Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Bride Hard (2025) :
Super-espionne, Sam (Rebel Wilson) est invitée au mariage de sa meilleure amie de toujours, Betsy (Anna Camp), dans une propriété sur une île privée en Géorgie. Avec elles, outre les invités et la famille, leurs amies Lydia (Da'Vine Joy Randolph), Zoe (Gigi Zumbado) et Virginia (Anna Chlumsky), la future belle-sœur de Betsy, toutes trois demoiselles d'honneur, comme Sam. Mais alors que la double-vie de Sam commence à peser sur son amitié avec le groupe, un groupe de mercenaires menés par Kurt (Stephen Dorff) débarque et prend tout le monde en otage afin de mettre la main sur la fortune familiale. Tout le monde, sauf Sam, qui va alors devoir sauver seule le mariage de Betsy...
Un mélange insipide de Mes Meilleures Amies, de Die Hard, de Shotgun Wedding, de Spy et de n'importe quelle autre comédie ayant pour vedette Rebel Wilson, Bride Hard se veut une comédie d'action, réalisée par Simon West (Con Air, Tomb Raider, Old Guy ou encore les séries Human Target et The Cape, avec Mark Valley, qui tient ici un petit rôle)... mais en réalité, c'est surtout un film assez raté, mou, pas particulièrement drôle, et qui se contente de laisser une Rebel Wilson de moins en moins inspirée faire son numéro habituel.
Et brièvement séduire Justin Hartley en passant (pendant que Da'Vine Joy Randolph séduit un prêtre sexy), parce que c'est toujours ce qui se passe dans ce genre de comédie à destination d'un public féminin à la recherche de wish fulfillment et de solidarité féminine.
Bref. Bride Hard met un temps fou à se mettre en place (30 minutes), les scènes d'exposition sont balourdes, la production n'avait clairement personne qui parlait français, l'action est générique, approximative (ou alors, comme dans la dernière ligne droite, elle a été tournée devant des écrans verts baclés), Rebel n'est jamais crédible en espionne, et l'on ressort du tout avec l'impression étrange d'avoir regardé un film de plateforme de streaming sans grand budget, où tout le monde en fait trois tonnes pour compenser la vacuité du scénario.
Pourtant, c'est sorti en salles, et ça a bidé. Va comprendre, Charles.
1.5/6 (au moins, Anna Camp a l'air de s'amuser)
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Take Cover (2024) :
Sam (Scott Adkins), sniper, et Ken (Jack Parr), son spotter, forment un duo de tueurs à gages travaillant pour la mystérieuse Tamara (Alice Eve). Après être passé à deux doigts de l'échec lors d'une mission, Sam annonce vouloir tout plaquer. Tamara envoie alors Sam et Ken sur une dernière mission, les logeant pour l'occasion dans une suite d'un hôtel luxueux, avec immense baie vitrée, masseuses et champagne. Mais bien vite, le duo réalise qu'il est lui-même devenu une cible à abattre, et se retrouve pris au piège dans la suite, cible de tireurs embusqués situés dans d'autrs immeubles...
Un film d'action anglais en huis-clos, ce qui change un peu, avec un Scott Adkins qui fait son truc, établissant une relation de quasi-buddy movie avec son partenaire gouailleur, une Alice Eve qui passe presque tout le film de dos et en voix off, et une Madalina Bellariu Ion plutôt bonne en masseuse qui n'apprécie guère de se trouver sur le champ de bataille.
Le tout, sans rien révolutionner (loin de là), fonctionne plutôt bien, je dois dire. Il y a quelques passages à vide, c'est globalement assez prévisible, mais ça reste relativement bien mené pour que l'on ne s'ennuie pas.
3.5/6
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Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (The Naked Gunn - 2025) :
Après son intervention un peu trop musclée lors un braquage de banque, Frank Drebin Jr. (Liam Neeson), de la police de Los Angeles, est affecté aux accidents de circulation, et croise le chemin de la séduisante Miss Davenport (Pamela Anderson), dont le mari est récemment décédé dans des circonstances mystérieuses. Il ouvre alors une enquête sur Richard Cane (Danny Huston), un génie de la tech et des véhicules électriques...
Longtemps confié à Seth MacFarlane, ce reboot de la franchise Y a-t-il un flic... ? a fini entre les mains de l'un des membres de Lonely Island (le réalisateur de Tic et Tac, les Rangers du Risque), ce qui laissait augurer de quelque chose de plus absurde et décalé que ne l'aurait été la version MacFarlane.
