Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Things will be different (2024) :
Frère et sœur, Joseph (Adam David Thompson) et Sidney (Riley Dandy) se retrouvent dans un diner perdu après avoir dérobé plusieurs millions de dollars. En fuite et poursuivis par les autorités, ils se réfugient dans une ferme reculée, où les instructions contenues dans un carnet leur permettent d'utiliser un placard "magique" qui les transporte dans une bulle temporelle. Mais rapidement, ils réalisent qu'ils sont pris au piège dans cette ferme hors du temps, et que s'ils veulent s'en sortir, ils vont devoir exécuter les instructions de mystérieux interlocuteurs dont ils ignorent tout.
Long métrage à mi-chemin entre le film de SF et le film policier, réalisé et écrit par un collaborateur de Moorhead et Benson (à la production), ce Things will be different est un gros bordel de boucles temporelles qui se mélangent, de questions laissées en suspens, de paradoxes abscons, etc... qui s'appuient sur une réalisation et une interprétation maîtrisées.
Et c'est ça qui fait toute la force du film : même si le spectateur ne comprend pas forcément tous les tenants et aboutissants du métrage (si tant est que tout soit vraiment logique, cohérent et explicable, à la base - on peut en douter), la relation des deux protagonistes est crédible, touchante et sincère, et elle porte sur ses épaules le scénario et ses défaillances ponctuelles.
Ajoutez à cela une réalisation efficace (les montages du temps qui s'écoule sont notamment très réussis), et l'on se retrouve donc avec un thriller original, intrigant, pas forcément ultra-carré dans son écriture (honnêtement, le film sème tellement d'indices sans forcément leur donner de suite qu'il peut être frustrant, et en rebutera plus d'un), mais très ambitieux. C'est toujours ça de pris.
4/6
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The King of Fighters (2009) :
Dans un monde où un tournoi d'arts martiaux se déroule dans une dimension parallèle accessible via des oreillettes bluetooth, Mai Shiranui (Maggie Q) assiste au vol de trois reliques inestimables par Rugal Bernstein (Ray Park), qui disparaît alors dans la dimension parallèle, avec pour objectif de libérer l'Orochi, une entité maléfique qui lui donnera des pouvoirs immenses. Mais pour y parvenir, Rugal attire les autres combattants dans son monde, afin de les éliminer un à un...
Après Street Fighter, Chun-Li, Mortal Kombat, D.O.A, Tekken... voilà encore une adaptation cinématographique d'un jeu de combat, en l'occurrence King Of Fighters... et là on touche le fond.
C'est bien simple, quasiment rien ne fonctionne ici : le casting est hors-sujet, l'interprétation faiblarde, la réalisation incompétente, le montage désastreux, la chorégraphie des combats est approximative, les effets spéciaux fauchés, et le scénario... aïe.
Bref, malgré quelques visages familiers, c'est vraiment mauvais.
1/6
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Après une saison 1 très attendue, en 2022, mais à l'accueil critique comme public assez mitigé (pour des raisons valables, comme pour des raisons typiquement... réactionnaires) ayant créé une atmosphère assez nocive autour de la sortie du programme, revoici l'adaptation Amazon des événéments précédant le Seigneur des Anneaux.
Toujours 8 épisodes d'une grosse heure au programme, avec un tournage en grande partie relocalisé au Royaume-Uni, pour la suite d'un récit qui ne m'avait pas déplu, malgré un côté un peu éparpillé et des scories inhérentes à une saison 1...
Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (Rings of Power, season 2 - 2024) :
Après avoir gagné la confiance de Galadriel (Morfydd Clark) et trahi cette dernière, Sauron (Charlie Vickers) part pour l'Eregion où, sous l'apparence d'Annatar, un elfe envoyé par les dieux, il convainc Celebrimbor (Charles Edwards) de créer le reste des Anneaux de pouvoir, notamment ceux destinés aux Nains ; à l'autre bout du monde, le futur Gandalf (Daniel Weyman) croise le chemin de Tom Bombadil (Rory Kinnear), qui le prend sous son aile ; quant à Adar (Joseph Mawle), il réunit ses armées pour écraser une fois pour toutes la menace du retour de Sauron...
Si elle m'avait relativement convaincu, la saison 1 des Anneaux de pouvoir n'était pas sans défauts, loin de là, au premier rang desquels une multiplication des sous-intrigues et des personnages secondaires, qui finissait par brouiller un peu trop les cartes, et par singer trop fréquemment certains points scénaristiques des LOTR de Peter Jackson.
