Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Things will be different (2024) :
Frère et sœur, Joseph (Adam David Thompson) et Sidney (Riley Dandy) se retrouvent dans un diner perdu après avoir dérobé plusieurs millions de dollars. En fuite et poursuivis par les autorités, ils se réfugient dans une ferme reculée, où les instructions contenues dans un carnet leur permettent d'utiliser un placard "magique" qui les transporte dans une bulle temporelle. Mais rapidement, ils réalisent qu'ils sont pris au piège dans cette ferme hors du temps, et que s'ils veulent s'en sortir, ils vont devoir exécuter les instructions de mystérieux interlocuteurs dont ils ignorent tout.
Long métrage à mi-chemin entre le film de SF et le film policier, réalisé et écrit par un collaborateur de Moorhead et Benson (à la production), ce Things will be different est un gros bordel de boucles temporelles qui se mélangent, de questions laissées en suspens, de paradoxes abscons, etc... qui s'appuient sur une réalisation et une interprétation maîtrisées.
Et c'est ça qui fait toute la force du film : même si le spectateur ne comprend pas forcément tous les tenants et aboutissants du métrage (si tant est que tout soit vraiment logique, cohérent et explicable, à la base - on peut en douter), la relation des deux protagonistes est crédible, touchante et sincère, et elle porte sur ses épaules le scénario et ses défaillances ponctuelles.
Ajoutez à cela une réalisation efficace (les montages du temps qui s'écoule sont notamment très réussis), et l'on se retrouve donc avec un thriller original, intrigant, pas forcément ultra-carré dans son écriture (honnêtement, le film sème tellement d'indices sans forcément leur donner de suite qu'il peut être frustrant, et en rebutera plus d'un), mais très ambitieux. C'est toujours ça de pris.
4/6
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The King of Fighters (2009) :
Dans un monde où un tournoi d'arts martiaux se déroule dans une dimension parallèle accessible via des oreillettes bluetooth, Mai Shiranui (Maggie Q) assiste au vol de trois reliques inestimables par Rugal Bernstein (Ray Park), qui disparaît alors dans la dimension parallèle, avec pour objectif de libérer l'Orochi, une entité maléfique qui lui donnera des pouvoirs immenses. Mais pour y parvenir, Rugal attire les autres combattants dans son monde, afin de les éliminer un à un...
Après Street Fighter, Chun-Li, Mortal Kombat, D.O.A, Tekken... voilà encore une adaptation cinématographique d'un jeu de combat, en l'occurrence King Of Fighters... et là on touche le fond.
C'est bien simple, quasiment rien ne fonctionne ici : le casting est hors-sujet, l'interprétation faiblarde, la réalisation incompétente, le montage désastreux, la chorégraphie des combats est approximative, les effets spéciaux fauchés, et le scénario... aïe.
Bref, malgré quelques visages familiers, c'est vraiment mauvais.
1/6
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Après une saison 1 très attendue, en 2022, mais à l'accueil critique comme public assez mitigé (pour des raisons valables, comme pour des raisons typiquement... réactionnaires) ayant créé une atmosphère assez nocive autour de la sortie du programme, revoici l'adaptation Amazon des événéments précédant le Seigneur des Anneaux.
Toujours 8 épisodes d'une grosse heure au programme, avec un tournage en grande partie relocalisé au Royaume-Uni, pour la suite d'un récit qui ne m'avait pas déplu, malgré un côté un peu éparpillé et des scories inhérentes à une saison 1...
Le Seigneur des Anneaux - Les Anneaux de pouvoir, saison 2 (Rings of Power, season 2 - 2024) :
Après avoir gagné la confiance de Galadriel (Morfydd Clark) et trahi cette dernière, Sauron (Charlie Vickers) part pour l'Eregion où, sous l'apparence d'Annatar, un elfe envoyé par les dieux, il convainc Celebrimbor (Charles Edwards) de créer le reste des Anneaux de pouvoir, notamment ceux destinés aux Nains ; à l'autre bout du monde, le futur Gandalf (Daniel Weyman) croise le chemin de Tom Bombadil (Rory Kinnear), qui le prend sous son aile ; quant à Adar (Joseph Mawle), il réunit ses armées pour écraser une fois pour toutes la menace du retour de Sauron...
Si elle m'avait relativement convaincu, la saison 1 des Anneaux de pouvoir n'était pas sans défauts, loin de là, au premier rang desquels une multiplication des sous-intrigues et des personnages secondaires, qui finissait par brouiller un peu trop les cartes, et par singer trop fréquemment certains points scénaristiques des LOTR de Peter Jackson.
