Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

science fiction

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dune : Prophecy, saison 1 (2024)

Publié le 15 Avril 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, Drame, Thriller, USA, HBO, Critiques éclair, Fantastique

Six épisodes de 60-80 minutes au programme de cette série prestigieuse HBO Max adaptée d'un roman du fils Herbert et de Kevin J. Anderson, et qui sert de préquelle aux films Dune de Denis Villeneuve...

Dune : Prophecy, saison 1 (2024) :

10 000 ans avant l'ascension de Paul Atreides, deux sœurs Harkonnen, Valya (Emily Watson) et Tula (Olivia Williams) prennent la tête de la Sororité (qui deviendra l'ordre du Bene-Gesserit), et décident de la modeler à leur image, influençant ainsi les Maisons de l'Empire et la famille même de l'Empereur (Mark Strong) pour parvenir à leurs fins...

Et tout de suite, abordons le problème qui fâche : oui, Dune : Prophecy (initialement Dune : Sisterhood) a été mis en chantier en 2019, et était initialement supposé être écrit par Jon Spaihts, développé en parallèle du premier métrage de Villeneuve. Sauf que rapidement, le projet s'est compliquée, des critiques ont fusé sur l'absence de femmes à la production... et le tout a abouti entre les mains de la showrunneuse de la saison 2 d'Altered Carbon.

Ce qui, forcément, n'augurait pas forcément du meilleur, sans même mentionner le recours une équipe créative composée mécaniquement de binomes homme/femme à chaque épisode, histoire d'éviter toute accusation potentielle de sexisme... Et donc, on se retrouve avec une première saison un peu bancale de Dune Prophecy, une série qui tente très fort de singer le Dune de Villeneuve, son esthétique, sa direction artistique, sa manière de filmer, son côté nébuleux et épique, etc... mais n'y parvient pas vraiment.

Le souci, en fait, c'est que Dune Prophecy tente de concilier l'influence inévitable des long-métrages avec une approche prestige tv coulée dans le moule de House of the Dragon : des jeux de pouvoirs, des complots, des manipulations à tous les étages, des visions prophétiques, une famille impériale en péril... et surtout, des personnages que les scénaristes veulent ambigus... au point d'en être contreproductifs.

Difficile en effet de se passionner pour ce que l'on nous présente à l'écran - les proto-Bene Gesserit dirigées par deux sœurs Harkonnen revanchardes, les jeux de pouvoir à la cour de l'Empereur, l'histoire d'amour impossible entre la Princesse et un Atreides, etc - quand l'immense majorité des personnages peine à créer l'empathie du spectateur, voire même lorsqu'ils sont antipathiques au possible.

Ce n'est pas la faute des acteurs, pour la plupart excellents et/ou sous-exploités (Mark Strong n'est pas forcément gâté par son rôle d'empereur manipulé par tout le monde, mais c'est un peu le cas de tous les personnages masculins, qui passent au second plan) : ils font avec ce qu'on leur donne, même s'il faut bien avouer que Travis Fimmel semble jouer la moitié de ses scènes en mode Jack Sparrow illuminé, ce qui n'est pas forcément un choix très probant.

Non, ce qui ne fonctionne pas dans cette écriture, c'est qu'elle tente très fort d'humaniser les Harkonnen sans y parvenir, et qu'elle est handicapée, dès le début, par un postulat de départ qui ne convainc pas, à savoir l'époque qui sert de cadre au programme. La série se déroule moins d'une centaine d'années après une guerre contre les machines... et plus de 10000 ans avant les éléments des films.

10000 ans. Pendant lesquels tout cet univers est visiblement restée stagnant, tant dans sa mode, sa technologie, l'organisation et la structure de la société, les traditions, etc, etc, etc... et durant lesquelles tout continue de tourner autour des Harkonnen et des Atreides.

On touche là au problème des préquelles placées dans un lointain passé, histoire d'éviter de parasiter les événements de la franchise principale : trop souvent, les scénaristes sont tiraillés entre le désir de faire quelque chose de radicalement différent, et le besoin de renvois constants aux personnages et événements établis... ce qui finit par sonner faux, par donner un toutéliage creux, et par frustrer.

Ici, outre le cadre temporel et les personnages, il y a aussi des problèmes de rythme, des problèmes d'ambition (difficile de rendre plausibles les manigances supposément ultra-complexes des Sœurs lorsque le spectateur a constamment trois longueurs d'avance sur les rebondissements du scénario, et lorsque les personnages ne semblent pas forcément très intelligents ou rusés), de la nudité gratuite (très peu, mais suffisamment pour remplir le quota contractuel), un générique assez quelconque, des flashbacks à rallonge un peu redondants...

Bref, si Dune Prophecy est relativement bien filmée, et si le budget important permet de rendre le tout crédible à l'écran, il n'empêche que la série donne l'impression d'avoir les yeux plus gros que le ventre, ou plutôt d'avoir des ambitions démesurées (= tenir la comparaison avec les films Dune et présenter un récit au point de vue farouchement féminin) sans en avoir forcément les moyens (ou le talent).

Résultat : je n'ai pas accroché plus que ça, je me suis lassé en cours de route, j'ai eu du mal à finir (il faut dire que le dernier épisode, de plus de 80 minutes et qui finit en laissant plein de choses en suspens pour la saison 2, est assez brinquebalant), et à en juger par l'accueil tiède de nombreux critiques, pas sûr que le programme aille beaucoup plus loin que la saison 2.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires
Publicité

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Batman, le justicier masqué, saison 1 (2024)

Publié le 14 Avril 2025 par Lurdo dans Action, Animation, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, DC, Amazon, Review, Thriller, Fantastique, Jeunesse, Télévision

Dix épisodes de 20-25 minutes pour cette suite spirituelle à la série animée Batman des années 90 : chapeautée par Bruce Timm en personne, produite par JJ Abrams et Matt Reeves, et ayant recours à des scénaristes de comics, Caped Crusader se déroule intégralement dans les années 30-40, avec un Batman proche de son incarnation originale, et une réinvention de l'univers de Gotham, pour un résultat délibérément très rétro et film noir...

