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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

drame

Critique éclair #195 - Life of Chuck (2024)

Publié le 29 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Drame, Thriller, Fantastique, Critiques éclair, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Life of Chuck (2024) :

Dans un futur proche, alors que le monde est ravagé depuis un an par une succession de catastrophes meurtrières, et que l'humanité est au bord du gouffre, Marty Anderson (Chiwetel Ejiofor), enseignant, et Felicia Gordon (Karen Gillan), infirmière, réalisent que des phénomènes étranges se produisent en parallèle, et que des messages remerciant un certain Chuck Krantz (Tom Hiddleston) apparaissent çà et là. Un Chuck qui est sur le point de s'éteindre dans un lit d'hôpital, et qui semble étrangement lié au destin de l'humanité...

Après Jessie et Doctor Sleep, Mike Flanagan continue ses adaptations de Stephen King, en s'essayant ici à une nouvelle plus... "feel good" que les récits d'horreur de King. Il en résulte un film bâtard et intrigant, mi-éloge du carpe diem et du besoin de suivre ses passions avant qu'il ne soit trop tard, mi-film fantastique avec des visions prémonitoires.

Comme toujours chez Flanagan, la forme, l'écriture et l'interprétation sont maîtrisées, et le film utilise ainsi une chronologie à rebours pour narrer son histoire et laisser le spectateur se poser moultes questions.

Pendant 40 minutes, le spectateur se trouve dans un film catastrophe où le monde part en miettes, où les humains sont condamnés, où de nombreux visages familiers se résignent à accepter leur sort, et où Flanagan pose son mystère et plein d'éléments intrigants - les plus perspicaces auront probablement cerné le rebondissement final du film dès la fin de ce premier segment, mais ce n'est pas trop gênant.

Puis vient une petite vingtaine de minutes pendant lesquelles Chuck, à moins d'un an de sa mort, décide spontanément d'esquisser un pas de danse en public avec une charmante inconnue (Annalise Basso, une habituée de Flanagan), sur le rythme d'une musicienne/joueuse de batterie des rues. Un petit moment de fantaisie qui prend son sens ensuite, dans les 50 dernières minutes du film. 

Une dernière partie qui explique le pourquoi du comment du film, qui revient sur le personnage de Chuck depuis sa plus tendre enfance, avec toujours plus de visages familiers de la filmographie de Flanagan, parfois aperçus plus tôt dans le film, et qui est fasciné par le poème de Walt Whitman qui dit "Je contiens des multitudes", et qui, pour être clair, se trouve au cœur même du scénario du film.

Tout ça, c'est intéressant, c'est touchant, c'est doux-amer, mais ce n'est pas parfait pour autant : Flanagan reste fidèle au style littéraire de Stephen King, et l'on se retrouve ainsi avec une narration un peu maladroite et intrusive de Nick Offerman, avec quelques monologues qui paraissent initialement superflus, ainsi qu'avec un twist de fin que l'on voit venir de très loin, comme je le sous-entendais plus haut. On pourra même trouver que Flanagan explicite un peu trop ce qui se passe, mais vu le nombre de spectateurs en ligne qui n'ont apparemment pas compris le concept même du film, on va dire que c'est nécessaire.

Et puis il est certain que les esprits les plus cyniques auront du mal avec ce portrait d'un jeune homme au destin funeste, passionné par la danse mais engagé dans une carrière de comptable...

Mais si l'on se laisse porter, il y a de quoi trouver là un récit plein de mélancolie et de poésie, qui mérite le coup d'œil.

4/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

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Critique éclair #193 - État d'esprit (2021)

Publié le 25 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Drame, Science Fiction, Critiques éclair, Amazon, Review, USA, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

État d'esprit (Bliss - 2021) :

Greg (Owen Wilson) est un employé de bureau malheureux, récemment divorcé et père de deux jeunes adultes. Un jour, alors qu'un accident le rend responsable de la mort de son supérieur hiérarchique, il croise le chemin d'Isabel (Salam Hayek), une sans domicile fixe excentrique qui lui explique qu'il vit dans une réalité virtuelle, et qu'il n'a pas à s'en faire, démontrant pour l'occasion des capacités surnaturelles. Rapidement, le couple se rapproche, libre et insouciant, mais la réalité (la vraie) les rattrape bientôt...

