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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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Les bilans de Lurdo - The Mighty Nein, saison 1 (2025)

Publié le 24 Janvier 2026 par Lurdo dans Action, Aventure, Animation, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Review, USA, Amazon, Drame, Comédie, Télévision

Parce qu'on ne change pas une formule qui gagne, et quand bien même cette formule serait celle de Vox Machina, qui à mes yeux n'a jamais vraiment réussi à s'extirper de son statut d'adaptation de JDR, voici que l'univers de la troupe Critical Role s'étend avec une nouvelle campagne et de nouveaux personnages, chapeautés pour Amazon Prime par Tasha Huo, scénariste sur The Witcher : Blood Origin, Red Sonja, et showrunneuse de l'adaptation animée de Tomb Raider pour Netflix...

The Mighty Nein, saison 1 (2025) :

Alors que le continent de Wildemount est en proie à des tensions croissantes entre les Kryn et l'Empire de Dwendal, des personnalités disparates convergent vers une fête foraine mystérieuse : Beau (Marisha Ray), moine soldat qui mène l'enquête sur les Volstruckers, des sorciers assassins menaçant de plonger le monde dans le chaos ; Caleb (Liam O'Brien), clochard magicien qui tente d'échapper à ces assassins, et se lie d'amitié avec Nott (Sam Riegel), une voleuse gobelin alcoolique ; Fjord (Travis Willingham), marin demi-orc qui obtient des pouvoirs lors d'un naufrage, et accompagne Jester (Laura Bailey), une jeune Tiefling enthousiaste ; et Molly (Taliesin Jaffe), diseur de bonne aventure au passé trouble...

Il serait assez facile de trouver des points communs entre tous les projets de la showrunneuse et cette adaptation de Mighty Nein : une certaine tendance aux personnages torturés et hantés par leur passé, aux femmes fortes au style très queer, une narration parfois un peu bordélique, etc... mais soyons francs : tout cela est en très grande partie hérité de la campagne originale, une campagne de plus de 500-600 heures ici partiellement synthétisée en huit épisodes de 45 minutes.

Et d'ailleurs, un peu comme pour Vox Machina, on n'évite pas les clichés mélodramatiques des JDR, notamment au niveau des personnages (jusqu'à la répétition, d'ailleurs, avec Molly et Fjord qui incarnent tous deux le trope du gentil qui devient incontrôlable et agressif lorsqu'il libère ses pouvoirs cachés obtenus d'une entité maléfique mystérieuse).

Ici, cependant, contrairement à Machina, la série consacre plus de la moitié de sa première saison à constituer le plus gros du groupe des Nein ; c'est probablement pour cela que les trois ou quatre premiers épisodes sont loin de convaincre.

Parfois, c'est dû à des choix artistiques fainéants (l'apparence de Beau, par exemple, très dérivative) ou étranges (la gobline qui se déguise en fillette mais garde ses oreilles de gobelin en évidence, et est doublée par un homme à la voix trafiquée), à des accents approximatifs, ou à des anachronismes dans les dialogues ; ailleurs, c'est parce que les scénaristes ont la main gentiment lourde sur le pathos ; ou encore, parce que le scénario sépare volontairement certains membres du groupe et personnages secondaires (la barbare, le drow qui assiste le méchant) jusqu'à la fin de la saison.

Pendant cette première moitié de saison (de la grosse mise en place), la série est tout à fait regardable, mais un peu bordélique et décousue. Et puis, à partir de la mi-saison, ça se recadre, pour le meilleur (un gros flashback sur Caleb) et pour le pire - enfin, pas vraiment le pire, c'est simplement que le récit retombe dans une adaptation basique de jeu de rôle au format "allez à tel endroit pour rencontrer telle personne, recevez votre mission, équipez-vous chez tel vendeur excentrique, et ramenez l'objet magique gardé dans tel donjon ou chez tel méchant"

Du DnD très (trop ?) classique, qui permet de placer des pièges (notamment un puzzle à base de constellations que l'on retrouve texto dans Sea of Thieves), Nathan Fillion en commanditaire, et une infiltration d'un bal mondain plein de grosses ficelles maladroites... avant de se conclure en cliffhanger pour la saison 2.

