Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
Book of Monsters (2018) :
Sur le point de fêter son 18e anniversaire, Sophie (Lyndsey Craine) invite toute sa classe chez elle, sans se douter que les forces du Mal vont se convier à la célébration et libérer des entités maléfiques à l'aide d'un grimoire conservé chez Sophie depuis plusieurs générations...
Une comédie horrifique britannique à très petit budget (un financement participatif de 50-60 000 de dollars) qui lorgne fortement sur les Evil Dead de Raimi, mais avec des trentenaires dans les rôles de teenagers mineurs, une touche de représentation LGBTQ, et une réalisation/un montage clairement cache-misère (à contrario des films de Raimi, donc, qui avait dix fois plus de moyens).
Malgré ces défauts principalement techniques, clairement inhérents au manque d'argent, le tout se regarde plutôt agréablement, notamment parce que ça ne se prend pas totalement au sérieux, que le Livre des monstres est plutôt réussi, que les créatures ne sont pas désagréables et que le film est généreux en hémoglobine.
Après, ça reste clairement limité par son budget, et par une écriture et une interprétation inégale (des personnages inutiles, quelques acteurs assez médiocres), mais il se dégage de tout ça une bonne humeur plutôt sympathique, qui donne envie de voir ce que le réalisateur/scénariste a fait d'autre.
3.5/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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Dracula (2025) :
En 1480, dans les Carpathes, le prince Vladimir (Caleb Landry Jones) se détourne de Dieu et de sa religion lorsque son épouse Elisabeta trouve la mort dans un assaut des Ottomans. Désormais maudit, transformé en vampire assoiffé de sang, Vladimir, dit "Dracula", passe des siècles à tenter de retrouver la réincarnation de sa bien-aimée, avant de se replier dans son château. Jusqu'en 1889, lorsque Jonathan Harker (Ewens Abid) lui rend visite. Dracula comprend que Mina (Zoë Bleu), la fiancée de Jonathan, est celle qu'il recherche, et il part aussitôt pour Paris, en pleines célébrations du centenaire de la Révolution française...
On pourra saluer l'audace de ce bon vieux Luc Besson : arriver sur les talons du Nosferatu de Eggers, lui repiquer l'une de ses affiches secondaires (plagiat souligné par la créatrice de l'affiche de Nosferatu) et l'idée de caster une "fille de" dans le rôle de Mina (chez Eggers, la fille Paradis-Depp, ici, la fille de Rosanna Arquette), "s'inspirer" très lourdement du Dracula de Coppola (notamment dans certaines scènes et certains visuels, mais aussi dans le simple concept de base du Dracula romantique qui cherche la réincarnation de sa bien-aîmée, blablabla) sous couvert d'hommage, demander à Danny Elfman (à la musique) de faire de même avec le score de Kilar (et aussi quelques éléments qui fleurent bon le temp-tracking de Christopher Young), ajouter une grosse influence du Parfum de Suskind/Tykwer (Dracula séduit ses victimes grâce à un parfum irrésistible qui met les gens en trance), sans oublier une bonne grosse dose de franchouillardise (tout est retransposé à Paris, probablement pour justifier certains financements ou lieux de tournage) et des gargouilles numériques qui font du catch et semblent sortir du Bossu de Notre-Dame... et espérer faire un carton au box-office et auprès des critiques.
Pas de chance, les grosses ficelles ont été remarquées dès la bande-annonce, et une fois devant ce film de plus de deux heures, ça ne s'améliore pas. Parce qu'outre tous les problèmes ci-dessus, il y a un vrai souci au cœur même du métrage : un peu comme pour Valérian, il n'y a pas la moindre alchimie entre ce Dracula et sa bien-aimée. Ce qui est problématique, vu que le Dracula de Besson est une romance intemporelle et mélodramatique.
Cette absence totale d'alchimie est en partie imputable aux nombreuses ruptures de ton du métrage (qui se permet des écarts goguenards et rigolards, notamment sur Dracula qui fait faire une danse chorégraphiée à tous les humains sous le charme de son parfum, au fil des époques), en partie à l'interprétation terne de Zoe Bleu, mais aussi et surtout à l'écriture des personnages féminins, tout simplement inexistante.
