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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

critiques eclair

Les bilans de Lurdo - Doctor Who, saison 15 (2025)

Publié le 15 Juin 2025 par Lurdo dans Who, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Critiques éclair, UK, BBC, Disney, Science Fiction, Review, Fantastique, Jeunesse

Retour de Doctor Who pour une nouvelle saison coproduite par la BBC et Disney +, après un épisode de Noël bordélique mais amusant et timey-wimey, et changement de compagne pour le Doc, avec le retour de Varada Sethu suite à son petit rôle dans l'épisode 03 de la saison 14.

Doctor Who, saison 15 (2025) :

- 15x01 - The Robot Revolution : lorsque des robots venus d'une planète lointaine enlèvent Belinda Chandra (Varada Sethu), une infirmière terrienne, le Docteur vole à son secours, mais se retrouve embarqué dans une révolte populaire sur la planète Missbelindachandra...

Un premier épisode à la sf délibérément très rétro, avec fusée à l'ancienne, gros robots, et méchant dictateur borgifié menant une planète à la baguette, pour un résultat un peu bordélique, mais loin d'être désagréable. La nouvelle compagne, très volontaire et peu encline à l'aventure, est sympathique, mais dans l'ensemble, c'était une reprise un peu tranquille, pas ultra-mémorable. 

- 15x02 - Lux : incapable de ramener Belinda en 2025, le Docteur fait atterrir le Tardis à Miami, en 1952. Là, ils découvrent un cinéma abandonné, où sévit Mr Ring-a-Ding (Alan Cumming), un personnage de cartoon dans lequel Lux, dieu de la lumière, s'est incarné...

Un épisode plutôt rigolo, qui confronte à la fois Belinda et le Doc au racisme et à la ségrégation de l'Amérique des années 50, et à un personnage de cartoon improbable, très bien animé en 2D. Ce qui donne lieu à beaucoup d'humour méta, à une transformation de Belinda et du Doc en 2D et en 2.5D, à une visite chez des fans de Doctor Who, et à une jolie résolution, assez poétique.

Après, encore une fois, c'était ambitieux, mais un peu bordélique, notamment au niveau de la structure... du Davies, quoi.

- 15x03 - The Well : le Docteur et Belinda arrivent sur une planète minière désertique en même temps qu'une escouade venue enquêter sur la disparition des mineurs... mais rapidement, le Doc se retrouve confronté à un ancien ennemi.

Un épisode plus sérieux, qui oppose de nouveau le Doc à l'entité de l'épisode Midnight (4x10), et tente de renouer avec l'atmosphère paranoïaque et claustrophobique de l'épisode de 2008.

Ça reste tendu et intéressant, et c'est bien interprété (en particulier par Rose Ayling-Ellis, actrice atteinte de surdité dont le personnage est la seule survivante de la planète minière)), mais ça n'arrive pas à la hauteur de Midnight, notamment parce que les règles de l'entité ont changé das l'intervalle, ce qui affaiblit un peu le tout.

- 15x04 - Lucky Day : sur Terre, Ruby Sunday (Millie Gibson) se rapproche d'un podcasteur séduisant, Conrad (Jonah Hauer-King), qui rêve de tout apprendre sur le Docteur depuis qu'il l'a croisé, enfant, et qui est traqué par une créature sanguinaire, le Shreek.

Bref retour sur Ruby Sunday, sur sa relation avec UNIT, et sur la manière dont elle tente de se reconstruire après ses aventures avec le Doc, pour un résultat inattendu, qui bascule à mi-parcours dans une critique des réseaux sociaux, des influenceurs et des conspirationnistes, bref, de la désinformation dans son ensemble.

C'est pertinent, c'est bien mené, bien que le tout évoque un peu 73 Yards et que le coup de gueule final du Docteur (par ailleurs en grande partie absent de cet épisode) paraisse un peu artificiel et maladroit.

- 15x05 - The Story & The Engine : prisonnier d'un barbershop à Lagos, le Docteur découvre qu'il est tombé dans le piège du nouveau Barbier (Ariyon Bakare), qui se présente comme un Dieu des histoires et de la narration, et qui exige de ses clients qu'ils alimentent les moteurs de son "barbershop" en lui racontant des histoires...

