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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - St. Denis Medical, saison 1 (2024)

Publié le 5 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, NBC, Critiques éclair, Review, USA, Romance

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine NBC, la chaîne des workplace comedies (The Office, Superstore, Parks & Rec), etc, et Justin Spitzer, scénariste sur Scrubs, The Office et créateur de Superstore ? 18 épisodes de St. Denis Medical, une workplace comedy dans le milieu hospitalier, et qui utilise toutes les formules et les archétypes du genre...

St. Denis Medical, saison 1 (2024) :

À son arrivée à St. Denis Medical, centre hopitalier dans l'Oregon, Matt (Mekki Leeper), jeune infirmier maladroit originaire d'une communauté religieuse repliée sur elle-même, découvre tous ses nouveaux collègues : Ron (David Alan Grier), vétéran urgentiste ronchon, Bruce (Josh Lawson), chirurgien à l'égo surdimensionné, Alex (Allison Tolman), infirmière en chef consumée par son travail, Joyce (Wendi McLendon-Covey), directrice excentrique de l'hôpital, et la jolie Val (Kaliko Kauahi), infirmière administratrive à laquelle il n'est pas insensible...

La première chose qui saute aux yeux, lorsque l'on visionne cette saison 1 de SDM, c'est à quel point la formule habituelle de la workplace comedy NBC est ici appliquée : un format mockumentaire, une patronne à la Michael Scott, un vieux ronchon, un chirurgien arrogant et prétentieux, des patients excentriques, un jeune n00b qui découvre tout ça et qui s'éprend en secret d'une infirmière, une infirmière en chef surbookée et "normale"... on est en terrain très familier, et l'on comprend aussitôt pourquoi bon nombre de critiques US ont qualifié la série, à sa sortie, de "The Office dans un hôpital".

La comparaison aurait fonctionné aussi avec Superstore, dont on retrouve plusieurs acteurs au fil de la saison, et un peu avec Scrubs... mais la différence entre SDM et un show comme Scrubs (ou Green Wing, pour parler de sitcom médicale à l'anglaise), c'est que SDM est plus sage, et se coule vraiment dans le moule formaté des comédies de bureau américaines.

C'est un peu le problème du show, d'ailleurs : la série se repose beaucoup sur les excentricités de Joyce (parfois épuisantes), sur le will they/won't they de Matt et Val (très classique), sur les ronchonnements de Ron, et sur Alex, constamment débordée et négligeant sa vie de famille. Ce qui est une formule éprouvée (peut-être même trop), avec des acteurs solides qui portent le show sur leurs épaules et tiennent bien leur rôle... mais ça s'arrête là.

La série conserve un bon fond, refuse de vraiment se moquer du monde médical, et ça se regarde très facilement : on peut donc dire qu'en tant que première saison d'une sitcom de bureau, SDM fonctionne, mais ne fait pas d'étincelles.

C'est solide, c'est très classique (pour ne pas dire dérivatif) et c'est vaguement amusant : espérons que le programme trouvera une voix plus affirmée en saison 2, comme beaucoup de sitcoms de ce type, et saura se détacher un peu plus de ses influences.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Shifting Gears, saison 1 (2025)

Publié le 3 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, ABC, Hulu, Review, USA, Sitcom

Après C'est moi le chef ! et Super Noël : la série, Tim Allen revient sur le petit écran pour ce Shifting Gears de 10 épisodes de 22 minutes, pour Hulu/ABC, une série qui ressemble beaucoup à ce que l'acteur a déjà fait dans le passé...

Shifting Gears, saison 1 (2025) :

Républicain grincheux, veuf et propriétaire d'un garage de rénovation de véhicules de collection, Matt Parker (Tim Allen) voit sa vie soudainement changer lorsque sa fille Riley (Kat Dennings), démocrate et mère de Carter (Maxwell Simkins), adolescent, et Georgia (Barrett Margolis), fillette précoce, revient s'installer chez lui avec sa progéniture. La cohabitation s'annonce compliquée...

On le voit tout de suite, on est en terrain très balisé, avec un Tim Allen sarcastique et grognon qui fait des vannes de vieux boomer réactionnaire (notamment sur les Français), et une Kat Dennings qui s'oppose à lui, soit exactement ce qu'on pouvait déjà trouver dans Last Man Standing avec la sœur aînée de la famille (et son mari "libéral incompétent").

