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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

romance

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Étoile, saison 1 (2025)

Publié le 4 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Musique, Amazon, Review, USA, France, Drame

Après Mrs Maisel, succès critique incontestable pour Amazon, Amy Sherman-Palladino a clairement eu carte blanche de la part du diffuseur, et a décidé de revenir à ses premières amours, déjà exploitées dans Bunheads : le ballet et la danse classique. 

D'où cette première saison d'Étoile, en 8 épisodes d'une heure, une saison diffusée dans l'anonymat le plus total, et annulée dans la foulée, alors qu'une saison 2 était déjà commandée. Voyons voir si le programme méritait mieux...

Étoile, saison 1 (2025) :

Pour tenter de sauver leurs compagnies respectives, Geneviève Lavigne (Charlotte Gainsbourg), du Ballet National de Paris, et Jack McMillan (Luke Kirby), du New York Metropolitan Ballet, décident d'échanger certains de leurs talents : Cheyenne Toussaint (Lou de Laâge), danseuse-étoile rebelle et activiste écolo, est envoyée à New York, tandis que Mishi Duplessis (Taïs Vinolo), fille de la Ministre de la culture française, et le chorégraphe excentrique Tobias Bell (Gideon Glick) arrivent à Paris...

Univers très élitiste, tournage en français et en anglais (et dialogues qui passent de l'un à l'autre de manière souvent aléatoire), longs passages dansés... à la base, on ne peut pas dire que Étoile se soit facilité la tâche, ou que la série se prête vraiment à un succès commercial et critique. On reste cependant dans les préoccupations et intérêts habituels des Palladino, y compris au niveau du personnage principal de la série, Cheyenne.

Après une Lorelai Gilmore qui dynamitait la haute société de sa famille, ou encore Mrs Maisel qui cassait tout sur son passage pour connaître le succès dans le monde du stand-up, on a ici Cheyenne Toussaint, danseuse française ultra-exigente et perfectionniste, écoterroriste battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, guerrière de la danse qui envoie tout et tout le monde bouler pour ne suivre que ses intuitions et ses impulsions, tsundere capricieuse qui pense avoir toujours raison...

...et cette fois-ci, c'est insupportable. Un peu comme dans le cas d'une Maisel des dernières saisons, les Palladino semblent avoir choisi une protagoniste carriériste et radicale, une femme arrogante et ambitieuse, très talentueuse mais qui a conscience de sa supériorité, assez égocentrique, et qui n'a que faire des sentiments d'autrui sur le chemin de ses objectifs. Un personnage abrasif, antipathique et cassant, qui, pour fonctionner, demanderait une interprétation charismatique et subtile, avec beaucoup de charme.

Et je ne sais pas si c'est la barrière de la langue dans l'écriture (Lou de Laâge joue en français et en anglais, et l'écriture des dialogues français est parfois assez artificielle), les différences entre le jeu français et américain, ou tout simplement un problème d'interprétation, mais Cheyenne ne fonctionne pas du tout : gueularde comme une poissonnière, toujours une expression de Grumpy Cat sur le visage, aucune alchimie avec les autres personnages, systématiquement dans le clash et le mépris, Cheyenne Toussaint ressemble à un mauvais personnage de sitcom... et ça coule une grosse majorité de la série.

Déjà que de manière générale, le programme semble ne pas savoir sur quel pied danser (!) : l'écriture semble fréquemment déséquilibrée, oscillant entre "regardez comme le ballet, c'est formidable et poétique" avec de longues plages de chorégraphie d'ailleurs très bien filmées, une comédie dans la lignée des programmes précédents du couple, et plusieurs sous-intrigues principales très inégales : d'un côté, la gestion des deux compagnies de danse, les problèmes moraux posés par le financement de Crispin (Simon Callow), mécène excentrique et oligarque louche, et la relation entre Lavigne et McMillan (pas désagréable, tout ça, et Charlotte Gainsbourg est excellente - même si ses disputes avec sa sœur sont imbuvables).

De l'autre, le quotidien des compagnies de danse ; à côté, les soucis de Mishi, sa famille bourgeoise, et la mère bricoleuse et caractérielle de Cheyenne qui l'accueille (un gros flop, tout ça, plat, sans grand intérêt, et plein d'excentricités forcées, qui retombe en plus dans les ficelles habituelles de la fille de bonne famille privilégiée qui découvre le monde, à la Rory Gilmore) ; et puis la relation qui se noue entre Tobias, le chorégraphe sur le spectre de l'autisme, et Gabin (Ivan du Pontavice), un danseur arrogant et ambitieux (plutôt amusante, cette sous-intrigue, et du Pontavice est bon dans son rôle, je dois dire).