Pour cette saison 2, malheureusement, il en va toujours de même : si le programme se démarque plus franchement de l'influence PJ, pour se concentrer sur une montée en puissance progressive débouchant sur le siège de la ville d'Eregion (dans l'avant-dernier épisode de la saison), la série continue d'avoir des problèmes de structure (parfois inhérents au format et au découpage télévisuel), avec des restes de sous-intrigues conclues de manière précipitée, et d'autres clairement uniquement là pour faire de la mise en place d'événements futurs.
Les points forts et faibles de l'écriture restent toujours les mêmes : les manipulations de Sauron en Eregion fonctionnent, Charlie Vickers ayant radicalement changé d'apparence pour l'occasion, etCharles Edwards étant excellent en orfèvre sous l'influence du Mal; les mésaventures des nains, et le conflit de Durin confronté à son père, consumé par l'anneau, restent l'intrigue la plus intéressante et la plus attachante de la série (avec une superbe scène finale pour Durin père vs le Balrog) ; tout ce qui touche au Numenor est absolument et complètement insipide (que ce soit à Numenor même, ou sur le continent), avec un vrai déficit de charisme de ce côté-là ; et malheureusement, Gandalf et ses hobbits (dont j'avais apprécié la relation en saison 1) font énormément de surplace, le personnage de Tom Bombadil étant une agréable surprise au milieu d'une sous-intrigue molle qui évoque, par moments, l'entraînement de Luke sur Dagobah (d'ailleurs, pas ultra convaincu par la manière dont le show amène le nom "Gandalf").
Le bilan scénaristique est donc assez inégal, mais je mentirais en disant m'être ennuyé, ou en affirmant que le siège d'Eregion n'est pas impressionnant - ce n'est pas totalement au niveau des films (il reste notamment un côté très studio/télévisuel à certains décors et certains éclairages/cadrages), mais c'est plus qu'honorable compte tenu de l'ampleur et de l'ambition de la proposition.
À l'identique, musicalement, Bear McCreary se démène une fois de plus et parvient à imposer ses thèmes et ses chansons, notamment pour Tom Bombadil, personnage particulièrement casse-gueule s'il en est (léger hors sujet, par contre, sur la "ballade de Damrod" et ses vocalisations death metal).
Ce qui donne, au final, une saison agréable à suivre... mais, un peu comme en saison 1, un peu frustrante : les scories restent toujours présentes (et ne quitteront probablement plus la série, désormais), et empêchent le programme d'être vraiment passionnant de bout en bout, malgré beaucoup de qualités et une interprétation très solide.
À voir en connaissance de cause, donc, et je ne peux m'empêcher de me demander comment la série va bien pouvoir continuer à conserver l'intérêt du spectateur lorsque l'attention des scénaristes va basculer en très grande partie sur Numenor et les humains...
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Queen of the Ring (2025) :
L'histoire « vraie » de Millie Burke (Emily Bett Rickards), serveuse et jeune mère célibataire dans les années 30, et qui, après avoir croisé le chemin du catcheur et promoteur Billy Wolfe (Josh Lucas), décide de tout plaquer pour devenir la meilleure femme catcheuse de l'histoire de la discipline. Un succès qui lui prendra plusieurs décennies, et qui mettra en péril sa vie privée...
Un biopic romancé adapté d'un livre et pas désagréable, mais très académique et basique, avec des personnages secondaires sous-développés, une chronologie bricolée et occasionnellement passée en avance rapide (surtout dans la dernière partie du film, avec de fréquents fondus au noir), et une forme très académique : on sent que le réalisateur/scénariste (par ailleurs patron de maison de disque, ce qui explique sans nul doute l'illustration musicale ici anachronique) a fait de son mieux pour résumer la carrière et la vie de Millie Burke, mais n'a pas forcément réussi à tout gérer de manière optimale en 2h15 (supposément, une heure de film a été coupée, et le projet était pensé comme une mini-série de streaming, mais bon).
Après, si l'on peut regretter le manque de subtilité dans tout ce qui est propos sur le féminisme, la violence conjugale, etc, les quelques private jokes sur Vince McMahon et sur le monde du catch, les faux raccords çà et là (notamment dans la dernière ligne droite), le côté mélo très appuyé et toute une fin en mode shoot match qui ne fonctionne pas réellement, reste l'interprétation, notamment de Rickards.
