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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Ironheart, saison 1 (2025)

Publié le 6 Août 2025 par Lurdo dans Comédie, Action, Critiques éclair, Drame, Fantastique, Science Fiction, USA, Review, Disney, MCU, Jeunesse, Les bilans de Lurdo, Télévision

Je crois qu'on peut maintenant le dire : l'introduction de Riri Williams dans le MCU, via Black Panther 2, n'était pas vraiment un succès. Guère plus qu'un MacGuffin au service d'un scrip patchwork, son identité de jeune femme black génie de la tech faisait double emploi avec le personnage de Shuri et, à cause des choix visuels et de photographie de Ryan Coogler, l'armure de Riri n'était jamais mise en valeur à l'écran, ou alors dans une bataille tout numérique dans laquelle elle évoluait à la marge.

Autant dire que personne n'attendait grand chose de la série consacrée à Ironheart, d'autant que le programme a connu une gestation complexe et brouillonne, et a été liquidé par Disney au rythme de trois épisodes par semaine.

Ironheart, saison 1 (2025) :

Pour se renflouer et continuer ses recherches après avoir été mise à la porte de son université, Riri Williams (Dominique Thorne) rejoint l'équipe de Parker Robbins (Anthony Ramos), dit "The Hood" pour la cape qu'il porte constamment et lui confère des pouvoirs étranges. Avec lui et ses sbires (Zoe Terakes, Shakira Barrera, Shea CouleéSonia Denis), Riri utilise son armure pour détrousser des géans de la tech... jusqu'à ce que la situation dégénère : avec l'aide de Zeke Stane (Alden Ehrenreich), trafiquant d'armes aux origines troubles, et de Natalie (Lyric Ross), sa nouvelle IA embarquée, Riri va alors tenter de se tirer d'affaire...

Six épisodes de moins d'une heure, donc, pour une mini-série qui se termine en cliffhanger appelant clairement une suite, chapeautée par Ryan Coogler et showrunnée par une scénariste de The Midnight Club : un programme très axé sur la communauté afroaméricaine de Chicago, et qui dès le début, part avec un handicap.

Je ne parle pas ici des facteurs raciaux et de diversité, qui ont instantanément, avant même la diffusion du show, rameuté tous les Néanderthals du web, trop contents de plomber les notes critiques de la série sur la base d'une héroïne noire ou de l'équipe LGBTQ du Hood. Je ne parle pas non plus ici du look un peu ridicule d'Anthony Ramos, avec sa cape un peu cheap et mal taillée, ni même du fait que la série soit restée dans les cartons de Disney + depuis la fin de son tournage, en 2022. Non, le vrai premier handicap de la série, c'est le personnage de Riri.

Une Riri arrogante, abrasive, immature, clairement égocentrique et marquée par un traumatisme qui lui déclenche des crises d'anxiété - Riri marche clairement dans l'ombre de Tony Stark, sans en avoir les millions ou la gouaille, et elle paraît donc assez antipathique dès les premiers épisodes. Ce qui n'aide pas à adhérer à la série, pour peu que l'on ait déjà un à priori négatif sur celle-ci.

Et pourtant, à mesure que l'on avance dans la saison, on s'aperçoit que cette caractérisation est délibérée, et explique tous les choix que fait le personnage, l'entraînant dans une spirale littéralement infernale.

Parce que oui, SPOILER, la série oppose magie et technologie, révélant au fil de son intrigue que le Hood a fait un pacte avec Mephisto (Sacha Baron Cohen) pour se venger de son père qui l'a abandonné. Un retournement de situation assez télégraphié (très tôt dans la saison, les personnages discutent notamment devant de multiples affiches pour une représentation de FAUST), que la série tente de camoufler avec la fausse piste de Dormammu, et qui aboutit sur la signature d'un pacte entre Mephisto et Riri, à la toute fin de la série, pour récupérer sa meilleure amie Natalie.

On réalise alors que tous les défauts de Riri menaient à cela : de la même manière qu'elle était prête à vendre métaphoriquement son âme au diable et à se compromettre avec Hood et des criminels pour gagner de l'argent facile, elle est prête à vendre littéralement son âme au diable pour obtenir ce qu'elle veut. Ce qui, au final, compte tenu de son absence totale de considération envers l'opinion et les sentiments d'autrui, la place au même niveau que Hood.

