Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
How to Kill Monsters (2024) :
Seule survivante d'un massacre sanguinaire durant lequel ses amis ont tenté de la sacrifier à un démon le soir d'Halloween, Jamie (Lyndsey Craine) est arrêtée par la police et amenée au poste de police local, où elle est interrogée. Mais rapidement, il s'avère que les forces du Mal l'ont suivie, et, accompagnée des membres d'un enterrement de vie de jeune fille (Fenfen Huang, Michaela Longden, Juné Tiamatakorn, Louella Gaskell) et d'un duo de frères policiers incapables (Aaron Dennis, Daniel Thrace), Jamie va tenter de récupérer l'Eldritch Blade, unique objet capable de refermer la porte vers le monde des démons...
On prend les mêmes et on recommence, avec une suite spirituelle à Book of Monsters, dont on retrouve ici une partie des acteurs dans des rôles parfois similaires, mais aussi assez différents... et ça fonctionne mieux.
Financé en partie (comme les précédents films de l'équipe) via Kickstarter, ce HTKM puise ses inspirations dans les Evil Dead, le cinéma de Carpenter, mais aussi Hot Fuzz, une influence qui se traduit, à l'écran, par un film beaucoup plus orienté comédie, avec un montage et des gags beaucoup plus marqués.
Et honnêtement, pendant une bonne heure, l'alchimie fonctionne plutôt bien ; le film est léger, les effets sont dans la continuité de Book of Monsters, il semble y avoir plus de place pour l'expérimentation et le décalage, bref, c'est fun, tout en restant un film à petit budget conscient de ses limites.
La dernière demi-heure, qui arrive après un twist plus ou moins évident, fonctionne un peu moins bien, mais à ce point du film, le capital sympathie des acteurs et des personnages emporte tout de même l'adhésion, et le tout reste très sympatoche.
3.75/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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Book of Monsters (2018) :
Sur le point de fêter son 18e anniversaire, Sophie (Lyndsey Craine) invite toute sa classe chez elle, sans se douter que les forces du Mal vont se convier à la célébration et libérer des entités maléfiques à l'aide d'un grimoire conservé chez Sophie depuis plusieurs générations...
Une comédie horrifique britannique à très petit budget (un financement participatif de 50-60 000 de dollars) qui lorgne fortement sur les Evil Dead de Raimi, mais avec des trentenaires dans les rôles de teenagers mineurs, une touche de représentation LGBTQ, et une réalisation/un montage clairement cache-misère (à contrario des films de Raimi, donc, qui avait dix fois plus de moyens).
Malgré ces défauts principalement techniques, clairement inhérents au manque d'argent, le tout se regarde plutôt agréablement, notamment parce que ça ne se prend pas totalement au sérieux, que le Livre des monstres est plutôt réussi, que les créatures ne sont pas désagréables et que le film est généreux en hémoglobine.
Après, ça reste clairement limité par son budget, et par une écriture et une interprétation inégale (des personnages inutiles, quelques acteurs assez médiocres), mais il se dégage de tout ça une bonne humeur plutôt sympathique, qui donne envie de voir ce que le réalisateur/scénariste a fait d'autre.
3.5/6
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Une Nuit au Zoo (Night of the Zoopocalypse - 2025) :
Lorsqu'un météore s'écrase dans un zoo du Canada et transforme certains des animaux en zombies gélatineux et agressifs, Gracie (Gabbi Kosmidis), une louve amicale, est contrainte de faire équipe avec Dan (David Harbour), un puma ronchon, Xavier (Pierre Simpson), un lémurien passionné de cinéma, Felix (Paul Sun-Hyung Lee), un singe individualiste, Frida (Heather Loreto), une femelle capybara, et Ash (Scott Thompson), une autruche sarcastique, pour tenter de survivre à cette menace...
Une comédie d'animation familiale supposément (très vaguement) inspirée d'un concept de Clive Barker, mais qui, pour être franc, lorgne plus sur des interactions à la Madagascar (ou à la The Wild), avec des animaux qui doivent apprendre à cohabiter et à collaborer pour parvenir à leurs fins, dans une aventure bourrée de slapstick et de comédie tous publics.
Et très honnêtement, ça se regarde, c'est assez bien doublé, les visuels fluos fonctionnent, et les créatures, très Rob Bottin dans l'esprit, font leur petit effet, poussant presque le film vers quelque chose de ponctuellement assez cauchemardesque (sauf le lapin patient zéro, plus proche d'un Gremlin).