Changement total d'ambiance avec un épisode très "africain", qui mélange barbershop décontracté, mythologies africaines, visuels mémorables, caméo de Jo Martin en Doctoresse future, prise en compte de la couleur de peau du Doc, références aux Dieux et aux Panthéons rencontrés par le Doc au fil des siècles, et une certaine vision des histoires et des conteurs, ainsi que de leur place dans la société, etc. Sympathique.

Dommage qu'une nouvelle fois, le tout soit un peu brouillon, notamment au niveau des enjeux et de la structure du récit....

- 15x06 - The Interstellar Song Contest : Belinda et le Doc arrivent sur une station spatiale, en 2925, où est sur le point de se tenir le grand Concours interstellaire de la chanson. Mais un groupe de terroristes issus d'une peuplade opprimée a prévu de tuer le public présent dans la salle de spectacle, ainsi que les billions de spectateurs qui sont chez eux...

Un épisode assez... particulier, qui combine célébration de l'Eurovision à la mode spatiale, caméos de célébrités de la tv anglaise, propos sur le terrorisme (qui a valu au show une volée de bois vert de la part de spectateurs assimilant le tout à une apologie d'Israel et à une critique de la Palestine), révélation sur Mrs Flood (qui se régénère dans la scène post-crédits), colère noire du Docteur (pas forcément justifiée, ou du moins un peu forcée dans son écriture et sa mise en images), sidekicks gays (Eurovision oblige), une apparition de Susan, des moments délibérément ultra-kitschs et assumés comme tels et une Belinda qui a désormais totalement oublié ses réticences à voyager avec le Doc.

Beaucoup de ruptures de ton, donc, de l'émotion un peu artificielle, et des chansons paradoxalement plus sympathiques que les vraies morceaux de l'Eurovision : résultat mitigé (ce qui semble être le mot d'ordre de la saison, en fait).

- 15x07 - Wish World : Le 23 mai 2025, le Doc et Belinda se réveillent mariés et heureux dans un monde étrangement parfait, où ils ont une fille, Poppy. Mais bien vite, il apparaît que cet univers est le résultat d'un souhait effectué par le trio infernal de Rani, Flood et Conrad Clark, qui exploitent les pouvoirs du Dieu des souhaits, le tout pour réussir à ramener à la vie Omega, le premier de tous les Timelords...

Mouais. Première partie d'un season finale de RTD, ce Wish World est fidèle au travail habituel de ce dernier : c'est bordélique, il y a plein d'idées excentriques, c'est bourré d'exposition balourde, le scénariste ramène le personnage de Rogue, Omega, et finit le tout en affirmant encore et encore la réalité de Poppy, ce qui laisse imaginer beaucoup de choses, surtout avec les caméos-éclairs de Susan.

Très honnêtement, je ne sais pas encore quoi penser de ce demi-final, on verra une fois que tout sera conclu dans la suite.

- 15x08 - The Reality War : Grâce à Anita et à son hôtel du temps, le Doc est libéré de l'emprise du monde créé par un souhait, et entreprend de lutter contre la Rani et ses sbires. Mais lorsque toute la réalité est sur le point de basculer, seul un immense sacrifice peut permettre de sauver l'univers...

Hmm. Je mentirais en disant que j'ai aimé ce saison finale, qu'il m'a convaincu, qu'il a bien bouclé toutes les pistes ouvertes par la saison, de manière convaincante, etc. C'est même un peu le contraire : ce final m'a semblé fréquemment bâclé et précipité, bourré de grosses ficelles narratives, avec une Susan totalement oubliée, énormément de blabla (les monologues de Rani sur la stérilité des Timelords, etc), une Belinda assez mal desservie par toute cette fin de saison (elle avait commencé la saison avec une personnalité affirmée, elle la finit mère au foyer et au second plan), un Omega numérique moche (uniquement là pour avoir une grosse bestiole en CGI, comme avec Sutekh) rapidement évacué, et toute une séquence à rallonge sur l'existence ou la non-existence de Poppy, et le sacrifice du Doc pour assurer sa survie.

Oui, le Doc se régénère, le résultat laisse pour l'instant assez dubitatif, et la saison se termine par des adieux assez jolis de Ncuti... mais c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir.