Dans l'ensemble, donc, une première saison structurellement discutable, et au format un peu laborieux (honnêtement, 8 x 45 minutes, ça fonctionne nettement moins bien que 10 ou 12 épisodes de 30 minutes), mais que j'ai probablement préféré à une grosse partie de Vox Machina

Ce n'est pas exceptionnel (contrairement à ce que la fanbase de Critical Role s'acharne à affirmer en ligne), et ça retombe toujours dans des clichés inhérents au genre, mais ça se regarde, et ça évite un peu le côté "acteurs de doublage qui veulent montrer l'étendue de leur talent dramatique", ce qui est toujours ça de pris. 

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Critique éclair #218 - Wicked, partie 2 (2025)

Publié le 22 Janvier 2026 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Comédie, Musique, USA, Review, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine... ## 

Wicked, partie 2 (Wicked : For Good - 2025) :

Alors qu'Elphaba (Cynthia Erivo) est désormais ennemie publique n°1 aux yeux de tout le pays d'Oz, Glinda (Ariana Grande) tente de préparer ses fiançailles, et de gérer le pouvoir absolu dont elle dispose désormais...

À ma grande surprise, j'avais plutôt apprécié le premier Wicked, malgré sa durée abusive et sa caractérisation assez basique de certains personnages ; heureusement, une certaine flamboyance visuelle, et un second degré dans l'interprétation et l'approche de tous les personnages principaux rendait le tout plutôt agréable, à défaut d'être totalement mémorable musicalement parlant.

Là, pour cette suite... on donne dans le remplissage évident : la comédie musicale originelle durait moins de trois heures, et le premier film, lui frôlait la même durée.

Donc forcément, pour ce deuxième film de deux heures, il ne restait pas grand chose à raconter, ou du moins, pas grand chose d'intéressant.

On se retrouve ainsi avec deux bonnes heures de mélodrame (tout se prend beaucoup plus au sérieux, à l'exception d'un duel entre Glinda et Elphaba), où la caractérisation des personnages en prend un coup supplémentaire dans les dents (la sœur d'Elphaba devient insupportable, et connaît une fin ridicule, la plupart des personnages sont la maturité d'un ado de 14 ans), où les références au/les citations du Magicien d'Oz se multiplient (d'autant plus que le métrage rejoint les événements du film de la MGM, avec une Dorothy toujours gardée dans l'ombre ou hors-champ), où la fin est totalement laborieuse et forcée, et où il n'y a pas la moindre chanson mémorable et spectaculaire.

En même temps, le spectacle n'est pas forcément à l'ordre du jour, puisque la photographie, son étalonnage numérique, et les effets visuels semblent un peu trop ternes pour leur propre bien : au final, ce Wicked For Good finit par tomber à plat, jamais suffisamment dynamique pour éclipser ses chansons quelconques, jamais assez léger pour contrebalancer le mélodrame, et jamais assez sincère pour emporter l'adhésion.

Bof.

2.5/6 

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Les bilans de Lurdo - Loot, saison 3 (2025)

Publié le 17 Janvier 2026 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Sitcom, Romance, Apple, Review, USA

Troisième fournée pour la série Apple menée par Maya Rudolph, après une première saison amusante, sans plus, et une saison 2 similaire, mais toujours inégale ; au programme, 10 épisodes de 25 minutes, chapeautés par Matt Hubbard, le créateur de la série, et par une équipe de scénaristes partiellement renouvelée...

Loot, saison 3 (2025) : 

Alors que la relation de Molly et d'Arthur connaît des turbulences, la milliardaire découvre que son ex-mari va épouser Luciana (D'Arcy Carden), une arnaqueuse qui n'a d'autre intérêt que l'argent de John ; Nicholas continue de repousser ses rêves d'être un acteur à succès ; et Sofia doit gérer la présence de sa sœur Destiny, envahissante...

