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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

romance

Halloween Oktorrorfest 2025 - Nosferatu (2024)

Publié le 18 Septembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Drame, Histoire, Romance, Halloween, Horreur, Fantastique, Oktorrorfest, Review, USA

Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...   

Nosferatu (2024) :

Au 19e siècle, en Allemagne, Thomas Hutter (Nicholas Hoult), agent immobilier, est envoyé par son patron au fin fond des Carpathes pour signer un contrat avec le Comte Orlok (Bill Skarsgård), un excentrique aristocrate reclus. Il laisse derrière lui son épouse Ellen (Lily-Rose Depp), en proie à des visions sinistres, et découvre rapidement, arrivé sur place, qu'Orlok est un monstre difforme et assoiffé de sang. Prisonnier des geôles d'Orlok, Hutter ne peut que subir ses manigances, alors même que le vampire part s'installer en Allemagne, apportant avec lui la pestilence, et ayant jeté son dévolu sur la femme de Hutter.

Remake du Nosferatu de Murnau (1922) par Robert Eggers, ce Nosferatu 2024 a été reçu triomphalement par la presse à sa sortie, et nommé à de multiples reprises aux Oscars. Pas forcément surprenant, tant l'approche méthodique, ultra-travaillée et "film d'auteur" des œuvres d'Eggers ont toujours su trouver un écho auprès des critiques et d'une certaine catégorie de spectateurs : oui, Eggers réalise toujours des films particulièrement exigeants et aboutis formellement, comme son The VVitch, ou encore The Lighthouse... mais malheureusement, ce sont aussi, pour moi, des films qui sacrifient la peur, la tension et l'horreur sur l'autel du projet artistique formel.

Ce Nosferatu, lui, ressemble plus à un film "classique" rendant hommage au métrage de Murnau, mais paradoxalement, si l'on retrouve ici toutes les qualités formelles du travail d'Eggers (réalisation, costumes, maquillages, travail de l'image, etc), on est aussi en terrain bien trop familier pour que ces deux heures de film ne paraissent pas interminables : l'histoire de Dracula, on la connaît, même légèrement modifiée par Murnau pour son Nosferatu. Et comme Eggers colle de très près au récit original, on se retrouve à suivre un récit sans surprise dont on connaît à l'avance tous les tenants et aboutissants.

D'autant que les quelques modifications apportées ne sont pas toujours probantes (cette version fait d'Ellen quelqu'un de "spécial", doté de capacités psychiques latentes, et la rend responsable du réveil de Nosferatu, car elle sentait seule et avait besoin de "compagnie" - une manière bancale d'exprimer dans le texte la symbolique vampire = sexualité réprimée de l'époque, qui rejoue la partition d'Eve et de la pomme, et qui transforme son geste final en acte de rédemption un peu égoïste plus qu'en sacrifice vraiment noble), pas aidées par une interprétation brute de décoffrage : Eggers multiplie les plans bien cadrés, mais face caméra et sans beaucoup de montage, et laisse ses acteurs faire leur métier - ce qui fonctionne souvent très bien (le Nosferatu moustachu de Skarsgård est très réussi), mais verse aussi parfois dans le théâtral caricatural, où l'on se contortionne et l'on éructe comme dans un film d'exorcisme (Lily-Rose Depp, mais aussi Simon McBurney).

Ce qui maintient, au final, le métrage dans un constant état d'entre-deux, avec un cadre formel très réussi, mais presque parfois trop appliqué, et une atmosphère étouffante et pesante, ponctuellement alourdie de scènes inutiles, de dialogues superflus, et de pointes d'interprétation grotesque qui sortent du film, et renforcent son inertie.

Impossible de mettre en dessous de la moyenne, ne serait-ce que pour le travail abattu, mais ça ne m'a pas plus convaincu que ça, globalement.

3/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...

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Halloween Oktorrorfest 2025 - Your Monster (2024)

Publié le 17 Septembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Fantastique, Horreur, Thriller, Halloween, Oktorrorfest, Romance, Review, USA, Critiques éclair

Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...   

Your Monster (2024) :

Après avoir appris qu'elle était atteinte d'un cancer, Laura (Melissa Barrera) est plaquée par son compagnon, et perd à la fois ce dernier et le rôle principal de la comédie musicale qu'ils avaient écrite ensemble. Épuisée par la maladie et par le chagrin, Laura découvre alors Monster (Tommy Dewey), le monstre qui vit dans son placard et sous son lit depuis son enfance. Contre toute attente, Laura et Monster vont alors apprendre à cohabiter, et finir par se trouver de nombreux points en commun...