Batman, le justicier masqué, saison 1 (Batman : Caped Crusader, season 1 - 2024) :

À Gotham, une poignée d'hommes de loi tente de fire respecter la Loi et l'ordre, dans une ville où règne la corruption et le crime. Heureusement, le Batman, un justicier nocturne, aide la police en s'opposant aux criminels les plus extrèmes et déséquilibrés...

Dans l'ensemble, une saison 1 plutôt réussie, même si non dénuée de problèmes et de scories. Ce n'était pas gagné, puisque passer après Batman TAS, avec un trait aussi proche, une identité aussi marquée, et une réputation aussi massive, c'était assez risqué.

Mais cette nouvelle série fonctionne assez bien, même si, pour être très honnête, elle n'échappe pas aux impératifs de l'époque (notamment en matière de diversité à l'Américaine) et à quelques réinventions totalement inutiles.

Tout au long de la saison, Caped Crusader propose ainsi une sorte de quasi-Year Two du personnage de Batman : il est récemment établi, mais rencontre toujours certains de ses alliés et ennemis pour la première fois (Catwoman, Clayface, Harvey), et sa relation avec Alfred est plus distante, évoluant au fil du temps. De manière générale, d'ailleurs, Batman est ici plus froid et calculateur, obsédé par sa mission. 

L'occasion pour Timm et compagnie de réinventer certaines des figures incontournables de l'univers Batman : si Bruce reste égal à lui-même (pas convaincu par la grosse voix forcée adoptée par Hamish Linklater en Batman), Gordon et sa fille deviennent afro-américains, Barbara (toujours rousse) devenant avocate commise d'office, Harleen Quinzel devient asiatique et l'une des amies de Barbara, Montoya devient quasi-plus size et a un début de romance avec Harley, Alfred est lui-aussi rondouillard, le Pingouin devient une chanteuse de cabaret qui n'hésite pas à éliminer ses enfants adultes lorsque ceux-ci la trahissent, etc...

Plein de petits changements qui, pour la plupart, fleurent bon le résultat d'un cahier des charges imposé (honnêtement, tout le côté diversité n'apporte absolument rien aux personnages... ni ne leur enlève quoi que ce soit, donc à quoi bon) et sont assez anecdotiques.

Là où la série surprend, par contre, c'est dans le rôle de Batman, qui passe très souvent au second plan, laissant la place aux enquêtes de Gordon, de Montoya, de Barbara ; qui parait fréquemment dépassé par les événements, ou avoir besoin d'aide pour affronter les méchants, etc.

En faisant passer son Batman en retrait, Timm & co changent totalement la dynamique du programme, installant notamment une sous-intrigue de fond sur la corruption de la police, et sur Harvey Dent, assez antipathique, mais dont la transformation en Two-Face a ainsi plus de poids dramatique en toute fin de saison.

Mais pour arriver là, il faut passer par des épisodes plus ou moins inégaux : le Pingouin est anecdotique, mais la relecture de Clayface fonctionne bien ; l'adaptation de Catwoman est assez classique, mais efficace, à contrario de deux épisodes hors-sujet qui opposent Batman à un fantôme issu de la Révolution américaine, puis à Nocturna la vampirette fringuée comme Mercredi Addams ; la nouvelle Harley, qui a à peine le temps de s'installer qu'elle devient aussitôt une antagoniste, est plus une tweener qu'une véritable méchante, ce qui participe de la réhabilitation du personnage à la mode chez DC...

Le show, qui fait pourtant tout son possible pour imposer son ambiance rétro/noir (allant jusqu'à imposer un grain artificiel à l'image), finit par souffler malgré tout le chaud et le froid sur certains plans.

D'autant que d'un point de vue technique, c'est là aussi inégal : l'animation est assez raide (notamment les déplacements et les combats de Batman) avec en particulier quelques problèmes dès que les personnages tournent la tête, et des proportions aléatoires (Montoya semble parfois étirée en largeur dans certains épisodes, comme si elle avait été dessinée avec une silhouette normale, et que le côté plus-size avait été rajouté tardivement dans la production) ; il manque un vrai thème musical fort ; le doublage de Linklater est polarisant, comme je l'ai dit plus haut ; et les scénaristes ont fait le choix d'éliminer certains des méchants de manière définitive au terme de leur arc narratif - pour Firebug, ce n'est pas très grave, mais pour Dent, ça laisse plus dubitatif.

Cela dit, j'ai été agréablement surpris par le programme, alors que je ne m'attendais qu'à une redite des greatest hits de Bruce Timm : en l'état, c'est imparfait, mais le ton plus "réaliste" et noir est agréable et intéressant, et je suis curieux de voir la suite, quand bien même le tout se termine par l'annonce (précoce, amha) de l'arrivée du Joker...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires

Critique éclair #133 - Jules (2023)

Publié le 9 Avril 2025 par Lurdo dans Comédie, Drame, Critiques éclair, Cinéma, Science Fiction, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ## 

Jules (2023) :

Vieil homme commençant à exhiber les premiers signes d'Alzheimer, Milton (Ben Kingsley) vit seul, surveillé à distance par sa fille Denise (Zoë Winters). Jusqu'au jour où une soucoupe volante s'écrase dans son jardin, avec à son bord un alien muet et blessé (Jade Quon). Avec l'aide de Joyce (Jane Curtin) et Sandy (Harriet Sansom Harris), deux connaissances de son âge, Milton va prendre l'alien sous son aile, et l'aider à réparer son vaisseau...

Une jolie comédie indépendante de science-fiction sur la vieillesse, la maladie, la solitude et le besoin d'autonomie, réalisée avec subtilité et mesure par le producteur de Little Miss Sunshine, entre autres.