Une saison qui commence sur un ton très décomplexé et excentrique, à la limite de la parodie, puisque l'épisode d'ouverture (coécrit par Rudolph et une scénariste de SNL) envoie Molly sur une île peuplée de nudistes, réunis sous l'égide d'un Henry Winkler très entreprenant : de quoi s'amuser, même si dès l'épisode 2, on retombe dans quelque chose de plus normal et formaté.

Voyage en Angleterre pour recevoir une récompense, rencontre de Luciana, épisode centré sur la relation codépendante de Molly et Nicholas, la première moitié de la saison fonctionne assez bien, et laisse deviner un certain changement.

Et puis à mi-parcours, à partir de l'épisode du camping, ça se délite un peu. L'écriture se fait un peu plus caricaturale, Molly régresse subitement, elle part aussitôt pour la Corée pour récupérer Nicholas, elle se trouve un nouveau mec tout en muscles (ce qui donne lieu à plein de clichés sur la différence d'âge et de génération), Destiny se barre, et le tout se finit par une réconciliation express avec Luciana, et entre Molly et Arthur.

Je ne sais pas s'il faut voir là une conséquence du retour de Maya Rudolph à SNL, qui a entraîné une pause de la production de cette saison 3 de Loot, avec une reprise en main de l'écriture par les scénaristes établis de la série à partir de la deuxième moitié de la saison, mais le changement est perceptible.

Et le focus accru sur la romance Arthur/Molly, au détriment de la Fondation et des autres personnages (Sofia fait parfois presque de la figuration) n'est pas forcément un choix judicieux. Ça ne fait pas forcément de la saison 3 de Loot une mauvaise saison, mais elle est, in fine, toujours très inégale et relativement frustrante, manquant de direction autre que "plus de shipping"...

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Critique éclair #216 - Fackham Hall (2025)

Publié le 15 Janvier 2026 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Histoire, Review, Critiques éclair, UK

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine... ## 

Fackham Hall (2025) :

Propriétaires ancestraux de Fackham Hall, la famille Davenport se retrouve en difficultés financières lorsque la fille aînée des Davenport (Emma Laird) s'enfuit avec son amant. Il n'y a plus d'héritier mâle, et seul le mariage de Rose (Thomasin McKenzie), la cadette, au détestable Archibald (Tom Felton), permettrait d'assurer l'avenir du manoir et de la lignée. Mais lorsque Eric Noone (Ben Radcliffe), jeune voleur orphelin, arrive au manoir pour y porter un message important, il se retrouve recruté par le majordome, et tombe sous le charme de Rose...

Une comédie anglaise co-écrite par le comédien Jimmy Carr et par des scénaristes anglais d'émissions comiques, et qui se veut une parodie de Downton Abbey en mode ZAZ. Soit.

Le problème, à vrai dire, c'est que c'est une parodie au ratio de 3 ou 4 contre 1. Comprendre que pour 3 ou 4 gags apparaissant dans le film, 1 seul fonctionne réellement, tandis que le reste tombe totalement à plat.

En partie parce que le rythme est insuffisant, ce qui télégraphie bon nombre de gags, qu'ils soient visuels ou dans les dialogues (le spectateur a souvent une grosse longueur d'avance sur les chutes des gags, alors que le métrage les met en place de manière bien trop surlignée), mais aussi parce que la structure même du film l'handicape un peu : en cours de route, le tout devient une parodie d'Hercule Poirot et compagnie, mais cette parodie reste constamment sous-développée, et très anecdotique.

Et puis, il faut bien l'avouer, l'humour est très aléatoire et inégal, entre slapstick balourd et téléphoné par la mise en scène, jeux de mots et répliques à la ZAZ (parfois littéralement repris de films de Leslie Nielsen), gags graveleux à base de pets, d'érections et de vélo dans le cul, satire du genre et gags évidents que n'importe qui aurait pu trouver en réfléchissant quelques instants...

Les scénaristes ont clairement fait leurs devoirs, mais plutôt que de nous offrir un simili-ZAZ de la grande époque, on est plus près des innombrables parodies que Leslie Nielsen a tournées dans les 90-00s, sans les ZAZ.

