Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
An American in Austen (2024) :
Bibliothécaire et romancière en panne d'inspiration, Harriet (Eliza Bennett) laisse la proposition de mariage de son compagnon en suspens, puis s'endort dans un taxi... pour se réveiller dans son roman préféré, Orgueil et préjugés, de Jane Austen. Accueillie par la famille Bennet comme leur cousine d'Amérique, elle revit alors toute l'intrigue du roman, apportant au passage une touche de modernité dans la vie des sœurs Bennet, et menaçant de chambouler tout le déroulement du récit... surtout quand Mr Darcy (Nicholas Bishop) entre en scène et s'éprend d'elle et de son manque de manières.
Pour son cycle dédié à Jane Austen, en février 2024, Hallmark a produit quatre téléfilms, dont cet An American in Austen, coproduit avec Sarah Ferguson, la Duchesse d'York, et mettant en vedette Eliza Bennett, actrice anglaise jouant ici une Américaine.
Le résultat : une variation très sympathique sur un thème similaire à la mini-série anglaise Lost in Austen, avec un récit au ton peu sérieux, une actrice principale toujours très sympathique, et une distribution secondaire qui se prend au jeu et interprète le tout avec bonne humeur.
C'est agréable, et l'on ne s'ennuie pas même si l'on ne partage pas cette fascination anglo-saxonne pour Jane Austen, et même si l'on peut regretter une distribution masculine un peu fade, comme souvent dans de telles productions.
4/6
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His and Hers (2024) :
Avocats spécialisés dans les divorces, Mark (Brennan Elliott) et son épouse Dana (Lacey Chabert) se retrouvent des deux côtés d'un procès ultra-médiatisé, celui de deux stars de télé-réalité, Tabby et Brett Noble (Stephanie Bennett, Clayton James). De quoi semer la zizanie dans leur vie privée comme dans leur vie professionnelle...
Après une poignée de films Hallmark tournés ensemble (les trois All of my Heart, la série des Crossword Mysteries), Lacey Chabert et Brennan Elliott remettent le couvert, sur un ton beaucoup plus léger et second degré, ce qui d'ores et déjà rend le tout nettement plus sympathique que la moyenne du genre.
Ici, on est largement plus proche d'une série juridique façon David E. Kelley, avec clients excentriques, stratégies bancales, etc, voire même d'un backdoor pilot pour toute une série de téléfilms sur ce couple, que d'une rom-com basique de la chaîne.
Le couple formé par Elliott et Chabert a une bonne alchimie, forcément, les personnages sont adultes, matures, sans être ennuyeux, ils règlent leurs conflits et disputes par des discussions rapides et claires, bref, ça change, c'est agréable, les deux stars de tv-réalité sont amusantes, et dans l'ensemble, même si le script ne surprend pas réellement, tout ça se regarde très facilement.
4/6
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Love's Second Act (2024) :
Jamie (Jodie Sweetin), réalisatrice tentant de mettre sur pied son premier film, revient dans sa ville natale pour trouver l'inspiration. Elle renoue alors avec Nick (Tilky Jones), son ex-petit ami, qui se bat actuellement pour maintenir en activité le cinéma de la bourgade...
Téléfilm indépendant qui a fini par être acheté par GAF, Love's Second Act est... médiocre, au mieux.
Pas tant pour Sweetin, qui met comme toujours de la bonne humeur et du naturel dans son rôle, mais plus pour tout le reste : le postulat de départ est artificiel ("le studio accepte de produire le film que j'écris, mais seulement si je leur livre le script final dans cinq jours"), la résolution est improbable, ça sent fréquemment le script bricolé pour être tourné à n'importe quelle période de l'année en fonction des disponibilités (il y a quelques décorations automnales, les extérieurs sont verdoyants et printaniers, mais il y a aussi un concours de maison de pain d'épices très hivernal), le rythme est mollasson, et surtout, le vrai souci : l'interprétation de la moitié du cast secondaire.
Je ne sais pas si c'est dû aux acteurs, à leur direction, au montage ou au fait qu'une grosse partie des dialogues, surtout extérieurs, semble avoir été reprise en studio de manière approximative, mais ça sonne régulièrement faux ou étrangement bancal. Tilky Jones, notamment, ne convainc pas vraiment.
Un énorme bof, donc, pour ce métrage, qui confirme que Sweetin peine vraiment à trouver des scripts à la hauteur de son potentiel comique.
2/6 + 0.25 pour JP Manoux, amusant en producteur exubérant = 2.25/6
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The Magic of Lemon Drops (2024) :
Jeune pâtissière, Lolly (Lyndsy Fonseca) reçoit en cadeau de sa tante quatre bonbons magiques qui, lorsque Lolly en avale un avant de se coucher, lui permettent de vivre une nouvelle vie pour un jour : la sienne, si elle avait fait d'autres choix de vie à des moments cruciaux...
