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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

policier

Les bilans de Lurdo - The Penguin, saison 1 (2024)

Publié le 29 Juin 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Thriller, Policier, HBO, Review, USA, DC, Télévision, Les bilans de Lurdo

Suite directe de The Batman de Matt Reeves (un film inégal mais qui est remonté un peu dans mon estime au revisionnage), ce The Penguin propose, en huit épisodes d'une heure environ diffusés sur HBO Max, de narrer l'ascension du Pingouin dans le monde de la pègre de Gotham City, sous la supervision de Lauren LeFranc, ancienne scénariste sur Chuck et Agents of SHIELD...

The Penguin, saison 1 (2024) :

Alors que Gotham City se remet difficilement de l'acte terroriste du Riddler, Oz Cobb (Colin Farrell), dit "le Pingouin", ex bras droit de feu Carmine Falcone, décide de s'emparer du pouvoir dans les sphères criminelles, et d'organiser le trafic d'une nouvelle drogue. Il fait alors tout son possible pour monter les deux grandes familles du crime, les Falcone et les Maroni, l'une contre l'autre, mais la libération inattendue de Sofia Falcone (Cristin Milioti), fille de Carmine et tueuse en série enfermée à Arkham, va mettre des batons dans les roues du Pingouin...

Une crime story dans l'univers de Batman, mais sans Batman, une ascension à la Scarface plutôt réussie et intrigante, portée par une interprétation excellente de plusieurs acteurs, en particulier Colin Ferrell (on oublie totalement que c'est lui sous le masque), Cristin Milioti (excellente en fille de mafieux revancharde), et Deirdre O'Connell (en mère du Pingouin, atteinte de Parkinson et de sénilité).

Tout au long des huit épisodes de la saison, donc, on suit les parcours parallèles de Oz Cobb et de Sofia Falcone, qui tous deux finissent par gravir les échelons de la pègre : le premier en trahissant et manipulant tout le monde, en montant les Maroni et les Falcone les uns contre les autres, en manigançant, et en se trouvant toujours au bon endroit, au bon moment ; la seconde en se montrant implacable, en acceptant son héritage, en rejetant sa réputation, et en allant toujours plus loin pour s'imposer.

Le tout, sur fond de Gotham ravagée par les exactions du Riddler, et corrompue de bout en bout. De quoi dresser un portrait sinistre de la ville de Batman, totalement absent de la série, et humaniser au maximum le personnage du Pingouin, que ce soit au travers de son amitié naissante avec le jeune Victor (Rhenzy Feliz), qu'il prend sous son aile après l'avoir surpris en train de voler les jantes de sa voiture (un renvoi direct à Jason Todd et Batman), mais aussi et surtout via sa relation avec sa mère Francis.

Une relation dévouée et fusionnelle qui sera recontextualisée en fin de saison, tout comme cette amitié avec Victor, qui trouvera un dénouement inévitable à ce même moment : qu'on se le dise, dans le monde de la pègre de Gotham, il n'y a pas de fin heureuse, et tout le monde est capable de tuer si les motivations sont suffisantes.

En face de Farrell, impeccable, on a aussi Cristin Milioti, sexy, vénéneuse, instable et à fleur de peau, qui compose une antagoniste parfaite pour le Pingouin : tout dans le personnage est un contraste total à l'existence de Cobb, et l'actrice parvient, à grands renforts de nuances et de moments subtils, à donner corps à cette fille de mafieux accusée de crimes qu'elle n'a pas commis, torturée dans un asile, et bien décidée à se venger du destin et de la vie... en commençant par Cobb.

Bref, une très bonne surprise que cette mini-série (je suppose que c'est une mini-série, car je ne vois pas de saison arriver derrière) qui se conclue de la seule manière possible : par un Pingouin triomphant... et l'apparition du Batsignal dans le ciel.

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Daredevil, Born Again, saison 1 (2025)

Publié le 6 Juin 2025 par Lurdo dans Action, Drame, Thriller, USA, Review, Disney, MCU, Fantastique, Marvel, Télévision, Les bilans de Lurdo, Policier, Religion

Après trois saisons sur Netflix, un crossover avec les autres séries Marvel/Netflix, et des caméos dans le dernier Spider-man en date, dans She-Hulk et dans Echo, revoilà Matt Murdock dans sa propre série, sur Disney +, une saison coupée en deux et remaniée en pleine production et en pleine grève des scénaristes de 2023... ce qui n'augurait pas forcément du meilleur.

Et pourtant...