Au premier abord, une comédie dramatico-romantique de science-fiction du réalisateur de I Origins (un long-métrage de science-fiction déjà bien faisandé), Bliss réussit l'exploit de prendre un duo d'acteurs sympathiques et charismatiques, un postulat bien rodé mais toujours plein de potentiel (une simulation Matrixienne, blablabla), et d'en faire un grand néant sans le moindre intérêt, terne, plat, insipide, où le couple principal n'a aucune alchimie, sa relation n'est jamais convaincante, et où passé un certain point, les plages d'exposition sont lourdes, le ton se fait étrangement pompeux et prétentieux, et la bande originale dessert le film plus qu'autre chose.

Tout ça parce que le métrage se veut une sorte de grosse métaphore pour l'addiction (façon "en fait, il n'y a probablement pas de matrice ou de réalité virtuelle, mais les délires dépressifs d'un drogué", avec, en lieu et place des pilules de Matrix, des cristaux de diverses couleurs que les personnages doivent ingérer), et tout ce que cela implique de souffrance, de personnages paumés, de recherche d'échappatoire à une vie pourrie, et d'explications brouillonnes et sommaires du récit (suffisamment pour que le spectateur moyen, en ligne, se persuade que c'est un chef d'œuvre mécompris, et aille insulter tous les critiques professionnels qui n'ont pas aimé).

De toute façon, à ce point du métrage, j'avais décroché depuis bien longtemps.

1.5/6

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Critique éclair #188 - The Old Guard 2 (2025)

Publié le 13 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Drame, Critiques éclair, Fantastique, Histoire, USA, Netflix, Review, Action

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

The Old Guard 2 (2025) :

Lorsque Discord (Uma Thurman), la première immortelle, retrouve Quỳnh (Veronica Ngô) au milieu de l'océan, les choses se compliquent pour Andy (Charlize Theron) et son équipe : car Discord a découvert que Nile (KiKi Layne) était la dernière immortelle, et qu'elle possèdait le pouvoir de rendre leur mortalité aux immortels qu'elle blesse...

Bon, cette critique, je vais la faire directe et brève : malgré un accueil critique enthousiaste porté par le côté "c'est un film d'action girl power avec des personnages féminins forts, de la représentativité LGBTQ+ et raciale, de la sensibilité, et c'est une femme noire qui réalise !" et par un confinement covidien exacerbant la moindre réaction critique, The Old Guard, sorti en 2020, était un métrage Netflix médiocre, sorte de Highlander du pauvre à la distribution fade, sans alchimie, et qui ressemblait plus à un pilote de série qu'à un blockbuster digne de ce nom.

Pour cette suite, coincée en development hell pendant quelques années, avec une réalisatrice différente... c'est la même chose, en pire. Insipide de bout en bout, avec des scènes d'action faiblardes, quelques duels à l'épée qui renforcent encore l'impression d'un succédané de Highlander, du world building qui ressemble beaucoup à du bouche-trou, et un script qui se contente de faire monter la sauce avant de botter en touche pour un troisième volet éventuel, The Old Guard 2 cumule tous les défauts du premier volet, sans en avoir les quelques qualités (à l'image de la nouvelle coupe de cheveux ratée de Charlize Theron).

Résultat, j'ai peiné à finir le film (qui ne dure pourtant que 95-100 minutes, tout compris), et je n'ai aucune envie de me montrer indulgent.

1.5/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Hello Tomorrow!, saison 1 (2023)

Publié le 10 Août 2025 par Lurdo dans Update, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, Comédie, Drame, Critiques éclair, Apple, Télévision, Review, USA

Série rétrofuturiste en 10 épisodes d'une petite demi-heure, Hello Tomorrow! fait partie de ces comédies dramatiques ambitieuses de la plateforme Apple Tv : un programme qui mêle le format dramédie court du câble à un budget effets spéciaux conséquents, et à une distribution assez prestigieuse. Le résultat, malheureusement, n'est pas totalement à la hauteur des promesses...