Et effectivement, çà et là, Naked Gun '25 propose des idées amusantes, des gags rappelant l'humour ZAZ (voire même directement repris de l'époque), des séquences absurdes qui fonctionnent (le montage romantique qui vire en Jack Frost bis), des jeux de mots foireux, etc.
Malheureusement, en cours de route (aux deux tiers, environ), le film s'essouffle clairement, il y a un ventre mou et le nombre de gags à la minute ralentit progressivement, tout comme leur qualité (le gag sur le Tivo et Buffy tombe totalement à plat), qui se rapproche de plus en plus des films de Nielsen post-ZAZ, plus que des films originaux (déjà que la trilogie originale avait un coup de mou dans le troisième volet).
Cela dit, ce Naked Gun 2025 se regarde sans problème, notamment parce que Liam Neeson s'amuse vraiment beaucoup (Pam Anderson aussi, d'ailleurs) ; je ne partagerai pas l'enthousiasme critique débridé qui a entouré la sortie du film, par contre, et qui affirmait sans broncher que la cuvée 2025 est aussi bonne que le film original (ou sa suite) : en l'état, c'est sympatoche, sans plus, et ça tente tellement d'appliquer à la lettre la formule ZAZ que le film semble parfois gêné aux entournures.
3.75/6
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Une série inuit canadienne, diffusée simultanément sur CBC et sur Netflix en 2025, et qui propose 8 épisodes de 25 minutes environ, pour un résultat léger et plein de charme...
Chronique arctique, saison 1 (North of North, season 1 - 2025) :
Après des années passées dans un mariage étouffant avec le vaniteux et autoritaire Ting (Kelly William), Siaja (Anna Lambe) décide de le quitter, pour s'installer, avec sa fille, chez sa mère Neevee (Maika Harper), ex-alcoolique au fort tempérament. Mais il est difficile de se reconstruire dans une petite bourgade comme Ice Cove, où tout le monde se connaît et tout le monde vénère Ting...
Un format court et dynamique, des reprises inuits de chansons connues et des sonorités traditionnelles en guide d'illustration musicale, des acteurs quasiment tous autochtones (sauf Mary Lynn Rajskub, en responsable municipale locale plus inuit que les vrais inuits) et attachants, des dialogues principalement en anglais mais occasionnellement en dialecte inuit, North of North est dépaysant, et c'est ce qui fait là l'essentiel de son charme.
Parce qu'il faut être franc : sur le fond, la série ne révolutionne rien. Une histoire de femme au foyer malheureuse qui s'émancipe et tente de se reconstruire, c'est du déjà vu, et c'est le postulat de départ de pléthore de séries, aussi bien comiques que dramatiques.
Mais la touche arctique qui distingue cette série de ses semblables fonctionne bien, avec quelques excentricités amusantes (le Québécois obsédé par les chiens), et rend le visionnage de cette comédie des plus agréables. Tout au plus, on pourra reprocher au programme une certaine précipitation en fin de saison, avec un ou deux épisodes donnant l'impression d'avoir été un peu condensés à l'arrache.
Quoiqu'il en soit, le programme est très sympathique, une deuxième saison a déjà été commandée, donc je serai au rendez-vous.
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Série rétrofuturiste en 10 épisodes d'une petite demi-heure, Hello Tomorrow! fait partie de ces comédies dramatiques ambitieuses de la plateforme Apple Tv : un programme qui mêle le format dramédie court du câble à un budget effets spéciaux conséquents, et à une distribution assez prestigieuse. Le résultat, malheureusement, n'est pas totalement à la hauteur des promesses...
Hello Tomorrow !, saison 1 (2023) :
Le parcours de Jack Billings (Billy Crudup), magouilleur à la tête d'une société de vente de propriétés sur la Lune, et de son équipe de démarcheurs à domicile : Eddie (Hank Azaria), endetté par des paris sportifs, amant de Shirley (Haneefah Wood), bras droit de Billings, Herb (Dewshane Williams), vendeur hésitant à la femme enceinte, et Joey (Nicholas Podany), le fils caché de Jack, qui ignore tout de ses origines et vient de rejoindre l'équipe pour tenter de payer les soins médicaux de sa mère dans le coma. Mais Myrtle (Alison Pill), cliente mécontente, et Lester (Matthew Maher), un agent gouvernemental très à cheval sur les règles, s'opposent à eux...
