Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Retour de la série d'action-comédie d'Arnold Schwarzenegger pour Netflix, une série qui-n'est-pas-vraiment-une-suite-de-True-Lies-mais-s'en-inspire beaucoup, et showrunnée par le responsable de Reacher pour Amazon...
FUBAR, saison 2 (2025) :
Alors qu'il est caché dans une maison sécurisée avec sa famille et son équipe, à l'abri de tous ceux qui veulent leur mort, Luke Brunner (Arnold Schwarzenegger) apprend qu'un dangereux terroriste a pour but d'éradiquer 90 % de la population humaine en commençant par détruire le réseau électrique américain. Pour cela, il a requis les services de Greta Nelso (Carrie-Anne Moss), super-espionne et ex-amante de Luke, et de Chips (Guy Burnet), son bras droit...
Et honnêtement, la première saison de FUBAR ne m'avait pas forcément laissé un souvenir impérissable, une sorte de série d'action de network très approximative à l'écriture assez faiblarde, qui n'avait d'intérêt que par sa dimension de fanservice pour fans de Schwarzie, et qui peinait à s'élever au-delà d'une certaine médiocrité inhérente aux séries de Netflix.
Un gros DTV d'action délayé sur huit épisodes d'une heure, en somme... et il en va de même pour cette saison 2. Techniquement, c'est même peut-être pire, puisque le show reprend tous les personnages de la saison 1 (sauf la directrice de la branche régionale de la CIA, remplacée cette saison par ce bon vieux Enrico Colantoni), et leur rajoute de multiples nouveaux personnages, avec en tête Carrie-Anne Moss (en ex-espionne est-allemande autrefois dans une relation torride avec Arnold - sauf que les deux acteurs n'ont pas la moindre alchimie), et Guy Burnet (qui s'est fait un look d'Hans Gruber du pauvre pour incarner un espion rival au lourd passé).
La série se plie donc en quatre pour trouver de la place pour tout ce petit monde (la sous-intrigue du cochon, les moments comic-relief de Baruchel et d'Andy Buckley), et ça donne une saison assez bordélique, qui, autour d'une intrigue de base assez simple - quatre centrale électriques menacées -, part dans tous les sens, envoie ses personnages dans l'espace, dans le sous-marin de James Cameron, tente d'utiliser Schwarzie comme s'il avait 20-30 ans de moins, de créer une romance torride avec CAM, multiplie les clins d'œil à la filmo d'Arnold (la roue de la souffrance m'a arraché un sourire), fait du placement produit bien honteux face caméra (et ce dès le premier épisode de la saison), propose des scènes d'action improbables sans en avoir le budget ni le rythme, etc.
Et pourtant... je n'ai pas détesté. Probablement parce que tout le monde semble s'amuser, et avoir conscience qu'ils ne font pas de l'Art, mais simplement une série d'action et d'espionnage de streaming : ce qui leur permet de s'amuser avec des idées idiotes (les hallucinations dans le sous-marin, le photoshoot du cochon), de ne pas s'embarrasser de subtilités ou de standards d'écriture, et de faire leur truc dans leur coin.
Ce n'est pas bon, c'est bourré de problèmes, c'est trop long pour ce que ça raconte, et les rebondissements du scénario sont absolument tous téléphonés et prévisibles, mais ça reste suffisamment second degré pour être regardable, en arrière-plan, pendant qu'on fait autre chose...
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Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.
Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.
Ironheart, saison 1 (2025) :
Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea Couleé, Sonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...
Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.
Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.
Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.
Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.
Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.
On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.
À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".
À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.
J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.
Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.
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Thunderbolts* (2025) :
Lorsque Valentina De Fontaine (Julia Louis-Dreyfus), directrice de la CIA, fait l'objet d'une enquête du congrès, elle décide de se débarrasser de toute preuve compromettante - y compris des mercenaires qu'elle a utilisés au fil des ans : c'est ainsi que Ylena Belova (Florence Pugh), John Walker (Wyatt Russell), Ava Starr (Hannah John-Kamen) et Antonia Dreykov (Olga Kurylenko) se retrouvent dans un bunker sur le point d'être incinéré, avec pour mission de s'éliminer mutuellement. Mais au grand dam de De Fontaine, ils décident de collaborer, et avec l'aide d'Alexei (David Harbour) et de Bucky Barnes (Sebastian Stan), qui enquête sur De Fontaine, ils s'échappent et tentent de protéger Bob (Lewis Pullman), cobaye des expériences de De Fontaine, et dépressif aux pouvoirs surhumains...
