Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Baby Bluff (Kinda Pregnant - 2025) :
Plaquée par son compagnon, Lainey (Amy Schumer) remarque un beau jour que les femmes enceintes sont nettement mieux traitées par la société que les quadragénaires célibataires et sarcastiques, comme elle. Elle décide alors de se faire passer pour enceinte à l'aide d'un faux ventre, ce qui l'entraine dans une spirale de mensonges et, accessoirement, va lui faire trouver l'amour auprès de Josh (Will Forte)...
Une production Happy Madison, réalisée par le neveu d'Adam Sandler, avec la femme et la fille de ce dernier dans de petits rôles, pour une comédie co-écrite par Amy Schumer, qui tente là de retrouver le succès en solo avec un film parlant de grossesse et de romance, dans la droite lignée de En Cloque mais pas trop, téléfilm ABC Family de 2009 avec Lindsay Lohan.
Le problème étant que ce métrage tente très maladroitement d'être à la fois une comédie trashouille à la Schumer avec un personnage principal détestable et égocentrique, une comédie romantique sirupeuse, un film bourré de slapstick, un film féministe montrant la grossesse féminine dans ce qu'elle a de moins glamour et de plus éprouvant psychologiquement, etc... le tout avec la "sensibilité" d'un Sandler et d'Amy Schumer.
Ce qui ne fonctionne pas, forcément. D'autant plus si l'on a déjà une patience limité vis à vis du numéro habituel de Schumer : les ruptures de ton sont brutales et affaiblissent le tout, ça gueule beaucoup, Schumer en fait trois tonnes (sans mauvais jeu de mots lié à sa prise de poids), la romance paraît fréquemment forcée, les personnages sont trop peu attachants et sympathiques, l'évolution de la relation de Lainey et de sa BFF est clichée au possible, bref... on s'ennuie un peu, malgré une durée de 90 minutes environ.
Bof.
2/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
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Joker : Folie à deux (2024) :
Désormais emprisonné à l'asile, Arthur Fleck (Joaquin Phoenix), neurasthénique, est sur le point de passer au tribunal pour tous ses crimes, lorsqu'il rencontre Lee Quinzel (Lady Gaga), une autre détenue, pyromane, dont il s'éprend soudain. Ensemble, le couple va alors connaître une romance intense et compliquée, qui va amener Fleck à faire le point sur son identité réelle...
Mouais. Une suite inutile à un film qui l'était déjà fortement (tout en étant relativement regardable pris comme un DCElseworlds ou un hommage pataud à Scorsese), ce Joker II décide, sans réelle justification narrative, de s'improviser comédie musicale (du moins, dans la mesure où un film où les personnages murmurent/chuchotent leurs chansons en étant à peu près justes peut s'appeler une comédie musicale...), et de se poser comme une sorte de réponse à une certaine catégorie de fans du premier film, qui se sont reconnus dans le personnage du Joker et l'ont célébré.
Ici, le Joker/Arthur est clairement (et plus que jamais) présenté comme un malade mentale pathétique et maladif, dont les fans sont probablement plus atteints et dangereux que lui. À l'image de Lee, une relecture d'Harley Quinn en mode "fille de bonne famille fangirl qui pousse Arthur pour qu'il soit le Joker qui a su capturer son imagination et son cœur", mais qui finit par le lâcher totalement dès lors qu'Arthur assume publiquement que le Joker n'est qu'un déguisement, et qu'il est bien un loser incel fragile tant mentalement que physiquement, voire une victime (une "prise de conscience" qui intervient après qu'il se soit fait violer et tabasser par les gardes à l'asile... mouais).
On se retrouve donc avec, pendant la première heure, une romance bancale qui redonne espoir à Arthur peu de temps avant son procès, une romance parsemée de chansons peu probantes ; et puis, dans la deuxième heure, on a un film de procès mollasson et terne, pas très convaincant non plus, qui propose peut-être la séquence musicale la plus travaillée du film, dans le tribunal. Mais constamment, on a l'impression que le métrage n'ose paradoxalement rien : il ne va pas à fond dans les séquences musicales, il reste toujours trop timide, et finit par botter en touche, lorsque Fleck se fait poignarder par un autre patient d'Arkham après que ce dernier lui ait raconté une blague. Fleck se vide de son sang et décède, pendant que l'autre patient, en arrière-plan, éclate de rire et se fait un sourire de Glasgow au couteau, à la Heath Ledger.