Habituellement, l'un des points très forts des séries de Palladino et de son époux est leur distribution : le couple a toujours su dénicher des interprètes attachant(e)s, des visages mémorables, et autres character actors donnant de la personnalité et de la présence à tous les personnages secondaires peuplant ses séries.

Ici, il en va de même, on retrouve donc plusieurs des habitués des séries Palladino, en premier lieu desquels Luke Kirby (le Lenny Bruce de Mrs Maisel), mais aussi Gideon Glick (Alfie de Maisel), Yanic Truesdale (Gilmore Girls), Kelly Bishop, Connor Ratliff, etc. Autour d'eux, d'autres seconds rôles attachants, notamment David Haig. Des interprètes solides qui donnent du corps à la série (comme le font d'ailleurs les running gags, çà et là, du "tu penses qu'il/elle va revenir", ou de la danseuse accompagnée par son psy), mais systématiquement, tout tend à s'arrêter dans un grincement à chaque fois que Cheyenne entre en scène, comme un chien dans un jeu de quilles, ultra-intense avec sa démarche de camionneuse, sa moue boudeuse et son ton agressif.

Pour utiliser une image directement liée à la série : Étoile, c'est un peu comme de regarder la chorégraphie fluide et maîtrisée d'un numéro de danse (l'ensemble du show, son écriture, sa réalisation), d'admirer certains passages très réussis (certains personnages, certaines scènes), avant de remarquer que la danseuse étoile fait la gueule du début à la fin, qu'elle trébuche çà et là, qu'elle finit en pilotage automatique, et qu'elle quitte la scène en faisant des doigts d'honneur à ses collègues.

 

Alors certes, ça se regarde parce que les Palladino restent très compétents et passionnés, il y a des moments vraiment amusants et réussis, et pour peu que l'on ferme un peu les yeux sur les quelques clichés habituels des séries américaines sur Paris et la France (ainsi que sur une adaptation un peu maladroite au moment de la traduction anglais/français), ça passe, mais le personnage de Cheyenne s'est vraiment avéré un rebutoir total pour moi (surtout compte tenu de la in de la saison) - et à partir de là, difficile pour moi de m'étonner de l'annulation prématurée du programme.

Probablement la série la plus faible (ou du moins, la moins aboutie) du catalogue des Palladino (sur le même thème, Bunheads était tellement, tellement plus attachante).

 

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Cat's Eyes, saison 1 (2024)

Publié le 20 Juillet 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Policier, France, Review, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Comédie, TF1, Amazon

J'avoue : à l'idée d'une adaptation française assez libre de Cat's Eye par TF1 et Amazon en huit épisodes d'une cinquantaine de minutes, je n'avais pas grand espoir. Un peu comme dans le cas de City Hunter, la France a une relation tellement particulière avec certaines séries d'animation que ça aurait pu facilement dégénérer et virer à la mauvaise parodie, surtout avec un budget limité. Mais à ma grande surprise, ce n'est pas sur ce plan-là que la série m'a laissé dubitatif...

Cat's Eyes, saison 1 : 

À Paris, le retour de Tam (Camille Lou), aventurière, amène ses deux sœurs Syl (Constance Labbé), spécialiste en art et Alexia (Claire Romain), adolescente turbulente et fan de parkour, à faire face à la vérité : leur père Michael, mort des années plus tôt dans l'incendie de sa galerie d'art, a été assassiné. Les sœurs Chamade décident alors de mener l'enquête, un enquête qui va les amener à s'improviser cambrioleuses et à visiter le tout-Paris, traquées par Quentin (MB14), l'ex de Tam et policier, et par des criminels violents...

Enfin, je dis que je suis rersté dubitatif, mais ça aurait pu être bien pire, et quand bien même le projet est plein de scories, ça reste honorable. D'ailleurs, ça m'a surpris, dans les premiers épisodes de ce qui est une origin story des Cat's Eyes (de leur équipe, de leur carte de visite, de leur bar, etc) : si je ne voyais alors que les défauts les plus évidents, l'alchimie des trois protagonistes, leurs échanges naturels, et la bonne volonté du tout ont rapidement réussi à m'intéresser.

Après, comme je le disais... c'est loin d'être parfait. Globalement, la série fait un peu Office du tourisme de Paris et des alentours : tour à tour, c'est la Tour Eiffel, le Louvre, Versailles, la Seine, Vaux le Vicomte, la Monnaie de Paris, etc, qui font l'objet de servent de cadre aux cambriolages, de quoi utiliser plein de plans travaillés de la Ville Lumière, des placements produits, etc.

