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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

aventure

Les bilans de Lurdo - Star Trek : Strange New Worlds, saison 3 - première partie (2025)

Publié le 14 Décembre 2025 par Lurdo dans Star Trek, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Action, Science Fiction, Review, USA, Paramount, Critiques éclair, Strange New Worlds, Drame, CBS, Romance

Retour de la dernière série Trek encore diffusée sur Paramount (Lower Decks ayant été annulée, Section 31 s'étant lamentablement vautrée), pour une nouvelle saison de 10 épisodes promettant toujours plus d'aventures décalées et légères... peut-être trop, à en juger par le résultat agréable, mais en dents de scie, des saisons précédentes.

Star Trek - Strange New Worlds, saison 3 (2025) - première partie :

- 3x01 - Hegemony, part 2 : L'Enterprise traque le vaisseau gorn ayant enlevé les colons parnassiens et une partie de l'équipage, mais découvre par la même occasion le monde originel de ces aliens, ainsi que leurs plans d'invasion du reste de la galaxie...

Conclusion spectaculaire et dramatique au cliffhanger de la fin de saison 2, avec les mêmes défauts et les mêmes qualités : visuellement, c'est réussi, mais les personnages établis sont dotés d'une plot armor, les Gorns sont des pseudo-Aliens dérivatifs, et tout le quota émotion, porté à bout de bras par la rupture entérinée de Spock et Chapel, mais surtout par l'inquiétude de Pike pour sa compagne (il en vient même à lâcher un début de Notre Père, tant il est désespéré) aurait beaucoup mieux fonctionné si cette dernière n'était pas affreusement transparente.

Pas désagréable, mais rien d'exceptionnel pour autant.

- 3x02 - Wedding Bell Blues : Après avoir passé trois mois à quai pour réparations, l'équipage de l'Entreprise est sur le poin de célébrer le centenaire de la création de la Fédération, alors même que Chapel revient de son stage d'archéologie... accompagné de Korby (Cillian O'Sullivan), son nouveau compagnon. Jaloux, Spock croise alors le chemin d'un étrange individu (Rhys Darby) qui exauce son souhait, et change la réalité autour d'eux, faisant de Spock un futur marié sur le point d'épouser Chapel...

Changement radical de ton après les Gorns, pour un épisode qui essaie très fort d'être à la fois une romance impossible, une comédie en mode "souhait exaucé", et un hommage à TOS (qui rejoue d'assez près Squire of Gothos et toutélie enfin Trelane à Q, via un caméo vocal de John De Lancie).

Malheureusement, si je dois être totalement franc, le tout ne fonctionne que très partiellement, en partie parce que la production essaie trop fort d'exprimer la comédie du tout, avec musique primesautière vraiment appuyée et cabotinage assumé, utilisation de WHAM !, etc, mais aussi parce le rythme du tout est gentiment bordélique et bancal. Et que Korby est assez sous-développé et un peu terne.

Dommage que le résultat final soit aussi moyen/superficiel, et que les quelques pistes secondaires (le frère d'Ortega, le PTSD de celle-ci, La'an) soient presque plus intéressantes que l'intrigue centrale.

- 3x03 - Shuttle to Kenfori : Pour tenter de trouver une plante rarissime pouvant potentiellement sauver sa compagne, Pike et M'Benga partent pour une mission secrète à la frontière de l'Empire klingon... mais les Klingons ne sont pas loin, et le passé de M'Benga refait surface...

Un épisode sérieux, un peu fourre-tout, qui part dans plein de directions (confrontation avec une klingonne qui veut se venger, sauvetage périlleux, rébellion d'Ortegas, urgence médicale, et film de zombies), lesquelles fonctionnent plus ou moins bien, c'est selon. Ce qui fonctionne le mieux, ici, c'est l'interprétation et le mélodrame, avec un Pike bouleversé par le sort de sa compagne, une Ortegas qui n'en fait qu'à sa tête, un M'benga excellent, etc.

Ce qui fonctionne moins bien, ce sont ces zombies qui, en fin de compte, font vraiment pièce rapportée, et auraient aussi bien pu être remplacés par une autre menace sans que cela ne change quoi que ce soit.

Dans l'ensemble, l'épisode est un peu bancal, donc, mais il est néanmoins suffisamment bien produit et mené pour se regarder assez facilement. À l'exception de ces foutus zombies hors-sujet.

- 3x04 - A Space Adventure Hour : Tandis que l'Enterprise étudie une étoile en cours d'effondrement, La'an est envoyée dans l'holodeck fraîchement installé pour en tester l'utilité et la viabilité. Elle endosse donc le rôle d'Amelia Moon, détective privée dans les années 60, qui enquête sur le meurtre d'un mogul d'Hollywood, tué dans sa baignoire alors que le créateur et l'équipe d'une série de science fiction ringarde se trouvaient chez lui...