Après, ça reste un film d'animation vaguement sympatoche mais qui ne casse pas trois pattes à un canard boîteux, avec un rythme inégal et des scories d'écriture, ici ou là, qui l'empêchent de vraiment marquer les esprits. Mais pour Halloween, ça divertit.
3.75/6
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R. L. Stine's Pumpkinhead (2025) :
Jeune ado rebelle, Sam (Bean Reid) est mécontent de s'installer avec sa famille à Redhaven, une petite bourgade rurale où tout le monde semble respecter le vénérable Palmer (Kevin McNulty), fermier qui a autrefois sauvé le village avec une récolte miraculeuse. Mais lorsque Sam lui dérobe une citrouille de compétition, il provoque sans le savoir la disparition de son frère aîné Finn (Seth Isaac Johnson), et tente, avec l'aide de Becka (Adeline Lo) et de l'excentrique Rusty (Matty Finochio), de le retrouver avant qu'une malédiction ne l'emporte et que tous les adultes ne l'oublient définitivement...
Téléfilm Tubi de 90 minutes inspiré de l'épisode de Haunting Hour du même nom, lui même inspiré de la nouvelle éponyme de R. L. Stine, ce métrage jeunesse est très Halloweenesque dans sa mise en images et en musique, et ressemble, naturellement, à un gros épisode de Chair de Poule (ou autres séries assimilées).
Seule différence : ça dure 90 minutes, et ça se sent. Le budget pas très important (les flashbacks sommairement animés) n'est malheureusement pas suffisant pour faire diversion, et à partir de 30 minutes (quand Rusty est introduit dans le récit et commence à en faire trois tonnes), le tout ralentit drastiquement, au point de paraître laborieux au possible.
Et le scénario, qui se permet un rebondissement inutile à un quart d'heure de la fin et se conclut abruptement, n'est pas suffisant non plus pour que le tout reste intéressant sur la durée.
Dommage.
2.5/6
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Dracula (2025) :
En 1480, dans les Carpathes, le prince Vladimir (Caleb Landry Jones) se détourne de Dieu et de sa religion lorsque son épouse Elisabeta trouve la mort dans un assaut des Ottomans. Désormais maudit, transformé en vampire assoiffé de sang, Vladimir, dit "Dracula", passe des siècles à tenter de retrouver la réincarnation de sa bien-aimée, avant de se replier dans son château. Jusqu'en 1889, lorsque Jonathan Harker (Ewens Abid) lui rend visite. Dracula comprend que Mina (Zoë Bleu), la fiancée de Jonathan, est celle qu'il recherche, et il part aussitôt pour Paris, en pleines célébrations du centenaire de la Révolution française...
On pourra saluer l'audace de ce bon vieux Luc Besson : arriver sur les talons du Nosferatu de Eggers, lui repiquer l'une de ses affiches secondaires (plagiat souligné par la créatrice de l'affiche de Nosferatu) et l'idée de caster une "fille de" dans le rôle de Mina (chez Eggers, la fille Paradis-Depp, ici, la fille de Rosanna Arquette), "s'inspirer" très lourdement du Dracula de Coppola (notamment dans certaines scènes et certains visuels, mais aussi dans le simple concept de base du Dracula romantique qui cherche la réincarnation de sa bien-aîmée, blablabla) sous couvert d'hommage, demander à Danny Elfman (à la musique) de faire de même avec le score de Kilar (et aussi quelques éléments qui fleurent bon le temp-tracking de Christopher Young), ajouter une grosse influence du Parfum de Suskind/Tykwer (Dracula séduit ses victimes grâce à un parfum irrésistible qui met les gens en trance), sans oublier une bonne grosse dose de franchouillardise (tout est retransposé à Paris, probablement pour justifier certains financements ou lieux de tournage) et des gargouilles numériques qui font du catch et semblent sortir du Bossu de Notre-Dame... et espérer faire un carton au box-office et auprès des critiques.
Pas de chance, les grosses ficelles ont été remarquées dès la bande-annonce, et une fois devant ce film de plus de deux heures, ça ne s'améliore pas. Parce qu'outre tous les problèmes ci-dessus, il y a un vrai souci au cœur même du métrage : un peu comme pour Valérian, il n'y a pas la moindre alchimie entre ce Dracula et sa bien-aimée. Ce qui est problématique, vu que le Dracula de Besson est une romance intemporelle et mélodramatique.