À partir de là, Shifting Gears n'apporte pas grand chose : on est en terrain archi-familier, c'est générique et inoffensif au possible, avec un Tim Allen étrangement raide et enroué dans certains épisodes, une Kat Dennings qui fait du Kat Dennings, des vannes mollassonnes, des rires enregistrés artificiels, des caméos plus ou moins probants (Brenda Song, Jay Leno, Nancy Travis de Last Man Standing), des personnages secondaires assez classiques (le duo de mécanos Sean William Scott/Daryl Chill Mitchell, la mécano lesbienne qui a trois lignes de dialogue dans toute la saison), et une romance gentiment forcée entre Tim Allen (71 ans) et Jenna Elfman (53 ans).

Pourtant, ponctuellement, tout ça fonctionne, notamment lorsque les scénaristes visent la sincérité et l'émotion plutôt que les vannes... mais honnêtement, on est dans de la sitcom familiale ultra-basique, à l'ancienne, et à moins d'être ultra-fan de Tim Allen, on peut passer son chemin sans hésiter.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Black Mirror, saison 7 (2025)

Publié le 2 Juin 2025 par Lurdo dans Anthologie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Thriller, Drame, Fantastique, Science Fiction, Netflix, USA, UK, Review, Black Mirror, Romance

Deux ans après la diffusion de la saison 6 de Black Mirror, une saison frustrante de 5 épisodes inégaux, Charlie Brooker remet le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes, constituée cette fois-ci de six épisodes, dont une suite directe à l'épisode USS Callister de la saison 4 (dont j'ai honnêtement oublié les tenants et aboutissants - un revisionnage est de rigueur).

Black Mirror, saison 7 (2025) :

- 7x01 - Common People : Lorsque son épouse Amanda (Rashida Jones) est atteinte d'une tumeur au cerveau, Mike (Chris O'Dowd), ouvrier, accepte une procédure expérimentale révolutionnaire, qui sauve sa femme mais la connecte en permanence, contre un abonnement, à un serveur de l'entreprise Rivermind dans le cloud. Mais le forfait de connexion évolue, et quand Rivermind commence à dévaluer le contrat du couple, les choses se compliquent...

Un épisode tragique, noir et efficace, très Black Mirror, qui critique de multiples facettes de notre société actuelle, de la gig economy aux abonnements à géométrie variable (avec boosters et tout le toutim) bourrés de publicité, comme Netflix les aime tant, en passant par les OnlyFans et autres sites de camgirls. C'est peut-être un poil trop long pour ce que ça raconte (avec 5-10 minutes en moins, le spectateur aurait probablement moins le temps de voir venir les rebondissements suivants arriver), mais ça fonctionne tout de même, en déroulant son récit jusqu'à sa conclusion inévitable.

- 7x02 - Bête Noire : Maria (Siena Kelly), conceptrice dans une entreprise de confiserie, s'inquiète de voir Verity (Rosy McEwen), qu'elle avait harcelée au lycée, rejoindre son équipe, d'autant que cette arrivée s'accompagne de bouleversements dans la perception même qu'a Maria de la réalité : encore et encore, Verity semble changer le monde autour d'elle à son avantage, pour se venger de Maria...

Je suis moins fan de cet épisode, dont on devine qu'il a été créé par Brooker sur la base de "l'Effet Mandela, c'est rigolo, mais si c'était quelqu'un qui le contrôlait pour se venger ?". On se retrouve donc avec une bête histoire de vengeance d'une sociopathe contre une ennemie de lycée, avec une Maria délibérément antipathique qui devient de plus en plus paranoïaque, une Verity qui multiplie les regards menaçants, et une explication superficielle pas loin du "A Wizard did it !" qui permet aux protagonistes de changer la réalité en quelques secondes et quelques mots. Pas convaincu par celui-là, ou par son ton outré et caricatural (avec cartons-titres ponctués de grands coups d'orgue).

- 7x03 - Hotel Reverie : Actrice à la mode, Brandy (Issa Rae) aimerait un rôle complexe et profond, plein de sentiments et de romance. Arrive Kimmy (Awkwafina), de la société Redream, qui lui propose de jouer le rôle vedette du remake d'Hotel Reverie, un film sentimental devenu un classique. Mais ce que Brandy ignore, c'est que Redream va lui permettre d'entrer littéralement dans le film, à la place de son acteur principal, et de vivre cette romance impossible avec Dorothy (Emma Corrin), l'actrice principale du film.