Mouais. J'ai vraiment du mal avec cette saison, pour l'instant, une saison très déséquilibrée, avec des scripts approximatifs qui tentent de forcer des situations humoristiques ou excentriques, lesquelles sont systématiquement tirées vers le bas par des problèmes de rythme, d'interprétation ou d'écriture. Alors d'accord, la saison 3 a connu beaucoup de problèmes et de retard à cause de grèves des scénaristes et des acteurs, mais tout de même.

Donc, cet épisode : un épisode de dysfonctionnement de l'holodeck, sans surprise, avec une parodie de murder mystery doublée d'une parodie de Star Trek TOS, et les débuts d'une romance entre Spock et La'an.

Le problème étant que tout semble mal dosé (un peu comme dans l'épisode 1x08, tiens) : tout est très générique, les rebondissements sont prévisibles, ça cabotine dans tous les sens (Mount et Wesley, notamment), la parodie de TOS (devant et derrière la caméra) est balourde, le murder mystery est tout sauf palpitant, et la romance de Spock et La'an est assez forcée, en cela que la production ne semble envisager le personnage de Spock que comme un être irrésistible et magnétique.

Très gros bof, donc, pour ce quatrième épisode - ça fait trois épisodes faiblards à la suite, je commence à m'inquiéter.

- 3x05 - Through The Lens of Time : Une expédition archéologique menée par Korby et Chapel, accompagnés par l'infirmier Gamble et le frère d'Ortegas, met à jour un temple mystérieux, qui semble exister hors du temps et de l'espace. Mais rapidement, Gamble est possédé par une entité malveillante enfermée dans le temple...

Un épisode un peu maladroit mais pas désagréable, très inspiré par Indiana Jones, et un peu cousu de fil blanc : on se doute bien qu'en centrant tout sur Gamble, cela en faisait immédiatement un red shirt potentiel, et ça ne rate pas, puisqu'il se retrouve possédé par quelque chose qui évoque fortement les Pah Wraiths de Deep Space Nine (nul doute que ces créatures reviendront).

Par contre, l'épisode confirme que le fil conducteur de la saison est clairement la compagne de Pike, sa contamination, et tout ce qui en découle. Un peu étrange, et dommage que l'actrice soit aussi transparente, mais bon. Rien d'exceptionnel, mais c'était plus intéressant et mieux mené que les précédents.

Bilan de mi-saison :

Une première moitié de saison qui me laisse un peu dubitatif : la série tente d'alterner comédie et sérieux, avec en prime le fil conducteur de la compagne de Pike, mais le dosage n'est vraiment pas maîtrisé, et c'est soit trop laborieux et mélodramatique, soit trop romantique, soit trop balourd dans la parodie.

Je reste indulgent, cependant, compte tenu des conditions difficiles de production, mais j'espère que la seconde moitié de la saison va un peu redresser la barre, parce que pour l'instant, si ça reste tout de même au-dessus du niveau de Star Trek Discovery (ne serait-ce que grâce au capital sympathie de la distribution), c'est un peu faiblard dans l'ensemble.

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Critique éclair #210 - Elio (2025)

Publié le 9 Décembre 2025 par Lurdo dans Animation, Aventure, Action, Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Pixar, Disney, Science Fiction, Review, USA

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Elio (2025) :

Depuis la mort de ses parents, Elio (Yonas Kibreab) vit avec sa tante Olga (Zoe Saldaña), militaire de carrière dans l'Air Force, qui a abandonné ses rêves de devenir astronaute pour s'occuper de lui. Fasciné par l'espace et la possibilité d'une vie extraterrestre, Elio passe ainsi ses journées en solitaire, tentant de contacter d'autres formes de vie spatiales... jusqu'à ce qu'il y parvienne, et qu'il soit enlevé par des extraterrestres persuadé qu'il est le Président de la Terre.

Dernier Pixar en date, passé totalement inaperçu à sa sortie, Elio se veut pourtant dans la grande tradition des films d'aventures des années 80, à la Amblin, évoquant tour à tour Rencontre du Troisième Type, Explorers, Le Vol du Navigator, et plein d'autres métrages du même genre (y compris Star Trek, l'exposition consacrée à la sonde Voyager étant narrée, ici, par Kate Mulgrew, la Capitaine Janeway de Star Trek Voyager).

Et si tout le film avait été de cet acabit, ça aurait probablement donné quelque chose de globalement très satisfaisant. Mais la genèse du film a été compliquée, avec plusieurs changements de réalisateurs (le réalisateur/scénariste d'origine ayant quitté le projet pour s'occuper de Coco 2, remplacé par la réalisatrice/scénariste d'Alerte rouge et une co-réalisatrice moins expérimentée) et le tout donne un film un peu déséquilibré.

