Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.
## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine...##
Back in Action (2025) :
Anciens espions étant retournés à l'anonymat après l'échec d'une mission, Emily (Cameron Diza) et son époux Matt (Jaime Foxx) ont fondé une famille et élèvent désormais leurs enfants Alice (McKenna Roberts) et Leo (Rylan Jackson). Jusqu'au jour où leur visage apparaït sur les réseaux sociaux, amenant aussitôt sur eux l'attention d'anciens alliés et d'ennemis jurés...
Une comédie d'action Netflix, ultra-dérivative et générique, qui a pour seuls mérites de permettre les retrouvailles de Jamie Foxx et de Cameron Diaz, de laisser Glenn Close s'amuser un peu en ex-espionne psychorigide avec un amant beaucoup plus jeune, et de mettre en scène des cascades automobiles sans trop d'effets numériques (ce qui n'est pas plus mal, vu que les effets numériques du film sont globalement inaboutis).
Le reste ? Du pilotage automatique, entre toute l'introduction en mode James Bond/Mission Impossible du pauvre, la mise en place de toute la vie parentale, la traque par les méchants et les autorités, la visite de Maman en Angleterre, l'adolescente rebelle à baffer, tous les éléments uniquement là pour être réutilisés plus tard dans le film, et le twist ultra-prévisible sur le méchant... tout est évident, basique, pour ne pas dire superficiel et cliché.
Alors ça se regarde vaguement, malgré ses deux heures au compteur, mais ça ne vaut pas forcément le détour. Une production Netflix, en somme.
2.5/6
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Huit épisodes d'une heure au programme de cette réinvention et modernisation ambitieuse de la mythologie grecque, menée d'une main assurée pour Netflix par la showrunneuse britannique de la série The End of the F***ing World : une bonne surprise inattendue, dominée par la présence toujours excentrique et flamboyante de Jeff Goldblum dans le rôle de Zeus...
Kaos, saison 1 (2024) :
Dans sa ville du Mont Olympe, le pétulant Zeus (Jeff Goldblum) s'inquiète : une prophétie décrivant la fin de son règne semble se réaliser, alors même qu'autour de lui, des manigances se trament. Hera (Janet McTeer) le trompe avec Poséidon (Cliff Curtis) ; Hades (David Thewlis) identifie les signes précurseurs du tarissement de la source de pouvoir des dieux... et pire que tout, Prométhée (Stephen Dillane), meilleur ami/victime de Zeus, observe le tout depuis le flanc de sa montagne, tirant les ficelles de la prophétie funeste, et déplaçant ses pions humains. Il y a Orphée (Killian Scott), star de la pop, qui, motivé par Dionysos (Nabhaan Rizwan), décide de partir chercher sa bien-aimée Eurydice (Aurora Perrineau) aux Enfers, sans savoir que cette dernière s'y est éprise de Caeneus (Misia Butler), un employé d'Hades. En Crète, Ariadne (Leila Farzad), fille du président, découvre que son père lui a caché bien des choses au sujet de la mort de son frère jumeau, à leur naissance...
Comme je le disais en introduction, une bonne surprise que cette série (déjà annulée par Netflix... sans surprise) bien menée et excentrique, qui sait évoluer en ménageant bon gré mal gré ses variations de ton et d'intensité.
Ce qui aide beaucoup, c'est que la relecture contemporaine de la mythologie grecque soit tour à tour fidèle aux mythes d'origine, ou parfois totalement décalée : ici les Enfers en mode administration filmée en noir et blanc, là, l'Olympe façon villa bling où Zeus passe ses journées en survêtement à martyriser ses serviteurs, ailleurs des manigances politiques avec le Président de la Crète, etc, etc, le tout dans un cadre moderne, illustré par une bande originale bourrée de classiques, qui n'ont pas dû être donnés.
On suit ainsi tous ces personnages, tant divins qu'humains, qui évoluent en parallèle, et dont le destin se croise et s'entremêle : de quoi permettre au récit d'évoluer, passant de la comédie satirique à quelque chose de plus sérieux et de plus dramatique, pour aboutir à une conclusion promettant une suite plus épique (la guerre contre l'Olympe et ses dieux désormais mortels), malheureusement laissée en suspens par l'annulation du programme.
