Série HBO Max en une seule saison de 8 épisodes de 25-30 minutes, The Franchise, une satire du monde des films de superhéros a été créée par Jon Brown, et showrunnée par Brown, Armando Ianucci et Sam Mendes.
Un projet qui arrive un peu après la bataille (depuis 2020, c'est devenu à la mode de se moquer allègrement des films de superhéros et de leur production, donc ce projet était-il bien nécessaire ?), surtout après le flop d'Avenue 5, la comédie spatiale de Brown et Ianucci. Mais bon, visiblement, le succès de Succession permet à Brown d'avoir carte blanche... et The Franchise en est le résultat.
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The Franchise, saison 1 :
En arrivant sur le tournage de Tecto, le dernier blockbuster d'une immense franchise superhéroïque, Dag (Lolly Adefope) découvre le chaos ambiant qui règne sur le tournage : les acteurs - le prétentieux Peter Fairchild (Richard E. Grant), Adam (Billy Magnussen), pas très brillant -, le réalisateur Eric Bouchard (Daniel Brühl), persuadé d'être un génie, Steph (Jessica Hynes), responsable du scénario et assistante personnelle du réalisateur, Pat (Darren Goldstein), un cadre du studio, Anita (Aya Cash), la nouvelle productrice exécutive... et Daniel Kumar (Himesh Patel), premier AD, qui gère au jour le jour l'ensemble du tournage...
En regardant Avenue 5, je concluais par "il arrive un moment où le chaos organisé et hystérique autour de personnages incompétents, ça lasse", qui résumait peu ou prou l'essentiel de la série spatiale.
Pour The Franchise, la recette est la même : à un degré ou à un autre, quasiment tous les personnages sont mesquins, égocentriques, incompétents (c'est d'autant plus flagrant pour le personnage de Dag, initialement introduite comme référent du public, mais qui presque aussitôt devient une machine à one-liners sarcastiques, ambitieuse mais étrangement dénuée de talent, totalement dans sa bulle et indifférente au sort de la production, une assistante qui se montre cassante et méprisante envers tout et tout le monde, et que les scénaristes trouvent clairement hilarante - elle m'a paru insupportable ; n'est pas April Ludgate qui veut) et, peut-être plus embêtant, ils sont tous affreusement cyniques et désabusés et savent pertinemment qu'ils tournent de la m*rde.
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C'est assez symptomatique de la série dans son ensemble, d'ailleurs ; ici, l'objectif est clairement de satiriser/de se moquer des productions superhéroïques, et de Marvel en particulier (ça se moque très légèrement de DC, en parlant de la Kumar-cut, mais pas trop, Warner/HBO oblige) et les scénaristes recyclent donc tous les gros titres et les critiques qui ont entouré le MCU ces 15 dernières années : univers connecté, superhero fatigue, manque de personnages féminins, héros sous stéroïdes, fanboys dangereux et extrémistes, rivalités internes, les déclarations de Scorsese, etc, le tout encadré par un Pat clairement modelé (du moins physiquement) sur Kevin Feige.
Sauf que ça s'arrête plus ou moins à ce degré de lecture : des gros titres transformés en gags passagers, des situations superficielles et des personnages sommaires, des caméos assez quelconques (Nick Kroll, Katherine Waterston), et des sous-intrigues pas terribles, comme l'obsession de Steph pour un figurant, qui finit par se transformer en aventure à sens unique.
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Alors, occasionnellement, on sourit, surtout si l'on est familier avec tout cet univers de la production ciné et/ou des films de superhéros, et aussi parce que Brühl et Grant sont excellents. Mais on a aussi fréquemment l'impression que la satire de Ianucci et Brown se limite trop souvent à "regardez comme ces gens sont stupides et pathétiques, c'est drôle".
Et bien pas tant que ça, en fait. J'ai même envie de dire que les segments courts diffusés dans le générique de fin de chaque épisode sont probablement plus drôles et réussis que le reste de la série, ce qui est assez problématique : la série en elle-même finit ainsi par paraître assez plate et inerte, une satire ultra-superficielle et creuse d'un genre cinématographique et de sa production... ce qui explique probablement pourquoi elle a été annulée au terme de cette saison 1.
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