Une Rickards athlétique (on le savait déjà) qui tient très bien son rôle et s'y donne corps et âme, entourée de multiples visages familiers, de Walton Goggins à Deborah Woll, en passant par de nombreuses catcheuses (créditées ou non), et bien sûr Josh Lucas, plutôt bon lui aussi dans un rôle difficile.
La distribution est excellente, elle joue bien (y compris Kamille en antagoniste), le rendu visuel est crédible et de bonne facture, et cette histoire est loin d'être désagréable à suivre... mais voilà, ça ne dépasse jamais le fond, la forme et le budget (la perruque de Gorgeous George !!) d'un biopic tv, et donc ça reste assez moyen in fine.
3.25/6 (après, c'est amusant de voir Rickards s'essayer au monde du catch après que son compère d'Arrow, Stephen Amell, soit tombé dedans lui aussi, et de retrouver ici Kelli Berglund, qui était dans Heels)
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Summer of 69 :
Abbie (Sam Morelos), streameuse, est sur le point d'avoir son bac, mais elle ne peut s'empêcher de rêver de Max (Matt Cornett), le séduisant joueur de football de sa classe. Vierge et désespérée, elle engage alors Santa Monica (Chloe Fineman), une stripteaseuse ayant besoin d'argent pour sauver son établissement de la faillite, afin que cette dernière lui apprenne tout des choses de l'amour et du sexe...
Une teen comedyHulu en mode coming of age, sous l'influence très claire des années 80, et qui s'avère sympatoche, bien que très balisée.
Alors oui, par rapport aux teen comedies des 80s, ici, on suit un personnage féminin (attachant), et effectivement, rien de tout ça n'est particulièrement crédible, mais la comédienne Jillian Bell (ici réalisatrice et coscénariste) s'en sort plutôt bien, et met ici en images une amitié improbable entre une lycéenne et une strip-teaseuse, dans un film pas aussi graveleux et bas de plafond que le postulat de base pouvait le laisser entendre.
Après, ce n'est pas non plus exceptionnel : comme je le mentionnais, c'est très balisé, il y a un petit coup de mou à mi-parcours, et on retrouve le schéma de la grosse dispute et des quatre vérités qui sont dites entre les deux buddies dans la dernière ligne droite...
Mais dans l'ensemble, quand bien même certains personnages secondaires seraient sous-exploités (Charlie Day qui vient jouer les prêteur sur gages véreux dans deux scènes et demi, entre autres), le tout reste suffisamment excentrique, léger et décalé pour qu'on ne s'ennuie pas.
3.75/6
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Mountainhead (2025) :
Randall Garrett (Steve Carell), Hugo « Souper » Van Yalk (Jason Schwartzman), Venis « Ven » Parish (Cory Michael Smith) et Jeffrey « Jeff » Abredazi (Ramy Youssef) sont quatre géants de la tech américaine, qui se retrouvent dans le luxueux chalet de Souper pour y passer un moment entre amis. Mais autour d'eux, alors que le reste du monde sombre dans le chaos suite aux actions dérégulées de Ven, rien ne va plus : dans leur bulle, les quatre sociopathes décident de profiter de la situation pour acquérir plus de pouvoir, et "aider" l'humanité à se transcender...
Une satire du monde de la tech et de ses "génies" comme Zuckerberg, Musk ou Bezos, Mountainhead est le fruit du travail du scénariste de Succession, série très à la mode outre-Atlantique, qui nous livre ici un métrage qui tourne un peu à vide.
Certes, le quatuor de tête retranscrit bien à l'écran la personnalité quasi-autiste et arriviste de toutes ces tech-bros qui contrôlent des technologies ahurissantes sans le moindre égard pour l'être humain (sauf celui qui est passionné par le transhumanisme - il y en a toujours un), et qui passent leur temps collés sur leur téléphone, à se vanner ou à faire des deals bancals... ce sont des clowns déshumanisés et cyniques, ni plus ni moins, et sur ce plan, la satire fonctionne bien, à grands renforts de buzzwords, de jargon creux, de rires méprisants, de tirades délirantes et mégalomaniaques, etc.
Mais sur la longueur, le film commence à se répéter un peu, la formule se fait rapidement soulante, et la deuxième moitié du métrage ronronne, à mesure que trahisons et manipulations se produisent entre les quatre compères incapables, qui tentent de trouver un moyen de se débarrasser du moins décidé d'entre eux.