Un monde rétrofuturiste présentant des années 40-50 où l'homme est bien établi sur la Lune, où les robots sont nos hommes à tout faire, où les voitures flottent au dessus du sol, etc, c'est toujours une proposition sympathique. Donc sur le papier, Hello Tomorrow avait de quoi me plaire.
Malheureusement, on sent que ce cadre intéressant n'est guère plus qu'un prétexte : les scénaristes auraient aussi bien pu échanger la Lune pour une île tropicale lointaine, et le résultat aurait été exactement le même, le gimmick rétrofuturiste en moins. Parce que oui, finalement, la série est un portait de mythomanes et de menteurs qui cherchent le bonheur et la richesse, quitte à arnaquer plus pauvre et plus désespéré que soi : le rêve américain, en somme.
À partir de là, tout l'argument lunaire devient (délibérément) secondaire. Ce qui intéresse la production, c'est Jack Billings, ses mensonges, ses arnaques, ses relations avec ses subordonnés, sa mère, son fils, ses désillusions, etc. De quoi donner à Crudup de quoi faire, mais aussi de quoi créer une rupture de ton assez flagrante : d'un côté, les scènes de Crudup, souvent mélodramatiques et de l'autre, les scènes du reste de l'équipe, avec des personnages sous-développés, fréquemment limités à un ou deux traits de caractère, à l'interprétation un peu caricaturale, et saupoudrées d'un fond de satire assez superficielle...
Par exemple, Alison Pill est excellente en Myrtle, femme au foyer névrosée et malheureuse voyant dans une propriété lunaire un moyen de s'émanciper, d'échapper à son époux et à sa vie d'épouse parfaite, etc... mais ses scènes (et sa relation avec Lester le dyslexique) semblent fréquemment appartenir à une autre série, plus comique et décomplexée (idem pour Herb et sa femme).
C'est un peu ce qui finit par plomber la série : les ruptures de ton, le contraste entre une comédie pas très assurée et un mélodrame qui évoque parfois Don Draper et ses Mad Men, et un manque de maîtrise globale de l'écriture, avec des scènes un peu abruptes, des moments qui auraient pu être retravaillés, des facilités, des éléments jamais expliqués, etc, qui font que le programme finit un peu par tourner en rond.
Peut-être qu'avec une saison 2, la série aurait trouvé ses marques. En l'état, c'est visuellement convaincant, mais globalement plus frustrant qu'autre chose.
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Tentative vaine de relancer la "franchise" How I Met Your Mother, HIMYF a connu deux saisons avant son annulation, en 2023, pour 30 épisodes au total diffusés sur Hulu/Disney+ et chapeautés par un duo de scénaristes spécialisés dans les comédies romantiques et les sitcoms rapidement annulées.
How I Met Your Father, saison 1 (2022) :
Le quotidien et les amours d'un groupe de jeunes trentenaires new-yorkais, centré autour de Sophie (Hilary Duff), photographe romantique à la recherche de l'âme sœur. Autour d'elle, Jesse (Christopher Lowell), musicien désabusé suite à une rupture ; Valentina (Francia Raisa), la meilleure amie de Sophie, dans une relation avec Charlie (Tom Ainsley), aristocrate anglais ayant tout plaqué pour Valentina ; Ellen (Tien Tran), la sœur adoptive lesbienne de Jesse ; et Sid (Suraj Sharma), meilleur ami de Jesse, propriétaire d'un bar, et fiancé à Hannah (Ashley Reyes), qui travaille à l'autre bout du pays...
Et à vrai dire, la série ne commence pas sous les meilleures auspices, avec dix premiers épisodes assez médiocres. Pas forcément la faute à la distribution, une distribution très dans l'air du temps (représentativité mécanique des séries de streaming oblige), et pas forcément désagréable (Duff est toujours efficace) mais plus à un tout assez quelconque, pas particulièrement drôle, pas particulièrement inspiré, et qui s'efforce un peu trop de "moderniser" la formule HIMYM, pour la rendre plus crue, plus contemporaine, et que sais-je encore.