Tout au plus Maria (Matilda De Angelis) parvient-elle à exister de par son jeu et son enthousiasme, mais elle, comme Mina, ne sont écrits qu'au travers du prisme des personnages masculins, que ce soit Dracula (Caleb Landry Jones est habité, mais cabotine occasionnellement), le chasseur de vampires (Christoph Waltz, qui fait du Christoph Waltz en prêtre jamais nommé), Guillaume de Tonquédec en médecin, etc.
On se retrouve donc avec une fresque romantique qui tombe assez à plat, sans le moindre charme, avec quelques scènes WTF (le couvent, le massacre à Versailles) uniquement là pour laisser Besson s'amuser, et un grand final spectaculaire à base d'armée roumaine qui attaque le chateau de Dracula, de gargouilles numériques qui font des huracanranas sur les soldats, de Dracula qui massacre tout le monde sans broncher... avant de se faire convaincre de se laisser tuer par Waltz en mode négociateur.
Dit comme ça, ça pourrait presque donner envie, mais en fait, ça prend l'eau de partout et c'est tellement dérivatif qu'on ne peut que soupirer.
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V/H/S Halloween (2025) :
Après le sympatoche V/H/S Beyond de l'année dernière, centré sur les aliens, l'anthologie Shudder revient pour Halloween, avec comme d'habitude un niveau qualitatif très inégal en fonction des segments :
- Diet Phantasma :au début des années 80, l'entreprise Octagon multiplie les tests produits pour son nouveau soda aux extraits de poltergeists, avec des conséquences funestes et sanglantes pour chacun des cobayes.
Un concept rigolo pour ce fil conducteur improbable, malheureusement un peu trop répétitif pour son propre bien.
- Coochie Coochie Coo :deux lycéennes (Samantha Cochran, Natalia Montgomery Fernandez) se filment alors que, déguisées en bébés, elles font la tournée d'Halloween de porte en porte. Jusqu'à ce qu'elles arrivent dans une demeure sinistre, réputée hantée par une mère éplorée...
Vraiment pas aimé, celui-ci : plus d'une vingtaine de minutes d'un found footage très basique, façon maison hantée de fête foraine, avec des monstres grotesques, une interprétation très criarde, et des protagonistes jamais attachantes. Et puis sur la durée, toute la tension se fait la malle, pour finir de manière très plate.
- Ut Supra Sic Infra :après un massacre inexplicable lors d'une soirée d'Halloween, la police espagnole interroge Enric (Teo Planell), le seul survivant, et tente de reconstituer les événements qui ont mené à cette situation.
Le co-créateur des REC revient au genre du found footage, avec un métrage court et efficace, aidé par des effets spéciaux convaincants, et par une simplicité qui fonctionne. Rien d'exceptionnel, mais ça passe plutôt bien.
- Fun Size :parce qu'ils n'ont pas respecté la règle du "1 bonbon par personne", un groupe de vingtenaires (Lawson Greyson, Riley Nottingham, Jenna Hogan, Jake Ellsworth) faisant la tournée d'Halloween est aspiré dans le bol d'une maison, et se retrouve victime d'un étrange chocolatier qui les tue un par un pour fabriquer de nouveaux bonbons...
Mouais. Un segment qui est supposé être rigolo et déconneur, à mi chemin entre FNAF et un creepypasta décalé, et qui est réalisé par l'un des créatifs derrière Too Many Cooks et autres vidéos virales Adult Swim, mais le tout s'essouffle bien trop vite, est assez cheap et n'évite pas des moments graveleux assez télégraphiés. Et puis ça joue moyennement.
- Kidprint : Tim (Stephen Gurewitz), gérant d'un magasin d'équipement vidéo dans les années 90, décide de filmer toute la journée d'Halloween, alors même que des enlèvements se multiplient en ville. Il découvre bien vite l'identité du tueur...
