Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
Slanted (2026) :
Fille d'immigrés chinois, Joan (Shirley Chen) rêve depuis toujours d'être reine de sa promotion au lycée. Aussi, lorsque l'indétrônable Olivia (Amelie Zilber) annonce qu'elle se désiste cette année, Joan est prête à tout pour gagner. Y compris à subir une transformation radicale qui va la rendre blonde, caucasienne et ultra-populaire (Mckenna Grace).
Fréquemment comparé à Carrie et à The Substance, Slanted se veut une satire sociale horrifique, avec tout un propos sur l'immigration, l'identité ethnique, l'intégration/immigration, le racisme, et tout et tout... mais très honnêtement, j'ai trouvé le tout plus proche d'un épisode de Fais-moi peur ou autre anthologie jeunesse du même genre, qui aurait pu avoir exactement la même histoire, avec un peu moins de sang, et la même morale.
Au final, c'est un métrage assez superficiel et timide, qui prend largement son temps (la transformation de Chen en Grace n'arrive qu'au bout de 45 minutes, sur 1h40 de film), qui est assez léger sur les effets sanglants, sur la satire, qui manque de subtilité (le changement de format d'image pour symboliser la transformation), d'enjeux et qui, pendant un bon moment, n'est guère plus qu'un Mean Girls en plus anecdotique.
Bof, en somme, malgré de bonnes intentions.
2/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
Stranger Things, saison 5 (2025) :
Malgré sa défaite, la menace Vecna est toujours présente, et face aux actions du Dr Kay (Linda Hamilton), qui a établi un laboratoire de recherche militaire dans l'Upside Down et traque Eleven (Millie Bobby Brown), les habitants d'Hawkins se mobilisent, faisant des sorties dans l'Upside Down pour tenter de retrouver Vecna et de l'éliminer pour de bon...
Ce qui est amusant, quand on est totalement déconnecté des tendances et des réseaux sociaux comme je peux l'être à certaines périodes de l'année, c'est qu'on parvient à se détacher totalement des bad buzzs et autres réactions épidermiques autour de telle ou telle œuvre ou personne.
Ce qui permet d'avoir énormément de recul, comme par exemple avec cette ultime saison de Stranger Things, descendue en flammes par le Web et par les critiques comme si c'était la pire production de tous les temps.
Alors qu'en réalité, c'est une fin de série assez appropriée, à l'image de la série dans son ensemble, bien que très imparfaite et handicapée par un format comme toujours très inutile (trois fournées pour un total de 8 épisodes, à la durée oscillant entre une et deux heures). De quoi, en théorie, donner largement le temps aux frères Duffer et à leurs collègues de boucler toutes les intrigues, de développer tout ce qui doit être développé, et d'éviter de bâcler leur conclusion par manque de temps.
En théorie.
Dans les faits, cette saison de Stranger Things laisse beaucoup d'espace à deux personnages, qui deviennent essentiels et éclipsent un peu les autres : Holly (Nell Fisher), la jeune sœur Wheeler, enlevée par Vecna et qui devient un élément essentiel du retour de Max (Sadie Sink) dans le monde réel ; et Will Byers (Noah Schnapp), qui exploite son lien mental avec Vecna, s'assume (il a droit à un moment coming out plutôt réussi) et qui développe, au fur et à mesure de la saison, des dons psychiques dignes d'Eleven.
Et c'est tant mieux, à vrai dire, car Schnapp s'avère un acteur des plus solides, meilleur que certains de ses compères, notamment Millie Bobby Brown (pas aidée par un personnage en rébellion, qui passe son temps à antagoniser Hopper, et qui sous-joue la plupart de ses scènes).
C'est d'ailleurs probablement l'un des points négatifs récurrents de la saison : tout ce qui tourne autour d'Eleven est assez creux, répétitif (elle veut se battre, Hopper refuse, elle lui désobéit, elle réalise à nouveau qu'elle met tout le monde en danger, elle part...) et pas aidé par le retour de Kali (Linnea Berthelsen), la punkette de la saison 2, qui n'est vraiment là que pour permettre à Eleven de disparaître en fin de saison.