À partir de là, guère surprenant de voir un certain rejet du personnage parmi les spectateurs, surtout parmi ceux qui n'ont pas été plus loin que les premiers épisodes. C'est dommage, parce que Riri, qui est presque une anti-héroïne dans cette série, est entourée de personnages secondaires sympathiques : Natalie est amusante, Ehrenreich parvient à composer un Stane excentrique et divertissant, Zelma (Regan Aliyah) la petite sorcière est attachante, et le gang de Hood s'avère intéressant, malgré son côté "cochons toutes les cases du cahier des charges de la diversité made in Disney+".

À l'identique, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les épisodes pas trop mal rythmés, et dans l'ensemble, la série est plutôt intrigante dans son déroulement et dans ce qu'elle amène au MCU.

J'ai donc été plutôt agréablement surpris par cet Ironheart, et par cette protagoniste aux nombreux défauts. Je n'en attendais absolument rien, voire même je craignais le pire suite à Black Panther 2, mais finalement, j'ai plutôt apprécié le tout, et je ne dirais pas non à une saison 2.

Malheureusement, il est peu probable que celle-ci se concrétise, à la fois à cause des délais de production, mais aussi de l'accueil public assez compliqué. Dommage, mais ce n'est pas la première fois ou la dernière fois qu'une des séries du MCU ne rencontre pas son public.

 

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Critique éclair #160 - Summer of 69 (2025)

Publié le 18 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Jeunesse, Romance, USA, Review, Hulu

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Summer of 69 : 

Abbie (Sam Morelos), streameuse, est sur le point d'avoir son bac, mais elle ne peut s'empêcher de rêver de Max (Matt Cornett), le séduisant joueur de football de sa classe. Vierge et désespérée, elle engage alors Santa Monica (Chloe Fineman), une stripteaseuse ayant besoin d'argent pour sauver son établissement de la faillite, afin que cette dernière lui apprenne tout des choses de l'amour et du sexe...

Une teen comedy Hulu en mode coming of age, sous l'influence très claire des années 80, et qui s'avère sympatoche, bien que très balisée.

Alors oui, par rapport aux teen comedies des 80s, ici, on suit un personnage féminin (attachant), et effectivement, rien de tout ça n'est particulièrement crédible, mais la comédienne Jillian Bell (ici réalisatrice et coscénariste) s'en sort plutôt bien, et met ici en images une amitié improbable entre une lycéenne et une strip-teaseuse, dans un film pas aussi graveleux et bas de plafond que le postulat de base pouvait le laisser entendre.

Après, ce n'est pas non plus exceptionnel : comme je le mentionnais, c'est très balisé, il y a un petit coup de mou à mi-parcours, et on retrouve le schéma de la grosse dispute et des quatre vérités qui sont dites entre les deux buddies dans la dernière ligne droite...

Mais dans l'ensemble, quand bien même certains personnages secondaires seraient sous-exploités (Charlie Day qui vient jouer les prêteur sur gages véreux dans deux scènes et demi, entre autres), le tout reste suffisamment excentrique, léger et décalé pour qu'on ne s'ennuie pas.

3.75/6

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Les bilans de Lurdo - Doctor Who, saison 15 (2025)

Publié le 15 Juin 2025 par Lurdo dans Who, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Critiques éclair, UK, BBC, Disney, Science Fiction, Review, Fantastique, Jeunesse

Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.

Doctor Who, saison 15 (2025) :

- 15x01 - The Robot Revolution : lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...

Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable. 

- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...

Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.

Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.

- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.

Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.

Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.

- 15x04 - Lucky Day : sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.

Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.

C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.

- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...

Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.

Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....

- 15x06 - The Interstellar Song Contest : Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...

Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.

Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).

- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...

Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.

Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.

- 15x08 - The Reality War : Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...

Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.

Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.

- Bilan saisonnier -

Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.

Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.

Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.

C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.

Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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Critique éclair #155 - Woody Woodpecker : Alerte en Colo (2024)

Publié le 30 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Cinéma, Animation, Netflix, Jeunesse, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Woody Woodpecker : Alerte en Colo (Woody Woodpecker Goes to Camp - 2024) :

Renvoyé de sa forêt pour son manque d'esprit d'équipe, Woody Woodpecker trouve refuge au camp de vacances artistique Woo-Hoo, dirigé par Angie (Mary-Louise Parker). Mais juste à côté de ce camp se trouve un camp militaire rival, dirigé par Zane (Josh Lawson), le cousin d'Angie, et les deux camps de vacances doivent s'affronter dans une compétition, avec pour enjeu la survie du camp Woo-Hoo. Et pour ne rien arranger, le malfaisant Buzz le vautour tente de mettre la main sur un trésor de légende, enfoui quelque part sur le terrain partagé par les deux camps...

