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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Andor, saison 2 (2025)

Publié le 3 Septembre 2025 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Disney, Star Wars, Science Fiction, Politique, Review, USA

La revoilà enfin : Andor, la meilleure série de tout l'univers Star Wars, voire même la meilleure production de toute la franchise Star Wars selon les critiques et les fans, un programme sombre, réaliste, subtil et épique à la fois, avec des personnages ambigus et profonds, tout en nuances de gris ; une série dramatique de guerre et d'espionnage, qui ose montrer la réalité de la résistance à une force d'occupation et à un gouvernement tyrannique, qui se passe de la magie immature de la Force et des Jedis pour illustrer le vrai coût de la guerre et le sens du sacrifice, un triomphe d'écriture palpitant et tendu, bref, un chef d'œuvre incontesté du petit écran !

Ou pas.

Andor, saison 2 (2025) : 

Je me suis en effet déjà exprimé sur la première saison d'Andor, qui m'avait laissé d'autant plus mitigé que j'avais visionné le programme tardivement, en ayant conscience de la pluie de louanges et des critiques extatiques et dithyrambiques... là, on reprend les mêmes et on recommence, pour une seconde et ultime fournée, avec 12 épisodes de 45-60 minutes, divisés et diffusés en quatre arcs narratifs de trois épisodes, narrant (entre autres) la progression de la "carrière" de rebelle de Cassian Andor.

- Un an après les événements de Ferrix, Cassian Andor (Diego Luna) se fait passer pour un pilote impérial et dérobe un prototype de Tie Avenger, mais s'écrase sur Yavin et tombe aux mains de rebelles belliqueux ; dans une ferme de Mina-Rau, Bix (Adria Arjona) craint l'arrivée d'une patrouille impériale venue faire l'inventaire, et traquer d'éventuels employés sans papiers ; Mon Mothma (Genevieve O'Reilly) prépare le mariage de sa fille ; Dedra (Denise Gough) est affectée à un projet secret visant à exploiter les minérais rares de la planète Ghorman...

Premier arc... et ce n'est pas très intéressant, tout ça. Hormis le vol de l'Avenger, la sous-intrigue de Cassian l'embourbe pendant un épisode et demi dans des conflits intestins entre des rebelles incompétents et stupides (une constante, dans cette saison - l'incompétence de tout le monde) : il reste à la marge, attend son moment, et s'évade, très (trop) simplement.

La sous-intrigue de Bix a étrangement généré chez moi des réminiscences de Rebel Moon, heureusement très passagères (encore que le viol, sérieusement, bonjour le cliché) ; les mondanités et tergiversations de Mothma, le mariage à rallonge, et le bal en mode trance ringarde n'aident pas et le côté "routine du quotidien" des Impériaux ne m'a pas passionné.

Ça se décoince un peu sur tous les fronts à la fin du troisième épisode, mais le reste du temps, on est dans de la reprise mollassonne, et l'on ne m'enlèvera pas de l'idée que ces 2 h 30-3 h de métrage auraient facilement pu être divisées par deux par un scénariste plus concis. "People fail."... ouép. 

- Un an plus tard, envoyé sur Ghorman pour y rencontrer la résistance locale, Cassian laisse derrière lui Bix, qui sombre dans la drogue et souffre des séquelles de ce qu'elle a subi... en parallèle, Dedra, Syril (Kyle Soller) et les Impériaux tendent un piège à la résistance de Ghorman.

Jamais le ressenti "Tony Gilroy, son frère et leur équipe se contentent d'écrire des scripts d'une série historique sur la Seconde Guerre Mondiale, en changeant les noms et les lieux" n'aura été aussi évident et présent que dans cet arc narratif sur Ghorman, sa haute-couture, sa résistance incompétente et râleuse à bérets, et ses accents français. Une majorité des critiques et des spectateurs a trouvé ce parallèle avec la Résistance française génial et inspiré, j'ai trouvé le tout pataud et évident. Mais bon.

Trois épisodes qui, encore une fois, auraient pu être résumés en 90 minutes, avec une utilisation là aussi télégraphiée du cliché "bury your gays" (qui voit Varada Sethu revenir pour une scène de dialogues et d'émotion, avant d'être tuée d'une manière assez piteuse sur la lancée), et une sous-intrigue sur Saw Guerrera sans grand intérêt, si ce n'est de donner à Forrest Whitaker un monologue déglingué totalement gratuit.

À nouveau, dans tout ça, Cassian fait presque de la figuration, Diego Luna n'ayant l'occasion d'exister que dans une poignée de scènes, lors d'une confrontation ou deux avec Luthen (Stellan Skarsgard)... et malgré toutes les critiques parlant d'une tension extrème et constante, j'ai au contraire trouvé le tout relativement plat dans son rythme et sa mise en images.

- Un an plus tard, le retour de Wilmon (Muhannad Ben Amor) sur Yavin incite Cassian à retourner sur Ghorman pour y assassiner Dedra, alors même que la situation y est de plus en plus tendue entre la Résistance locale et l'Empire, qui pousse les autochtones à la faute. Et lorsque tout dégénère, il reçoit pour mission de faciliter l'extraction de Mon Mothma après un discours controversé au Sénat...