Un personnage-fonction sous-développé vraiment pas nécessaire, comme pas mal d'éléments de la saison : plus le temps passe et plus la série souffre, sans surprises, de sa distribution toujours plus conséquente. Il y a trop de personnages secondaires, ils se retrouvent tous plus ou moins associés en sous-groupes ou binômes souvent aléatoires, ils sont rarement développés comme il le faudrait, et surtout, ils sont tous protégés par une plot armor qui fait qu'ils ne sont jamais vraiment en danger.
Résultat, on a droit à des scènes collectives où chaque personnage a une ou deux répliques, où les scénaristes répètent encore et encore les enjeux de la saison histoire de donner quelque chose à dire à tous les acteurs, et ça devient frustrant. D'autant que la série rajoute de nouveaux personnages à chaque saison, avec ici Holly, qui prend plus de place, mais aussi le Dr Kay (Linda Hamilton), en antagoniste creuse et générique, ou encore le petit Derek (Jake Connelly), bully bedonnant qui se trouve embarqué dans toute cette affaire.
Bref, trop de personnages, pas assez de développement, pour une saison qui joue la carte de l'origin story (on découvre les origines de Vecna et de ses pouvoirs, ainsi que tout ce qui en a découlé - Eleven, etc), qui surexpose un peu son bestiaire (les premiers épisodes sont bourrés de démogorgons, qui disparaissent totalement de la fin de saison), culmine par un rapprochement destructeur de deux mondes (les fans de Marvel seront familiers avec le concept), assez spectaculaire, et par près d'une heure d'épilogue pas forcément nécessaire.
Un épisode de conclusion assez frustrant, donc, un peu boursouflé, à l'image de la saison et de la série dans son intégralité, un peu balourd dans son écriture... mais qui parvient tout de même à sonner juste et à être sincère, çà et là, comme avec cette fin de partie de JDR, un passage de flambeau touchant à une nouvelle génération d'aventuriers.
Dans l'ensemble, Stranger Things aura tout de même souffert de son succès et de la carte blanche accordée par Netflix : le programme est devenu bigger, louder, et aussi dumber, privilégiant le spectaculaire à l'efficacité, et peinant parfois à gérer son budget (ce qui se voit clairement à l'écran, tant le produit fini est visuellement inégal). C'est dommage, mais pas forcément surprenant de la part d'un programme Netflix.
En tout cas, cette saison finale est loin d'être le désastre décrié par beaucoup, même si le fait que j'ai toujours trouvé la série inégale, même dans ses meilleures saisons, doit beaucoup m'aider à relativiser et à raison garder.
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Disclosure Day (2026) :
Présentatrice météo à Kansas City, Margaret (Emily Blunt) est saisie d'une crise inexplicable en direct à la télévision, crise qui lui fait soudain parler dans une langue inconnue. Rapidement, elle comprend alors qu'elle est désormais dotée de pouvoirs de télépathie, et qu'elle n'est pas seule dans cette siruation : elle est contactée par Hugo (Colman Domingo), qui tente d'organiser la fuite de Kellner (Josh O'Connor), informaticien en possession d'archives improbables sur l'existence d'une vie extraterrestre sur Terre...
Le Spielberg le plus récent, et un retour à l'ufologie pour le réalisateur, avec malheureusement un scénario de David Koepp, qui se montre de plus en plus inégal, surtout sur ce sujet (cf le Crâne de Crystal). Au programme, une structure alternée montrant le parcours parallèle de Margaret (une Emily Blunt un peu trop botoxée/collagénée, mais toujours efficace), poursuivie par les autorités, et celui de Kellner (Josh O'Connor, pas très marquant), qui tente de fuir avec ce qu'il a volé.
Le tout pour un thriller qui fait un peu daté, très années 90 et X-files, en fait, un peu longuet pour ce que ça raconte, et paradoxalement un peu mou dans certaines péripéties, alors que le film n'est qu'une grosse course-poursuite. Tout aussi daté, le moment de la révélation internationale de l'existence des aliens : daté sur un plan technique (on sent le film embêté par l'absence de modernité de son écriture, et qui est obligé de rajouter des répliques à droite et à gauche pour tenter de contrer les nouvelles technologies comme le Web, l'IA, etc), et au niveau de ses conséquences et des réactions du grand public.