Un peu comme un message de Todd Phillips destiné aux fans de comics frustrés, et qui enterre un peu plus le premier film : "c'est bon, vous êtes contents, Fleck n'était pas le vrai Joker, vous pouvez vous calmer".
Mouais. Pas surprenant de voir que le film a fait un flop, et que les fanboys du premier Joker, au protagoniste perçu comme un symbole anarchiste, révolutionnaire et anti-système, ont vite fait de se détourner de ce second volet.
2/6
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Vice-Versa 2 (Inside Out 2 - 2024) :
Désormais sur le point de devenir adolescente, Riley (Kensington Tallman) est invitée à prendre part à un camp d'entraînement de hockey avec ses deux meilleures amies Bree (Sumayyah Nuriddin-Green) et Grace (Grace Lu). Mais tout se complique lorsque Bree et Grace lui annoncent qu'elles ne vont plus se voir à la rentrer, et la pression à l'idée de rencontrer son idole Val (Lilimar), joueuse de renom, déclenche un torrent de nouvelles émotions dans son organisme : Anxiété (Maya Hawke), Envie (Ayo Edebiri), Ennui (Adèle Exarchopoulos) et Embarras (Paul Walter Hauser), qui vont prendre le contrôle de Riley, au grand dam de Joie (Amy Poehler) et de ses collègues...
Le premier Inside Out, s'il souffrait un peu du symptôme Pixar du film qui commence par une idée de court-métrage très forte et se poursuit sous la forme d'un récit d'aventures sympathique mais pas au même niveau, restait globalement un excellent divertissement, drôle et touchant.
Neuf ans plus tard, cette suite fait sens, puisque Riley a grandi, et qu'elle fait désormais l'expérience de nouvelles émotions. Et ça reste réussi, bien qu'un cran en dessous du premier volet (ce qui n'est pas forcément très surprenant, en soi).
Alors si j'étais aussi cynique qu'une bonne partie des critiques américains, je dirais que ce film pue l'exploitation de franchise, que Pixar n'a plus d'inspiration depuis que c'est une succursale Disney, que les disparités salariales qui ont mené au remplacement de Mindy Kaling et de Bill Hader par Liza Lapira et Tony Hale sont honteuses, que le scénario aurait dû développer le grand secret de Riley et le lier à son admiration pour Val dans une sorte de crush amoureux LGBTQ non assumé, et que sais-je encore...
Mais non : tous ces arguments frôlent en réalité bien souvent le putaclic, et Inside Out 2 reste un film tout à fait charmant et sympathique, bien qu'un peu prévisible, notamment parce qu'il ne bénéficie plus de l'effet de surprise du premier.
Les nouvelles émotions sont efficaces, leur impact sur Riley sonne juste, et le message reste cohérent avec celui du premier film : ça fonctionne, même si, effectivement, ça n'atteint pas les sommets du premier (notamment en termes d'émotion, mais aussi de musique, Giacchino ne revenant pas pour cette suite).
4/6
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Wicked (2024) :
L'origine d'Elphaba (Cynthia Erivo), la mythique Sorcière de l'ouest d'Oz, et de son amitié avec Glinda (Ariana Grande), la bienveillante Sorcière du sud, avant qu'Elphaba ne soit crainte dans tout le royaume...
Adaptation de la comédie musicale elle-même librement adaptée du roman Wicked (précurseur de cette vague d'adaptations déconstruisant des oeuvres et des contes de fées classiques en présentant le point de vue du méchant et en tentant de le nuancer) et qui s'attaquait en l'occurrence au Magicien d'Oz de L. Frank Baum, Wicked arrive après un development hell conséquent, filmé par John M. Chu, et proposant, au premier abord, un métrage clinquant et sirupeux, guère engageant pour le non-fan que je suis.
Et si, effectivement, la facette musicale du métrage n'a guère convaincu le novice de Wicked que je suis (je ne connaissais que les deux grosses chansons titres, effectivement accrocheuses, mais la bande originale est, au mieux, passable), le reste de cette comédie musicale décomplexée m'a agréablement surpris.