Mouais. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec San Junipero, de la saison 3, une romance LGBTQ prenant place dans un monde virtuel à l'esthétique vintage... et ici, critiques comme spectateurs ne se sont pas privés de faire la comparaison, pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, je n'ai pas été ultra-convaincu par ce qui n'est ni plus ni plus qu'un épisode Holodeck de Star Trek The Next Generation, avec son/sa protagoniste qui revit son histoire préférée, qui tombe amoureux d'un personnage, et la défaillance technique qui donne soudainement vie et libre arbitre à ce personnage virtuel, avec tout ce que ça entraîne de complications et de romance impossible.

Sauf qu'ici, le prétexte de base est capillotracté, et l'on peine à percevoir la plus-value de "remaker" à l'identique un film en ne changeant que son acteur principal : ça ne modernise rien du tout, ça n'attire aucun nouveau public, bref, c'est assez creux et ça n'a aucun intérêt (et si justement, une partie de la satire de l'épisode était de se moquer des remakes "woke" très calculateurs, en remplaçant ici un héros caucasien masculin et hétéro par une femme noire et lesbienne histoire de servir la soupe à telle ou telle catégorie démographique... c'est raté, tant l'épisode laisse ce sujet inexploité).

Bref : pas accroché au postulat de départ, pas accroché à l'équipe technique incompétente, pas accroché au couple présenté (qui n'a pas une grande alchimie, avec une Issa Rae trop moderne à tous les niveaux), pas accroché au rendu du film rétro, un peu approximatif et caricatural, et pas accroché aux tentatives de faire de l'émotion bouleversifiante avec le recours un peu facile à du Debussy, qui même sans rien à l'écran parviendrait à émouvoir.

(c'est bien interprété par Corrin, cela dit) 

- 7x04 - Plaything : En 1994, Cameron Walker (Lewis Gribben), journaliste névrosé spécialisé dans les jeux vidéos, découvre Thronglets, un jeu révolutionnaire de Colin Ritman (Will Poulter), qui affirme avoir créé là une vie numérique. Rapidement, en prenant du LSD, Cameron réalise qu'il parvient à comprendre les Thronglets qui vivent dans son ordinateur, et que ceux-ci lui demandent de les aider à se multiplier. En 2034, Cameron (Peter Capaldi) est arrêté et interrogé par les autorités pour un meurtre qu'il a commis...

Un épisode plutôt réussi, suite indirecte de Bandersnatch (Poulter reprend son rôle), et contenu semi-autobiographique pour Brooker, autrefois journaliste de jeux vidéo pour un magazine de jeux PC. L'épisode, divisé en deux parties, adopte une mise en image au format 4/3, multiplie les références et les clins d'œil à une certaine époque et un certain milieu, et propose une interprétation à fleur de peau de Capaldi et de Gribben : de quoi donner corps à cette histoire d'intelligence artificielle à mi chemin entre le Tamagotchi et les promesses d'un Peter Molyneux, une intrigue sympathique qui se termine bien... ou mal. Selon le point de vue.

- 7x05 - Eulogy : Lorsqu'il est contacté par Eulogy, une entreprise de technologie funéraire qui tente de réunir des souvenirs de Carol, qui vient de décéder, Phillip (Paul Giamatti) est hésitant. Mais avec l'aide d'une intelligence artificielle (Patsy Ferran) intégrée dans l'équipement envoyé par Eulogy, il va se laisser convaincre et retracer, en se plongeant virtuellement dans les rares photos qu'il a conservées de l'époque, son histoire compliquée avec Carol...

Un épisode assez différent, très nostalgique, doux-amer et touchant, à deux doigts de la pièce de théâtre, et entièrement porté à bout de bras par Giamatti, excellent comme à son habitude, et par ses interactions avec Patsy Ferran, qui lui sert ici de conscience et remet en questions ses souvenirs et ses choix.

Ici, pas de retournement de situation noir et cynique, mais de la sincérité, et pas de technologie menaçante, mais une invention qui aide à faire le point, à se souvenir, à pardonner, presque comme une thérapie. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'était plutôt joli.