Au premier abord, une comédie romantique fantastique, sorte de version adulte de Little Monsters ou de Monstres et compagnie, qui progressivement prend un tournant plus psychologique (Monster est une métaphore pour la colère intérieure que ressent Laura), jusqu'à une conclusion qui ne surprend pas forcément, mais qui fonctionne.

Cela dit, je ne suis pas certain que l'équilibre global du métrage (entre romance, film sur les coulisses de Broadway et l'univers des comédies musicales, thriller psychologique, etc) soit parfaitement maîtrisé, ce qui donne un peu l'impression d'une mayonnaise qui ne prend pas totalement.

Après, ça se regarde tranquillement, même si niveau interprétation, ça ne fait pas toujours dans la finesse, qu'il faut apprécier les quelques chansons, et que le tout aurait pu être plus maîtrisé.

3/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Upload, saison 4 (2025)

Publié le 5 Septembre 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Romance, Review, USA, Amazon, Science Fiction, Drame, Les bilans de Lurdo, Sitcom, Télévision

Alors que le programme est créativement clairement sous respirateur artificiel depuis au moins la fin de la saison 2, Upload continue de survivre envers et contre tout sur Amazon, pour une quatrième et ultime saison diffusée en août.

Enfin, peut-on vraiment parler de saison alors que le tout ne consiste qu'en quatre épisodes d'une petite demi-heure à peine, sorte d'épilogue catapulté à l'ensemble du programme...

Upload, saison 4 (2025) :

Après leurs actions militantes, le Nathan (Robbie Amell) de Nora (Andy Allo) est décédé, et la jeune femme peine à se remettre de cette tragédie. D'autant qu'en parallèle, Ingrid (Allegra Edwards) va épouser sa version numérique de Nathan, ce qui n'a de cesse de perturber Nora...

Difficile de réaliser grand chose ou de dire grand chose en à peine plus de deux heures lorsqu'en parallèle d'une fin de show imposée, on doit gérer le destin des deux couples principaux, celui des personnages secondaires, tout en bouclant la boucle sur les principaux concepts du show, et ce en restant drôle et pertinent.

Forcément, ça coince un peu, surtout quand déjà, à la base, la série peinait à gérer tout ça quand elle avait 10 épisodes par saison. On se retrouve donc ici avec quatre épisodes assez inégaux, qui peinent à vraiment conclure la série de manière autre que larmoyante et mélodramatique : dans le premier épisode, coécrit par le fils du showrunner Greg Daniels, on a donc droit à la déprime de Nora, qui se perd dans une réalité virtuelle avec ses souvenirs de Nathan-réel, pendant qu'en parallèle, Nathan-virtuel et Ingrid célèbrent respectivement l'enterrement de vie de garçon du premier et l'enterrement de vie de jeune fille de la seconde.

De quoi continuer d'insister sur l'idée que la production et les scénaristes se sont vraiment pris d'affection pour Allegra Edwards/Ingrid, pour laquelle ils continuent de se démener et à laquelle ils ménagent beaucoup de place, alors qu'Andy Allo est coincée dans une romance peu probante et statique (ou plutôt, ça tourne en rond, puisqu'on retombe cette saison dans un cycle "Nathan est perdu à jamais/non, il y a un moyen de le sauver/sauf que ses jours sont comptés/non, il y a un moyen de le sauver" déjà vu dans la série).

Puis vient le second épisode, où l'on apprend que Horizen développe une nouvelle technologie de backup non destructif - avec ce que ça implique de chômage pour les employés actuels, de nouveau marché, d'esclavage des clients actuels de l'entreprise, etc... Comme précédemment, tout ce qui tourne autour de l'entreprise et de ses magouilles est bien trop sérieux pour son propre bien, avec notamment une Aleesha en mode espionnage industriel, pas très intéressante. Et puis globalement, la satire est faiblarde et survolée, ce qui n'aide pas du tout.