La première demi-heure est ainsi très sympathique, bien menée, etc. Et puis, lorsque Elio arrive dans l'espace, le rythme ralentit, le scénario se simplifie un peu trop, et le film accuse un certain ventre mou qui ne disparaît que dans la dernière ligne droite, lorsque les différents fils narratifs se rejoignent et qu'Elio sympathise avec Glordon (Remy Edgerly).

C'est mignon, c'est plein de bonne volonté, mais dans l'ensemble, le film manque un peu de cohésion, y compris au niveau de la bande originale de Rob Simonsen, pas forcément réputé pour ses scores d'animation, et qui ici rend une copie honorable, mais pas forcément très mémorable.

Bref, un résultat globalement attachant, à défaut d'être exceptionnel et totalement homogène.

3.75/6

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Critique éclair #209 - Dragons (2025)

Publié le 2 Décembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Jeunesse, Fantastique, Dreamworks, Animation, Aventure, Action, USA, Review

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Dragons (How to Train your Dragon - 2025) :

Dans le lointain village viking de Berk, la tradition veut que ses habitants apprennent à se battre contre les dragons qui s'attaquent fréquemment à la bourgade. Jusqu'à ce que Harold (Mason Thames), le fils pacifiste du chef Stoïk (Gerard Butler), décide de tout changer : lorsqu'il blesse involntairement une Furie nocturne qu'il baptise Krokmou, l'empêchant de voler, il se sent responsable et lui fabrique une prothèse. De quoi rapprocher l'humain et le dragon... 

Alors pour le coup, cette critique va être très brève : cette adaptation en prises de vue réelles est très fidèle au métrage original, au point d'en avoir les qualités et les défauts. 

Oui, quelques détails ont changé, notamment pour des raisons plus politiquement correctes de diversité physique et ethnique. Pas forcément indispensable, mais pas forcément surprenant de nos jourss, et surtout, le film a le bon goût de couvrir ses arrières en explicitant par ses dialogues que Berk est un point névralgique de la chasse aux dragons, d'où la présence de chasseurs de dragons issus des quatre coins du monde.

Reste que ça fait toujours sourire de voir soudain des vikings noirs, néo-zélandais, ou asiatiques.

Après, vu que le film est une version copiée-collée de l'original, ça ne change absolument rien au tout... et c'est peut-être aussi l'un des problèmes de cette adaptation : elle est probablement trop fidèle, souvent au plan près, et son intérêt est donc relativement limité pour qui a vu l'original.

M'enfin bon, ça reste tout de même tout à fait regardable et divertissant, donc...

3.75/6 

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Critique éclair #206 - Sketch (2025)

Publié le 14 Novembre 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Fantastique, Review, USA, Aventure, Horreur

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Sketch (2025) :

Marquée par la mort récente de sa mère, et par le refus de son père Taylor (Tony Hale) d'aborder le sujet, la petite Amber (Bianca Belle) se rabat sur sa créativité pour exprimer ses sentiments... en créant de nombreux dessins morbides et violents, qui inquiètent les adultes. Jusqu'au jour où son frère Jack (Kue Lawrence) découvre un lac étrange aux propriétés magiques : lorsque les dessins d'Amber tombent dans ce lac, ils prennent vie... et menacent de détruire la ville.

Un chouette film familial à l'ancienne, qui traite du deuil, de la psychologie enfantine, de la thérapie par l'art, etc, de manière à la fois drôle, spectaculaire et touchante, avec des effets numériques réussis (en même temps, le scénariste/réalisateur travaille pour une boîte d'effets spéciaux), des enfants naturels et convaincants et une distribution globalement sympathique.

Ça frôle fréquemment l'horreur (dans sa mise en images, dans sa mise en musique, etc), ça traite du deuil des enfants de manière sérieuse et mature, ça évoque le cinéma Amblin, Terabithia, Chair de Poule, Harold et le crayon magique et plein d'autres choses, bref, c'est très agréable, bien mené, et l'on ne s'ennuie pas.

Une excellente surprise.

4.5/6 

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Critique éclair #205 - Red Sonja (2025)

Publié le 12 Novembre 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Cinéma, Critiques éclair, Fantastique, Review, USA

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Red Sonja (2025) :

Ultime survivante de son peuple massacré, Sonja (Matilda Lutz) finit dans les geôles du cruel Empereur Dragan (Robert Sheehan), pour lequel elle doit se battre contre des monstres et autres gladiateurs. Mais Dragan est à la recherche de l'autre moitié d'un livre magique, et pour la trouver, il veut utiliser la carte de la forêt mystique où vivait Sonja. La guerrière, cependant, n'est pas décidée à se laisser faire...