Ultime production Marvel de la phase 5 du MCU (une phase compliquée, mais finalement dans la droite lignée des précédentes, avec des hauts, des bas, et beaucoup de productions moyennes), ce Thunderbolts* est arrivé sans beaucoup d'attentes, et s'est avéré une bonne surprise.
Un ton plus léger que le dernier Captain America, sans toutefois virer à la comédie pure et dure, une distribution attachante et éprouvée (même si Hannah John-Kamen reste un peu à la marge, peinant à s'imposer face aux autres fortes personnalités), une grosse métaphore de la dépression et du désespoir qui donne une touche de noirceur au tout, de l'action explosive, une Julia Louis-Dreyfus qui a enfin de quoi faire à l'écran et un grand final qui, intelligemment, prend les attentes à contre-pied et résoud tout par un câlin collectif, plutôt que par une grosse baston pleine de sfx.
Très agréable, donc, tout ça, même si ça reste imparfait : les effets numériques peuvent parfois être inégaux (lorsque tout le monde attaque Sentry, les doublures numériques sont assez voyantes), le score de Son Lux (un trio de musiciens/compositeurs) est bordélique et peu mémorable, la relation Yelena/Bob renvoie un peu à la relation Nat/Banner...
Mais dans l'ensemble, ça reste un Marvel sympathique, qui conclut la phase 5 sur une note intéressante (et la scène post-crédits sur la fusée des 4 Fantastiques est intrigante).
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Superman (2025) :
Peu de temps après que Superman (David Corenswet) se soit interposé dans un conflit entre deux nations souveraines, Lex Luthor (Nicholas Hoult) révèle au monde que le héros a été envoyé sur Terre pour régner sur la race humaine. Figure désormais controversée, le Kryptonien finit dans une cellule d'une prison interdimensionnelle, dont il doit s'échapper au plus vite...
Nouvelle mouture de Superman après la version grim-dark de Snyder, ce Superman 2025 signé James Gunn se voulait plus lumineux, plus léger et plus fidèle à une certaine version papier du héros, avec notamment l'introduction de personnages inédits sur le grand écran, comme Krypto le chien, Mr Terrific, Hawkgirl ou encore Guy Gardner.
Et sur ce plan, c'est assez réussi : contournant volontairement l'origin story habituelle du personnage, pour débuter directement dans l'action et présenter Kal-El comme un héros reconnu, avec des collègues (le Justice Gang n'est pas désagréable, mais finalement assez anecdotique dans le cadre du film - Mr Terrific excepté), des relations établies, des faits d'armes, une romance avec Lois (Rachel Brosnahan), des robots, etc, permet de ne pas perdre de temps, et d'aller droit au but.
Cela permet aussi à James Gunn de multiplier les sous-intrigues, les éléments excentriques, et de proposer un film ouvertement comic book... quitte à produire un métrage un peu bordélique et qui part dans tous les sens.
En fait, ce Superman est tout à fait sympathique, bien interprété, on ne s'ennuie pas trop (quelques longueurs dans la grosse scène d'action finale), Lex est excellent, mais je ne peux m'empêcher d'avoir quelques réserves.
Quelques réserves sur l'abus d'effets visuels tournoyants autour des doublures numériques des personnages qui s'affrontent ; quelques réserves sur la réalisation de James Gunn, avec des angles et des moments parfois laids, et un rendu/une colorimétrie/une finition très numériques ; quelques réserves sur certaines tirades un peu maladroites, çà et là ; quelques réserves sur tout le passage dans la prison extradimensionnelle et la faille qui en résulte, pas particulièrement passionnants, et débordant d'effets numériques inutiles ; quelques réserves sur le sous-développement de plusieurs personnages secondaires ; quelques réserves sur les robots de Superman, pas aussi drôles ou intéressants que Gunn semble le penser ; quelques réserves sur les pseudo-messages politiques dont le Web s'est aussitôt emparé (alors qu'honnêtement, tout est tellement survolé et sous-développé que ça ne mérite vraiment pas tout ce foin) ; et de grosses, grosses réserves sur la bande originale, produit d'une collaboration entre John Murphy et une poignée de compositeurs et orchestrateurs de Remote Control, le studio de Hans Zimmer.