Une adaptation de roman assez quelconque pour Hallmark, en mode "et si on refaisait ce bon vieux gimmick des réalités alternatives, que l'on aime tant à Noël, mais sous un prétexte bancal", avec donc une vie où l'héroïne connaît un succès professionnel incroyable, une autre où sa mère décédée est encore en vie, et une dernière où elle est mère de famille avec l'homme de ses rêves... et voilà, c'est à peu près tout.
Il n'y a pas grand chose d'intéressant dans tout ça, si ce n'est des moments d'exposition laborieux, une mise en place assez molle, une garde-robe surannée et surtout un couple principal sans grande alchimie.
D'autant plus étrange que le métrage a plutôt bien été accueilli outre-Atlantique. M'enfin bon...
2.25/6
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My Dreams of You (2024) :
Auteure en manque d'inspiration, contrainte de passer de petit job en petit job pour subsister, Grace (Skyler Samuels) rêve chaque nuit d'un même homme, Michael (Kapil Talwalkar), qu'elle n'a jamais rencontré. C'est là le résultat d'une mauvaise manœuvre d'Alura (Cecilia Lee), conceptrice de rêves débutante, qui, alors même que Grace part pour retrouver le mystérieux homme de ses rêves, doit désormais tenter de l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard, et que l'ordre cosmique établi ne soit bouleversé...
Une romcom Hallmark au concept de base intéressant (le côté administration bordélique et vintage de l'Au-delà/du monde onirique/etc, ça fonctionne toujours), à l'actrice principale sympatoche (Les neuf vies de Chloé King)... mais qui ne fonctionne pas forcément très bien.
Je ne sais pas si c'est la photographie terne, le cadrage très serré, l'intrigue déséquilibrée (toute la première demi-heure est intégralement centrée sur l'héroïne, qui décide de tout lâcher pour traverser le pays et rencontrer l'homme de ses rêves, en mode quasi-stalker naïve... alors qu'il aurait suffi de montrer Michael hanté par un vague souvenir de ses rêves pour rééquilibrer le tout), le parallèle faiblard entre Grace et Alura (toutes deux manquant d'expérience de la vie et du monde) ou simplement le postulat très artificiel du récit, mais quelque chose n'a pas vraiment fonctionné sur moi, malgré une sous-intrigue fantastique amusante qui suit les personnages d'une administration des rêves très 50s-60s.
Ou alors, c'est le premier rôle masculin, décrit par les personnages comme un musicien particulièrement séduisant et à tomber par terre... mais dans les faits, si l'acteur n'est pas désagréable et est tout à fait compétent, il n'a pas grand charisme, grande alchimie avec Skyler Samuels et doit composer avec des chansons insipides et médiocres.
Bof, au final.
2.75/6 (pour les personnages oniriques)
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Le Trésor de Bella Vista (The Secrets of Bella Vista - 2022) :
Spécialiste en antiquités, Tess (Rachelle Lefevre) apprend un jour qu'elle est la propriétaire de la moitié d'une luxueuse exploitation agricole, Bella Vista, héritage d'un père qu'elle n'a jamais connu. Mais sur place, en rencontrant sa demi-sœur, elle apprend que l'exploitation est sur le point de faire faillite... mais qu'un trésor est peut-être dissimulé sur place.
Diffusé la même année que le Coup de foudre en Bretagne dans lequel Rachelle Lefevre tenait aussi le rôle principal, The Secrets of Bella Vista est une production Hallmark Movies & Mysteries... avec ce que ça comporte de cahier des charges inévitable.
Secrets de famille, intrigue plus sérieuse et mélodramatique, romance passant largement au second plan, échanges larmoyants et quelques clichés récurrents des romcoms Hallmark, comme l'héroïne qui doit faire son choix entre une promotion et le cocon familial, blablabla.
Bref, ce n'est pas mauvais en soi, si l'on apprécie le genre, mais rien de très mémorable, malgré une interprète principale sympathique et ses bff lesbiennes (dont une actrice revue dans Junebug).
3/6 (par contre, toute l'histoire des riches banquiers juifs qui ont fui l'Holocauste, etc... mwébof)
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Junebug (2024) :
Juniper (Autumn Reeser), éditrice dans une maison de publication, se réveille un beau matin avec une fillette (Mila Jones) dans sa chambre : elle-même, alors qu'elle n'avait que 8 ans, une apparition invoquée par l'ouverture récente et nostalgique d'une boîte à trésor que Juniper avait enterrée, et dans laquelle elle redécouvre les rêves de son enfance. Avec l'aide de cette vision enfantine et d'un séduisant peintre urbain (Aaron O'Connell), Juniper va alors renouer avec sa passion pour l'écriture et l'imaginaire...
Un téléfilm romantique Hallmark sur le pouvoir de l'imagination, de la lecture, l'importance de garder son âme d'enfant, le tout avec un couple principal sympathique... et pourtant, ça reste très moyen, tout ça.
Je ne sais pas, c'est peut-être le fait que le tout soit très dérivatif du La mélodie de la vie de Lifetime (1999), que le séduisant pseudo-Banksy soit finalement sous-développé, ou bien c'est plus simplement parce que j'ai eu l'impression que le postulat de départ était sous-exploité (la fillette est bonne actrice et sympathique, mais elle disparaît en grande partie du récit une fois que la romance se déclenche réellement).
