre la sexualité de l'héroïne, le fait qu'elle vient du monde rural, l'illustration musicale du métrage, etc, on est en plein dedans).
On va dire que je ne suis pas le public visé, mais... honnêtement, le tout m'a semblé vraiment trop sous-développé et sirupeux pour vraiment être efficace, que ce soit en tant que mélo adolescent, ou en tant que (surtout en tant que) film fantastique. Cela dit, c'est bien interprété.
2.5/6
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Huit épisodes d'une heure au programme de cette réinvention et modernisation ambitieuse de la mythologie grecque, menée d'une main assurée pour Netflix par la showrunneuse britannique de la série The End of the F***ing World : une bonne surprise inattendue, dominée par la présence toujours excentrique et flamboyante de Jeff Goldblum dans le rôle de Zeus...
Kaos, saison 1 (2024) :
Dans sa ville du Mont Olympe, le pétulant Zeus (Jeff Goldblum) s'inquiète : une prophétie décrivant la fin de son règne semble se réaliser, alors même qu'autour de lui, des manigances se trament. Hera (Janet McTeer) le trompe avec Poséidon (Cliff Curtis) ; Hades (David Thewlis) identifie les signes précurseurs du tarissement de la source de pouvoir des dieux... et pire que tout, Prométhée (Stephen Dillane), meilleur ami/victime de Zeus, observe le tout depuis le flanc de sa montagne, tirant les ficelles de la prophétie funeste, et déplaçant ses pions humains. Il y a Orphée (Killian Scott), star de la pop, qui, motivé par Dionysos (Nabhaan Rizwan), décide de partir chercher sa bien-aimée Eurydice (Aurora Perrineau) aux Enfers, sans savoir que cette dernière s'y est éprise de Caeneus (Misia Butler), un employé d'Hades. En Crète, Ariadne (Leila Farzad), fille du président, découvre que son père lui a caché bien des choses au sujet de la mort de son frère jumeau, à leur naissance...
Comme je le disais en introduction, une bonne surprise que cette série (déjà annulée par Netflix... sans surprise) bien menée et excentrique, qui sait évoluer en ménageant bon gré mal gré ses variations de ton et d'intensité.
Ce qui aide beaucoup, c'est que la relecture contemporaine de la mythologie grecque soit tour à tour fidèle aux mythes d'origine, ou parfois totalement décalée : ici les Enfers en mode administration filmée en noir et blanc, là, l'Olympe façon villa bling où Zeus passe ses journées en survêtement à martyriser ses serviteurs, ailleurs des manigances politiques avec le Président de la Crète, etc, etc, le tout dans un cadre moderne, illustré par une bande originale bourrée de classiques, qui n'ont pas dû être donnés.
On suit ainsi tous ces personnages, tant divins qu'humains, qui évoluent en parallèle, et dont le destin se croise et s'entremêle : de quoi permettre au récit d'évoluer, passant de la comédie satirique à quelque chose de plus sérieux et de plus dramatique, pour aboutir à une conclusion promettant une suite plus épique (la guerre contre l'Olympe et ses dieux désormais mortels), malheureusement laissée en suspens par l'annulation du programme.
Alors certes, ce n'est pas parfait : il y a parfois trop de personnages secondaires (et paradoxalement, on se demande souvent où sont passés les autres dieux de l'Olympe), et le rythme connaît un petit coup de mou à mi-parcours, mais tout ce qui tourne autour de la source des pouvoirs de Zeus est bien trouvé, la montée en puissance de ce dernier à mesure qu'augmente sa colère l'est tout autant, c'est globalement bien interprété, plutôt joli visuellement, et dans l'ensemble, le programme s'avère attachant et intrigant.
Mais bon, la plateforme Netflix étant ce qu'elle est... RIP.
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Joker : Folie à deux (2024) :
Désormais emprisonné à l'asile, Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), neurasthénique, est sur le point de passer au tribunal pour tous ses crimes, lorsqu'il rencontre Lee Quinzel (Lady Gaga), une autre détenue, pyromane, dont il s'éprend soudain. Ensemble, le couple va alors connaître une romance intense et compliquée, qui va amener Fleck à faire le point sur son identité réelle...
Mouais. Une suite inutile à un film qui l'était déjà fortement (tout en étant relativement regardable pris comme un DCElseworlds ou un hommage pataud à Scorsese), ce Joker II décide, sans réelle justification narrative, de s'improviser comédie musicale (du moins, dans la mesure où un film où les personnages murmurent/chuchotent leurs chansons en étant à peu près justes peut s'appeler une comédie musicale...), et de se poser comme une sorte de réponse à une certaine catégorie de fans du premier film, qui se sont reconnus dans le personnage du Joker et l'ont célébré.
Ici, le Joker/Arthur est clairement (et plus que jamais) présenté comme un malade mentale pathétique et maladif, dont les fans sont probablement plus atteints et dangereux que lui. À l'image de Lee, une relecture d'Harley Quinn en mode "fille de bonne famille fangirl qui pousse Arthur pour qu'il soit le Joker qui a su capturer son imagination et son cœur", mais qui finit par le lâcher totalement dès lors qu'Arthur assume publiquement que le Joker n'est qu'un déguisement, et qu'il est bien un loser incel fragile tant mentalement que physiquement, voire une victime (une "prise de conscience" qui intervient après qu'il se soit fait violer et tabasser par les gardes à l'asile... mouais).
On se retrouve donc avec, pendant la première heure, une romance bancale qui redonne espoir à Arthur peu de temps avant son procès, une romance parsemée de chansons peu probantes ; et puis, dans la deuxième heure, on a un film de procès mollasson et terne, pas très convaincant non plus, qui propose peut-être la séquence musicale la plus travaillée du film, dans le tribunal. Mais constamment, on a l'impression que le métrage n'ose paradoxalement rien : il ne va pas à fond dans les séquences musicales, il reste toujours trop timide, et finit par botter en touche, lorsque Fleck se fait poignarder par un autre patient d'Arkham après que ce dernier lui ait raconté une blague. Fleck se vide de son sang et décède, pendant que l'autre patient, en arrière-plan, éclate de rire et se fait un sourire de Glasgow au couteau, à la Heath Ledger.
Un peu comme un message de Todd Phillips destiné aux fans de comics frustrés, et qui enterre un peu plus le premier film : "c'est bon, vous êtes contents, Fleck n'était pas le vrai Joker, vous pouvez vous calmer".
Mouais. Pas surprenant de voir que le film a fait un flop, et que les fanboys du premier Joker, au protagoniste perçu comme un symbole anarchiste, révolutionnaire et anti-système, ont vite fait de se détourner de ce second volet.
2/6
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