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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

les bilans de lurdo

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - FUBAR, saison 2 (2025)

Publié le 7 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Comédie, Critiques éclair, USA, Review, Netflix, Science Fiction, Romance, Télévision, Les bilans de Lurdo

Retour de la série d'action-comédie d'Arnold Schwarzenegger pour Netflix, une série qui-n'est-pas-vraiment-une-suite-de-True-Lies-mais-s'en-inspire beaucoup, et showrunnée par le responsable de Reacher pour Amazon...

FUBAR, saison 2 (2025) :

Alors qu'il est caché dans une maison sécurisée avec sa famille et son équipe, à l'abri de tous ceux qui veulent leur mort, Luke Brunner (Arnold Schwarzenegger) apprend qu'un dangereux terroriste a pour but d'éradiquer 90 % de la population humaine en commençant par détruire le réseau électrique américain. Pour cela, il a requis les services de Greta Nelso (Carrie-Anne Moss), super-espionne et ex-amante de Luke, et de Chips (Guy Burnet), son bras droit...

Et honnêtement, la première saison de FUBAR ne m'avait pas forcément laissé un souvenir impérissable, une sorte de série d'action de network très approximative à l'écriture assez faiblarde, qui n'avait d'intérêt que par sa dimension de fanservice pour fans de Schwarzie, et qui peinait à s'élever au-delà d'une certaine médiocrité inhérente aux séries de Netflix.

Un gros DTV d'action délayé sur huit épisodes d'une heure, en somme... et il en va de même pour cette saison 2. Techniquement, c'est même peut-être pire, puisque le show reprend tous les personnages de la saison 1 (sauf la directrice de la branche régionale de la CIA, remplacée cette saison par ce bon vieux Enrico Colantoni), et leur rajoute de multiples nouveaux personnages, avec en tête Carrie-Anne Moss (en ex-espionne est-allemande autrefois dans une relation torride avec Arnold - sauf que les deux acteurs n'ont pas la moindre alchimie), et Guy Burnet (qui s'est fait un look d'Hans Gruber du pauvre pour incarner un espion rival au lourd passé).

La série se plie donc en quatre pour trouver de la place pour tout ce petit monde (la sous-intrigue du cochon, les moments comic-relief de Baruchel et d'Andy Buckley), et ça donne une saison assez bordélique, qui, autour d'une intrigue de base assez simple - quatre centrale électriques menacées -, part dans tous les sens, envoie ses personnages dans l'espace, dans le sous-marin de James Cameron, tente d'utiliser Schwarzie comme s'il avait 20-30 ans de moins, de créer une romance torride avec CAM, multiplie les clins d'œil à la filmo d'Arnold (la roue de la souffrance m'a arraché un sourire), fait du placement produit bien honteux face caméra (et ce dès le premier épisode de la saison), propose des scènes d'action improbables sans en avoir le budget ni le rythme, etc.

Et pourtant... je n'ai pas détesté. Probablement parce que tout le monde semble s'amuser, et avoir conscience qu'ils ne font pas de l'Art, mais simplement une série d'action et d'espionnage de streaming : ce qui leur permet de s'amuser avec des idées idiotes (les hallucinations dans le sous-marin, le photoshoot du cochon), de ne pas s'embarrasser de subtilités ou de standards d'écriture, et de faire leur truc dans leur coin.

Ce n'est pas bon, c'est bourré de problèmes, c'est trop long pour ce que ça raconte, et les rebondissements du scénario sont absolument tous téléphonés et prévisibles, mais ça reste suffisamment second degré pour être regardable, en arrière-plan, pendant qu'on fait autre chose... 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Ironheart, saison 1 (2025)

Publié le 6 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Action, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Science Fiction, USA, Review, Disney, MCU, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Télévision

Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.

Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.

Ironheart, saison 1 (2025) :

Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea CouleéSonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...

Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.

Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.

Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.

Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.

Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.

On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.

À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".

À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.

J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.

Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Les quatre saisons, saison 1 (2025)

Publié le 5 Août 2025 par Lurdo dans Télévision, Netflix, Drame, Comédie, Romance, Critiques éclair, USA, Review, Les bilans de Lurdo

Adaptation en huit épisodes d'une demi-heure du film collégial du même nom de 1981, écrit et réalisé par Alan Alda, cette version des Quatre saisons, écrite par Tina Fey et deux de ses compères (Tracey Wingfield, showrunneuse du reboot de Saved by the Bell, et Lang Fisher, scénariste sur 30 Rock, The Mindy Project et Brooklyn 99) a été diffusée sur Netflix en mai dernier, et est d'ores et déjà renouvelée pour une saison 2.

