Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Jurassic World : Renaissance (Jurassic World : Rebirth - 2025) :
Engagés par Martin Krebs (Rupert Friend), représentant d'une société pharmaceutique, pour aller recueillir des échantillons de sang de dinosaures sur l'île de Saint Hubert, Zora Bennett (Scarlett Johansson), mercenaire, Henry Loomis (Jonathan Bailey), paléontologue, et l'équipage du bateau de Duncan Kincaid (Mahershala Ali), recueillent en route la famille de Reuben (Manuel Garcia-Rulfo) - Teresa (Luna Blaise), Isabella (Audrina Miranda) et Xavier (David Iacano), le petit-ami slacker de Teresa - dont le voilier a été attaqué par un mosasaure. Mais ce dernier les traque toujours, et finit par forcer l'équipe de Bennett à s'échouer sur St Hubert... qui s'avère être un laboratoire abandonné renfermant les pires expériences d'InGen.
En 2022 j'avais conclu ma critique de Jurassic World Dominion par un "il est temps de mettre un terme à la franchise" assez lapidaire. En 2025, avec ce Rebirth assez anémique, cette phrase n'a jamais été plus d'actualité.
En même temps, entre Gareth Edwards à la réalisation (un Godzilla bof, un Rogue One sauvé en post-prod par les reshoots de Tony Gilroy, un The Creator insipide au possible) qui sait faire de belles images et maîtrise les effets numériques, au détriment de l'écriture, de l'histoire, des personnages et de la direction d'acteurs ; David Koepp au script (un David Koepp très productif et avec une longue carrière, notamment le Jurassic Park de 1993, mais qui, avec les années, a besoin d'un réalisateur inspiré pour transcender ses scripts de moins en moins probants), Alexandre Desplat à la musique (toujours techniquement impeccable, mais toujours aussi peu capable de créer des thèmes mémorables et de composer des bandes originales marquantes) ainsi qu'une franchise à bout de souffle, il ne fallait pas s'attendre à des miracles.
Là, dès les premiers instants, on a droit à un pseudo commentaire méta sur l'état de la franchise, qui nous dit que trente ans après Jurassic Park et le retour des dinosaures sur notre Terre, le monde s'en contrefout désormais, que tous les dinosaures en liberté à la fin de Dominion sont morts à cause du climat actuel, et qu'il n'en reste qu'une poignée qui survit dans les zones tropicales de notre globe.
En somme, on fait table rase des épisodes précédents, on oublie les personnages de ces films, on repart sur des bases plus simples (assez similaires à celles du Monsters de Edwards), et... euh... on raconte une histoire générique et assez insipide, avec une équipe de mercenaires (menés par une ScarJo sarcastique qui injecte un peu de nonchalance dans le film, pour le meilleur et pour le pire) qui part sur une île perdue (et y arrive au bout d'une heure de film) pour récupérer des échantillons de sang de dinos, pour le compte d'un méchant calqué sur le Burke de Aliens. Et on rajoute une famille de touristes paumés et un bébé dino pour faire vendre des produits dérivés.
Sur ce scénario très mécanique se greffent donc les mésaventures de la famille de latinos, qui croisent le chemin d'un T-Rex, en réchappent de justesse, et sont globalement uniquement là pour permettre au film d'alterner entre les mercenaires en mission et la famille.
Malheureusement, les uns comme les autres sont sous-développés, les personnages ont une fâcheuse tendance à systématiquement réagir de la manière la plus stupide possible (mention spéciale à l'une des latinas qui ne trouve rien de mieux que de trainer lourdement et bruyamment un canot gonflable sous le nez d'un T-Rex assoupi), et face à eux, on retrouve des dinosaures à géométrie variable, entre les dinos habituels, plus ou moins bien intégrés à l'image, et les nouveaux mutants, des petits dinos ("Mutadons") ressemblant à des Skekses de Dark Crystal, et le gros D-Rex, une sorte de Rancor mâtiné de mutant d'Alien 4, et qui, selon les plans, est de la taille d'un kaiju, ou d'un T-Rex basique.