Alors certes, ce n'est pas parfait : il y a parfois trop de personnages secondaires (et paradoxalement, on se demande souvent où sont passés les autres dieux de l'Olympe), et le rythme connaît un petit coup de mou à mi-parcours, mais tout ce qui tourne autour de la source des pouvoirs de Zeus est bien trouvé, la montée en puissance de ce dernier à mesure qu'augmente sa colère l'est tout autant, c'est globalement bien interprété, plutôt joli visuellement, et dans l'ensemble, le programme s'avère attachant et intrigant.
Mais bon, la plateforme Netflix étant ce qu'elle est... RIP.
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Baby Bluff (Kinda Pregnant - 2025) :
Plaquée par son compagnon, Lainey (Amy Schumer) remarque un beau jour que les femmes enceintes sont nettement mieux traitées par la société que les quadragénaires célibataires et sarcastiques, comme elle. Elle décide alors de se faire passer pour enceinte à l'aide d'un faux ventre, ce qui l'entraine dans une spirale de mensonges et, accessoirement, va lui faire trouver l'amour auprès de Josh (Will Forte)...
Une production Happy Madison, réalisée par le neveu d'Adam Sandler, avec la femme et la fille de ce dernier dans de petits rôles, pour une comédie co-écrite par Amy Schumer, qui tente là de retrouver le succès en solo avec un film parlant de grossesse et de romance, dans la droite lignée de En Cloque mais pas trop, téléfilm ABC Family de 2009 avec Lindsay Lohan.
Le problème étant que ce métrage tente très maladroitement d'être à la fois une comédie trashouille à la Schumer avec un personnage principal détestable et égocentrique, une comédie romantique sirupeuse, un film bourré de slapstick, un film féministe montrant la grossesse féminine dans ce qu'elle a de moins glamour et de plus éprouvant psychologiquement, etc... le tout avec la "sensibilité" d'un Sandler et d'Amy Schumer.
Ce qui ne fonctionne pas, forcément. D'autant plus si l'on a déjà une patience limité vis à vis du numéro habituel de Schumer : les ruptures de ton sont brutales et affaiblissent le tout, ça gueule beaucoup, Schumer en fait trois tonnes (sans mauvais jeu de mots lié à sa prise de poids), la romance paraît fréquemment forcée, les personnages sont trop peu attachants et sympathiques, l'évolution de la relation de Lainey et de sa BFF est clichée au possible, bref... on s'ennuie un peu, malgré une durée de 90 minutes environ.
Bof.
2/6
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La première saison de That '90s Show, diffusée sur Netflix en 2023, était une série gentillette, agréable à regarder, mais aussi limitée par son postulat même : pas aussi convaincante, sur le front nostalgique, que That '70s Show (forcément, les showrunners de That '90s Show sont les mêmes que pour la série originale, et leur adolescence était déjà bien loin dans les années 90), handicapée par une place considérable laissée aux anciens de la série originale (qui finissaient par éclipser une distribution jeune et inexpérimentée), et devant appliquer un cahier des charges de diversité et d'inclusivité très moderne à une époque qui ne s'y prête pas forcément, That '90s Show finissait un peu par ressembler à une sitcom Disney encadrée par Red et Kitty Forman, égaux à eux-mêmes...
That '90s Show, saison 2 (2024) :
C'est l'été 1996, et Leia (Callie Haverda) retrouve ses grands-parents Red (Kurtwood Smith) et Kitty (Debra Jo Rupp) pour un nouvel été passé dans le Wisconsin, avec tous ses amis du coin : Jay Kelso (Mace Colonel), Nikki (Sam Morelos), Nate (Maxwell Acee Donovan), Gwen (Ashley Aufderheide) et Ozzie (Reyn Doi)...
De manière assez amusante, sur le papier, on sent que cette saison 2 (en deux fournées de 8 épisodes) a tenté de prendre en compte les reproches adressés à la première année.
Trop d'anciens de la série originale ? Ici, à part Red et Kitty, les anciens se comptent sur les doigts d'une main et ne font guère plus que de brefs caméos (Bob, Donna, et Seth Green sont l'exception, mais on a aussi une apparition de Jim Rash et de Leo le hippie). Pas assez de références 90s ? Ici, les séquences oniriques ou musicales nostalgiques s'enchaînent, avec caméos associés (Lisa Loeb, Carmen Electra, Kevin Smith et Jason Mewes), les références aussi, quitte à multiplier un peu les anachronismes. Les jeunes font trop "Disney" ? On leur donne des dialogues plus crus, et on aborde frontalement le sujet du sexe, de la masturbation, etc.