Hello Tomorrow !, saison 1 (2023) :

Le parcours de Jack Billings (Billy Crudup), magouilleur à la tête d'une société de vente de propriétés sur la Lune, et de son équipe de démarcheurs à domicile : Eddie (Hank Azaria), endetté par des paris sportifs, amant de Shirley (Haneefah Wood), bras droit de Billings, Herb (Dewshane Williams), vendeur hésitant à la femme enceinte, et Joey (Nicholas Podany), le fils caché de Jack, qui ignore tout de ses origines et vient de rejoindre l'équipe pour tenter de payer les soins médicaux de sa mère dans le coma. Mais Myrtle (Alison Pill), cliente mécontente, et Lester (Matthew Maher), un agent gouvernemental très à cheval sur les règles, s'opposent à eux...

Un monde rétrofuturiste présentant des années 40-50 où l'homme est bien établi sur la Lune, où les robots sont nos hommes à tout faire, où les voitures flottent au dessus du sol, etc, c'est toujours une proposition sympathique. Donc sur le papier, Hello Tomorrow avait de quoi me plaire.

Malheureusement, on sent que ce cadre intéressant n'est guère plus qu'un prétexte : les scénaristes auraient aussi bien pu échanger la Lune pour une île tropicale lointaine, et le résultat aurait été exactement le même, le gimmick rétrofuturiste en moins. Parce que oui, finalement, la série est un portait de mythomanes et de menteurs qui cherchent le bonheur et la richesse, quitte à arnaquer plus pauvre et plus désespéré que soi : le rêve américain, en somme.

À partir de là, tout l'argument lunaire devient (délibérément) secondaire. Ce qui intéresse la production, c'est Jack Billings, ses mensonges, ses arnaques, ses relations avec ses subordonnés, sa mère, son fils, ses désillusions, etc. De quoi donner à Crudup de quoi faire, mais aussi de quoi créer une rupture de ton assez flagrante : d'un côté, les scènes de Crudup, souvent mélodramatiques et de l'autre, les scènes du reste de l'équipe, avec des personnages sous-développés, fréquemment limités à un ou deux traits de caractère, à l'interprétation un peu caricaturale, et saupoudrées d'un fond de satire assez superficielle...

Par exemple, Alison Pill est excellente en Myrtle, femme au foyer névrosée et malheureuse voyant dans une propriété lunaire un moyen de s'émanciper, d'échapper à son époux et à sa vie d'épouse parfaite, etc... mais ses scènes (et sa relation avec Lester le dyslexique) semblent fréquemment appartenir à une autre série, plus comique et décomplexée (idem pour Herb et sa femme).

C'est un peu ce qui finit par plomber la série : les ruptures de ton, le contraste entre une comédie pas très assurée et un mélodrame qui évoque parfois Don Draper et ses Mad Men, et un manque de maîtrise globale de l'écriture, avec des scènes un peu abruptes, des moments qui auraient pu être retravaillés, des facilités, des éléments jamais expliqués, etc, qui font que le programme finit un peu par tourner en rond.

Peut-être qu'avec une saison 2, la série aurait trouvé ses marques. En l'état, c'est visuellement convaincant, mais globalement plus frustrant qu'autre chose.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Squid Game, saison 3 (2025)

Publié le 8 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Les bilans de Lurdo, Télévision, Corée, Review, Critiques éclair, Netflix, Drame

On ne peut pas dire que j'avais été particulièrement convaincu par la saison 2 de Squid Game, comme peut en attester ma critique en ces pages : personnages pas toujours convaincants, astuces de scénario éventées, rebondissements prévisibles... heureusement que la mécanique principale du jeu fonctionnait toujours bien et permettait de faire passer la pilule.

On remet donc le couvert, pour une ultime saison... sans grand optimisme.

Squid Game, saison 3 (2025) :

La tentative de révolte de Seong Gi-hun (Lee Jung-jae) et d'une partie des candidats a échoué, et le Squid Game se poursuit : brisé et déprimé, Seong Gi-hun doit désormais continuer la partie, malgré ses réticences et la mort de son ami Jung-bae (Lee Seo-hwan)...

Ouhlà, que j'en ai eu du mal avec cette troisième saison de Squid Game, en réalité les six épisodes de la seconde moitié d'une saison 2 artificiellement coupée en deux par Netflix lors de la production.

J'ai eu du mal, au point d'avoir fortement lutté contre une envie de faire avance rapide sur tout ce qui se déroulait hors du jeu à proprement parler : l'enquête policière, la nord-coréenne qui aide le père de la petite malade à s'échapper, et surtout, les VIP caucasiens qui regardent le spectacle. Des VIP à la post-synchro pitoyable, à l'écriture laborieuse, et qui n'apportent absolument rien à la série/saison.

