Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
Sur le blog du Téléphage Anonyme,de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
Together (2025) :
Surpris par des intempéries au milieu de la forêt locale, près de leur nouvelle maison, Tim (Dave Franco), musicien, et Millie (Alison Brie), institutrice, passent une nuit dans une grotte étrange. Dès leur réveil, cependant, ils réalisent qu'ils perdent ponctuellement le contrôle de leurs corps, attirés l'un vers l'autre de manière incontrôlable, jusqu'à ce que leurs épidermes fusionnent...
Mélange de comédie romantique, de thriller horrifique et de body horror, Together est le premier long de Michael Shanks (à ne pas confondre avec l'acteur de Stargate SG-1), un long plutôt efficace, avec des effets joyeusement convaincants, un deuxième degré de lecture qui joue avec les notions de relation fusionnelle, de codépendance, de besoin de liberté et d'autonomie, des liens du mariage, etc, et une performance efficace de son couple principal, fiancé à l'écran et marié à la ville.
Ce n'est pas forcément d'une originalité extrème dans son déroulement (quiconque a un peu d'expérience en matière de films de genre - et de métaphores - comprendra immédiatement dans quelle direction le récit avance, et comment tout ça va se terminer), mais c'est globalement bien mené, bien interprété (Dave Franco a une scène ou deux où je l'ai trouvé un peu en-dessous, mais rien de vraiment rédhibitoire), et assez sympatoche dans l'ensemble (même si parfois un peu inégal).
4/6
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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Shell (2025) :
La carrière de Samantha Lake (Elisabeth Moss), actrice de série télévisée, est aujourd'hui au point mort. En surpoids, bourrée de complexes et de doutes, Sam comprend alors qu'elle doit avoir recours aux services de Shell, une société pharmaceutique au traitement révolutionnaire, dirigée par la charismatique Zoe Shannon (Kate Hudson). Aussitôt, la carrière de Sam renaît, sa vie est transformée... et son métabolisme aussi.
Bizarre de visionner ce métrage signé Max Minghella (fils du réalisateur Anthony Minghella) un an après The Substance, film qui a fait énormément de buzz, et dont ce Shell ressemble un peu (beaucoup) à une version Wish. Là où The Substance allait jusqu'au bout de ses idées, avec des interprètes se donnant corps et âme à leurs rôles, ici, tout paraît timide et générique, tout en partageant le même propos sur le sexisme et le jeunisme du monde du spectacle, sur le besoin de s'accepter tel qu'on est, etc.
Une partie du problème de Shell, c'est son ton, nettement plus satirique et léger/comique dans sa première moitié, avant de virer au thriller basique et insipide par la suite : difficile de prendre le tout trop au sérieux, comme par exemple la transformation de Samantha Lake, qui se limite à "on lui met des pulls et des imperméables informes pendant la première moitié du film, on les enlève ensuite et on prétend qu'Elizabeth Moss est soudainement devenue ultra-sexy et irrésistible".
Ça ne fonctionne pas vraiment, donc, d'autant que l'écriture est assez maladroite, entre la scène balourde des vibros, le meet-cute improbable ("- votre chat s'appelle Salem, comme le chat de Sabrina" "- Oui, c'est génial, personne ne comprend jamais la référence !", alors que c'est probablement l'un des noms de chats noirs les plus communs sur le Web, avec Binx), et un vrai refus de créer de la tension intéressante, ou d'aller encore plus avant dans la body horror ou dans le grotesque (il y a bien quelques touches, çà et là, comme ce repas où tout le monde mange la peau de Zoe, mais ça ne va jamais plus loin).
Alors certes, il y a beaucoup de visages familiers dans les seconds rôles (Elizabeth Berkley, la fille de Cindy Crawford, ce bon vieux Peter McNicol, Randall Park, Mary Lynn Rajskub...), la bande originale n'est pas désagréable (dans la première moitié du film) et les dernières minutes du métrage, en mode creature feature avec une langouste géante, sont amusantes, mais l'ensemble du film donne l'impression de ne pas oser et d'être coincé dans un entre-deux fade jamais aussi percutant que The Substance.
2.25/6
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Abraham's Boys : A Dracula Story (2025) :
En Californie, en 1915, Abraham Van Helsing (Titus Welliver) vit avec Mina Harker (Jocelin Donahue), avec laquelle il a eu deux fils, Max (Brady Hepner) et Rudy (Judah Mackey), qu'il élève dans la rigueur et l'autorité. Mais alors qu'il espérait avoir laissé derrière lui la menace vampirique du Comte Dracula, voilà que le Mal semble réapparaître, cette fois-ci en Amérique, et menacer de faire s'effondrer la fragile famille recomposée des Van Helsing...