Des cambriolages recourant souvent au gimmick du "on vous montre la réussite de la mission, et on repart ensuite en arrière pour vous expliquer comment elles ont fait", et mis en parallèle d'intrigues sentimentales plus ou moins probantes : Tam et son ex policier (et l'actuelle petite amie de celui-ci, une fliquette insupportable et jalouse), Syl et son mec barman (une relation pas très maîtrisée sur la durée, et qui, vers la fin, n'est là que pour amener les filles à ouvrir leur propre bar), et Alexia et sa copine parkoureuse (alors là, c'est assez désastreux, avec des scènes digne d'une série pour ados, notamment quand le père de sa copine découvre que sa fille est lesbienne).

Et puis il y a les méchants de la série : Gilbert Melki, Guillaume de Tonquédec en fauteuil roulant (qui a droit à une scène où il pête un plomb sur du Rita Mitsouko, qui m'a donné des frissons de honte pour la production tellement c'est WTF et cringe), et Élodie Fontan, peut être la moins bien lotie du lot.

Il faut dire qu'avec son personnage de tueuse pseudo-badass avec long imper en Skaï, flingue de Robocop, perruque approximative (de manière globale, les postiches et couleurs capillaires de la série sont très discutables), et attitude de maychante sarcastique et sadique, elle n'est pas aidée, une sorte de caricature ambulante jamais vraiment crédible, et dont la diction est parfois un peu trop récitative.

Le tout sans oublier Carole Bouquet, qui fait l'objet d'un twist de mi-saison qui ne surprendra absolument personne.

En fait, c'est bien simple : tant que la série reste en mouvement, avec des poursuites, des cambriolages, etc (quand bien même certains de ces éléments manquent un peu de rythme ou de vraisemblance), ça va, l'interprétation est assez naturelle et ça se regarde plutôt bien ; mais dès que l'on retombe dans le mélodrame pur et dur, ou la romance, tout le monde semble se raidir devant et derrière la caméra, la diction se faire plus scolaire et appliquée, l'incompétence de nombreux personnages refait surface, les personnages masculins n'ont aucune épaisseur et ça commence à coincer.

Ce qui ne dérangera clairement pas le public étranger, que la série vise clairement par son côté tourisme et action ; les Français, par contre, risquent de tiquer un peu plus.  

Ah, et j'ai failli oublier le côté musical, que j'ai à peine abordé plus haut : outre l'illustration musicale assez datée (Rita Mitsouko, Girls just wanna have fun, A-Ha, etc), on a droit à une relecture du thème du dessin animé, en deux versions principales différentes - une reprise modernisée (et un peu moins pêchue) qui illustre le générique de début et ses silhouettes en CGI raides  ; et une reprise "dramatique", ralentie et au piano, utilisée vers la fin de la saison. Pas forcément honteux, mais rien de transcendant non plus.

C'est un peu le bilan que je fais du programme : ce n'est pas un désastre, mais ce n'est pas génial non plus. Comme je le disais, ça aurait pu être bien pire, mais en l'état, c'est juste moyen, et probablement un peu trop ambitieux pour son propre bien.

Restera à voir ce que nous apportera la saison 2.

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Critique éclair #180 - QUINZAINE FRANÇAISE - Un mariage sans fin (2025)

Publié le 19 Juillet 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Romance, France, Review, Science Fiction, Fantastique, Amazon

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ## 

Un mariage sans fin (2025) :

À l'occasion d'un mariage au Maroc, Paul (Tarek Boudali), un invité désabusé au comportement étrange, rencontre Louna (Camille Rowe), la sœur de la mariée. Rapidement, cette dernière découvre que Paul est coincé dans une boucle temporelle l'obligeant à revivre sans cesse cette journée, et lorsque Louna se trouve elle aussi prisonnière de ce phénomène, le couple commence à se rapprocher...

Ma première réaction, quand j'ai vu l'affiche et lu le pitch de cette comédie française, en dit long sur la carrière de Tarek Boudali et de ses compères de la bande à Fifi : "ah, tiens, cette fois-ci, ils repompent Palm Springs sans vergogne". Il faut dire que Fifi & ses compères ont longtemps eu l'habitude de s'inspirer largement de comédies étrangères ou de gags existants pour leurs propres productions... mais ici, mea culpa, pour une fois, c'est une adaptation officielle du Palm Springs américain de 2020... dont ce remake n'a malheureusement pas une once du charme ou du capital sympathie.

Ce n'est pas forcément un désastre, la structure de l'original est saine et le concept toujours intéressant, mais entre l'interprétation peu naturelle (c'est toujours un problème récurrent, ça, c'est fréquemment trop récitatif, trop articulé, etc), une alchimie assez moyenne entre le duo principal, Youssef Hajdi en lieu et place de JK Simmons, Boudali qui fait du Boudali et un vrai manque de rythme et de fun, ça tombe un peu à plat.

3/6, en étant gentil.