Bof, à nouveau. Une histoire de serial killer, pas très intéressante, à la chute évidente, et avec des scènes de torture qui ressemblent un peu à du remplissage.
- Home Haunt :en pleine crise d'adolescence, Zack (Noah Diamond) refuse désormais d'aider son père (Jeff Harms) à organiser sa maison hantée d'Halloween, tradition qu'il ne supporte plus. Mais cette année, son géniteur a décidé de baser son attraction sur la musique d'un disque étrange, trouvé dans un magasin d'antiquités... et qui déclenche un véritable massacre.
Ah, enfin un segment vraiment sympathique, entre son caméo de Rick Baker, ses fantômes, ses zombies, sa sorcière déglinguée, ses effets amusants mais sanglants, et sa conclusion assez nawak.
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Globalement, alors que les critiques outre-atlantique ont adoré ce V/H/S, parlant même de meilleur volet de la saga, j'ai trouvé le tout assez raté. Soit c'est mal rythmé, soit c'est criard et générique, et à part le dernier segment, à la fois drôle et sanguinolent (et dans une moindre mesure l'épisode du co-créateur de REC, qui a quelques beaux effets), rien n'a vraiment fonctionné sur moi, au contraire. Dommage.
2.5/6
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28 ans plus tard (28 years later - 2025) :
28 ans après le début de l'épidémie de rage, la Grande-Bretagne est désormais isolée, et la contagion contenue. Sur une île reliée au reste du pays par un isthme submersible, Spike (Alfie Williams), un jeune enfant de 12 ans, vit au sein d'une communauté avec son père Jamie (Aaron Taylor-Johnson) et sa mère Isla (Jodie Comer), atteinte d'une maladie mystérieuse. Après avoir réussi un rite de passage avec son père et tué son premier infecté, Spike décide alors d'emmener seul sa mère à la recherche d'un médecin réputé fou, le Dr Kelson (Ralph Fiennes), dont il a repéré le feu de camp durant son rite de passage...
18 ans après le second volet de la saga, 28 semaines plus tard, signé Juan Carlos Fresnadillo (Damsel), retour de Danny Boyle et d'Alex Garland, respectivement réalisateur et scénariste du volet original, pour cette suite assez distante, 28 ans plus tard, une suite bourrée de choix polarisants, assez globalement détachée des deux films précédents, et qui est en réalité le premier volet d'une trilogie dont la suite a déjà été tournée par Nia DaCosta.
28 ans plus tard a reçu un accueil critique et public assez enthousiaste, mais très honnêtement, j'ai trouvé le tout assez médiocre, un film proposant des idées intéressantes, des messages intéressants, mais aussi énormément de scories narratives et structurelles, accompagnées d'un style visuel et musical très marqué qui, malheureusement, m'a agacé plus qu'autre chose.
Le problème principal, en fait, c'est qu'autant la première partie du film fonctionne à peu près (le père et le fils qui apprend à chasser de l'infecté), autant la suite prend un virage dans une direction récit initiatique, coming-of-age, etc, où le scénario se fait nettement moins rigoureux (énormément de grosses ficelles narratives improbables), où les idées semblent jetées en vrac à l'écran, avec des personnages aux réactions contre-intuitives, des moments WTF (le bébé), des choix créatifs qui ne font rire que Garland et Boyle (le gang de Jimmy), des règles internes totalement oubliées en cours de route (le virus se transmet par le moindre contact du sang infecté avec les muqueuses, mais tout le monde participe à l'accouchement sans broncher, les infectés sont fusillés à 10 cm du visage des gens, etc), et la fin botte en touche pour préparer une suite.
Bref, je n'ai pas franchement aimé, notamment parce que le film manque cruellement de tension (c'est limite un road movie dans une campagne bucolique durant la majeure partie du film), et que Garland/Boyle semblent avoir choisi de s'amuser plus que de proposer quelque chose de satisfaisant.