C'est un film de believer, et ça se sent : Spielberg semble persuadé que la diffusion de telles vidéos sur des chaînes d'info aurait un impact transcendental et immédiat, et que toutes les religions en seraient instantanément bouleversées (quand le personnage de l'ex-nonne t'explique que "nous avons tous été élevés dans la croyance d'un être suprême", blablabla, on sent que le film est très américain à ce niveau). Je suis probablement trop cynique pour adhérer à ce point de vue un peu naïf, pas aidé par le fait que tout ça a, in fine, déjà été traité ailleurs, et qu'en adhérant à ce point aux clichés de l'ufologie (avec des Petits Gris très clichés), le film peine à imposer son identité.
Après, ça reste du Spielberg, donc c'est bien filmé, et certaines séquences ont de l'idée (j'aime bien la notion de l'abduction alien filmée comme un conte de fées enneigé avec des animaux magiques), mais dans l'ensemble, ça reste très moyen, et thématiquement assez vieillot.
3/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
Après une saison 3 qui avait fini par me lasser (symptôme d'une industrie qui n'a de cesse de ressasser toujours les mêmes thèmes et les mêmes problématiques depuis les années 80, persuadée de sa maturité et de sa profondeur), place à la saison 4 de l'adaptation des comics de Kirkman, avec l'un des arcs majeurs d'Invincible : la guerre contre les Viltrumites.
Invincible, saison 4 (2026) :
Encore traumatisé par son affrontement contre Conquest et les événements entourant la Guerre des Invincibles, Mark déprime en silence, mais doit se remettre en selle au plus vite : en effet, une nouvelle guerre se profile à l'horizon, alors que la Coalition des Planètes se prépare à attaquer frontalement l'Empire viltrumite...
Invincible peut dire merci aux Viltrumites : l'arc narratif de la guerre contre l'Empire permet à la série de s'extirper de l'environnement terrien, de partir dans l'espace, d'explorer de nouveaux mondes étranges, de revenir sur le passé des Viltrumites, de Nolan, sur l'épidémie ayant tué son peuple, etc... au point de laisser aux héros terriens un rôle de figuration.
Certes, ils apparaissent principalement en début de saison, lorsque les Flaxans reviennent, et que les poulpes martiens ressurgissent... mais dans l'ensemble, toute la saison repose vraiment sur les Viltrumites et sur Thragg (Lee Pace), le Grand Régent de la race extraterrestre.
Et ce n'est pas plus mal, car le PTSD de Mark et sa perte de contrôle ne sont pas forcément très intéressants. La grossesse de Eve et son avortement décidé unilatéralement (beaucoup plus controversé dans le comic book), idem. Et il faut donc attendre que la Viltrumite War se déclenche réellement, à mi saison, pour que les choses démarrent réellement et prennent de l'ampleur.
Certes, ça reste alors de la baston DBZ sanguinolente, encore et encore, avec toujours un manque d'enjeux réels (puisque tous les héros survivent à tout et revient toujours plus fort ensuite), mais le show s'avère alors réellement spectaculaire et épique (malgré quelques défaillances au niveau de l'animation et du mixage sonore).
Avant cela, cependant, il faut subir l'épisode 4 de la saison, un récit original signé Kirkman lui-même, et qui envoie Invincible en "Enfer" pour aider Damien (le Hellboy/Rorschach du pauvre de l'univers Invincible) et son patron Satan (Bruce Campbell) à se battre contre Volcanikka (Indira Varma). Un épisode parenthèse bourré de heavy metal, mais aussi totalement inutile, voire inintéressant, si ce n'est pour voir Kirkman faire mumuse avec ses jouets.