Pas de miracle, comme je le disais : c'est globalement assez médiocre, j'ai un peu décroché dans la dernière ligne droite tant je n'avais rien à faire de ces protagonistes, et si c'est peut-être un peu mieux que Dominion - et encore, pas sûr -, l'utilisation timide, agaçante et un peu aléatoire des thèmes de John Williams par Desplat (façon "je vais en utiliser les quelques premières mesures, histoire de faire jouer la nostalgie, mais au moment crucial de chaque thème, je vais repartir dans mes compositions à moi") a achevé de me frustrer.
2/6
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J'avoue : à l'idée d'une adaptation française assez libre de Cat's Eye par TF1 et Amazon en huit épisodes d'une cinquantaine de minutes, je n'avais pas grand espoir. Un peu comme dans le cas de City Hunter, la France a une relation tellement particulière avec certaines séries d'animation que ça aurait pu facilement dégénérer et virer à la mauvaise parodie, surtout avec un budget limité. Mais à ma grande surprise, ce n'est pas sur ce plan-là que la série m'a laissé dubitatif...
Cat's Eyes, saison 1 :
À Paris, le retour de Tam (Camille Lou), aventurière, amène ses deux sœurs Syl (Constance Labbé), spécialiste en art et Alexia (Claire Romain), adolescente turbulente et fan de parkour, à faire face à la vérité : leur père Michael, mort des années plus tôt dans l'incendie de sa galerie d'art, a été assassiné. Les sœurs Chamade décident alors de mener l'enquête, un enquête qui va les amener à s'improviser cambrioleuses et à visiter le tout-Paris, traquées par Quentin (MB14), l'ex de Tam et policier, et par des criminels violents...
Enfin, je dis que je suis rersté dubitatif, mais ça aurait pu être bien pire, et quand bien même le projet est plein de scories, ça reste honorable. D'ailleurs, ça m'a surpris, dans les premiers épisodes de ce qui est une origin story des Cat's Eyes (de leur équipe, de leur carte de visite, de leur bar, etc) : si je ne voyais alors que les défauts les plus évidents, l'alchimie des trois protagonistes, leurs échanges naturels, et la bonne volonté du tout ont rapidement réussi à m'intéresser.
Après, comme je le disais... c'est loin d'être parfait. Globalement, la série fait un peu Office du tourisme de Paris et des alentours : tour à tour, c'est la Tour Eiffel, le Louvre, Versailles, la Seine, Vaux le Vicomte, la Monnaie de Paris, etc, qui font l'objet de servent de cadre aux cambriolages, de quoi utiliser plein de plans travaillés de la Ville Lumière, des placements produits, etc.
Des cambriolages recourant souvent au gimmick du "on vous montre la réussite de la mission, et on repart ensuite en arrière pour vous expliquer comment elles ont fait", et mis en parallèle d'intrigues sentimentales plus ou moins probantes : Tam et son ex policier (et l'actuelle petite amie de celui-ci, une fliquette insupportable et jalouse), Syl et son mec barman (une relation pas très maîtrisée sur la durée, et qui, vers la fin, n'est là que pour amener les filles à ouvrir leur propre bar), et Alexia et sa copine parkoureuse (alors là, c'est assez désastreux, avec des scènes digne d'une série pour ados, notamment quand le père de sa copine découvre que sa fille est lesbienne).
Et puis il y a les méchants de la série : Gilbert Melki, Guillaume de Tonquédec en fauteuil roulant (qui a droit à une scène où il pête un plomb sur du Rita Mitsouko, qui m'a donné des frissons de honte pour la production tellement c'est WTF et cringe), et Élodie Fontan, peut être la moins bien lotie du lot.
Il faut dire qu'avec son personnage de tueuse pseudo-badass avec long imper en Skaï, flingue de Robocop, perruque approximative (de manière globale, les postiches et couleurs capillaires de la série sont très discutables), et attitude de maychante sarcastique et sadique, elle n'est pas aidée, une sorte de caricature ambulante jamais vraiment crédible, et dont la diction est parfois un peu trop récitative.
Le tout sans oublier Carole Bouquet, qui fait l'objet d'un twist de mi-saison qui ne surprendra absolument personne.