Un métrage Shudder, adapté d'une nouvelle de Joe Hill, et qui fait énormément de surplace, sans jamais aller nulle part.
Ou plutôt, devrais-je dire : ça se contente d'arpenter des chemins déjà bien tracés, notamment par Frailty (Emprise, chez nous, de et avec Bill Paxton), dont ce Abraham's Boys n'est ni plus ni moins qu'un portage intégré au mythe de Dracula : Van Helsing est fanatique, brutal, paranoïaque et psychorigide, il forme ses fils à marcher dans ses pas, mais progressivement, ces derniers en viennent à douter de la réalité de la menace contre laquelle il les prépare, et de la santé mentale de leur géniteur.
Seule différence, ici, la conclusion, qui évacue tout ce qui faisait, justement, le sel de Frailty.
On sent que la réalisatrice a des velléités artistiques, présentant le film au format 4/3, et un cauchemar en noir et blanc, mais l'alchimie ne prend jamais vraiment, tant l'image manque de grain et de rendu, et l'illustration musicale est parfois étrangement primesautière et hors-sujet.
Et puis il y a vraiment le problème d'une adaptation de nouvelle bien trop courte pour être transformée en un film au format 90 minutes : ça reste trop longtemps contemplatif et assez creux, ne s'énervant un peu qu'à la toute fin, il n'y a jamais la tension nécessaire à l'existence d'un tel récit, les personnages secondaires sont tous sous-développés, bref...
2.25/6
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G.O.A.T. (Him - 2025) :
Future légende du football américain, Cam Cade (Tyriq Withers) est agressé peu de temps avant d'être sélectionné par son équipe favorite, les San Antonio Saviors, et perd alors toute confiance en lui. Jusqu'à ce que son idole de toujours, le GOAT Isaiah White (Marlon Wayans), qui lui aussi est passé par une période de doute après une blessure, lui propose de l'intégrer à l'équipe s'il parvient à le convaincre de sa valeur, au cours d'une semaine d'entraînement privé dans l'immense propriété de White, au milieu du désert. Mais cette semaine va pousser Cam dans ses derniers retranchements, et lui révéler les secrets les plus sombres du GOAT...
Un joli ratage que ce film pourtant auréolé d'un hype certaine avant sa sortie, hype principalement générée de raisons indépendantes de la qualité réelle du film : ça parle de football us, le sport préféré des Ricains ; c'est produit par Jordan Peele ; et ça cible ouvertement un public afro-américain, en abordant des thématiques comme le sacrifice, la pauvreté, les familles qui dépendent entièrement du succès de l'athlète de la fratrie, l'exploitation des sportifs noirs par des Blancs, la religion/le sport en tant que religion, etc, le tout enveloppé dans une couche d'horreur façon "pacte avec le diable".
Pas de chance, ça tombe totalement à plat : si le tout a du style (beaucoup de travail sur les images, sur le montage, sur l'action, avec notamment des séquences rayons X qui font très Mortal Kombat), l'écriture ne suit pas, oubliant de développer la majeure partie de ses personnages, proposant une critique sociale éventée et convenue, des dialogues laborieux, et beaucoup de platitudes.
Et surtout, ça reste ultra-pauvre en horreur et en tension. Tout au plus le film se réveille-t-il dans ses cinq dernières minutes, pour mettre en images une sorte de rédemption cathartique tant pour le personnage principal que pour les jeunes athlètes exploités par le système... mais ça s'arrête là.
Trop sérieux pendant 95% de sa durée, trop nawak pendant le reste, jamais suffisamment subtil, le film a le postérieur entre plusieurs chaises, et malgré les efforts des deux acteurs principaux, ça ne convainc pas.
2/6
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La maison du mal (Cobweb - 2023) :
D'un naturel anxieux et solitaire, le jeune Peter (Woody Norman) vit avec ses parents dans leur demeure familiale. Mais ces derniers, Carol (Lizzy Caplan) et Mark (Antony Starr), cachent un sombre secret, que Peter finit par découvrir après avoir entendu des bruits dans le mur de sa chambre : la sœur aînée de Peter est maintenue captive au sous-sol, et ce n'est qu'avec l'aide de son frère qu'elle parviendra à échapper à ses geôliers...