Quoi qu'il en soit, au final, le tout manque de moments vraiment marquants, malgré une Reeser toujours attachante.
3/6
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Adaptation libre du Décameron (recueil de nouvelles italiennes de Giovanni Boccacio publié au 14e siècle et ayant récemment inspiré le quelconque Les bonnes sœurs) par la showrunneuse de Teenage Bounty Hunters (et avec Jenji Kohan à la production), cette mini-série en huit épisodes d'une heure, produite pour Netflix, garde le cadre et le ton de l'œuvre originale, plutôt que les événements ou les récits exacts, pour proposer un récit collégial au carrefour des genres, à mi-chemin entre la comédie décomplexée, la romance impossible et la tragédie dramatique, le tout saupoudré de satire sociale et de guerre des classes...
Le Décaméron, saison 1 (The Decameron - 2024) :
Alors que la peste noire ravage l'Italie, Licisca (Tanya Reynolds), servante, fuit Florence avec sa maîtresse Filomena (Jessica Plummer) pour se réfugier dans la Villa Santa, possédée par Leonardo, un parent éloigné de cette dernière. Lasse d'être méprisée, elle finit cependant par pousser sa maîtresse arrogante d'un pont et endosse alors son identité. Sur place, elle rencontre Pampinea (Zosia Mamet), noble égocentrique promise à Leonardo, et sa fidèle servante Misia (Saoirse-Monica Jackson) ; Tindaro (Douggie McMeekin), homme-enfant immature et Dioneo (Amar Chadha-Patel), son médecin particulier musclé et séduisant ; le calculateur Panfilo (Karan Gill), aux penchants homosexuels dissimulés, et son épouse Neifile (Lou Gala), pieuse et en manque de sexe ; Stratilia (Leila Farzad), la cuisinière sarcastique de la Villa ; et Sirisco (Tony Hale), l'intendant en charge du domaine... Seul problème : Leonardo est récemment mort de la peste, mais Sirisco est le seul à le savoir, après avoir jeté le corps dans les douves de la Villa... et Filomena finit par arriver au château, où elle est prise pour la servante de sa "maîtresse".
Une vraie bonne surprise que cette mini-série Netflix historico-comique assez polarisante : on adhère ou pas au délire ambiant mais, dans mon cas, l'équilibre improbable de ce programme a bien fonctionné.
Comme je le mentionnais en introduction, le show est en effet constamment sur le fil du rasoir ; après une mise en place plus comique et caricaturale, bien portée par des acteurs n'hésitant pas à forcer le trait lorsque nécessaire, la série prend progressivement un virage plus sérieux, et ce dès le troisième épisode.
Un épisode qui commence pourtant par des coucheries dans tous les sens... mais devient rapidement plus intense et dramatique, voire même parfois touchant.
Cette tendance se confirme ensuite, alors que se multiplient les secrets, les mensonges, les morts, les humiliations et les confessions dans le cadre de cet environnement clos, de ce confinement pandémique qui permet ainsi aux personnages d'évoluer, de se révêler, de se développer et de changer, voire de se transcender, le tout sans se défaire d'une approche décalée et improbable de la fiction "historique" : alors que les costumes et les décors sont somptueux, l'illustration musicale alterne entre le Concerto pour mandoline de Vivaldi, qui sert de thème principal, et des classiques 80s (Depeche Mode, Pixies, Enya, etc).
Le décalage ainsi créé permet ainsi à la série de passer lentement de la satire à une méditation sur l'amour, le deuil et l'isolation, sans jamais oublier d'être amusante : les acteurs (en grande partie issus de la télévision anglaise) sont excellents (mention spéciale à Tony Hale, qui compose ici un personnage bien éloigné de ses rôles précédents), parviennent à maîtriser tant le versant comique que l'aspect tragique de leur personnage, et le scénario n'hésite pas à sacrifier certains d'entre eux au gré de sa progression, ici sous les coups d'une lame, là à cause de la maladie...
Ajoutez à cela un joli générique animé à base de rats, et voilà, une fresque satirique en costumes qui intrigue, divertit et touche tout au long de ses 8 épisodes... ou presque.
Si je peux reprocher quelque chose de tangible à la série, en effet, c'est peut-être son format : le récit multiplie un peu trop ses rebondissements, avec des personnages qui quittent la villa, y reviennent, repartent, etc, et des éléments parfois un peu répétitifs : six épisodes auraient peut-être été préférables, et permis d'éviter quelques longueurs redondantes, ainsi que certains personnages un peu girouettes, qui finissent par changer d'avis comme de chemise, histoire de bien renforcer à quel point ils méritent leur sort final.
Mais sinon, comme je le disais, une bonne surprise, dans l'ensemble, et un projet unitaire bien maîtrisé (dommage que la showrunneuse n'ait pas décroché le poste de showrunneuse de la future série Harry Potter de HBO, à la place de Francesca Gardiner, à l'expérience somme tout plus limitée).
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