- 7x06 - USS Callister : Into Infinity : Alors que l'équipage de l'USS Callister tente de survivre dans le jeu Infinity, toujours plus monétisé, en dépouillant les joueurs de leurs crédits, cette activité illégale et étrange déclenche des signaux d'alarme dans le monde réel. La véritable Nanette (Cristin Milioti) mène l'enquête, et réalise bien vite l'étendue des actes de Robert Daly (Jesse Plemons), son patron décédé...

Une suite directe à l'épisode de la saison 4, ce long-métrage (90 minutes) est un nouveau volet tout à fait honorable de cette histoire, bien qu'un peu inégal. En réalité, l'épisode m'a donné l'impression d'être coupé en deux : une première moitié constituée d'un résumé des événements précédents, des mésaventures sérieuses et tendues du Callister, et des recherches nerveuses de Nanette dans le monde réel. Et puis une seconde partie plus spectaculaire qui voit monde réel et monde virtuel interagir, et une véritable aventure se mettre en place.

Heureusement, le tout s'équilibre plutôt bien, culminant en un affrontement à deux niveaux, le premier entre le vaisseau et tous les joueurs floués qui veulent se venger (avec des dogfights à la Star Wars), le second entre Nanette et une version virtuelle de Daly, toute aussi instable que l'original. Plutôt sympathique, donc, même si l'épilogue m'a laissé un peu de marbre, pas aussi efficace ou drôle que Brooker semble le penser.

- Bilan saisonnier -

Si je fais mes comptes, on a donc, cette saison, quatre épisodes assez bons et réussis, et deux un bon cran en dessous. Ce qui est nettement meilleur que certaines saisons passées, je dois dire, puisqu'on évite un épisode vraiment mauvais ou trop balourd ou cynique pour convaincre.

Plutôt une saison agréable, en fait, ce qui me surprend, puisqu'il suffit de relire certains de mes bilans précédents (ici) pour s'apercevoir que je n'ai généralement pas forcément une grande affinité avec le style de Charlie Brooker.

Mais je suppose que maintenant, Brooker a plus de moyens, plus de tranquillité d'esprit, et peut-être un peu moins de cynisme... ce n'est pas plus mal (encore que, je suis sûr que pour certains, c'est tout l'inverse, et depuis que Black Mirror est sur Netflix, Brooker est devenu trop gentil et ne fait plus que de la daube ^^)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sprung (2022)

Publié le 1 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Policier, Thriller, Critiques éclair, Sitcom, Les bilans de Lurdo, Télévision, USA, Review, Amazon

Après My Name is Earl, Raising Hope et The Guest Book (au format anthologique plus anecdotique), le showrunner Greg Garcia a remis le couvert pour le service freevee d'Amazon, avec une nouvelle mini-série en 9 épisodes de 30-60 minutes dans la droite lignée de ses productions précédentes : des visages connus, des personnages magouilleurs et white trash, de l'humour absurde et plein de bons sentiments...

Sprung (2022) :

Après avoir passé plus de 25 ans en prison pour un trafic de marijuana, Jack (Garret Dillahunt) est libéré en pleine crise de la COVID, sans avoir nulle part où aller. Avec Gloria (Shakira Barrera), une autre prisonnière avec laquelle il avait flirté à distance derrière les barreaux, il accepte alors l'offre de Rooster (Phillip Garcia), son codétenu, et s'installe chez la mère de celui-ci, Barb (Martha Plimpton). Mais ce logement est assorti d'une condition : que Jack, qui a tout appris en prison et qui est doté d'une excellente mémoire, aide Barb et compagnie à effectuer de petits larcins, voire même... à voler une fortune en tableau chez une représentante du Congrès malhonnête (Kate Walsh).

Difficile de faire rire avec la Covid, et pourtant, en présentant cette crise du point de vue d'une bande d'incapables (Rooster est assez lent, sa mère à peine plus vive d'esprit, Gloria ne pense qu'à magouiller, et Jack, lui, est naïf au possible), Garcia y parvient.

La série propose ainsi le portrait d'une crise durant laquelle personne ne comprend rien à rien, et d'une confusion générale qui va profiter à cette bande d'opportunistes. Tout d'abord, au travers de petites magouilles qui, sous l'impulsion de Jack, prennent pour cible de petites frappes : un trafiquant de papier toilette, un vétérinaire qui fait des tests PCR frauduleux, un trafiquant de drogues/prêteur sur gages... de quoi poser un format intrigant qui laisse deviner ce qu'aurait pu être la série si elle avait été diffusée sur un network.