Cette absence totale d'alchimie est en partie imputable aux nombreuses ruptures de ton du métrage (qui se permet des écarts goguenards et rigolards, notamment sur Dracula qui fait faire une danse chorégraphiée à tous les humains sous le charme de son parfum, au fil des époques), en partie à l'interprétation terne de Zoe Bleu, mais aussi et surtout à l'écriture des personnages féminins, tout simplement inexistante.
Tout au plus Maria (Matilda De Angelis) parvient-elle à exister de par son jeu et son enthousiasme, mais elle, comme Mina, ne sont écrits qu'au travers du prisme des personnages masculins, que ce soit Dracula (Caleb Landry Jones est habité, mais cabotine occasionnellement), le chasseur de vampires (Christoph Waltz, qui fait du Christoph Waltz en prêtre jamais nommé), Guillaume de Tonquédec en médecin, etc.
On se retrouve donc avec une fresque romantique qui tombe assez à plat, sans le moindre charme, avec quelques scènes WTF (le couvent, le massacre à Versailles) uniquement là pour laisser Besson s'amuser, et un grand final spectaculaire à base d'armée roumaine qui attaque le chateau de Dracula, de gargouilles numériques qui font des huracanranas sur les soldats, de Dracula qui massacre tout le monde sans broncher... avant de se faire convaincre de se laisser tuer par Waltz en mode négociateur.
Dit comme ça, ça pourrait presque donner envie, mais en fait, ça prend l'eau de partout et c'est tellement dérivatif qu'on ne peut que soupirer.
2/6
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Évanouis (Weapons - 2025) :
À 2 h 17 du matin, 17 enfants d'une même classe ont subitement quitté leur domicile pour disaparaître en courant dans les rues de leur bourgade de Pennsylvanie. Accusée d'être responsable, d'une manière ou d'une autre, Justine Gandy (Julia Garner), l'institutrice de ces enfants, tente de comprendre ce qui s'est produit...
Mouais. Sur la simple base de son film précédent, Barbarian, Zach Gregger semble avoir décroché un totem d'immunité critique et publique, outre-Atlantique : son nouveau film, ce Weapons au titre français générique et insipide, a en effet reçu un accueil dithyrambique de la part de la presse US, qui parle de meilleur film d'horreur de 2025, de summum de tension et d'angoisse, blablabla.
La routine habituelle, en somme, pour ce qui n'est, au final, qu'une variation un peu plus sérieuse du Sorcières de Roald Dahl, mâtiné de Hocus Pocus - SPOILERS : il y a une vieille sorcière en ville, elle est décrépite, déplumée, pas très menaçante, elle a appelé à elle les 17 enfants en question pour aspirer leur jeunesse, et elle crée des zombies pour faire ses basses œuvres.
Et c'est à peu près tout ce que raconte le film : un scénario simple, basique, dérivatif, jamais particulièrement effrayant ou tendu (il y a bien une poignée de jumpscares, mais ça s'arrête là), avec des zombies à l'efficacité diminuée par la décision de les faire courir de manière risible (on est à deux doigts du Naruto Run), des moments semi-comiques (Josh Brolin qui démolit encore et encore le zombie du sdf qui n'a de cesse de se relever) et une narration délibérément destructurée, pour camoufler le manque de profondeur du tout.
On enchaîne en effet les "chapitres", chacun centré sur un personnage différent (on commence par Justine, puis on a Brolin en père éprouvé, puis Alden Ehrenreich en flic infidèle, Austin Abrams en sdf cambrioleur, Benedict Wong en directeur d'école, etc) et qui tous se recoupent ici ou là, pour présenter les événements sous un angle différent... ça donne un peu d'intérêt au récit, qui reste assez bien mené, du moins jusqu'à ce que la sorcière (Amy Madigan) entre en jeu.
À partir de là, et du moment où les tenants et aboutissants du tout deviennent évidents, Weapons perd grandement en intéret, sacrifiant progressivement son suspense sur l'autel de la comédie noire (la sorcière poursuivie) et peinant à justifier ses deux heures.
Assez déçu, je dois dire, même si c'est bien interprété.