L'épisode 03 règle le compte des grands méchants cadres de Horizen, qui sont arrêtés (très facilement) par la police, et permet à Nathan et Nora de renouer, juste à temps pour l'épisode final de la série, un peu plus long, qui pousse à fond les curseurs du mélodrame (SPOILERS), entre la mort larmoyante de Nathan, le sacrifice héroïque de Luke (globalement ignorée par tout le monde tant la série n'a pas le temps de s'attarder dessus), et toute la menace d'une AI ayant atteint la singularité, et tentant de s'échapper de Lakeview après y avoir tout exterminé (on frôle Matrix, mais sans le budget et sans l'action).

Assez approximatif, tout ça, même si les spectateurs particulièrement attachés à la romance principale y trouveront probablement leur compte. De mon côté, entre les ressorts dramatiques évidents, les références datées des dialogues (Veronica Mars, vraiment, dans une série qui se déroule en 2033 ?), les personnages superflus reliquats des saisons précédentes (la supérieure hiérarchique, le colocataire, etc) et l'humour en demi-teinte, j'ai trouvé le tout assez bancal.

Il faut dire que je ne partage pas vraiment l'affection de la production pour le personnage d'Allegra, qui finit par avoir tout ce qu'elle voulait, et qu'on sent vraiment que Daniels et son équipe voulaient tout boucler en quatre épisodes, alors qu'ils n'ont jamais totalement réussi à maîtriser leur programme en temps normal.

Résultat : le show botte en touche, revient à un status-quo très familier (grosso modo, on revient aux débuts de la série), se permet quelques platitudes sur la vie, la mort, la solitude, l'amour, etc, et se termine mollement.

Une série vraiment pas indispensable, et une occasion manquée qui aurait probablement été annulée dès la fin de la saison 2 si elle avait été diffusée sur une chaîne de télévision plus classique.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sandman, saison 2 (2025)

Publié le 1 Septembre 2025 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Drame, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Romance, USA, UK, Netflix, Review

Après les 11 premiers épisodes de sa saison 1, diffusée en 2022 sur Netflix, retour de la série de Neil Gaiman... sans Neil Gaiman, plus ou moins embourbé dans des histoires de frasques sexuelles et désormais mis au ban par le public, les médias et le monde de l'audiovisuel.

Toujours 11 épisodes au programme (+ 1 épisode de conclusion), 11 épisodes divisés en deux parties, axées autour de la relation entre Dream et les autres membres de sa famille - parents, frères et sœurs, enfants - pour un tout qui continue dans la droite lignée de la saison 1...

The Sandman, saison 2 (2025) :

Alors qu'il s'attend à devoir affronter la colère de Lucifer (Gwendoline Christie), Dream (Tom Sturridge) se retrouve en possession des clefs de l'Enfer, avec pour responsabilité de trouver à ce dernier un nouveau responsable. Il part ensuite à la recherche de Destruction (Barry Sloane), son frère perdu, sans savoir que cette quête va le mener à sa propre destruction... et à sa renaissance.

Une saison qui commence en douceur, par un mini-arc sur l'Enfer, avec un Lucifer démissionnaire et un Dream qui se retrouve à devoir décider parmi de multiples candidats (fées, dieux nordiques, forces de l'ordre et du chaos, etc) qui va hériter des clefs de l'Enfer.

Pas désagréable, en soi, malgré une résolution faiblarde, et même si les limites budgétaires se font ressentir, notamment dans le nombre de candidats potentiels à la succession de Lucifer, et dans certains maquillages : globalement, cet arc narratif est surtout là pour mettre en place quelques éléments nécessaires à la suite de la saison - Loki (Freddie Fox) et Puck (Jack Gleeson), transformés ici en petit couple gay, Nuala (Ann Skelly), la fée qui s'attache à Dream - et pour boucler de manière un peu molle la sous-intrigue de Nada (Umulisa Gahiga), la reine des premiers humains envoyée en Enfer par Dream.

La série embraye alors aussitôt sur une autre quête pour Dream : à l'initiative de Delirium (Esmé Creed-Miles), sa sœur (je n'ai pas été très convaincu par la représentation à l'écran de cette dernière, ni par certains choix d'interprétation), il part pour la Terre à la recherche d'un oracle pour trouver son frère Destruction (pas très mémorable non plus).

De quoi ramener Dream à ses obligations de père absent, de le confronter à Orphée, son fils (désormais rien de plus qu'une tête décapitée immortelle), de ramener Johanna Constantine (Jenna Coleman), de placer quelques digressions LGBTQ et de finir la première moitié de la saison sur l'euthanasie d'Orphée par son père.