(cela dit, il reste un savoir-faire anglais dans les décors et les costumes, et il faut bien avouer que niveau direction artistique, ça donne un joli cachet à la production)

2.25/6 

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Critique éclair #214 - Insaisissables 3 (2025)

Publié le 6 Janvier 2026 par Lurdo dans Thriller, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Science Fiction, Review, USA

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine... ##

Insaisissables 3 (Now You See Me, Now You Don't - 2025) :

Dix ans après la dernière prestation des Horsemen, un trio de jeunes illusionnistes (Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt) utilise leur image et leur aura pour arnaquer des crypto-bros, lorsqu'ils sont recrutés par J. D. Atlas (Jesse Eisenberg) pour une mission spectaculaire : dérober un énorme diamant appartenant à Veronika Vanderberg (Rosamund Pike), riche héritière d'Anvers finançant le monde du crime. Pour les aider, les autres Horsemen (Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Lizzy Caplan), qui reprennent du service pour l'occasion...

Troisième volet de la série des Insaisissables, après un premier volet frustrant, et un second volet encore plus décevant, en 2016... ici, le réalisateur des Zombieland et des Venom prend le relais, sur un script de quatre scénaristes (dont ceux des Deadpool), et le résultat, bien que très imparfait et toujours très superficiel (c'est beaucoup d'esbrouffe, forcément), s'avère étrangement sympathique.

Un capital sympathie clairement dû au retour de tous les acteurs établis, mais aussi aux nouveaux personnages agréables (à défaut d'être mémorables - Greenblatt n'apporte pas grand chose au film), et à un récit dynamique qui évite de tomber trop fortement dans la science-fiction la plus improbable.

Rien d'extraordinaire ou de forcément très bien mené, mais c'est divertissant et Rosamund Pike semble bien s'amuser en méchante digne d'un James Bond.

3.5/6 

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Les bilans de Lurdo - English Teacher, saison 1 et 2 (2024-2025)

Publié le 4 Janvier 2026 par Lurdo dans Comédie, Sitcom, Télévision, Les bilans de Lurdo, Review, USA, Critiques éclair, Romance, Hulu, FX, Disney

Sitcom FX/Hulu en deux saisons de 8 et 10 épisodes d'une vingtaine de minutes, English Teacher a été créée, écrite et interprétée par Brian Jordan Alvarez et ses compères... ce qui a valu au programme une annulation au terme de la seconde saison, suite à des audiences en berne, mais aussi et surtout à des accusations d'agression sexuelle portées à l'encontre d'Alvarez.

English Teacher, saison 1 (2024) : Le quotidien d'Evan Marquez (B.J. Alvarez), enseignant d'anglais ouvertement gay dans un lycée texan où il tente de concilier son métier, son engagement politique, ses amis et collègues, et l'hostilité des franges les plus rétrogrades de la société américaine...

Une première saison assez formulaïque, mais comme la formule fonctionne, ça ne pose pas de problème : une esthétique 80s (musicalement et au niveau de la police du titre), une série au ton très FX/Showtime d'il y a 15 ans, des problématiques contemporaines abordées avec humour et décalage (Evan s'indigne de tout et de rien, de l'interdiction de livres à ChatGPT en passant par le gun club local, et plein d'autres sujets), des personnages secondaires amusants et décalés (les élèves ultra-wokes, Enrico Colantoni en proviseur las et fatigué, Sean Patton en prof de sport très Ron Swanson, etc), et des épisodes plutôt amusants, entre celui où les joueurs de foot du lycée apprennent à se produire dans un numéro de drag sous la direction d'une drag queen kleptomane, la sortie en forêt, les manipulations de Linda la mère de famille richissime...

Le tout avec, en parallèle, un focus sur la vie amoureuse compliquée d'Evan (Alvarez aime se mettre en valeur et montrer son physique, mais il n'hésite pas aussi à se rendre ridicule, donc ça passe) et sur son amitié avec ses collègues. C'est positif, c'est sympathique, c'est suffisamment décalé et rythmé pour emporter l'adhésion.