2.5/6
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Found Footage - The Making of the Patterson Project (2025) :
Lorsqu'il trouve un financement pour son premier long-métrage, The Patterson Project, un found footage centré autour de Bigfoot, Chase (Brennan Keel Cool) débute la préproduction de celui-ci, et, après un casting assez compliqué, il part tourner le tout dans un chalet en timeshare, au milieu des bois. Mais rapidement, en y installant son équipement, l'équipe déplace involontairement un autel où était emprisonné un démon, qui sabote le tournage...
Une comédie horrifique méta (c'est un found footage horrifique qui suit la réalisation d'un documentaire qui suit la réalisation d'un found footage horrifique qui s'inspire des images "réelles" de Bigfoot, le fameux Patterson film) produite par Radio Silence (les V/H/S, Ready or Not, etc), et qui s'avère plutôt amusante dans ses moyens limités et ses personnages incompétents.
On est presque dans un mockumentaire à la Christopher Guest, avec ce réalisateur visionnaire, sa compagne et AD qui a une aventure avec l'un des producteurs, l'investisseur en charge du financement (un vendeur de meubles et d'élements de décorations qui arnaque une petite vieille en lui promettant de rencontrer feu Alan Rickman), les acteurs médiocres, etc.
Found Footage fonctionne donc assez bien sur le plan du mockumentaire sur un tournage de film compliqué, sans argent, et très amateur. L'horreur en soi n'arrive que dans la dernière ligne droite du métrage, et honnêtement, c'est surtout là pour ajouter un peu de sel à cette comédie : il ne faut pas s'attendre à de la terreur, on reste dans quelque chose de limité, budgétairement parlant, mais c'est un peu la cerise sur le gâteau.
Dans l'ensemble, j'ai trouvé le tout sympathique. Pas exceptionnel, un peu inégal dans son rythme, dans sa structure, dans ses effets et dans son interprétation (je ne suis pas fan de la réalisatrice de documentaire française) mais amusant.
3.75/6
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Mercredi, saison 2 (Wednesday, season 2 - 2025) :
De retour à Nevermore, Wednesday Addams (Jenna Ortega) est désormais une semi-célébrité admirée de tous pour avoir sauvé l'école, ce qui l'agace un peu. D'autant qu'une nouvelle menace plane sur l'établissement et sur la jeune femme, et que la cadette des Addams tente toujours de maîtriser ses pouvoirs psychiques, au grand dam de sa mère Morticia (Catherine Zeta-Jones)...
Après une saison 1 frustrante, qui ressemblait plus à une tentative de produire un succédané de Sabrina ou de Harry Potter collé de manière artificielle à une franchise établie, et qui passait totalement à côté de son potentiel, la faute à des caractérisations hors sujet et à des gimmicks de scénaristes épuisés (Gough et Millar, les créateurs de Smallville, avaient écrit la moitié de la saison 1 et showrunnaient le reste), la série revient pour une saison 2 de 8 épisodes coupée en deux, avec toujours Tim Burton derrière la caméra de la moitié des épisodes.
Le reste de l'équipe scénaristique a changé, cela dit, et cela se traduit, à l'écran, par quelque chose qui semble mieux caractérisé en ce qui concerne les Addams : alors qu'en saison 1, on avait droit à des Morticia et Gomez ados hors-sujet, horrifiés par le meurtre accidentel d'un stalker, ce qui constituait l'un des points scénaristiques principaux de la saison, cette année, on retrouve, dans la première moitié de cette saison artificiellement coupée en deux, des Addams plus "normaux", qui trouvent une excitation et qui se réjouissent de la mort, du meurtre, du macabre, de la torture, etc.
Catherine Zeta-Jones a suivi un régime botox-ozempic, Isaac Ordonez a beaucoup grandi (et compose un Pugsley que je ne suis pas encore certain d'apprécier, très naïf et dans un rôle-fonction de victime), Joanna Lumley est une Grand-mère Frump plus classe que d'habitude, et Gomez et Fester restent fidèles à eux-mêmes : c'est nettement plus probant en saison 2, je dois dire, notamment au niveau de l'écriture.
Wednesday, elle, reste malheureusement une Veronica Mars goth un peu trop abrasive, qui commence la saison en mode Dexter, en chassant et scalpant un tueur en série avant de le remettre aux autorités (pourquoi ? Habituellement, Mercredi vénère les tueurs en série, qui lui servent de modèle...), et qui passe son temps à se heurter à sa mère, tout en enquêtant sur ses divers stalkers et autres menaces surnaturelles qui l'entourent.