On se retrouve ainsi avec un score musical bancal, qui intègre à l'arrache une partie du thème de John Williams, et lui inflige le traîtement RCP, à savoir le transforme en quelque chose de bourrin, de décérébré et de synthétique. On est loin de l'adaptation intelligente de John Ottman pour Superman Returns, et l'on se retrouve avec quelque chose de générique et insipide, qu'un critique a décrit, à raison, comme "l'équivalent de ces remixes bourrins et simplistes, en "version épique", qui fleurissent sur YouTube et que de jeunes fans biberonnés au style Hans Zimmer/RCP produisent à partir de logiciels VST d'entrée de gamme".
C'est exactement ça. Mais d'un autre côté, je n'ai jamais attendu grand chose sur ce plan de la part de James Gunn, et je redoutais plus que tout un film juke-box : on est passés de Charybde en Scylla, et c'est bien dommage, mais j'ai du mal à m'indigner.
Reste que toutes ces réserves tirent le produit final vers le bas, ce qui est regrettable. Et pendant que les réseaux sociaux chantent les louanges du film ou le vouent aux gémonies (souvent en fonction de l'âge du spectateur et de son attachement à Zack Snyder), moi, je reste mitigé positif. Un essai pas totalement transformé, en somme.
4.5 - 1 pour le score musical piteux + 0.25 pour Krypto + 0.25 pour Supergirl = 4/6
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Un mariage sans fin (2025) :
À l'occasion d'un mariage au Maroc, Paul (Tarek Boudali), un invité désabusé au comportement étrange, rencontre Louna (Camille Rowe), la sœur de la mariée. Rapidement, cette dernière découvre que Paul est coincé dans une boucle temporelle l'obligeant à revivre sans cesse cette journée, et lorsque Louna se trouve elle aussi prisonnière de ce phénomène, le couple commence à se rapprocher...
Ma première réaction, quand j'ai vu l'affiche et lu le pitch de cette comédie française, en dit long sur la carrière de Tarek Boudali et de ses compères de la bande à Fifi : "ah, tiens, cette fois-ci, ils repompent Palm Springs sans vergogne". Il faut dire que Fifi & ses compères ont longtemps eu l'habitude de s'inspirer largement de comédies étrangères ou de gags existants pour leurs propres productions... mais ici, mea culpa, pour une fois, c'est une adaptation officielle du Palm Springs américain de 2020... dont ce remake n'a malheureusement pas une once du charme ou du capital sympathie.
Ce n'est pas forcément un désastre, la structure de l'original est saine et le concept toujours intéressant, mais entre l'interprétation peu naturelle (c'est toujours un problème récurrent, ça, c'est fréquemment trop récitatif, trop articulé, etc), une alchimie assez moyenne entre le duo principal, Youssef Hajdi en lieu et place de JK Simmons, Boudali qui fait du Boudali et un vrai manque de rythme et de fun, ça tombe un peu à plat.
3/6, en étant gentil.
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La tête dans les étoiles (2023) :
Ali (Hakim Jemili), père incompétent et livreur de repas à scooter, a besoin d'argent, et vite. Pour ce faire, il part pour Baïkonour pour tenter de prendre des photos du prochain vol de l'ESA, qui a pour but d'emmener un réacteur nucléaire à bord de l'ISS. Seul problème : il finit malencontreusement à bord de la fusée, et se réveille à bord de l'ISS, en compagnie de l'équipage de la mission : Johanna (Alice Pol), Zuka (Clovis Cho) et Tom (Mikaël Sladden)...
Mwébof. Une comédie franco-belge diffusée sur Amazon et qui fait illusion pendant une bonne moitié de ses 90 minutes, puis qui prend un tournant plus sérieux et dramatique, jouant sur la corde sensible et la pseudo-tension cousue de fil blanc. Et c'est bien dommage, parce qu'en forçant les traits antipathiques et couards du personnage principal, à mi-parcours, histoire de mettre en place une rédemption inévitable à la fin, le scénario cède à une certaine forme de facilité, et affaiblit d'autant toute l'émotion qu'il tente de construire ensuite. Et puis ce qui n'aide pas, c'est qu'on a parfois l'impression que des scènes entières ont été coupées, notamment dans l'établissement des rapports entre Ali et la journaliste.
Bon, en plus, ça n'est pas crédible un seul instant, mais ça, à la limite, on le comprend très vite, et ce n'est pas gênant.
2.5/6 (pour la bande originale et les effets spéciaux efficaces)
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Fucking Kassovitz (2011) :
Retour sur le fameux making-of d'une heure du long-métrage Babylon AD, de Kassovitz, un making-of longtemps resté controversé car faisant la lumière sur un tournage catastrophique, plombé tant par l'incompétence d'une partie de la production des pays de l'Est que par l'égo surdimensionné de Vin Diesel, et le tempérament de Kassovitz.