Et dans le jeu en lui-même, ce n'est pas forcément meilleur : malgré ses six épisodes, la saison s'articule principalement autour de trois jeux - un grand jeu de cache-cache dans un labyrinthe, un jeu de saut à la corde au dessus du vide, et finalement, un jeu d'élimination par étapes, où les survivants doivent convenir d'un éliminé après être parvenus à un consensus.

Des jeux malheureusement présentés systématiquement de manière très prévisible, au point d'affaiblir considérablement la charge émotionnelle des différentes éliminations (ou même le message que le scénariste veut faire passer çà ou là) ; et déjà que la majorité des personnages secondaires ne sont pas forcément très attachants, quand en plus le scénariste succombe à la facilité du "j'ai prévu de tuer ce personnage à la fin de l'épisode, donnons-lui un monologue émouvant ou deux pour qu'il parte en beauté", on en vient à pousser de gros soupirs à chaque rebondissement télégraphié de manière trop balourde.

C'est probablement ça qui m'a le plus frustré dans cette saison : tout est cousu de fil blanc, ça se termine exactement comme on pouvait le deviner lorsqu'un certain nouveau participant (numérico-animatronique) est intégré de force au jeu, les antagonistes continuent d'être des caricatures ambulantes, et ça traine en long, en large et en travers, pour aboutir à des décisions ou des morts évidentes depuis le début.

Pourtant, le programme a globalement été très bien accueilli par la presse, ravie du nihilisme et des thématiques de la série. Le problème avec ça, c'est que ces mêmes thématiques, et ce même nihilisme, étaient déjà là en saison 1, et se suffisaient alors à eux-mêmes.

Tout ce qui a suivi, en fin de compte, n'a été que redondance, une redondance qui, forcément, ne fait pas du tout avancer le schmilblick.

(et puis cerise sur le gâteau, le caméo de Cate Blanchett à la toute fin... potentiellement pour un spin-off américain... je dis non. Tout simplement non.)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Ironheart, saison 1 (2025)

Publié le 6 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Action, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Science Fiction, USA, Review, Disney, MCU, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Télévision

Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.

Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.

Ironheart, saison 1 (2025) :

Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea Couleé, Sonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...

Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.

Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.

Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.

Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.

Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.

On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.

À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".

À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.

J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.

Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Les quatre saisons, saison 1 (2025)

Publié le 5 Août 2025 par Lurdo dans Télévision, Netflix, Drame, Comédie, Romance, Critiques éclair, USA, Review, Les bilans de Lurdo

Adaptation en huit épisodes d'une demi-heure du film collégial du même nom de 1981, écrit et réalisé par Alan Alda, cette version des Quatre saisons, écrite par Tina Fey et deux de ses compères (Tracey Wingfield, showrunneuse du reboot de Saved by the Bell, et Lang Fisher, scénariste sur 30 Rock, The Mindy Project et Brooklyn 99) a été diffusée sur Netflix en mai dernier, et est d'ores et déjà renouvelée pour une saison 2.

Les quatre saisons, saison 1 (The Four Seasons, season 1 - 2025) :

Tout au long d'une année complète, trois couples d'amis se retrouvent à plusieurs occasions festives, et font alors le point sur leur vie respective : Claude (Marco Calvani) s'inquiète du refus de son époux Danny (Colman Domingo) de se faire opérer du cœur et de prendre soin de soi ; Nick (Steve Carrell) et Anne (Kerri Kenney-Silver) se séparent, et Nick retrouve l'amour dans les bras d'une femme plus jeune, Ginny (Erika Henningsen) ; quant à Jack (Will Forte) et Kate (Tina Fey), leur couple semble aller très bien, mais des failles apparaissent progressivement dans ce bonheur apparent...

Une série qui se regarde assez rapidement et facilement, et qui traite de l'amour, du couple, de l'ennui, du temps qui passe, des amitiés qui évoluent, des gens qui changent, avec une distribution attachante, et des acteurs qui se connaissent très bien : on croit à ce petit groupe d'amis soudé, et même si le programme n'est pas forcément révolutionnaire ou surprenant, le tout devient une hangout comedy plutôt sympathique à suivre.