C'est simple, sentimental et poétique, très bien interprété, et ça fonctionne, tout simplement, en tant que film indépendant discret mais efficace, avec ce que ça comporte de points forts et de points faibles.

4.25/6  

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

commentaires

Critique éclair #130 - Long Distance (2024)

Publié le 2 Avril 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Science Fiction, Romance, Review, USA, Thriller, Horreur, Amazon

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Long Distance (aka Distant - 2024) :

Dans un futur lointain, arraché à son caisson de cryogénisation par une collision ayant provoqué le crash de son vaisseau minier et de ses nombreux passagers, Andy (Anthony Ramos) se retrouve seul sur une planète inconnue, avec une réserve d'oxygène très limitée. Il commence alors à chercher d'autres survivants, et est contactée par Naomi (Naomi Scott), blessée dans son pod de secours. Malgré les dangers qui l'entourent et les remontrances de Leonard (Zachary Quinto), l'IA de sa combinaison, Andy se met alors en route pour tenter de retrouver Naomi avant qu'il ne soit trop tard...

Aux commandes, deux réalisateurs de comédie (Blades of Glory, Joyeux Bordel !, la série Hit-Monkey) et un scénariste assez médiocre (responsable d'Extinction, de Moonfall et d'Expendables 4), pour un film de survie/sf bourré de petits défauts (qui expliquent probablement le fait que le film soit resté en development hell depuis son tournage en Islande en 2020), mais qui se regarde tout de même assez bien, grâce à un ton relativement léger et décalé, et une mise en images réussie.

Dommage que l'écriture ne suive pas forcément : pendant la première heure, on est en mode survie, avec un ton semi-sérieux, un Andy qui se dispute constamment avec l'IA de sa combinaison, et qui finit par contacter Naomi, une Naomi à la caractérisation un peu agaçante, mais qu'il retrouve après avoir été traqué par des monstres sanguinaires : le film passe alors en mode film de monstres, avec des monstres qui poursuivent le duo relié par un tuyau d'oxygène : une dynamique intéressante, mais sous-exploitée, et qui est rapidement remplacée par l'exploration de l'épave du vaisseau minier, et un passage en mode film de couloirs, avec en pointillé, deux protagonistes qui se rapprochent, pour un embryon de romance.

Et tout ça est plutôt sympathique, honnêtement... même s'il faut vraiment fermer les yeux sur de gros problèmes au niveau de la plausibilité scientifique et des réactions des personnages, avec un scénario qui se contredit lui-même fréquemment sur ces plans-là et qui a de beaux problèmes de logique interne.

Mais contre toute attente, malgré des défauts évidents, et des inspirations guère dissimulées, le tout reste néanmoins intéressant, avec des effets spéciaux convaincants, des acteurs sympathiques, et des bestioles agressives. J'ai vu bien pire (en l'occurrence, l'immense majorité des productions des plateformes de streaming).

3.75/6 (mais la tagline de l'affiche anglaise "Right girl, wrong world", est totalement hors-sujet)

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

commentaires

Les bilans de Lurdo - Star Trek : Section 31 (2025)

Publié le 29 Mars 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, Science Fiction, Star Trek, Télévision, USA, Thriller, Discovery

Non, je n'ai pas rangé la critique de ce téléfilm Star Trek : Section 31, diffusé à l'arrache en janvier, dans la rubrique Cinéma, et pour cause : avec tout juste 90 minutes au compteur, Section 31 n'est pas un film à proprement parler, mais clairement un patchwork de plusieurs épisodes de la série Section 31, telle qu'elle était initialement conçue. Une sorte de gros pilote en trois parties, qui ne mérite honnêtement pas l'appelation "Star Trek"...

Star Trek - Section 31 (2025) :

Avec son équipe, composée de Quasi (Sam Richardson), un métamorphe, de Fuzz (Sven Ruygrok), un organisme microscopique pilotant un corps mécanique aux apparences de Vulcain, de Zeph (Robert Kazinsky) et son exosquelette robotique, de Melle (Humberly Gonzalez), une Deltane, et de Rachel Garrett (Kacey Rohl), représentante de Starfleet, Alok (Omari Hardwick), un Augment travaillant pour la Section 31, vient trouver Philippa Giorgiou (Michelle Yeoh) pour lui demander son assistance : une arme cataclysmique est sur le point d'être vendue dans le secteur, et la Section 31 veut arrêter la transaction... d'autant que l'arme est directement liée au passé de Giorgiou dans l'univers miroir.

Six années se sont écoulées depuis l'annonce très prématurée de ce spin-off, alors prévu pour être une série tv avec un Michelle Yeoh qui n'avait pas encore connu la renaissance de sa carrière. Depuis, elle a eu un Oscar, Discovery est terminée, et le "boom" du streaming s'est bien calmé (traduction : Paramount ne veut plus investir autant d'argent qu'avant dans de nouveaux projets).

On se retrouve donc avec ce téléfilm bâtard, au budget plus limité, qui semble compiler vaguement trois épisodes (ou un pilote et une conclusion hâtivement bricolée), et qui est pleinement suffisant pour comprendre que le projet Section 31 était une mauvaise idée.

Et ce, sans même s'attarder sur la fascination que semblent ressentir Kurtzman et son équipe pour le concept même de la Section 31 : il faut dire qu'il est probablement plus simple de développer des projets et des idées pour un groupe de barbouzes des services secrets sans foi ni loi, à mi chemin entre la Suicide Squad, Mission Impossible et les Gardiens de la Galaxie, plutôt que de s'efforcer de faire du Star Trek pur et dur.

Encore que : si c'était si simple, je pense que ce Section 31 ne serait pas aussi... mauvais.