Aïe. Une adaptation sincère et pleine de bonnes intentions des aventures de ce personnage secondaire du monde de Conan le barbare (après l'adaptation bancale de 1985 avec Brigitte Nielsen et Arnold Schwarzenegger), par la réalisatrice de Solomon Kane, de Silent Hill Revelation, et de divers épisodes d'Altered Carbon et d'Ash vs Evil Dead, par la scénariste de la série animée Tomb Raider et de The Witcher : Blood Origin, pour un résultat qui ne dépasse jamais le stade du DTV approximatif et mollasson.

Le budget est clairement microscopique, et la distribution a beau faire tout son possible et se sentir clairement impliquée (Robert Sheehan, anciennement de Misfits, est notamment à fond dans son personnage), il y a un vrai manque de charisme (Matilda Lutz n'est jamais totalement crédible) et de finition à tous les niveaux.

Et pour ne rien arranger, le rythme mollasson du tout n'aide vraiment pas : on se retrouve, au final, avec un DTV d'heroïc fantasy on ne peut plus médiocre, ce genre de production européenne tournée dans les pays de l'Est, et qui ressemble plus à un pilote de série tv de syndication qu'à un film à proprement parler (par contre, c'est amusant de constater que bon nombre de critiques n'ont pas osé se montrer trop négatifs envers ce métrage, se pliant en quatre pour lui trouver des qualités, même toutes relatives).

2.25/6 

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Critique éclair #200 - Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025)

Publié le 12 Septembre 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Thriller, Science Fiction, Cinéma, Critiques éclair, Review, USA

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025) :

Deux mois après avoir récupéré la clef permettant de détruire l'Entité, Ethan Hunt (Tom Cruise) ne peut qu'observer, impuissant, le chaos international dans lequel l'intelligence artificielle plonge la planète. Il parvient alors à convaincre le gouvernement américain de lui apporter son assistance pour une ultime mission impossible, durant laquelle Ethan et son équipe vont devoir retrouver le sous-marin soviétique abritant le code source de l'Entité, alors que de nombreuses forces hostiles les traquent...

Deux ans après Dead Reckoning, partie 1 (mais deux mois seulement dans le récit, ce qui coince un peu aux entournures vu le coup de vieux de certains acteurs entre les deux films, et certains choix narratifs - la maladie soudaine de Luther), qui m'avait laissé plus que dubitatif pour de nombreuses raisons (cf la critique liée ci-dessus), voici enfin la suite, présentée comme le grand final de la franchise Mission Impossible, un grand spectacle/rétrospective bourré de fanservice (beaucoup de renvois aux précédents volets de la franchise, explication rétroactive de la Patte de lapin, identité réelle de Briggs, caméo de l'analyste du premier film, etc) mais paradoxalement ultra-sérieux et mélodramatique.

Parce qu'il faut bien l'avouer : si les 2h52 de ce Final Reckoning avaient été en mode blockbuster décérébré à la Fast & Furious, avec un Ethan Hunt passant son temps à s'en sortir de justesse en grimaçant et en morflant (à la Jackie Chan), comme dans certains des épisodes précédents, et une légèreté de ton assumée, il y aurait des chances que le tout fonctionne bien mieux. Le seul problème, et ce dernier volet en est plus la preuve que jamais, c'est que plus Christopher McQuarrie poursuit son association avec Tom Cruise, plus il a carte blanche pour faire ce qu'il veut de ses scripts, moins ces derniers sont bons.

Un peu comme s'il oubliait progressivement comment écrire un film au contact de l'argent ; Final Reckoning est à ce titre un ratage : flashbacks répétés et inutiles (je suis sûr qu'en enlevant tous les flashbacks aux précédents MI, on gagnerait facilement 15 minutes), exposition balourde et redondante, artifices de scénario gratuits et digressions qui ne font que rallonger la sauce, personnages secondaires innombrables et forcés, longues plages de dialogues ronflantes sur le destin, l'humanité, etc, ressorts scénaristiques périmés (je l'ai déjà dit, mais tout ce qui tourne autour de l'Entité, qui maintenant, en plus, a des disciples inutiles, est d'une connerie abyssale, digne d'un ado de 13 ans qui utilise des mots et des notions sans les comprendre), etc, etc, etc.

Le tout sur un ton bien trop pesant, sérieux et mélodramatique pour son propre bien ("c'est la fin du mooonde ! Ethan, tu es l'Élu !"), sur fond de bande-originale recyclant les deux thèmes principaux de la saga en mode sous-sous-Zimmer et autres variations basiques.