Ce qui lance la suite et fin du programme (la deuxième partie de la saison), autour de la mort de Dream : en tuant l'un des siens, Dream a commis l'irréparable, et les Furies sont bien décidées à le punir pour ce geste, en envoyant à ses trousses Hippolyte, la mère du seul bébé né dans le Monde des rêves.

Voilà ce qui occupe le plus clair des 5 derniers épisodes de la série : Morpheus déprime, Morpheus fait ses adieux à tout le monde, Morpheus tente de trouver une échappatoire, Morpheus se cherche un remplaçant - le fils d'Hippolyte, rapidement enlevé par Puck et Loki, sur la trace desquels Dream envoie Constantine et un nouveau Corinthien (Boyd Holbrook) plus calme (avec en prime une romance totalement ratée entre ces deux personnages), Morpheus se résigne, Morpheus meurt... et Morpheus revient sous une nouvelle apparence (Jacob Anderson), dans un épisode de funérailles un peu inégal car se voulant très mélodramatique et profond, alors que finalement, bof.

Une fin de saison que vient conclure un épisode unitaire sur la Mort, arrivant comme un cheveu sur la soupe, et uniquement là parce que c'est l'un des récits les plus populaires de la bd.

Alors certes, c'est toujours globalement bien filmé (la série a appris de son erreur en saison 1, et le format de l'image n'est plus étiré verticalement sans raison), assez travaillé visuellement (sauf lorsque le budget impose des raccourcis ou des restrictions flagrantes), la bande originale est toujours très compétente... mais au terme de cette seconde saison, je suis retourné lire mon avis sur la saison 1, et rien n'a changé, si ce n'est un focus accru sur Dream (alors qu'il faisait presque de la figuration, par moments, en s1), plus humanisé (au point de perdre occasionnellement son aura surnaturelle).

En saison 2, l'adaptation est toujours scolaire et appliquée, la structure globale est toujours décousue avec beaucoup trop de personnages secondaires, de digressions inutiles et d'épisodes qui sautent du coq à l'âne, la représentativité est toujours mécanique, Dream passe toujours son temps à être blamé de ses actions par tous ses interlocuteurs, tout ce qui tourne autour de Johanna Constantine est toujours forcé au possible, et il manque toujours trop souvent un certain recul, un second degré british, ce qui donne au final une série se prenant très (trop) souvent au sérieux, comme un gothique cliché des années 80-90, trop torturé et déprimé pour son propre bien...

Après, la série a été bien reçue par la critique et le public, donc je suis clairement dans la minorité, mais bon : à chaque fois que le programme tentait d'être touchant, mélodramatique et triste, je suis resté de marbre.

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Critique éclair #193 - État d'esprit (2021)

Publié le 25 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Drame, Science Fiction, Critiques éclair, Amazon, Review, USA, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

État d'esprit (Bliss - 2021) :

Greg (Owen Wilson) est un employé de bureau malheureux, récemment divorcé et père de deux jeunes adultes. Un jour, alors qu'un accident le rend responsable de la mort de son supérieur hiérarchique, il croise le chemin d'Isabel (Salam Hayek), une sans domicile fixe excentrique qui lui explique qu'il vit dans une réalité virtuelle, et qu'il n'a pas à s'en faire, démontrant pour l'occasion des capacités surnaturelles. Rapidement, le couple se rapproche, libre et insouciant, mais la réalité (la vraie) les rattrape bientôt...

Au premier abord, une comédie dramatico-romantique de science-fiction du réalisateur de I Origins (un long-métrage de science-fiction déjà bien faisandé), Bliss réussit l'exploit de prendre un duo d'acteurs sympathiques et charismatiques, un postulat bien rodé mais toujours plein de potentiel (une simulation Matrixienne, blablabla), et d'en faire un grand néant sans le moindre intérêt, terne, plat, insipide, où le couple principal n'a aucune alchimie, sa relation n'est jamais convaincante, et où passé un certain point, les plages d'exposition sont lourdes, le ton se fait étrangement pompeux et prétentieux, et la bande originale dessert le film plus qu'autre chose.