On y voit en effet un Jack naïf mais ultra-doué, qui a retenu toutes les leçons enseignées pendant ses 26 années en prison, et est capable de les mettre en pratique IRL, comme une sorte d'idiot savant à la fois cambrioleur, homme d'action, spécialiste en tout, etc. Le tout mis en images avec des flashbacks sur son séjour en prison, où Jack apprend X et Y, en fonction de ses besoins du moment.

Autour de lui, que des incapables attachants, qui rapidement vont s'embarquer dans une intrigue de vol de tableaux - un fil conducteur efficace, qui culmine dans l'épisode final (le plus long), et permet une évolution de tout ce petit monde, notamment sur le plan personnel (tout le monde change un peu au gré de la saison, des romances se créent).

Bien qu'étant un peu inégale au niveau gestion du rythme, la série se regarde ainsi très facilement : les personnages sont attachants (comme souvent chez Garcia), les rebondissements sont improbables, l'humour souvent décalé, et cette vision absurde de la crise pandémique fonctionne plutôt bien, sans jamais se départir d'un fond de sincérité et d'émotion toujours agréable.

J'ai donc passé un moment plutôt agréable.

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Critique éclair #155 - Woody Woodpecker : Alerte en Colo (2024)

Publié le 30 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Cinéma, Animation, Netflix, Jeunesse, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Woody Woodpecker : Alerte en Colo (Woody Woodpecker Goes to Camp - 2024) :

Renvoyé de sa forêt pour son manque d'esprit d'équipe, Woody Woodpecker trouve refuge au camp de vacances artistique Woo-Hoo, dirigé par Angie (Mary-Louise Parker). Mais juste à côté de ce camp se trouve un camp militaire rival, dirigé par Zane (Josh Lawson), le cousin d'Angie, et les deux camps de vacances doivent s'affronter dans une compétition, avec pour enjeu la survie du camp Woo-Hoo. Et pour ne rien arranger, le malfaisant Buzz le vautour tente de mettre la main sur un trésor de légende, enfoui quelque part sur le terrain partagé par les deux camps...

Suite indirecte du précédent Woody Woodpecker de 2017 (pas franchement une réussite), Alerte en colo est produit pour Netflix par la filiale DTV d'Universal, au catalogue plein de suites fauchées de titres connus, à la qualité très approximative.

Ici, cette qualité très approximative et ce manque de budget se remarquent immédiatement dans la qualité très relative des effets spéciaux, avec un Woody Woodpecker et un Buzz aux textures fluctuantes, des acteurs qui ne regardent que très rarement au bon endroit, des CGI pas totalement finalisés... bref, on est à un niveau DTV, et je mentirais en disant qu'on a fréquemment l'impression, ici, de regarder un film de colonie de vacances tout ce qu'il y a de plus classique (avec compétition entre le camps des nerds artistiques et celui des futurs militaires athlétiques et bourrins) entrecoupé de scénettes d'un sous-Bugs Bunny (Woody reste toujours particulièrement antipathique) que son ennemi juré tente de piéger à l'aide de gadgets Acme (qui ne sont pas Acme, ici, mais c'est tout comme).

Et honnêtement, le côté camp de vacances n'est pas désagréable, ou du moins, pas pire que la moyenne du genre dans les métrages à destination des plus jeunes : le message est positif, les jeunes acteurs sympathiques, Mary-Louise Parker cachetonne, Josh Lawson fait du sous-Joel McHale, mais ça passe.

Par contre, du côté de Woody, ça rame : c'est laborieux, rarement drôle, rarement abouti visuellement, et l'on en vient à espérer que toutes les scènes des personnages numériques soient expédiées le plus vite possible, pour passer à autre chose.

Ce qui fait que dans l'ensemble, c'est mieux que le premier, mais ça reste très faible.