- Bilan saisonnier -

Mouais. C'est à peu près tout ce qui me vient à l'esprit quand je repense à cette saison dans son intégralité, et à l'ensemble des aventures de Ncuti dans le rôle : un peu comme Jodie Whittaker avant lui (qui d'ailleurs a un caméo totalement gratuit dans le season finale), le bonhomme faisait un excellent Docteur, trop souvent desservi par des scripts un peu faiblards, chaotiques et bordéliques.

Je crois que c'est le mot qui définit en effet le mieux le travail de RTD depuis son retour : c'est le bordel. Un bordel pas forcément surprenant (les saisons de RTD ont toujours été un mélange d'approximations, d'idées en vrac et d'aliens qui pêtent) mais qui, contrairement aux premières saisons du bonhomme, en 2015, manque désormais d'épisodes forts sur lesquels s'appuyer.

Alors oui, le budget Disney + est là, et les effets spéciaux et créatures ont eu droit à une upgrade (encore que, pas tant que ça), mais ça s'éparpille beaucoup, et au final... ça déçoit un peu, ce Docteur et sa compagne paraissant étrangement sous-exploité compte tenu de leur potentiel.

C'est mieux que les saisons soporifiques chapeautés par Chibnall, mais ça s'arrête là.

Maintenant, quid de l'avenir de Doctor Who : la collaboration Disney+/BBC n'a pas forcément porté ses fruits, et au moment où j'écris ces lignes, nul ne sait si la série va revenir rapidement, si le cliffhanger de fin de saison sera résolu de manière satisfaisante (peu probable ^^) ou si un nouveau showrunner prendra la relève... wait & see.

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Critique éclair #158 - Maelstrom : The Odyssey of Waterworld (2018)

Publié le 13 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Histoire, Documentaire, Drame, Critiques éclair, USA, Review

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Maelstrom - The Odyssey of Waterworld (2018) :

Un documentaire (sorti en tant que bonus pour le dvd du film aux USA) de 90+ minutes qui retrace, au travers d'images d'archive, de production et d'interviews actuelles et passées, la genèse difficile de ce blockbuster à l'ancienne, au budget faramineux pour l'époque, et aux ambitions démesurées.

Et c'est très intéressant, tout ça, puisque tout le monde est interviewé... ou presque. Pas de trace des acteurs ou de Kevin Costner (hormis via des interviews de l'époque), ce qui n'est guère surprenant : inondé de mauvaise presse (le film était devenu le bouc émissaire de l'industrie et des journalistes, qui propageaient bon nombre de rumeurs non fondées), le métrage, initialement plus sombre et d'une durée de 3 heures, est passé sous les ciseaux des monteurs lorsque Kevin Costner a repris les rênes du projet, une fois Kevin Reynolds (le réalisateur) évacué.

On a donc ici le point de vue de l'équipe originale (y compris du compositeur original, Marc Isham, remplacé lui aussi par James Newton-Howard, pour un score très swashbuckling), mais pas celui de Costner, probablement rebuté par l'expérience et par le flop médiatique du film.

Incomplet, donc, mais intéressant néanmoins, notamment parce que ça rappelle la quantité astronomique d'efforts et de travail nécessaires pour donner vie à un tel projet avant l'essor du numérique.

4/6

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Critique éclair #157 - Predator : Killer of Killers (2025)

Publié le 11 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Animation, Cinéma, Critiques éclair, Histoire, Science Fiction, Thriller, USA, Review, Hulu, Disney

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Predator : Killer of Killers (2025) :

En 841, en Scandinavie, un Predator affonte la guerrière Ursa ; en 1609, au Japon, le combat fratricide de Kenji et Kiyoshi est interrompu par un Predator ; en 1942, Torres, un mécanicien/pilote, assiste à l'attaque d'un vaisseau Predator durant la Bataille de l'Atlantique. Trois destins qui vont finir par converger à l'autre bout de la galaxie...

Une mini-anthologie animée chapeautée par Dan Trachtenberg (réalisateur de Prey et désormais en charge de la franchise Predator), et qui prend la forme de trois segments consacrés chacun à une époque/un humain, avant de les confronter dans une arène sur la planète des Predators, à l'occasion d'un grand final.