Pour cette saison 2, malheureusement, il en va toujours de même : si le programme se démarque plus franchement de l'influence PJ, pour se concentrer sur une montée en puissance progressive débouchant sur le siège de la ville d'Eregion (dans l'avant-dernier épisode de la saison), la série continue d'avoir des problèmes de structure (parfois inhérents au format et au découpage télévisuel), avec des restes de sous-intrigues conclues de manière précipitée, et d'autres clairement uniquement là pour faire de la mise en place d'événements futurs.
Les points forts et faibles de l'écriture restent toujours les mêmes : les manipulations de Sauron en Eregion fonctionnent, Charlie Vickers ayant radicalement changé d'apparence pour l'occasion, etCharles Edwards étant excellent en orfèvre sous l'influence du Mal; les mésaventures des nains, et le conflit de Durin confronté à son père, consumé par l'anneau, restent l'intrigue la plus intéressante et la plus attachante de la série (avec une superbe scène finale pour Durin père vs le Balrog) ; tout ce qui touche au Numenor est absolument et complètement insipide (que ce soit à Numenor même, ou sur le continent), avec un vrai déficit de charisme de ce côté-là ; et malheureusement, Gandalf et ses hobbits (dont j'avais apprécié la relation en saison 1) font énormément de surplace, le personnage de Tom Bombadil étant une agréable surprise au milieu d'une sous-intrigue molle qui évoque, par moments, l'entraînement de Luke sur Dagobah (d'ailleurs, pas ultra convaincu par la manière dont le show amène le nom "Gandalf").
Le bilan scénaristique est donc assez inégal, mais je mentirais en disant m'être ennuyé, ou en affirmant que le siège d'Eregion n'est pas impressionnant - ce n'est pas totalement au niveau des films (il reste notamment un côté très studio/télévisuel à certains décors et certains éclairages/cadrages), mais c'est plus qu'honorable compte tenu de l'ampleur et de l'ambition de la proposition.
À l'identique, musicalement, Bear McCreary se démène une fois de plus et parvient à imposer ses thèmes et ses chansons, notamment pour Tom Bombadil, personnage particulièrement casse-gueule s'il en est (léger hors sujet, par contre, sur la "ballade de Damrod" et ses vocalisations death metal).
Ce qui donne, au final, une saison agréable à suivre... mais, un peu comme en saison 1, un peu frustrante : les scories restent toujours présentes (et ne quitteront probablement plus la série, désormais), et empêchent le programme d'être vraiment passionnant de bout en bout, malgré beaucoup de qualités et une interprétation très solide.
À voir en connaissance de cause, donc, et je ne peux m'empêcher de me demander comment la série va bien pouvoir continuer à conserver l'intérêt du spectateur lorsque l'attention des scénaristes va basculer en très grande partie sur Numenor et les humains...
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Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.
Doctor Who, saison 15 (2025) :
- 15x01 - The Robot Revolution :lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...
Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable.
- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...
Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.
Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.
- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.
Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.
Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.
- 15x04 - Lucky Day :sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.
Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.
C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.
- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...
Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.
Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....
- 15x06 - The Interstellar Song Contest :Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...
Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.
Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).
- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...
Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.
Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.
- 15x08 - The Reality War :Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...
Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.
Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.
- Bilan saisonnier -
Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.
Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.
Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.
C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.
Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.
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Nightbitch (2024) :
En plein post-partum et hypocondriaque, une mère de famille (Amy Adams) commence lentement à ne plus supporter sa vie de femme mariée, au mari trop absent, devant élever seule un bambin débordant d'énergie. Elle remarque alors que son comportement se fait de plus en plus animal, et que divers signes physiques étranges se manifestent chez elle : pilosité, apparitions de mammelles, etc. Et à mesure que le canin prend le pas sur l'humain, elle redécouvre le sens de la vie...
Mouais. Une comédie noire féministe qui parle de la dépression, des problèmes de couple, de la maternité, du besoin de s'échapper, tout ça, sous le couvert d'une grosse métaphore à base de pseudo-lycanthropie.