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Zorro, saison 1 (2024)

Publié le 13 Juillet 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, France, Comédie, Histoire, USA, Belgique, Paramount

8 épisodes de 30-40 minutes pour cette adaptation française parodique de Zorro, coproduite par France télévisions et Paramount+, où Jean Dujardin reprend le rôle titre dans une série clairement très inspirée par la série de Disney, mais en mode nettement plus comique et décalé - peut-être même trop, à vrai dire.

Zorro, saison 1 (2024) :

Vingt ans après la fin des aventures de Zorro, Don Diego de la Vega (Jean Dujardin) est désormais notable de Los Angeles, dont il doit prendre la tête de la mairie à la suite de son père (André Dussollier). Mais Diego est écrasé par la présence de celui-ci, et lorsqu'il décède subitement, laissant la ville endettée auprès du malfaisant Don Emmanuel (Éric Elmosnino), Diego décide de remettre le costume de Zorro, et de faire de nouveau rêgner la loi et la justice... sans se douter que cela va totalement bouleverser le couple qu'il forme avec Gabriella (Audrey Dana), un couple embourbé dans la routine.

J'ai envie de dire : oui, forcément, une adaptation française de Zorro, ça ne pouvait se transformer qu'en histoire de couple au point mort rongé par les mensonges, les secrets et les coucheries. C'est tellement... français, en fait, comme approche, que ça laisse occasionnellement dubitatif, d'autant que le programme semble constamment tiraillé entre diverses directions qui se mêlent avec plus ou moins de bonheur.

Ici, de la comédie parodique à la OSS 117, où Diego est un incapable qui se révêle uniquement lorsqu'il porte le masque, à l'égo certain, écrasé par le souvenir de son père, entouré d'incapables (dont Éric Massot), avec un méchant pas très doué non plus (mais qui a parfaitement la tête de l'emploi) et des soldats espagnols encore plus incompétents.

À côté, cette histoire de couple dans la tourmente, avec mensonges, tromperies, jalousies, et toute une sous-intrigue d'adoption très souvent oubliée. Ailleurs, de l'aventure façon cape et épée, avec un Dujardin qui s'amuse bien et des combats efficaces. Soit autant de ruptures de ton improbables, amplifiées par des moments un peu wtf, comme cette tentative de suicide du Sergent Garcia (excellent Grégory Gadebois) après la "mort" de Zorro.

On se retrouve au final avec un programme qui part dans tous les sens : ça commence, pendant quelques épisodes, comme une légère parodie de Zorro, avec un Diego hanté par son père (un gimmick oublié en cours de saison) et qui remet le masque pour affronter Don Emmanuel ; à mi-parcours, on a droit un tournant vaudevillesque, avec un épisode où Garcia accuse Bernardo d'être Zorro, Gabriella veut coucher avec lui, Diego passe son temps à mettre et enlever son costume, les portes de l'hacienda claquent, etc...

Et c'est là le début d'un arc scénaristique qui ne fonctionne pas très bien, et qui s'étend jusqu'à la fin de la saison : parce que Gabriella n'est plus attirée que par Zorro, Diego "part en exil" et Zorro s'installe à l'hacienda. Ce qui amène un épisode où, par besoin d'argent, il tient son propre rôle au casino de Don Emmanuel et attrape la grosse tête...

La série continue alors de partir dans le n'importe quoi, avec la mise en scène de la mort de Zorro, le retour de Diego, Gabriella qui comprend que Diego = Zorro et tente de le faire avouer, puis devient elle-même Zorro pour se venger, la tentative de suicide de Garcia... et enfin, dernière ligne droite, Diego qui devient une véritable caricature de notable exploitant autrui pour préparer la venue du Vice-roi d'Espagne, tandis que Gabriella-Zorro lui met constamment des bâtons dans les roues.

Alors pour être franc, j'étais plutôt intrigué par la direction originale de la série, et par ses premiers épisodes, malgré un côté parodique un peu facile. Dujardin fait (bien) du Dujardin, la direction artistique de la série est efficace, l'action est nerveuse, l'illustration musicale appropriée... 

Mais progressivement, les défauts de l'écriture s'amplifient : un mélange de genres et de directions pas toujours judicieux, des sous-intrigues pas indispensables et un peu sous-développées, une fin en queue de poisson, un rythme inégal - dans l'ensemble, ce Zorro n'est pas désagréable et est assez amusant, mais j'en ressors tout de même mitigé. Trop décousu et éparpillé, et un peu plus de mesure aurait probablement été bénéfique au programme.

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Critique éclair #171 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le Larbin (2024)

Publié le 10 Juillet 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Histoire, Review, France, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Le Larbin (2024) :

Parce que son fils Louis (Audran Cattin) est un jeune fêtard privilégé dont les frasques risquent de lui coûter son poste de PDG d'un grand groupe hôtelier, Jean-François Casteigne (Kad Merad) décide de le mettre au pied du mur, et de lui donner une bonne leçon. Il organise alors une mascarade immersive dans le parc d'un château à l'aide de nombreux acteurs et d'un réalisateur excentrique (Clovis Cornillac) : sans comprendre ce qui lui arrive, Louis se réveille ainsi un beau matin à l'époque de Louis XIV où, valet de pisse, il va apprendre le sens des réalités... sans se douter qu'il est constamment sous l'œil des caméras de son père. 

