Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
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Mercredi, saison 2 (Wednesday, season 2 - 2025) :
De retour à Nevermore, Wednesday Addams (Jenna Ortega) est désormais une semi-célébrité admirée de tous pour avoir sauvé l'école, ce qui l'agace un peu. D'autant qu'une nouvelle menace plane sur l'établissement et sur la jeune femme, et que la cadette des Addams tente toujours de maîtriser ses pouvoirs psychiques, au grand dam de sa mère Morticia (Catherine Zeta-Jones)...
Après une saison 1 frustrante, qui ressemblait plus à une tentative de produire un succédané de Sabrina ou de Harry Potter collé de manière artificielle à une franchise établie, et qui passait totalement à côté de son potentiel, la faute à des caractérisations hors sujet et à des gimmicks de scénaristes épuisés (Gough et Millar, les créateurs de Smallville, avaient écrit la moitié de la saison 1 et showrunnaient le reste), la série revient pour une saison 2 de 8 épisodes coupée en deux, avec toujours Tim Burton derrière la caméra de la moitié des épisodes.
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Le reste de l'équipe scénaristique a changé, cela dit, et cela se traduit, à l'écran, par quelque chose qui semble mieux caractérisé en ce qui concerne les Addams : alors qu'en saison 1, on avait droit à des Morticia et Gomez ados hors-sujet, horrifiés par le meurtre accidentel d'un stalker, ce qui constituait l'un des points scénaristiques principaux de la saison, cette année, on retrouve, dans la première moitié de cette saison artificiellement coupée en deux, des Addams plus "normaux", qui trouvent une excitation et qui se réjouissent de la mort, du meurtre, du macabre, de la torture, etc.
Catherine Zeta-Jones a suivi un régime botox-ozempic, Isaac Ordonez a beaucoup grandi (et compose un Pugsley que je ne suis pas encore certain d'apprécier, très naïf et dans un rôle-fonction de victime), Joanna Lumley est une Grand-mère Frump plus classe que d'habitude, et Gomez et Fester restent fidèles à eux-mêmes : c'est nettement plus probant en saison 2, je dois dire, notamment au niveau de l'écriture.
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Wednesday, elle, reste malheureusement une Veronica Mars goth un peu trop abrasive, qui commence la saison en mode Dexter, en chassant et scalpant un tueur en série avant de le remettre aux autorités (pourquoi ? Habituellement, Mercredi vénère les tueurs en série, qui lui servent de modèle...), et qui passe son temps à se heurter à sa mère, tout en enquêtant sur ses divers stalkers et autres menaces surnaturelles qui l'entourent.
Et alors que la saison 2 se plie en quatre pour intégrer plus d'Addams à la série et plus de membres de la famille dans l'environnement de l'école Nevermore, cela a pour effet de faire passer Wednesday au second plan : privée de son amitié avec Enid (le personnage d'Enid est maltraité, cette année, héritant d'un triangle amoureux insipide, totalement coupée de Wednesday, héritant d'un numéro de danse joli mais inutile, et envoyée dans la nature, bloquée en forme lupine à la fin de la saison - on m'apprendrait que la production voulait se débarrasser d'elle, je ne serais pas surpris), et bloquée dans une écriture répétitive, mécanique et cassante, Wednesday devient un personnage principal un peu lassant, dont le seul trait de caractère est l'arrogance.
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Alors dans un premier temps, les scénaristes essaient bien de varier les plaisirs, avec un affrontement un peu forcé entre les Outcasts de Nevermore et un camp de scouts commandés par Anthony Michael Hall, en révélant très tôt l'identité de l'un des stalkers de Wednesday (Agnes, une autre élève fangirl de Wednesday et l'un des points forts de la saison), en faisant revenir certains personnages de la saison 1 (pour les éliminer) ou en multipliant les guests stars (Buscemi en proviseur, Thandie Newton en psy de l'asile local, Billie Piper en prof de musique, Haley Joel Osment en serial killer, Heather Matazarro, Lady Gaga, Frances O'Connor, Casper Van Dien en acteur de soap ou encore ce bon vieux Christopher Lloyd en tête dans un bocal... mais globalement, il manque quelque chose, et la nécessité d'avoir un cliffhanger de mi-saison fait que le scénario avance vraiment par à coups.