Autre artifice qui ne fonctionne pas vraiment : la narration en flashback, depuis le futur. Dans l'original, on avait droit à une voix off qui racontait la série à des ados face caméra ; ici, on inverse la donne, et on a Kim Cattrall, seule chez elle, qui raconte ses romances face caméra à un fils dont on ne voit rien (histoire de cacher son ethnicité éventuelle). Et très vite, il apparaît clairement que toutes ces scènes de Cattrall n'apportent rien, en plus de n'avoir pas une once du charme ou du mystère de celles de la série originale.
Pas grand chose à retenir de cette première fournée d'épisodes, donc : Ian (Daniel Augustin), le premier prétendant de Sophie présenté dans le pilote et ramené dans le final, est assez transparent, Josh Peck n'est guère plus marquant, et la série bascule très rapidement dans de l'émotion facile et du triangle amoureux appuyé, au détriment de l'humour.
Il y a bien un caméo de Robin (Cobie Smulders) dans le dernier épisode de la saison, ainsi qu'une brève apparition du Capitaine (Kyle MacLachlan)... mais ça ne fait que renforcer l'impression de pâle copie qui émane de cette première saison.
How I Met Your Father, saison 2 (2023) :
La saison 2 du programme, avec 20 épisodes au compteur, continue dans la droite lignée de la première, mais progressivement, on sent que la distribution et les scénaristes commencent à trouver leurs marques : ces derniers mélangent les cartes, associant en binôme tous les personnages les uns avec les autres pour des sous-intrigues variées - évitant ainsi l'écueil de nombreuses sitcoms, qui finissent par isoler et privilégier certaines associations de personnages au détriment des autres.
Après, il reste tout de même des scories évidentes dans l'écriture et le casting : en tirant toutes ses cartouches trop tôt en saison 1 en ce qui concerne la relation Jesse/Sophie, la série se retrouve bien embarrassée.
Pour tenter de préserver une sorte de tension narrative et romantique, le programme force alors le trait sur la relation de Jesse et Meredith (Leighton Meester), cette dernière étant tout simplement détestable et égocentrique ; même problème du côté de Sophie, qui enchaîne les prétendants insipides (toute la relation avec le chef plus âgé est notamment un beau flop), et se trouve flanderisée dès cette seconde saison - sa version adulte, jouée par Cattrall, n'est guère plus qu'une wine mom clichée et égocentrique, et la version trentenaire de Duff finit par être immature, narcissique, menteuse, agaçante, superficielle et un peu bête, ne voyant le monde que par le petit bout de sa lorgnette et de son égo (mention spéciale à l'épisode dans lequel Eden Sher fait un caméo, et qui voit Sophie et Val se comporter en mean-girls bitchy).
À partir de là, la série reposant intégralement sur cette romance principale en filigrane, difficile de vraiment adhérer à une grosse partie du show. D'autant que les scénaristes lorgnent fortement sur la série-mère pour leurs intrigues et leurs gags, ce qui a un peu tendance à étouffer les personnages secondaires.
Le caméo de Neil Patrick Harris, notamment, n'est là que pour rejouer la partition d'un personnage qui cherche son père biologique (ici joué par Clark Gregg), et la fin de saison (avec rupture de Sid et Hannah, tandis que Jesse et Sophie s'avouent leurs sentiments sous la pluie), fait vraiment redite de la fin de saison 1 de HIMYM, avec la rupture de Lily et Marshall, pendant que Robin et Ted s'avouaient leurs sentiments sous la pluie.
Malgré cela, HIMYF saison 2 se regarde tranquillement : le rythme est meilleur, les acteurs sont plus à l'aise et commencent à développer une certaine alchimie, les épisodes sont plus amusants... mais la série continue de se chercher, et l'on est encore loin de ce qui avait fait le succès rapide de HIMYM. Ce qui explique probablement pourquoi le programme a été annulé.
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Retour de la série d'action-comédie d'Arnold Schwarzenegger pour Netflix, une série qui-n'est-pas-vraiment-une-suite-de-True-Lies-mais-s'en-inspire beaucoup, et showrunnée par le responsable de Reacher pour Amazon...
FUBAR, saison 2 (2025) :
Alors qu'il est caché dans une maison sécurisée avec sa famille et son équipe, à l'abri de tous ceux qui veulent leur mort, Luke Brunner (Arnold Schwarzenegger) apprend qu'un dangereux terroriste a pour but d'éradiquer 90 % de la population humaine en commençant par détruire le réseau électrique américain. Pour cela, il a requis les services de Greta Nelso (Carrie-Anne Moss), super-espionne et ex-amante de Luke, et de Chips (Guy Burnet), son bras droit...