Les quatre saisons, saison 1 (The Four Seasons, season 1 - 2025) :

Tout au long d'une année complète, trois couples d'amis se retrouvent à plusieurs occasions festives, et font alors le point sur leur vie respective : Claude (Marco Calvani) s'inquiète du refus de son époux Danny (Colman Domingo) de se faire opérer du cœur et de prendre soin de soi ; Nick (Steve Carrell) et Anne (Kerri Kenney-Silver) se séparent, et Nick retrouve l'amour dans les bras d'une femme plus jeune, Ginny (Erika Henningsen) ; quant à Jack (Will Forte) et Kate (Tina Fey), leur couple semble aller très bien, mais des failles apparaissent progressivement dans ce bonheur apparent...

Une série qui se regarde assez rapidement et facilement, et qui traite de l'amour, du couple, de l'ennui, du temps qui passe, des amitiés qui évoluent, des gens qui changent, avec une distribution attachante, et des acteurs qui se connaissent très bien : on croit à ce petit groupe d'amis soudé, et même si le programme n'est pas forcément révolutionnaire ou surprenant, le tout devient une hangout comedy plutôt sympathique à suivre.

Rythmée (forcément) par les Quatre saisons de Vivaldi, la série déroule ainsi ses péripéties, consacrant deux épisodes à chaque saison : les deux premiers épisodes traitent du renouvellement surprise des vœux de mariage de Nick et Anne, alors que tout le monde sauf Anne est au courant des intentions de divorce de Nick ; les deux épisodes suivants emmènent tout le monde au soleil, tandis que Ginny tente de s'intégrer au groupe d'amis malgré la différence d'âge ; puis vient l'automne, en Nouvelle-Angleterre, à l'occasion de Thanksgiving et d'une visite des campus ; et puis, enfin, l'hiver, au ski, avec deux réveillons du Nouvel An présentés en parallèle.

De quoi placer pas mal de péripéties plus ou moins convaincantes (j'ai un peu de mal avec un certain rebondissement majeur dans l'avant-dernier épisode, et avec le tournant dramatique que prend la série à ce moment, histoire de finir la saison dans l'émotion), et se concentrer sur des couples à l'alchimie plutôt probante (j'aime beaucoup le couple Forte/Fey).

Après, si le show est relativement agréable à suivre malgré quelques facilités narratives et autres rebondissements un peu forcés (qui font très sitcom, en fait), ça reste un programme dont le sujet même parlera à un public relativement limité. J'ai envie d'utiliser le terme anecdotique, mais je trouve qu'il est un peu fort : en l'état, Les Quatre saisons est sympatoche (surtout si l'on apprécie les acteurs), mais ce n'est pas forcément indispensable.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Étoile, saison 1 (2025)

Publié le 4 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Télévision, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Musique, Amazon, Review, USA, France, Drame

Après Mrs Maisel, succès critique incontestable pour Amazon, Amy Sherman-Palladino a clairement eu carte blanche de la part du diffuseur, et a décidé de revenir à ses premières amours, déjà exploitées dans Bunheads : le ballet et la danse classique. 

D'où cette première saison d'Étoile, en 8 épisodes d'une heure, une saison diffusée dans l'anonymat le plus total, et annulée dans la foulée, alors qu'une saison 2 était déjà commandée. Voyons voir si le programme méritait mieux...

Étoile, saison 1 (2025) :

Pour tenter de sauver leurs compagnies respectives, Geneviève Lavigne (Charlotte Gainsbourg), du Ballet National de Paris, et Jack McMillan (Luke Kirby), du New York Metropolitan Ballet, décident d'échanger certains de leurs talents : Cheyenne Toussaint (Lou de Laâge), danseuse-étoile rebelle et activiste écolo, est envoyée à New York, tandis que Mishi Duplessis (Taïs Vinolo), fille de la Ministre de la culture française, et le chorégraphe excentrique Tobias Bell (Gideon Glick) arrivent à Paris...

Univers très élitiste, tournage en français et en anglais (et dialogues qui passent de l'un à l'autre de manière souvent aléatoire), longs passages dansés... à la base, on ne peut pas dire que Étoile se soit facilité la tâche, ou que la série se prête vraiment à un succès commercial et critique. On reste cependant dans les préoccupations et intérêts habituels des Palladino, y compris au niveau du personnage principal de la série, Cheyenne.

Après une Lorelai Gilmore qui dynamitait la haute société de sa famille, ou encore Mrs Maisel qui cassait tout sur son passage pour connaître le succès dans le monde du stand-up, on a ici Cheyenne Toussaint, danseuse française ultra-exigente et perfectionniste, écoterroriste battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, guerrière de la danse qui envoie tout et tout le monde bouler pour ne suivre que ses intuitions et ses impulsions, tsundere capricieuse qui pense avoir toujours raison...

...et cette fois-ci, c'est insupportable. Un peu comme dans le cas d'une Maisel des dernières saisons, les Palladino semblent avoir choisi une protagoniste carriériste et radicale, une femme arrogante et ambitieuse, très talentueuse mais qui a conscience de sa supériorité, assez égocentrique, et qui n'a que faire des sentiments d'autrui sur le chemin de ses objectifs. Un personnage abrasif, antipathique et cassant, qui, pour fonctionner, demanderait une interprétation charismatique et subtile, avec beaucoup de charme.

