Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Le Trésor de Bella Vista (The Secrets of Bella Vista - 2022) :
Spécialiste en antiquités, Tess (Rachelle Lefevre) apprend un jour qu'elle est la propriétaire de la moitié d'une luxueuse exploitation agricole, Bella Vista, héritage d'un père qu'elle n'a jamais connu. Mais sur place, en rencontrant sa demi-sœur, elle apprend que l'exploitation est sur le point de faire faillite... mais qu'un trésor est peut-être dissimulé sur place.
Diffusé la même année que le Coup de foudre en Bretagne dans lequel Rachelle Lefevre tenait aussi le rôle principal, The Secrets of Bella Vista est une production Hallmark Movies & Mysteries... avec ce que ça comporte de cahier des charges inévitable.
Secrets de famille, intrigue plus sérieuse et mélodramatique, romance passant largement au second plan, échanges larmoyants et quelques clichés récurrents des romcoms Hallmark, comme l'héroïne qui doit faire son choix entre une promotion et le cocon familial, blablabla.
Bref, ce n'est pas mauvais en soi, si l'on apprécie le genre, mais rien de très mémorable, malgré une interprète principale sympathique et ses bff lesbiennes (dont une actrice revue dans Junebug).
3/6 (par contre, toute l'histoire des riches banquiers juifs qui ont fui l'Holocauste, etc... mwébof)
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
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Junebug (2024) :
Juniper (Autumn Reeser), éditrice dans une maison de publication, se réveille un beau matin avec une fillette (Mila Jones) dans sa chambre : elle-même, alors qu'elle n'avait que 8 ans, une apparition invoquée par l'ouverture récente et nostalgique d'une boîte à trésor que Juniper avait enterrée, et dans laquelle elle redécouvre les rêves de son enfance. Avec l'aide de cette vision enfantine et d'un séduisant peintre urbain (Aaron O'Connell), Juniper va alors renouer avec sa passion pour l'écriture et l'imaginaire...
Un téléfilm romantique Hallmark sur le pouvoir de l'imagination, de la lecture, l'importance de garder son âme d'enfant, le tout avec un couple principal sympathique... et pourtant, ça reste très moyen, tout ça.
Je ne sais pas, c'est peut-être le fait que le tout soit très dérivatif du La mélodie de la vie de Lifetime (1999), que le séduisant pseudo-Banksy soit finalement sous-développé, ou bien c'est plus simplement parce que j'ai eu l'impression que le postulat de départ était sous-exploité (la fillette est bonne actrice et sympathique, mais elle disparaît en grande partie du récit une fois que la romance se déclenche réellement).
Quoi qu'il en soit, au final, le tout manque de moments vraiment marquants, malgré une Reeser toujours attachante.
3/6
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Adaptation libre du Décameron (recueil de nouvelles italiennes de Giovanni Boccacio publié au 14e siècle et ayant récemment inspiré le quelconque Les bonnes sœurs) par la showrunneuse de Teenage Bounty Hunters (et avec Jenji Kohan à la production), cette mini-série en huit épisodes d'une heure, produite pour Netflix, garde le cadre et le ton de l'œuvre originale, plutôt que les événements ou les récits exacts, pour proposer un récit collégial au carrefour des genres, à mi-chemin entre la comédie décomplexée, la romance impossible et la tragédie dramatique, le tout saupoudré de satire sociale et de guerre des classes...
Le Décaméron, saison 1 (The Decameron - 2024) :
Alors que la peste noire ravage l'Italie, Licisca (Tanya Reynolds), servante, fuit Florence avec sa maîtresse Filomena (Jessica Plummer) pour se réfugier dans la Villa Santa, possédée par Leonardo, un parent éloigné de cette dernière. Lasse d'être méprisée, elle finit cependant par pousser sa maîtresse arrogante d'un pont et endosse alors son identité. Sur place, elle rencontre Pampinea (Zosia Mamet), noble égocentrique promise à Leonardo, et sa fidèle servante Misia (Saoirse-Monica Jackson) ; Tindaro (Douggie McMeekin), homme-enfant immature et Dioneo (Amar Chadha-Patel), son médecin particulier musclé et séduisant ; le calculateur Panfilo (Karan Gill), aux penchants homosexuels dissimulés, et son épouse Neifile (Lou Gala), pieuse et en manque de sexe ; Stratilia (Leila Farzad), la cuisinière sarcastique de la Villa ; et Sirisco (Tony Hale), l'intendant en charge du domaine... Seul problème : Leonardo est récemment mort de la peste, mais Sirisco est le seul à le savoir, après avoir jeté le corps dans les douves de la Villa... et Filomena finit par arriver au château, où elle est prise pour la servante de sa "maîtresse".
Une vraie bonne surprise que cette mini-série Netflix historico-comique assez polarisante : on adhère ou pas au délire ambiant mais, dans mon cas, l'équilibre improbable de ce programme a bien fonctionné.
Comme je le mentionnais en introduction, le show est en effet constamment sur le fil du rasoir ; après une mise en place plus comique et caricaturale, bien portée par des acteurs n'hésitant pas à forcer le trait lorsque nécessaire, la série prend progressivement un virage plus sérieux, et ce dès le troisième épisode.
Un épisode qui commence pourtant par des coucheries dans tous les sens... mais devient rapidement plus intense et dramatique, voire même parfois touchant.
Cette tendance se confirme ensuite, alors que se multiplient les secrets, les mensonges, les morts, les humiliations et les confessions dans le cadre de cet environnement clos, de ce confinement pandémique qui permet ainsi aux personnages d'évoluer, de se révêler, de se développer et de changer, voire de se transcender, le tout sans se défaire d'une approche décalée et improbable de la fiction "historique" : alors que les costumes et les décors sont somptueux, l'illustration musicale alterne entre le Concerto pour mandoline de Vivaldi, qui sert de thème principal, et des classiques 80s (Depeche Mode, Pixies, Enya, etc).
Le décalage ainsi créé permet ainsi à la série de passer lentement de la satire à une méditation sur l'amour, le deuil et l'isolation, sans jamais oublier d'être amusante : les acteurs (en grande partie issus de la télévision anglaise) sont excellents (mention spéciale à Tony Hale, qui compose ici un personnage bien éloigné de ses rôles précédents), parviennent à maîtriser tant le versant comique que l'aspect tragique de leur personnage, et le scénario n'hésite pas à sacrifier certains d'entre eux au gré de sa progression, ici sous les coups d'une lame, là à cause de la maladie...
Ajoutez à cela un joli générique animé à base de rats, et voilà, une fresque satirique en costumes qui intrigue, divertit et touche tout au long de ses 8 épisodes... ou presque.
Si je peux reprocher quelque chose de tangible à la série, en effet, c'est peut-être son format : le récit multiplie un peu trop ses rebondissements, avec des personnages qui quittent la villa, y reviennent, repartent, etc, et des éléments parfois un peu répétitifs : six épisodes auraient peut-être été préférables, et permis d'éviter quelques longueurs redondantes, ainsi que certains personnages un peu girouettes, qui finissent par changer d'avis comme de chemise, histoire de bien renforcer à quel point ils méritent leur sort final.
Mais sinon, comme je le disais, une bonne surprise, dans l'ensemble, et un projet unitaire bien maîtrisé (dommage que la showrunneuse n'ait pas décroché le poste de showrunneuse de la future série Harry Potter de HBO, à la place de Francesca Gardiner, à l'expérience somme tout plus limitée).
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