C'est compliqué, tout ça. Progressivement, on sent que Tony Gilroy et son équipe tentent de rattacher les wagons à Rogue One, de faire de Cassian un héros réticent au destin unique (tout le passage avec la soigneuse mystique qui lui prédit un destin héroïque) tout en appliquant des parallèles évidents avec notre monde contemporain (le speech balourd de Mothma sur les fake news, la post-vérité, etc, qui se veut grandiose et percutant, mais manque fortement de subtilité et a déjà été fait de nombreuses fois), mais il y a toujours un vrai problème de rythme, d'écriture des personnages secondaires et de tension.

Des problèmes intrinsèquement liés, à vrai dire : c'est bien gentil de passer autant de temps à nous refaire la France résistante, avec ses grèves, ses manifestations, ses toits si parisiens, etc, mais jamais les scénaristes ne parviennent à rendre le moindre de ces résistants incompétents un tant soit peu intéressants ou caractérisés.

Ce qui fait que, lorsque la tension est supposée monter, et que la manifestation vire au massacre, on s'en tape un peu, à vrai dire (quand bien même ce serait assez réussi à l'écran). Tout au plus s'intéresse-t-on à Syril, qui semble soudain réaliser qu'il fait partie des méchants... mais comme (un peu comme dans le cas de Cinta Kaz) il est immédiatement éliminé de manière très prévisible, on se dit "tout ça pour ça".

Et puis ensuite, on a droit au grand discours de Mothma au Sénat, à nouveau un épisode qui tente de faire monter la tension... mais n'y parvient pas réellement, faute d'une mise en images vraiment dynamique (l'extraction de Mothma manque vraiment de nervosité). Cassian, lui, refuse toujours de s'engager dans la Rebellion et se fait plaquer - pas grand intérêt, en soi, que ce soit à cause du développement bancal de Bix, du manque d'alchimie entre elle et Cassian, ou encore du fait que tout ça est inévitable pour que Cassian soit en solo dans Rogue One, etc.

- Un an plus tard, Luthen reçoit des informations capitales sur la nature réelle des projets de l'Empire : la création d'une arme titanesque, l'Étoile Noire. Mais alors qu'il tente de transmettre ses informations à la Rebellion, l'étau se resserre soudain autour de lui.

Trois épisodes nettement plus courts (40-45 minutes) pour boucler la boucler, éliminer tous les personnages superflus, et toutélier le tout à Rogue One... et le résultat n'est pas désagréable, mais reste mitigé.

Ces épisodes restent en effet malheureusement tributaires de la saison qui les précède, et de cette caractérisation si particulière qui fait que tous les personnages sont fréquemment incompétents (parce que "people fail"). Une grosse partie de cet arc repose ainsi sur Luthen et son "assistante" Kleyla (Elizabeth Dulau), et sur leurs liens quasi-familiaux narrés en flashback - ça se veut dramatique et touchant, avec Luthen en ex-soldat impérial dégoûté par les exactions de ses semblables, et ayant pris Kleyla l'orpheline sous son aile pour en faire une Rebelle, mais un peu comme pour le reste, ça arrive trop tard pour vraiment convaincre.

Le "sacrifice" de Luthen paraît ainsi mal conçu (que ce soit la destruction avortée de sa boutique, son hara-kiri maladroit, etc, on se dit que c'est très amateur), la mission de Kleyla pour l'achever repose entièrement sur l'incompétence des Impériaux et du personnel hospitalier, leur relation n'émeut pas vraiment (mais encore une fois, je ne me suis pas attaché à un seul personnage secondaire de la série, donc...), le sauvetage de Kleyla par Cassian et son compère est tout aussi mal organisé, les querelles intestines des Rebelles restent agaçantes et le tout se termine de manière un peu ronflante, par un montage au ralenti quelques instants avant que ne débute Rogue One. Ah, et il y a un bébé surprise qui n'apporte rien.

Mouais.

--- Bilan ---

Je reste donc sur toutes mes impressions de la saison 1 : Andor, c'est trop. Trop de digressions en tous genres, trop de remplissage, trop de personnages secondaires mal développés ou inutiles au récit, trop de quotidien sans intérêt, un personnage principal trop peu présent, et surtout trop de tentatives de faire une œuvre adulte, sérieuse et dramatique aux allures de drame historique convenu.

C'est forcé, voilà. Je conçois totalement que l'on accroche à cette approche, surtout quand, comme de nombreux fans, on cherche à grapiller de la respectabilité et à convaincre autrui qu'être fan de Star Wars, ce n'est pas (plus) être un geek maniant un sabre laser en plastique en parlant de la Force, mais c'est désormais regarder des séries de prestige comme les meilleurs programmes du câble.

Mais en ce qui me concerne, l'ensemble n'aura eu de cesse de me décevoir, et aurait pu très bien tenir en deux ou trois longs-métrages de deux heures, compacts et sans fioritures, qui auraient été mille fois plus efficaces et dynamiques.

Après, encore une fois, j'ai totalement conscience d'aller à contre-courant du consensus général, qui a trouvé tout ça bouleversant et inspirant, mais bon...