Et alors que la saison 2 se plie en quatre pour intégrer plus d'Addams à la série et plus de membres de la famille dans l'environnement de l'école Nevermore, cela a pour effet de faire passer Wednesday au second plan : privée de son amitié avec Enid (le personnage d'Enid est maltraité, cette année, héritant d'un triangle amoureux insipide, totalement coupée de Wednesday, héritant d'un numéro de danse joli mais inutile, et envoyée dans la nature, bloquée en forme lupine à la fin de la saison - on m'apprendrait que la production voulait se débarrasser d'elle, je ne serais pas surpris), et bloquée dans une écriture répétitive, mécanique et cassante, Wednesday devient un personnage principal un peu lassant, dont le seul trait de caractère est l'arrogance.
Alors dans un premier temps, les scénaristes essaient bien de varier les plaisirs, avec un affrontement un peu forcé entre les Outcasts de Nevermore et un camp de scouts commandés par Anthony Michael Hall, en révélant très tôt l'identité de l'un des stalkers de Wednesday (Agnes, une autre élève fangirl de Wednesday et l'un des points forts de la saison), en faisant revenir certains personnages de la saison 1 (pour les éliminer) ou en multipliant les guests stars (Buscemi en proviseur, Thandie Newton en psy de l'asile local, Billie Piper en prof de musique, Haley Joel Osment en serial killer, Heather Matazarro, Lady Gaga, Frances O'Connor, Casper Van Dien en acteur de soap ou encore ce bon vieux Christopher Lloyd en tête dans un bocal... mais globalement, il manque quelque chose, et la nécessité d'avoir un cliffhanger de mi-saison fait que le scénario avance vraiment par à coups.
Pire : la seconde moitié de la saison (qui voit les showrunners reprendre l'écriture et quasiment traiter cette demi-saison comme une saison à part entière, mais condensée en quatre épisodes) plombe vraiment le tout. En multipliant les sous-intrigues sous-développées, les apparitions éclair, et en centrant tout sur la famille de Tyler, la production tente de faire un immense toutéliage bancal, qui alourdit toute la saison, et donne lieu à des révélations absolument pathétiques.
Comme en saison 1, tout est à nouveau lié à un secret de famille Addams. Comme en saison 1, Morticia et Gomez ont fait disparaître un cadavre durant leurs jeunes années à Nevermore, à nouveau dans des circonstances de légitime défense, et à nouveau, ils ont dissimulé cet événement par peur d'être accusé de meurtre (*soupir)*. Comme en saison 1, Mercredi leur en veut.
Comme par hasard, ce cadavre est le zombie déterré par Pugsley. Comme par hasard, Frances O'Connor est la mère de Tyler, évadée de l'asile grâce à l'intervention providentielle de Wednesday. Comme par hasard, le zombie est Isaac Night, l'oncle savant fou de Tyler. Comme par hasard, tout ce petit monde en veut mortellement aux Addams. Ah, et j'ai failli oublier : comme par hasard, la main tranchée de Night est devenue la Chose, parce que Night = Thing. *énorme soupir*
C'est bien simple, plus la saison approchait de sa conclusion, et plus j'ai passé de temps la tête enfouie entre les mains, atterré par le niveau pitoyable de l'écriture. D'autant qu'à côté, pour laisser de la place à de multiples éléments teasant une saison 3, tout se résoud de manière catapultée - notamment la sous-intrigue totalement insipide de Buscemi l'arnaqueur à la tête d'une secte, et qui manipule les Sirènes pour parvenir à ses fins : tout ça a été tellement mal amené et développé durant la saison qu'on s'en contrefout royalement... un peu comme la majorité des éléments de la saison (mention spéciale au caméo-éclair de Lady Gaga, uniquement là pour placer son nouveau morceau et tenter de créer un meme de danse, en vain).
Mais cessons de perdre du temps, et allons droit au but : malgré quelques moments sympathiques, comme l'échange de corps (même si, très honnêtement, j'ai trouvé Ortega bien en dessous d'Emma Myers dans l'exercice), ou le personnage d'Agnes (Evie Templeton, qui s'affirme progressivement), la saison 2 de la série s'embourbe progressivement dans ses visions, ses prophéties, ses vengeances et surtout son rythme assez mou, y compris au niveau de la réalisation et du montage.