Mouais. Une comédie au postulat relativement sympathique, remake d'un film russe, pour un résultat au croisement des Visiteurs, du Truman Show et de Pourris Gâtés, une sorte de métrage qui, il y a cinq/dix ans, aurait été interprété par Kev Adams. Ce qui, malgré toutes les réserves que j'ai envers les films de Kev Adams, n'aurait pas forcément été plus mal, parce que ce Larbin, malheureusement, manque un peu de peps et d'énergie, sans même parler de charisme.

Cattin est un peu transparent, et à partir de là, il ne parvient jamais à rendre attachant son personnage de privilégié odieux qui connaît la rédemption ; à côté, Merad est globalement en retrait, pour ne pas dire en pilotage automatique, Isabelle Carré aussi, les deux pseudo love interests ne marquent pas vraiment... il n'y a que Cornillac qui s'amuse réellement, particulièrement cabotin en réalisateur à peu près bilingue, et Marc Riso, en acteur jouant le nouveau meilleur ami paysan de Louis.

Et c'est à peu près tout ce qu'il y a à dire ici : la musique d'Azaria est honorable, ça joue plutôt juste, mais le tout traine un peu en longueur, avec une fin gentiment forcée et paradoxalement assez précipitée.

Pas désastreux, mais bon... assez peu mémorable.

2.75/6

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Fiasco, saison 1 (2024)

Publié le 6 Juillet 2025 par Lurdo dans Comédie, Documentaire, Critiques éclair, Cinéma, Les bilans de Lurdo, France, Review, Netflix, Romance, Télévision

Mockumentaire en 7 épisodes de 30-40 minutes, Fiasco lorgne fortement sur une production à la The Office, et met en vedette son co-scénariste/co-créateur Pierre Niney, qui a décidément le vent en poupe ces dernières années.

Fiasco, saison 1 (2024) :

Une équipe documentaire suit le tournage chaotique d'Une femme résistante, un biopic fantaisiste du jeune réalisateur Raphaël Valande (Pierre Niney), adapté de la vie de la grand-mère, ex-résistante ayant sauvé des centaines de Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais entre la famille de Raphaël qui le déteste, le financement du film qui bat de l'aile, l'attirance de Raphaël pour Ingrid (Leslie Medina), son actrice principale, et un mystérieux corbeau qui sabote la production et fait chanter Jean-Marc (Pascal Demolon), le producteur, le tournage s'avère des plus compliqués...

J'avoue, j'ai eu un peu peur en commençant la série, notamment parce que le programme est alors assez chargé en témoignages face caméra pas très naturels et un peu trop écrits, et en exposition un peu maladroite.

C'est un risque que prennent toutes les séries (ou films) jouant la carte du mockumentaire : il faut que tout le monde soit naturel et crédible, que ce soit lors des scènes prises sur le vif, ou lors des interviews en studio en mode "confessionnal".

Heureusement, rapidement, la série trouve son ton et son rythme de croisière : ce n'est pas parfait, les épisodes sont parfois un peu bordéliques, sortes de compilation d'idées et de gags cringe sans unité thématique, et c'est très caricatural, mais dans l'ensemble, une fois que le moteur tourne à plein régime, on ne s'ennuie pas.

On regrettera néanmoins que le show téléphone un peu trop les chutes de certains gags (que ce soit des jeux de mots foireux - le quiproquo sur "Amadou et Marianne" - ou la découverte du passage secret de la grand-mère et ce qu'il renferme), qu'il soit si gentil avec le milieu du cinéma français, qu'il s'éparpille un peu çà et là, ou encore que les tentatives de pathos et d'émotion arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe.

Cela dit, je m'attendais à bien pire, Niney s'amuse vraiment à se prendre des gadins à répétition, et finalement, ça se regarde plutôt sympathiquement.

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Critique éclair #160 - Summer of 69 (2025)

Publié le 18 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Romance, USA, Review, Hulu

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Summer of 69 : 

Abbie (Sam Morelos), streameuse, est sur le point d'avoir son bac, mais elle ne peut s'empêcher de rêver de Max (Matt Cornett), le séduisant joueur de football de sa classe. Vierge et désespérée, elle engage alors Santa Monica (Chloe Fineman), une stripteaseuse ayant besoin d'argent pour sauver son établissement de la faillite, afin que cette dernière lui apprenne tout des choses de l'amour et du sexe...

Une teen comedy Hulu en mode coming of age, sous l'influence très claire des années 80, et qui s'avère sympatoche, bien que très balisée.

