Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
À l'autre bout du fil (The Other End of the Line - 2008) :
Jeune indienne passionnée de culture américaine, Priya Sethi (Shriya Saran) travaille dans un centre d'appels à Mumbai, où elle utilise le pseudonyme Jennifer David pour interagir avec les clients des sociétés américaines dont elle s'occupe. Jusqu'à ce qu'elle croise la route de Granger Woodruff (Jesse Metcalfe), un publicitaire dragueur dont elle tombe sous le charme. Après de longues discussions avec lui, elle décide alors de partir pour San Francisco pour le rencontrer...
Une comédie romantique internationale qui ne convainc qu'à moitié, la faute à une facture assez moyenne, tant sur le plan du montage que de l'illustration musicale incessante (on n'est pas loin d'une chanson ou d'un morceau toutes les deux scènes), de la post-synchro médiocre (la voix américaine de Shriya Saran) et d'un script cousu de fil blanc, qui finit par s'essouffler notablement dans sa deuxième moitié.
Alors certes, on sourit ponctuellement (certains gags sont absurdes), certains clichés sont détournés (pas tous, cependant), et la demoiselle est jolie, mais Jesse Metcalfe laisse de marbre, et le scénario finit en pilotage automatique.
Mwébof.
2.5/6
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Molli and Max in the Future (2023) :
Dans un futur très lointain, Molli (Zosia Mamet), apprentie sorcière dotée de pouvoirs, croise le chemin de Max (Aristotle Athari), métis homme-poisson qui rêve d'une carrière de pilote de méchas. Au fil des ans, le duo va se séparer, se retrouver, devenir les meilleurs amis du monde... et peut-être même plus.
Une comédie romantique indépendante ambitieuse malgré un budget limité (tournée en grande partie sur fond vert, avec quelques maquettes et des CGI parfois approximatifs), mais qui dans l'ensemble fonctionne plutôt bien, tant le métrage assume totalement ses limites et déborde d'idées.
On est dans de la comédie sarcastique qui utilise tous les ressorts de la rom-com, passés au filtre d'un univers de science-fiction improbable où les dieux existent, ils se livrent des guerres par le biais de cultistes, le monde court à sa perte, les humains ont des pouvoirs, on peut créer un mini-univers parallèle temporaire pour y tester des décisions dans sa propre vie, les combats de méchas sont un sport télévisé, et le sort de l'univers se décide au cours d'un show tv...
C'est décalé, plutôt amusant, le duo principal est efficace, et au final, le métrage est une bonne surprise, pour peu que l'on ait conscience de ses limites.
4/6 (pas plus, parce que tout le passage élection de Trump et slacktivisme est balourd au possible)
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Junebug (2024) :
Juniper (Autumn Reeser), éditrice dans une maison de publication, se réveille un beau matin avec une fillette (Mila Jones) dans sa chambre : elle-même, alors qu'elle n'avait que 8 ans, une apparition invoquée par l'ouverture récente et nostalgique d'une boîte à trésor que Juniper avait enterrée, et dans laquelle elle redécouvre les rêves de son enfance. Avec l'aide de cette vision enfantine et d'un séduisant peintre urbain (Aaron O'Connell), Juniper va alors renouer avec sa passion pour l'écriture et l'imaginaire...
Un téléfilm romantique Hallmark sur le pouvoir de l'imagination, de la lecture, l'importance de garder son âme d'enfant, le tout avec un couple principal sympathique... et pourtant, ça reste très moyen, tout ça.
Je ne sais pas, c'est peut-être le fait que le tout soit très dérivatif du La mélodie de la vie de Lifetime (1999), que le séduisant pseudo-Banksy soit finalement sous-développé, ou bien c'est plus simplement parce que j'ai eu l'impression que le postulat de départ était sous-exploité (la fillette est bonne actrice et sympathique, mais elle disparaît en grande partie du récit une fois que la romance se déclenche réellement).
Quoi qu'il en soit, au final, le tout manque de moments vraiment marquants, malgré une Reeser toujours attachante.
3/6
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French Girl (2024) :
Gordon Kinski (Zach Braff), professeur d'anglais à Brooklyn, accompagne sa petite amie Sophie (Evelyne Brochu), chef, à Québec, où elle retrouve sa famille, ainsi que Ruby Collins (Vanessa Hudgens), vedette télévisée de la discipline, et connaissance de Sophie. Mais tandis que Sophie passe des épreuves pour devenir l'une des employées de Ruby et assurer l'avenir de la ferme familiale, Gordon, lui, tente de s'adapter aux us et coutumes locaux, à sa future belle-famille... et aux sentiments qui existent toujours entre Ruby et Sophie.
Une comédie semi-romantique québécoise, mélange à 30 % de comédie romantique Hallmark, à 30 % de choc des cultures, et à 30 % de Mon beau-père et moi, avec un Zach Braff qui fait toujours du Zach Braff, une Vanessa Hudgens qui force un peu le trait en lesbienne rivale amoureuse de Braff, et pas mal de clichés du genre, pas forcément traités de manière ultra-originale.