En fait, c'est bien simple : tant que la série reste en mouvement, avec des poursuites, des cambriolages, etc (quand bien même certains de ces éléments manquent un peu de rythme ou de vraisemblance), ça va, l'interprétation est assez naturelle et ça se regarde plutôt bien ; mais dès que l'on retombe dans le mélodrame pur et dur, ou la romance, tout le monde semble se raidir devant et derrière la caméra, la diction se faire plus scolaire et appliquée, l'incompétence de nombreux personnages refait surface, les personnages masculins n'ont aucune épaisseur et ça commence à coincer.
Ce qui ne dérangera clairement pas le public étranger, que la série vise clairement par son côté tourisme et action ; les Français, par contre, risquent de tiquer un peu plus.
Ah, et j'ai failli oublier le côté musical, que j'ai à peine abordé plus haut : outre l'illustration musicale assez datée (Rita Mitsouko, Girls just wanna have fun, A-Ha, etc), on a droit à une relecture du thème du dessin animé, en deux versions principales différentes - une reprise modernisée (et un peu moins pêchue) qui illustre le générique de début et ses silhouettes en CGI raides ; et une reprise "dramatique", ralentie et au piano, utilisée vers la fin de la saison. Pas forcément honteux, mais rien de transcendant non plus.
C'est un peu le bilan que je fais du programme : ce n'est pas un désastre, mais ce n'est pas génial non plus. Comme je le disais, ça aurait pu être bien pire, mais en l'état, c'est juste moyen, et probablement un peu trop ambitieux pour son propre bien.
Restera à voir ce que nous apportera la saison 2.
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La tête dans les étoiles (2023) :
Ali (Hakim Jemili), père incompétent et livreur de repas à scooter, a besoin d'argent, et vite. Pour ce faire, il part pour Baïkonour pour tenter de prendre des photos du prochain vol de l'ESA, qui a pour but d'emmener un réacteur nucléaire à bord de l'ISS. Seul problème : il finit malencontreusement à bord de la fusée, et se réveille à bord de l'ISS, en compagnie de l'équipage de la mission : Johanna (Alice Pol), Zuka (Clovis Cho) et Tom (Mikaël Sladden)...
Mwébof. Une comédie franco-belge diffusée sur Amazon et qui fait illusion pendant une bonne moitié de ses 90 minutes, puis qui prend un tournant plus sérieux et dramatique, jouant sur la corde sensible et la pseudo-tension cousue de fil blanc. Et c'est bien dommage, parce qu'en forçant les traits antipathiques et couards du personnage principal, à mi-parcours, histoire de mettre en place une rédemption inévitable à la fin, le scénario cède à une certaine forme de facilité, et affaiblit d'autant toute l'émotion qu'il tente de construire ensuite. Et puis ce qui n'aide pas, c'est qu'on a parfois l'impression que des scènes entières ont été coupées, notamment dans l'établissement des rapports entre Ali et la journaliste.
Bon, en plus, ça n'est pas crédible un seul instant, mais ça, à la limite, on le comprend très vite, et ce n'est pas gênant.
2.5/6 (pour la bande originale et les effets spéciaux efficaces)
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8 épisodes de 30-40 minutes pour cette adaptation française parodique de Zorro, coproduite par France télévisions et Paramount+, où Jean Dujardin reprend le rôle titre dans une série clairement très inspirée par la série de Disney, mais en mode nettement plus comique et décalé - peut-être même trop, à vrai dire.
Zorro, saison 1 (2024) :
Vingt ans après la fin des aventures de Zorro, Don Diego de la Vega (Jean Dujardin) est désormais notable de Los Angeles, dont il doit prendre la tête de la mairie à la suite de son père (André Dussollier). Mais Diego est écrasé par la présence de celui-ci, et lorsqu'il décède subitement, laissant la ville endettée auprès du malfaisant Don Emmanuel (Éric Elmosnino), Diego décide de remettre le costume de Zorro, et de faire de nouveau rêgner la loi et la justice... sans se douter que cela va totalement bouleverser le couple qu'il forme avec Gabriella (Audrey Dana), un couple embourbé dans la routine.
J'ai envie de dire : oui, forcément, une adaptation française de Zorro, ça ne pouvait se transformer qu'en histoire de couple au point mort rongé par les mensonges, les secrets et les coucheries. C'est tellement... français, en fait, comme approche, que ça laisse occasionnellement dubitatif, d'autant que le programme semble constamment tiraillé entre diverses directions qui se mêlent avec plus ou moins de bonheur.