Alors oui, par rapport aux teen comedies des 80s, ici, on suit un personnage féminin (attachant), et effectivement, rien de tout ça n'est particulièrement crédible, mais la comédienne Jillian Bell (ici réalisatrice et coscénariste) s'en sort plutôt bien, et met ici en images une amitié improbable entre une lycéenne et une strip-teaseuse, dans un film pas aussi graveleux et bas de plafond que le postulat de base pouvait le laisser entendre.

Après, ce n'est pas non plus exceptionnel : comme je le mentionnais, c'est très balisé, il y a un petit coup de mou à mi-parcours, et on retrouve le schéma de la grosse dispute et des quatre vérités qui sont dites entre les deux buddies dans la dernière ligne droite...

Mais dans l'ensemble, quand bien même certains personnages secondaires seraient sous-exploités (Charlie Day qui vient jouer les prêteur sur gages véreux dans deux scènes et demi, entre autres), le tout reste suffisamment excentrique, léger et décalé pour qu'on ne s'ennuie pas.

3.75/6

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Primal, saison 2 (2022)

Publié le 8 Juin 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, USA, Review, Romance, Fantastique, Histoire, Primal, Critiques éclair

En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.

Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...

Primal, saison 2 (2022) :

Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.

Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.

On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.

La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.

Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.

À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.

La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.

Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.

Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.

Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.

Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner. 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - St. Denis Medical, saison 1 (2024)

Publié le 5 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, NBC, Critiques éclair, Review, USA, Romance

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine NBC, la chaîne des workplace comedies (The Office, Superstore, Parks & Rec), etc, et Justin Spitzer, scénariste sur Scrubs, The Office et créateur de Superstore ? 18 épisodes de St. Denis Medical, une workplace comedy dans le milieu hospitalier, et qui utilise toutes les formules et les archétypes du genre...

St. Denis Medical, saison 1 (2024) :

À son arrivée à St. Denis Medical, centre hopitalier dans l'Oregon, Matt (Mekki Leeper), jeune infirmier maladroit originaire d'une communauté religieuse repliée sur elle-même, découvre tous ses nouveaux collègues : Ron (David Alan Grier), vétéran urgentiste ronchon, Bruce (Josh Lawson), chirurgien à l'égo surdimensionné, Alex (Allison Tolman), infirmière en chef consumée par son travail, Joyce (Wendi McLendon-Covey), directrice excentrique de l'hôpital, et la jolie Val (Kaliko Kauahi), infirmière administratrive à laquelle il n'est pas insensible...

La première chose qui saute aux yeux, lorsque l'on visionne cette saison 1 de SDM, c'est à quel point la formule habituelle de la workplace comedy NBC est ici appliquée : un format mockumentaire, une patronne à la Michael Scott, un vieux ronchon, un chirurgien arrogant et prétentieux, des patients excentriques, un jeune n00b qui découvre tout ça et qui s'éprend en secret d'une infirmière, une infirmière en chef surbookée et "normale"... on est en terrain très familier, et l'on comprend aussitôt pourquoi bon nombre de critiques US ont qualifié la série, à sa sortie, de "The Office dans un hôpital".

La comparaison aurait fonctionné aussi avec Superstore, dont on retrouve plusieurs acteurs au fil de la saison, et un peu avec Scrubs... mais la différence entre SDM et un show comme Scrubs (ou Green Wing, pour parler de sitcom médicale à l'anglaise), c'est que SDM est plus sage, et se coule vraiment dans le moule formaté des comédies de bureau américaines.

C'est un peu le problème du show, d'ailleurs : la série se repose beaucoup sur les excentricités de Joyce (parfois épuisantes), sur le will they/won't they de Matt et Val (très classique), sur les ronchonnements de Ron, et sur Alex, constamment débordée et négligeant sa vie de famille. Ce qui est une formule éprouvée (peut-être même trop), avec des acteurs solides qui portent le show sur leurs épaules et tiennent bien leur rôle... mais ça s'arrête là.

La série conserve un bon fond, refuse de vraiment se moquer du monde médical, et ça se regarde très facilement : on peut donc dire qu'en tant que première saison d'une sitcom de bureau, SDM fonctionne, mais ne fait pas d'étincelles.

C'est solide, c'est très classique (pour ne pas dire dérivatif) et c'est vaguement amusant : espérons que le programme trouvera une voix plus affirmée en saison 2, comme beaucoup de sitcoms de ce type, et saura se détacher un peu plus de ses influences.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Black Mirror, saison 7 (2025)

Publié le 2 Juin 2025 par Lurdo dans Anthologie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Thriller, Drame, Fantastique, Science Fiction, Netflix, USA, UK, Review, Black Mirror, Romance

Deux ans après la diffusion de la saison 6 de Black Mirror, une saison frustrante de 5 épisodes inégaux, Charlie Brooker remet le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes, constituée cette fois-ci de six épisodes, dont une suite directe à l'épisode USS Callister de la saison 4 (dont j'ai honnêtement oublié les tenants et aboutissants - un revisionnage est de rigueur).