Malheureusement, ça ne suffit pas forcément à transcender le programme, qui reste globalement assez anecdotique : oui, les jeunes acteurs sont un peu plus à l'aise (mais pas suffisamment pour paraître totalement naturels dans tous les épisodes - ils restent relativement inégaux). Oui, Kitty et Red restent très attachants (même si les traits ont clairement été forcés pour les rendre plus excentriques, notamment Kitty). Oui, ça reste une sitcom tout à fait regardable (mais au bout d'un moment, condenser les relations sentimentales, les événements et le développement de plusieurs saisons d'une sitcom classique en à peine une poignée d'épisodes donne vraiment une impression de précipitation et d'approximation).
Mais à part ça, est-ce que That '90s Show apporte (enfin, "apportait", puisque le programme a été annulé par Netflix, sans surprise) vraiment quelque chose d'indispensable, ou même d'intéressant et de surprenant au monde du 70s Show ? Pas franchement. Ça se regarde, mais ça s'oublie aussitôt.
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Je l'avais déjà mentionné dans le bilan de la saison 1 de Squid Game, cette série sud-coréenne ayant cartonné sur Netflix en 2021, mais j'étais particulièrement dubitatif à l'idée d'une suite, ne voyant pas vraiment dans quelle direction le programme pourrait se tourner de manière intéressante : nouveaux candidats et protagonistes ? Gi-Hun qui tente d'infiltrer l'organisation et de se venger ? Bof.
Et ce qui n'aide pas, c'est que le créateur et showrunner a clairement fait savoir qu'il n'avait initialement pas vraiment prévu de suite à sa saison 1 : il a donc dû concevoir et tourner cette suite pas forcément indispensable et, à l'instar d'un Iron Man 2 précipitamment mis en chantier suite au succès imprévu du premier volet, on pouvait se méfier de la qualité du résultat final...
Squid Game, saison 2 (2024) :
Deux ans après avoir remporté le Squid Game, Gi-Hun (Lee Jung-jae) est plus décidé que jamais à retrouver les organisateurs et à les faire payer. Il réintègre donc le jeu, où il retrouve son ami Jung-bae (Lee Seo-hwan) et tente à nouveau de survivre, tout en cherchant un moyen d'infiltrer l'organisation...
Et donc, sans surprise, cette saison 2 nous rejoue une partition familière, exactement celle que l'on pouvait prévoir/redouter en fin de s1 : une nouvelle fournée de joueurs, à laquelle s'ajoute un Gi-Hun en infiltration, désormais revanchard, sérieux et traumatisé. La série passe ainsi le plus clair des deux premiers épisodes de la saison à faire de la mise en place pas très probante, qui voit Gi-Hun s'associer à Jun-ho, l'ex-flic, assembler autour de lui une équipe pour tenter de retrouver le recruteur, et se confronter à ce dernier lors d'une partie de roulette russe sans grands enjeux.
Forcément : on est en début de saison, le scénariste ne va pas éliminer son personnage principal aussi tôt. Et c'est d'ailleurs là un des problèmes récurrents de la saison : le manque de réels enjeux vis à vis de Gi-Hun. Une fois les premiers épisodes passés, Gi-Hun se retrouve en effet embarqué dans une nouvelle session de jeux, avec pour seul changement, ici, sa connaissance préalable de certaines épreuves.
Un changement de dynamique intéressant, qui ne dure pas si longtemps que ça, puisque très rapidement, des groupes se forment, et Gi-Hun se retrouve notamment associé au numéro 001... à savoir le patron du Squid Game, en mode Undercover Boss (soit le même gimmick qu'en saison 1). Ce choix narratif (Gi-Hun va-t-il s'apercevoir de la supercherie ? Non. Pourquoi le boss décide-t-il de se faire passer pour un joueur ? Mystère. Quand va-t-il trahir Gi-Hun et les autres ? À la fin de la saison) donne, peu ou prou, à leur groupe une sorte de totem d'immunité scénaristique : rien ne leur arrivera tant que la confrontation Gi-Hin/boss n'aura pas eu lieu.