Visuellement, c'est clinquant, vulgaire, laid, et la réalisation d'Olatunde Osunsanmi (monsieur "plans tournoyants" sur Discovery) est au mieux quelconque ; musicalement, c'est insipide, avec des chansons nazes dans le nightclub tenu par Giorgiou et un rappel du thème de Star Trek, vers la fin du métrage, qui est tout sauf mérité ; conceptuellement, c'est creux, faussement edgy, avec des dialogues trop contemporains pour être crédibles ("you're a bad bitch"), et une équipe créative qui fait tout pour que ses personnages soient badass et ultracools... en vain.

Quand au scénario, c'est générique au possible : comme précédemment, les scénaristes tentent d'humaniser Giorgiou, en lui donnant une histoire d'amour impossible, mais ça revient à tenter d'humaniser Hitler en expliquant qu'il est devenu ainsi parce qu'il a eu le cœur brisé dans sa jeunesse - ça ne fonctionne pas.

Et puis l'on sent que le brainstorming, lors de la création des personnages, a été des plus... approximatifs : une impératrice sarcastique et cannibale, un métamorphe balbutiant, une Deltane sexy pour séduire les méchants, un cyborg à grande gueule (dont on se demande s'il n'a pas été conçu comme un ancien Borg, tant il y ressemble visuelllement), un Vulcain peroxydé ultra-excentrique et émotif à l'accent irlandais (qui rit comme le Joker), un Augment traumatisé, et pour vaguement lier le tout à Star Trek, une future capitaine de l'Entreprise. On se demande même si, pour créer tout ça, les scénaristes n'ont tout simplement pas lancé des fléchettes sur un tableau couvert d'idées aléatoires.

Quoiqu'il en soit, cette Section 31 prend l'eau de partout, s'avérant assez symptomatique de l'approche Kurtzman de la franchise : il faut que ça pête, il faut que ça soit cool, il faut que ce soit sexy, bref, il faut que ça plaise aux jeunes, ou du moins, que ça accroche l'œil des utilisateurs des plateformes de streaming. Et c'est à peu près tout.

Ça n'a pas grand chose à voir avec Star Trek (d'ailleurs, hormis les noms des races et les quelques notes du thème à la fin, le tout semble se dérouler dans un autre univers), c'est générique et, qualitativement, c'est médiocre, au mieux.

À oublier très vite.

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires
Publicité

Les bilans de Lurdo - Star Wars : Skeleton Crew, saison 1 (2024)

Publié le 16 Mars 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Disney, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Star Wars, Télévision, Review, USA, Science Fiction, Jeunesse

Les critiques et le Web ont tranché : à part Andor (que je trouve toujours relativement surestimée, une série d'espionnage et de résistance très classique, sur un personnage insipide, le tout avec une skin Star Wars) et peut-être les deux premières saisons du Mandalorien, Skeleton Crew serait la meilleure production Star Wars depuis la trilogie originelle.

Un refrain que l'on commence à connaître par cœur et qui ne veut plus rien dire, mais qui intrigue. D'autant que Skeleton Crew, écrite et produite par Jon Watts (les Spider-Man de Marvel) se présente ouvertement comme une production ultra-nostalgique, un film d'aventure jeunesse Amblin façon Goonies avec une skin Star Wars : pas forcément une œuvre particulièrement révolutionnaire, sur le papier. Mais peut-être qu'au terme des huit épisodes de 25-50 minutes de la série, mon opinion va changer...

Star Wars - Skeleton Crew, saison 1 (2024) :

Cinq ans après la chute de l'Empire galactique, quatre enfants d'une planète reculée et cachée découvrent, enfoui sous terre, l'épave d'un vaisseau inconnu, qui se réactive et les emmène dans une folle course au trésor à l'autre bout de la galaxie. Wim (Ravi Cabot-Conyers), Fern (Ryan Kiera Armstrong), KB (Kyriana Kratter) et Neel (Robert Timothy Smith) vont alors faire la connaissance de Jod (Jude Law), un pirate de l'espace aux mystérieux pouvoirs...

Et dans l'ensemble, c'est tout à fait regardable, je dois dire. Particulièrement référentiel, régressif et nostalgique, au point d'en être un temps particulièrement agaçant - tout y passe : outre la franchise Star Wars (y compris les téléfilms des Ewoks et le Holiday Special), Skeleton Crew repompe à droite et à gauche, dans les Goonies, Explorers, Pirates des Caraïbes, Peter Pan, L'île au trésor/la Planète au trésor, Le Vol du Navigator, Indiana Jones, voire même le récent Star Trek Prodigy -, Skeleton Crew prend progressivement de la vitesse, porté par un Jude Law impeccable en ex-Padawan devenu pirate manipulateur, et finit par être même assez spectaculaire.

Il faut dire que visuellement, ça tient vraiment bien la route, probablement mieux que bon nombre d'autres productions Disney +, et cela est à la fois dû aux réalisateurs présents sur le projet (outre Watts, on peut citer Bryce Dallas Howard, le duo derrière Everything Everywhere All at Once, ou encore le réalisateur de Twisters), à la direction artistique efficace (même si parfois très "on a pris un film Amblin et on a remplacé les vélos par des speeders") et à l'excellent travail d'ILM sur le projet.

Le tout se regarde donc assez agréablement, le casting secondaire est amusant (Nick Frost en robot-pirate, Matthieu Kassovitz en chef de guerre, Kelly McDonald en chasseuse de primes, mais aussi Alfred Molina ou encore Stephen Fry au doublage de certains personnages), mais ce n'est pas sans défauts.

Parfois, ces défauts sont issus de l'écriture : à trop coller au moule Amblin, Skeleton Crew semble occasionnellement être une pâle copie plutôt qu'un hommage ; il y a beaucoup de grosses ficelles et de raccourcis maladroits qui sont uniquement là pour permettre aux épisodes de rester sous la barre de la demi-heure à peine ; certaines idées sont vraiment assez ratées (la planète de Kassovitz, dont la "fille" est un enfant soldat à l'accent français approximatif, et qui forcément fait des cabrioles en mode Parkour) et, plus problématique, les quatre enfants principaux sont sous-développés, et réduits à des traits de caractère basiques (et un peu à des quotas de diversité, aussi).