(après, on retombe ici dans le syndrome The Last Jedi, où "prendre à contre-pied les attentes du public" devient un gage de qualité aux yeux de beaucoup de monde, quand bien même le résultat final serait médiocre, et la simple existence d'un propos social ou d'une métaphore, toute balourde et évidente qu'elle puisse être, suffit pour que les fans rejettent toute critique d'un "c'est trop intelligent pour toi, tu n'as pas dû comprendre")
2.5/6
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Black Cab (2024) :
Couple dans la tourmente, Anne (Synnøve Karlsen) et Patrick (Luke Norris) finissent une soirée en prenant un taxi conduit par le sympathique Ian (Nick Frost), qui a déjà pris Anne à bord de son taxi lorsqu'elle visitait une maternité sans en avoir parlé à son compagnon. Rapidement, une dispute éclate dans le couple, dispute interrompue lorsque Ian sort un taser, et kidnappe ses deux passagers, pour les emmener sur Mabel Hill Road, une route réputée hantée...
Mwébof. Un thriller fantastique un peu frustrant, qui pendant ses deux premiers tiers déroule une histoire sous pression pas désagréable, avec un Ian qui devient rapidement menaçant et hostile... et puis la pression s'échappe progressivement, à mesure que le tout vire à l'histoire de fantôme pure et dure, et s'agrémente d'éléments un peu trop flous pour leur propre bien.
En fait, il y aurait eu là de quoi faire un court ou moyen-métrage tendu et efficace, d'autant que d'un point de vue technique/visuel/photographique, c'est assez réussi et compétent... mais sur 90 minutes, ça ne tient pas vraiment la route, et ça tourne un peu en rond, avec un couple principal pas particulièrement intéressant ou attachant.
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The Baby in the Basket (2025) :
En 1942, alors que la Seconde Guerre Mondiale bat son plein, un bébé est déposé sur les marches d'un couvent reculé en Écosse. La Mère Supérieure (Maryam d'Abo) et les Sœurs (Elle O’Hara, Amber Doig-Thorne, Michaela Longden...) recueillent aussitôt le nourrisson, mais rapidement, celui-ci semble avoir une influence maléfique sur les religieuses, et notamment sur Sœur Agnes (Doig-Thorne), qui y voit là l'œuvre du Diable. Une à une, les Sœurs commencent à sombrer dans la folie, et pour ne rien arranger, la présence de Daniel (Nathan Shepka), ex-militaire et homme à tout faire, en trouble plus d'une.
Un film de couvent britannique qui évoque, par son ton grandiloquent et ses moyens assez réduit, un certain cinéma anglais des années 70. Ce n'est pas très bon (le film met 30 minutes à poser ses personnages avant que le bébé n'apparaisse), c'est assez fauché (le bébé démon à la fin) et c'est parfois très inégal dans l'interprétation et les effets, mais ça se regarde étrangement, principalement parce que ça a un certain charme rétro. Mais ça s'arrête là.
2.5/6
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Get Away (2024) :
Lorqu'elle arrive sur l'île suédoise reculée de Svälta pour y assister à une commémoration traditionnelle, la famille Smith (Nick Frost, Aisling Bea, Sebastian Croft, Maisie Ayres) s'y trouve confrontée à des habitants hostiles, dont les antécédents cannibales et sanglants contre les Anglais ne laissent présager rien de bon pour les touristes...
Une comédie horrifique anglaise écrite par Nick Frost, et qui se déroule comme une version semi-parodique de la folk horror britannique à la Wicker Man, avant de verser dans tout autre chose dans la dernière demi-heure... une demi-heure assez décomplexée et gore (sur fond de Run to the Hills d'Iron Maiden, ça fait toujours plaisir), mais aussi totalement téléphonée dès le premier tiers du métrage.
Dommage, parce que le tout n'est pas désagréable, mais sur la fin, ça tire un peu à la ligne en plus d'être prévisible.
3.5/6
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Après les 11 premiers épisodes de sa saison 1, diffusée en 2022 sur Netflix, retour de la série de Neil Gaiman... sans Neil Gaiman, plus ou moins embourbé dans des histoires de frasques sexuelles et désormais mis au ban par le public, les médias et le monde de l'audiovisuel.