Tout ça parce que le métrage se veut une sorte de grosse métaphore pour l'addiction (façon "en fait, il n'y a probablement pas de matrice ou de réalité virtuelle, mais les délires dépressifs d'un drogué", avec, en lieu et place des pilules de Matrix, des cristaux de diverses couleurs que les personnages doivent ingérer), et tout ce que cela implique de souffrance, de personnages paumés, de recherche d'échappatoire à une vie pourrie, et d'explications brouillonnes et sommaires du récit (suffisamment pour que le spectateur moyen, en ligne, se persuade que c'est un chef d'œuvre mécompris, et aille insulter tous les critiques professionnels qui n'ont pas aimé).

De toute façon, à ce point du métrage, j'avais décroché depuis bien longtemps.

1.5/6

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Critique éclair #190 - Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (2025)

Publié le 18 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, NotZAZ, Action, Policier, Review, Romance, USA, ZAZ

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (The Naked Gunn - 2025) :

Après son intervention un peu trop musclée lors un braquage de banque, Frank Drebin Jr. (Liam Neeson), de la police de Los Angeles, est affecté aux accidents de circulation, et croise le chemin de la séduisante Miss Davenport (Pamela Anderson), dont le mari est récemment décédé dans des circonstances mystérieuses. Il ouvre alors une enquête sur Richard Cane (Danny Huston), un génie de la tech et des véhicules électriques...

Longtemps confié à Seth MacFarlane, ce reboot de la franchise Y a-t-il un flic... ? a fini entre les mains de l'un des membres de Lonely Island (le réalisateur de Tic et Tac, les Rangers du Risque), ce qui laissait augurer de quelque chose de plus absurde et décalé que ne l'aurait été la version MacFarlane.

Et effectivement, çà et là, Naked Gun '25 propose des idées amusantes, des gags rappelant l'humour ZAZ (voire même directement repris de l'époque), des séquences absurdes qui fonctionnent (le montage romantique qui vire en Jack Frost bis), des jeux de mots foireux, etc.

Malheureusement, en cours de route (aux deux tiers, environ), le film s'essouffle clairement, il y a un ventre mou et le nombre de gags à la minute ralentit progressivement, tout comme leur qualité (le gag sur le Tivo et Buffy tombe totalement à plat), qui se rapproche de plus en plus des films de Nielsen post-ZAZ, plus que des films originaux (déjà que la trilogie originale avait un coup de mou dans le troisième volet).

Cela dit, ce Naked Gun 2025 se regarde sans problème, notamment parce que Liam Neeson s'amuse vraiment beaucoup (Pam Anderson aussi, d'ailleurs) ; je ne partagerai pas l'enthousiasme critique débridé qui a entouré la sortie du film, par contre, et qui affirmait sans broncher que la cuvée 2025 est aussi bonne que le film original (ou sa suite) : en l'état, c'est sympatoche, sans plus, et ça tente tellement d'appliquer à la lettre la formule ZAZ que le film semble parfois gêné aux entournures.

3.75/6

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Les bilans de Lurdo - Chronique arctique, saison 1 (2025)

Publié le 17 Août 2025 par Lurdo dans Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Netflix, CBC, Comédie, Sitcom, Romance, Télévision

Une série inuit canadienne, diffusée simultanément sur CBC et sur Netflix en 2025, et qui propose 8 épisodes de 25 minutes environ, pour un résultat léger et plein de charme...

Chronique arctique, saison 1 (North of North, season 1 - 2025) :

Après des années passées dans un mariage étouffant avec le vaniteux et autoritaire Ting (Kelly William), Siaja (Anna Lambe) décide de le quitter, pour s'installer, avec sa fille, chez sa mère Neevee (Maika Harper), ex-alcoolique au fort tempérament. Mais il est difficile de se reconstruire dans une petite bourgade comme Ice Cove, où tout le monde se connaît et tout le monde vénère Ting...

Un format court et dynamique, des reprises inuits de chansons connues et des sonorités traditionnelles en guide d'illustration musicale, des acteurs quasiment tous autochtones (sauf Mary Lynn Rajskub, en responsable municipale locale plus inuit que les vrais inuits) et attachants, des dialogues principalement en anglais mais occasionnellement en dialecte inuit, North of North est dépaysant, et c'est ce qui fait là l'essentiel de son charme.

Parce qu'il faut être franc : sur le fond, la série ne révolutionne rien. Une histoire de femme au foyer malheureuse qui s'émancipe et tente de se reconstruire, c'est du déjà vu, et c'est le postulat de départ de pléthore de séries, aussi bien comiques que dramatiques.