Et je ne sais pas si c'est la barrière de la langue dans l'écriture (Lou de Laâge joue en français et en anglais, et l'écriture des dialogues français est parfois assez artificielle), les différences entre le jeu français et américain, ou tout simplement un problème d'interprétation, mais Cheyenne ne fonctionne pas du tout : gueularde comme une poissonnière, toujours une expression de Grumpy Cat sur le visage, aucune alchimie avec les autres personnages, systématiquement dans le clash et le mépris, Cheyenne Toussaint ressemble à un mauvais personnage de sitcom... et ça coule une grosse majorité de la série.

Déjà que de manière générale, le programme semble ne pas savoir sur quel pied danser (!) : l'écriture semble fréquemment déséquilibrée, oscillant entre "regardez comme le ballet, c'est formidable et poétique" avec de longues plages de chorégraphie d'ailleurs très bien filmées, une comédie dans la lignée des programmes précédents du couple, et plusieurs sous-intrigues principales très inégales : d'un côté, la gestion des deux compagnies de danse, les problèmes moraux posés par le financement de Crispin (Simon Callow), mécène excentrique et oligarque louche, et la relation entre Lavigne et McMillan (pas désagréable, tout ça, et Charlotte Gainsbourg est excellente - même si ses disputes avec sa sœur sont imbuvables).

De l'autre, le quotidien des compagnies de danse ; à côté, les soucis de Mishi, sa famille bourgeoise, et la mère bricoleuse et caractérielle de Cheyenne qui l'accueille (un gros flop, tout ça, plat, sans grand intérêt, et plein d'excentricités forcées, qui retombe en plus dans les ficelles habituelles de la fille de bonne famille privilégiée qui découvre le monde, à la Rory Gilmore) ; et puis la relation qui se noue entre Tobias, le chorégraphe sur le spectre de l'autisme, et Gabin (Ivan du Pontavice), un danseur arrogant et ambitieux (plutôt amusante, cette sous-intrigue, et du Pontavice est bon dans son rôle, je dois dire).

Habituellement, l'un des points très forts des séries de Palladino et de son époux est leur distribution : le couple a toujours su dénicher des interprètes attachant(e)s, des visages mémorables, et autres character actors donnant de la personnalité et de la présence à tous les personnages secondaires peuplant ses séries.

Ici, il en va de même, on retrouve donc plusieurs des habitués des séries Palladino, en premier lieu desquels Luke Kirby (le Lenny Bruce de Mrs Maisel), mais aussi Gideon Glick (Alfie de Maisel), Yanic Truesdale (Gilmore Girls), Kelly Bishop, Connor Ratliff, etc. Autour d'eux, d'autres seconds rôles attachants, notamment David Haig. Des interprètes solides qui donnent du corps à la série (comme le font d'ailleurs les running gags, çà et là, du "tu penses qu'il/elle va revenir", ou de la danseuse accompagnée par son psy), mais systématiquement, tout tend à s'arrêter dans un grincement à chaque fois que Cheyenne entre en scène, comme un chien dans un jeu de quilles, ultra-intense avec sa démarche de camionneuse, sa moue boudeuse et son ton agressif.

Pour utiliser une image directement liée à la série : Étoile, c'est un peu comme de regarder la chorégraphie fluide et maîtrisée d'un numéro de danse (l'ensemble du show, son écriture, sa réalisation), d'admirer certains passages très réussis (certains personnages, certaines scènes), avant de remarquer que la danseuse étoile fait la gueule du début à la fin, qu'elle trébuche çà et là, qu'elle finit en pilotage automatique, et qu'elle quitte la scène en faisant des doigts d'honneur à ses collègues.

 

Alors certes, ça se regarde parce que les Palladino restent très compétents et passionnés, il y a des moments vraiment amusants et réussis, et pour peu que l'on ferme un peu les yeux sur les quelques clichés habituels des séries américaines sur Paris et la France (ainsi que sur une adaptation un peu maladroite au moment de la traduction anglais/français), ça passe, mais le personnage de Cheyenne s'est vraiment avéré un rebutoir total pour moi (surtout compte tenu de la in de la saison) - et à partir de là, difficile pour moi de m'étonner de l'annulation prématurée du programme.

Probablement la série la plus faible (ou du moins, la moins aboutie) du catalogue des Palladino (sur le même thème, Bunheads était tellement, tellement plus attachante).

 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Reacher, saison 1 (2022)

Publié le 3 Août 2025 par Lurdo dans Action, Thriller, Critiques éclair, Review, USA, Amazon, Les bilans de Lurdo, Télévision, Reacher

Sur un coup de tête, et parce que je n'étais pas d'humeur à regarder quelque chose de plus complexe, j'ai décidé de tenter la saison 1 de Reacher, adaptation des romans de Lee Child pour Amazon, après deux films avec Tom Cruise dans le rôle principal.