Cela, ajouté à la nouvelle caractérisation de Gi-Hun (austère... et honnêtement pas très malin : ses plans sont assez médiocres, il ne se méfie pas un instant du joueur 001, etc), rend cette partie du show peu captivante, et oblige le scénariste à multiplier les personnages secondaires, pour ramener un peu de suspense dans tout ça. Et là, à nouveau, c'est très mitigé : jeune femme enceinte, cryptobro, rappeur à la con, militaire transexuelle, mère et son fils trentenaire, père célibataire à la fille malade, jeune rebelle, marine qui s'effondre au premier conflit, shamane menaçante, grand patron endetté, etc...
Comme en saison 1, la caractérisation et l'interprétation sont très outrées, parfois insupportables (Thanos le rappeur est imbuvable, la shamane hors sujet), parfois insuffisantes (un certain nombre de personnages secondaires restent transparents), et seule une poignée de joueurs s'en sort honorablement (le duo mère/fils, la transexuelle...), alors même que des personnages plus importants (le compère de Gi-Hun) laissent de marbre jusqu'à leur fin.
Quand au déroulé de la saison, on sent que tout a été délayé : deux épisodes de mise en place, une redite du premier jeu, un deuxième jeu étalé sur deux épisodes, puis un troisième jeu et un début de rébellion qui transforme le dernier épisode de la saison en fusillade à rallonge se terminant en cliffhanger pour la saison 3.
Le tout avec une bonne dose de remplissage, qui présente d'un côté l'enquête de Jun-Ho, qui tente de localiser l'île où se déroulent le Squid Game (mais est trahi de manière ultra-évidente par un nouveau personnage secondaire), et de l'autre les états d'âme d'une nord-coréenne impassible, qui sert de soldat Squid, mais commence à avoir des remords.
Et pourtant, malgré tous ces défauts, je mentirais en disant que la saison a été une perte de temps ou désagréable à regarder. Une fois les deux premiers épisodes de mise en place passés, la mécanique efficace du jeu se met en branle, et le récit reste intéressant (sauf quand on repart sur la mission extérieure de Jun-Ho), ce qui fait que ça se regarde tout de même sans problème, d'autant que ça reste plutôt bien filmé, avec une direction artistique toujours intéressante.
Après... cette saison 2 était-elle bien nécessaire ? Pas sûr.
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Girl Haunts Boy (2024) :
Adolescente rebelle dans les années 20, Bea (Peyton List) est étrangement attirée par une bague antique égyptienne lors d'une visite au musée avec sa classe, mais décède presqu'aussitôt, renversée par une auto. À notre époque, Cole (Michael Cimino) emménage avec sa mère récemment veuve dans une nouvelle maison, et découvre bien vite que celle-ci est hantée par Bea. Progressivement, le duo va alors apprendre à faire connaissance...
Une bluette surnaturelle adolescente Netflix qui n'aurait pas dépareillé chez Disney ou sur une plateforme de ce type, tant on est clairement dans ce style de métrage gentillet, inoffensif, pas particulièrement inspiré, et qui permet à Cimino de placer deux chansons pour booster sa carrière.
Pas grand chose à dire de plus sur ce film, en réalité, une adaptation d'un roman young adult pas très original qui traite un peu du deuil, mais pas trop, qui semble obsédée (comme beaucoup d'Américains) par The Great Gatsby, et qui souffre de dialogues un peu trop modernes, d'un bref passage anecdotique à Halloween et d'un chat pas assez présent. Mwébof.
2.5/6
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Un Accord parfait (A Perfect Pairing - 2022) :
Jeune négociante en vin dans une entreprise de LA, Lola Alvarez (Victoria Justice) plaque tout lorsqu'une collègue la trahit, et décide de créer sa propre société, en récupérant le contrat qui lui a été dérobé. Pour cela, elle part en Australie, où elle tente de convaincre la propriétaire d'un immense vignoble de lui donner une chance... mais pour cela, elle va devoir s'intégrer au personnel du vignoble, et faire ses preuves dans les vignes.
Une rom-com Netflix qui semble tout droit sortie des usines qui produisent à la chaîne des romances Hallmark et compagnie : c'est générique au possible, pas très bien écrit, les personnages secondaires sont très caricaturaux, le conflit final est assez forcé (tout comme pas mal de passages obligés du genre), bref, l'ensemble se regarde distraitement mais est très oubliable.
Un petit 2.5/6 dont 0.25 parce que VJ est toujours sympathique et que l'Australie, c'est assez joli...