Suite indirecte du précédent Woody Woodpecker de 2017 (pas franchement une réussite), Alerte en colo est produit pour Netflix par la filiale DTV d'Universal, au catalogue plein de suites fauchées de titres connus, à la qualité très approximative.

Ici, cette qualité très approximative et ce manque de budget se remarquent immédiatement dans la qualité très relative des effets spéciaux, avec un Woody Woodpecker et un Buzz aux textures fluctuantes, des acteurs qui ne regardent que très rarement au bon endroit, des CGI pas totalement finalisés... bref, on est à un niveau DTV, et je mentirais en disant qu'on a fréquemment l'impression, ici, de regarder un film de colonie de vacances tout ce qu'il y a de plus classique (avec compétition entre le camps des nerds artistiques et celui des futurs militaires athlétiques et bourrins) entrecoupé de scénettes d'un sous-Bugs Bunny (Woody reste toujours particulièrement antipathique) que son ennemi juré tente de piéger à l'aide de gadgets Acme (qui ne sont pas Acme, ici, mais c'est tout comme).

Et honnêtement, le côté camp de vacances n'est pas désagréable, ou du moins, pas pire que la moyenne du genre dans les métrages à destination des plus jeunes : le message est positif, les jeunes acteurs sympathiques, Mary-Louise Parker cachetonne, Josh Lawson fait du sous-Joel McHale, mais ça passe.

Par contre, du côté de Woody, ça rame : c'est laborieux, rarement drôle, rarement abouti visuellement, et l'on en vient à espérer que toutes les scènes des personnages numériques soient expédiées le plus vite possible, pour passer à autre chose.

Ce qui fait que dans l'ensemble, c'est mieux que le premier, mais ça reste très faible.

2.25/6

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Critique éclair #154 - Vaiana 2 (2024)

Publié le 28 Mai 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Animation, Critiques éclair, Jeunesse, Disney, USA, Review, Musique, Aventure

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Vaiana 2 (Moana 2 - 2024) :

Toujours à la recherche d'autres habitants des îles, Moana (Auliʻi Cravalho) reçoit une vision de ses ancêtres, qui lui révèlent l'existence de Motufetu, une île mythique située au carrefour de tous les courants marins, mais submergée par la colère du dieu Nalo. Avec un équipage de membres de sa tribu, Moana part alors à l'aventure pour tenter de retrouver l'île, mais en chemin, elle tombe sur Maui (Dwayne Johnson), qui lui aussi cherche Nalo pour régler ses comptes avec lui...

Très divertissant, le premier Moana n'en était pas moins frustrant, narrativement un peu faible, bourré de chansons dans son premier tiers, et avec un Lin Manuel Miranda laissé en roue libre (ce qui, forcément, si l'on n'est pas totalement fan de son style, comme moi, n'aide pas vraiment).

Pour cette suite, on ne reprend pas les mêmes, mais on recommence néanmoins... et les défauts restent étrangement similaires : sur un scénario très linéaire et sans fioritures, plein d'éléments étrangement sous-développés (la déesse chauve-souris, les compères de Moana), le film reste bourré d'aventures dynamiques, mais semble étrangement superficiel, un peu comme une suite DTV de la grande époque.

Et ce n'est pas forcément surprenant : Moana 2 était en effet initialement conçu pour être "Moana, la série tv", un programme Disney + en 5 épisodes, qui a été rebricolé en long-métrage moins d'un an avant sa sortie.

Ce qui explique clairement tous les manques du produit fini, y compris au niveau musical : Lin Manuel n'est plus là, le nombre de chansons est nettement plus faible, et malheureusement, l'équipe en charge de ce second volet peine à marquer les esprits, avec des mélodies peu probantes.

Bref, si ce Moana 2 reste sympatoche, et est visuellement toujours très joli, on sent quand même bien ses origines télévisuelles, ainsi que les coupes effectuées pour reformater le tout en mode cinéma, ce qui tire clairement le tout vers le bas.