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Twilight of the Gods (2024)

Publié le 31 Août 2025 par Lurdo dans Animation, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Fantastique, Religion, Review, USA, Action

Une saison unique de 8 épisodes de 25-30 minutes pour cette mini-série animée Netflix chapeautée par Zack Snyder, Eric Carrasco et Jay Oliva, et qui s'inspire de la mythologie nordique pour raconter une histoire (forcément) épique, sanglante et mythique...

Twilight of the Gods (2024) :

La vengeance de Sigrid (Sylvia Hoeks), demi-humaine et demi-géante, qui jure de venger les siens massacrés par Thor (Pilou Asbæk) le jour de son mariage au Prince humain Leif (Stuart Martin). Avec le soutien distant de Loki (Paterson Joseph), Sigrid va alors constituer un groupe de guerriers qui n'ont plus rien à perdre, pour aller attaquer Asgard afin de tuer Thor...

Mouais. Je suis assez mitigé (positif) sur cette mini-série, au final. D'un côté, toute la mythologie nordique possède un potentiel souvent laissé inexploité qui n'est inintéressant, et cette mini-série retranscrit assez bien le côté distant et froid de ces dieux nordiques manipulateurs et menteurs ; visuellement, le programme est plutôt réussi (malgré une simplicité de trait qui n'est pas sans évoquer, occasionnellement, un Kim Possible ou le style Cartoon Saloon) ; le rythme est assez bien maîtrisé, le bestiaire varié et intéressant, et l'action est dynamique...

Mais de l'autre, il y a plein de petites scories agaçantes, dont une grosse partie est inhérente à la présence de Zack Snyder à la production. Parce que oui, qui dit Snyder, dit bourrinage (la série vide des hectolitres de sang et de boyaux dans une nonchalance assez typique du bonhomme), ralentis épiques, approche se voulant "badass" et "adulte" mais paraissant plus souvent "edgelord" et immature qu'autre chose (la nudité, les scènes de sexe, certains dialogues, le trouple), pseudo-déconstruction des mythes (même si l'inspiration principale est la mythologie nordique, difficile de ne pas voir ici une volonté d'inverser délibérément la représentation des personnages de Thor et de Loki tels que popularisés par Marvel ces dernières années - Thor devient un gros connard belliqueux et misogyne, Loki est un bouc-émissaire qui manipule, certes, mais uniquement pour protéger sa famille)... et inspirations flagrantes. 

Ici, l'architecture de l'Asgard du MCU, et certains choix graphiques. Ailleurs, certains design familiers parmi les créatures et entités surnaturelles. Ou encore toujours le même schéma narratif de la guerrière traumatisée qui se reconstruit une famille de fortune en recrutant des guerriers aux quatre coins du monde pour aller lutter un méchant patriarchal et sadique... comme dans Rebel Moon.

Le tout bizarrement combiné au cahier des charges de la représentativité à la Netflix, avec une Freja noire, une sorcière transgenre, un barde bisexuel, une héroïne forte défendant la cause des femmes maltraitées, un passage "l'homophobie c'est mal", une guerrière bisexuelle amoureuse de l'héroïne, etc.

Tout cela crée un contraste étrange, pas forcément désagréable dans l'ensemble, mais avec des ruptures de ton et de style qui peuvent décontenancer.

Après, la saison se regarde facilement, malgré quelques effets scénaristiques uniquement là pour choquer le spectateur (certaines morts délibérément gore au possible), une vision prémonitoire d'Odin qui m'a fait pouffer de rire (il voit approcher le Ragnarök... et tombe face à face avec Jésus sur sa croix, symbole du remplacement du paganisme et des dieux nordiques par la chrétienté : un symbolisme éculé, pataud et maladroit, typiquement snyderien, en fait), un bourrinage incessant, et une fin clairement en queue de poisson, qui frustre plus qu'elle ne satisfait.

Snyder fait du Snyder, en somme, mais le reste de son équipe est suffisamment compétent pour que le résultat final s'en sorte assez bien.

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Les bilans de Lurdo - Reacher, saison 2 (2023)

Publié le 24 Août 2025 par Lurdo dans Action, Critiques éclair, Thriller, Review, Amazon, USA, Les bilans de Lurdo, Télévision, Reacher

La saison 1 de Reacher, série Amazon adaptant les romans de Lee Child, n'était pas un chef d'œuvre télévisuel, loin de là : bourrin, le programme était l'équivalent d'un film d'action des années 80-90, ou d'une série télévisée façon Le Rebelle. C'était cependant suffisamment régressif et efficace pour se regarder tranquillement, le cerveau éteint. Pour cette saison 2, on reprend les mêmes et on recommence, pour 8 épisodes de 35-45 minutes... mais c'est nettement plus laborieux.

Reacher, saison 2 (2023) :

Lorsque des membres de son ancienne unité spéciale sont retrouvés morts, Reacher (Alan Ritchson) regroupe les survivants - Neagley (Maria Sten), Dixon (Serinda Swan), O'Donnell (Shaun Sipos) - et tente de trouver les responsables. Une enquête qui va l'amener à croiser le chemin d'un dangereux terroriste et d'un trafic d'armes révolutionnaires mené par Langston (Robert Patrick)...