Un peu comme avec Tech Jacket, en fait : un personnage inutile, uniquement là pour remplir un quota et parce que Kirkman essayait de lancer un spinoff Tech Jacket à l'époque du comic-book. Résultat : Tech Jacket est genderswapped dans la série, et reste partie prenante du conflit contre les Viltrumites, alors que bon, dans l'ensemble, cette parodie de Blue Beetle n'a pas grand intérêt.
Tout ça jusqu'à une trêve imposée dans le dernier épisode, épisode un peu bordélique et décousu, mais qui conclut la saison en laissant une porte ouverte pas inintéressante, et des sous-intrigues en suspens.
Dans l'ensemble, la saison 4 d'Invincible ne m'a pas paru exceptionnelle, mais le fait qu'elle ait un fil conducteur plus dynamique que précédemment l'a rendue plus sympathique et intéressante à mes yeux. Pas sûr que la suite sera du même niveau, cela dit.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
Cinquième et ultime saison pour la série The Boys d'Amazon, après un spin off animé, un spin off annulé, et quatre saisons qui, à mesure que la réalité américaine devenait de plus en plus folle et radicalisée, ont peiné à suivre la cadence, la satire du show devenant assez timide et prévisible face aux agissements des politiciens US.
La série s'essouflait clairement, et il était plus que temps d'y mettre un terme, si possible en beauté... ce que nous garantissait Eric Kripke durant la production du show. Mission (non) accomplie.
The Boys, saison 5 (2026) :
L'équipe de Butcher a enfin mis au point le virus capable de tuer tous les supes, mais lorsque celui-ci échoue à éliminer Soldier Boy (Jensen Ackles), Butcher (Karl Urban) et compagnie comprennent qu'ils ont besoin d'un échantillon du sérum original de Vought. Plus facile à dire qu'à faire, d'autant qu'en face, Homelander (Antony Starr) cherche le même sérum : car il a eu une épiphanie, et a décidé qu'une fois injecté dans ses veines, il sera désormais un Dieu, que les humains doivent vénérer...
Une saison 5 en 10 épisodes d'une heure, qui promettait en effet un final apocalyptique, avec notamment les personnages de Gen V, et qui, au final, a déçu une grande partie d'un public déjà à la limite de sa patience et de sa tolérance pour la satire balourde du show.
Il faut dire que cette satire, déjà pas très fine, a largement été rattrapée et dépassée par la réalité MAGA, outre-Atlantique, au point que la série paraît timorée par rapport aux agissements de Trump.
Donc forcément, quand Homelander crée des camps de prisonniers, envahit les villes sanctuaires, radicalise les USA, se prend pour Jesus, etc, ça fait un peu redondant par rapport à la réalité. Et ça frustre des deux côtés de la barrière : les MAGAs qui n'apprécient guère que l'on se moque de leur président, et en face, les spectateurs normaux qui aimeraient un peu moins de photocopiage du paysage politique US.
D'autant que même à côté de tout ça, la série se bordélise un peu plus, consciente d'approcher de sa fin, et bien décidée à laisser de la place aux personnages préférés des scénaristes. On a ainsi Kimiko qui revient, douée de parole, histoire de développer toute sa romance avec Frenchie (pas forcément une réussite, tout ça, même si l'actrice est impeccable : par moments, le personnage semble avoir totalement changé de personnalité) ; Hughie et Starlight qui se rabibochent, histoire de faire le point sur leur relation ; Mother's Milk qui prend plus de place et d'importance ; Soldier Boy, à la fois là pour régler son histoire de paternité avec Homelander, mais aussi pour teaser le prochain spin-off de la série, et pour permettre à Kripke d'organiser une réunion avec les autres acteurs de Supernatural...
Et il en va de même avec bon nombre de personnages secondaires, qui ont droit à leur conclusion, souvent sanglante. De quoi remplir la saison, qui paradoxalement part dans plein de directement tout en paraissant étrangement statique : autant du côté de Homelander et de Vought, ça reste sympa (mention spéciale à Daveed Diggs, excellent en prêcheur superhéroïque), autant les Boys passent le plus clair de la saison à parler dans des hangars ou des labos ternes, ou à échafauder et à exécuter des plans foireux qui échouent et les renvoient palabrer dans des hangars.