English Teacher, saison 2 (2025) : Alors qu'Evan est désormais revenu en couple avec son petit ami Malcolm (Jordan Firstman), Markie (Patton), lui, s'éprend de sa collègue Gwen (Stephanie Koenig)...

Une saison 2 de 10 épisodes qui continue sur la même lancée... tout en changeant un peu subtilement, d'une manière pas toujours probante. La série poursuit en effet son exploration comique des thèmes de société à la mode (le recyclage, la diversité/DEI, l'armée, la prière à l'école), mais botte régulièrement en touche sur ces sujets, avec un Evan qui, plus que jamais, change d'avis comme de chemise, et un programme qui ne se mouille plus trop.

Et puis, avec deux épisodes supplémentaires au programme, le show prend davantage son temps, pour évoluer en une hangout comedy où il ne se passe pas forcément grand chose de mémorable, et où les péripéties se font plus caricaturales et sitcomesques (la visite de la mère d'Evan, les vacances, la fin d'année, la poubelle robotique).

Ça reste sympathique, ça reste amusant, mais on appréciera ou pas l'évolution, qui donne à la saison 2 d'English Teacher un côté moins frontal/moins punchy que la première année.

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Les bilans de Lurdo - The Paper, saison 1 (2025)

Publié le 28 Décembre 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Peacock, NBC, Télévision, Documentaire, Romance, Sitcom, USA

Spin-off de The Office par le créateur de la série originelle (et par le mari d'Ellie Kemper), pour NBC/Peacock, The Paper a diffusé les 10 épisodes de sa première saison sur la plateforme de streaming début septembre dernier, avec des résultats un peu inégaux...

The Paper, saison 1 (2025) :

Le quotidien du Toledo Truth Teller, journal en pleine décomposition, tel que filmé par l'équipe documentaire qui avait chroniqué la vie des employés de Dunder Mifflin...

Il ne faut pas s'en étonner : après un remake australien récemment diffusé sur Amazon, et d'innombrables workplace comedies ayant repris les gimmicks et les tropes de The Office, NBC a décidé de reprendre en partie en main la franchise, et de produire un spin-off officiel... qui est en réalité uniquement liée à la série d'origine par la présence d'Oscar (Oscar Nunez), ex-comptable de Dunder Mifflin et désormais comptable du journal en perdition.

Du moins, en ce qui concerne le fond. Parce qu'au niveau de la forme, The Paper est dans la directe continuité de la série-mère : musique du générique, réalisation et écriture très similaires, ressorts narratifs familiers, et personnages assez classiques.

On a ainsi Ned (Domnall Gleeson), le nouveau rédac-chef idéaliste qui en pince pour Mare (Chelsea Frei), responsable de la mise en page, et qui, à mi-saison, se flanderise et passe progressivement de clown blanc à Michael Scott-bis, maladroit, caractériel et un peu idiot ; Barry (Duane Shepard), le journaliste vétéran et sénile ; Adelola (Gbemisola Ikumelo), comptable jeune et woke qui s'improvise journaliste ; Detrick (Melvin Gregg), commercial qui en pince pour Nicole Lee (Ramona Young) ; et quelques autres personnages membres de la rédaction (certains interprétés par les scénaristes de la série)...

Sans oublier Ken (Tim Key), l'un des cadres de l'entreprise de vente de papier à qui appartient le journal, un lèche-bottes corporate et incompétent... et last but not least, Esmeralda (Sabrina Impacciatore), l'antagoniste principale de tout ce petit monde, rédactrice en chef de la version numérique du journal, fan d'articles people et creux, de clickbait et de publirédactionnels.

Et c'est au niveau d'Esmeralda que ça passera ou cassera probablement pour de nombreux spectateurs. Parce qu'autant la majeure partie de la série s'avère sympathique, et dans la droite lignée de ce à quoi l'on pouvait s'attendre d'une série de ce genre (même si les scénaristes ont fortement tendance à oublier d'apporter des conclusions à leurs intrigues hebdomadaires, laissant certains épisodes en flottement), autant Esmeralda est une caricature sur pattes, un cartoon vivant qui manigance, qui manipule et qui sabote par pur égocentrisme, par vanité et par mesquinerie.