Et honnêtement, ça se limite à ça : Adams, délibérément jamais mise en valeur, est excellente comme toujours, sa relation avec son fils est attachante et naturelle, mais très rapidement, les tenants et les aboutissants de la métaphore apparaissent évidents, le côté lycanthropie devient un prétexte rapidement écarté et aseptisé, et le film commence à ronronner, avec son propos simpliste et cousu de fil blanc, martelé encore et encore, ses personnages secondaires sous-développés et caricaturaux, etc.
Décevant, je dois dire, jamais suffisamment mordant (sans mauvais jeu de mots) pour marquer, et jamais suffisamment original ou pointu dans son propos pour se démarquer.
2.5/6
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En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.
Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...
Primal, saison 2 (2022) :
Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.
Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.
On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.
La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.
Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.
À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.
La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.
Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.
Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.
Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.
Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner.
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Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).
Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.
Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :
Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...
Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.
Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan.
Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.
Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...
Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.
Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.
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Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.
Et pourtant...
Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :
Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...
Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).
Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.
Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.
L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.
Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.
Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.
Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.
On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.
Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.
Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.
De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).
Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).
Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.
On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.
Deux ans après la diffusion de la saison 6 de Black Mirror, une saison frustrante de 5 épisodes inégaux, Charlie Brooker remet le couvert pour une nouvelle fournée d'épisodes, constituée cette fois-ci de six épisodes, dont une suite directe à l'épisode USS Callister de la saison 4 (dont j'ai honnêtement oublié les tenants et aboutissants - un revisionnage est de rigueur).
Black Mirror, saison 7 (2025) :
- 7x01 - Common People : Lorsque son épouse Amanda (Rashida Jones) est atteinte d'une tumeur au cerveau, Mike (Chris O'Dowd), ouvrier, accepte une procédure expérimentale révolutionnaire, qui sauve sa femme mais la connecte en permanence, contre un abonnement, à un serveur de l'entreprise Rivermind dans le cloud. Mais le forfait de connexion évolue, et quand Rivermind commence à dévaluer le contrat du couple, les choses se compliquent...
Un épisode tragique, noir et efficace, très Black Mirror, qui critique de multiples facettes de notre société actuelle, de la gig economy aux abonnements à géométrie variable (avec boosters et tout le toutim) bourrés de publicité, comme Netflix les aime tant, en passant par les OnlyFans et autres sites de camgirls. C'est peut-être un poil trop long pour ce que ça raconte (avec 5-10 minutes en moins, le spectateur aurait probablement moins le temps de voir venir les rebondissements suivants arriver), mais ça fonctionne tout de même, en déroulant son récit jusqu'à sa conclusion inévitable.
- 7x02 - Bête Noire : Maria (Siena Kelly), conceptrice dans une entreprise de confiserie, s'inquiète de voir Verity (Rosy McEwen), qu'elle avait harcelée au lycée, rejoindre son équipe, d'autant que cette arrivée s'accompagne de bouleversements dans la perception même qu'a Maria de la réalité : encore et encore, Verity semble changer le monde autour d'elle à son avantage, pour se venger de Maria...
Je suis moins fan de cet épisode, dont on devine qu'il a été créé par Brooker sur la base de "l'Effet Mandela, c'est rigolo, mais si c'était quelqu'un qui le contrôlait pour se venger ?". On se retrouve donc avec une bête histoire de vengeance d'une sociopathe contre une ennemie de lycée, avec une Maria délibérément antipathique qui devient de plus en plus paranoïaque, une Verity qui multiplie les regards menaçants, et une explication superficielle pas loin du "A Wizard did it !" qui permet aux protagonistes de changer la réalité en quelques secondes et quelques mots. Pas convaincu par celui-là, ou par son ton outré et caricatural (avec cartons-titres ponctués de grands coups d'orgue).
- 7x03 - Hotel Reverie :Actrice à la mode, Brandy (Issa Rae) aimerait un rôle complexe et profond, plein de sentiments et de romance. Arrive Kimmy (Awkwafina), de la société Redream, qui lui propose de jouer le rôle vedette du remake d'Hotel Reverie, un film sentimental devenu un classique. Mais ce que Brandy ignore, c'est que Redream va lui permettre d'entrer littéralement dans le film, à la place de son acteur principal, et de vivre cette romance impossible avec Dorothy (Emma Corrin), l'actrice principale du film.
Mouais. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec San Junipero, de la saison 3, une romance LGBTQ prenant place dans un monde virtuel à l'esthétique vintage... et ici, critiques comme spectateurs ne se sont pas privés de faire la comparaison, pour le meilleur et pour le pire.