Pire : la seconde moitié de la saison (qui voit les showrunners reprendre l'écriture et quasiment traiter cette demi-saison comme une saison à part entière, mais condensée en quatre épisodes) plombe vraiment le tout. En multipliant les sous-intrigues sous-développées, les apparitions éclair, et en centrant tout sur la famille de Tyler, la production tente de faire un immense toutéliage bancal, qui alourdit toute la saison, et donne lieu à des révélations absolument pathétiques.
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Comme en saison 1, tout est à nouveau lié à un secret de famille Addams. Comme en saison 1, Morticia et Gomez ont fait disparaître un cadavre durant leurs jeunes années à Nevermore, à nouveau dans des circonstances de légitime défense, et à nouveau, ils ont dissimulé cet événement par peur d'être accusé de meurtre (*soupir)*. Comme en saison 1, Mercredi leur en veut.
Comme par hasard, ce cadavre est le zombie déterré par Pugsley. Comme par hasard, Frances O'Connor est la mère de Tyler, évadée de l'asile grâce à l'intervention providentielle de Wednesday. Comme par hasard, le zombie est Isaac Night, l'oncle savant fou de Tyler. Comme par hasard, tout ce petit monde en veut mortellement aux Addams. Ah, et j'ai failli oublier : comme par hasard, la main tranchée de Night est devenue la Chose, parce que Night = Thing. *énorme soupir*
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C'est bien simple, plus la saison approchait de sa conclusion, et plus j'ai passé de temps la tête enfouie entre les mains, atterré par le niveau pitoyable de l'écriture. D'autant qu'à côté, pour laisser de la place à de multiples éléments teasant une saison 3, tout se résoud de manière catapultée - notamment la sous-intrigue totalement insipide de Buscemi l'arnaqueur à la tête d'une secte, et qui manipule les Sirènes pour parvenir à ses fins : tout ça a été tellement mal amené et développé durant la saison qu'on s'en contrefout royalement... un peu comme la majorité des éléments de la saison (mention spéciale au caméo-éclair de Lady Gaga, uniquement là pour placer son nouveau morceau et tenter de créer un meme de danse, en vain).
Mais cessons de perdre du temps, et allons droit au but : malgré quelques moments sympathiques, comme l'échange de corps (même si, très honnêtement, j'ai trouvé Ortega bien en dessous d'Emma Myers dans l'exercice), ou le personnage d'Agnes (Evie Templeton, qui s'affirme progressivement), la saison 2 de la série s'embourbe progressivement dans ses visions, ses prophéties, ses vengeances et surtout son rythme assez mou, y compris au niveau de la réalisation et du montage.
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Tout dure trop trop longtemps, il y a trop de querelles familiales (Grandmère Frump le dit : les Addams de Wednesday sont une famille dysfonctionnelle où tout le monde se ment et se déteste... sauf que ça n'a jamais été le cas dans aucune des autres versions, et c'est presque du hors-sujet) et le tout paraît trop souvent en pilotage automatique, cochant des cases d'une liste d'éléments à utiliser pour valider le cahier des charges Netflix d'une série de ce type.
Ça fait illusion pendant quelques épisodes, ça se prend les pieds dans le tapis en cours de route, et ça tombe totalement à plat dans sa dernière ligne droite. Pas forcément surprenant, mais décevant néanmoins, et je ne serais pas surpris que la saison 3 finisse par être la dernière saison du show (ne serait-ce que parce que Ortega semble se lasser de son rôle figé).
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films et séries passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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