Il y a bien un semblant de propos sur le cynisme de Starlight, la radicalisation de Butcher, etc, mais bon... trop fréquemment, la série donne l'impression de se précipiter et d'être brouillonne, ce qui tue dans l'œuf les tentatives de faire de l'émotion.
Quant aux personnages de Gen V, n'y comptez même pas : ils font de la figuration dans deux scènes et demi, histoire de dire, et n'utilisent jamais leurs pouvoirs (un comble).
Bref, une saison frustrante et déséquilibrée qui se plie en quatre pour tout boucler, mais finit malheureusement par retomber dans une fin semi-larmoyante assez générique, avec montage musical sous forme de happy end, dont les scénaristes se seraient ouvertement moqué dans les premières saisons du show.
Un épisode se démarque, l'épisode 05 et son format histoires courtes consacrées à des personnages secondaires, un épisode dominé par Valorie Curry, impériale, et par le massacre de célébrités à l'occasion de la réunion des anciens de Supernatural... mais dans l'ensemble, si la fin de série de The Boys n'est pas désastreuse, elle reste assez décevante, mollassonne, et paresseuse.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
Adaptation libre du personnage de Ben Reilly/Spider-Man Noir, notamment apparu dans les Spider-verse du studio, cette série Sony/Marvel est la première déclinaison du nouvel univers Spider-Man tel que Sony l'entend, une déclinaison en 8 épisodes de 50 minutes, produits à la fois en noir et blanc et en version colorisée, et diffusés sur Amazon Prime.
Spider-Noir, saison 1 (2026) :
Dans les années 30, bien après la mort de sa compagne et après qu'il ait raccroché le costume de l'Araignée, Ben Reilly (Nicolas Cage), détective privé, tombe sous le charme de Cat Hardy (Li Jun Li), sur laquelle il doit enquêter. Rapidement, il découvre qu'elle est impliquée dans les affaires de Silvermane (Brendan Gleeson), un boss de la pègre new-yorkaise, et qu'elle est indirectement liée à plusieurs criminels doués de pouvoirs surhumains, qu'ils ont obtenus dans les mêmes conditions que les capacités de Ben...
Une série qui a reçu un accueil très enthousiaste de la part de la presse et des spectateurs, et j'aurais aimé pouvoir dire que le produit fini m'a tout autant enthousiasmé... mais je dois bien avouer que le tout m'a paru relativement inégal.
Sur le fond, c'est une relecture What If de Spider-man et de ses antagonistes (Tombstone, Sandman, Megawatt, Black Cat...), avec un Ben Reilly ancien soldat durant la Première guerre mondiale (bizarrement, à l'écran, ça fait plus Seconde guerre mondiale, mais bon), qui a libéré des soldats (dont faisaient partie tous les méchants du show) victimes d'expériences scientifiques allemandes, et qui a été mordu par un homme-araignée mutant.
Outre cette origin story, on a donc le privé désabusé qui cache un secret et qui est toujours meurtri par la mort de sa femme, la femme fatale qui le séduit et le trahit, la pègre (Gleeson semble s'amuser), un intrépide journaliste (Lamorne Morris), une secrétaire effrontée (Karen Rodriguez), etc, le tout pour une série lorgnant délibérément plus sur le pastiche de film noir que sur des aventures superhéroïques.
Une volonté assumée d'Oren Uziel, le showrunner (scénariste de 22 Jump Street, The Cloverfield Paradox, Freaks of Nature et The Lost City), qui cependant ne parvient pas totalement à retranscrire ces intentions à l'écran. La faute à un budget limité (certaines scènes puent le fond vert mal finalisé), à un style visuel qui ne fonctionne qu'à moitié (les cadrages, les éclairages, etc, sont parfois vraiment trop forcés et excentriques pour paraître naturel ou servir d'hommage), à un générique plus proche de Bond que d'un film noir, et à une interprétation inégale (Cage cabotine énormément, ce qui va un temps, et un personnage comme Megawatt est tout simplement horripilant, jamais vraiment convaincant).