Et honnêtement, la première saison de FUBAR ne m'avait pas forcément laissé un souvenir impérissable, une sorte de série d'action de network très approximative à l'écriture assez faiblarde, qui n'avait d'intérêt que par sa dimension de fanservice pour fans de Schwarzie, et qui peinait à s'élever au-delà d'une certaine médiocrité inhérente aux séries de Netflix.
Un gros DTV d'action délayé sur huit épisodes d'une heure, en somme... et il en va de même pour cette saison 2. Techniquement, c'est même peut-être pire, puisque le show reprend tous les personnages de la saison 1 (sauf la directrice de la branche régionale de la CIA, remplacée cette saison par ce bon vieux Enrico Colantoni), et leur rajoute de multiples nouveaux personnages, avec en tête Carrie-Anne Moss (en ex-espionne est-allemande autrefois dans une relation torride avec Arnold - sauf que les deux acteurs n'ont pas la moindre alchimie), et Guy Burnet (qui s'est fait un look d'Hans Gruber du pauvre pour incarner un espion rival au lourd passé).
La série se plie donc en quatre pour trouver de la place pour tout ce petit monde (la sous-intrigue du cochon, les moments comic-relief de Baruchel et d'Andy Buckley), et ça donne une saison assez bordélique, qui, autour d'une intrigue de base assez simple - quatre centrale électriques menacées -, part dans tous les sens, envoie ses personnages dans l'espace, dans le sous-marin de James Cameron, tente d'utiliser Schwarzie comme s'il avait 20-30 ans de moins, de créer une romance torride avec CAM, multiplie les clins d'œil à la filmo d'Arnold (la roue de la souffrance m'a arraché un sourire), fait du placement produit bien honteux face caméra (et ce dès le premier épisode de la saison), propose des scènes d'action improbables sans en avoir le budget ni le rythme, etc.
Et pourtant... je n'ai pas détesté. Probablement parce que tout le monde semble s'amuser, et avoir conscience qu'ils ne font pas de l'Art, mais simplement une série d'action et d'espionnage de streaming : ce qui leur permet de s'amuser avec des idées idiotes (les hallucinations dans le sous-marin, le photoshoot du cochon), de ne pas s'embarrasser de subtilités ou de standards d'écriture, et de faire leur truc dans leur coin.
Ce n'est pas bon, c'est bourré de problèmes, c'est trop long pour ce que ça raconte, et les rebondissements du scénario sont absolument tous téléphonés et prévisibles, mais ça reste suffisamment second degré pour être regardable, en arrière-plan, pendant qu'on fait autre chose...
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Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.
Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.
Ironheart, saison 1 (2025) :
Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea Couleé, Sonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...
Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.
Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.
Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.
Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.
Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.
On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.
À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".
À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.
J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.
Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.
Adaptation en huit épisodes d'une demi-heure du film collégial du même nom de 1981, écrit et réalisé par Alan Alda, cette version des Quatre saisons, écrite par Tina Fey et deux de ses compères (Tracey Wingfield, showrunneuse du reboot de Saved by the Bell, et Lang Fisher, scénariste sur 30 Rock, The Mindy Project et Brooklyn 99) a été diffusée sur Netflix en mai dernier, et est d'ores et déjà renouvelée pour une saison 2.
Les quatre saisons, saison 1 (The Four Seasons, season 1 - 2025) :
Tout au long d'une année complète, trois couples d'amis se retrouvent à plusieurs occasions festives, et font alors le point sur leur vie respective : Claude (Marco Calvani) s'inquiète du refus de son époux Danny (Colman Domingo) de se faire opérer du cœur et de prendre soin de soi ; Nick (Steve Carrell) et Anne (Kerri Kenney-Silver) se séparent, et Nick retrouve l'amour dans les bras d'une femme plus jeune, Ginny (Erika Henningsen) ; quant à Jack (Will Forte) et Kate (Tina Fey), leur couple semble aller très bien, mais des failles apparaissent progressivement dans ce bonheur apparent...