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Les Dessous de la famille (A Family Affair - 2024) :
Assistante personnelle de Chris Cole (Zac Efron), une superstar capricieuse de films d'action, Zara (Joey King) n'en croit pas ses yeux quand Brooke (Nicole Kidman), sa mère écrivaine, s'éprend de Chris, et que le couple commence à s'afficher ensemble...
Une comédie romantique Netflix qui veut réunir à nouveau Efron et Kidman après The Paperboy (2012)... mais avec plus de botox pour l'une et plus d'hormones de croissance pour l'autre, douze années s'étant écoulées entre les deux films.
Ici, on se trouve donc dans une rom-com assez mollassone qui tire à la ligne pendant près de deux heures sans jamais proposer grand chose de très mémorable, entre ses deux acteurs principaux dont la production s'est sentie obligée de réduire la différence d'âge réelle pour que le couple passe mieux à l'écran, Liza Koshy (déjà dans Players####) qui en fait un poil trop (sauf dans une scène plus dramatique, où elle est très bien), les clichés habituels de la superstar vaniteuse qui en réalité se sent seule et isolée, et de la veuve plus âgée qui peine à se reconstruire, l'illustration musicale assez quelconque, un certain côté assez fauché qui ressurgit çà et là...
Bref, c'est assez banal, ça tourne gentiment à vide, et ça se regarde principalement sur la base de Joey King, qui porte peu ou prou le film sur ses épaules.
Ce n'est pas vraiment mauvais, mais ça ne vaut pas mieux qu'un minuscule 3/6, voire moins.
2.75/6
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Prise au jeu (Players - 2024) :
Journaliste sportive et dragueuse invétérée, Mack (Gina Rodriguez) passe le plus clair de son temps à élaborer des plans drague improbables avec sa bande de collègues et amis (Damon Wayans Jr., Augustus Prew, Joel Courtney, Liza Koshy). Jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de Nick (Tom Ellis), reporter de guerre et baroudeur dont elle tombe sous le charme : tout le monde se met sur le pied de guerre, avec pour objectif mettre Mack et Nick en couple pour de bon.
Pour la Saint Valentin 2024, Netflix nous avait proposé ce film : une sorte de Hitch, expert en séduction, si les experts en séduction étaient tous une bande de Barney Stintson manipulateurs et menteurs, avec des stratégies de drague toutes plus complexes les unes que les autres, aux noms improbables, répétées tous les soirs avec un mépris assez prononcé de leurs "victimes", uniquement des coups d'un soir vite oubliés.
Mais forcément, le personnage principal tombe réellement amoureux, blablabla, doit apprendre à oublier son cynisme et son détachement en matière de romance pour devenir sincère et s'ouvrir à un Tom Ellis dans le rôle du seul adulte digne de ce nom dans tout le métrage.
Ça surjoue beaucoup, c'est cousu de fil blanc, c'est assez mal rythmé, et les personnages sont tellement immatures et frustrants qu'on ne s'attache jamais vraiment à leur sort, surtout que celui-ci est particulièrement télégraphié.
En effet, forcément (bis), ça joue la carte émotion dans la dernière ligne droite du métrage, une carte émotion qui tombe totalement à plat et manque clairement de sincérité, surtout quand Mack plaque Nick parce que leur relation est bâtie sur des mensonges et parce qu'il n'a pas aimé l'article qu'elle lui a demandé de relire.
Le film semble alors présenter cette scène comme une victoire pour Mack, une prise de conscience qu'elle mérite mieux que ça (en l'occurrence, le personnage de Damon Wayans, ici en mode friendzoné), alors qu'en fait... bah, non. C'est Nick qui, pour le coup, mérite mieux que ça... et le film laisse donc un goût amer quand Nick est immédiatement kickbanné du récit pour que tous les autres personnages aient une happy end.
Vraiment pas fan de ce métrage, au point d'avoir presque décroché au bout d'une heure.
2/6
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Adaptation libre du Décameron (recueil de nouvelles italiennes de Giovanni Boccacio publié au 14e siècle et ayant récemment inspiré le quelconque Les bonnes sœurs) par la showrunneuse de Teenage Bounty Hunters (et avec Jenji Kohan à la production), cette mini-série en huit épisodes d'une heure, produite pour Netflix, garde le cadre et le ton de l'œuvre originale, plutôt que les événements ou les récits exacts, pour proposer un récit collégial au carrefour des genres, à mi-chemin entre la comédie décomplexée, la romance impossible et la tragédie dramatique, le tout saupoudré de satire sociale et de guerre des classes...