Pas désagréable, malgré un style d'animation délibérément saccadé (à la Chat Potté 2/Spider-verse) qui demande un certain temps d'adaptation et ne sera pas du goût de tout le monde : c'est de l'action non-stop, ça bourrine, l'écriture se fait un peu plus faiblarde et clichée durant le troisième segment, mais ça se regarde tranquillement, et ça respecte le mythe, en proposant des Yautjas aux apparences distinctes et mémorables, et en liant le tout aux autres épisodes de la franchise.

Sympa, sans plus.

3.75/6

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Critique éclair #156 - Nightbitch (2024)

Publié le 9 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Critiques éclair, Comédie, Fantastique, USA, Review, Drame

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Nightbitch (2024) : 

En plein post-partum et hypocondriaque, une mère de famille (Amy Adams) commence lentement à ne plus supporter sa vie de femme mariée, au mari trop absent, devant élever seule un bambin débordant d'énergie. Elle remarque alors que son comportement se fait de plus en plus animal, et que divers signes physiques étranges se manifestent chez elle : pilosité, apparitions de mammelles, etc. Et à mesure que le canin prend le pas sur l'humain, elle redécouvre le sens de la vie...

Mouais. Une comédie noire féministe qui parle de la dépression, des problèmes de couple, de la maternité, du besoin de s'échapper, tout ça, sous le couvert d'une grosse métaphore à base de pseudo-lycanthropie.

Et honnêtement, ça se limite à ça : Adams, délibérément jamais mise en valeur, est excellente comme toujours, sa relation avec son fils est attachante et naturelle, mais très rapidement, les tenants et les aboutissants de la métaphore apparaissent évidents, le côté lycanthropie devient un prétexte rapidement écarté et aseptisé, et le film commence à ronronner, avec son propos simpliste et cousu de fil blanc, martelé encore et encore, ses personnages secondaires sous-développés et caricaturaux, etc.

Décevant, je dois dire, jamais suffisamment mordant (sans mauvais jeu de mots) pour marquer, et jamais suffisamment original ou pointu dans son propos pour se démarquer.

2.5/6 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Primal, saison 2 (2022)

Publié le 8 Juin 2025 par Lurdo dans Animation, Action, Aventure, Télévision, Les bilans de Lurdo, USA, Review, Romance, Fantastique, Histoire, Primal, Critiques éclair

En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.

Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...

Primal, saison 2 (2022) :

Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.

Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.

On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.

La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.

Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.

À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.

La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.

Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.

Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.

Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.

Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner. 

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Bandits, Bandits (2024)

Publié le 7 Juin 2025 par Lurdo dans Aventure, Jeunesse, Fantastique, Religion, Comédie, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Review, USA, UK, Canada, Nouvelle Zélande

Revisite en 10 épisodes du classique excentrique de Terry Gilliam, cette seule et unique saison de Bandits, bandits (la série a été annulée au terme de la saison 1) a été conçue et supervisée pour Apple TV par Taika Waititi (que l'on ne présente plus), Jemaine Clement (What We Do in the Shadows, Flight of the Conchords) et par Iain Morris (The Inbetweeners, Flight of the Conchords).

Une association de talents très décalés, pour un résultat qui porte clairement la marque de ses auteurs, pour le meilleur et pour le pire.

Bandits, Bandits (Time Bandits - 2024) :

Jeune garçon anglais passionné d'histoire, Kevin (Kal-El Tuck) découvre, lorsqu'un groupe de voleurs autoproclamés sort de son armoire, que sa chambre est un carrefour temporel où aboutissent de multiples portails menant à diverses époques. Les Bandits (Lisa Kudrow, Tadhg Murphy, Roger Jean Nsengiyumva, Rune Temte, Charlyne Yi), eux, sont poursuivis par l'Être suprème (Taika Waititi), à qui ils ont dérobé une Carte de l'univers leur permettant de trouver leur chemin dans les couloirs du temps, et par les démons du Chef du Mal (Jemaine Clement), qui veulent s'emparer de la Carte pour faire régner le Mal. Bien malgré eux, les Bandits se trouvent alors contraints d'emmener Kevin avec eux, d'époque en époque, pour espérer échapper à leurs poursuivants...

Dix épisodes qui suivent donc les mésaventures du jeune Kevin (tellement british) et de la bande de bras cassés qui constitue l'équipe des Time Bandits version Waititi : pas de nains, cette fois-ci, mais une équipe à la diversité très contemporaine (pas de panique, l'ensemble du personnel du Paradis est en grande partie composée de Maoris et de personnes de petite taille, ces dernières finissant par s'unir pour reconstituer une nouvelle équipe de bandits plus fidèle à celle du film), et à l'humour un peu plus moderne, lui aussi.