Black Mirror, saison 7 (2025) :

- 7x01 - Common People : Lorsque son épouse Amanda (Rashida Jones) est atteinte d'une tumeur au cerveau, Mike (Chris O'Dowd), ouvrier, accepte une procédure expérimentale révolutionnaire, qui sauve sa femme mais la connecte en permanence, contre un abonnement, à un serveur de l'entreprise Rivermind dans le cloud. Mais le forfait de connexion évolue, et quand Rivermind commence à dévaluer le contrat du couple, les choses se compliquent...

Un épisode tragique, noir et efficace, très Black Mirror, qui critique de multiples facettes de notre société actuelle, de la gig economy aux abonnements à géométrie variable (avec boosters et tout le toutim) bourrés de publicité, comme Netflix les aime tant, en passant par les OnlyFans et autres sites de camgirls. C'est peut-être un poil trop long pour ce que ça raconte (avec 5-10 minutes en moins, le spectateur aurait probablement moins le temps de voir venir les rebondissements suivants arriver), mais ça fonctionne tout de même, en déroulant son récit jusqu'à sa conclusion inévitable.

- 7x02 - Bête Noire : Maria (Siena Kelly), conceptrice dans une entreprise de confiserie, s'inquiète de voir Verity (Rosy McEwen), qu'elle avait harcelée au lycée, rejoindre son équipe, d'autant que cette arrivée s'accompagne de bouleversements dans la perception même qu'a Maria de la réalité : encore et encore, Verity semble changer le monde autour d'elle à son avantage, pour se venger de Maria...

Je suis moins fan de cet épisode, dont on devine qu'il a été créé par Brooker sur la base de "l'Effet Mandela, c'est rigolo, mais si c'était quelqu'un qui le contrôlait pour se venger ?". On se retrouve donc avec une bête histoire de vengeance d'une sociopathe contre une ennemie de lycée, avec une Maria délibérément antipathique qui devient de plus en plus paranoïaque, une Verity qui multiplie les regards menaçants, et une explication superficielle pas loin du "A Wizard did it !" qui permet aux protagonistes de changer la réalité en quelques secondes et quelques mots. Pas convaincu par celui-là, ou par son ton outré et caricatural (avec cartons-titres ponctués de grands coups d'orgue).

- 7x03 - Hotel Reverie : Actrice à la mode, Brandy (Issa Rae) aimerait un rôle complexe et profond, plein de sentiments et de romance. Arrive Kimmy (Awkwafina), de la société Redream, qui lui propose de jouer le rôle vedette du remake d'Hotel Reverie, un film sentimental devenu un classique. Mais ce que Brandy ignore, c'est que Redream va lui permettre d'entrer littéralement dans le film, à la place de son acteur principal, et de vivre cette romance impossible avec Dorothy (Emma Corrin), l'actrice principale du film.

Mouais. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec San Junipero, de la saison 3, une romance LGBTQ prenant place dans un monde virtuel à l'esthétique vintage... et ici, critiques comme spectateurs ne se sont pas privés de faire la comparaison, pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, je n'ai pas été ultra-convaincu par ce qui n'est ni plus ni plus qu'un épisode Holodeck de Star Trek The Next Generation, avec son/sa protagoniste qui revit son histoire préférée, qui tombe amoureux d'un personnage, et la défaillance technique qui donne soudainement vie et libre arbitre à ce personnage virtuel, avec tout ce que ça entraîne de complications et de romance impossible.

Sauf qu'ici, le prétexte de base est capillotracté, et l'on peine à percevoir la plus-value de "remaker" à l'identique un film en ne changeant que son acteur principal : ça ne modernise rien du tout, ça n'attire aucun nouveau public, bref, c'est assez creux et ça n'a aucun intérêt (et si justement, une partie de la satire de l'épisode était de se moquer des remakes "woke" très calculateurs, en remplaçant ici un héros caucasien masculin et hétéro par une femme noire et lesbienne histoire de servir la soupe à telle ou telle catégorie démographique... c'est raté, tant l'épisode laisse ce sujet inexploité).

Bref : pas accroché au postulat de départ, pas accroché à l'équipe technique incompétente, pas accroché au couple présenté (qui n'a pas une grande alchimie, avec une Issa Rae trop moderne à tous les niveaux), pas accroché au rendu du film rétro, un peu approximatif et caricatural, et pas accroché aux tentatives de faire de l'émotion bouleversifiante avec le recours un peu facile à du Debussy, qui même sans rien à l'écran parviendrait à émouvoir.