Le Décaméron, saison 1 (The Decameron - 2024) :
Alors que la peste noire ravage l'Italie, Licisca (Tanya Reynolds), servante, fuit Florence avec sa maîtresse Filomena (Jessica Plummer) pour se réfugier dans la Villa Santa, possédée par Leonardo, un parent éloigné de cette dernière. Lasse d'être méprisée, elle finit cependant par pousser sa maîtresse arrogante d'un pont et endosse alors son identité. Sur place, elle rencontre Pampinea (Zosia Mamet), noble égocentrique promise à Leonardo, et sa fidèle servante Misia (Saoirse-Monica Jackson) ; Tindaro (Douggie McMeekin), homme-enfant immature et Dioneo (Amar Chadha-Patel), son médecin particulier musclé et séduisant ; le calculateur Panfilo (Karan Gill), aux penchants homosexuels dissimulés, et son épouse Neifile (Lou Gala), pieuse et en manque de sexe ; Stratilia (Leila Farzad), la cuisinière sarcastique de la Villa ; et Sirisco (Tony Hale), l'intendant en charge du domaine... Seul problème : Leonardo est récemment mort de la peste, mais Sirisco est le seul à le savoir, après avoir jeté le corps dans les douves de la Villa... et Filomena finit par arriver au château, où elle est prise pour la servante de sa "maîtresse".
Une vraie bonne surprise que cette mini-série Netflix historico-comique assez polarisante : on adhère ou pas au délire ambiant mais, dans mon cas, l'équilibre improbable de ce programme a bien fonctionné.
Comme je le mentionnais en introduction, le show est en effet constamment sur le fil du rasoir ; après une mise en place plus comique et caricaturale, bien portée par des acteurs n'hésitant pas à forcer le trait lorsque nécessaire, la série prend progressivement un virage plus sérieux, et ce dès le troisième épisode.
Un épisode qui commence pourtant par des coucheries dans tous les sens... mais devient rapidement plus intense et dramatique, voire même parfois touchant.
Cette tendance se confirme ensuite, alors que se multiplient les secrets, les mensonges, les morts, les humiliations et les confessions dans le cadre de cet environnement clos, de ce confinement pandémique qui permet ainsi aux personnages d'évoluer, de se révêler, de se développer et de changer, voire de se transcender, le tout sans se défaire d'une approche décalée et improbable de la fiction "historique" : alors que les costumes et les décors sont somptueux, l'illustration musicale alterne entre le Concerto pour mandoline de Vivaldi, qui sert de thème principal, et des classiques 80s (Depeche Mode, Pixies, Enya, etc).
Le décalage ainsi créé permet ainsi à la série de passer lentement de la satire à une méditation sur l'amour, le deuil et l'isolation, sans jamais oublier d'être amusante : les acteurs (en grande partie issus de la télévision anglaise) sont excellents (mention spéciale à Tony Hale, qui compose ici un personnage bien éloigné de ses rôles précédents), parviennent à maîtriser tant le versant comique que l'aspect tragique de leur personnage, et le scénario n'hésite pas à sacrifier certains d'entre eux au gré de sa progression, ici sous les coups d'une lame, là à cause de la maladie...
Ajoutez à cela un joli générique animé à base de rats, et voilà, une fresque satirique en costumes qui intrigue, divertit et touche tout au long de ses 8 épisodes... ou presque.
Si je peux reprocher quelque chose de tangible à la série, en effet, c'est peut-être son format : le récit multiplie un peu trop ses rebondissements, avec des personnages qui quittent la villa, y reviennent, repartent, etc, et des éléments parfois un peu répétitifs : six épisodes auraient peut-être été préférables, et permis d'éviter quelques longueurs redondantes, ainsi que certains personnages un peu girouettes, qui finissent par changer d'avis comme de chemise, histoire de bien renforcer à quel point ils méritent leur sort final.
Mais sinon, comme je le disais, une bonne surprise, dans l'ensemble, et un projet unitaire bien maîtrisé (dommage que la showrunneuse n'ait pas décroché le poste de showrunneuse de la future série Harry Potter de HBO, à la place de Francesca Gardiner, à l'expérience somme tout plus limitée).
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