Au niveau du ton, en effet, si la série garde l'absurdité et les anachronismes du Time Bandits de Gilliam, l'humour est légèrement différent, plus noir et sarcastique, et repose aussi en grande partie sur un défilé des compères habituels de Waititi et compagnie, dans de nombreux petits rôles : on retrouve la distribution de Wellington Paranormal, notamment, mais aussi Mark Gatiss, Con O'Neill de Our Flag Means Death, Felicity Ward de The Inbetweeners et du The Office australien, Jonathan Brugh de What We Do In The Shadows, Rachel House de Hunt for the Wilderpeople, Jojo Rabbit et les deux Thor), etc... sans oublier Waititi en Dieu, et Jemaine Clement en Satan. 

Autant de visages familiers dans une série qui suit globalement les grandes lignes du film original, en prenant un peu plus de temps pour développer tous ses personnages, et en devenant brièvement une sorte de Sliders mâtiné de Doctor Who qui voit les Bandits débouler à une époque le temps d'un épisode, et repartir dans les couloirs du temps à la fin de celui-ci.

Des épisodes à l'intérêt inégal : le pilote envoie tout le monde à Troie et sur les navires de l'Impératrice chinoise, puis s'enchainent Stonehenge, l'Ère glaciaire, les Mayas, la Préhistoire, l'Angleterre en proie à la famine, l'époque de la Peste noire (avec des antivax amusants), le Harlem de la Prohibition, la demeure du Comte de Sandwich, le Mali du 14e siècle, à nouveau l'Ère glaciaire (mais avec une tribu de Néanderthals ayant appris l'anglais populaire avec la sœur cadette de Kevin), et les années 90...

Alors certes, c'est divertissant, mais le programme est aussi assez bordélique, et paradoxalement à la fois assez friqué (beaucoup d'effets numériques réussis) et fauché (beaucoup de décors font très studio, notamment dans la jungle des Mayas) : ce n'est pas forcément rédhibitoire, ça participe un peu au charme rétro des Time Bandits, mais ajoutez à cela un humour qui ne fait pas toujours mouche, ainsi que la kelleyrisation de Charlyne Yi à mi-saison (suite à des conflits IRL) et l'on se retrouve avec une série qui souffle un peu le chaud et le froid, et qui se conclue de manière un peu frustrante, sur un cliffhanger.

Ça se regarde, mais c'est probablement un peu trop marqué de l'empreinte de ses créateurs ainsi que de leurs qualités et de leurs défauts pour vraiment fonctionner à 100 %.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - St. Denis Medical, saison 1 (2024)

Publié le 5 Juin 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Comédie, Sitcom, NBC, Critiques éclair, Review, USA, Romance

Qu'est-ce que l'on obtient lorsque l'on combine NBC, la chaîne des workplace comedies (The Office, Superstore, Parks & Rec), etc, et Justin Spitzer, scénariste sur Scrubs, The Office et créateur de Superstore ? 18 épisodes de St. Denis Medical, une workplace comedy dans le milieu hospitalier, et qui utilise toutes les formules et les archétypes du genre...

St. Denis Medical, saison 1 (2024) :

À son arrivée à St. Denis Medical, centre hopitalier dans l'Oregon, Matt (Mekki Leeper), jeune infirmier maladroit originaire d'une communauté religieuse repliée sur elle-même, découvre tous ses nouveaux collègues : Ron (David Alan Grier), vétéran urgentiste ronchon, Bruce (Josh Lawson), chirurgien à l'égo surdimensionné, Alex (Allison Tolman), infirmière en chef consumée par son travail, Joyce (Wendi McLendon-Covey), directrice excentrique de l'hôpital, et la jolie Val (Kaliko Kauahi), infirmière administratrive à laquelle il n'est pas insensible...

La première chose qui saute aux yeux, lorsque l'on visionne cette saison 1 de SDM, c'est à quel point la formule habituelle de la workplace comedy NBC est ici appliquée : un format mockumentaire, une patronne à la Michael Scott, un vieux ronchon, un chirurgien arrogant et prétentieux, des patients excentriques, un jeune n00b qui découvre tout ça et qui s'éprend en secret d'une infirmière, une infirmière en chef surbookée et "normale"... on est en terrain très familier, et l'on comprend aussitôt pourquoi bon nombre de critiques US ont qualifié la série, à sa sortie, de "The Office dans un hôpital".