Alors oui, c'est spectaculaire, les cascades sont réussies (même si tout le passage dans le sous-marin est interminable), et ça divertit... mais ça n'en fait pas un bon film pour autant, d'autant que "Gabriel" et l'Entité restent toujours des antagonistes particulièrement ternes et insipides (le premier finissant de bien piteuse manière).

2.25/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Eyes of Wakanda (2025)

Publié le 4 Septembre 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, MCU, Marvel, Disney, Comédie, Critiques éclair, Science Fiction, Fantastique, USA, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo

Quatre épisodes de 25-30 minutes pour cette anthologie Disney + chapeautée par Ryan Coogler et Todd Harris, et qui se veut un regard sur les activités du Wakanda au travers des époques, en parallèle de l'histoire humaine connue...

Eyes of Wakanda (2025) :

- 1x01 - "Into the Lion's Den" : Noni (Winnie Harlow), une ex Dora Milaje trop rebelle et indépendante pour rester intégrée à cette unité, est envoyée par Akeya (Patricia Belger), l'actuelle commandante des Milaje, pour tenter d'arrête le Lion (Cress Williams), un ancien agent wakandais qui a dérobé des armes et les a utilisées pour se créer un empire et réduire ses ennemis en esclavage...

Un épisode qui prend place en pleine Antiquité, avec l'introduction des War Dogs, ces agents wakandais qui agissent en secret dans le monde extérieur et tentent de récupérer des objets et du vibranium volés au Wakanda. Plutôt dynamique et intéressant, sans être exceptionnel.

- 1x02 - "Legends and Lies" : en plein siège de Troie, Memnon (Larry Herron) tente de concilier son amitié avec Achille (Adam Gold) et sa loyauté envers le Wakanda, qui l'a chargé de récupérer un médaillon en vibranium détenu par Hélène de Troie (Joanna Kalafatis)...

Résultat un peu plus mitigé pour cet épisode, malgré quelques images somptueuses : il faut dire que toute la première partie de l'épisode, qui narre de nouveau le siège de Troie, le Cheval, etc, ne passionne guère pour peu qu'on soit familier avec cette histoire. Le duel entre Memnon et un Achille trahi, par contre, était plus probant, notamment pour la charge émotionnelle du tout.

- 1x03 - "Lost and Found" : dans la Chine des années 1400, après avoir dérobé une statue sacrée de dragon pour en récupérer la langue fabriquée en vibranium, Basha (Jacques Colimon), un War Dog wakandais nonchalant et arrogant, doit faire face à l'Iron Fist (Jona Xiao), qui veut récupérer son bien...

Un épisode plein d'action, avec un duel Iron Fist/Basha, et un côté buddy comedy avec Ebo (Isaac Robinson-Smith), le capitaine incompétent en charge de la sécurité des antiquités récupérées par les War Dogs.

Après, j'ai envie de dire que le côté arrogant et confiant de Basha est un peu agaçant, car symptomatique de la culture wakandaise, et l'écriture est un peu trop moderne (ça parle de cafeteria, ça utilise des tournures de phrase contemporaines) pour totalement convaincre. Mais visuellement, il y a un joli travail de mise en images de l'action.

- 1x04 - "The Last Panther' : en 1896, alors que l'Italie envahit l'Éthiopie, et que le Prince wakandais (Zeke Alton) et son garde du corps (Steve Toussaint), en mission pour retrouver une hache en vibranium, s'interrogent sur une intervention potentielle pour aider le pays, une Panthère noire (Anika Noni Rose) arrive du futur pour tenter de sauver le Wakanda de son isolationniste, qui finira par détruire le pays quand une menace supérieure en nombre et en puissance s'attaquera à lui..

Cette mini-anthologie joue la carte du touéliage pour conclure la saison, un peu comme What If...? en son temps, en compliquant un peu plus ici la manière dont le voyage temporel fonctionne dans le MCU, et en optant pour un ultime montage parallèle alternant 1896 avec un futur lointain, où le Wakanda affronte la Vague d'annihilation Horde.

Pas ultra palpitant, à vrai dire, notamment parce que le combat de la Reine contre les monstres extraterrestres n'a pas vraiment d'enjeux (malgré le caméo du Watcher plus tôt dans l'épisode)... cela dit, la critique implicite du Wakanda en tant que nation isolationniste n'est pas désagréable.

-- Bilan --

Une saison tout à fait regardable, mais qui ne m'a que partiellement convaincu. Il faut dire que la caractérisation globale des Wakandais, leur complexe de supériorité et leur exceptionnalisme sont assez fatigants... notamment parce qu'il n'y a que peu de tension à regarder les aventures de personnages disposant de tous les atouts technologiques modernes, voire futuristes, alors que le reste de l'humanité en est encore à l'Antiquité ou au 15e siècle.