Ici, de la comédie parodique à la OSS 117, où Diego est un incapable qui se révêle uniquement lorsqu'il porte le masque, à l'égo certain, écrasé par le souvenir de son père, entouré d'incapables (dont Éric Massot), avec un méchant pas très doué non plus (mais qui a parfaitement la tête de l'emploi) et des soldats espagnols encore plus incompétents.
À côté, cette histoire de couple dans la tourmente, avec mensonges, tromperies, jalousies, et toute une sous-intrigue d'adoption très souvent oubliée. Ailleurs, de l'aventure façon cape et épée, avec un Dujardin qui s'amuse bien et des combats efficaces. Soit autant de ruptures de ton improbables, amplifiées par des moments un peu wtf, comme cette tentative de suicide du Sergent Garcia (excellent Grégory Gadebois) après la "mort" de Zorro.
On se retrouve au final avec un programme qui part dans tous les sens : ça commence, pendant quelques épisodes, comme une légère parodie de Zorro, avec un Diego hanté par son père (un gimmick oublié en cours de saison) et qui remet le masque pour affronter Don Emmanuel ; à mi-parcours, on a droit un tournant vaudevillesque, avec un épisode où Garcia accuse Bernardo d'être Zorro, Gabriella veut coucher avec lui, Diego passe son temps à mettre et enlever son costume, les portes de l'hacienda claquent, etc...
Et c'est là le début d'un arc scénaristique qui ne fonctionne pas très bien, et qui s'étend jusqu'à la fin de la saison : parce que Gabriella n'est plus attirée que par Zorro, Diego "part en exil" et Zorro s'installe à l'hacienda. Ce qui amène un épisode où, par besoin d'argent, il tient son propre rôle au casino de Don Emmanuel et attrape la grosse tête...
La série continue alors de partir dans le n'importe quoi, avec la mise en scène de la mort de Zorro, le retour de Diego, Gabriella qui comprend que Diego = Zorro et tente de le faire avouer, puis devient elle-même Zorro pour se venger, la tentative de suicide de Garcia... et enfin, dernière ligne droite, Diego qui devient une véritable caricature de notable exploitant autrui pour préparer la venue du Vice-roi d'Espagne, tandis que Gabriella-Zorro lui met constamment des bâtons dans les roues.
Alors pour être franc, j'étais plutôt intrigué par la direction originale de la série, et par ses premiers épisodes, malgré un côté parodique un peu facile. Dujardin fait (bien) du Dujardin, la direction artistique de la série est efficace, l'action est nerveuse, l'illustration musicale appropriée...
Mais progressivement, les défauts de l'écriture s'amplifient : un mélange de genres et de directions pas toujours judicieux, des sous-intrigues pas indispensables et un peu sous-développées, une fin en queue de poisson, un rythme inégal - dans l'ensemble, ce Zorro n'est pas désagréable et est assez amusant, mais j'en ressors tout de même mitigé. Trop décousu et éparpillé, et un peu plus de mesure aurait probablement été bénéfique au programme.
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Fountain of Youth (2025) :
Traqué par Esme (Eiza González) et ses hommes, qui tentent de l'empêcher de dérober des tableaux rarissimes, Luke Purdue (John Krasinski) revient soudain dans la vie de sa sœur Charlotte (Natalie Portman), et l'entraîne vite dans la tourmente d'une chasse au trésor improbable : engagés par le milliardaire Owen Carver (Domhnall Gleeson), Luke et son équipe sont à la recherche de la Fontaine de jouvence...
Un film Apple Tv réalisé par Guy Ritchie et écrit par James Vanderbilt (Zodiac, les deux Spider-man avec Andrew Garfield, la suite d'Independance Day et les deux derniers Scream), héritier de la famille Vanderbilt qui a réussi à placer l'histoire de sa famille et du Lusitania dans ce métrage...
... un métrage qui ressemble un peu à ce que l'on obtiendrait si un enfant pas très doué découvrait Benjamin Gates et Indiana Jones à l'âge de 10 ans et qu'une fois adulte, il décidait soudain d'écrire un film similaire, en se basant uniquement sur ses souvenirs de l'époque et sur quelques parties d'Uncharted.