Ce n'est pas désagréable en soi, c'est juste trop long pour ce que ça raconte. Et quelque part, quand on voit comment le monde (enfin, surtout l'Amérique) part en vrille depuis quelques mois, revoir la même chose mais sous forme fictive n'a pas forcément un attrait exceptionnel.
3/6
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Maelstrom - The Odyssey of Waterworld (2018) :
Un documentaire (sorti en tant que bonus pour le dvd du film aux USA) de 90+ minutes qui retrace, au travers d'images d'archive, de production et d'interviews actuelles et passées, la genèse difficile de ce blockbuster à l'ancienne, au budget faramineux pour l'époque, et aux ambitions démesurées.
Et c'est très intéressant, tout ça, puisque tout le monde est interviewé... ou presque. Pas de trace des acteurs ou de Kevin Costner (hormis via des interviews de l'époque), ce qui n'est guère surprenant : inondé de mauvaise presse (le film était devenu le bouc émissaire de l'industrie et des journalistes, qui propageaient bon nombre de rumeurs non fondées), le métrage, initialement plus sombre et d'une durée de 3 heures, est passé sous les ciseaux des monteurs lorsque Kevin Costner a repris les rênes du projet, une fois Kevin Reynolds (le réalisateur) évacué.
On a donc ici le point de vue de l'équipe originale (y compris du compositeur original, Marc Isham, remplacé lui aussi par James Newton-Howard, pour un score très swashbuckling), mais pas celui de Costner, probablement rebuté par l'expérience et par le flop médiatique du film.
Incomplet, donc, mais intéressant néanmoins, notamment parce que ça rappelle la quantité astronomique d'efforts et de travail nécessaires pour donner vie à un tel projet avant l'essor du numérique.
4/6
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Predator : Killer of Killers (2025) :
En 841, en Scandinavie, un Predator affonte la guerrière Ursa ; en 1609, au Japon, le combat fratricide de Kenji et Kiyoshi est interrompu par un Predator ; en 1942, Torres, un mécanicien/pilote, assiste à l'attaque d'un vaisseau Predator durant la Bataille de l'Atlantique. Trois destins qui vont finir par converger à l'autre bout de la galaxie...
Une mini-anthologie animée chapeautée par Dan Trachtenberg (réalisateur de Prey et désormais en charge de la franchise Predator), et qui prend la forme de trois segments consacrés chacun à une époque/un humain, avant de les confronter dans une arène sur la planète des Predators, à l'occasion d'un grand final.
Pas désagréable, malgré un style d'animation délibérément saccadé (à la Chat Potté 2/Spider-verse) qui demande un certain temps d'adaptation et ne sera pas du goût de tout le monde : c'est de l'action non-stop, ça bourrine, l'écriture se fait un peu plus faiblarde et clichée durant le troisième segment, mais ça se regarde tranquillement, et ça respecte le mythe, en proposant des Yautjas aux apparences distinctes et mémorables, et en liant le tout aux autres épisodes de la franchise.
Sympa, sans plus.
3.75/6
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Nightbitch (2024) :
En plein post-partum et hypocondriaque, une mère de famille (Amy Adams) commence lentement à ne plus supporter sa vie de femme mariée, au mari trop absent, devant élever seule un bambin débordant d'énergie. Elle remarque alors que son comportement se fait de plus en plus animal, et que divers signes physiques étranges se manifestent chez elle : pilosité, apparitions de mammelles, etc. Et à mesure que le canin prend le pas sur l'humain, elle redécouvre le sens de la vie...
Mouais. Une comédie noire féministe qui parle de la dépression, des problèmes de couple, de la maternité, du besoin de s'échapper, tout ça, sous le couvert d'une grosse métaphore à base de pseudo-lycanthropie.
Et honnêtement, ça se limite à ça : Adams, délibérément jamais mise en valeur, est excellente comme toujours, sa relation avec son fils est attachante et naturelle, mais très rapidement, les tenants et les aboutissants de la métaphore apparaissent évidents, le côté lycanthropie devient un prétexte rapidement écarté et aseptisé, et le film commence à ronronner, avec son propos simpliste et cousu de fil blanc, martelé encore et encore, ses personnages secondaires sous-développés et caricaturaux, etc.
Décevant, je dois dire, jamais suffisamment mordant (sans mauvais jeu de mots) pour marquer, et jamais suffisamment original ou pointu dans son propos pour se démarquer.