3.25/6 

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Critique éclair #149 - Blanche-Neige (2025)

Publié le 16 Mai 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Aventure, Critiques éclair, Musique, Fantastique, Disney, Jeunesse, USA, Review, Animation

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Blanche-Neige (Snow White - 2025) :

Réduite au rang de servante par sa belle-mère la Reine (Gal Gadot) depuis la mort de son père le Roi, la jeune Blanche-Neige (Rachel Zegler) rêve de liberté et d'égalité pour son peuple opprimé. Après avoir croisé le chemin d'un voleur (Andrew Burnap), elle va alors s'enfuir dans la forêt, et tomber sur un groupe de sept nains mineurs qui vont l'aider à échapper à la Reine et à son chasseur (Ansu Kabia)...

Un remake en prises de vue réelles (enfin, pas vraiment, au vu de la quantité d'effets numériques) confié à Mark Webb (réalisateur des Spider-Man du MCU) et écrit par une scénariste de films à 250 kilomètres de l'univers Disney (Chloe et Secretary, deux métrages très portés cul, Fur, un biopic imaginaire avec Kidman, The Girl on the Train, un thriller, et Men Women & Children), qui a reçu l'assistance de Greta Gerwig (Barbie), et de deux scénaristes ayant travaillé sur les derniers Indiana Jones, clairement là pour des retouches scénaristiques.

Un film ni fait ni à faire, assez symptomatique de l'orientation actuelle de Disney en matière de remakes, une orientation qui, soyons francs, a aussi beaucoup contribué au retour de bâton anti-woke qui a envahi les médias ces dernières années - pas parce que la diversité, c'est mal, mais parce que systématiquement, Disney l'utilise de manière totalement artificielle et forcée, cochant les cases de son cahier des charges, et se félicitant ensuite d'avoir bien fait.

Ici, c'est peut-être même pire, puisque même en mettant de côté les controverses politiques Palestine/Israël autour du film, le caractère affirmé de Rachel Zegler (qui est tout à fait compétente dans le film, là n'est pas le problème), les aléas de production qui ont fait les gros titres, ainsi que tout le côté politiquement correct asséné à la truelle et à grands renforts d'explications bancales (Blanche-Neige est métisse mais s'appelle ainsi car elle est née durant une tempête de neige ; les villageois sont United Colors of Benetton ; le Chasseur ne remplace plus le cœur de BN par un cœur d'animal, mais par une pomme (parce que faire du mal à un animal ce n'est pas bien) ; BN est désormais une princesse militante, battante, volontaire, héroïque, en faveur de la redistribution des biens, menant une révolution populaire pour détrôner la Reine, et qui ne chante plus "Un jour mon Prince viendra" parce qu'elle est forte et indépendante ; le prince devient Jonathan, Prince des voleurs, qui vit caché dans les bois avec une bande de joyeux compagnons eux aussi très divers, et vole aux riches blablabla), le film est tout simplement raté.

On se retrouve ainsi avec un produit fini qui ressemble à un remake Disney + au budget inférieur à la norme : c'est assez laid (la direction artistique, les coiffures, etc), les effets numériques sont inaboutis (pas seulement les nains : les effets de fumée, la transformation de la Reine, ou même les animaux sauvages, pourtant très mignons, semblent tous souffrir d'un manque de finalisation et d'intégration à leur environnement), les costumes sont unanimement cheaps (mention spéciale à la robe de BN, et à la veste courte cintrée avec capuche de Jonathan - parce que capuche = hood = Robin Hood, tout ça), les nouvelles chansons sont insipides, Gal Gadot n'est pas bonne en Reine (son numéro musical est laborieux au possible) et sa sorcière est... risible.

Bref, les scénaristes ont tellement tenté de moderniser le récit pour faire de Blanche-Neige une Princesse Disney contemporaine™®© qu'ils ont perdu tout ce qui faisait l'intérêt de ce classique, et sans surprise, les scènes qui collent le plus à l'original restent celles qui fonctionnent le mieux (quelques visuels, les chansons de l'original...).

Ce qui reste amusant, cela dit, c'est qu'en tentant de moderniser l'histoire d'amour entre BN et son Prince, ils l'ont rendue encore plus clichée, avec un Jonathan fade au possible, et tous les passages obligés de la relation "ils se détestent, ils passent leur temps à s'envoyer des remarques cassantes, mais en fait ils s'aiment".