Mais passe encore : généralement, le spectateur sait à quoi s'attendre lorsqu'il regarde un film ou une série avec Cage, donc son surjeu, ses excentricités (occasionnellement, il se crispe dans des positions improbables, parce qu'"il est une araignée"), ses imitations... ça peut encore aller.
Le vrai souci de la série est le dosage de tous ses ingrédients : malgré tous les efforts de la production, on ne croit jamais vraiment à la romance de Ben et de Cat, on ne croit jamais vraiment au traumatisme de ce dernier, on ne croit pas vraiment au noir et blanc ou à la colorisation, on ne croit pas vraiment au contraste entre Cage raide et son cascadeur fluide et dynamique en Araignée, bref, il se dégage constamment un sentiment d'artificialité du programme.
Le rythme est parfois trop lent et le budget trop limité pour le bien de la série, et même si l'on parvient ponctuellement à mettre ces éléments parasites de côté, on est rapidement ramené à la réalité par le jeu de Cage, qui au fil de la saison devient de plus en plus caricatural...
Après, ça se regarde, mais très honnêtement, on aurait pu raccourcir le tout à une durée de 90 minutes, et ça aurait été tout aussi pertinent et intéressant, tout en étant plus dynamique. Alors je sais que les critiques ont vraiment apprécié, mais bon... sans détester, je n'ai tout simplement pas totalement adhéré à la proposition, trop approximative à mon goût.
---
Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Supergirl (2026) :
Lorsqu'elle est approchée par Ruthye Marye Knoll (Eve Ridley), en quête de vengeance, Kara (Milly Alcock), en pleine tournée des pubs spatiaux, refuse d'aider la jeune fille. Mais quand Krypto, son chien, est empoisonné par Krem (Matthias Schoenaerts), le brigand que Ruthye veut retrouver, Kara ne rigole plus, et part aux trousses du mercenaire, avec la jeune fille sur les talons... et Lobo (Jason Momoa), le chasseur de primes intergalactique, non loin derrière.
Deuxième grosse production de l'ère James Gunn au sein de DC, Supergirl - réalisé par Craig Gillespie (Fright Night, Moi, Tonya et Cruella - mwébof à tous les niveaux) et écrit par Ana Nogueira (une scénariste dont c'est le premier film, et que Gunn a prise sous son aile sur plusieurs projets DC) - voulait frapper fort, redonner un coup de jeune et une dose de rebellion au personnage de Supergirl aperçu dans le sympathique mais inégal Superman de Gunn.
"She's a mess" semble être le mot d'ordre de cette nouvelle adaptation, qui s'inspire par ailleurs du run de Tom King sur Supergirl - Woman of tomorrow, et enrobe le tout de chansons et d'un rendu très James Gunn, pour le meilleur et pour le pire (niveau musique, notamment, on se retrouve avec des needle drops assez hors sujet, enrobés dans un score générique au possible sans le moindre moment mémorable, donc paglop).
Néanmoins, même si l'on sent très fréquemment son influence à l'écran, je pense que j'aurais probablement préféré avoir James Gunn 100 % aux commandes du film : ça aurait probablement donné quelque chose d'un peu plus franc du collier.
En l'état, ce Supergirl m'a semblé sous-écrit et un peu inabouti sur de nombreux plans : relecture superhéroïque de True Grit mâtinée de Gardiens de la Galaxie et de Mad Max, ce Supergirl peine à imposer son identité à l'écran, et ce souci vient directement de la direction artistique ET de l'écriture.
Milly Alcock est très bien dans le rôle principal, pas de souci, mais autour d'elle, c'est assez insipide : les pirates sklariennes qui dérobent de la technologie dans le bus, les méchants Brigands piercés et qui kidnappent des femmes pour les réduire en esclavave (on sent qu'il y avait là un propos un peu plus féministe et affirmé, qui a disparu en cours de route, tant cet élément n'apporte rien au récit), le big bad que les héroïnes passent tout le film à courser, et même les aliens, tout semble dérivatif, assez générique, et rarement mis en valeur par la photographie qui ne connaît que deux modes - boueuse et terne, ou néons et éclairages façon synth-wave.