Ah, que c'est dommage. Un film d'horreur réalisé par un Français, qui parvient à créer une atmosphère automnale et oppressante, qui propose des personnages un peu menaçants (même si, techniquement, Antony Starr rejoue sa partition de Homelander, toute en colère à peine contenue), qui est parfait pour Halloween... mais qui s'effondre gentiment dans sa dernière demi-heure, en déroulant un twist évident, en retombant dans un body-count basique et peu probant, et en ne parvenant pas à réellement rendre sa créature menaçante et convaincante.
Sans oublier la fin qui botte en touche.
C'est assez rageant, je dois dire, parce que ça fait passer le métrage d'un bon 4/6 à un 2/6.
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What We Do In the Shadows, saison 6 (2024) :
Nandor (Kayvan Novak), Laszlo (Matt Berry), Nadja (Natasia Demetriou), et Colin (Mark Proksch) se souviennent soudain qu'ils ont un autre colocataire, Jerry (Michael Patrick O’Brien), qu'ils ont oublié de réveiller de son cercueil dans les années 90. Mais Jerry trouve que ses compères se sont vraiment ramollis au fil des ans, alors qu'ils devaient conquérir New York et la région. Cette constatation sème le trouble dans le petit groupe de vampires, en amenant certains à faire le point, alors même que l'équipe documentaire annonce approcher de la fin de son tournage...
On le sentait venir avec la saison précédente : WWDITS commençait à s'essouffler un peu, à avoir fait le tour de ses personnages incapables d'évoluer réellement, et l'arc de Guillermo touchait naturellement à sa fin.
Sans surprise, donc, on remet le couvert pour ce qui est l'ultime saison du programme, une saison 6 qui sert en quelque sorte de bilan à la série, en revenant sur ses fondamentaux (la conquête des USA par les vampires, l'équipe documentaire), et en apportant au programme une sorte de conclusion ouverte jouant la carte du méta.
11 épisodes, cette année, avec plusieurs sous-intrigues plus ou moins probantes : Lazlo décide de se replonger dans ses recherches scientifiques, et de créer sa propre créature de Frankenstein avec l'aide de Colin Robinson ; Guillermo rejoint une société d'investissement, où il reproduit, avec son nouveau patron (Tim Heidecker), la relation toxique de servitude qu'il avait avec Nandor ; ce dernier et Nadja rejoignent également l'entreprise, le premier pour garder un œil sur Guillermo, la deuxième pour s'amuser...
Ajoutez à cela quelques épisodes presque indépendants (l'hypnose qui efface la mémoire de tout le monde, Nandor qui lève une armée, le tournage d'une série policière dans le quartier des vampires, la visite du père de Lazlo, interprété par Steve Coogan), et voilà une saison à l'intérêt fluctuant : je dois bien avouer que tout ce qui est lié à Cannon, la firme d'investissement, ne m'a pas particulièrement convaincu (ce qui est problématique, puisque c'est une grosse partie de la saison), notamment parce que ça ne débouche pas sur grand chose de mémorable.
Oui, in fine, ça participe à l'émancipation de Guillermo, et à l'évolution des rapports Nandor/Guillermo, mais trop souvent, ce n'est pas hilarant ou particulièrement inspiré (Nadja en fait trois tonnes, et c'est lassant).
Plus intéressante, l'intrigue de fond centrée sur Jerry, qui devient une revisite de The Warriors avec tous les clans vampiriques de la ville qui en veulent au groupe (et un caméo amusant d'Alexander Skarsgard) ; et puis, bien sûr, l'ultime épisode de la série, un épisode méta qui parle autant de la fin du documentaire que de celle de la série, avec des personnages qui tentent de trouver une conclusion appropriée à tout ça, et plusieurs fins douce-amères (ainsi qu'une parodie du Bob Newhart Show).
Globalement, si le tout reste amusant et distrayant, la saison ne m'a pas laissé des souvenirs impérissables (pour être totalement franc, j'ai rédigé cette critique un mois ou deux après le visionnage, et il m'a fallu faire un tour sur wikipedia pour me remettre la saison en tête), la faute à des éléments pas très palpitants.
Voilà : la série ne se conclue pas sur sa meilleure saison, mais je regretterai tout de même cette bande de vampires incompétents, et cet humour si particulier...
