Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
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The Crow (2024) :
Drogué enfermé dans une institution, Eric Draven (Bill Skarsgård) y croise Shelly (FKA Twigs), dans la même situation que lui, hantée par de lourds secrets et un sombre passé. C'est le coup de foudre, mais peu de temps après leur évasion de l'établissement, le couple amoureux est retrouvé par les sbires de Vincent Roeg (Danny Huston) et sauvagement assassiné. Dans l'au-delà, Eric apprend alors qu'il peut revenir parmi les vivants, porté par les ailes d'un corbeau et rendu invincible, le temps d'exercer sa vengeance...
Film culte s'il en est, The Crow (1994) n'était pas forcément un grand film ou un chef d'œuvre du Septième Art. Néanmoins, son atmosphère, son style visuel, sa bande originale, sa tragédie IRL et sa sincérité en ont fait une oeuvre à part, qu'Hollywood tente depuis de répliquer encore en encore (la copie la moins honteuse étant paradoxalement la version télévisée, qui développait un peu l'univers et son mysticisme sans se défaire du cœur du projet).
Et donc, après des années de development hell durant lesquelles pléthore de noms improbables ont été associés au projet (de Jason Momoa à Stephen Norrington, en passant par Mark Wahlberg, Bradley Cooper, Luke Evans, et bon nombre d'autres acteurs), avec ou sans James O'Barr à l'écriture... voilà le produit fini.
Rupert Sanders (Blanche-Neige et le Chasseur, Ghost in the Shell) à la barre, des scénaristes peu inspirés, une production chaotique et bancale, et un résultat... complètement raté.
En même temps, dès le début, difficile de s'intéresser à cette romance inexistante entre ces deux paumés drogués dépressifs, et notamment ce Eric Draven qui semble tout droit sorti du moule Joker Leto, couvert de tatouages edgy, avec PARIAH tatoué sur les phalanges, constamment torse nu, etc. Les deux personnages n'ont aucune alchimie (malgré le fait que le film consacre 35 minutes à leur relation), la romance est affreusement plate, il n'y a aucune montée en puissance, bref, les personnages sont ratés, à l'image de Danny Huston en grand méchant aux pouvoirs sataniques... qu'il n'utilise jamais vraiment de manière probante.
Ajoutez à cela une bande originale peu pertinente et un film particulièrement mal rythmé : 35 minutes de mise en place, Draven est tué, passe dans l'au-delà, revient à la vie, tente de se venger, est tué, revient dans l'au-delà, fait un pacte avec une force surnaturelle, revient à la vie, se maquille en Crow sur du Enya, et se venge enfin, au bout de 75 minutes, lors d'une scène à l'opéra gratuitement gore et numérique, sorte de violence à la John Wick, mais en plus mou et nettement moins rythmé...
... et puis ensuite, il faut se dépécher de finir le film : en quinze minutes, Draven retrouve le méchant, l'emmène avec lui dans l'au-delà, et paf, générique de fin sur une fin ouverte à la con.
Honnêtement, même sans la moindre comparaison avec l'original, ce Crow 2024 un vrai ratage spectaculaire, tiré vers le fond par une esthétique pub de parfum, des acteurs impassibles, un rythme inexistant, une romance qui l'est tout autant, et une charge émotionnelle négative.
À la limite, on m'aurait dit "c'est un métrage uniquement produit pour garder les droits d'exploitation de la franchise, comme pour Hellraiser, Children of the Corn, Leprechaun ou autres franchises de ce genre", je me serais montré plus indulgent.
1.5/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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