Il y a ainsi Wim, le petit métis impulsif qui rêve d'aventure ; Fern, la caucasienne de bonne famille qui se rebelle et s'autoproclame leader du groupe ; KB, asiatique handicapée depuis un accident et porteuse de prothèses cybernétiques ; et Neel, l'extraterrestre petit gros de service. Quatre personnages qui ne convainquent que partiellement, Wim et Fern s'avérant assez peu sympathiques (j'ai énormément de mal avec Fern, très clichée, et à l'interprétation que je qualifierai de "Cara Delevingnesque"), alors que KB et Neel restent souvent sous-exploités (ce n'est pas une surprise si ce sont ces deux derniers personnages qui, lorsque la série prend quelques instants pour respirer, se démarquent du reste).

Et puis je n'ai pas été particulièrement séduit par la bande originale du fils de Michael Giacchino, un peu trop éparpillée : ici, c'est de la musique de pirates, là, quelque chose de trop subtil pour marquer les esprits, ailleurs, on retrouve le souffle Star Wars, bref, c'est un peu inégal (du moins, tel que présenté à l'écran).

À l'image de la série, en fait, pleine de bonne volonté et de bonnes intentions, mais parfois maladroite, et fréquemment précipitée. Skeleton Crew, c'est sympathique, les plus jeunes adoreront probablement, mais je suis resté sur ma faim pendant les deux premiers tiers de la saison.

Cela dit, ça reste honorable, et plus homogène et/ou qualitatif que les dernières séries Star Wars comme The Acolyte...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires

Les bilans de Lurdo - Kite Man, saison 1 (2024)

Publié le 9 Mars 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, DC, HBO, Comédie, USA, Review, Fantastique, Science Fiction, Télévision

Spin-off en 10 épisodes de la série d'animation Harley Quinn (qui commence à gentiment tourner à vide) ce Kite Man : Hell Yeah ! n'est ni plus ni moins qu'une déclinaison de la formule de la série d'origine : un couple principal amoureux et déjanté, un groupe de seconds couteaux éclectiques et pas très futés, des références et clins d'œil moqueurs, et des antagonistes menaçants... sans oublier le gimmick ambulant Bane, qui est abonné à des sous-intrigues soulignant toujours plus son incompétence.

Kite Man, saison 1 (Kite Man : Hell Yeah ! , season 1 - 2024) :

Amoureux et désireux de s'établir ensemble, Kite Man (Matt Oberg) et sa compagne Golden Glider (Stephanie Hsu) finissent par racheter Noonan's, bar miteux pour super-méchants, qu'ils gèrent tant bien que mal, entourés de leurs habitués Bane (James Adomian), la Reine des Fables (Janelle James), les Dubelz (Michael Imperioli), etc, sans oublier le personnel du bar, Sean Noonan (Jonathan Banks) et Malice Wundabar (Natasia Demetriou)... Mais l'Équation d'anti-vie de Darkseid (Keith David) finit entre leurs mains, et Lex Luthor (Lance Reddick/Amuche Chukudebelu) et Helen Villigan (Judith Light) sont prêts à tout pour l'obtenir.

Les scénaristes (tous issus de Harley Quinn) ne s'en cachent pas, et le titre original de la série (Noonan's) était assez clair à ce sujet : Kite Man a été conçue comme une version animée et superhéroïque de Cheers, avec ce que ça implique de format sitcom et de personnages secondaires.

Et effectivement, la série s'avère assez agréable à regarder, pour peu que l'on n'en attende pas plus qu'un contenu léger et parodique. Pour tenter d'impressionner son père, Kite Man tente d'obtenir un vrai pouvoir, et se transforme un temps en Beast Mode (une sorte de super bro super connard) ; Glider tente de contrôler ses pouvoirs et d'assumer ses mommy issues ; Bane remonte le temps via des toilettes magiques (visiblement, un des scénaristes a récemment revu Hot Tub Time Machine) et tombe amoureux de la mère de Glider, dans les années 80 ; une poule s'empare de l'Équation et devient un kaiju géant et destructeur ; l'élection du Méchant célibataire le plus sexy déchire la communauté des super-méchants ; Darkseid finit par arriver ; et toute la saison se conclut par de la baston générale entre les habitués de Noonan's et les sbires de Luthor... entre autres.

Et pendant tout ce temps, le couple Kite Man/Glider reste toujours sympathique et attachant, jamais trop criminel, vulgaire ou sarcastique pour agacer le spectateur, et les épisodes s'enchaînent, toujours rythmés et amusants, avec quelques caméos rigolos (Richard Kind en inspecteur de l'hygiène, Clayface, Frank la plante carnivore...) et une écriture qui n'a toujours que faire de la censure... ou presque, puisque comme d'habitude, à l'Américaine, on peut montrer tous les démembrements et les litres de gore imaginables, mais la nudité, c'est verboten.

Pas forcément surprenant, en soi, mais quand les scénaristes font exprès de placer toute une scène de combats dans un spa, avec une Glider totalement nue (mais stratégiquement floutée) qui tue tout le monde en faisant des pirouettes, on se demande bien quel intérêt ils y trouvent... (d'autant que ce n'est même pas fait sur un ton comique, à la Austin Powers).

Mais peu importe. En conclusion, Kite Man, c'est tout à fait honorable et regardable, mais il faut bien avouer que le programme ne parvient pas forcément à justifier l'existence de ce spin-off anecdotique, au delà du gimmick memesque "Kite Man c'est un loser, et ça, c'est drôle".