Une série qui se regarde assez rapidement et facilement, et qui traite de l'amour, du couple, de l'ennui, du temps qui passe, des amitiés qui évoluent, des gens qui changent, avec une distribution attachante, et des acteurs qui se connaissent très bien : on croit à ce petit groupe d'amis soudé, et même si le programme n'est pas forcément révolutionnaire ou surprenant, le tout devient une hangout comedy plutôt sympathique à suivre.
Rythmée (forcément) par les Quatre saisons de Vivaldi, la série déroule ainsi ses péripéties, consacrant deux épisodes à chaque saison : les deux premiers épisodes traitent du renouvellement surprise des vœux de mariage de Nick et Anne, alors que tout le monde sauf Anne est au courant des intentions de divorce de Nick ; les deux épisodes suivants emmènent tout le monde au soleil, tandis que Ginny tente de s'intégrer au groupe d'amis malgré la différence d'âge ; puis vient l'automne, en Nouvelle-Angleterre, à l'occasion de Thanksgiving et d'une visite des campus ; et puis, enfin, l'hiver, au ski, avec deux réveillons du Nouvel An présentés en parallèle.
De quoi placer pas mal de péripéties plus ou moins convaincantes (j'ai un peu de mal avec un certain rebondissement majeur dans l'avant-dernier épisode, et avec le tournant dramatique que prend la série à ce moment, histoire de finir la saison dans l'émotion), et se concentrer sur des couples à l'alchimie plutôt probante (j'aime beaucoup le couple Forte/Fey).
Après, si le show est relativement agréable à suivre malgré quelques facilités narratives et autres rebondissements un peu forcés (qui font très sitcom, en fait), ça reste un programme dont le sujet même parlera à un public relativement limité. J'ai envie d'utiliser le terme anecdotique, mais je trouve qu'il est un peu fort : en l'état, Les Quatre saisons est sympatoche (surtout si l'on apprécie les acteurs), mais ce n'est pas forcément indispensable.
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Après Mrs Maisel, succès critique incontestable pour Amazon, Amy Sherman-Palladino a clairement eu carte blanche de la part du diffuseur, et a décidé de revenir à ses premières amours, déjà exploitées dans Bunheads : le ballet et la danse classique.
D'où cette première saison d'Étoile, en 8 épisodes d'une heure, une saison diffusée dans l'anonymat le plus total, et annulée dans la foulée, alors qu'une saison 2 était déjà commandée. Voyons voir si le programme méritait mieux...
Étoile, saison 1 (2025) :
Pour tenter de sauver leurs compagnies respectives, Geneviève Lavigne (Charlotte Gainsbourg), du Ballet National de Paris, et Jack McMillan (Luke Kirby), du New York Metropolitan Ballet, décident d'échanger certains de leurs talents : Cheyenne Toussaint (Lou de Laâge), danseuse-étoile rebelle et activiste écolo, est envoyée à New York, tandis que Mishi Duplessis (Taïs Vinolo), fille de la Ministre de la culture française, et le chorégraphe excentrique Tobias Bell (Gideon Glick) arrivent à Paris...
Univers très élitiste, tournage en français et en anglais (et dialogues qui passent de l'un à l'autre de manière souvent aléatoire), longs passages dansés... à la base, on ne peut pas dire que Étoile se soit facilité la tâche, ou que la série se prête vraiment à un succès commercial et critique. On reste cependant dans les préoccupations et intérêts habituels des Palladino, y compris au niveau du personnage principal de la série, Cheyenne.
Après une Lorelai Gilmore qui dynamitait la haute société de sa famille, ou encore Mrs Maisel qui cassait tout sur son passage pour connaître le succès dans le monde du stand-up, on a ici Cheyenne Toussaint, danseuse française ultra-exigente et perfectionniste, écoterroriste battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, guerrière de la danse qui envoie tout et tout le monde bouler pour ne suivre que ses intuitions et ses impulsions, tsundere capricieuse qui pense avoir toujours raison...
...et cette fois-ci, c'est insupportable. Un peu comme dans le cas d'une Maisel des dernières saisons, les Palladino semblent avoir choisi une protagoniste carriériste et radicale, une femme arrogante et ambitieuse, très talentueuse mais qui a conscience de sa supériorité, assez égocentrique, et qui n'a que faire des sentiments d'autrui sur le chemin de ses objectifs. Un personnage abrasif, antipathique et cassant, qui, pour fonctionner, demanderait une interprétation charismatique et subtile, avec beaucoup de charme.