Contrairement à la saison 1, qui proposait un postulat de départ assez contenu (Reacher arrive dans une petite ville, s'y fait des amis, des ennemis, et règle une situation problématique avant de repartir), cette saison 2 décide de s'attarder en longueur sur le passé de Reacher dans l'armée, sur ses collègues, etc, et se déroule dans plusieurs villes et à plusieurs saisons différentes.

Ce qui change immédiatement la dynamique, faisant passer Reacher d'un élément inconnu de l'équation, aux réactions inattendues, à un monolithe implacable entouré d'autres militaires de pointe, qui le connaissent, le vannent, etc. Bref, alors que la saison 1 jouait la carte du mystère autour de Reacher, et plaçait le spectateur et les personnages secondaires au même niveau, ici, on est dans une dynamique de famille recomposée... ce qui devient rapidement problématique lorsque les membres de cette famille sont relativement insipides.

Mais j'y reviendrai. Le problème principal de cette saison (une saison articulée comme la précédente : Reacher enquête sur des meurtres qui le touchent personnellement, il réunit autour de lui des alliés, il bute tous les méchants, il s'oppose à des flics corrompus, et tout se finit dans une grande fusillade dans un hangar, avec des otages à la merci du méchant), c'est Reacher en personne.

Entre la saison 1 et la saison 2, Reacher semble en effet avoir perdu en intelligence, en charisme, en expressivité, en mystère, etc, de manière inversement proportionnelles à ce qu'Alan Ritchson a pris en muscles supplémentaires (Ritchson est de plus en plus massif, les bras ballants, de moins en moins vif et mobile, et il passe une partie de la saison un peu bouffi, avec des valises sous les yeux - pour faire simple, il donne l'impression d'être fatigué et en phase de bulking pendant une grosse partie de la saison, ce qui le rend assez amorphe).

Reacher est donc ici un Punisher insipide, qui répète encore et encore, tout au long de la saison, des one-liners faciles, qui torture les méchants pour les faire parler (la scène de l'hôpital, outre son infiltration beaucoup trop facile, fait clairement basculer Reacher vers la psychopathie totale), et qui n'a pas grande alchimie avec Serinda Swan, l'une de ses collègues (paradoxalement, Ritchson semble beaucoup plus s'amuser quand il doit se disputer avec Russo - Domenick Lombardozzi - un flic new-yorkais au fort caractère).

Pour ne rien arranger, l'écriture n'aide pas vraiment les acteurs à proposer quelque chose d'intéressant : le déroulement de la saison est assez plat, ses rebondissements prévisibles, le méchant terroriste ne sert à rien (on le tease pendant toute la saison et il est éliminé en quelques instants), les antagonistes sont connus très tôt, leurs motivations aussi, bref, on passe huit épisodes à regarder Robert Patrick envoyer des sbires anonymes se faire tuer par Reacher et le défier au téléphone, le tout ponctué de flashbacks sur la dernière mission de l'unité spéciale de ce dernier.

Une unité spéciale composé pour moitié d'acteurs transparents (tous tués hors champ), et pour l'autre des quatre survivants... dont seule Neagley tire vraiment son épingle du jeu.

En résumé : un scénario assez quelconque, des méchants génériques, une équipe pas très attachante, un Reacher plus impassible que jamais, des dialogues laborieux (l'exposition est toujours pénible et jamais naturelle, les déductions de Reacher tiennent toujours du surnaturel), une violence de plus en plus décomplexée lors de scènes d'action inégales, des ficelles narratives toujours plus grosses, et un grand final qui rompt totalement avec la plausibilité (toute relative) d'un colosse super-enquêteur pour basculer dans un mauvais actioner des années 90, avec Reacher accroché à un hélicoptère, une bagarre dans le ciel, une demoiselle en détresse retenue d'une main au-dessus du vide, etc...

Pour moi (et pour la plupart des spectateurs anglo-saxons), une saison 2 largement inférieure à la première, ou plutôt, qui prend tous les défauts de celle-ci et les surgonfle sans faire de même avec ses points positifs.

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Les bilans de Lurdo - Chronique arctique, saison 1 (2025)

Publié le 17 Août 2025 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Netflix, CBC, Comédie, Sitcom, Romance, Télévision

Une série inuit canadienne, diffusée simultanément sur CBC et sur Netflix en 2025, et qui propose 8 épisodes de 25 minutes environ, pour un résultat léger et plein de charme...

Chronique arctique, saison 1 (North of North, season 1 - 2025) :

Après des années passées dans un mariage étouffant avec le vaniteux et autoritaire Ting (Kelly William), Siaja (Anna Lambe) décide de le quitter, pour s'installer, avec sa fille, chez sa mère Neevee (Maika Harper), ex-alcoolique au fort tempérament. Mais il est difficile de se reconstruire dans une petite bourgade comme Ice Cove, où tout le monde se connaît et tout le monde vénère Ting...

Un format court et dynamique, des reprises inuits de chansons connues et des sonorités traditionnelles en guide d'illustration musicale, des acteurs quasiment tous autochtones (sauf Mary Lynn Rajskub, en responsable municipale locale plus inuit que les vrais inuits) et attachants, des dialogues principalement en anglais mais occasionnellement en dialecte inuit, North of North est dépaysant, et c'est ce qui fait là l'essentiel de son charme.