Toujours 11 épisodes au programme (+ 1 épisode de conclusion), 11 épisodes divisés en deux parties, axées autour de la relation entre Dream et les autres membres de sa famille - parents, frères et sœurs, enfants - pour un tout qui continue dans la droite lignée de la saison 1...
The Sandman, saison 2 (2025) :
Alors qu'il s'attend à devoir affronter la colère de Lucifer (Gwendoline Christie), Dream (Tom Sturridge) se retrouve en possession des clefs de l'Enfer, avec pour responsabilité de trouver à ce dernier un nouveau responsable. Il part ensuite à la recherche de Destruction (Barry Sloane), son frère perdu, sans savoir que cette quête va le mener à sa propre destruction... et à sa renaissance.
Une saison qui commence en douceur, par un mini-arc sur l'Enfer, avec un Lucifer démissionnaire et un Dream qui se retrouve à devoir décider parmi de multiples candidats (fées, dieux nordiques, forces de l'ordre et du chaos, etc) qui va hériter des clefs de l'Enfer.
Pas désagréable, en soi, malgré une résolution faiblarde, et même si les limites budgétaires se font ressentir, notamment dans le nombre de candidats potentiels à la succession de Lucifer, et dans certains maquillages : globalement, cet arc narratif est surtout là pour mettre en place quelques éléments nécessaires à la suite de la saison - Loki (Freddie Fox) et Puck (Jack Gleeson), transformés ici en petit couple gay, Nuala (Ann Skelly), la fée qui s'attache à Dream - et pour boucler de manière un peu molle la sous-intrigue de Nada (Umulisa Gahiga), la reine des premiers humains envoyée en Enfer par Dream.
La série embraye alors aussitôt sur une autre quête pour Dream : à l'initiative de Delirium (Esmé Creed-Miles), sa sœur (je n'ai pas été très convaincu par la représentation à l'écran de cette dernière, ni par certains choix d'interprétation), il part pour la Terre à la recherche d'un oracle pour trouver son frère Destruction (pas très mémorable non plus).
De quoi ramener Dream à ses obligations de père absent, de le confronter à Orphée, son fils (désormais rien de plus qu'une tête décapitée immortelle), de ramener Johanna Constantine (Jenna Coleman), de placer quelques digressions LGBTQ et de finir la première moitié de la saison sur l'euthanasie d'Orphée par son père.
Ce qui lance la suite et fin du programme (la deuxième partie de la saison), autour de la mort de Dream : en tuant l'un des siens, Dream a commis l'irréparable, et les Furies sont bien décidées à le punir pour ce geste, en envoyant à ses trousses Hippolyte, la mère du seul bébé né dans le Monde des rêves.
Voilà ce qui occupe le plus clair des 5 derniers épisodes de la série : Morpheus déprime, Morpheus fait ses adieux à tout le monde, Morpheus tente de trouver une échappatoire, Morpheus se cherche un remplaçant - le fils d'Hippolyte, rapidement enlevé par Puck et Loki, sur la trace desquels Dream envoie Constantine et un nouveau Corinthien (Boyd Holbrook) plus calme (avec en prime une romance totalement ratée entre ces deux personnages), Morpheus se résigne, Morpheus meurt... et Morpheus revient sous une nouvelle apparence (Jacob Anderson), dans un épisode de funérailles un peu inégal car se voulant très mélodramatique et profond, alors que finalement, bof.
Une fin de saison que vient conclure un épisode unitaire sur la Mort, arrivant comme un cheveu sur la soupe, et uniquement là parce que c'est l'un des récits les plus populaires de la bd.
Alors certes, c'est toujours globalement bien filmé (la série a appris de son erreur en saison 1, et le format de l'image n'est plus étiré verticalement sans raison), assez travaillé visuellement (sauf lorsque le budget impose des raccourcis ou des restrictions flagrantes), la bande originale est toujours très compétente... mais au terme de cette seconde saison, je suis retourné lire mon avis sur la saison 1, et rien n'a changé, si ce n'est un focus accru sur Dream (alors qu'il faisait presque de la figuration, par moments, en s1), plus humanisé (au point de perdre occasionnellement son aura surnaturelle).