Tout dure trop trop longtemps, il y a trop de querelles familiales (Grandmère Frump le dit : les Addams de Wednesday sont une famille dysfonctionnelle où tout le monde se ment et se déteste... sauf que ça n'a jamais été le cas dans aucune des autres versions, et c'est presque du hors-sujet) et le tout paraît trop souvent en pilotage automatique, cochant des cases d'une liste d'éléments à utiliser pour valider le cahier des charges Netflix d'une série de ce type.
Ça fait illusion pendant quelques épisodes, ça se prend les pieds dans le tapis en cours de route, et ça tombe totalement à plat dans sa dernière ligne droite. Pas forcément surprenant, mais décevant néanmoins, et je ne serais pas surpris que la saison 3 finisse par être la dernière saison du show (ne serait-ce que parce que Ortega semble se lasser de son rôle figé).
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Ick (2025) :
Dans la petite ville d'Eastbrook, envahie depuis des décenniers par le Ick, une plante inoffensive qui se développe très lentement, Hank Wallace (Brandon Routh), ancien footballeur vedette du lycée, vit une vie médiocre de professeur de science. Jusqu'au jour où il réalise que le Ick devient agressif, et est capable de posséder les humains pour se propager ; et alors que les habitants de la ville semblent tous sceptiques et indifférents, Hank va tout faire pour tenter de protéger Grace (Malina Weissman), la fille de sa petite-amie d'alors (Mena Suvari), qui pourrait bien être sa fille biologique...
Après Detention (2011), Joseph Kahn revient à l'horreur/comédie, enrobée cette fois-ci d'une nostalgie pour les années 2000 (le film est bourré de morceaux de pop-punk de l'époque), et d'un pseudo-propos politico-engagé ultra-maladroit sur l'état actuel de la société (Covid, réchauffement climatique, Trump, MAGA, etc... la métaphore est tellement sous-développé qu'on peut y voir ce que l'on veut), assorti de vannes sur la génération woke actuelle, histoire de contre-balancer.
Le reste, c'est du Joseph Kahn typique : la forme et le détachement ironico-cynique prennent le pas sur le fond, c'est monté de manière tellement clippesque et cut que l'on a l'impression de regarder le film à une vitesse de x1.25 ou 1.5, tous les personnages secondaires (des ados à la scientifique du gouvernement en passant par tous les adultes) sont des caricatures ambulantes uniquement là pour se faire posséder et tuer de la manière la plus spectaculaire possible, c'est joyeusement surjoué, rien n'est vraiment crédible... bref, Joseph Kahn fait son truc, on adhère ou pas.
Bizarrement, quand le monstre passe à l'attaque et commence à posséder des gens, le film commence à ronronner jusqu'à sa conclusion, le côté très approximatif et bordélique du scénario empêchant le métrage de se structurer et de gagner en puissance : progressivement, on devient indifférent au tout numérique du Ick et de ses zombies (pourtant visuellement réussis), et cette succession de morts tentaculaires devient redondante.
Après une première partie assez fatigante (je ne suis pas grand fan du style Kahn), j'ai donc fini par m'ennuyer, et par me dire que, dans le genre, j'aurais probablement préféré revoir The Faculty de Rodriguez, ou Slither de James Gunn.
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Scared Shitless (2024) :
Don (Steven Ogg), un plombier bienveillant, convainc son fils Sonny (Daniel Doheny), germaphobe et anxieux, de l'accompagner dans l'exercice de sa fonction, sans se douter qu'ils vont devoir se mesurer à une créature sanguinaire et génétiquement modifiée qui a été involontairement libérée dans la plomberie d'un immeuble par un chercheur mécontent (Mark McKinney)...
Sortie officielle via Netflix de cette comédie canadienne à petit budget qui a tourné en festival en 2024, pour un résultat amusant et sympatoche, à défaut d'être ultra-mémorable.
Ça manque un peu de rythme, ça manque clairement de moyens, mais techniquement, ce n'est pas désagréable, même si ça tient clairement plus du DTV rigolard ou du film pour plateforme de streaming que d'un long-métrage plus fignolé et abouti.
Après, le réalisateur était déjà à l'origine du bancal mais intrigant Seven Stages to Achieve Eternal Bliss : ici, on est dans quelque chose de nettement plus simple et direct, avec un sens de l'humour très canadien, du monstre en caoutchouc et des explosions de sang jamais totalement crédibles, mais plutôt amusantes.
3.25/6
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