Parce qu'il faut être franc : sur le fond, la série ne révolutionne rien. Une histoire de femme au foyer malheureuse qui s'émancipe et tente de se reconstruire, c'est du déjà vu, et c'est le postulat de départ de pléthore de séries, aussi bien comiques que dramatiques.

Mais la touche arctique qui distingue cette série de ses semblables fonctionne bien, avec quelques excentricités amusantes (le Québécois obsédé par les chiens), et rend le visionnage de cette comédie des plus agréables. Tout au plus, on pourra reprocher au programme une certaine précipitation en fin de saison, avec un ou deux épisodes donnant l'impression d'avoir été un peu condensés à l'arrache.

Quoiqu'il en soit, le programme est très sympathique, une deuxième saison a déjà été commandée, donc je serai au rendez-vous.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Hello Tomorrow!, saison 1 (2023)

Publié le 10 Août 2025 par Lurdo dans Update, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, Comédie, Drame, Critiques éclair, Apple, Télévision, Review, USA

Série rétrofuturiste en 10 épisodes d'une petite demi-heure, Hello Tomorrow! fait partie de ces comédies dramatiques ambitieuses de la plateforme Apple Tv : un programme qui mêle le format dramédie court du câble à un budget effets spéciaux conséquents, et à une distribution assez prestigieuse. Le résultat, malheureusement, n'est pas totalement à la hauteur des promesses...

Hello Tomorrow !, saison 1 (2023) :

Le parcours de Jack Billings (Billy Crudup), magouilleur à la tête d'une société de vente de propriétés sur la Lune, et de son équipe de démarcheurs à domicile : Eddie (Hank Azaria), endetté par des paris sportifs, amant de Shirley (Haneefah Wood), bras droit de Billings, Herb (Dewshane Williams), vendeur hésitant à la femme enceinte, et Joey (Nicholas Podany), le fils caché de Jack, qui ignore tout de ses origines et vient de rejoindre l'équipe pour tenter de payer les soins médicaux de sa mère dans le coma. Mais Myrtle (Alison Pill), cliente mécontente, et Lester (Matthew Maher), un agent gouvernemental très à cheval sur les règles, s'opposent à eux...

Un monde rétrofuturiste présentant des années 40-50 où l'homme est bien établi sur la Lune, où les robots sont nos hommes à tout faire, où les voitures flottent au dessus du sol, etc, c'est toujours une proposition sympathique. Donc sur le papier, Hello Tomorrow avait de quoi me plaire.

Malheureusement, on sent que ce cadre intéressant n'est guère plus qu'un prétexte : les scénaristes auraient aussi bien pu échanger la Lune pour une île tropicale lointaine, et le résultat aurait été exactement le même, le gimmick rétrofuturiste en moins. Parce que oui, finalement, la série est un portait de mythomanes et de menteurs qui cherchent le bonheur et la richesse, quitte à arnaquer plus pauvre et plus désespéré que soi : le rêve américain, en somme.

À partir de là, tout l'argument lunaire devient (délibérément) secondaire. Ce qui intéresse la production, c'est Jack Billings, ses mensonges, ses arnaques, ses relations avec ses subordonnés, sa mère, son fils, ses désillusions, etc. De quoi donner à Crudup de quoi faire, mais aussi de quoi créer une rupture de ton assez flagrante : d'un côté, les scènes de Crudup, souvent mélodramatiques et de l'autre, les scènes du reste de l'équipe, avec des personnages sous-développés, fréquemment limités à un ou deux traits de caractère, à l'interprétation un peu caricaturale, et saupoudrées d'un fond de satire assez superficielle...

Par exemple, Alison Pill est excellente en Myrtle, femme au foyer névrosée et malheureuse voyant dans une propriété lunaire un moyen de s'émanciper, d'échapper à son époux et à sa vie d'épouse parfaite, etc... mais ses scènes (et sa relation avec Lester le dyslexique) semblent fréquemment appartenir à une autre série, plus comique et décomplexée (idem pour Herb et sa femme).

C'est un peu ce qui finit par plomber la série : les ruptures de ton, le contraste entre une comédie pas très assurée et un mélodrame qui évoque parfois Don Draper et ses Mad Men, et un manque de maîtrise globale de l'écriture, avec des scènes un peu abruptes, des moments qui auraient pu être retravaillés, des facilités, des éléments jamais expliqués, etc, qui font que le programme finit un peu par tourner en rond.

Peut-être qu'avec une saison 2, la série aurait trouvé ses marques. En l'état, c'est visuellement convaincant, mais globalement plus frustrant qu'autre chose.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - How I Met Your Father, saison 1 et saison 2 (2022-2023)

Publié le 9 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Sitcom, Romance, Review, USA, Hulu, Disney, Les bilans de Lurdo

Tentative vaine de relancer la "franchise" How I Met Your Mother, HIMYF a connu deux saisons avant son annulation, en 2023, pour 30 épisodes au total diffusés sur Hulu/Disney+ et chapeautés par un duo de scénaristes spécialisés dans les comédies romantiques et les sitcoms rapidement annulées.