En soi, ce n'est même pas mauvais, c'est simplement très générique (au point que l'on a fréquemment envie de faire avance rapide sur les moments d'humour "cringe" télégrapiés où Braff s'humilie auprès de sa belle-famille), et assez daté, notamment au point de vue de la musique (Aznavour, Claude François, Charlebois, etc), en plus de fusionner bizarrement France et Québec, ne serait-ce que dans le titre même du film.
Bref. C'est très oubliable, en fait.
2.75/6
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Adaptation libre du Décameron (recueil de nouvelles italiennes de Giovanni Boccacio publié au 14e siècle et ayant récemment inspiré le quelconque Les bonnes sœurs) par la showrunneuse de Teenage Bounty Hunters (et avec Jenji Kohan à la production), cette mini-série en huit épisodes d'une heure, produite pour Netflix, garde le cadre et le ton de l'œuvre originale, plutôt que les événements ou les récits exacts, pour proposer un récit collégial au carrefour des genres, à mi-chemin entre la comédie décomplexée, la romance impossible et la tragédie dramatique, le tout saupoudré de satire sociale et de guerre des classes...
Le Décaméron, saison 1 (The Decameron - 2024) :
Alors que la peste noire ravage l'Italie, Licisca (Tanya Reynolds), servante, fuit Florence avec sa maîtresse Filomena (Jessica Plummer) pour se réfugier dans la Villa Santa, possédée par Leonardo, un parent éloigné de cette dernière. Lasse d'être méprisée, elle finit cependant par pousser sa maîtresse arrogante d'un pont et endosse alors son identité. Sur place, elle rencontre Pampinea (Zosia Mamet), noble égocentrique promise à Leonardo, et sa fidèle servante Misia (Saoirse-Monica Jackson) ; Tindaro (Douggie McMeekin), homme-enfant immature et Dioneo (Amar Chadha-Patel), son médecin particulier musclé et séduisant ; le calculateur Panfilo (Karan Gill), aux penchants homosexuels dissimulés, et son épouse Neifile (Lou Gala), pieuse et en manque de sexe ; Stratilia (Leila Farzad), la cuisinière sarcastique de la Villa ; et Sirisco (Tony Hale), l'intendant en charge du domaine... Seul problème : Leonardo est récemment mort de la peste, mais Sirisco est le seul à le savoir, après avoir jeté le corps dans les douves de la Villa... et Filomena finit par arriver au château, où elle est prise pour la servante de sa "maîtresse".
Une vraie bonne surprise que cette mini-série Netflix historico-comique assez polarisante : on adhère ou pas au délire ambiant mais, dans mon cas, l'équilibre improbable de ce programme a bien fonctionné.
Comme je le mentionnais en introduction, le show est en effet constamment sur le fil du rasoir ; après une mise en place plus comique et caricaturale, bien portée par des acteurs n'hésitant pas à forcer le trait lorsque nécessaire, la série prend progressivement un virage plus sérieux, et ce dès le troisième épisode.
Un épisode qui commence pourtant par des coucheries dans tous les sens... mais devient rapidement plus intense et dramatique, voire même parfois touchant.
Cette tendance se confirme ensuite, alors que se multiplient les secrets, les mensonges, les morts, les humiliations et les confessions dans le cadre de cet environnement clos, de ce confinement pandémique qui permet ainsi aux personnages d'évoluer, de se révêler, de se développer et de changer, voire de se transcender, le tout sans se défaire d'une approche décalée et improbable de la fiction "historique" : alors que les costumes et les décors sont somptueux, l'illustration musicale alterne entre le Concerto pour mandoline de Vivaldi, qui sert de thème principal, et des classiques 80s (Depeche Mode, Pixies, Enya, etc).
Le décalage ainsi créé permet ainsi à la série de passer lentement de la satire à une méditation sur l'amour, le deuil et l'isolation, sans jamais oublier d'être amusante : les acteurs (en grande partie issus de la télévision anglaise) sont excellents (mention spéciale à Tony Hale, qui compose ici un personnage bien éloigné de ses rôles précédents), parviennent à maîtriser tant le versant comique que l'aspect tragique de leur personnage, et le scénario n'hésite pas à sacrifier certains d'entre eux au gré de sa progression, ici sous les coups d'une lame, là à cause de la maladie...
Ajoutez à cela un joli générique animé à base de rats, et voilà, une fresque satirique en costumes qui intrigue, divertit et touche tout au long de ses 8 épisodes... ou presque.
Si je peux reprocher quelque chose de tangible à la série, en effet, c'est peut-être son format : le récit multiplie un peu trop ses rebondissements, avec des personnages qui quittent la villa, y reviennent, repartent, etc, et des éléments parfois un peu répétitifs : six épisodes auraient peut-être été préférables, et permis d'éviter quelques longueurs redondantes, ainsi que certains personnages un peu girouettes, qui finissent par changer d'avis comme de chemise, histoire de bien renforcer à quel point ils méritent leur sort final.
Mais sinon, comme je le disais, une bonne surprise, dans l'ensemble, et un projet unitaire bien maîtrisé (dommage que la showrunneuse n'ait pas décroché le poste de showrunneuse de la future série Harry Potter de HBO, à la place de Francesca Gardiner, à l'expérience somme tout plus limitée).
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