Ce qui peut fonctionner dans une série où tout le monde est au diapason. Ce n'est pas vraiment le cas de The Paper, qui continue de tenter de mettre l'accent sur le shipping, sur l'émotion, et sur les valeurs du vrai journalisme, alors qu'à côté, on a Esmeralda qui complote comme le Coyote dans un Tex Avery. Et même lorsque les scénaristes tentent de rendre le personnage un peu pathétique et sympathique, c'est tellement forcé que ça ne fonctionne pas.

Du moins, sur moi. J'ai bien conscience que d'autres spectateurs adoreront probablement cette méchante italienne de soap qui en fait trois tonnes dans un environnement de travail "normal". En ce qui me concerne, le personnage est too much à mon goût, et ça m'a empêché de pleinement apprécier ce qui est de toute façon, au final, un spin-off honorable mais très loin de réinventer la roue.

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Critique éclair #212 - Good Fortune (2025)

Publié le 23 Décembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Religion, Fantastique, USA, Review, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Good Fortune (2025) :

Ange de bas niveau assigné aux accidents de voiture, Gabriel (Keanu Reeves) aimerait une mission plus importante. Lorsqu'il découvre Arj (Aziz Ansari), travailleur de la gig economy au bout du rouleau, récemment renvoyé par Jeff (Seth Rogen), un tech bro millionnaire, Gabriel intervient, et place Arj dans la peau de Jeff, et vice-versa. Mais lorsque Arj découvre qu'il se plait particulièrement dans cette nouvelle existence aisée, et refuse de l'abandonner, les choses se compliquent...

Premier long métrage avec et de Aziz Ansari, Good Fortune lorgne sur plein de scénarios bien éprouvés : ici La vie est belle de Capra et Un conte de Noël de Dickens, là Un fauteuil pour deux de Landis, une touche des Ailes du Désir et de nombreux autres films où des anges interviennent lorsqu'ils ne le devraient pas, un peu de buddy movie... le tout en mode cynique et corrosif, pour un résultat étrangement mollasson et inerte.

Bizarrement, à trop vouloir aller à contre-courant des clichés habituels de ce genre de films, et de leur morale, Ansari finit en effet par proposer ici un semi-pamphlet anti-capitaliste sans réel mordant, un film qui empile d'autres clichés (le personnage de Kéké Palmer, syndicaliste militante à l'américaine) sur un propos assez convenu façon "la vie est dure, il ne faut jamais baisser les bras et se battre contre le système" et "l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue".

Au final, ce n'est pas particulièrement drôle, pas particulièrement rythmé, pas particulièrement original, et ça ne fait pas particulièrement avancer le schmilblick. Bof.

2.5/6 

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Les bilans de Lurdo - Star Trek : Strange New Worlds, saison 3 - suite et fin (2025)

Publié le 21 Décembre 2025 par Lurdo dans Star Trek, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Action, Science Fiction, Review, USA, Paramount, Critiques éclair, Strange New Worlds, Drame, CBS, Romance

Suite et fin de la saison 3 de Star Trek Strange New Worlds, après une première moitié très inégale s'étant pris de plein fouet deux grèves consécutives dans la tête, et soufflant par conséquent le chaud et le froid, entre épisodes inaboutis, écriture parfois approximative, et romances à gogo.

Star Trek - Strange New Worlds, saison 3 (2025) - suite et fin :

- 3x06 - The Sehlat Who Ate Its Tail : Lorsque le Farragut, où sert James T Kirk, assiste impuissant à la destruction d'une planète par un immense navire pillard, qui réduit le Farragut en miettes, l'Enterprise arrive au secours du vaisseau, mais finit lui-même ingéré par le monstre et ses occupants. Aux commandes d'une épave à peine volante, et entouré de Spock, Uhura, Chapel et Scotty, Kirk doit alors endosser le rôle de capitaine pour la toute première fois...