La comparaison aurait fonctionné aussi avec Superstore, dont on retrouve plusieurs acteurs au fil de la saison, et un peu avec Scrubs... mais la différence entre SDM et un show comme Scrubs (ou Green Wing, pour parler de sitcom médicale à l'anglaise), c'est que SDM est plus sage, et se coule vraiment dans le moule formaté des comédies de bureau américaines.

C'est un peu le problème du show, d'ailleurs : la série se repose beaucoup sur les excentricités de Joyce (parfois épuisantes), sur le will they/won't they de Matt et Val (très classique), sur les ronchonnements de Ron, et sur Alex, constamment débordée et négligeant sa vie de famille. Ce qui est une formule éprouvée (peut-être même trop), avec des acteurs solides qui portent le show sur leurs épaules et tiennent bien leur rôle... mais ça s'arrête là.

La série conserve un bon fond, refuse de vraiment se moquer du monde médical, et ça se regarde très facilement : on peut donc dire qu'en tant que première saison d'une sitcom de bureau, SDM fonctionne, mais ne fait pas d'étincelles.

C'est solide, c'est très classique (pour ne pas dire dérivatif) et c'est vaguement amusant : espérons que le programme trouvera une voix plus affirmée en saison 2, comme beaucoup de sitcoms de ce type, et saura se détacher un peu plus de ses influences.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dexter : les origines (2024)

Publié le 4 Juin 2025 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Review, USA, Thriller, Policier, Critiques éclair, Showtime, Drame, Dexter, Paramount

Depuis sa création en 2006 sur Showtime, Dexter a atteint une dimension de série culte... mais est aussi devenue un programme très inégal, au gré des showrunners, des saisons, des antagonistes, etc.

J'ai passé en revue quelques-unes de ces saisons dans ces pages, et si le degré d'appréciation de chaque saison reste très subjectif (par exemple, je ne suis pas super fan de la saison 2, pourtant très appréciée, mais c'est simplement parce que je n'apprécie guère l'actrice Jaime Murray), tout le monde s'entend plus ou moins pour dire que la série, passée sa quatrième saison, n'a fait que décliner.

Jusqu'au relaunch de 2021, avec Clyde Phillips (showrunner de la première heure) aux commandes, qui se voulait une sorte de rédemption de la série, visant à corriger la fin de la saison 8, unanimement détestée... mais qui finissait par frustrer, la faute à une écriture médiocre bourrée de facilités.

Dexter : les origines (Dexter : Original Sin - 2024) :

Gisant dans une ambulance, agonisant, Dexter (Michael C. Hall) voit sa vie défiler devant ses yeux. Il revit ainsi ses jeunes années, en 1991, lorsque, sous la supervisition de Harry (Christian Slater), et à peine âgé d'une vingtaine d'années, Dexter (Patrick Gibson) faisait ses premiers pas au sein de la police de Miami, et ses premiers pas en tant que tueur en série. Ce, alors même qu'un mystérieux meurtrier s'en prend aux enfants de certains officiels de la ville, et qu'un tueur en série frappe les démunis...

Revoici donc Dexter en 10 épisodes de 45-60 minutes pour Paramount+, sous la forme d'une préquelle revenant dans le Miami au début des années 90, et narrant les premiers émois meurtriers du tueur en série... Alors soyons tout de suite très clairs : le gimmick du "Dexter revisite ses souvenirs avant de mourir" n'est qu'un artificie narratif bien pataud et artificiel, puisque non seulement la série nous montre de nombreuses choses dont Dexter ne peut avoir eu connaissance, mais en plus, le programme va être suivi de Dexter Resurrection, au nom assez clair.

Après, ce retour en arrière dans le temps est surtout un gros prétexte pour délaisser le cadre enneigé de la dernière saison de Dexter, et revenir à quelque chose de plus chaud, d'ensoleillé, et aussi de plus racoleur (toutes les "adolescentes" de la série, de Deb à sa copine Sofia en passant par toutes leurs comparses, sont constamment en petites tenues moulantes et ultra-légères, bien cadrées, au point que ça en devient fréquemment forcé), avec en prime une illustration musicale très juke-box.