How I Met Your Father, saison 1 (2022) : 

Le quotidien et les amours d'un groupe de jeunes trentenaires new-yorkais, centré autour de Sophie (Hilary Duff), photographe romantique à la recherche de l'âme sœur. Autour d'elle, Jesse (Christopher Lowell), musicien désabusé suite à une rupture ; Valentina (Francia Raisa), la meilleure amie de Sophie, dans une relation avec Charlie (Tom Ainsley), aristocrate anglais ayant tout plaqué pour Valentina ; Ellen (Tien Tran), la sœur adoptive lesbienne de Jesse ; et Sid (Suraj Sharma), meilleur ami de Jesse, propriétaire d'un bar, et fiancé à Hannah (Ashley Reyes), qui travaille à l'autre bout du pays...

Et à vrai dire, la série ne commence pas sous les meilleures auspices, avec dix premiers épisodes assez médiocres. Pas forcément la faute à la distribution, une distribution très dans l'air du temps (représentativité mécanique des séries de streaming oblige), et pas forcément désagréable (Duff est toujours efficace) mais plus à un tout assez quelconque, pas particulièrement drôle, pas particulièrement inspiré, et qui s'efforce un peu trop de "moderniser" la formule HIMYM, pour la rendre plus crue, plus contemporaine, et que sais-je encore.

Autre artifice qui ne fonctionne pas vraiment : la narration en flashback, depuis le futur. Dans l'original, on avait droit à une voix off qui racontait la série à des ados face caméra ; ici, on inverse la donne, et on a Kim Cattrall, seule chez elle, qui raconte ses romances face caméra à un fils dont on ne voit rien (histoire de cacher son ethnicité éventuelle). Et très vite, il apparaît clairement que toutes ces scènes de Cattrall n'apportent rien, en plus de n'avoir pas une once du charme ou du mystère de celles de la série originale.

Pas grand chose à retenir de cette première fournée d'épisodes, donc : Ian (Daniel Augustin), le premier prétendant de Sophie présenté dans le pilote et ramené dans le final, est assez transparent, Josh Peck n'est guère plus marquant, et la série bascule très rapidement dans de l'émotion facile et du triangle amoureux appuyé, au détriment de l'humour.

Il y a bien un caméo de Robin (Cobie Smulders) dans le dernier épisode de la saison, ainsi qu'une brève apparition du Capitaine (Kyle MacLachlan)... mais ça ne fait que renforcer l'impression de pâle copie qui émane de cette première saison.

How I Met Your Father, saison 2 (2023) : 

La saison 2 du programme, avec 20 épisodes au compteur, continue dans la droite lignée de la première, mais progressivement, on sent que la distribution et les scénaristes commencent à trouver leurs marques : ces derniers mélangent les cartes, associant en binôme tous les personnages les uns avec les autres pour des sous-intrigues variées - évitant ainsi l'écueil de nombreuses sitcoms, qui finissent par isoler et privilégier certaines associations de personnages au détriment des autres.

Après, il reste tout de même des scories évidentes dans l'écriture et le casting : en tirant toutes ses cartouches trop tôt en saison 1 en ce qui concerne la relation Jesse/Sophie, la série se retrouve bien embarrassée.

Pour tenter de préserver une sorte de tension narrative et romantique, le programme force alors le trait sur la relation de Jesse et Meredith (Leighton Meester), cette dernière étant tout simplement détestable et égocentrique ; même problème du côté de Sophie, qui enchaîne les prétendants insipides (toute la relation avec le chef plus âgé est notamment un beau flop), et se trouve flanderisée dès cette seconde saison - sa version adulte, jouée par Cattrall, n'est guère plus qu'une wine mom clichée et égocentrique, et la version trentenaire de Duff finit par être immature, narcissique, menteuse,  agaçante, superficielle et un peu bête, ne voyant le monde que par le petit bout de sa lorgnette et de son égo (mention spéciale à l'épisode dans lequel Eden Sher fait un caméo, et qui voit Sophie et Val se comporter en mean-girls bitchy).

À partir de là, la série reposant intégralement sur cette romance principale en filigrane, difficile de vraiment adhérer à une grosse partie du show. D'autant que les scénaristes lorgnent fortement sur la série-mère pour leurs intrigues et leurs gags, ce qui a un peu tendance à étouffer les personnages secondaires.

Le caméo de Neil Patrick Harris, notamment, n'est là que pour rejouer la partition d'un personnage qui cherche son père biologique (ici joué par Clark Gregg), et la fin de saison (avec rupture de Sid et Hannah, tandis que Jesse et Sophie s'avouent leurs sentiments sous la pluie), fait vraiment redite de la fin de saison 1 de HIMYM, avec la rupture de Lily et Marshall, pendant que Robin et Ted s'avouaient leurs sentiments sous la pluie.

Malgré cela, HIMYF saison 2 se regarde tranquillement : le rythme est meilleur, les acteurs sont plus à l'aise et commencent à développer une certaine alchimie, les épisodes sont plus amusants... mais la série continue de se chercher, et l'on est encore loin de ce qui avait fait le succès rapide de HIMYM. Ce qui explique probablement pourquoi le programme a été annulé.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Squid Game, saison 3 (2025)

Publié le 8 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Les bilans de Lurdo, Télévision, Corée, Review, Critiques éclair, Netflix, Drame

On ne peut pas dire que j'avais été particulièrement convaincu par la saison 2 de Squid Game, comme peut en attester ma critique en ces pages : personnages pas toujours convaincants, astuces de scénario éventées, rebondissements prévisibles... heureusement que la mécanique principale du jeu fonctionnait toujours bien et permettait de faire passer la pilule.