Après, on peut le comprendre, ce Kassovitz, que l'on voit maigrir et s'enfouir de plus en plus dans sa doudoune à capuche à mesure que l'ampleur du désastre de ce tournage devient claire : face à des départements artistiques tous à la traine et ne lui proposant rien de ce qu'il avait demandé des semaines plus tôt, victime d'une sécurité défaillante (explosion qui se déclenche trop tôt, projecteurs qui tombent à deux centimètres de la tête d'une membre de l'équipe), confronté aux caprices d'un Baboulinet immature, bloqué par des financiers américains qui lui coupent son budget déjà limité et prennent le contrôle du film, Kasso décroche progressivement.
Et comme il n'a pas un caractère facile, ça coince.
Un documentaire intéressant et, semble-t-il, assez objectif (Mélanie Thierry est là pour exprimer un point de vue relativement neutre, mais sincère), Fucking Kassovitz évoque Lost in la Mancha, et d'autresmaking-ofssimilaires, rappellant à quel point un film, quel qu'il soit, n'est qu'un chateau de cartes en équilibre précaire, et qu'il en faut peu pour que tout s'écroule.
4.5/6
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Things will be different (2024) :
Frère et sœur, Joseph (Adam David Thompson) et Sidney (Riley Dandy) se retrouvent dans un diner perdu après avoir dérobé plusieurs millions de dollars. En fuite et poursuivis par les autorités, ils se réfugient dans une ferme reculée, où les instructions contenues dans un carnet leur permettent d'utiliser un placard "magique" qui les transporte dans une bulle temporelle. Mais rapidement, ils réalisent qu'ils sont pris au piège dans cette ferme hors du temps, et que s'ils veulent s'en sortir, ils vont devoir exécuter les instructions de mystérieux interlocuteurs dont ils ignorent tout.
Long métrage à mi-chemin entre le film de SF et le film policier, réalisé et écrit par un collaborateur de Moorhead et Benson (à la production), ce Things will be different est un gros bordel de boucles temporelles qui se mélangent, de questions laissées en suspens, de paradoxes abscons, etc... qui s'appuient sur une réalisation et une interprétation maîtrisées.
Et c'est ça qui fait toute la force du film : même si le spectateur ne comprend pas forcément tous les tenants et aboutissants du métrage (si tant est que tout soit vraiment logique, cohérent et explicable, à la base - on peut en douter), la relation des deux protagonistes est crédible, touchante et sincère, et elle porte sur ses épaules le scénario et ses défaillances ponctuelles.
Ajoutez à cela une réalisation efficace (les montages du temps qui s'écoule sont notamment très réussis), et l'on se retrouve donc avec un thriller original, intrigant, pas forcément ultra-carré dans son écriture (honnêtement, le film sème tellement d'indices sans forcément leur donner de suite qu'il peut être frustrant, et en rebutera plus d'un), mais très ambitieux. C'est toujours ça de pris.
4/6
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The King of Fighters (2009) :
Dans un monde où un tournoi d'arts martiaux se déroule dans une dimension parallèle accessible via des oreillettes bluetooth, Mai Shiranui (Maggie Q) assiste au vol de trois reliques inestimables par Rugal Bernstein (Ray Park), qui disparaît alors dans la dimension parallèle, avec pour objectif de libérer l'Orochi, une entité maléfique qui lui donnera des pouvoirs immenses. Mais pour y parvenir, Rugal attire les autres combattants dans son monde, afin de les éliminer un à un...
Après Street Fighter, Chun-Li, Mortal Kombat, D.O.A, Tekken... voilà encore une adaptation cinématographique d'un jeu de combat, en l'occurrence King Of Fighters... et là on touche le fond.
C'est bien simple, quasiment rien ne fonctionne ici : le casting est hors-sujet, l'interprétation faiblarde, la réalisation incompétente, le montage désastreux, la chorégraphie des combats est approximative, les effets spéciaux fauchés, et le scénario... aïe.
Bref, malgré quelques visages familiers, c'est vraiment mauvais.
1/6
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Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.
Doctor Who, saison 15 (2025) :
- 15x01 - The Robot Revolution :lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...
Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable.
- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...
Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.
Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.
- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.
Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.
Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.
- 15x04 - Lucky Day :sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.
Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.
C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.
- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...
Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.
Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....
- 15x06 - The Interstellar Song Contest :Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...
Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.
Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).
- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...
Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.
Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.
- 15x08 - The Reality War :Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...
Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.
Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.
- Bilan saisonnier -
Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.
Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.
Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.
C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.
Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.
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