Le film semble manquer d'ambition visuelle, ne pas savoir comment mettre en valeur une partie de ses éléments (Lobo, notamment, fait vraiment pièce rapportée dans le script, mais aussi à l'image, avec ce Momoa engoncé dans un muscle suit peu flatteur, sur une moto de l'espace qui fait toc), et donc, souffre d'un scénario assez cousu de fil blanc, parsemé de flashbacks pas forcément utiles sur Argos et sur Clark qui donne des conseils à Kara à son arrivée sur Terre.
Je suis embêté, parce que je n'ai pas forcément détesté le film, mais il est tout de même très passable. Milly est très bien dans le rôle-titre, le personnage est désormais intégré naturellement à l'univers, et ses futures apparitions devraient être plus enjouées, mais en l'état, bof.
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Pour célébrer la Fête nationale, comme tous les ans, place au cinéma et à la comédie française, avec des critiques cinématographiques tous les deux jours, jusque mi-juillet...##
Le grand déplacement (2025) :
Suite à la redécouverte d'une source énergétique oubliée, l'Afrique est sur le point de conquérir les étoiles, et prépare, en secret, une mission jusqu'à la planète Nardal, une planète habitable qui pourrait bien sauver l'humanité. Mais le voyage va être long, la concurrence avec les Américains est rude, et Pierre Blé (Jean-Pascal Zadi), pilote français, est assez gaffeur et incompétent...
Mwébof.
C'est dommage, en découvrant le pitch de cette conquête spatiale parodique à la sauce africaine, écrite et réalisée par Zadi, je partais plutôt enthousiaste.
Et puis, après une mise en place sympatoche, sans plus, non sans maladresses (les échanges sur l'esclavage, etc, arrivent comme un cheveu sur la soupe), mais avec suffisamment d'éléments rigolos (Judor en r2-d2 cassant), la deuxième moitié du métrage tourne à vide une fois que le lancement a eu lieu : ça récite souvent son texte, ça se veut un peu trop sérieux et dramatique pour son propre bien, tout l'humour noir et politique est assez mal amené, et si les images spatiales sont jolies, ça n'est tout simplement pas bien rythmé ou ni maîtrisé.
Ponctuellement amusant, mais ça s'arrête là. Dommage.
2/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Projet Dernière chance (Project Hail Mary - 2026) :
Dans un futur proche, le Soleil se meurt, lentement mais sûrement dévoré, comme d'autres étoiles, par une forme de vie microscopique inconnue. Pour tenter de trouver une solution et sauver la Terre, le Projet Hail Mary est mis en chantier, afin d'envoyer un vaisseau spatial à l'autre bout de la galaxie, et d'essayer de comprendre pourquoi un seul astre semble échapper à ce phénomène qui se propage d'étoile en étoile. En 2032, lorsqu'il est réveillé par les systèmes du vaisseau, Ryland Grace (Ryan Gosling), ancien biologiste et instituteur, découvre que le reste de l'équipage est décédé pendant le voyage. Partiellement amnésique, il tente alors de survivre et d'accomplir sa mission... ce qui va se compliquer lorsqu'à destination, il rencontre une forme de vie extraterrestre, surnommée Rocky, envoyée par son peuple pour tenter de trouver une solution au même problème.
Après un certain temps passé plus en retrait, à des postes de producteurs sur de nombreux longs-métrages, Lord et Miller repassent devant la caméra, avec Drew Goddard (un ancien de chez Whedon et Abrams) à l'écriture, pour une adaptation d'un roman de l'auteur de The Martian... et sans surprise, ça donne un résultat assez enjoué et déconneur, plus en tout cas que ce que l'on aurait pu attendre sur la base d'un tel postulat aux enjeux dramatiques.
On accroche ou pas au ton assez léger, donc, avec un Ryan Gosling pas très doué, astronaute malgré lui, une structure en flashbacks à mesure que Grace retrouve ses souvenirs, et un récit qui devient une buddy comedy lorsque Rocky entre en jeu, alors que Rylad doit apprendre à communiquer et faire équipe avec l'alien rocheux.