2.25/6

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Critique éclair #154 - Vaiana 2 (2024)

Publié le 28 Mai 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Animation, Critiques éclair, Jeunesse, Disney, USA, Review, Musique, Aventure

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Vaiana 2 (Moana 2 - 2024) :

Toujours à la recherche d'autres habitants des îles, Moana (Auliʻi Cravalho) reçoit une vision de ses ancêtres, qui lui révèlent l'existence de Motufetu, une île mythique située au carrefour de tous les courants marins, mais submergée par la colère du dieu Nalo. Avec un équipage de membres de sa tribu, Moana part alors à l'aventure pour tenter de retrouver l'île, mais en chemin, elle tombe sur Maui (Dwayne Johnson), qui lui aussi cherche Nalo pour régler ses comptes avec lui...

Très divertissant, le premier Moana n'en était pas moins frustrant, narrativement un peu faible, bourré de chansons dans son premier tiers, et avec un Lin Manuel Miranda laissé en roue libre (ce qui, forcément, si l'on n'est pas totalement fan de son style, comme moi, n'aide pas vraiment).

Pour cette suite, on ne reprend pas les mêmes, mais on recommence néanmoins... et les défauts restent étrangement similaires : sur un scénario très linéaire et sans fioritures, plein d'éléments étrangement sous-développés (la déesse chauve-souris, les compères de Moana), le film reste bourré d'aventures dynamiques, mais semble étrangement superficiel, un peu comme une suite DTV de la grande époque.

Et ce n'est pas forcément surprenant : Moana 2 était en effet initialement conçu pour être "Moana, la série tv", un programme Disney + en 5 épisodes, qui a été rebricolé en long-métrage moins d'un an avant sa sortie.

Ce qui explique clairement tous les manques du produit fini, y compris au niveau musical : Lin Manuel n'est plus là, le nombre de chansons est nettement plus faible, et malheureusement, l'équipe en charge de ce second volet peine à marquer les esprits, avec des mélodies peu probantes.

Bref, si ce Moana 2 reste sympatoche, et est visuellement toujours très joli, on sent quand même bien ses origines télévisuelles, ainsi que les coupes effectuées pour reformater le tout en mode cinéma, ce qui tire clairement le tout vers le bas.

3.25/6 

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Critique éclair #153 - Welcome to the Jungle (2013)

Publié le 26 Mai 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Welcome to the Jungle (2013) :

Envoyés par leur patron (Dennis Haysbert) passer deux jours en stage de survie dans une jungle hostile, en compagnie d'un guide excentrique (Jean-Claude Van Damme), des employés d'une agence de marketing se trouvent bientôt divisés en deux camps, avec d'un côté les disciples drogués de Phil (Rob Huebel), publicitaire arrogant, menteur et manipulateur, et de l'autre, les amis de Chris (Adam Brody), jeune cadre timide et discret...

Un film au croisement de Sa Majesté des mouches, de Survivor/Koh Lanta et d'Office Space, qui a été particulièrement mal reçu par la critique... et pourtant, je n'ai pas trouvé ça désastreux.

Probablement parce que je n'en attendais rien : en effet, ce n'est pas ultra-inspiré, l'humour est un peu bas de plafond, ça semble souvent improvisé, les personnages secondaires sont un peu inégaux (Kristen Schaal fait du Kristen Schaal, Eric Edelstein fait un peu du Seth Rogen, ici), ça manque un peu de rythme, et ça cabotine aussi énormément dans la dernière ligne droite... mais j'ai trouvé que Van Damme s'amusait bien, j'ai ri à plusieurs moments, et dans l'ensemble, le cast est sympatoche et je ne me suis pas ennuyé.

Pas exceptionnel, mais pas non plus le désastre annoncé.

3/6 (en étant généreux) 

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Les bilans de Lurdo - Happy's Place, saison 1 (2024)

Publié le 25 Mai 2025 par Lurdo dans Sitcom, Comédie, Télévision, USA, Review, NBC, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair

Après Reba (6 saisons, 2011-2007, sur la CW) et Malibu Country (une saison en 2012 sur ABC), Reba McEntire (l'autre légende féminine de la country outre-Atlantique, avec Dolly Parton) revient sur le petit écran, pour Happy's Place, une workplace comedy NBC en 18 épisodes, d'ores et déjà renouvelée.