Pas de Tom Cruise, ici, mais Alan Ritchson, nettement plus proche du Reacher colossal des livres, et une première saison de 8x45-50 minutes, adaptant le premier récit mettant le personnage en vedette...

Reacher, saison 1 (2022) :

À son arrivée dans la petite ville de Margrave, en Georgie, Jack Reacher (Alan Ritchson), ex-militaire qui erre désormais de ville en ville comme un vagabond, se retrouve embarqué dans une conspiration qui le dépasse lorsque son frère Joe est retrouvé mort. Bien vite, les cadavres se multiplient autour de Reacher, qui ne peut compter que sur deux policiers locaux, Oscar Finlay (Malcolm Goodwin) et la charmante Roscoe Conklin (Willa Fitzgerald) pour l'aider à mettre fin à un trafic international de fausse monnaie...

Je m'étais déjà fait la réflexion en regardant les films avec Tom Cruise : Reacher, c'est particulièrement régressif, comme un film d'action des années 80-90 avec Steven Seagal, et il ne faut donc clairement pas s'attendre à autre chose que des grosses ficelles narratives et trente tonnes de facilités, enrobées dans des atours d'actioner bourrin.

Et avec Nick Santora (Punisher : War Zone, la production de nombreuses séries pas très subtiles comme Prison Break, FUBAR, Scorpion, The Fugitive...) et son équipe à l'écriture, il ne faut pas s'attendre à ce que les dialogues transcendent tout ça : ici, Reacher est écrit comme un über-Sherlock Holmes doté de dons de voyance, capable de faire des déductions improbables jamais vraiment justifiées de manière crédible au travers de plages d'exposition maladroite et balourde, et qui servent de prétexte à ses enquêtes et à ses bastons.

Je mentirais donc en disant que cette première saison de Reacher m'a convaincu sur le fond : c'est ultra-basique, le scénario a l'épaisseur d'un épisode de l'Agence Tous Risques ou du Rebelle (délayé sur 7 ou 8 heures), les répliques clichées et les rebondissements télégraphiés s'enchaînent, les moments "émotion" sont forcés... et dans l'ensemble, ce n'est pas terrible (mais je suppose qu'une grosse partie de ces problèmes proviennent du récit original, très roman de gare).

Reste la forme, alors, et là, c'est assez inégal : le casting est plutôt réussi (les méchants sont antipathiques, Ritchson a la carrure du personnage, Fitzgerald est très attachante, Goodwin amusant, Kristen Kreuk et Harvey Guillén ont de petits rôles), l'interprétation est solide (quelques moments convainquent moins en début de saison, mais on va placer ça sur le compte d'acteurs et d'une production qui se cherchent)... mais étrangement, l'action est moins probante.

Du moins dans toute la première partie de la saison, puisque la grosse scène d'action finale, en fin de saison, fonctionne assez bien - mais le reste de l'action est plus discutable, jamais vraiment mis en valeur par le montage (histoire de cacher un manque de moyens ? Un manque de savoir-faire ?) et la réalisation, très plate. 

Après, j'ai bien conscience que cette critique semble particulièrement négative - mais ce n'est pas réellement le cas.

Oui, Reacher ne remportera pas de récompenses, et c'est peu ou prou l'équivalent des séries de Stephen J. Cannell, un peu modernisées (la présence de Bruce McGill dans un role de méchant n'aide pas à se défaire de cette impression)... mais pour peu qu'on aborde le tout en ayant pleinement conscience de tout ça (c'était mon cas, et les films d'action bas-de-plafond ne m'ont jamais dérangé), et qu'on éteigne son cerveau, on passe quelques heures plutôt divertissantes à regarder un colosse à la musculature improbable détruire des méchants sans sourciller. 

Ça pourrait être mieux... mais ça pourrait aussi être pire.

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Blog Update ! - Juillet 2025

Publié le 2 Août 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Review, Télévision, Les bilans de Lurdo, Update

En juillet, des nouveautés, des séries et une quinzaine consacrée à la France sur le blog du Téléphage Anonyme...

#168 - QUINZAINE FRANÇAISE - Heureux gagnants (2024) - 4/6

#169 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le Jardinier (2025) - 2/6

#170 - QUINZAINE FRANÇAISE - Les Infaillibles (2024) - 1/6

#171 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le Larbin (2024) - 2.75/6