Rythmée (forcément) par les Quatre saisons de Vivaldi, la série déroule ainsi ses péripéties, consacrant deux épisodes à chaque saison : les deux premiers épisodes traitent du renouvellement surprise des vœux de mariage de Nick et Anne, alors que tout le monde sauf Anne est au courant des intentions de divorce de Nick ; les deux épisodes suivants emmènent tout le monde au soleil, tandis que Ginny tente de s'intégrer au groupe d'amis malgré la différence d'âge ; puis vient l'automne, en Nouvelle-Angleterre, à l'occasion de Thanksgiving et d'une visite des campus ; et puis, enfin, l'hiver, au ski, avec deux réveillons du Nouvel An présentés en parallèle.

De quoi placer pas mal de péripéties plus ou moins convaincantes (j'ai un peu de mal avec un certain rebondissement majeur dans l'avant-dernier épisode, et avec le tournant dramatique que prend la série à ce moment, histoire de finir la saison dans l'émotion), et se concentrer sur des couples à l'alchimie plutôt probante (j'aime beaucoup le couple Forte/Fey).

Après, si le show est relativement agréable à suivre malgré quelques facilités narratives et autres rebondissements un peu forcés (qui font très sitcom, en fait), ça reste un programme dont le sujet même parlera à un public relativement limité. J'ai envie d'utiliser le terme anecdotique, mais je trouve qu'il est un peu fort : en l'état, Les Quatre saisons est sympatoche (surtout si l'on apprécie les acteurs), mais ce n'est pas forcément indispensable.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Étoile, saison 1 (2025)

Publié le 4 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Musique, Amazon, Review, USA, France, Drame

Après Mrs Maisel, succès critique incontestable pour Amazon, Amy Sherman-Palladino a clairement eu carte blanche de la part du diffuseur, et a décidé de revenir à ses premières amours, déjà exploitées dans Bunheads : le ballet et la danse classique. 

D'où cette première saison d'Étoile, en 8 épisodes d'une heure, une saison diffusée dans l'anonymat le plus total, et annulée dans la foulée, alors qu'une saison 2 était déjà commandée. Voyons voir si le programme méritait mieux...

Étoile, saison 1 (2025) :

Pour tenter de sauver leurs compagnies respectives, Geneviève Lavigne (Charlotte Gainsbourg), du Ballet National de Paris, et Jack McMillan (Luke Kirby), du New York Metropolitan Ballet, décident d'échanger certains de leurs talents : Cheyenne Toussaint (Lou de Laâge), danseuse-étoile rebelle et activiste écolo, est envoyée à New York, tandis que Mishi Duplessis (Taïs Vinolo), fille de la Ministre de la culture française, et le chorégraphe excentrique Tobias Bell (Gideon Glick) arrivent à Paris...

Univers très élitiste, tournage en français et en anglais (et dialogues qui passent de l'un à l'autre de manière souvent aléatoire), longs passages dansés... à la base, on ne peut pas dire que Étoile se soit facilité la tâche, ou que la série se prête vraiment à un succès commercial et critique. On reste cependant dans les préoccupations et intérêts habituels des Palladino, y compris au niveau du personnage principal de la série, Cheyenne.

Après une Lorelai Gilmore qui dynamitait la haute société de sa famille, ou encore Mrs Maisel qui cassait tout sur son passage pour connaître le succès dans le monde du stand-up, on a ici Cheyenne Toussaint, danseuse française ultra-exigente et perfectionniste, écoterroriste battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, guerrière de la danse qui envoie tout et tout le monde bouler pour ne suivre que ses intuitions et ses impulsions, tsundere capricieuse qui pense avoir toujours raison...

...et cette fois-ci, c'est insupportable. Un peu comme dans le cas d'une Maisel des dernières saisons, les Palladino semblent avoir choisi une protagoniste carriériste et radicale, une femme arrogante et ambitieuse, très talentueuse mais qui a conscience de sa supériorité, assez égocentrique, et qui n'a que faire des sentiments d'autrui sur le chemin de ses objectifs. Un personnage abrasif, antipathique et cassant, qui, pour fonctionner, demanderait une interprétation charismatique et subtile, avec beaucoup de charme.