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires

Critique éclair #116 - Kraven the hunter (2024)

Publié le 3 Mars 2025 par Lurdo dans Cinéma, Action, Critiques éclair, Fantastique, Sony, Marvel, USA, Review, Science Fiction

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Kraven the hunter (2024) :

Les origines de Kraven (Aaron Taylor-Johnson), fils du cruel mafieux Nikolaï Kravinoff (Russell Crowe), qui, après un accident de chasse dans la savane, se voit doté de capacités physiques extraordinaires et surhumaines. Il devient alors "Le Chasseur", tueur à gages chassant les pires criminels de la planète... Il attire alors l'attention du Rhino (Alessandro Nivola), un mercenaire bien décidé à prendre la place de Nikolaï à la tête de la pègre russe, et qui kidnappe Dmitri (Fred Hechinger), le frère de Kraven, pour tendre un piège à ce dernier...

Énième tentative de Sony d'exploiter l'univers étendu de Spider-man sans utiliser le personnage principal, après une trilogie Venom médiocre, Morbius et le récent (et incompétent) Madame Web, Kraven tente de faire de l'un des antagonistes du Tisseur un anti-héros bodybuildé et sympathique, mais ne parvient jamais à le rendre intéressant ou dynamique.

Il faut dire qu'avec près de deux heures au compteur, avec une distribution secondaire unanimement insipide et transparente (le Rhino, l'Étranger, le Caméléon, Calypso... hormis Kraven et Russell Crowe, pas de salut) et avec des effets numériques très inégaux (le duel final contre le Rhino est... immonde), il n'y a pas forcément grand chose à sauver de ce long-métrage souvent inerte, qui aura passé plus de temps en development hell qu'en salles. et qui se contortionne in extremis (en vain) pour tenter d'amener une fin alignée sur le comics.

Quelques scènes d'action surnagent (quand elles ne sont pas tirées vers le bas par des doublures numériques caoutchouteuses), la post-synchro est approximative mais passable, et dans l'ensemble, c'est assez terne et mollasson. Espérons que ce Kraven signera la fin de l'ère Marvel-Sony dans cette incarnation frustrante... mais bon, je ne me fais pas trop d'illusions.

2.25 - 0.25 pour la reprise intégrale (et bien fainéante) du thème d'Octobre Rouge de Poledouris durant toute l'introduction, parce que "hey, ça se passe en Russie, trouvez-moi un truc qui sonne vaguement russe, même si ça n'a rien à voir avec le film" = 2/6

--

Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

commentaires

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - What If...?, saison 3 (2024)

Publié le 1 Mars 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Animation, Anthologie, Comédie, Critiques éclair, Marvel, MCU, Les bilans de Lurdo, Télévision, Disney, Science Fiction, Fantastique, Jeunesse, USA, What If

Les deux premières saisons de What If...? étaient de bonnes surprises, des anthologies souvent légères et amusantes, parfois un peu plus sérieuses, qui présentaient des scénarios alternatifs aux événements du MCU.

Certes, la saison 2 était tout de même un cran en dessous, victime de scénaristes ayant confondu la popularité du personnage de Capitaine Carter avec un besoin impérieux de la faire figurer dans la moitié des épisodes de la saison, et paradoxalement, la sérialisation de l'anthologie était ainsi devenue inutilement trop prononcée... mais ce n'était pas rédhibitoire pour autant.

Pour cette saison 3, annoncée comme l'ultime saison de la série par un Marvel qui freine un peu sur son calendrier et resserre ses budgets, peu de changement (la showrunneuse a passé la main à son bras droit des deux premières saisons, mais tout de même a écrit deux épisodes), mais une réception étrangement hostile de la part des critiques qui, pour beaucoup, semblent tout juste découvrir le concept et le ton général de la série après trois saisons, reprochant soudain à ce programme (diffusé à Noël, rappelons-le) de ne pas être plus profond, plus sombre et plus dramatique... ou tout l'inverse.

What If...?, saison 3 (2024) :

- 3x01 : "What If... the Hulk Fought the Mech Avengers?" : Après qu'une transformation incontrôlable de Hulk ait donné naissance à l'Apex, un kaiju indestructible accompagné de Gamma Beasts innombrables, la Guerre Gamma a ravagé la Terre, et les Avengers survivants ont vaincu les monstres à bord de leurs Mecha-Avengers. Mais l'Apex est de retour, et Captain America (Anthony Mackie) doit partir à la recherche de Bruce Banner (Mark Ruffalo), en exil...

Un mélange de Godzilla, de Pacific Rim, des Avengers, de Voltron, de Macross, etc, avec un gros casting vocal, des plans plutôt jolis, et des inspirations assumées (la version finale de Hulk), pour un tout qui se regarde, sans plus. Il faut dire que je ne suis pas forcément fan du genre "méchas vs monstres", donc...

- 3x02 : "What If... Agatha Went to Hollywood?" : Parce qu'elle veut s'emparer des pouvoirs du Céleste Tiamut, Agatha Harkness (Kathryn Hahn), star du Hollywood des années 30, décide de recourir aux services de Kingo (Kumail Nanjiani), l'ultime Éternel, pour réaliser un dernier rituel. Mais le maître de Kingo, Arishem, ne l'entend pas de cette oreille...

Un épisode années 30 et comédie musicale très divertissant, et visuellement assez spectaculaire. Les acteurs s'amusent clairement au doublage, le numéro de danse virevolte dans tous les sens, et il est amusant de constater que le MCU animé gère mieux l'existence des Éternels que le MCU cinématographique.

- 3x03 : "What If... the Red Guardian Stopped the Winter Soldier?" : Au début des années 90, le Red Guardian (David Harbour) part pour les USA, afin de prouver qu'il a plus de valeur que le Soldat de l'hiver (Sebastian Stan), envoyé tuer les Stark. S'en suit un road trip avec les deux hommes, des soldats aux caractères radicalement différents, traqués par Bill Foster (Laurence Fishburne)...