C'est mou, c'est dérivatif, c'est assez mal écrit (les dialogues sont clichés), bref, c'est générique et anonyme au possible, et tout cela se retrouve directement à tous les niveaux de la production.
Le casting ? Les seconds rôles sont inexistants, Natalie Portman est en pilotage automatique, etJohn Krasinski tente de jouer les aventuriers nonchalants et charmeurs, sans avoir forcément le naturel ou le charisme pour y parvenir. La réalisation ? Pas le moindre style, pas de rythme, pas d'énergie... Guy Ritchie était lui aussi en pilotage automatique (en même temps, il est arrivé en tant qe réalisateur remplaçant, donc il ne devait pas être très impliqué). L'écriture ? Comme mentionné plus haut, il n'y a pas une idée originale là-dedans, c'est du grand n'importe quoi du début à la fin, les personnages sont tous sous-développés, les rebondissements sont télégraphiés. La musique ? Inexistante.
Bref, en théorie, ça aurait dû correspondre à tout ce que j'aime dans le genre, mais c'est en réalité un film d'aventures où les aventures sont insipides, les personnages n'ont pas d'alchimie, les idées sont faisandées, et la mise en images est fainéante.
C'est un peu à l'image du titre du film, en fait : générique au possible. Et assez énervant.
1.75/6
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Après une saison 1 très attendue, en 2022, mais à l'accueil critique comme public assez mitigé (pour des raisons valables, comme pour des raisons typiquement... réactionnaires) ayant créé une atmosphère assez nocive autour de la sortie du programme, revoici l'adaptation Amazon des événéments précédant le Seigneur des Anneaux.
Toujours 8 épisodes d'une grosse heure au programme, avec un tournage en grande partie relocalisé au Royaume-Uni, pour la suite d'un récit qui ne m'avait pas déplu, malgré un côté un peu éparpillé et des scories inhérentes à une saison 1...
Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (Rings of Power, season 2 - 2024) :
Après avoir gagné la confiance de Galadriel (Morfydd Clark) et trahi cette dernière, Sauron (Charlie Vickers) part pour l'Eregion où, sous l'apparence d'Annatar, un elfe envoyé par les dieux, il convainc Celebrimbor (Charles Edwards) de créer le reste des Anneaux de pouvoir, notamment ceux destinés aux Nains ; à l'autre bout du monde, le futur Gandalf (Daniel Weyman) croise le chemin de Tom Bombadil (Rory Kinnear), qui le prend sous son aile ; quant à Adar (Joseph Mawle), il réunit ses armées pour écraser une fois pour toutes la menace du retour de Sauron...
Si elle m'avait relativement convaincu, la saison 1 des Anneaux de pouvoir n'était pas sans défauts, loin de là, au premier rang desquels une multiplication des sous-intrigues et des personnages secondaires, qui finissait par brouiller un peu trop les cartes, et par singer trop fréquemment certains points scénaristiques des LOTR de Peter Jackson.
Pour cette saison 2, malheureusement, il en va toujours de même : si le programme se démarque plus franchement de l'influence PJ, pour se concentrer sur une montée en puissance progressive débouchant sur le siège de la ville d'Eregion (dans l'avant-dernier épisode de la saison), la série continue d'avoir des problèmes de structure (parfois inhérents au format et au découpage télévisuel), avec des restes de sous-intrigues conclues de manière précipitée, et d'autres clairement uniquement là pour faire de la mise en place d'événements futurs.
Les points forts et faibles de l'écriture restent toujours les mêmes : les manipulations de Sauron en Eregion fonctionnent, Charlie Vickers ayant radicalement changé d'apparence pour l'occasion, etCharles Edwards étant excellent en orfèvre sous l'influence du Mal; les mésaventures des nains, et le conflit de Durin confronté à son père, consumé par l'anneau, restent l'intrigue la plus intéressante et la plus attachante de la série (avec une superbe scène finale pour Durin père vs le Balrog) ; tout ce qui touche au Numenor est absolument et complètement insipide (que ce soit à Numenor même, ou sur le continent), avec un vrai déficit de charisme de ce côté-là ; et malheureusement, Gandalf et ses hobbits (dont j'avais apprécié la relation en saison 1) font énormément de surplace, le personnage de Tom Bombadil étant une agréable surprise au milieu d'une sous-intrigue molle qui évoque, par moments, l'entraînement de Luke sur Dagobah (d'ailleurs, pas ultra convaincu par la manière dont le show amène le nom "Gandalf").