On remet donc le couvert, pour une ultime saison... sans grand optimisme.

Squid Game, saison 3 (2025) :

La tentative de révolte de Seong Gi-hun (Lee Jung-jae) et d'une partie des candidats a échoué, et le Squid Game se poursuit : brisé et déprimé, Seong Gi-hun doit désormais continuer la partie, malgré ses réticences et la mort de son ami Jung-bae (Lee Seo-hwan)...

Ouhlà, que j'en ai eu du mal avec cette troisième saison de Squid Game, en réalité les six épisodes de la seconde moitié d'une saison 2 artificiellement coupée en deux par Netflix lors de la production.

J'ai eu du mal, au point d'avoir fortement lutté contre une envie de faire avance rapide sur tout ce qui se déroulait hors du jeu à proprement parler : l'enquête policière, la nord-coréenne qui aide le père de la petite malade à s'échapper, et surtout, les VIP caucasiens qui regardent le spectacle. Des VIP à la post-synchro pitoyable, à l'écriture laborieuse, et qui n'apportent absolument rien à la série/saison.

Et dans le jeu en lui-même, ce n'est pas forcément meilleur : malgré ses six épisodes, la saison s'articule principalement autour de trois jeux - un grand jeu de cache-cache dans un labyrinthe, un jeu de saut à la corde au dessus du vide, et finalement, un jeu d'élimination par étapes, où les survivants doivent convenir d'un éliminé après être parvenus à un consensus.

Des jeux malheureusement présentés systématiquement de manière très prévisible, au point d'affaiblir considérablement la charge émotionnelle des différentes éliminations (ou même le message que le scénariste veut faire passer çà ou là) ; et déjà que la majorité des personnages secondaires ne sont pas forcément très attachants, quand en plus le scénariste succombe à la facilité du "j'ai prévu de tuer ce personnage à la fin de l'épisode, donnons-lui un monologue émouvant ou deux pour qu'il parte en beauté", on en vient à pousser de gros soupirs à chaque rebondissement télégraphié de manière trop balourde.

C'est probablement ça qui m'a le plus frustré dans cette saison : tout est cousu de fil blanc, ça se termine exactement comme on pouvait le deviner lorsqu'un certain nouveau participant (numérico-animatronique) est intégré de force au jeu, les antagonistes continuent d'être des caricatures ambulantes, et ça traine en long, en large et en travers, pour aboutir à des décisions ou des morts évidentes depuis le début.

Pourtant, le programme a globalement été très bien accueilli par la presse, ravie du nihilisme et des thématiques de la série. Le problème avec ça, c'est que ces mêmes thématiques, et ce même nihilisme, étaient déjà là en saison 1, et se suffisaient alors à eux-mêmes.

Tout ce qui a suivi, en fin de compte, n'a été que redondance, une redondance qui, forcément, ne fait pas du tout avancer le schmilblick.

(et puis cerise sur le gâteau, le caméo de Cate Blanchett à la toute fin... potentiellement pour un spin-off américain... je dis non. Tout simplement non.)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - FUBAR, saison 2 (2025)

Publié le 7 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Comédie, Critiques éclair, USA, Review, Netflix, Science Fiction, Romance, Télévision, Les bilans de Lurdo

Retour de la série d'action-comédie d'Arnold Schwarzenegger pour Netflix, une série qui-n'est-pas-vraiment-une-suite-de-True-Lies-mais-s'en-inspire beaucoup, et showrunnée par le responsable de Reacher pour Amazon...

FUBAR, saison 2 (2025) :

Alors qu'il est caché dans une maison sécurisée avec sa famille et son équipe, à l'abri de tous ceux qui veulent leur mort, Luke Brunner (Arnold Schwarzenegger) apprend qu'un dangereux terroriste a pour but d'éradiquer 90 % de la population humaine en commençant par détruire le réseau électrique américain. Pour cela, il a requis les services de Greta Nelso (Carrie-Anne Moss), super-espionne et ex-amante de Luke, et de Chips (Guy Burnet), son bras droit...

Et honnêtement, la première saison de FUBAR ne m'avait pas forcément laissé un souvenir impérissable, une sorte de série d'action de network très approximative à l'écriture assez faiblarde, qui n'avait d'intérêt que par sa dimension de fanservice pour fans de Schwarzie, et qui peinait à s'élever au-delà d'une certaine médiocrité inhérente aux séries de Netflix.

Un gros DTV d'action délayé sur huit épisodes d'une heure, en somme... et il en va de même pour cette saison 2. Techniquement, c'est même peut-être pire, puisque le show reprend tous les personnages de la saison 1 (sauf la directrice de la branche régionale de la CIA, remplacée cette saison par ce bon vieux Enrico Colantoni), et leur rajoute de multiples nouveaux personnages, avec en tête Carrie-Anne Moss (en ex-espionne est-allemande autrefois dans une relation torride avec Arnold - sauf que les deux acteurs n'ont pas la moindre alchimie), et Guy Burnet (qui s'est fait un look d'Hans Gruber du pauvre pour incarner un espion rival au lourd passé).