Encore une fois... ce n'était ni fait ni à faire.

1.75/6 (dont 0.25 pour le petit hérisson... même si là encore, pour je ne sais quelle raison, la production semble avoir opté pour un hérisson domestique/pygmée africain plutôt qu'un hérisson sauvage commun) 

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Les bilans de Lurdo - SEMAINE WALPURGIS - Chair de poule, saison 2 : Disparitions (2025)

Publié le 4 Mai 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Horreur, Fantastique, Science Fiction, Disney, Hulu, Review, Les bilans de Lurdo, USA, Télévision, Jeunesse, Anthologie, Walpurgis

Pendant une semaine, pour fêter Walpurgis, la nuit des Sorcières, ce 30 avril, célébrons Halloween au printemps, avec une poignée de séries fantastiques et de films d'horreur...

Chair de poule, saison 2 : Disparitions (Goosebumps, season 2 : The Vanishing - 2025) :

Cece (Jayden Bartels) et son frère jumeau Devin (Sam McCarthy) arrivent à Brooklyn pour y passer l'été chez leur père Anthony (David Schwimmer), botaniste excentrique qui refuse que ses enfants descendent au sous-sol, où il effectue ses recherches. Les deux adolescents se rapprochent alors rapidement d'Alex (Francesca Noel), de Frankie (Galilea La Salvia), et de CJ (Elijah M. Cooper), qui habitent dans le quartier, alors même qu'Anthony, lui, découvre d'étranges spores déposés sur la veste de son frère aîné, disparu trente ans plus tôt dans des circonstances mystérieuses alors que sa bande d'amis exploraient un fort désaffecté tout proche, réputé hanté...

Après une première saison inégale (qui se faisait un malin plaisir de consacrer la majeure partie de ses 10 épisodes à des revisites de romans Chair de Poule, et qui toutéliait le tout via une intrigue globale transgénérationnelle centrée autour de Slappy la marionnette maléfique, pour un résultat qui se noyait un peu dans beaucoup de remplissage et de bluettes adolescentes), revoici Goosebumps pour une nouvelle saison un peu plus courte (8 épisodes), mais qui reste tout aussi parsemée de scories en tous genres.

Au premier rang desquels ses adolescents têtes à claques : comme en saison 1, les scénaristes reprennent le concept du mystère trangénérationnel, avec ces ados qui enquêtent sur une sombre affaire dans laquelle la génération précédente a été impliquée.

Ce qui, dès le début, place la série dans une position de faiblesse et de redondance, d'autant que les scénaristes semblent incapables d'éviter de cocher des cases - chaque ado est un cliché ambulant (le mec timide un peu loser, sa sœur jumelle intellectuelle et bisexuelle, le noir qui fait des vannes, le sportif boulet, l'ado délinquante juvénile lesbienne, la latina love interest du jock et du loser), leur relations se déroulent de manière très prévisible, leur caractérisation est assez manichéenne... Ça évolue un peu au cours de la saison, mais ça reste ultra-superficiel et classique.

Et puis contrairement à la saison 1, The Vanishing s'inspire nettement moins des romans de Stine : on a l'impression que l'intégralité de la saison a été pensée comme une adaptation très libre de Sous-sol interdit, avec son botaniste (ici interprété par David Schwimmer) aux expériences secrètes qui finit par se transformer en plante, saupoudrée de concepts tirés des romans, mais jamais développés au point d'en faire une adaptation digne de ce nom.

C'est donc moins fun, toujours aussi déséquilibré au niveau du rythme (le dosage action/palabres/flashbacks est assez brinquebalant), avec des grosses ficelles narratives qui tentent de relier les idées reprises aux livres à l'histoire principale, des ados agaçants aux réactions parfois improbables, une illustration musicale trendy qui paraît fréquemment déplacée, des effets inégaux (les effets numériques ne sont pas mauvais, les maquillages plus débatables - l'œil de Schwimmer) et un épisode final avec des bestioles insectoïdes intéressantes mais sous-développées.

Bref, la série reste toujours en demi-teinte, avec des défauts récurrents (au premier rang, cette volonté de mélanger idées de Stine à un fil rouge continu, ce qui oblige à meubler et à placer énormément de drama adolescent), mais visiblement, cette saison a été mieux reçue par les spectateurs outre-atlantique... donc je suis peut-être passé à côté.