Happy's Place, saison 1 (2024) :

Gérante du bar de feu son père Happy, Bobbie (Reba McEntire) supervise tranquillement son personnel : Steve (Pablo Castelblanco), le comptable latino flamboyant, Emmett (Rex Linn), le vieux cuistot ronchon, Gabby (Melissa Peterman), la barmaid excentrique et épuisante, et Takoda (Tokala Black Elk), l'homme à tout faire et serveur amérindien. Jusqu'au jour où elle rencontre Isabella (Belissa Escobedo), qui révèle rapidement qu'elle est sa demi-sœur, née d'une aventure de son père, et qui hérite donc d'une moitié de l'établissement...

Et honnêtement, on se retrouve ici avec quelque chose d'ultra-générique dans le genre. La distribution n'est pas désagréable, McEntire et Peterman ont toujours une excellente alchimie (depuis Reba) et ça a bon fond, mais on retombe dans une workplace comedy vraiment basique, avec des épisodes aux ressorts classiques, qui tentent fortement de concilier émotion et rires, à l'ancienne, sans totalement y parvenir.

Au programme, donc, du cabotinage, des caméos d'anciens de Reba (Steve Howey, Christopher Rich), beaucoup de messages sur l'acceptation et le pardon, une famille recomposée, des rires enregistrés, et des épisodes assez passe-partout, ici sur Gabby qui veut un enfant, sur Isabella qui découvre le bar et ce que l'on y fait, sur Isabella et Bobbie qui apprennent à se connaître, sur du shipping entre Bobbie et Emmett, etc, etc, etc, bref, une sitcom comfort food pour un certain public nostalgique de Reba, et une série un peu handicapée dans certains épisodes par une écriture assez abrasive d'Isabella (qui déboule comme un chien dans un jeu de quilles, commence à faire des changements dans le bar sans prévenir Bobbie, etc).

Mais dans l'ensemble, il n'y a vraiment pas grand chose à dire sur ce programme, un programme paradoxalement plus efficace du côté émotion que du côté humour, très balisé.

Je ne remettrai probablement pas le couvert en saison 2, par contre.

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Critique éclair #150 - Mickey 17 (2025)

Publié le 19 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Science Fiction, Cinéma, Review, Drame, USA, Corée

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Mickey 17 (2025) :

En 2050, pour échapper à ses dettes, Mickey Barnes (Robert Pattinson) accepte de se faire cloner et de devenir un Remplaçable dans le cadre d'une mission de colonisation de la planète Niflheim, mission menée par le politicien/gourou Kenneth Marshall (Mark Ruffalo) et son épouse (Toni Collette). Utilisé comme cobaye et envoyé dans toutes les missions les plus dangereuses, Mickey trouve ainsi régulièrement la mort, mais ses souvenirs sont alors immédiatement implantés dans le corps d'un clone numéroté. Jusqu'à ce que Mickey 17, réservé et névrosé, soit sauvé d'une mort atroce par un Rampant, une forme de vie originaire de Niflheim, que Marshall veut exterminer. De retour à sa base, Mickey découvre que son clone Mickey 18, agressif et violent, a déjà été activé, et que, désormais hors-la-loi, les deux Mickey doivent composer l'un avec l'autre... et avec le massacre des Rampants qui se prépare.

Mouais. Un film de science-fiction de Bong Joon-ho, réalisateur de The Host, Snowpiercer, Okja et Parasite, qui continue son approche très satirique de la société pour dénoncer plein de choses (lutte des classes, religion, autoritarisme, destruction de la planète), en adaptant un roman, pour un résultat de 137 minutes qui... m'a laissé de marbre.

Cela dit, je ne sais pas vraiment ce qui a été, à mes yeux, la goutte qui a fait déborder le vase : l'interprétation très particulière de Pattinson dans son double rôle (avec narration en voix off aux faux airs de Steve Buscemi), pourtant raccord avec le surjeu total et caricatural de tout le monde ? Son alchimie très moyenne avec Naomi Ackie ? La satire gentiment balourde et pataude de cet univers ? Le rythme mollasson du métrage ? Le côté antipathique et outrancier de tous les personnages ? Les multiples digressions bordéliques ?

Un peu tout ça, et son contraire, je suppose. Une chose est sûre : à part le côté visuel, les effets spéciaux, et les bestioles plutôt réussies, je n'ai pas accroché à ce métrage longuet, à sa narration, à son humour finalement pas très drôle et à son ton déglingué.

Dommage, les intentions semblaient bonnes.

2.75/6 

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