Mais la touche arctique qui distingue cette série de ses semblables fonctionne bien, avec quelques excentricités amusantes (le Québécois obsédé par les chiens), et rend le visionnage de cette comédie des plus agréables. Tout au plus, on pourra reprocher au programme une certaine précipitation en fin de saison, avec un ou deux épisodes donnant l'impression d'avoir été un peu condensés à l'arrache.

Quoiqu'il en soit, le programme est très sympathique, une deuxième saison a déjà été commandée, donc je serai au rendez-vous.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - How I Met Your Father, saison 1 et saison 2 (2022-2023)

Publié le 9 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Sitcom, Romance, Review, USA, Hulu, Disney, Les bilans de Lurdo

Tentative vaine de relancer la "franchise" How I Met Your Mother, HIMYF a connu deux saisons avant son annulation, en 2023, pour 30 épisodes au total diffusés sur Hulu/Disney+ et chapeautés par un duo de scénaristes spécialisés dans les comédies romantiques et les sitcoms rapidement annulées.

How I Met Your Father, saison 1 (2022) : 

Le quotidien et les amours d'un groupe de jeunes trentenaires new-yorkais, centré autour de Sophie (Hilary Duff), photographe romantique à la recherche de l'âme sœur. Autour d'elle, Jesse (Christopher Lowell), musicien désabusé suite à une rupture ; Valentina (Francia Raisa), la meilleure amie de Sophie, dans une relation avec Charlie (Tom Ainsley), aristocrate anglais ayant tout plaqué pour Valentina ; Ellen (Tien Tran), la sœur adoptive lesbienne de Jesse ; et Sid (Suraj Sharma), meilleur ami de Jesse, propriétaire d'un bar, et fiancé à Hannah (Ashley Reyes), qui travaille à l'autre bout du pays...

Et à vrai dire, la série ne commence pas sous les meilleures auspices, avec dix premiers épisodes assez médiocres. Pas forcément la faute à la distribution, une distribution très dans l'air du temps (représentativité mécanique des séries de streaming oblige), et pas forcément désagréable (Duff est toujours efficace) mais plus à un tout assez quelconque, pas particulièrement drôle, pas particulièrement inspiré, et qui s'efforce un peu trop de "moderniser" la formule HIMYM, pour la rendre plus crue, plus contemporaine, et que sais-je encore.

Autre artifice qui ne fonctionne pas vraiment : la narration en flashback, depuis le futur. Dans l'original, on avait droit à une voix off qui racontait la série à des ados face caméra ; ici, on inverse la donne, et on a Kim Cattrall, seule chez elle, qui raconte ses romances face caméra à un fils dont on ne voit rien (histoire de cacher son ethnicité éventuelle). Et très vite, il apparaît clairement que toutes ces scènes de Cattrall n'apportent rien, en plus de n'avoir pas une once du charme ou du mystère de celles de la série originale.

Pas grand chose à retenir de cette première fournée d'épisodes, donc : Ian (Daniel Augustin), le premier prétendant de Sophie présenté dans le pilote et ramené dans le final, est assez transparent, Josh Peck n'est guère plus marquant, et la série bascule très rapidement dans de l'émotion facile et du triangle amoureux appuyé, au détriment de l'humour.

Il y a bien un caméo de Robin (Cobie Smulders) dans le dernier épisode de la saison, ainsi qu'une brève apparition du Capitaine (Kyle MacLachlan)... mais ça ne fait que renforcer l'impression de pâle copie qui émane de cette première saison.

How I Met Your Father, saison 2 (2023) : 

La saison 2 du programme, avec 20 épisodes au compteur, continue dans la droite lignée de la première, mais progressivement, on sent que la distribution et les scénaristes commencent à trouver leurs marques : ces derniers mélangent les cartes, associant en binôme tous les personnages les uns avec les autres pour des sous-intrigues variées - évitant ainsi l'écueil de nombreuses sitcoms, qui finissent par isoler et privilégier certaines associations de personnages au détriment des autres.

Après, il reste tout de même des scories évidentes dans l'écriture et le casting : en tirant toutes ses cartouches trop tôt en saison 1 en ce qui concerne la relation Jesse/Sophie, la série se retrouve bien embarrassée.