Et qui dit préquelle dit versions plus jeunes des personnages familiers : ça passe pour Harry, Laguerta (Christina Milian), Masuka (Alex Shimizu) et Batista (James Martinez), c'est très réussi pour Dexter (Patrick Gibson fait un excellent travail de mimétisme et tient particulièrement bien les tics de diction de Michael C. Hall), mais ça coince un peu plus pour Debra (Molly Brown), dont la nouvelle actrice, si elle fait de son mieux pour singer l'interprétation et la diction de Jennifer Carpenter, n'en a ni le physique ni la caractérisation (elle passe toute la saison embarquée dans des frasques de lycéenne girly rose bonbon, à se droguer, à coucher, à se rebeller contre son père, à engueuler son frère, etc).

Encore une fois, ce n'est pas la faute de l'actrice, mais des scénaristes, qui peinent à la rendre vraiment intéressante ou à rendre naturels tous ses fucks et ses insultes, ainsi que son soudain intérêt pour le travail de la police, en fin de saison ; idem pour Harry, qui passe toute la saison à s'inquiéter des tendances de Dexter (ce qui est normal), à enquêter sur le tueur s'en prenant aux démunis (en fait, c'est Brian, le frère de Dexter, qui se venge de ceux qui lui ont fait du mal : un toutéliage forcé, à nouveau, et pas forcément très utile) et à avoir des flashbacks relatant sa relation avec la mère de Dexter (le péché originel d'Harry), et tout ce qui en a découlé, y compris le toutéliage avec Brian. Des flashbacks redondants, pas très utiles, qui se contentent de répéter ce qu'on savait déjà et qui semblent uniquement là pour donner des choses à faire à Christan Slater.

Ce qui pèse tout de même assez lourdement sur l'ensemble de la saison, une saison qui se regarde, mais qui n'est pas forcément très palpitante : Dexter rencontre ses futurs collègues, Dexter tue des méchants, Dexter commet des erreurs sans conséquences car résolues par des grosses ficelles narratives très faciles, et le méchant principal est rapidement évident, dès ses premières apparitions (encore une fois, le fait d'avoir un tueur masqué et de cacher délibérément son identité trahit paradoxalement immédiatement cette dernière, surtout quand il n'y a que deux nouveaux acteurs au casting, Patrick Dempsey et Sarah Michelle Gellar).

Cela dit, cette préquelle de Dexter a pour elle de restaurer un peu de l'atmosphère de la série originale, ce qui est toujours très agréable. Après, même si le tout est nettement plus agréable à suivre et nettement moins cosplay que ce que je redoutais, je ne suis pas certain que le tout soit réellement indispensable, si ce n'est pour faire de Dexter une franchise avec plusieurs séries en parallèle...

M'enfin ça se regarde.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Shifting Gears, saison 1 (2025)

Publié le 3 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Critiques éclair, Télévision, Les bilans de Lurdo, ABC, Hulu, Review, USA, Sitcom

Après C'est moi le chef ! et Super Noël : la série, Tim Allen revient sur le petit écran pour ce Shifting Gears de 10 épisodes de 22 minutes, pour Hulu/ABC, une série qui ressemble beaucoup à ce que l'acteur a déjà fait dans le passé...

Shifting Gears, saison 1 (2025) :

Républicain grincheux, veuf et propriétaire d'un garage de rénovation de véhicules de collection, Matt Parker (Tim Allen) voit sa vie soudainement changer lorsque sa fille Riley (Kat Dennings), démocrate et mère de Carter (Maxwell Simkins), adolescent, et Georgia (Barrett Margolis), fillette précoce, revient s'installer chez lui avec sa progéniture. La cohabitation s'annonce compliquée...

On le voit tout de suite, on est en terrain très balisé, avec un Tim Allen sarcastique et grognon qui fait des vannes de vieux boomer réactionnaire (notamment sur les Français), et une Kat Dennings qui s'oppose à lui, soit exactement ce qu'on pouvait déjà trouver dans Last Man Standing avec la sœur aînée de la famille (et son mari "libéral incompétent").