Assez casse-gueule, mais globalement, j'ai plutôt apprécié le tout, je dois dire. Certes, narrativement, c'est parfois un peu cousu de fil blanc, et pas forcément très plausible, mais les effets numériques et pratiques et l'interprétation sarcastique-mais-pas-trop de Gosling font que l'on croit à cette amitié improbable, et au résultat de cette mission suicide.
Tout au plus mettrais-je un bémol sur l'illustration musicale, parfois un peu envahissante, et sur des effets de style et de réalisation pas forcément utiles, mais bon : dans l'ensemble, Project Hail Mary est plutôt maîtrisé et compétent, et même si ça s'essouffle un peu sur la fin, ça tient assez bien la distance.
4.25/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de trois critiques par semaine...##
Star Wars - The Mandalorian and Grogu (2026) :
Mandaté par la Nouvelle-République, Din Djarin (Pedro Pascal) et son protégé Grogu tentent de retrouver le mystérieux seigneur de guerre impérial Janu Coin (Jonny Coyne), mais pour cela, le Mandalorien doit négocier avec les jumeaux Hutt et leur syndicat, qui les envoient sur Shakari, où leur neveu, Rotta (Jeremy Allen White), est maintenu prisonnier, se battant en tant que gladiateur dans les arènes appartenant à Coin...
Non, ce n'est pas le film attendu et promis par Filoni depuis des années, supposé réunir tous les personnages des séries Star Wars live-action (du Mandalorien à Ahsoka, etc). Et oui, la campagne promo timorée de ce métrage-ci, avec ses bandes-annonces qui ne montraient rien de particulièrement inédit ou enthousiasmant, ne laissait pas beaucoup de possibilités : soit Filoni et Favreau gardaient la moitié du film dans l'ombre, pour révéler des surprises de taille, soit ce Mandalorien et Grogu n'était rien de plus que trois ou quatre épisodes de la série mis bout à bout et diffusés au cinéma au lieu de Disney +.
Difficile, donc, de s'indigner devant le produit fini, une compilation assez mécanique de péripéties jamais totalement palpitantes, rythmées par des interruptions narratives/fins d'épisode toutes les demi-heures, et qui sont clairement du fanservice par un fanboy pour les fanboys : plus que jamais, Filoni écrit pour se faire plaisir, ressort ses vieilles obsessions (heureusement, on échappe aux rites mandaloriens, et c'est tant mieux), ressort ses références obscures, ses personnages animés de Rebels, Clone Wars et autres, rejoue le best-of de George Lucas (une planète enneigée avec des AT-AT, un affrontement dans l'arène, un combat contre un monstre dans un puits chez les Hutts, un trench run 2.0 où des X-wings esquivent des tourelles et bombardent une cible, avec compte à rebours, etc), demande à Ludwig Göransson d'éviter John Williams et de décliner le thème principal du Mandalorien à toutes les sauces, et semble persuadé que c'est suffisant pour composer un long-métrage indépendant.
Ce n'est pas vraiment le cas, et très fréquemment, devant l'absence d'enjeux ou de développements importants de ce métrage, on en vient à se dire que Disney a tenté de renflouer les caisses en recyclant des épisodes déjà écrits d'une nouvelle saison du Mandalorian, ou que le studio a simplement décidé de rentabiliser au maximum ce qui était à la base conçu pour être un téléfilm en streaming.
Mais tout n'est pas négatif : les effets numériques sont globalement efficaces (même si, soyons clairs, les Hutts numériques ne fonctionneront jamais vraiment, notamment lors des déplacements et combats), on n'a pas trop le temps de s'ennuyer malgré un gros gros épisode passage contemplatif quand Grogu doit soigner Mando, et si tout reste vraiment cousu de fil blanc, ça se regarde effectivement facilement, à défaut de passionner.
Bref, pour un retour de la franchise sur le grand-écran, c'est faiblard et ça ne m'a pas vraiment convaincu (un peu comme la saison 3 de la série, en fait), malgré quelques moments mignons/spectaculaires/inspirés.
Un petit 3/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...