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Monster Island (Orang Ikan - 2024) :
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, un prisonnier allié, Bronson (Callum Woodhouse), enchaîné à un prisonnier japonais accusé de trahison, Saito (Dean Fujioka), se retrouve échoué sur une île mystérieuse du Pacifique lorsque le navire de transport de prisonniers à bord duquel ils se trouvaient sombre. Là, sur l'île, ils sont alors confrontés à une créature amphibie agressive, et ils doivent mettre de côté leur antagonisme pour espérer survivre...
Production ambitieuse d'un réalisateur de Singapour, Monster Island (ou Orang Ikan) n'est malheureusement pas à la hauteur de ces ambitions, ou de ses modèles évidents : Predator, L'étrange créature du lac noir, Enemy Mine, etc.
La faute à un budget très limité, mais aussi à une approche du genre assez basique (un mec en costume caoutchouteux), à un montage cache-misère assez médiocre et à un rythme vraiment pas maîtrisé.
Résultat, si les intentions sont louables et le contexte historique pas désagréable, le tout est franchement anémique, et tourne très rapidement à vide.
2/6
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28 ans plus tard (28 years later - 2025) :
28 ans après le début de l'épidémie de rage, la Grande-Bretagne est désormais isolée, et la contagion contenue. Sur une île reliée au reste du pays par un isthme submersible, Spike (Alfie Williams), un jeune enfant de 12 ans, vit au sein d'une communauté avec son père Jamie (Aaron Taylor-Johnson) et sa mère Isla (Jodie Comer), atteinte d'une maladie mystérieuse. Après avoir réussi un rite de passage avec son père et tué son premier infecté, Spike décide alors d'emmener seul sa mère à la recherche d'un médecin réputé fou, le Dr Kelson (Ralph Fiennes), dont il a repéré le feu de camp durant son rite de passage...
18 ans après le second volet de la saga, 28 semaines plus tard, signé Juan Carlos Fresnadillo (Damsel), retour de Danny Boyle et d'Alex Garland, respectivement réalisateur et scénariste du volet original, pour cette suite assez distante, 28 ans plus tard, une suite bourrée de choix polarisants, assez globalement détachée des deux films précédents, et qui est en réalité le premier volet d'une trilogie dont la suite a déjà été tournée par Nia DaCosta.
28 ans plus tard a reçu un accueil critique et public assez enthousiaste, mais très honnêtement, j'ai trouvé le tout assez médiocre, un film proposant des idées intéressantes, des messages intéressants, mais aussi énormément de scories narratives et structurelles, accompagnées d'un style visuel et musical très marqué qui, malheureusement, m'a agacé plus qu'autre chose.
Le problème principal, en fait, c'est qu'autant la première partie du film fonctionne à peu près (le père et le fils qui apprend à chasser de l'infecté), autant la suite prend un virage dans une direction récit initiatique, coming-of-age, etc, où le scénario se fait nettement moins rigoureux (énormément de grosses ficelles narratives improbables), où les idées semblent jetées en vrac à l'écran, avec des personnages aux réactions contre-intuitives, des moments WTF (le bébé), des choix créatifs qui ne font rire que Garland et Boyle (le gang de Jimmy), des règles internes totalement oubliées en cours de route (le virus se transmet par le moindre contact du sang infecté avec les muqueuses, mais tout le monde participe à l'accouchement sans broncher, les infectés sont fusillés à 10 cm du visage des gens, etc), et la fin botte en touche pour préparer une suite.
Bref, je n'ai pas franchement aimé, notamment parce que le film manque cruellement de tension (c'est limite un road movie dans une campagne bucolique durant la majeure partie du film), et que Garland/Boyle semblent avoir choisi de s'amuser plus que de proposer quelque chose de satisfaisant.
(après, on retombe ici dans le syndrome The Last Jedi, où "prendre à contre-pied les attentes du public" devient un gage de qualité aux yeux de beaucoup de monde, quand bien même le résultat final serait médiocre, et la simple existence d'un propos social ou d'une métaphore, toute balourde et évidente qu'elle puisse être, suffit pour que les fans rejettent toute critique d'un "c'est trop intelligent pour toi, tu n'as pas dû comprendre")
2.5/6
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Satan Wants You (2023) :
Un documentaire diffusé sur Tubi et qui s'associe bien à un visionnage de la série Hysteria!, puisqu'il revient sur la "panique satanique qui a brièvement traversé les USA dans les années 80, suite à la publication d'un livre sensationnaliste, Michelle Remembers, dans lequel un psychiatre canadien affirmait que ses séances de régression hypnotique effectuée sur Michelle, une patiente dépressive, prouvaient qu'elle avait été victime de satanistes malveillants et pédophiles (dont sa mère), pendant toute son enfance.