#172 - QUINZAINE FRANÇAISE - On fait quoi maintenant ? (2024) - 3/6

#173 - QUINZAINE FRANÇAISE - Super Papa (2024) - 2.5/6

#174 - QUINZAINE FRANÇAISE - La tête dans les étoiles (2023) - 2.5/6

#175 - QUINZAINE FRANÇAISE - Le procès du chien (2024) - 2.25/6

#176 - QUINZAINE FRANÇAISE - L'heureuse élue (2024) - 3/6

#177 - QUINZAINE FRANÇAISE - Chasse gardée (2023) - 3.75/6

#178 - QUINZAINE FRANÇAISE - Les Vedettes (2022) - 3/6

#179 - QUINZAINE FRANÇAISE - Lune de miel avec ma mère (2025) - 2/6

#180 - QUINZAINE FRANÇAISE - Un mariage sans fin (2025) - 3/6

#181 - Superman (2025) - 4/6

#182 - Heads of State (2025) - 4/6

#183 - Thunderbolts* (2025) - 4.25/6

#184 - Happy Gilmore 2 (2025) - 3.75/6

#185 - Deep Cover (2025) - 4/6

#186 - Diablo (2025) - 4/6

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# Film(s) du mois : 

Un mois plutôt sympathique (ou alors j'étais bien luné, allez savoir) ; pas tant du côté de la quinzaine française (encore que Heureux Gagnants et Chasse Gardée n'étaient pas désagréables), mais plutôt des nouveautés : le retour de Superman, l'avant-dernier film Marvel (les Thunderbolts), ou encore des comédies comme Heads of State et Deep Cover. Pas forcément des chefs d'oeuvre, mais des films sympathiques, comme je le disais juste au-dessus.

 

# Flop(s) du mois : 

Trois films français (Les Infaillibles, avec Ines Reg ; Le Jardinier, avec Michael Youn et JCVD ; et Lune de miel avec ma mère, avec Michèle Laroque), trois ratages fainéants, trois métrages à oublier rapidement.

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# Petit écran :

Quatre séries, ce mois-ci, dont trois séries françaises : une adaptation de Zorro avec Jean Dujardin, amusante, mais qui se perd dans des histoires de couple et de midlife crisis ; une adaptation de Cat's Eyes, pas désagréable, mais bourrée de petites scories qui finissent par s'accumuler ; et Fiasco, un mockumentaire en mode The Office sur le tournage calamiteux d'un film historique - assez réussi même si parfois prévisible.

Et, un peu comme un miroir à Fiasco, The Studio, une série Apple bourrée de caméos sur les coulisses du fonctionnement d'un grand studio hollywoodien, avec Seth Rogen en patron de studio balbutiant. Assez drôle, même si parfois bien trop hystérique.

 

Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages en cliquant ici et en consultant nos archives .

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# À venir :

 

En août, une semaine consacrée aux séries, suivie de quelques critiques plus classiques jusqu'à la fin du mois...

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Vous pouvez retrouver la liste de tous les films passés en revue dans ces pages sur la page dédiée à cet effet, accessible via l'onglet Cinéma du menu de haut de page.

 

 

 

En parallèle, les archives des Téléphages Anonymes restent en ligne : 

- L'historique de toutes les éditions précédentes de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries de Noël passés en revue à cette occasion, est disponible sur les pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier.

- L'historique de tous les films et séries d'horreur passés précédemment en revue à l'occasion de l'Halloween Oktorrorfest annuelle, est disponible ici.

- L'index de tous les autres films passés en revue sur le blog des Téléphages est accessible en cliquant directement sur ce lien (000-1000), sur celui-ci (1001-2000) ou bien ce dernier (2000+)...

- Et enfin, les bilans de toutes les autres séries critiquées sont recensés dans dans l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.

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Les bilans de Lurdo - The Studio, saison 1 (2025)

Publié le 27 Juillet 2025 par Lurdo dans Comédie, Cinéma, Télévision, Les bilans de Lurdo, Review, USA, Apple, Critiques éclair

Série comique Apple Tv écrite et produite par Evan Goldberg et Seth Rogen (ainsi que par des producteurs/scénaristes de Veep), en 10 épisodes de 25-40 minutes, The Studio se veut un hommage au monde du cinéma, et une satire du monde d'Hollywood et des grands studios, à grands renforts de caméos de célébrités (tous les amis de Rogen répondent présents, mais pas que) et d'humour grinçant. Une série qui frappe souvent juste, mais qui se perd parfois aussi un peu en route.

The Studio, saison 1 (2025) :

Lorsque Patty Leigh (Catherine O'Hara) est renvoyée par Griffin Mill (Bryan Cranston), le patron caractériel du studio de cinéma Continental, Matt Remick (Seth Rogen) se retrouve promu au poste de cette dernière, et en charge de toutes les productions à venir. Avec son équipe (Ike Barinholtz, Chase Sui Wonders, Kathryn Hahn), il tente alors de concilier ses ambitions artistiques... et les demandes de Mill, qui exige des films rentables, des blockbusters, et des placements produits.

En réalité, The Studio est un peu une série légèrement bipolaire.