Enfin un épisode digne de ce nom dans cette saison cahotante : certes, ici, l'objectif est clairement de jouer la carte de la nostalgie, en réunissant tous les futurs personnages de TOS à bord du Farragut, mais l'épisode est suffisamment bien écrit pour souligner que Kirk n'est pas encore le Capitaine assuré que l'on connaît.

Ce Kirk (Paul Wesley reste bon dans son rôle, même si à aucun moment je ne vois le Kirk de Shatner) est encore hésitant, peine à assumer les conséquences de ses décisions et du "pouvoir" de Capitaine, n'écoute pas ses collaborateurs autant qu'il le devrait, et au travers de cet épisode, il apprend. Il évolue. Et ça, c'est suffisamment rafraîchissant pour être noté.

Et puis la morale de l'histoire, avec l'identité (pas forcément surprenante) des occupants du vaisseau pillard, fonctionne plutôt bien. Un épisode efficace, le meilleur de la saison jusqu'à présent.

- 3x07 - What Is Starfleet? : Alors que l'Enterprise se trouve impliqué dans un conflit entre deux populations, Beto, le frère d'Ortegas, réalise un documentaire à charge remettant en question le bien-fondé de l'intervention de la Fédération, et la présence de l'équipage sur place...

Un épisode assez frustrant, puisque jouant la carte du faux documentaire... mais le faisant de manière assez maladroite et pataude, avec un Beto balourd, aux interviews basiquement manipulatrices et aux intentions ouvertement hostiles.

Trop de grosses ficelles, donc, y compris au niveau des méchants aliens cornus, mais heureusement, c'est assez bien interprété, notamment par Celia Rose Gooding.

- 3x08 - Four-and-a-Half Vulcans : Transformés en Vulcains dans le cadre d'une mission, Pike, Uhura, Chapel et La'an se retrouvent coincés avec cette apparence, et avec le changement de perspective qui l'accompagne...

Et on retombe dans de la comédie balourde et très mal dosée, avec quatre membres d'équipage qui jouent les Vulcains avec plus ou moins de bonheur (pourquoi Anson Mount interprète son Vulcain comme un robot, je n'en suis pas sûr), de la musique primesautière forcée, encore une séance de danse, et surtout une Una qui ne parvient pas à se contrôler aux abords de Patton Oswalt, en Vulcain irrésistible et fasciné par les humains.

Mouais. On sent que tout le monde s'est bien amusé à tourner ça, mais que la production semble, encore une fois, totalement incapable de canaliser ses idées et son sens de l'humour sans tomber dans du n'importe quoi agaçant.

- 3x09 - Terrarium : Écrasée sur une planète désolée, Ortegas tente de survivre et de recontacter l'Enterprise... mais elle réalise bien vite qu'elle n'est pas seule, et qu'une Gorn est dans la même situation qu'elle...

Un grand classique : l'épisode recyclant Enemy Mine, déjà fait maintes et maintes fois, et qui, en soi, n'est pas désagréable... mais est bien trop générique et déjà vu pour tenir la distance. C'est longuet, c'est mollasson, et les scénaristes ne peuvent s'empêcher de toutélier le tout à Arena, l'épisode de TOS opposant Kirk à un Gorn, en ramenant les Metrons de manière tout à fait inutile.

Pas nécessairement mauvais, mais rien de vraiment mémorable.

- 3x10 - New Life and New Civilizations : L'équipage réalise que le Vezda rencontré plus tôt dans leurs voyages s'est échappé, et qu'il a jeté son dévolu sur une peuplade reculée. Pike et sa compagne décident alors de passer à l'action...

Pfffff.... un gros gloubiboulga de technoblabla, de pseudo-science et de pseudo-religion (entre les ley lines spatiales, les Vezdas, le double tir synchronisé, et tout le bordel ambiant) qui sombre rapidement dans le grand n'importe quoi, avant de faire un pas de côté et de tenter d'offrir à Pike et Marie un mini-Inner Light.

Ce qui ne fonctionne jamais totalement, le casting étant ce qu'il est. Vraiment pas aimé cette fin de saison, en mode beaucoup de bruit et d'effets spéciaux pour pas grand chose.