*haussement d'épaules*

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Batman, le justicier masqué, saison 1 (2024)

Publié le 14 Avril 2025 par Lurdo dans Action, Animation, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, DC, Amazon, Review, Thriller, Fantastique, Jeunesse, Télévision

Dix épisodes de 20-25 minutes pour cette suite spirituelle à la série animée Batman des années 90 : chapeautée par Bruce Timm en personne, produite par JJ Abrams et Matt Reeves, et ayant recours à des scénaristes de comics, Caped Crusader se déroule intégralement dans les années 30-40, avec un Batman proche de son incarnation originale, et une réinvention de l'univers de Gotham, pour un résultat délibérément très rétro et film noir...

Batman, le justicier masqué, saison 1 (Batman : Caped Crusader, season 1 - 2024) :

À Gotham, une poignée d'hommes de loi tente de fire respecter la Loi et l'ordre, dans une ville où règne la corruption et le crime. Heureusement, le Batman, un justicier nocturne, aide la police en s'opposant aux criminels les plus extrèmes et déséquilibrés...

Dans l'ensemble, une saison 1 plutôt réussie, même si non dénuée de problèmes et de scories. Ce n'était pas gagné, puisque passer après Batman TAS, avec un trait aussi proche, une identité aussi marquée, et une réputation aussi massive, c'était assez risqué.

Mais cette nouvelle série fonctionne assez bien, même si, pour être très honnête, elle n'échappe pas aux impératifs de l'époque (notamment en matière de diversité à l'Américaine) et à quelques réinventions totalement inutiles.

Tout au long de la saison, Caped Crusader propose ainsi une sorte de quasi-Year Two du personnage de Batman : il est récemment établi, mais rencontre toujours certains de ses alliés et ennemis pour la première fois (Catwoman, Clayface, Harvey), et sa relation avec Alfred est plus distante, évoluant au fil du temps. De manière générale, d'ailleurs, Batman est ici plus froid et calculateur, obsédé par sa mission. 

L'occasion pour Timm et compagnie de réinventer certaines des figures incontournables de l'univers Batman : si Bruce reste égal à lui-même (pas convaincu par la grosse voix forcée adoptée par Hamish Linklater en Batman), Gordon et sa fille deviennent afro-américains, Barbara (toujours rousse) devenant avocate commise d'office, Harleen Quinzel devient asiatique et l'une des amies de Barbara, Montoya devient quasi-plus size et a un début de romance avec Harley, Alfred est lui-aussi rondouillard, le Pingouin devient une chanteuse de cabaret qui n'hésite pas à éliminer ses enfants adultes lorsque ceux-ci la trahissent, etc...

Plein de petits changements qui, pour la plupart, fleurent bon le résultat d'un cahier des charges imposé (honnêtement, tout le côté diversité n'apporte absolument rien aux personnages... ni ne leur enlève quoi que ce soit, donc à quoi bon) et sont assez anecdotiques.

Là où la série surprend, par contre, c'est dans le rôle de Batman, qui passe très souvent au second plan, laissant la place aux enquêtes de Gordon, de Montoya, de Barbara ; qui parait fréquemment dépassé par les événements, ou avoir besoin d'aide pour affronter les méchants, etc.

En faisant passer son Batman en retrait, Timm & co changent totalement la dynamique du programme, installant notamment une sous-intrigue de fond sur la corruption de la police, et sur Harvey Dent, assez antipathique, mais dont la transformation en Two-Face a ainsi plus de poids dramatique en toute fin de saison.

Mais pour arriver là, il faut passer par des épisodes plus ou moins inégaux : le Pingouin est anecdotique, mais la relecture de Clayface fonctionne bien ; l'adaptation de Catwoman est assez classique, mais efficace, à contrario de deux épisodes hors-sujet qui opposent Batman à un fantôme issu de la Révolution américaine, puis à Nocturna la vampirette fringuée comme Mercredi Addams ; la nouvelle Harley, qui a à peine le temps de s'installer qu'elle devient aussitôt une antagoniste, est plus une tweener qu'une véritable méchante, ce qui participe de la réhabilitation du personnage à la mode chez DC...

Le show, qui fait pourtant tout son possible pour imposer son ambiance rétro/noir (allant jusqu'à imposer un grain artificiel à l'image), finit par souffler malgré tout le chaud et le froid sur certains plans.