Et je ne sais pas si c'est la barrière de la langue dans l'écriture (Lou de Laâge joue en français et en anglais, et l'écriture des dialogues français est parfois assez artificielle), les différences entre le jeu français et américain, ou tout simplement un problème d'interprétation, mais Cheyenne ne fonctionne pas du tout : gueularde comme une poissonnière, toujours une expression de Grumpy Cat sur le visage, aucune alchimie avec les autres personnages, systématiquement dans le clash et le mépris, Cheyenne Toussaint ressemble à un mauvais personnage de sitcom... et ça coule une grosse majorité de la série.
Déjà que de manière générale, le programme semble ne pas savoir sur quel pied danser (!) : l'écriture semble fréquemment déséquilibrée, oscillant entre "regardez comme le ballet, c'est formidable et poétique" avec de longues plages de chorégraphie d'ailleurs très bien filmées, une comédie dans la lignée des programmes précédents du couple, et plusieurs sous-intrigues principales très inégales : d'un côté, la gestion des deux compagnies de danse, les problèmes moraux posés par le financement de Crispin (Simon Callow), mécène excentrique et oligarque louche, et la relation entre Lavigne et McMillan (pas désagréable, tout ça, et Charlotte Gainsbourg est excellente - même si ses disputes avec sa sœur sont imbuvables).
De l'autre, le quotidien des compagnies de danse ; à côté, les soucis de Mishi, sa famille bourgeoise, et la mère bricoleuse et caractérielle de Cheyenne qui l'accueille (un gros flop, tout ça, plat, sans grand intérêt, et plein d'excentricités forcées, qui retombe en plus dans les ficelles habituelles de la fille de bonne famille privilégiée qui découvre le monde, à la Rory Gilmore) ; et puis la relation qui se noue entre Tobias, le chorégraphe sur le spectre de l'autisme, et Gabin (Ivan du Pontavice), un danseur arrogant et ambitieux (plutôt amusante, cette sous-intrigue, et du Pontavice est bon dans son rôle, je dois dire).
Habituellement, l'un des points très forts des séries de Palladino et de son époux est leur distribution : le couple a toujours su dénicher des interprètes attachant(e)s, des visages mémorables, et autres character actors donnant de la personnalité et de la présence à tous les personnages secondaires peuplant ses séries.
Ici, il en va de même, on retrouve donc plusieurs des habitués des séries Palladino, en premier lieu desquels Luke Kirby (le Lenny Bruce de Mrs Maisel), mais aussi Gideon Glick (Alfie de Maisel), Yanic Truesdale (Gilmore Girls), Kelly Bishop, Connor Ratliff, etc. Autour d'eux, d'autres seconds rôles attachants, notamment David Haig. Des interprètes solides qui donnent du corps à la série (comme le font d'ailleurs les running gags, çà et là, du "tu penses qu'il/elle va revenir", ou de la danseuse accompagnée par son psy), mais systématiquement, tout tend à s'arrêter dans un grincement à chaque fois que Cheyenne entre en scène, comme un chien dans un jeu de quilles, ultra-intense avec sa démarche de camionneuse, sa moue boudeuse et son ton agressif.
Pour utiliser une image directement liée à la série : Étoile, c'est un peu comme de regarder la chorégraphie fluide et maîtrisée d'un numéro de danse (l'ensemble du show, son écriture, sa réalisation), d'admirer certains passages très réussis (certains personnages, certaines scènes), avant de remarquer que la danseuse étoile fait la gueule du début à la fin, qu'elle trébuche çà et là, qu'elle finit en pilotage automatique, et qu'elle quitte la scène en faisant des doigts d'honneur à ses collègues.
Alors certes, ça se regarde parce que les Palladino restent très compétents et passionnés, il y a des moments vraiment amusants et réussis, et pour peu que l'on ferme un peu les yeux sur les quelques clichés habituels des séries américaines sur Paris et la France (ainsi que sur une adaptation un peu maladroite au moment de la traduction anglais/français), ça passe, mais le personnage de Cheyenne s'est vraiment avéré un rebutoir total pour moi (surtout compte tenu de la in de la saison) - et à partir de là, difficile pour moi de m'étonner de l'annulation prématurée du programme.
Probablement la série la plus faible (ou du moins, la moins aboutie) du catalogue des Palladino (sur le même thème, Bunheads était tellement, tellement plus attachante).
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