2.5/6
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En 2020, Genndy Tartakovsky (qu'on ne présente plus) lançait l'excellente série Primal, un programme revisitant de manière passionnante et spectaculaire la relation entre un homme de Néanderthal et une femelle T-Rex, au travers d'une dizaine d'aventures improbables, dans un monde anachronique, à mi-chemin entre l'heroic fantasy brutale façon Conan et la poésie meurtrière d'un homme contre la nature.
Un véritable succès, qui a donné lieu à cette suite, en 2022, toujours en 10 x 25 minutes...
Primal, saison 2 (2022) :
Après l'enlèvement de Mira par des esclavagistes vikings, Spear et Fang partent à leur poursuite... mais pour cela, ils doivent embarquer sur un océan toujours plus hostile.
Une seconde saison un peu différente de la première en cela qu'elle est nettement plus scénarisée, et qu'elle raconte une même histoire étalée sur toute la saison : Spear et Fang qui tentent de retrouver Mira et de la libérer.
On perd malheureusement un peu de la force de la saison 1 et de ses épisodes unitaires, et le format sérialisé donne lieu, çà et là, à des longueurs inutiles, voire à un peu de remplissage, mais... ça reste néanmoins très bon et très inventif.
La première partie de la saison retrace ainsi la quête de Fang et Spear qui cherchent les pseudo-vikings ayant capturé Mira : de quoi amener le duo à traverser l'océan sur un radeau de fortune (l'occasion de joliment confronter Spear à l'immensité et à la poésie de la mer), puis à croiser le chemin d'un village picte, où Fang rencontre un compagnon.
Malheureusement, cette rencontre se termine mal, obligeant Fang à choisir entre ce mâle et Spear, et débouche sur le troisième épisode de la saison, un épisode pluvieux, mélancolique, qui voit Spear découvrir des peintures rupestres (et tout ce qu'elles impliquent de vie en communauté, d'histoire, et de transmission)... avant d'être enfin confronté aux vikings.
À partir de là, la série prend un autre tournant, toujours plus brutal, toujours plus sanglant : Spear massacre tout le village vikings afin de libérer Mira et les esclaves, et scelle ainsi son sort, puisque le chef viking, survivant du massacre avec son fils, entreprend alors de traquer Fang, Spear et Mira jusqu'au bout de la Terre, quitte à passer un pacte avec un démon pour y parvenir.
La série se permet alors une parenthèse plus moderne, une rupture de ton et d'environnement qui présente, en 1890, les débats de Darwin et de ses collègues sur la nature de l'homme, avant que toute cette petite bande de scientifiques ne soit confrontée à la brutalité d'un tueur sanguinaire ressemblant à Killer Croc : thématiquement appropriée, mais l'on devine là un galop d'essai pour une future saison 3 plus anthologique.
Et puis, après quelques échauffourées avec le viking, et la découverte de la grossesse de Fang, toute la fin de saison est consacrée à un nouveau peuple, d'inspiration égyptienne : Fang, Spear et Mira sont capturés par la Reine de ce peuple, qui les réduit en esclavage dans son énorme "paquebot" mû par des rameurs issus d'un peuple de géants, et Fang et Spear se trouvent contraints de servir la Reine sur le champ de bataille, alors qu'elle conquiert brutalement peuple après peuple.
Plusieurs épisodes bourrins, avec une continuité approximative dans les blessures, mais aussi un peu trop étirés pour leur propre bien, d'autant que l'issue de tout ça est assez télégraphiée. L'ultime épisode de la saison, et de la série (du moins, dans son incarnation actuelle) arrive alors : Mira retrouve son peuple, Spear peine à s'intégrer, et l'heure du combat final contre le viking arrive enfin, avec une issue tragique.
Il s'en passe donc, des choses, dans cette saison 2 de Primal, et c'est globalement assez qualitatif (techniquement, ça en met toujours plein la vue, et la série n'oublie jamais de se ménager des moments de mélancolie et de poésie au milieu de l'action), mais je dois bien avouer que je lui ai préféré la première année : ici, la sérialisation amène quelques répétitions, et à force de confronter constamment les protagonistes à de nouveaux peuples anachroniques, on en vient à regretter le côté heroic fantasy et man vs nature de la première saison.
Mais on le comprend vite : ce qui intéresse Gendy et son équipe, c'est la brutalité, la violence, et le rapport de l'homme à sa nature primaire. D'où une saison 3 anthologique en chantier, qui devrait être totalement détachée de l'arc Fang/Spear. On les regrettera, mais c'est finalement assez logique, et je suis assez curieux de voir ce que cela pourra bien donner.
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