D'un côté, une satire du monde du cinéma, avec de nombreux visages familiers dans leur propre rôle (Paul Dano, Martin Scorsese, Zoe Kravitz, Dave Franco, Anthony Mackie, Ron Howard, Charlize Theron, Steve Buscemi, Sarah Polley, Olivia Wilde, Zac Efron, Johnny Knoxville, Josh Hutcherson, Adam Scott, et beaucoup d'autres, sans compter les guests dans des rôles fictifs), et un regard mordant sur les coulisses des grands studios : Matt qui tente de fusionner un drame de Scorsese avec un film sponsorisé par Kool-Aid, Matt et son équipe qui tentent de faire comprendre à Ron Howard que les 45 dernières minutes du film sont nullissimes, un vol de pellicule qui a lieu sur le tournage d'Olivia Wilde (un épisode qui tourne un peu à vide sur la durée), les rivalités entre les sbires de Matt qui sont prêts à tout pour que leur projet fétiche voie le jour au détriment de celui de l'autre, le peu de considération d'autres corps de métiers pour ceux du cinéma, les cérémonies de récompenses où tout le monde veut être remercié, la nécessité de se plier aux normes de diversité et de bien-pensance n vigueur à un moment t, etc...

Autant d'éléments amusants, plus ou moins efficaces, mais globalement divertissants, et portés par un véritable amour du Septième Art de la part de Goldberg et Rogen, qui s'exprime à chaque instant, et notamment formellement, avec beaucoup de plans-séquences et une caméra portée qui virevolte entre les acteurs.

Et puis il y a aussi quelques épisodes hystériques. Des épisodes qui gueulent beaucoup, assez artificiellement, où le personnage de Rogen devient subitement un incompétent gaffeur qui provoque catastrophe sur catastrophe (durant le tournage du dernier film de Sarah Polley), ou bien qui reposent sur l'utilisation de drogues en tous genres (le grand final, un festival de surjeu et de précipitation artificielle).

Autant j'ai plutôt apprécié la première facette de la série, autant la deuxième m'a rapidement fatigué, et je ressors de cette première saison un peu mitigé : le programme est amusant, assez sympathique (pour peu qu'on ne soit pas allergique à Seth Rogen), on a parfois l'impression de voir Michael Scott à la tête d'un grand studio hollywoodien, et les innombrables caméos apportent une plus-value certaine au projet, mais par moments, ça s'éparpille un peu et ça monte en régime de manière relativement forcée, ce qui convainc moins et donne envie de faire avance rapide.

Pour une saison 1, cela dit, c'est honorable, si tant est que le programme soit renouvelé par Apple (EDIT : ah, si, c'est visiblement le cas).

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Cat's Eyes, saison 1 (2024)

Publié le 20 Juillet 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Policier, France, Review, Les bilans de Lurdo, Critiques éclair, Romance, Comédie, TF1, Amazon

J'avoue : à l'idée d'une adaptation française assez libre de Cat's Eye par TF1 et Amazon en huit épisodes d'une cinquantaine de minutes, je n'avais pas grand espoir. Un peu comme dans le cas de City Hunter, la France a une relation tellement particulière avec certaines séries d'animation que ça aurait pu facilement dégénérer et virer à la mauvaise parodie, surtout avec un budget limité. Mais à ma grande surprise, ce n'est pas sur ce plan-là que la série m'a laissé dubitatif...

Cat's Eyes, saison 1 : 

À Paris, le retour de Tam (Camille Lou), aventurière, amène ses deux sœurs Syl (Constance Labbé), spécialiste en art et Alexia (Claire Romain), adolescente turbulente et fan de parkour, à faire face à la vérité : leur père Michael, mort des années plus tôt dans l'incendie de sa galerie d'art, a été assassiné. Les sœurs Chamade décident alors de mener l'enquête, un enquête qui va les amener à s'improviser cambrioleuses et à visiter le tout-Paris, traquées par Quentin (MB14), l'ex de Tam et policier, et par des criminels violents...

Enfin, je dis que je suis rersté dubitatif, mais ça aurait pu être bien pire, et quand bien même le projet est plein de scories, ça reste honorable. D'ailleurs, ça m'a surpris, dans les premiers épisodes de ce qui est une origin story des Cat's Eyes (de leur équipe, de leur carte de visite, de leur bar, etc) : si je ne voyais alors que les défauts les plus évidents, l'alchimie des trois protagonistes, leurs échanges naturels, et la bonne volonté du tout ont rapidement réussi à m'intéresser.

Après, comme je le disais... c'est loin d'être parfait. Globalement, la série fait un peu Office du tourisme de Paris et des alentours : tour à tour, c'est la Tour Eiffel, le Louvre, Versailles, la Seine, Vaux le Vicomte, la Monnaie de Paris, etc, qui font l'objet de servent de cadre aux cambriolages, de quoi utiliser plein de plans travaillés de la Ville Lumière, des placements produits, etc.

Des cambriolages recourant souvent au gimmick du "on vous montre la réussite de la mission, et on repart ensuite en arrière pour vous expliquer comment elles ont fait", et mis en parallèle d'intrigues sentimentales plus ou moins probantes : Tam et son ex policier (et l'actuelle petite amie de celui-ci, une fliquette insupportable et jalouse), Syl et son mec barman (une relation pas très maîtrisée sur la durée, et qui, vers la fin, n'est là que pour amener les filles à ouvrir leur propre bar), et Alexia et sa copine parkoureuse (alors là, c'est assez désastreux, avec des scènes digne d'une série pour ados, notamment quand le père de sa copine découvre que sa fille est lesbienne).