La série se plie donc en quatre pour trouver de la place pour tout ce petit monde (la sous-intrigue du cochon, les moments comic-relief de Baruchel et d'Andy Buckley), et ça donne une saison assez bordélique, qui, autour d'une intrigue de base assez simple - quatre centrale électriques menacées -, part dans tous les sens, envoie ses personnages dans l'espace, dans le sous-marin de James Cameron, tente d'utiliser Schwarzie comme s'il avait 20-30 ans de moins, de créer une romance torride avec CAM, multiplie les clins d'œil à la filmo d'Arnold (la roue de la souffrance m'a arraché un sourire), fait du placement produit bien honteux face caméra (et ce dès le premier épisode de la saison), propose des scènes d'action improbables sans en avoir le budget ni le rythme, etc.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Probablement parce que tout le monde semble s'amuser, et avoir conscience qu'ils ne font pas de l'Art, mais simplement une série d'action et d'espionnage de streaming : ce qui leur permet de s'amuser avec des idées idiotes (les hallucinations dans le sous-marin, le photoshoot du cochon), de ne pas s'embarrasser de subtilités ou de standards d'écriture, et de faire leur truc dans leur coin.

Ce n'est pas bon, c'est bourré de problèmes, c'est trop long pour ce que ça raconte, et les rebondissements du scénario sont absolument tous téléphonés et prévisibles, mais ça reste suffisamment second degré pour être regardable, en arrière-plan, pendant qu'on fait autre chose... 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Ironheart, saison 1 (2025)

Publié le 6 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Action, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Science Fiction, USA, Review, Disney, MCU, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Télévision

Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.

Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.

Ironheart, saison 1 (2025) :

Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea CouleéSonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...

Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.

Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.

Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.

Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.

Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.

On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.

À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".

À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.

J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.

Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Les quatre saisons, saison 1 (2025)

Publié le 5 Août 2025 par Lurdo dans Télévision, Netflix, Drame, Comédie, Romance, Critiques éclair, USA, Review, Les bilans de Lurdo

Adaptation en huit épisodes d'une demi-heure du film collégial du même nom de 1981, écrit et réalisé par Alan Alda, cette version des Quatre saisons, écrite par Tina Fey et deux de ses compères (Tracey Wingfield, showrunneuse du reboot de Saved by the Bell, et Lang Fisher, scénariste sur 30 Rock, The Mindy Project et Brooklyn 99) a été diffusée sur Netflix en mai dernier, et est d'ores et déjà renouvelée pour une saison 2.

Les quatre saisons, saison 1 (The Four Seasons, season 1 - 2025) :

Tout au long d'une année complète, trois couples d'amis se retrouvent à plusieurs occasions festives, et font alors le point sur leur vie respective : Claude (Marco Calvani) s'inquiète du refus de son époux Danny (Colman Domingo) de se faire opérer du cœur et de prendre soin de soi ; Nick (Steve Carrell) et Anne (Kerri Kenney-Silver) se séparent, et Nick retrouve l'amour dans les bras d'une femme plus jeune, Ginny (Erika Henningsen) ; quant à Jack (Will Forte) et Kate (Tina Fey), leur couple semble aller très bien, mais des failles apparaissent progressivement dans ce bonheur apparent...

Une série qui se regarde assez rapidement et facilement, et qui traite de l'amour, du couple, de l'ennui, du temps qui passe, des amitiés qui évoluent, des gens qui changent, avec une distribution attachante, et des acteurs qui se connaissent très bien : on croit à ce petit groupe d'amis soudé, et même si le programme n'est pas forcément révolutionnaire ou surprenant, le tout devient une hangout comedy plutôt sympathique à suivre.

Rythmée (forcément) par les Quatre saisons de Vivaldi, la série déroule ainsi ses péripéties, consacrant deux épisodes à chaque saison : les deux premiers épisodes traitent du renouvellement surprise des vœux de mariage de Nick et Anne, alors que tout le monde sauf Anne est au courant des intentions de divorce de Nick ; les deux épisodes suivants emmènent tout le monde au soleil, tandis que Ginny tente de s'intégrer au groupe d'amis malgré la différence d'âge ; puis vient l'automne, en Nouvelle-Angleterre, à l'occasion de Thanksgiving et d'une visite des campus ; et puis, enfin, l'hiver, au ski, avec deux réveillons du Nouvel An présentés en parallèle.

De quoi placer pas mal de péripéties plus ou moins convaincantes (j'ai un peu de mal avec un certain rebondissement majeur dans l'avant-dernier épisode, et avec le tournant dramatique que prend la série à ce moment, histoire de finir la saison dans l'émotion), et se concentrer sur des couples à l'alchimie plutôt probante (j'aime beaucoup le couple Forte/Fey).

Après, si le show est relativement agréable à suivre malgré quelques facilités narratives et autres rebondissements un peu forcés (qui font très sitcom, en fait), ça reste un programme dont le sujet même parlera à un public relativement limité. J'ai envie d'utiliser le terme anecdotique, mais je trouve qu'il est un peu fort : en l'état, Les Quatre saisons est sympatoche (surtout si l'on apprécie les acteurs), mais ce n'est pas forcément indispensable.

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