Personnellement, je n'ai pas été ultra-convaincu par ce qui n'est ni plus ni plus qu'un épisode Holodeck de Star Trek The Next Generation, avec son/sa protagoniste qui revit son histoire préférée, qui tombe amoureux d'un personnage, et la défaillance technique qui donne soudainement vie et libre arbitre à ce personnage virtuel, avec tout ce que ça entraîne de complications et de romance impossible.
Sauf qu'ici, le prétexte de base est capillotracté, et l'on peine à percevoir la plus-value de "remaker" à l'identique un film en ne changeant que son acteur principal : ça ne modernise rien du tout, ça n'attire aucun nouveau public, bref, c'est assez creux et ça n'a aucun intérêt (et si justement, une partie de la satire de l'épisode était de se moquer des remakes "woke" très calculateurs, en remplaçant ici un héros caucasien masculin et hétéro par une femme noire et lesbienne histoire de servir la soupe à telle ou telle catégorie démographique... c'est raté, tant l'épisode laisse ce sujet inexploité).
Bref : pas accroché au postulat de départ, pas accroché à l'équipe technique incompétente, pas accroché au couple présenté (qui n'a pas une grande alchimie, avec une Issa Rae trop moderne à tous les niveaux), pas accroché au rendu du film rétro, un peu approximatif et caricatural, et pas accroché aux tentatives de faire de l'émotion bouleversifiante avec le recours un peu facile à du Debussy, qui même sans rien à l'écran parviendrait à émouvoir.
(c'est bien interprété par Corrin, cela dit)
- 7x04 - Plaything :En 1994, Cameron Walker (Lewis Gribben), journaliste névrosé spécialisé dans les jeux vidéos, découvre Thronglets, un jeu révolutionnaire de Colin Ritman (Will Poulter), qui affirme avoir créé là une vie numérique. Rapidement, en prenant du LSD, Cameron réalise qu'il parvient à comprendre les Thronglets qui vivent dans son ordinateur, et que ceux-ci lui demandent de les aider à se multiplier. En 2034, Cameron (Peter Capaldi) est arrêté et interrogé par les autorités pour un meurtre qu'il a commis...
Un épisode plutôt réussi, suite indirecte de Bandersnatch (Poulter reprend son rôle), et contenu semi-autobiographique pour Brooker, autrefois journaliste de jeux vidéo pour un magazine de jeux PC. L'épisode, divisé en deux parties, adopte une mise en image au format 4/3, multiplie les références et les clins d'œil à une certaine époque et un certain milieu, et propose une interprétation à fleur de peau de Capaldi et de Gribben : de quoi donner corps à cette histoire d'intelligence artificielle à mi chemin entre le Tamagotchi et les promesses d'un Peter Molyneux, une intrigue sympathique qui se termine bien... ou mal. Selon le point de vue.
- 7x05 - Eulogy :Lorsqu'il est contacté par Eulogy, une entreprise de technologie funéraire qui tente de réunir des souvenirs de Carol, qui vient de décéder, Phillip (Paul Giamatti) est hésitant. Mais avec l'aide d'une intelligence artificielle (Patsy Ferran) intégrée dans l'équipement envoyé par Eulogy, il va se laisser convaincre et retracer, en se plongeant virtuellement dans les rares photos qu'il a conservées de l'époque, son histoire compliquée avec Carol...
Un épisode assez différent, très nostalgique, doux-amer et touchant, à deux doigts de la pièce de théâtre, et entièrement porté à bout de bras par Giamatti, excellent comme à son habitude, et par ses interactions avec Patsy Ferran, qui lui sert ici de conscience et remet en questions ses souvenirs et ses choix.
Ici, pas de retournement de situation noir et cynique, mais de la sincérité, et pas de technologie menaçante, mais une invention qui aide à faire le point, à se souvenir, à pardonner, presque comme une thérapie. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'était plutôt joli.
- 7x06 - USS Callister : Into Infinity :Alors que l'équipage de l'USS Callister tente de survivre dans le jeu Infinity, toujours plus monétisé, en dépouillant les joueurs de leurs crédits, cette activité illégale et étrange déclenche des signaux d'alarme dans le monde réel. La véritable Nanette (Cristin Milioti) mène l'enquête, et réalise bien vite l'étendue des actes de Robert Daly (Jesse Plemons), son patron décédé...