Cela dit, par la même occasion, en montrant que finalement, depuis 2000 ans, le Wakanda n'a pas tant progressé que ça, et disposait déjà de tout son équipement à l'époque, la série souligne à quel point le pays est stagnant, et finalement, il valide son propos final selon lequel le Wakanda ne peut continuer à s'isoler et à se reposer sur ses lauriers, sous peine de s'éteindre.

Ce qui est, peu ou prou, la morale de Civil War et du premier Black Panther. On tourne un peu en rond, donc, et le fait de toutélier toute la saison au personnage de Killmonger (désormais clairement identifié comme un personnage clé et indispensable de l'histoire du Wakanda), renforce encore cette impression de répéter des éléments déjà vus ou entendus.

Heureusement, EOW est visuellement très compétente et techniquement aboutie. C'est toujours ça de pris.

  

 (bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Murderbot : Journal d'un AssaSynth, saison 1 (2025)

Publié le 2 Septembre 2025 par Lurdo dans Comédie, Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, Review, USA, Apple

10 épisodes de 20-30 minutes chapeautés par les frères Weitz (American Pie, Mozart in the Jungle, Pour un garçon, beaucoup de comédies et de comédies romantiques), et adaptant les nouvelles de Martha Wells, pour un résultat un peu passé sous le radar, mais qui a déjà été renouvelé pour une saison 2 par Apple...

Murderbot - Journal d'un AssaSynth, saison 1 (2025) :

Le quotidien de "Murderbot" (Alexander Skarsgard), un androïde de sécurité qui accompagne un groupe de chercheurs incapables, naïfs et très très peace & love (Noma Dumezweni, David Dastmalchian, Sabrina Wu, Akshay Khanna, Tamara Podemski, Tattiawna Jones) sur une planète aux nombreux dangers ; mais ce que les humains ignorent, c'est que Murderbot a réussi à se libérer du joug de la Corporation qui le contrôle, et que, désormais autonome, il méprise cordialement le genre humain, tout en passant le plus clair de son temps absorbé par le visionnage des épisodes de la série The Rise and Fall of Sanctuary Moon...

Une série plutôt légère au programme, donc, avec un Murderbot qui narre l'essentiel de ses états d'âme, de ses observations et de ses réactions en voix off, sur un ton sardonique, un peu comme un Dexter cybernétique, tandis qu'évoluent autour de lui des humains ultra-sensibles, issus d'une communauté hippie, et qui ne sont pas très doués.

La structure de la saison ne révolutionne rien : Murderbot méprise ses "clients", ils ont peur de lui, et progressivement, alors que l'androïde découvre le libre-arbitre et son humanité, les chercheurs s'attachent à lui et font tout pour le sauver quand vient le moment de le faire. À partir de là, tout repose sur les personnages, et les acteurs qui les interprètent.

Là, globalement, pas de souci, les trois points forts de la série sont clairement Skarsgard (impeccable), Dastmalchian (toujours très juste en chercheur méfiant au passé trouble, sorte de miroir humain du Murderbot), et Dumezweni (la leader du groupe, victime de troubles anxieux) : trois acteurs solides pour les personnages les mieux écrits du lots.

Le reste des scientifiques, malheureusement, est bien trop caricatural pour vraiment être aussi efficace qu'il l'aurait fallu : entre les problèmes du throuple, la survivante de l'attaque du ver, ou même le bref passage dans la série d'Anna Konkle dans le rôle d'une rescapée issue d'un autre groupe, tout est souvent trop appuyé, faisant vraiment de ces humains une bande de bras-cassés aux réactions improbablement bêtes (idem pour les antagonistes qui arrivent en fin de saison).

Ajoutez à cela The Rise and Fall of Sanctuary Moon, la série dans la série, une sorte de mauvais soap très Star Trekien clairement tourné dans un esprit parodique (avec Clark Gregg, Jack McBrayer, John Cho, etc... tous avec des looks improbables), et l'on se retrouve avec un Murderbot aux ruptures de ton assez brusques, avec d'un côté un show parodique et très caricatural, et de l'autre, des moments plus sérieux et dramatiques, qui cherchent à dire quelque chose sur la condition humaine, sur l'indépendance, sur le libre-arbitre, etc.

Le contraste est parfois sévère, et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'avec un format différent, ou un ton plus subtil (franchement, les problèmes du throuple lassent rapidement), la série aurait été plus efficace et intéressante.

En l'état, Murderbot est bien interprétée, bien produite, mais aussi relativement anecdotique et prévisible : un peu frustrant, donc, et avec une conclusion qui joue la carte émotion d'une manière qui fonctionne presque... mais qui s'avère un peu affaiblie par le renouvellement de la série pour une nouvelle année. 