Et puis il y a les méchants de la série : Gilbert Melki, Guillaume de Tonquédec en fauteuil roulant (qui a droit à une scène où il pête un plomb sur du Rita Mitsouko, qui m'a donné des frissons de honte pour la production tellement c'est WTF et cringe), et Élodie Fontan, peut être la moins bien lotie du lot.

Il faut dire qu'avec son personnage de tueuse pseudo-badass avec long imper en Skaï, flingue de Robocop, perruque approximative (de manière globale, les postiches et couleurs capillaires de la série sont très discutables), et attitude de maychante sarcastique et sadique, elle n'est pas aidée, une sorte de caricature ambulante jamais vraiment crédible, et dont la diction est parfois un peu trop récitative.

Le tout sans oublier Carole Bouquet, qui fait l'objet d'un twist de mi-saison qui ne surprendra absolument personne.

En fait, c'est bien simple : tant que la série reste en mouvement, avec des poursuites, des cambriolages, etc (quand bien même certains de ces éléments manquent un peu de rythme ou de vraisemblance), ça va, l'interprétation est assez naturelle et ça se regarde plutôt bien ; mais dès que l'on retombe dans le mélodrame pur et dur, ou la romance, tout le monde semble se raidir devant et derrière la caméra, la diction se faire plus scolaire et appliquée, l'incompétence de nombreux personnages refait surface, les personnages masculins n'ont aucune épaisseur et ça commence à coincer.

Ce qui ne dérangera clairement pas le public étranger, que la série vise clairement par son côté tourisme et action ; les Français, par contre, risquent de tiquer un peu plus.  

Ah, et j'ai failli oublier le côté musical, que j'ai à peine abordé plus haut : outre l'illustration musicale assez datée (Rita Mitsouko, Girls just wanna have fun, A-Ha, etc), on a droit à une relecture du thème du dessin animé, en deux versions principales différentes - une reprise modernisée (et un peu moins pêchue) qui illustre le générique de début et ses silhouettes en CGI raides  ; et une reprise "dramatique", ralentie et au piano, utilisée vers la fin de la saison. Pas forcément honteux, mais rien de transcendant non plus.

C'est un peu le bilan que je fais du programme : ce n'est pas un désastre, mais ce n'est pas génial non plus. Comme je le disais, ça aurait pu être bien pire, mais en l'état, c'est juste moyen, et probablement un peu trop ambitieux pour son propre bien.

Restera à voir ce que nous apportera la saison 2.

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Zorro, saison 1 (2024)

Publié le 13 Juillet 2025 par Lurdo dans Action, Aventure, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, France, Comédie, Histoire, USA, Belgique, Paramount

8 épisodes de 30-40 minutes pour cette adaptation française parodique de Zorro, coproduite par France télévisions et Paramount+, où Jean Dujardin reprend le rôle titre dans une série clairement très inspirée par la série de Disney, mais en mode nettement plus comique et décalé - peut-être même trop, à vrai dire.

Zorro, saison 1 (2024) :

Vingt ans après la fin des aventures de Zorro, Don Diego de la Vega (Jean Dujardin) est désormais notable de Los Angeles, dont il doit prendre la tête de la mairie à la suite de son père (André Dussollier). Mais Diego est écrasé par la présence de celui-ci, et lorsqu'il décède subitement, laissant la ville endettée auprès du malfaisant Don Emmanuel (Éric Elmosnino), Diego décide de remettre le costume de Zorro, et de faire de nouveau rêgner la loi et la justice... sans se douter que cela va totalement bouleverser le couple qu'il forme avec Gabriella (Audrey Dana), un couple embourbé dans la routine.

J'ai envie de dire : oui, forcément, une adaptation française de Zorro, ça ne pouvait se transformer qu'en histoire de couple au point mort rongé par les mensonges, les secrets et les coucheries. C'est tellement... français, en fait, comme approche, que ça laisse occasionnellement dubitatif, d'autant que le programme semble constamment tiraillé entre diverses directions qui se mêlent avec plus ou moins de bonheur.

Ici, de la comédie parodique à la OSS 117, où Diego est un incapable qui se révêle uniquement lorsqu'il porte le masque, à l'égo certain, écrasé par le souvenir de son père, entouré d'incapables (dont Éric Massot), avec un méchant pas très doué non plus (mais qui a parfaitement la tête de l'emploi) et des soldats espagnols encore plus incompétents.

À côté, cette histoire de couple dans la tourmente, avec mensonges, tromperies, jalousies, et toute une sous-intrigue d'adoption très souvent oubliée. Ailleurs, de l'aventure façon cape et épée, avec un Dujardin qui s'amuse bien et des combats efficaces. Soit autant de ruptures de ton improbables, amplifiées par des moments un peu wtf, comme cette tentative de suicide du Sergent Garcia (excellent Grégory Gadebois) après la "mort" de Zorro.