Une suite directe à l'épisode de la saison 4, ce long-métrage (90 minutes) est un nouveau volet tout à fait honorable de cette histoire, bien qu'un peu inégal. En réalité, l'épisode m'a donné l'impression d'être coupé en deux : une première moitié constituée d'un résumé des événements précédents, des mésaventures sérieuses et tendues du Callister, et des recherches nerveuses de Nanette dans le monde réel. Et puis une seconde partie plus spectaculaire qui voit monde réel et monde virtuel interagir, et une véritable aventure se mettre en place.
Heureusement, le tout s'équilibre plutôt bien, culminant en un affrontement à deux niveaux, le premier entre le vaisseau et tous les joueurs floués qui veulent se venger (avec des dogfights à la Star Wars), le second entre Nanette et une version virtuelle de Daly, toute aussi instable que l'original. Plutôt sympathique, donc, même si l'épilogue m'a laissé un peu de marbre, pas aussi efficace ou drôle que Brooker semble le penser.
- Bilan saisonnier -
Si je fais mes comptes, on a donc, cette saison, quatre épisodes assez bons et réussis, et deux un bon cran en dessous. Ce qui est nettement meilleur que certaines saisons passées, je dois dire, puisqu'on évite un épisode vraiment mauvais ou trop balourd ou cynique pour convaincre.
Plutôt une saison agréable, en fait, ce qui me surprend, puisqu'il suffit de relire certains de mes bilans précédents (ici) pour s'apercevoir que je n'ai généralement pas forcément une grande affinité avec le style de Charlie Brooker.
Mais je suppose que maintenant, Brooker a plus de moyens, plus de tranquillité d'esprit, et peut-être un peu moins de cynisme... ce n'est pas plus mal (encore que, je suis sûr que pour certains, c'est tout l'inverse, et depuis que Black Mirror est sur Netflix, Brooker est devenu trop gentil et ne fait plus que de la daube ^^)
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## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
The Witcher : Les sirènes des abysses (The Witcher - Sirens of the Deep - 2025) :
Engagés pour tuer un monstre semant la terreur en bord de mer, Gerald (Doug Cockle) et Jaskier (Joey Batey) se retrouvent embarqués dans une guerre entre le royaume terrestre de Bremervoord et le royaume sous-marin des sirènes. Au cœur de ce conflit, la relation impossible entre Agloval (Camrus Johnson), prince de Bremervoord, et Sh'eenaz (Emily Carey), princesse sirène...
Mouais. Une adaptation très libre d'une nouvelle de Sapkowski, qui pousse encore plus loin la relecture et l'hommage à La Petite Sirène d'Andersen... sauf qu'ici, on est plus dans l'hommage à Disney, puisqu'on se retrouve avec Melusina (Mallory Jensen), la méchante sorcière des océans, qui se transforme en poulpe/kraken et pousse la chansonnette pour convaincre Sh'eenaz de signer un pacte avec elle.
Du hors-sujet complet, qui transforme presque ce film d'animation Witcher en parodie, pas aidé par un doublage assez discutable du personnage d'Essi, pourtant l'un des éléments clés de ce récit. En effet, dans la nouvelle, la relation de Geralt et Essi (Christina Wren), une barde, est au premier plan, une relation impossible là aussi, Geralt étant toujours épris de Yennefer. Ici, les scénaristes ont inversé la tendance, fait passer cette relation au second plan de l'histoire principale, ajouté une énorme dose de baston et de conflits, et ils ont laissé Christina Wren adopter un accent calamiteux, improbable, et à géométrie variable, ce qui rend la relation de la demoiselle avec Gerald assez brinquebalante.
Et ce n'est pas la seule chose qu'ils ont "inversé", puisque la conclusion de l'intrigue, qui voyait la sirène sacrifier sa nature pour son prince, est ici remplacée par une fin heureuse plus politiquement correcte (le prince devient une sirène), qui retire de la tragédie au conte originel. Déjà que toute l'intrigue est vraiment basique et quelconque et que la langue des sirènes est laborieuse au possible...
Heureusement, la bataille finale est assez spectaculaire (malgré quelques soucis de framerate entre les parties animées en 2d et les parties animées en 3d et un Geralt en mode Wuxia qui saute, virevolte et tournoie dans tous les sens), et Doug Cockle (le Geralt des jeux) assure au doublage.
Mais dans l'ensemble, un bon gros bof, bien en dessous du Cauchemar du loup.
2.25/6
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