Le bilan scénaristique est donc assez inégal, mais je mentirais en disant m'être ennuyé, ou en affirmant que le siège d'Eregion n'est pas impressionnant - ce n'est pas totalement au niveau des films (il reste notamment un côté très studio/télévisuel à certains décors et certains éclairages/cadrages), mais c'est plus qu'honorable compte tenu de l'ampleur et de l'ambition de la proposition.
À l'identique, musicalement, Bear McCreary se démène une fois de plus et parvient à imposer ses thèmes et ses chansons, notamment pour Tom Bombadil, personnage particulièrement casse-gueule s'il en est (léger hors sujet, par contre, sur la "ballade de Damrod" et ses vocalisations death metal).
Ce qui donne, au final, une saison agréable à suivre... mais, un peu comme en saison 1, un peu frustrante : les scories restent toujours présentes (et ne quitteront probablement plus la série, désormais), et empêchent le programme d'être vraiment passionnant de bout en bout, malgré beaucoup de qualités et une interprétation très solide.
À voir en connaissance de cause, donc, et je ne peux m'empêcher de me demander comment la série va bien pouvoir continuer à conserver l'intérêt du spectateur lorsque l'attention des scénaristes va basculer en très grande partie sur Numenor et les humains...
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Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.
Doctor Who, saison 15 (2025) :
- 15x01 - The Robot Revolution :lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...
Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable.
- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...
Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.
Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.
- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.
Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.
Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.
- 15x04 - Lucky Day :sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.
Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.
C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.
- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...
Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.
Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....
- 15x06 - The Interstellar Song Contest :Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...
Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.
Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).
- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...
Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.
Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.
- 15x08 - The Reality War :Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...
Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.
Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.
- Bilan saisonnier -
Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.
Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.
Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.
C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.
Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.
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En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.
Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...
Primal, saison 2 (2022) :
Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.
Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.
On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.
La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.
Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.
À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.
La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.
Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.
Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.
Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.
Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner.
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Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).
Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.
Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :
Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...
Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.
Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan.
Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.
Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...
Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.
Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.
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## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Vaiana 2 (Moana 2 - 2024) :
Toujours à la recherche d'autres habitants des îles, Moana (Auliʻi Cravalho) reçoit une vision de ses ancêtres, qui lui révèlent l'existence de Motufetu, une île mythique située au carrefour de tous les courants marins, mais submergée par la colère du dieu Nalo. Avec un équipage de membres de sa tribu, Moana part alors à l'aventure pour tenter de retrouver l'île, mais en chemin, elle tombe sur Maui (Dwayne Johnson), qui lui aussi cherche Nalo pour régler ses comptes avec lui...
Très divertissant, le premier Moana n'en était pas moins frustrant, narrativement un peu faible, bourré de chansons dans son premier tiers, et avec un Lin Manuel Miranda laissé en roue libre (ce qui, forcément, si l'on n'est pas totalement fan de son style, comme moi, n'aide pas vraiment).
Pour cette suite, on ne reprend pas les mêmes, mais on recommence néanmoins... et les défauts restent étrangement similaires : sur un scénario très linéaire et sans fioritures, plein d'éléments étrangement sous-développés (la déesse chauve-souris, les compères de Moana), le film reste bourré d'aventures dynamiques, mais semble étrangement superficiel, un peu comme une suite DTV de la grande époque.
Et ce n'est pas forcément surprenant : Moana 2 était en effet initialement conçu pour être "Moana, la série tv", un programme Disney + en 5 épisodes, qui a été rebricolé en long-métrage moins d'un an avant sa sortie.
Ce qui explique clairement tous les manques du produit fini, y compris au niveau musical : Lin Manuel n'est plus là, le nombre de chansons est nettement plus faible, et malheureusement, l'équipe en charge de ce second volet peine à marquer les esprits, avec des mélodies peu probantes.
Bref, si ce Moana 2 reste sympatoche, et est visuellement toujours très joli, on sent quand même bien ses origines télévisuelles, ainsi que les coupes effectuées pour reformater le tout en mode cinéma, ce qui tire clairement le tout vers le bas.
3.25/6
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