À regarder en connaissance de cause, en somme.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sandman, saison 2 (2025)

Publié le 1 Septembre 2025 par Lurdo dans Aventure, Comédie, Drame, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Fantastique, Romance, USA, UK, Netflix, Review

Après les 11 premiers épisodes de sa saison 1, diffusée en 2022 sur Netflix, retour de la série de Neil Gaiman... sans Neil Gaiman, plus ou moins embourbé dans des histoires de frasques sexuelles et désormais mis au ban par le public, les médias et le monde de l'audiovisuel.

Toujours 11 épisodes au programme (+ 1 épisode de conclusion), 11 épisodes divisés en deux parties, axées autour de la relation entre Dream et les autres membres de sa famille - parents, frères et sœurs, enfants - pour un tout qui continue dans la droite lignée de la saison 1...

The Sandman, saison 2 (2025) :

Alors qu'il s'attend à devoir affronter la colère de Lucifer (Gwendoline Christie), Dream (Tom Sturridge) se retrouve en possession des clefs de l'Enfer, avec pour responsabilité de trouver à ce dernier un nouveau responsable. Il part ensuite à la recherche de Destruction (Barry Sloane), son frère perdu, sans savoir que cette quête va le mener à sa propre destruction... et à sa renaissance.

Une saison qui commence en douceur, par un mini-arc sur l'Enfer, avec un Lucifer démissionnaire et un Dream qui se retrouve à devoir décider parmi de multiples candidats (fées, dieux nordiques, forces de l'ordre et du chaos, etc) qui va hériter des clefs de l'Enfer.

Pas désagréable, en soi, malgré une résolution faiblarde, et même si les limites budgétaires se font ressentir, notamment dans le nombre de candidats potentiels à la succession de Lucifer, et dans certains maquillages : globalement, cet arc narratif est surtout là pour mettre en place quelques éléments nécessaires à la suite de la saison - Loki (Freddie Fox) et Puck (Jack Gleeson), transformés ici en petit couple gay, Nuala (Ann Skelly), la fée qui s'attache à Dream - et pour boucler de manière un peu molle la sous-intrigue de Nada (Umulisa Gahiga), la reine des premiers humains envoyée en Enfer par Dream.

La série embraye alors aussitôt sur une autre quête pour Dream : à l'initiative de Delirium (Esmé Creed-Miles), sa sœur (je n'ai pas été très convaincu par la représentation à l'écran de cette dernière, ni par certains choix d'interprétation), il part pour la Terre à la recherche d'un oracle pour trouver son frère Destruction (pas très mémorable non plus).

De quoi ramener Dream à ses obligations de père absent, de le confronter à Orphée, son fils (désormais rien de plus qu'une tête décapitée immortelle), de ramener Johanna Constantine (Jenna Coleman), de placer quelques digressions LGBTQ et de finir la première moitié de la saison sur l'euthanasie d'Orphée par son père.

Ce qui lance la suite et fin du programme (la deuxième partie de la saison), autour de la mort de Dream : en tuant l'un des siens, Dream a commis l'irréparable, et les Furies sont bien décidées à le punir pour ce geste, en envoyant à ses trousses Hippolyte, la mère du seul bébé né dans le Monde des rêves.

Voilà ce qui occupe le plus clair des 5 derniers épisodes de la série : Morpheus déprime, Morpheus fait ses adieux à tout le monde, Morpheus tente de trouver une échappatoire, Morpheus se cherche un remplaçant - le fils d'Hippolyte, rapidement enlevé par Puck et Loki, sur la trace desquels Dream envoie Constantine et un nouveau Corinthien (Boyd Holbrook) plus calme (avec en prime une romance totalement ratée entre ces deux personnages), Morpheus se résigne, Morpheus meurt... et Morpheus revient sous une nouvelle apparence (Jacob Anderson), dans un épisode de funérailles un peu inégal car se voulant très mélodramatique et profond, alors que finalement, bof.

Une fin de saison que vient conclure un épisode unitaire sur la Mort, arrivant comme un cheveu sur la soupe, et uniquement là parce que c'est l'un des récits les plus populaires de la bd.

Alors certes, c'est toujours globalement bien filmé (la série a appris de son erreur en saison 1, et le format de l'image n'est plus étiré verticalement sans raison), assez travaillé visuellement (sauf lorsque le budget impose des raccourcis ou des restrictions flagrantes), la bande originale est toujours très compétente... mais au terme de cette seconde saison, je suis retourné lire mon avis sur la saison 1, et rien n'a changé, si ce n'est un focus accru sur Dream (alors qu'il faisait presque de la figuration, par moments, en s1), plus humanisé (au point de perdre occasionnellement son aura surnaturelle).