Et je ne sais pas si c'est la barrière de la langue dans l'écriture (Lou de Laâge joue en français et en anglais, et l'écriture des dialogues français est parfois assez artificielle), les différences entre le jeu français et américain, ou tout simplement un problème d'interprétation, mais Cheyenne ne fonctionne pas du tout : gueularde comme une poissonnière, toujours une expression de Grumpy Cat sur le visage, aucune alchimie avec les autres personnages, systématiquement dans le clash et le mépris, Cheyenne Toussaint ressemble à un mauvais personnage de sitcom... et ça coule une grosse majorité de la série.

Déjà que de manière générale, le programme semble ne pas savoir sur quel pied danser (!) : l'écriture semble fréquemment déséquilibrée, oscillant entre "regardez comme le ballet, c'est formidable et poétique" avec de longues plages de chorégraphie d'ailleurs très bien filmées, une comédie dans la lignée des programmes précédents du couple, et plusieurs sous-intrigues principales très inégales : d'un côté, la gestion des deux compagnies de danse, les problèmes moraux posés par le financement de Crispin (Simon Callow), mécène excentrique et oligarque louche, et la relation entre Lavigne et McMillan (pas désagréable, tout ça, et Charlotte Gainsbourg est excellente - même si ses disputes avec sa sœur sont imbuvables).

De l'autre, le quotidien des compagnies de danse ; à côté, les soucis de Mishi, sa famille bourgeoise, et la mère bricoleuse et caractérielle de Cheyenne qui l'accueille (un gros flop, tout ça, plat, sans grand intérêt, et plein d'excentricités forcées, qui retombe en plus dans les ficelles habituelles de la fille de bonne famille privilégiée qui découvre le monde, à la Rory Gilmore) ; et puis la relation qui se noue entre Tobias, le chorégraphe sur le spectre de l'autisme, et Gabin (Ivan du Pontavice), un danseur arrogant et ambitieux (plutôt amusante, cette sous-intrigue, et du Pontavice est bon dans son rôle, je dois dire).

Habituellement, l'un des points très forts des séries de Palladino et de son époux est leur distribution : le couple a toujours su dénicher des interprètes attachant(e)s, des visages mémorables, et autres character actors donnant de la personnalité et de la présence à tous les personnages secondaires peuplant ses séries.

Ici, il en va de même, on retrouve donc plusieurs des habitués des séries Palladino, en premier lieu desquels Luke Kirby (le Lenny Bruce de Mrs Maisel), mais aussi Gideon Glick (Alfie de Maisel), Yanic Truesdale (Gilmore Girls), Kelly Bishop, Connor Ratliff, etc. Autour d'eux, d'autres seconds rôles attachants, notamment David Haig. Des interprètes solides qui donnent du corps à la série (comme le font d'ailleurs les running gags, çà et là, du "tu penses qu'il/elle va revenir", ou de la danseuse accompagnée par son psy), mais systématiquement, tout tend à s'arrêter dans un grincement à chaque fois que Cheyenne entre en scène, comme un chien dans un jeu de quilles, ultra-intense avec sa démarche de camionneuse, sa moue boudeuse et son ton agressif.

Pour utiliser une image directement liée à la série : Étoile, c'est un peu comme de regarder la chorégraphie fluide et maîtrisée d'un numéro de danse (l'ensemble du show, son écriture, sa réalisation), d'admirer certains passages très réussis (certains personnages, certaines scènes), avant de remarquer que la danseuse étoile fait la gueule du début à la fin, qu'elle trébuche çà et là, qu'elle finit en pilotage automatique, et qu'elle quitte la scène en faisant des doigts d'honneur à ses collègues.

 

Alors certes, ça se regarde parce que les Palladino restent très compétents et passionnés, il y a des moments vraiment amusants et réussis, et pour peu que l'on ferme un peu les yeux sur les quelques clichés habituels des séries américaines sur Paris et la France (ainsi que sur une adaptation un peu maladroite au moment de la traduction anglais/français), ça passe, mais le personnage de Cheyenne s'est vraiment avéré un rebutoir total pour moi (surtout compte tenu de la in de la saison) - et à partir de là, difficile pour moi de m'étonner de l'annulation prématurée du programme.

Probablement la série la plus faible (ou du moins, la moins aboutie) du catalogue des Palladino (sur le même thème, Bunheads était tellement, tellement plus attachante).