On se retrouve au final avec un programme qui part dans tous les sens : ça commence, pendant quelques épisodes, comme une légère parodie de Zorro, avec un Diego hanté par son père (un gimmick oublié en cours de saison) et qui remet le masque pour affronter Don Emmanuel ; à mi-parcours, on a droit un tournant vaudevillesque, avec un épisode où Garcia accuse Bernardo d'être Zorro, Gabriella veut coucher avec lui, Diego passe son temps à mettre et enlever son costume, les portes de l'hacienda claquent, etc...

Et c'est là le début d'un arc scénaristique qui ne fonctionne pas très bien, et qui s'étend jusqu'à la fin de la saison : parce que Gabriella n'est plus attirée que par Zorro, Diego "part en exil" et Zorro s'installe à l'hacienda. Ce qui amène un épisode où, par besoin d'argent, il tient son propre rôle au casino de Don Emmanuel et attrape la grosse tête...

La série continue alors de partir dans le n'importe quoi, avec la mise en scène de la mort de Zorro, le retour de Diego, Gabriella qui comprend que Diego = Zorro et tente de le faire avouer, puis devient elle-même Zorro pour se venger, la tentative de suicide de Garcia... et enfin, dernière ligne droite, Diego qui devient une véritable caricature de notable exploitant autrui pour préparer la venue du Vice-roi d'Espagne, tandis que Gabriella-Zorro lui met constamment des bâtons dans les roues.

Alors pour être franc, j'étais plutôt intrigué par la direction originale de la série, et par ses premiers épisodes, malgré un côté parodique un peu facile. Dujardin fait (bien) du Dujardin, la direction artistique de la série est efficace, l'action est nerveuse, l'illustration musicale appropriée... 

Mais progressivement, les défauts de l'écriture s'amplifient : un mélange de genres et de directions pas toujours judicieux, des sous-intrigues pas indispensables et un peu sous-développées, une fin en queue de poisson, un rythme inégal - dans l'ensemble, ce Zorro n'est pas désagréable et est assez amusant, mais j'en ressors tout de même mitigé. Trop décousu et éparpillé, et un peu plus de mesure aurait probablement été bénéfique au programme.

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QUINZAINE FRANÇAISE - Les bilans de Lurdo - Fiasco, saison 1 (2024)

Publié le 6 Juillet 2025 par Lurdo dans Comédie, Documentaire, Critiques éclair, Cinéma, Les bilans de Lurdo, France, Review, Netflix, Romance, Télévision

Mockumentaire en 7 épisodes de 30-40 minutes, Fiasco lorgne fortement sur une production à la The Office, et met en vedette son co-scénariste/co-créateur Pierre Niney, qui a décidément le vent en poupe ces dernières années.

Fiasco, saison 1 (2024) :

Une équipe documentaire suit le tournage chaotique d'Une femme résistante, un biopic fantaisiste du jeune réalisateur Raphaël Valande (Pierre Niney), adapté de la vie de la grand-mère, ex-résistante ayant sauvé des centaines de Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais entre la famille de Raphaël qui le déteste, le financement du film qui bat de l'aile, l'attirance de Raphaël pour Ingrid (Leslie Medina), son actrice principale, et un mystérieux corbeau qui sabote la production et fait chanter Jean-Marc (Pascal Demolon), le producteur, le tournage s'avère des plus compliqués...

J'avoue, j'ai eu un peu peur en commençant la série, notamment parce que le programme est alors assez chargé en témoignages face caméra pas très naturels et un peu trop écrits, et en exposition un peu maladroite.

C'est un risque que prennent toutes les séries (ou films) jouant la carte du mockumentaire : il faut que tout le monde soit naturel et crédible, que ce soit lors des scènes prises sur le vif, ou lors des interviews en studio en mode "confessionnal".

Heureusement, rapidement, la série trouve son ton et son rythme de croisière : ce n'est pas parfait, les épisodes sont parfois un peu bordéliques, sortes de compilation d'idées et de gags cringe sans unité thématique, et c'est très caricatural, mais dans l'ensemble, une fois que le moteur tourne à plein régime, on ne s'ennuie pas.

On regrettera néanmoins que le show téléphone un peu trop les chutes de certains gags (que ce soit des jeux de mots foireux - le quiproquo sur "Amadou et Marianne" - ou la découverte du passage secret de la grand-mère et ce qu'il renferme), qu'il soit si gentil avec le milieu du cinéma français, qu'il s'éparpille un peu çà et là, ou encore que les tentatives de pathos et d'émotion arrivent parfois comme un cheveu sur la soupe.

Cela dit, je m'attendais à bien pire, Niney s'amuse vraiment à se prendre des gadins à répétition, et finalement, ça se regarde plutôt sympathiquement.

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