Pour tenter de préserver une sorte de tension narrative et romantique, le programme force alors le trait sur la relation de Jesse et Meredith (Leighton Meester), cette dernière étant tout simplement détestable et égocentrique ; même problème du côté de Sophie, qui enchaîne les prétendants insipides (toute la relation avec le chef plus âgé est notamment un beau flop), et se trouve flanderisée dès cette seconde saison - sa version adulte, jouée par Cattrall, n'est guère plus qu'une wine mom clichée et égocentrique, et la version trentenaire de Duff finit par être immature, narcissique, menteuse,  agaçante, superficielle et un peu bête, ne voyant le monde que par le petit bout de sa lorgnette et de son égo (mention spéciale à l'épisode dans lequel Eden Sher fait un caméo, et qui voit Sophie et Val se comporter en mean-girls bitchy).

À partir de là, la série reposant intégralement sur cette romance principale en filigrane, difficile de vraiment adhérer à une grosse partie du show. D'autant que les scénaristes lorgnent fortement sur la série-mère pour leurs intrigues et leurs gags, ce qui a un peu tendance à étouffer les personnages secondaires.

Le caméo de Neil Patrick Harris, notamment, n'est là que pour rejouer la partition d'un personnage qui cherche son père biologique (ici joué par Clark Gregg), et la fin de saison (avec rupture de Sid et Hannah, tandis que Jesse et Sophie s'avouent leurs sentiments sous la pluie), fait vraiment redite de la fin de saison 1 de HIMYM, avec la rupture de Lily et Marshall, pendant que Robin et Ted s'avouaient leurs sentiments sous la pluie.

Malgré cela, HIMYF saison 2 se regarde tranquillement : le rythme est meilleur, les acteurs sont plus à l'aise et commencent à développer une certaine alchimie, les épisodes sont plus amusants... mais la série continue de se chercher, et l'on est encore loin de ce qui avait fait le succès rapide de HIMYM. Ce qui explique probablement pourquoi le programme a été annulé.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - FUBAR, saison 2 (2025)

Publié le 7 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Comédie, Critiques éclair, USA, Review, Netflix, Science Fiction, Romance, Télévision, Les bilans de Lurdo

Retour de la série d'action-comédie d'Arnold Schwarzenegger pour Netflix, une série qui-n'est-pas-vraiment-une-suite-de-True-Lies-mais-s'en-inspire beaucoup, et showrunnée par le responsable de Reacher pour Amazon...

FUBAR, saison 2 (2025) :

Alors qu'il est caché dans une maison sécurisée avec sa famille et son équipe, à l'abri de tous ceux qui veulent leur mort, Luke Brunner (Arnold Schwarzenegger) apprend qu'un dangereux terroriste a pour but d'éradiquer 90 % de la population humaine en commençant par détruire le réseau électrique américain. Pour cela, il a requis les services de Greta Nelso (Carrie-Anne Moss), super-espionne et ex-amante de Luke, et de Chips (Guy Burnet), son bras droit...

Et honnêtement, la première saison de FUBAR ne m'avait pas forcément laissé un souvenir impérissable, une sorte de série d'action de network très approximative à l'écriture assez faiblarde, qui n'avait d'intérêt que par sa dimension de fanservice pour fans de Schwarzie, et qui peinait à s'élever au-delà d'une certaine médiocrité inhérente aux séries de Netflix.

Un gros DTV d'action délayé sur huit épisodes d'une heure, en somme... et il en va de même pour cette saison 2. Techniquement, c'est même peut-être pire, puisque le show reprend tous les personnages de la saison 1 (sauf la directrice de la branche régionale de la CIA, remplacée cette saison par ce bon vieux Enrico Colantoni), et leur rajoute de multiples nouveaux personnages, avec en tête Carrie-Anne Moss (en ex-espionne est-allemande autrefois dans une relation torride avec Arnold - sauf que les deux acteurs n'ont pas la moindre alchimie), et Guy Burnet (qui s'est fait un look d'Hans Gruber du pauvre pour incarner un espion rival au lourd passé).