À partir de là, Shifting Gears n'apporte pas grand chose : on est en terrain archi-familier, c'est générique et inoffensif au possible, avec un Tim Allen étrangement raide et enroué dans certains épisodes, une Kat Dennings qui fait du Kat Dennings, des vannes mollassonnes, des rires enregistrés artificiels, des caméos plus ou moins probants (Brenda Song, Jay Leno, Nancy Travis de Last Man Standing), des personnages secondaires assez classiques (le duo de mécanos Sean William Scott/Daryl Chill Mitchell, la mécano lesbienne qui a trois lignes de dialogue dans toute la saison), et une romance gentiment forcée entre Tim Allen (71 ans) et Jenna Elfman (53 ans).

Pourtant, ponctuellement, tout ça fonctionne, notamment lorsque les scénaristes visent la sincérité et l'émotion plutôt que les vannes... mais honnêtement, on est dans de la sitcom familiale ultra-basique, à l'ancienne, et à moins d'être ultra-fan de Tim Allen, on peut passer son chemin sans hésiter.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sprung (2022)

Publié le 1 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Policier, Thriller, Critiques éclair, Sitcom, Les bilans de Lurdo, Télévision, USA, Review, Amazon

Après My Name is Earl, Raising Hope et The Guest Book (au format anthologique plus anecdotique), le showrunner Greg Garcia a remis le couvert pour le service freevee d'Amazon, avec une nouvelle mini-série en 9 épisodes de 30-60 minutes dans la droite lignée de ses productions précédentes : des visages connus, des personnages magouilleurs et white trash, de l'humour absurde et plein de bons sentiments...

Sprung (2022) :

Après avoir passé plus de 25 ans en prison pour un trafic de marijuana, Jack (Garret Dillahunt) est libéré en pleine crise de la COVID, sans avoir nulle part où aller. Avec Gloria (Shakira Barrera), une autre prisonnière avec laquelle il avait flirté à distance derrière les barreaux, il accepte alors l'offre de Rooster (Phillip Garcia), son codétenu, et s'installe chez la mère de celui-ci, Barb (Martha Plimpton). Mais ce logement est assorti d'une condition : que Jack, qui a tout appris en prison et qui est doté d'une excellente mémoire, aide Barb et compagnie à effectuer de petits larcins, voire même... à voler une fortune en tableau chez une représentante du Congrès malhonnête (Kate Walsh).

Difficile de faire rire avec la Covid, et pourtant, en présentant cette crise du point de vue d'une bande d'incapables (Rooster est assez lent, sa mère à peine plus vive d'esprit, Gloria ne pense qu'à magouiller, et Jack, lui, est naïf au possible), Garcia y parvient.

La série propose ainsi le portrait d'une crise durant laquelle personne ne comprend rien à rien, et d'une confusion générale qui va profiter à cette bande d'opportunistes. Tout d'abord, au travers de petites magouilles qui, sous l'impulsion de Jack, prennent pour cible de petites frappes : un trafiquant de papier toilette, un vétérinaire qui fait des tests PCR frauduleux, un trafiquant de drogues/prêteur sur gages... de quoi poser un format intrigant qui laisse deviner ce qu'aurait pu être la série si elle avait été diffusée sur un network.

On y voit en effet un Jack naïf mais ultra-doué, qui a retenu toutes les leçons enseignées pendant ses 26 années en prison, et est capable de les mettre en pratique IRL, comme une sorte d'idiot savant à la fois cambrioleur, homme d'action, spécialiste en tout, etc. Le tout mis en images avec des flashbacks sur son séjour en prison, où Jack apprend X et Y, en fonction de ses besoins du moment.

Autour de lui, que des incapables attachants, qui rapidement vont s'embarquer dans une intrigue de vol de tableaux - un fil conducteur efficace, qui culmine dans l'épisode final (le plus long), et permet une évolution de tout ce petit monde, notamment sur le plan personnel (tout le monde change un peu au gré de la saison, des romances se créent).

Bien qu'étant un peu inégale au niveau gestion du rythme, la série se regarde ainsi très facilement : les personnages sont attachants (comme souvent chez Garcia), les rebondissements sont improbables, l'humour souvent décalé, et cette vision absurde de la crise pandémique fonctionne plutôt bien, sans jamais se départir d'un fond de sincérité et d'émotion toujours agréable.

J'ai donc passé un moment plutôt agréable.

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