On est en terrain assez familier : Harry Potter x Galavant x Le Magicien d'Oz (sans citer les films influencés par le succès de Wicked sur scène, comme Maléfique et compagnie), mâtiné d'un propos sur les différences et les inégalités - propos auquel je ne m'attendais pas, je dois dire, notamment en ce qui concerne les animaux qui parlent, et qui malheureusement finit par faire d'Elphaba une défenseuse incomprise des opprimés, une social justice warrior qui s'indigne, défend l'égalité des droits, se révolte pour la cause animale, et devient une terroriste aux yeux du monde - pas forcément une caractérisation très subtile ou intéressante, du moins en ce qui me concerne.
Heureusement, il existe, en filigrane et pendant tout le film, un côté slapstick et comique qui m'a agréablement surpris, avec en particulier une Galinda/Ariana Grande renouant totalement avec ses années sitcom, toute en mimiques, en poses improbables, en gestes exagérés, etc. Alors j'ignore quelle part provient de la comédie musicale, de l'écriture de l'une des deux coscénaristes venue du milieu des sitcoms, ou de l'interprétation des actrices, mais ça fonctionne, et ça évite que Wicked ne soit pompeux ou trop sérieux pour son propre bien.
Ça n'évite cependant pas les passages musicaux insipides qui s'enchaînent, mais ça les fait plutôt bien passer, d'autant que la direction artistique et les décors offrent suffisamment de visuels spectaculaires et intéressants pour que le spectateur ait toujours de quoi rester intéressé (merci les effets spéciaux made in ILM).
Comme je le disais, donc, je n'attendais absolument rien de ce Wicked sur la base de sa bande-annonce ou de sa réputation... et je mentirais en disant que je vois là le classique absolu que ses fans et les médias encensent régulièrement. Mais pour peu qu'on ne soit pas réfractaire aux comédies musicales, ça passe plutôt bien (même si j'ai de gros doutes sur la pertinence d'une suite...)
3.75/6
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Kraven the hunter (2024) :
Les origines de Kraven (Aaron Taylor-Johnson), fils du cruel mafieux Nikolaï Kravinoff (Russell Crowe), qui, après un accident de chasse dans la savane, se voit doté de capacités physiques extraordinaires et surhumaines. Il devient alors "Le Chasseur", tueur à gages chassant les pires criminels de la planète... Il attire alors l'attention du Rhino (Alessandro Nivola), un mercenaire bien décidé à prendre la place de Nikolaï à la tête de la pègre russe, et qui kidnappe Dmitri (Fred Hechinger), le frère de Kraven, pour tendre un piège à ce dernier...
Énième tentative de Sony d'exploiter l'univers étendu de Spider-man sans utiliser le personnage principal, après une trilogieVenom médiocre, Morbius et le récent (et incompétent) Madame Web, Kraven tente de faire de l'un des antagonistes du Tisseur un anti-héros bodybuildé et sympathique, mais ne parvient jamais à le rendre intéressant ou dynamique.
Il faut dire qu'avec près de deux heures au compteur, avec une distribution secondaire unanimement insipide et transparente (le Rhino, l'Étranger, le Caméléon, Calypso... hormis Kraven et Russell Crowe, pas de salut) et avec des effets numériques très inégaux (le duel final contre le Rhino est... immonde), il n'y a pas forcément grand chose à sauver de ce long-métrage souvent inerte, qui aura passé plus de temps en development hell qu'en salles. et qui se contortionne in extremis (en vain) pour tenter d'amener une fin alignée sur le comics.
Quelques scènes d'action surnagent (quand elles ne sont pas tirées vers le bas par des doublures numériques caoutchouteuses), la post-synchro est approximative mais passable, et dans l'ensemble, c'est assez terne et mollasson. Espérons que ce Kraven signera la fin de l'ère Marvel-Sony dans cette incarnation frustrante... mais bon, je ne me fais pas trop d'illusions.
2.25 - 0.25 pour la reprise intégrale (et bien fainéante) du thème d'Octobre Rouge de Poledouris durant toute l'introduction, parce que "hey, ça se passe en Russie, trouvez-moi un truc qui sonne vaguement russe, même si ça n'a rien à voir avec le film" = 2/6
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Premier mois de publication sur le nouveau blog du Téléphage Anonyme, et un mois plus chargé que la norme, puisqu'il a enchaîné une quinzaine Saint Valentin assez dense, quelques films, et une semaine consacrée aux séries télévisées...
Molly and Max in the Future, une romcom de SF décalée et pas sérieuse du tout ; His & Hers, une production Hallmark plus proche d'une comédie procédurale judiciaire que d'une comédie romantique basique ; An American in Austen, avec son personnage contemporain qui se réveille dans un roman de Jane Austen ; et If You Were the Last, une histoire d'amour drôle et improbable entre deux astronautes.