À nouveau, un épisode plutôt comique, en mode buddy comedy, dont on sent que les acteurs (Harbour en tête) s'en donnent à cœur joie en forçant le trait. C'est rythmé, plein d'action, c'est assez drôle, bref, c'est réussi, avec en prime une référence sortie de nulle part à Thelma et Louise.

- 3x04 : "What If... Howard the Duck Got Hitched?" : Lorsqu'ils se rencontrent durant une fête donnée par Thor, c'est le coup de foudre entre Howard le canard (Seth Green) et Darcy (Kat Dennings), qui finissent par se marier et par donner naissance à un œuf. Mais bien vite, toutes les forces du mal de l'univers tentent de mettre la main sur cet œuf au destin unique...

Troisième épisode à la suite dans le registre de la comédie, avec ici un gros, gros casting vocal (presque tout le monde reprend son rôle), une chanson de KISS et une animation décomplexée, en mode course poursuite à la Benny Hill aux quatre coins de la galaxie, avec une fin façon Arche d'alliance. Ça n'a pas dû être économique à produire, mais c'était rigolo.

- 3x05 : "What If... the Emergence Destroyed the Earth?" : Le Watcher observe un monde où, après la destruction de la Terre au cours de l'Émergence de Tiamut, Mysterio (Alejandro Saab) a pris le contrôle des ruines à l'aide de ses illusions et de son armée de robots. Avec une poignée de survivants, Riri Williams (Dominique Thorne) tente de vaincre Vision et son maître...

Mwébof, celui-là, une version post-apocalyptique pleine de seconds couteaux d'un univers improbable, avec en tête d'affiche une Riri Williams qui déjà ne convainquait pas particulièrement dans Black Panther 2. Quant à la toute fin, à savoir lorsque le Watcher cesse de se contenter de regarder et intervient semi-directement, mouais... c'est la suite logique de ce qui a été amené jusque là dans la série, mais je n'ai pas trop envie que ça fasse toute la fin de la série là-dessus.

- 3x06 : "What If... 1872?" : Justicier au Far West, Shang Chi (Simu Liu) et sa coéquipière Kate Bishop (Hailee Steinfeld) partent sur les traces du malfaisant Hood, qui enlève et exploite les immigrants chinois, et est responsable de la disparition de Xi (Meng'er Zhang), la sœur de Shang Chi...

Une sorte de Shang Chi 2 en version western (avec une confrontation finale entre Schang Chi et sa sœur qui ressemble probablement à ce qu'aurait donné le final d'un SC 2 ou 3), plutôt bien mené, même si au final, tout reste très prévisible. Uatu continue d'intervenir, ce qui débouche sur un double épisode final qui lui est consacré...

- 3x07/08 : "What If... the Watcher Disappeared?"/"What If... What If?" : Lorsqu'elles réalisent que Uatu est en danger, Captain Carter (Hailey Atwell), Kahhori (Devery Jacobs), Storm (Alison Sealy-Smith) et Byrdie (Natasha Lyonne) cherchent à accéder à la Cinquième dimension, et ont recours pour cela à un Infinity Ultron pacifiste (Ross Marquand). Mais les Watchers ont déjà décidé du sort de Uatu (Jeffrey Wright) et une ultime bataille débute alors pour sauver ce dernier...

Un double épisode final assez bof, en partie parce qu'à nouveau centré sur la team Girl power de Captain Carter (je ne suis pas du tout fan du personnage de Byrdie, façon rock chick/riot grrrl au doublage très... spécial), mais aussi parce que la deuxième moitié dégénère dans de la baston à la DBZ avec des personnages surpuissants, une fusion, une absence totale de véritables conséquences (tout le monde se passe à tabac, mais même pas un bleu), un transfert de pouvoirs bien trop facile, et un sacrifice de Carter (encore une fois) assez attendu.

Ça se regarde sur le plan du spectacle pur et simple, mais je n'ai pas trouvé tout ça particulièrement intéressant, à une scène ou deux près.

(et puis la manière dont Storm-Thor est introduite à l'arrache, juste histoire d'utiliser la doubleuse, mwébof)

Bilan saisonnier :

Une ultime saison frustrante, car proposant quelque chose de ludique et de léger dans sa première partie, avant de rebasculer dans ses travers habituels et de tout centrer sur Captain Carter vers la fin. Ce qui est un exemple assez typique de surexposition : j'aime bien le personnage de Carter en tant qu'homologue interdimensionnel de Rogers, mais entre la saison précédente et cette fin de saison, là, c'est trop.

D'autant plus que le show reste assez maladroit dans sa manière de cocher les cases du cahier des charges de représentativité habituel chez Marvel TV et Disney (on place un maximum de personnages secondaires féminins et/ou issus de la diversité, mais ils font à peine plus que de la figuration) ou de rendre OP ses personnages inventés, comme Byrdie, Storm-Thor ou Kahhori.

Bref, un peu déçu par la dernière ligne droite du programme, qui se termine (de manière assez appropriée) par un monologue d'Uatu bouclant la boucle... mais qui passe par de la baston à gogo et des facilités frustrantes pour en arriver là.

Après, est-ce que cela fait rétroactivement de la série "la pire production Marvel", comme beaucoup de commentateurs en ligne et certains critiques "pro" l'ont affirmé ? Ces mêmes critiques qui sont incapables de se mettre d'accord sur ce qu'ils auraient voulu de la série (Encore plus de postulats improbables ? Au contraire, plus de What if sérieux et développés ? Des fusions décalées de personnages, comme Thanos-Wolverine ? Ou bien moins de ça, parce que c'est trop enfantin et immature ? Tout le monde semble avoir un avis différent sur la question...) ?