Des affirmations peu probantes, mais pourtant aussitôt prises pour argent comptant par une certaine droite américaine conservatrice, renforcées par l'Église, les talk-shows et rapidement propagées un peu partout dans le monde.
Sauf que... en fait, ce Satan Wants You ne rentre pas tant que ça dans les détails de la satanic panic, gardant toujours au centre de ses préoccupations le livre et le couple à l'origine de celui-ci : la panique reste en arrière-plan, son histoire reste sommairement décrite, jusqu'à aboutir à aujourd'hui, avec le pizzagate, QAnon et les fake news, héritiers directs des années 80 et de l'hystérie collective de l'époque.
Ce qui intéresse plus le documentaire, c'est le livre, son témoignage, et la romance problématique entre Michelle et son psychiatre, lui en quête de gloire et marqué par des images de rites africains qu'il avait filmés sur place, et elle totalement à sa botte, incapable de discerner la réalité du fantasme dans ses transes hypnotiques.
Et ce cher psychiatre de franchir le pas et de coucher avec sa patiente, avant de divorcer précipitamment de sa femme, d'épouser Michelle, et de se lancer dans une tournée mondiale de promotion de leur livre, un livre partiellement financé par l'Église catholique, plein de problèmes chronologiques et de cohérence interne, et qui a déclenché une folie collective outre-atlantique et ailleurs.
Malheureusement, à mes yeux, cette liaison (ainsi que les témoignages de leurs proches, etc) a tendance à un peu trop occuper d'espace dans ce métrage, au détriment du contexte global et d'une plongée plus approfondie dans le phénomène.
En l'état, le documentaire est intéressant, mais un peu frustrant.
3.5/6
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M3GAN 2.0 (2025) :
Lorsqu'Amelia (Ivanna Sakhno), un androïde militaire utilisé par le gouvernement américain, se rebelle contre sa programmation et disparaît, les autorités tentent d'interroger Gemma (Allison Williams), sa nièce Cady (Violet McGraw) et son équipe de chercheurs (Brian Jordan Alvarez, Jen Van Epps). Car Amelia, construite à partir des plans de M3gan, a prévu d'exterminer la race humaine... et seule la véritable M3gan (Amie Donald/Jenna Davis), qui a survécu, dématérialisée, et observe Gemma et Cady depuis plusieurs années, semble en mesure d'arrêter cette menace.
Et voilà, forcément. Le premier M3GAN, par la magie des réseaux sociaux et d'un campagne promotionnelle visant les jeunes et leur amour des memes, avait connu un succès improbable, avec son ironie goguenarde, et son ton jamais suffisamment sérieux pour convaincre ; donc forcément, pour cette suite bigger louder, on prend les mêmes curseurs, et on les pousse toujours plus loin.
Exit cependant la tentative de thriller horrifique familial du premier, place à un grand n'importe quoi, mélange de technothriller, d'arts martiaux, de science-fiction, de film de braquage, d'espionnage, de remake de Terminator 2 (le méchant robot qui revient dans la suite mais est gentil et protège un enfant d'un nouveau modèle de robot plus avancé, et les protagonistes qui tentent de mettre la main sur une carte-mère gardée dans les locaux d'une société de la tech...), de parodie (Jemaine Clement avec ses faux abdos), etc, avec combats de kung-fu, références random (le thème de K2000, Amelia qui fait un fulguropoing, sa main qui devient la Chose de la Famille Addams, etc), moments WTF (M3gan qui se prend pour Tom Cruise dans Mission Impossible avec son wingsuit) et de fanservice (le moment de danse inutile), une Gemma toujours antipathique au possible...
Le tout toujours avec ce ton moqueur et ce second degré, délibérément kitsch et forcé, qui est censé tout excuser et justifier, mais ne fait qu'affaiblir chacune des parties de ce tout bancal, bordélique et qui dure près de deux heures.
Alors à ce niveau, ça n'a plus grand chose à faire dans le cadre de l'Oktorrorfest (pas un gramme d'horreur dans tout ça), et ça n'a pas grand intérêt non plus.
2/6
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