# Flop(s) du mois :
Prise au jeu, une comédie Netflix aux personnages antipathiques ; Running on Empty, une comédie noire se voulant décalée et corrosive, mais tombant à plat ; et Young Werther, avec son personnage principal tout simplement à baffer...
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# Petit écran :
Une bonne dose de séries télévisées passées en revue ce mois-ci, à commencer par l'excellente surprise du Décaméron, une comédie dramatique historique produite pour Netflix, très excentrique, mais qui ne plaira pas à tout le monde.
Ensuite est arrivée une grosse semaine, entièrement consacrée aux séries : SecretLevel, la série animée d'Amazon, s'est avérée très mitigée, à mi-chemin entre anthologie de courts inspirés de jeux vidéos, et placement produit bien honteux ; l'épisode de Noël de Doctor Who était lui assez sirupeux et bordélique... mais c'est ce que l'on attend toujours des épisodes festifs de la série, donc pas de problème de ce côté-là ; la saison 2 de Squid Game m'a l'aissé dubitatif, avec trop de digressions et d'éléments qui ne m'ont pas convaincu ; la saison 2 de That 90's Show est restée anecdotique : pas désagréable à suivre, mais rien de mémorable ; toujours autant de frustrations avec la saison 3 de Marvel's What If...?, dont certains épisodes emportent l'adhésion, mais qui semble incapable de se passer de Captain Carter...
Sans oublier l'ultime saison de Star TrekLower Decks, un peu brouillonne et au fil conducteur assez moyen ; et The Franchise, une satire HBO Max des studios hollywoodiens produisant des films de superhéros : assez plate et inerte, une série qui arrive après la bataille, et qui n'est jamais particulièrement inspirée.
Retrouvez aussi les bilans de toutes les séries critiquées jusqu'à présent en ces pages en cliquant ici et en consultant nos archives là.
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# À venir :
Dès demain, retour à la normale sur le blog des Téléphages Anonymes, avec trois critiques ciné et une ou deux critiques tv par semaine, avec une petite parenthèse irlandaise à l'occasion de la Saint Patrick...
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Vous pouvez retrouver la liste de tous les films passés en revue dans ces pages sur la page dédiée à cet effet, accessible via l'onglet Cinéma du menu de haut de page.
En parallèle, les archives des Téléphages Anonymes restent en ligne :
- L'historique de toutes les éditions de la Christmas Yulefest, et des films, téléfilms et séries de Noël passés en revue à cette occasion, est disponible sur les pages Index Christmas Yulefest alphabétique et saisonnier.
- L'historique de tous les films et séries d'horreur passés en revue à l'occasion de l'Halloween Oktorrorfest annuelle, est disponible ici.
- L'index de tous les autres films passés en revue sur le blog des Téléphages est accessible en cliquant directement sur ce lien (000-1000), sur celui-ci (1001-2000) ou bien ce dernier (2000+)...
- Et enfin, les bilans de toutes les autres séries critiquées sont recensés dans dans l'index Séries alphabétique qui leur est consacré.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Captain America : Brave New World (2025) :
Les tensions internationales croissent autour de l'adamantium, un métal rarissime découvert dans le corps du Céleste immergé dans l'Océan Indien, et Sam Wilson (Anthony Mackie) et son compère Joaquin (Danny Ramirez) peinent à se faire à l'arrivée à la Maison Blanche de leur ennemi juré, l'ex-Général Ross (Harrison Ford). Mais alors que celui-ci semble désormais vouloir changer d'attitude pour le bien du peuple américain, Isaiah (Carl Lumbly), ex-super soldat, tente d'assassiner en public le Président. Sam comprend que quelque chose ne tourne pas rond, et son enquête va révéler les machinations de Samuel Sterns (Tim Blake Nelson), un ancien "ennemi" de Ross...
Forcément.