En saison 2, l'adaptation est toujours scolaire et appliquée, la structure globale est toujours décousue avec beaucoup trop de personnages secondaires, de digressions inutiles et d'épisodes qui sautent du coq à l'âne, la représentativité est toujours mécanique, Dream passe toujours son temps à être blamé de ses actions par tous ses interlocuteurs, tout ce qui tourne autour de Johanna Constantine est toujours forcé au possible, et il manque toujours trop souvent un certain recul, un second degré british, ce qui donne au final une série se prenant très (trop) souvent au sérieux, comme un gothique cliché des années 80-90, trop torturé et déprimé pour son propre bien...

Après, la série a été bien reçue par la critique et le public, donc je suis clairement dans la minorité, mais bon : à chaque fois que le programme tentait d'être touchant, mélodramatique et triste, je suis resté de marbre.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Twilight of the Gods (2024)

Publié le 31 Août 2025 par Lurdo dans Animation, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Fantastique, Religion, Review, USA, Action

Une saison unique de 8 épisodes de 25-30 minutes pour cette mini-série animée Netflix chapeautée par Zack Snyder, Eric Carrasco et Jay Oliva, et qui s'inspire de la mythologie nordique pour raconter une histoire (forcément) épique, sanglante et mythique...

Twilight of the Gods (2024) :

La vengeance de Sigrid (Sylvia Hoeks), demi-humaine et demi-géante, qui jure de venger les siens massacrés par Thor (Pilou Asbæk) le jour de son mariage au Prince humain Leif (Stuart Martin). Avec le soutien distant de Loki (Paterson Joseph), Sigrid va alors constituer un groupe de guerriers qui n'ont plus rien à perdre, pour aller attaquer Asgard afin de tuer Thor...

Mouais. Je suis assez mitigé (positif) sur cette mini-série, au final. D'un côté, toute la mythologie nordique possède un potentiel souvent laissé inexploité qui n'est inintéressant, et cette mini-série retranscrit assez bien le côté distant et froid de ces dieux nordiques manipulateurs et menteurs ; visuellement, le programme est plutôt réussi (malgré une simplicité de trait qui n'est pas sans évoquer, occasionnellement, un Kim Possible ou le style Cartoon Saloon) ; le rythme est assez bien maîtrisé, le bestiaire varié et intéressant, et l'action est dynamique...

Mais de l'autre, il y a plein de petites scories agaçantes, dont une grosse partie est inhérente à la présence de Zack Snyder à la production. Parce que oui, qui dit Snyder, dit bourrinage (la série vide des hectolitres de sang et de boyaux dans une nonchalance assez typique du bonhomme), ralentis épiques, approche se voulant "badass" et "adulte" mais paraissant plus souvent "edgelord" et immature qu'autre chose (la nudité, les scènes de sexe, certains dialogues, le trouple), pseudo-déconstruction des mythes (même si l'inspiration principale est la mythologie nordique, difficile de ne pas voir ici une volonté d'inverser délibérément la représentation des personnages de Thor et de Loki tels que popularisés par Marvel ces dernières années - Thor devient un gros connard belliqueux et misogyne, Loki est un bouc-émissaire qui manipule, certes, mais uniquement pour protéger sa famille)... et inspirations flagrantes. 

Ici, l'architecture de l'Asgard du MCU, et certains choix graphiques. Ailleurs, certains design familiers parmi les créatures et entités surnaturelles. Ou encore toujours le même schéma narratif de la guerrière traumatisée qui se reconstruit une famille de fortune en recrutant des guerriers aux quatre coins du monde pour aller lutter un méchant patriarchal et sadique... comme dans Rebel Moon.

Le tout bizarrement combiné au cahier des charges de la représentativité à la Netflix, avec une Freja noire, une sorcière transgenre, un barde bisexuel, une héroïne forte défendant la cause des femmes maltraitées, un passage "l'homophobie c'est mal", une guerrière bisexuelle amoureuse de l'héroïne, etc.

Tout cela crée un contraste étrange, pas forcément désagréable dans l'ensemble, mais avec des ruptures de ton et de style qui peuvent décontenancer.

Après, la saison se regarde facilement, malgré quelques effets scénaristiques uniquement là pour choquer le spectateur (certaines morts délibérément gore au possible), une vision prémonitoire d'Odin qui m'a fait pouffer de rire (il voit approcher le Ragnarök... et tombe face à face avec Jésus sur sa croix, symbole du remplacement du paganisme et des dieux nordiques par la chrétienté : un symbolisme éculé, pataud et maladroit, typiquement snyderien, en fait), un bourrinage incessant, et une fin clairement en queue de poisson, qui frustre plus qu'elle ne satisfait.

Snyder fait du Snyder, en somme, mais le reste de son équipe est suffisamment compétent pour que le résultat final s'en sorte assez bien.

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