- Bilan saisonnier - 

Énorme bof que cette saison 3 de Strange New Worlds, même en faisant preuve d'indulgence compte tenu des conditions particulières de production : c'est bordélique, c'est fréquemment mal dosé, l'équilibre fun/sérieux n'est plus vraiment là (l'alternance est trop systématique, et jamais assez travaillée), et trop souvent, on a l'impression d'une série qui se plaît beaucoup trop à jouer la carte du fanservice référentiel Star Trek, plutôt qu'à être du Star Trek.

Et lorsque les scnaristes s'éloignent enfin un peu de ce fanservice, des références constantes, de leur fascination pour le sex appeal de Spock, des grosses ficelles visant à réunir tous les personnages de TOS de manière forcée et des épisodes voulant à tout prix être comiques, c'est pour nous proposer une intrigue de fond ultra bancale sur le Mal absolu, et sur Marie Batel, l'Élue désignée pour vaincre le Mal avec ses super-pouvoirs.

Mouais. À la limite, si le casting de certains des personnages avait été plus inspiré et charismatique (Batel, Korby), ça aurait pu passer, mais là... non.

En espérant que, maintenant que la série s'est débarrassée de certains personnages encombrants, elle va repartir sur des bases un peu plus saines en saison 4. De toute façon, les heures de la série sont comptées, donc les scénaristes n'ont plus vraiment le choix...

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Critique éclair #211 - Une Journée incontrôlable (2025)

Publié le 16 Décembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Action, Amazon, Review, USA

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Une Journée incontrôlable (Playdate - 2025) :

Parce qu'il a du mal à se rapprocher de son fils adoptif Lucas (Benjamin Pajak), pas sportif pour un sou, Brian (Kevin James), récemment mis au chômage, décide de l'emmener jouer au parc, où ils croisent le musculeux Jeff (Ritchson) et son fils CJ (Banks Pierce). Par la force des choses, les deux duos passent l'après-midi ensemble... jusqu'à ce que de mystérieux criminels s'en prennent à Jeff, pour tenter de reprendre l'enfant. Car ce dernier a, en réalité, été libéré d'un laboratoire étrange par l'ancien militaire, qui est en fuite...

Difficile de faire plus "contenu pour plateforme de streaming" que ce Playdate : un second rôle comique en pilotage automatique et un acteur musclé vedette d'une des séries phares de la plateforme dans un buddy-movie générique et pas très sérieux, plein de visages connus qui passent en coup de vent, sous-exploités dans de brefs caméos (Sarah Chalke, Paul Walter Hauser, Stephen Root, Alan Tudyk, Isla Fisher), un scénariste de tv et un réalisateur-faiseur semi-anonyme (responsable de Let's be Cops, Animal ! L'animal avec Rob Schneider, de Girl Next Door) derrière la caméra, un côté technique assez approximatif (énormément de post-synchro voyante, un montage et une shaky-cam cache-misère, des effets numériques fauchés), du placement produit maladroit, et un script assez faiblard, avec un rebondissement à la fois improbable et évident (SPOILER - CJ est l'un des nombreux clones de Jeff, considéré par ses supérieurs comme "le soldat parfait"), et qui décide de flinguer tout son propos ("malgré leur reprogrammation mentale, les clones ne sont pas que des machines à tuer robotiques, ils peuvent aussi avoir des sentiments") au profit d'une ultime vanne explosive (Jeff tue une cinquantaine de clones sans broncher).

C'est donc assez médiocre, tout ça, avec des références maladroites, de gros clichés bien baveux (notamment tout un postulat de départ ressemblant à une sitcom des années 90, avec ce père incompétent incapable de faire un sandwich, qui n'arrive pas à se rapprocher de son fils efféminé qui préfère la danse et les comédies musicales, et des méchants qui ont cinq lignes de motivation), et des runnings gags tirés vers le bas par la production faiblarde.

Heureusement qu'Alan Ritchson qui s'amuse à composer une parodie de Reacher devenant de plus en plus débile et idiot au gré du film, ça distrait un peu.

1.5/6 

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