Un Captain America qui fait directement suite à la série The Falcon and the Winter Soldier (une série au résultat mitigé, handicapée par des reshoots et un changement de direction à mi-parcours, pandémie oblige) et indirectement à deux des films les moins appréciés du MCU (L'Incroyable Hulk et Eternals) ; un film qui a lui même été handicapé par une production compliquée (notamment liée à un personnage secondaire isréalien), qui sort alors même que presse et spectateurs sont dans une phase "tout ce que fait Marvel désormais, c'est de la merde, de toute façon" très cynique, dans un climat politique compliqué (sortir un film sur un Captain America noir qui se bat contre un Président des USA rouge, colérique et destructeur, ça ne fait forcément pas l'unanimité dans l'Amérique de Trump) et qui remplace feu William Hurt par Harrison Ford dans le rôle de Ross ; et pour ne rien arranger, un film Marvel qui veut s'inscrire dans la lignée de Captain America 2 : The Winter Soldier (comprendre : moins de blagounettes, plus de sérieux et de thriller géopolitique), ce qui revient à se priver d'une partie du public des films Marvel... ça ne pouvait que coincer.
Et voilà, un Captain America 4 qui s'est fait démonter par la critique, attaqué pour tout et son contraire (pas assez drôle, pas assez sérieux, pas assez engagé, trop engagé dans des positions d'apaisement et de cohabitation qui se marient mal avec l'époque actuelle polarisée, etc, etc), et décrit par de nombreux critiques presse comme l'un des trois pires, si ce n'est le pire film de toute l'histoire de MarvelStudios (hyperbole/absence totale de nuance, quand tu nous tiens...)
Personnellement, ayant très modérément apprécié The Falcon and The Winter Soldier, je n'attendais absolument rien de ce métrage. Et j'ai été relativement agréablement surpris. Le mot-clé étant "relativement".
Dans un premier temps, ça lorgne effectivement beaucoup sur The Winter Soldier (pour le ton) et Civil War (pour le contenu). Au point d'en devenir presque gênant : Cap qui défie les ordres et qui, avec son sidekick et une ancienne de la Chambre rouge, tente de prouver l'innocence de son ami ex-super-soldat manipulé par un méchant non identifié, suite à un attentat en pleine crise géopolitique internationale, avec pour toile de fond le partage d'un minerai rare... c'est Civil War, peu ou prou.
Ça fait donc un peu redite, mais en moins bien : moins bien filmé (les scènes de Samuel Sterns en plan débullé et sombre, mwébof), moins nerveux (les affrontements sont notamment un peu trop mous), une bande originale plus effacée, une pseudo-Black Widow moins convaincante eet très absente, des scénes d'exposition (tout ce qui tourne autour de Giancarlo Esposito) que l'on sent rajoutées lors des reshoots pour bien expliquer le plan des méchants, des effets spéciaux plus inégaux (le budget est clairement inférieur aux plus gros blockbusters du MCU, et si Red Hulk est réussi, certaines autres incrustations sont assez laides, et certaines textures semblent très approximatives)...
Et pourtant, le scénario plus simple et direct, le capital sympathique de Sam Wilson (qui cherche à négocier et à parler avant de taper), les détails qui tentent de le rendre crédible en tant que successeur à Cap malgré l'absence de superpouvoirs (costume et ailes en vibranium), et l'interprétation impliquée d'Harrison Ford font que j'ai relativement apprécié ce spectacle aux défauts certains, mais qui est loin des pires productions du MCU.
Je m'attendais à tellement pire qu'en fait, je crois que j'ai même préféré à Black Panther 2, donc...
3/6 (soit la même note que la série Falcon et le Soldat de l'hiver)
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Saturday Night (2024) :
Les 90 minutes précédant la diffusion en direct du premier épisode du Saturday Night Live, et les nombreux conflits et événements ayant mené à cette diffusion portée à bout de bras par Lorne Michaels (Gabriel LaBelle) et son équipe...
Entre deux Ghostbusters nostalgiques, Jason Reitman et son compère Gil Kenan décident de jouer les fanboys et de narrer, quasiment en temps réel, les coulisses de la première édition du Saturday Night Live... mais très honnêtement, j'ai trouvé tout ça un peu vain et creux.
C'est très nombriliste, une reconstitution partiellement fantasmée et idéalisée, ça ressemble un peu à du Aaron Sorkin sans le mordant et la virtuosité, et les choix d'interprétation (LaBelle, notamment, choisit de faire de son Lorne un personnage totalement flegmatique et passif, qui peine à convaincre en génie créatif et meneur d'hommes) laissent parfois dubitatif : en somme, c'est un biopic plein de révérence, à la reconstitution visuelle réussie, et qui parvient à retranscrire l'énergie excentrique et chaotique de l'enregistrement d'un show live dans les années 70 (quitte à bourrer le film d'anecdotes et de moments inutiles, et à sous-exploiter un paquet d'interprètes), mais qui échoue à exprimer le caractère révolutionnaire et hilarant du show, tel que Reitman et Kenan le perçoivent avec le recul.