(c'est bien interprété par Corrin, cela dit) 

- 7x04 - Plaything : En 1994, Cameron Walker (Lewis Gribben), journaliste névrosé spécialisé dans les jeux vidéos, découvre Thronglets, un jeu révolutionnaire de Colin Ritman (Will Poulter), qui affirme avoir créé là une vie numérique. Rapidement, en prenant du LSD, Cameron réalise qu'il parvient à comprendre les Thronglets qui vivent dans son ordinateur, et que ceux-ci lui demandent de les aider à se multiplier. En 2034, Cameron (Peter Capaldi) est arrêté et interrogé par les autorités pour un meurtre qu'il a commis...

Un épisode plutôt réussi, suite indirecte de Bandersnatch (Poulter reprend son rôle), et contenu semi-autobiographique pour Brooker, autrefois journaliste de jeux vidéo pour un magazine de jeux PC. L'épisode, divisé en deux parties, adopte une mise en image au format 4/3, multiplie les références et les clins d'œil à une certaine époque et un certain milieu, et propose une interprétation à fleur de peau de Capaldi et de Gribben : de quoi donner corps à cette histoire d'intelligence artificielle à mi chemin entre le Tamagotchi et les promesses d'un Peter Molyneux, une intrigue sympathique qui se termine bien... ou mal. Selon le point de vue.

- 7x05 - Eulogy : Lorsqu'il est contacté par Eulogy, une entreprise de technologie funéraire qui tente de réunir des souvenirs de Carol, qui vient de décéder, Phillip (Paul Giamatti) est hésitant. Mais avec l'aide d'une intelligence artificielle (Patsy Ferran) intégrée dans l'équipement envoyé par Eulogy, il va se laisser convaincre et retracer, en se plongeant virtuellement dans les rares photos qu'il a conservées de l'époque, son histoire compliquée avec Carol...

Un épisode assez différent, très nostalgique, doux-amer et touchant, à deux doigts de la pièce de théâtre, et entièrement porté à bout de bras par Giamatti, excellent comme à son habitude, et par ses interactions avec Patsy Ferran, qui lui sert ici de conscience et remet en questions ses souvenirs et ses choix.

Ici, pas de retournement de situation noir et cynique, mais de la sincérité, et pas de technologie menaçante, mais une invention qui aide à faire le point, à se souvenir, à pardonner, presque comme une thérapie. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'était plutôt joli.

- 7x06 - USS Callister : Into Infinity : Alors que l'équipage de l'USS Callister tente de survivre dans le jeu Infinity, toujours plus monétisé, en dépouillant les joueurs de leurs crédits, cette activité illégale et étrange déclenche des signaux d'alarme dans le monde réel. La véritable Nanette (Cristin Milioti) mène l'enquête, et réalise bien vite l'étendue des actes de Robert Daly (Jesse Plemons), son patron décédé...

Une suite directe à l'épisode de la saison 4, ce long-métrage (90 minutes) est un nouveau volet tout à fait honorable de cette histoire, bien qu'un peu inégal. En réalité, l'épisode m'a donné l'impression d'être coupé en deux : une première moitié constituée d'un résumé des événements précédents, des mésaventures sérieuses et tendues du Callister, et des recherches nerveuses de Nanette dans le monde réel. Et puis une seconde partie plus spectaculaire qui voit monde réel et monde virtuel interagir, et une véritable aventure se mettre en place.

Heureusement, le tout s'équilibre plutôt bien, culminant en un affrontement à deux niveaux, le premier entre le vaisseau et tous les joueurs floués qui veulent se venger (avec des dogfights à la Star Wars), le second entre Nanette et une version virtuelle de Daly, toute aussi instable que l'original. Plutôt sympathique, donc, même si l'épilogue m'a laissé un peu de marbre, pas aussi efficace ou drôle que Brooker semble le penser.

- Bilan saisonnier -

Si je fais mes comptes, on a donc, cette saison, quatre épisodes assez bons et réussis, et deux un bon cran en dessous. Ce qui est nettement meilleur que certaines saisons passées, je dois dire, puisqu'on évite un épisode vraiment mauvais ou trop balourd ou cynique pour convaincre.

Plutôt une saison agréable, en fait, ce qui me surprend, puisqu'il suffit de relire certains de mes bilans précédents (ici) pour s'apercevoir que je n'ai généralement pas forcément une grande affinité avec le style de Charlie Brooker.

Mais je suppose que maintenant, Brooker a plus de moyens, plus de tranquillité d'esprit, et peut-être un peu moins de cynisme... ce n'est pas plus mal (encore que, je suis sûr que pour certains, c'est tout l'inverse, et depuis que Black Mirror est sur Netflix, Brooker est devenu trop gentil et ne fait plus que de la daube ^^)

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