 

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Critique éclair #175 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le procès du chien (2024)

Publié le 14 Juillet 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, France, Review, Drame, Suisse

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Le procès du chien (2024) :

Cosmos le chien est accusé d'avoir mordu trois personnes différentes, à des occasions différentes, et il est sur le point d'être euthanasié. Jusqu'à ce qu'Avril Lucciani (Lætitia Dosch), avocate pas très douée, décide de prendre l'affaire en main et de défendre le canidé...

Un long-métrage franco-suisse qui, plutôt que d'opter pour un traitement totalement comique de son sujet animalier (comme a pu le faire Les chèvres, par exemple), décide d'opter pour quelque chose de plus hybride, à mi-chemin entre le drame, la leçon de morale maladroite et la comédie excentrique et décalée qui tombe à plat.

Et ça ne marche pas vraiment, en fait. Alors certes, il faut ce montrer indulgent avec ce qui est un premier long-métrage pour sa réalisatrice/actrice principale, mais Le procès du chien peut se résumer en un mot : foutraque.

Personnages sous-développés, ruptures de ton improbable, vulgarité ponctuelle totalement inutile, embryons de messages et d'intentions thématiques jamais développés, réalisation faiblarde, et surtout interprétation inégale de son interprète principale (qui en plus narre le tout en voix off), tout ça ça donne un film brouillon et étrangement stérile, où les scènes et les idées se suivent de manière un peu artificielle, et qui ne convainc pas franchement.

Je suis resté à la porte du métrage.

2.25/6

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Critique éclair #168 - QUINZAINE FRANÇAISE - Heureux gagnants (2024)

Publié le 7 Juillet 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Drame, France, Review, Anthologie

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Heureux gagnants (2024) :

Un film à sketchs centré sur une seule et même thématique : des gagnants de la loterie nationale, et la manière dont ce gain bouleverse leur vie.

- À Marseille, un couple (Fabrice Eboué, Audrey Lamy) et ses enfants découvrent, dans la boîte à gants de la voiture, un vieux ticket de loterie gagnant. Mais pour empocher les 5 millions d'euros, ils doivent rejoindre au plus vite le centre de l'organisme de jeux, car le gain est sur le point d'être remis en jeu...

Un segment qui ouvre et qui conclue le film, avec un couple dans la tourmente, une poursuite en voiture, et un récit qui dégénère en braquage, un passage par la case prison, une tentative de suicide, etc. De l'humour noir, peut-être parfois un peu trop, et un peu trop mélodramatique aussi, mais ce n'est pas forcément rédhibitoire.

- Julie (Pauline Clément) vient de gagner 10 millions d'euros lorsque Thomas (Victor Meutelet), un séduisant cycliste, la renverse dans la rue. Aussitôt, c'est l'amour fou, mais la meilleure amie de Julie se méfie et redoute que Thomas soit un arnaqueur... 

Un segment prévisible à plein de niveaux, mais qui fonctionne parce que Pauline Clément est attachante et que tout le monde s'en tire bien.

- Trois terroristes incapables (Sami Outalbali, Mathieu Lourdel, Illyès Salah) sur le point de se faire exploser en public s'aperçoivent que l'un d'entre eux vient de gagner des dizaines de millions au loto...

Alors là, celui-là, j'étais dubitatif au début, et puis l'humour assez jusqu'au-boutiste a fini par emporter mon adhésion, notamment avec cette fin explosive assez drôle.

- Le personnel médical d'un Ehpad découvre l'un de ses patients, Henri, décédé alors qu'il vient de remporter 60 millions d'euros au loto. En secret, ils décident alors de se partager le pactole, mais quand un à un, les employés de l'Ehpad commencent à être victimes d'accidents mortels, les survivants s'inquiètent d'une possible vengeance venant d'outre-tombe...

Cet épisode, ça aurait pu être un épisode des Contes de la Crypte : c'est mesquin, ça monte en puissance, et ça se finit de manière assez sadique et jouissive. Réussi.

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Dans l'ensemble, une bonne surprise : je n'ai pas trouvé ça parfait, quelques ruptures de ton sont un peu déséquilibrées, et ça ne surprend pas forcément autant que cela le voudrait, mais l'humour noir et corrosif fait souvent mouche, tout le monde est juste, et j'ai passé un assez bon moment.

4/6 

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