Daredevil, Born Again, saison 1 (2025) :

Alors que Matt Murdock (Charlie Cox) a abandonné son rôle de vigilante suite à la mort de Foggy Nelson (Elden Henson) aux mains de Bullseye (Wilson Bethel), il ne peut qu'assister, impuissant, à l'ascension de Fisk (Vincent D'Onofrio) au poste de maire de New York. Un Fisk qui, progressivement, est à l'origine de dérives toujours plus autoritaires, notamment en matière de chasse aux vigilantes ; d'autant qu'en parallèle, Muse, un mystérieux tueur en série, frappe les démunis new-yorkais, et qu'une unité de la police municipale, arborant le symbole du Punisher (Jon Bernthal), utilise des méthodes toujours plus brutales et sanglantes...

Récapitulons : à l'origine, le revival de Daredevil devait prendre la forme d'une saison de 18 épisodes, en mode procedural juridique sans lien direct avec les trois saisons Netflix ni avec leurs personnages, un programme plus réaliste, avec de nombreux épisodes unitaires consacrés à divers procès, et un Daredevil très en retrait (absent pendant près de 4 épisodes).

Une réinvention confiée à deux scénaristes issus du monde des séries d'espionnage (et de Voisin contre voisin (!)) et qui, très rapidement, alors que six épisodes avaient déjà été tournés, a été rebootée par Disney et Marvel : pas forcément surprenant, tant le programme semblait parti pour être à mille lieues de la version Netflix et des attentes des fans.

Et donc, fin 2023, profitant de la grève des scénaristes et de la suspension forcée de la production, Marvel a remis tout à plat, confiant la nouvelle version de la série à l'un des scénaristes de Punisher, divisant la saison en deux parties, et donnant pour mot d'ordre plus de sérialisation et de continuité avec les saisons déjà existantes. Une genèse compliquée, donc, pour un résultat cependant tout à fait honorable, et qui tient largement la route.

L'enrobage, déjà, est assez efficace, malgré une structure parfois un peu patchwork résultant de l'intégration des épisodes déjà tournés (et remaniés) à la saison actuelle : la musique est très solennelle et religieuse, Moorhead et Benson (à la réalisation) travaillent leurs plans, l'action est brutale et violente, et la production a la bonne idée de faire réellement vivre la ville de New-York (dans ses qualités et ses défauts), au travers d'interviews fréquentes d'habitants de la ville et d'images urbaines efficaces.

Sur ce fond sombre et réaliste se greffent donc deux arcs narratifs parallèles, celui de Matt Murdock, se confinant à son rôle d'avocat et refusant de remettre le costume, mais confronté aux exactions de Fisk (et de Muse), et celui de Fisk, qui se rachète une image très populiste en intégrant le paysage politique new-yorkais, pour le meilleur et pour le pire.

Progressivement, le masque de civilité de ces deux hommes finit ainsi par glisser, jusqu'à totalement tomber en fin de saison : une issue inévitable, tant ces deux forces implacables ne pouvaient qu'entrer de nouveau en collision.

Pour Murdock, le déclencheur est la mort de White Tiger, un vigilante s'étant interposé lors d'un passage à tabac d'un indic par des policiers : progressivement, l'avocat réalise qu'il ne peut plus rester inactif, que Fisk et sa police "privée" ont trop de pouvoir, et que quelqu'un doit faire quelque chose. Mais c'est aussi suite aux actes de Muse, un tueur artiste qui s'en prend directement à Heather (Margarita Levieva, dans un rôle un peu ingrat), la compagne psy de Matt, qu'il remet le masque.

On pourra reprocher à la série ce toutéliage abusif : Muse est à la fois lié à White Tiger (Kamar de los Reyes), qui enquêtait sur lui, à la compagne psy de Matt (qui s'occupe aussi de la thérapie de couple de Fisk et de son épouse), à Fisk dont il motive indirectement certaines réactions... mais d'un autre côté, ça passe, et ça peut s'expliquer par le bricolage dont cette première moitié de saison a fait les frais.

Idem pour l'épisode 5 de la saison, un épisode quasi-unitaire qui sert de petite pause sympathique et qui laisse deviner ce à quoi ressemblait la première itération de la série : Matt va à la banque, des criminels la braquent, et Matt doit gérer la situation en tant qu'otage... accompagné du père de Kamala Khan, qui travaille là. Plus léger, plus indépendant, pas désagréable, mais qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe d'une production clairement chaotique.

Plus la saison avance, cependant, et plus la noirceur s'impose, notamment du côté de Fisk, qui passe ces neuf épisodes à se confronter à l'hypocrisie et à la lenteur de rigueur dans le monde de la politique, tout en tentant de se réconcilier avec sa femme, Vanessa (Ayelet Zurer), toute aussi manipulatrice que lui. Une sous-intrigue qui amène Fisk à renouer avec la brutalité qu'il avait mise de côté, et à redevenir le Fisk ultra-violent qui n'hésite pas à écraser des crânes humains à main nue... sauf que désormais, il est maire de New-York et a toute la police de la ville à sa botte.