La série se plie donc en quatre pour trouver de la place pour tout ce petit monde (la sous-intrigue du cochon, les moments comic-relief de Baruchel et d'Andy Buckley), et ça donne une saison assez bordélique, qui, autour d'une intrigue de base assez simple - quatre centrale électriques menacées -, part dans tous les sens, envoie ses personnages dans l'espace, dans le sous-marin de James Cameron, tente d'utiliser Schwarzie comme s'il avait 20-30 ans de moins, de créer une romance torride avec CAM, multiplie les clins d'œil à la filmo d'Arnold (la roue de la souffrance m'a arraché un sourire), fait du placement produit bien honteux face caméra (et ce dès le premier épisode de la saison), propose des scènes d'action improbables sans en avoir le budget ni le rythme, etc.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Probablement parce que tout le monde semble s'amuser, et avoir conscience qu'ils ne font pas de l'Art, mais simplement une série d'action et d'espionnage de streaming : ce qui leur permet de s'amuser avec des idées idiotes (les hallucinations dans le sous-marin, le photoshoot du cochon), de ne pas s'embarrasser de subtilités ou de standards d'écriture, et de faire leur truc dans leur coin.

Ce n'est pas bon, c'est bourré de problèmes, c'est trop long pour ce que ça raconte, et les rebondissements du scénario sont absolument tous téléphonés et prévisibles, mais ça reste suffisamment second degré pour être regardable, en arrière-plan, pendant qu'on fait autre chose... 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Les quatre saisons, saison 1 (2025)

Publié le 5 Août 2025 par Lurdo dans Télévision, Netflix, Drame, Comédie, Romance, Critiques éclair, USA, Review, Les bilans de Lurdo

Adaptation en huit épisodes d'une demi-heure du film collégial du même nom de 1981, écrit et réalisé par Alan Alda, cette version des Quatre saisons, écrite par Tina Fey et deux de ses compères (Tracey Wingfield, showrunneuse du reboot de Saved by the Bell, et Lang Fisher, scénariste sur 30 Rock, The Mindy Project et Brooklyn 99) a été diffusée sur Netflix en mai dernier, et est d'ores et déjà renouvelée pour une saison 2.

Les quatre saisons, saison 1 (The Four Seasons, season 1 - 2025) :

Tout au long d'une année complète, trois couples d'amis se retrouvent à plusieurs occasions festives, et font alors le point sur leur vie respective : Claude (Marco Calvani) s'inquiète du refus de son époux Danny (Colman Domingo) de se faire opérer du cœur et de prendre soin de soi ; Nick (Steve Carrell) et Anne (Kerri Kenney-Silver) se séparent, et Nick retrouve l'amour dans les bras d'une femme plus jeune, Ginny (Erika Henningsen) ; quant à Jack (Will Forte) et Kate (Tina Fey), leur couple semble aller très bien, mais des failles apparaissent progressivement dans ce bonheur apparent...

Une série qui se regarde assez rapidement et facilement, et qui traite de l'amour, du couple, de l'ennui, du temps qui passe, des amitiés qui évoluent, des gens qui changent, avec une distribution attachante, et des acteurs qui se connaissent très bien : on croit à ce petit groupe d'amis soudé, et même si le programme n'est pas forcément révolutionnaire ou surprenant, le tout devient une hangout comedy plutôt sympathique à suivre.

Rythmée (forcément) par les Quatre saisons de Vivaldi, la série déroule ainsi ses péripéties, consacrant deux épisodes à chaque saison : les deux premiers épisodes traitent du renouvellement surprise des vœux de mariage de Nick et Anne, alors que tout le monde sauf Anne est au courant des intentions de divorce de Nick ; les deux épisodes suivants emmènent tout le monde au soleil, tandis que Ginny tente de s'intégrer au groupe d'amis malgré la différence d'âge ; puis vient l'automne, en Nouvelle-Angleterre, à l'occasion de Thanksgiving et d'une visite des campus ; et puis, enfin, l'hiver, au ski, avec deux réveillons du Nouvel An présentés en parallèle.

De quoi placer pas mal de péripéties plus ou moins convaincantes (j'ai un peu de mal avec un certain rebondissement majeur dans l'avant-dernier épisode, et avec le tournant dramatique que prend la série à ce moment, histoire de finir la saison dans l'émotion), et se concentrer sur des couples à l'alchimie plutôt probante (j'aime beaucoup le couple Forte/Fey).

Après, si le show est relativement agréable à suivre malgré quelques facilités narratives et autres rebondissements un peu forcés (qui font très sitcom, en fait), ça reste un programme dont le sujet même parlera à un public relativement limité. J'ai envie d'utiliser le terme anecdotique, mais je trouve qu'il est un peu fort : en l'état, Les Quatre saisons est sympatoche (surtout si l'on apprécie les acteurs), mais ce n'est pas forcément indispensable.

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