Et puis il y a le problème de baser toute la tension du film sur la diffusion ou non du premier épisode du SNL, un problème assez symptomatique de l'écriture du film : en tant que film de fan bourré de clins d'œil à l'histoire du SNL, à ses sketches célèbres, au destin de ses acteurs, etc, SN tente d'avoir le beurre (la tension artificielle qui fait comme si le spectateur ne savait pas déjà comment tout cela allait se terminer) et l'argent du beurre (les innombrables coups de coude au spectateur qui supposent clairement que le spectateur a toutes les références, reconnait toutes les anecdotes, les sous-entendus, les visages, et donc, sait déjà clairement comment tout va se terminer).
On se retrouve donc avec un exercice de style qui a le postérieur entre deux chaises : c'est tout à fait regardable et même divertissant, et la distribution est excellente, mais niveau intérêt intrinsèque, ça s'arrête là.
3/6
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Venom 3 : The Last Dance (2024) :
Traqué par les autorités pour le meurtre d'un journaliste, Eddie Brock (Tom Hardy) et Venom traversent les USA en stop, pour rejoindre New-York et tenter de prouver leur innocence. Mais aux tréfonds du cosmos, Knull (Andy Serkis), entité malfaisante ayant créé les Symbiotes, tente de s'échapper de sa prison, et envoie ses Xénophages aux quatre coins de l'univers, pour retrouver Venom, et le Codex qui est né de sa fusion avec Brock...
La trilogie des Venom de Sony, c'est un peu comme les films de Nicolas Cage : c'est souvent mauvais, approximatif, bancal, et tout et tout, mais ça reste toujours intéressant grâce à la prestation de son acteur principal.
Ici, avec ce Venom 3, supposé être la fin de la franchise (au moins pour un temps et sous cette forme), la formule ne change pas : débauche d'effets spéciaux, de symbiotes multicolores et de personnages à la caractérisation sommaire, exposition et dialogues balourds, longueurs et digressions inutiles, distribution secondaire qui fait de la figuration... et un Tom Hardy qui déambule là-dedans pieds nus, comme un vagabond alcoolisé et paumé, réagissant bon gré mal gré aux événements qui se produisent autour de lui.
Ponctuellement, ce script bordélique propose des idées intéressantes (la poursuite dans la rivière), pas forcément exploitées au mieux, Hardy a l'air de s'amuser à apporter sa touche personnelle à son personnage (et cabotine en doublant Venom), et la fin, toute prévisible, a de faux airs de conclusion définitive pour un acteur qui en a terminé avec son contrat...
Mais bon, c'est très loin d'être exceptionnel, tout ça, meilleure que le premier opus, probablement un peu en dessous du deuxième.
2.5/6
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Tout sauf toi (Anyone but you - 2023) :
Malgré un coup de foudre immédiat lors de leur rencontre, un malencontreux quiproquo brouille totalement Bea (Sydney Sweeney) et Ben (Glen Powell)... jusqu'à ce qu'ils se retrouvent par hasard à l'occasion du mariage d'une amie commune et de la sœur de Bea, organisé en Australie. Là, Bea et Ben finissent par mettre de côté leurs hostilités pour faire semblant d'être en couple, et tenter de rendre leurs ex jaloux...
Je partais honnêtement assez dubitatif : une comédie romantique supposément adaptée de Shakespeare, mettant en vedette deux acteurs largement mis en avant par la critique américain comme "les acteurs du moment et des superstars en devenir", mais qui, au mieux, ne m'ont jamais particulièrement convaincu de leur star power, et un accueil critique assez mitigé... et finalement, ce n'était pas désagréable.
Alors attention, ça reste une romcom assez basique et formatée, avec des péripéties improbables, des moments paradoxalement à la fois cringe et timides, une vague "adaptation" de Shakespeare et un couple principal à l'alchimie inégale (la diction et le vocal fry de Sweeney n'aident pas forcément).
Mais dans l'ensemble, ça reste honorable : les acteurs y mettent de l'énergie, les décors australiens sont superbes, les personnages secondaires un peu sous-développés mais amusants, c'est sexy, et ça ne dure pas trop longtemps. Bref, ça ne révolutionne rien, mais c'est sympatoche.
3.5/6
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