Loin de là. What If...? reste une série animée sympatoche mais anecdotique, dont la saison 1 reste la plus intéressante, et qui a décliné un peu au fil des épisodes, mais rien de dramatique, et on trouve toujours, chaque saison, de quoi se mettre sous la dent.

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires
Publicité

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Star Trek Lower Decks, saison 5 - suite et fin (2024)

Publié le 27 Février 2025 par Lurdo dans Comédie, Animation, Aventure, Critiques éclair, Action, Science Fiction, CBS, Star Trek, Review, USA, Les bilans de Lurdo, Télévision, Lower Decks

Ultime saison de Lower Decks, et une reprise en demi-teinte, avec cinq premiers épisodes pas forcément mauvais, mais guère passionnants. Le show semble un peu s'essouffler, avec pour thématique un peu défraîchie le multivers...

Star Trek Lower Decks, saison 5 - suite et fin (2024) :

- 5x06 : Alors que deux espèces hostiles (les sphères et les cubes) sont à bord pour négocier un traité de paix, et que Mariner doit s'occuper d'Olly, une enseigne de navire difficile à gérer (et accessoirement fille de "Zeus"), le fils d'un cube disparaît, ce qui débouche sur une enquête pour meurtre...

Là, je comprends bien que l'intention était de montrer une Mariner plus mature, confrontée à une Olly qui la renvoie directement à l'époque où elle était elle-même incontrôlable, sur fond de parodie de The Outrageous Okona ou de Roméo et Juliette (ce qui revient peu ou prou au même). Et ça fonctionne à peu près, je dois bien l'avouer (Boimler et le médecin, nettement moins, du moins en ce qui me concerne).

Mais ça reste assez quelconque, au final, le genre d'épisode qui aurait pu prendre place plus tôt dans la vie de la série, sans que rien ne change. Mwé.

- 5x07 : Durant une mission d'infiltration visant à retrouver les restes d'un vaisseau fédéral provenant d'un univers parallèle, Mariner, Tendi et T'lyn se retrouvent coincées sur une planète où le temps s'écoule différemment, et elles doivent s'adapter à leur vie sur place, alors même que Tendi sombre peu à peu dans la paranoïa...

C'est dérivatif (mais ça l'assume), ça profite beaucoup d'un caméo à rallonge de Brent Spiner dans le rôle de la tête de Data, mais ça se regarde, même s'il ne faut pas y regarder de trop près au niveau de la temporalité, des clins d'œil à répétition, ou même de la sous-intrigue de Boimler et Rutherford qui lèchent la console de téléportation pour la réparer. Un peu meilleur que le début de saison, mais ça ne casse pas trois pattes à un Targ amputé.

- 5x08 : Le quotidien des officiers supérieurs du Cerritos : le Capitaine assiste poliment à des concerts, Shax lutte contre ses démons intérieurs, Ransom supervise ses subordonnés, T'ana révèle ses penchants masochistes lorsqu'elle réévalue l'échelle de douleur des patients, etc... Jusqu'à ce que les Clickets, une race insectoïde, tentent de prendre d'assaut le navire.

Pas grand chose à dire sur cet épisode, honnêtement, qui se contente de recycler à la fois le schéma Lower Decks, en l'inversant pour s'intéresser aux Upper Deckers, et le fil narratif de base d'innombrables épisodes façon "le vaisseau est envahi par des ennemis, l'équipage se défend."

Pas désagréable, parfois même amusant, mais rien de transcendant.

- 5x09 : Les aventures du double de Boimler né d'un incident de téléportation et qui, aux commandes d'un vaisseau fédéral d'une autre dimension, et à la tête d'un équipage composé de versions alternatives de T'Pol, Curzon Dax, Garak, son mari Holo-Bashir et de nombreux Kim, tente de percer à jour le mystère des fissures interdimensionnelles, en traquant le vaisseau responsable...

Énormément de fanservice facile (Superspy Garak et son mari, en particulier), des personnages qui se plaignent (très facilement) du multivers et de sa sur-utilisation, des guests parfois sous-exploités, mais aussi un tout plein d'action et dynamique, qui prépare une fin de saison pétaradante, comme d'habitude. Et puis la révolte des Kim est amusante.

- 5x10 : Lorsqu'une Klingonne décide de venger ses proches en tuant Ma'ha, le Cerritos se retrouve impliqué, d'autant que le conflit se déroule au beau milieu de l'ultime fissure interdimensionnelle encore en activité, qui transforme tous ceux qui s'en approchent en versions alternatives...

Un final un peu bordélique, qui utilise le gimmick des transformations non-stop pour susciter des réactions de "oh, j'ai reconnu cette référence/ce vaisseau/etc !!!" chez le spectateur, a recours à des Klingons bas de plafond pour provoquer un conflit peu probant, et sous-développe des sous-intrigues pour certains personnages, comme Rutherford... et pourtant, ça fonctionne à peu près, tout ça.

Il faut dire que la conclusion optimiste et appropriée du tout, le message d'unité et de confiance, et tout ce qui entoure cette fin de saison et de série jouent sur la corde sensible, et apportent une fin (définitive ?) assez satisfaisante à tout ce petit monde.

Reste que la saison, dans son ensemble, était assez passable : les scénaristes semblaient fréquemment peu inspirés, le fil conducteur n'était pas très probant, et comme trop souvent, il a fallu attendre les 2 ou 3 derniers épisodes pour que le tout se crystallise enfin, retrouvant par là-même un peu d'énergie et de direction.

Dommage : malgré ses qualités, Lower Decks n'aura jamais totalement su se défaire de ses influences Rick et Mortiennes et de son utilisation systématique des memberberries pour fanboys. Le programme reste cependant le dessus du panier des séries Trek actuelles, avec Strange New Worlds... et ce n'est pas l'éventuelle Starfleet Academy ou le téléfilm Section 31 qui vont y changer quoi que ce soit...

---

Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.

commentaires
Publicité
<< < 10 11 > >>