D'autant que d'un point de vue technique, c'est là aussi inégal : l'animation est assez raide (notamment les déplacements et les combats de Batman) avec en particulier quelques problèmes dès que les personnages tournent la tête, et des proportions aléatoires (Montoya semble parfois étirée en largeur dans certains épisodes, comme si elle avait été dessinée avec une silhouette normale, et que le côté plus-size avait été rajouté tardivement dans la production) ; il manque un vrai thème musical fort ; le doublage de Linklater est polarisant, comme je l'ai dit plus haut ; et les scénaristes ont fait le choix d'éliminer certains des méchants de manière définitive au terme de leur arc narratif - pour Firebug, ce n'est pas très grave, mais pour Dent, ça laisse plus dubitatif.

Cela dit, j'ai été agréablement surpris par le programme, alors que je ne m'attendais qu'à une redite des greatest hits de Bruce Timm : en l'état, c'est imparfait, mais le ton plus "réaliste" et noir est agréable et intéressant, et je suis curieux de voir la suite, quand bien même le tout se termine par l'annonce (précoce, amha) de l'arrivée du Joker...

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Critique éclair #129 - Mon futur moi (2024)

Publié le 31 Mars 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Drame, Fantastique, Critiques éclair, Romance, Jeunesse, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Mon futur moi (My Old Ass - 2024) :

Après avoir ingéré des champignons hallucinogènes alors qu'elle faisait du camping avec ses amies, Elliott (Maisy Stella), jeune femme queer et fière de l'être, rencontre son double trentenaire (Aubrey Plaza) en provenance du futur. De cette rencontre (et des échanges par texto qui suivent alors), Elliott ne retient qu'une chose : elle ne doit surtout pas tomber amoureuse de Chad (Percy Hynes White), un jeune homme qui vient d'arriver sur l'île où Elliott passe ses vacances, sous peine de ruiner son avenir...

Hum. Je suis bien embêté. Produit par Margot Robbie, écrit et réalisé par l'actrice Megan Park, My Old Ass a reçu un accueil dithyrambique de la part de la critique américaine, la combo "représentativité LGBTQ" et "Aubrey Plaza et Margot Robbie sont géniales, tout ce qu'elle font est génial" ayant clairement joué un rôle dans cette réception enthousiaste.

Seulement voilà : il ne faut pas se fier aux apparences. Et alors que l'affiche et le pitch promettaient une comédie fantastique mettant en vedette Aubrey Plaza et une jeune actrice dont c'est le premier film, My Old Ass est en réalité une coming of age story sérieuse prenant la forme d'une bluette adolescente sur une jeune lesbienne qui s'éprend, le temps de ses vacances, d'un jeune homme de son âge.

En effet, l'argument fantastique à la Fréquence Interdite, clairement né de la formule rhétorique "si seulement je pouvais remonter le temps et dire à mon moi adolescent de ne pas faire telle ou telle conner*e", s'avère finalement très peu présent et exploité : une fois la rencontre initiale passée, Aubrey Plaza disparaît totalement de la majorité du métrage (hormis quelques phrases au téléphone, en voix off), pour ne revenir que dans une scène et demi à la fin (histoire de forcer un peu d'émotion et de larmes dans le récit)... 

On se retrouve donc, au final, avec un portrait d'adolescente bisexuelle qui se cherche et s'affirme, une romance interdite qui ne l'est que pour des raisons assez... naïves et mélodramatiques (SPOILERS : si Chad est si dangereux pour Elliott... c'est parce qu'il va avoir un accident mortel, et qu'elle va en avoir le cœur brisé), pas aidée par un Chad assez quelconque, et qui se termine en bottant en touche et en évitant une conclusion tragique.

Pas du tout ce à quoi on pouvait s'attendre à l'origine, mais pile de quoi faire un court/moyen métrage, ou un film indépendant young adult un peu cliché (entre la sexualité de l'héroïne, le fait qu'elle vient du monde rural, l'illustration musicale du métrage, etc, on est en plein dedans).

On va dire que je ne suis pas le public visé, mais... honnêtement, le tout m'a semblé vraiment trop sous-développé et sirupeux pour vraiment être efficace, que ce soit en tant que mélo adolescent, ou en tant que (surtout en tant que) film fantastique. Cela dit, c'est bien interprété.

2.5/6

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