En saison 2, l'adaptation est toujours scolaire et appliquée, la structure globale est toujours décousue avec beaucoup trop de personnages secondaires, de digressions inutiles et d'épisodes qui sautent du coq à l'âne, la représentativité est toujours mécanique, Dream passe toujours son temps à être blamé de ses actions par tous ses interlocuteurs, tout ce qui tourne autour de Johanna Constantine est toujours forcé au possible, et il manque toujours trop souvent un certain recul, un second degré british, ce qui donne au final une série se prenant très (trop) souvent au sérieux, comme un gothique cliché des années 80-90, trop torturé et déprimé pour son propre bien...
Après, la série a été bien reçue par la critique et le public, donc je suis clairement dans la minorité, mais bon : à chaque fois que le programme tentait d'être touchant, mélodramatique et triste, je suis resté de marbre.
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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives là.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Take Cover (2024) :
Sam (Scott Adkins), sniper, et Ken (Jack Parr), son spotter, forment un duo de tueurs à gages travaillant pour la mystérieuse Tamara (Alice Eve). Après être passé à deux doigts de l'échec lors d'une mission, Sam annonce vouloir tout plaquer. Tamara envoie alors Sam et Ken sur une dernière mission, les logeant pour l'occasion dans une suite d'un hôtel luxueux, avec immense baie vitrée, masseuses et champagne. Mais bien vite, le duo réalise qu'il est lui-même devenu une cible à abattre, et se retrouve pris au piège dans la suite, cible de tireurs embusqués situés dans d'autrs immeubles...
Un film d'action anglais en huis-clos, ce qui change un peu, avec un Scott Adkins qui fait son truc, établissant une relation de quasi-buddy movie avec son partenaire gouailleur, une Alice Eve qui passe presque tout le film de dos et en voix off, et une Madalina Bellariu Ion plutôt bonne en masseuse qui n'apprécie guère de se trouver sur le champ de bataille.
Le tout, sans rien révolutionner (loin de là), fonctionne plutôt bien, je dois dire. Il y a quelques passages à vide, c'est globalement assez prévisible, mais ça reste relativement bien mené pour que l'on ne s'ennuie pas.
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Deep Cover (2025) :
Kat (Bryce Dallas Howard), actrice peinant à trouver le succès, enseigne l'improvisation à Londres, jusqu'à ce qu'elle soit contactée par l'Inspecteur Billings (Sean Bean), de la Police londonienne, qui lui propose une mission : avec deux de ses élèves, se faire passer pour des acheteurs de cigarettes de contrebande, et tenter de prendre sur le fait les responsables d'une petite boutique locale. Kat choisit alors Marlon (Orlando Bloom), acteur aux méthodes immersives et Hugh (Nick Mohammed), un informaticien timide, pour l'accompagner, mais rapidement, le trio doit se faire passer pour des trafiquants de drogue, et est amené à travailler avec des criminels endurcis, à savoir Metcafle (Ian McShane) et ses sbires, Fly (Paddy Considine) et Shosh (Sonoya Mizuno)...
Comédie policière anglaise diffusée sur Amazon courant juin, Deep Cover est apparemment basée sur une idée originale de Colin Trevorrow (les Jurassic World)... et ça fonctionne, dans l'ensemble.
Ce concept de placer des comédiens d'improv' dans une situation dangereuse et improbable n'est pas forcément d'une originalité folle (les Trois Amigos ne sont pas loin), mais l'ambiance anglaise, le ton global du film (qui doit apparemment beaucoup à la plume de The Pin, duo comique anglais qui incarne ici les deux policiers incapables aux trousses du trio principal), et les acteurs qui semblent bien s'amuser (Orlando Bloom en mode actor's studio) font que le tout se regarde très facilement, et s'avère plutôt divertissant.
Ça ne révolutionne rien, mais pour une production de plateforme de streaming, c'est tout à fait honorable.
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