De quoi poser un problème de taille à Matt et ses alliés, au nombre desquels le Punisher, Karen (Deborah Ann Woll), mais aussi les autres opposants politiques de Fisk, dont le Swordsman (Tony Dalton) de Hawkeye, et peut-être même d'autres vigilantes (Spider-man est mentionné, mais il est peu probable que l'on ait droit à un caméo ; par contre, il est plus probable que la fille de White Tiger finisse par mettre l'amulette de son père).

Résumons : malgré sa conception chaotique, DD : Born again fonctionne bien. Bien filmée, bien interprétée, bien écrite, la série s'avère une "saison 4" tout à fait honorable (qui plus est, sans ninjas !), malgré quelques éléments qui trahissent les changements de direction et d'orientation du programme (White Tiger, par exemple, arrive de manière tellement abrupte, sans réellement être présenté, qu'il a probablement été victime de réécritures/remontages tardifs...).

Mieux encore : alors que généralement, les saisons du Daredevil de Netflix tiraient en longueur avec 13 épisodes, ce reboot est juste assez long pour intéresser, mais jamais trop pour ennuyer ; au terme de ces 9 épisodes et du cliffhanger les concluant, je n'avais qu'une envie : enchaîner sur la saison suivante, qui promet d'être explosive.

On ne peut pas en dire autant de toutes les séries Marvel récentes.

(bilan Marvel/DC mis à jour !)

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dexter : les origines (2024)

Publié le 4 Juin 2025 par Lurdo dans Les bilans de Lurdo, Télévision, Review, USA, Thriller, Policier, Critiques éclair, Showtime, Drame, Dexter, Paramount

Depuis sa création en 2006 sur Showtime, Dexter a atteint une dimension de série culte... mais est aussi devenue un programme très inégal, au gré des showrunners, des saisons, des antagonistes, etc.

J'ai passé en revue quelques-unes de ces saisons dans ces pages, et si le degré d'appréciation de chaque saison reste très subjectif (par exemple, je ne suis pas super fan de la saison 2, pourtant très appréciée, mais c'est simplement parce que je n'apprécie guère l'actrice Jaime Murray), tout le monde s'entend plus ou moins pour dire que la série, passée sa quatrième saison, n'a fait que décliner.

Jusqu'au relaunch de 2021, avec Clyde Phillips (showrunner de la première heure) aux commandes, qui se voulait une sorte de rédemption de la série, visant à corriger la fin de la saison 8, unanimement détestée... mais qui finissait par frustrer, la faute à une écriture médiocre bourrée de facilités.

Dexter : les origines (Dexter : Original Sin - 2024) :

Gisant dans une ambulance, agonisant, Dexter (Michael C. Hall) voit sa vie défiler devant ses yeux. Il revit ainsi ses jeunes années, en 1991, lorsque, sous la supervisition de Harry (Christian Slater), et à peine âgé d'une vingtaine d'années, Dexter (Patrick Gibson) faisait ses premiers pas au sein de la police de Miami, et ses premiers pas en tant que tueur en série. Ce, alors même qu'un mystérieux meurtrier s'en prend aux enfants de certains officiels de la ville, et qu'un tueur en série frappe les démunis...

Revoici donc Dexter en 10 épisodes de 45-60 minutes pour Paramount+, sous la forme d'une préquelle revenant dans le Miami au début des années 90, et narrant les premiers émois meurtriers du tueur en série... Alors soyons tout de suite très clairs : le gimmick du "Dexter revisite ses souvenirs avant de mourir" n'est qu'un artificie narratif bien pataud et artificiel, puisque non seulement la série nous montre de nombreuses choses dont Dexter ne peut avoir eu connaissance, mais en plus, le programme va être suivi de Dexter Resurrection, au nom assez clair.

Après, ce retour en arrière dans le temps est surtout un gros prétexte pour délaisser le cadre enneigé de la dernière saison de Dexter, et revenir à quelque chose de plus chaud, d'ensoleillé, et aussi de plus racoleur (toutes les "adolescentes" de la série, de Deb à sa copine Sofia en passant par toutes leurs comparses, sont constamment en petites tenues moulantes et ultra-légères, bien cadrées, au point que ça en devient fréquemment forcé), avec en prime une illustration musicale très juke-box.

Et qui dit préquelle dit versions plus jeunes des personnages familiers : ça passe pour Harry, Laguerta (Christina Milian), Masuka (Alex Shimizu) et Batista (James Martinez), c'est très réussi pour Dexter (Patrick Gibson fait un excellent travail de mimétisme et tient particulièrement bien les tics de diction de Michael C. Hall), mais ça coince un peu plus pour Debra (Molly Brown), dont la nouvelle actrice, si elle fait de son mieux pour singer l'interprétation et la diction de Jennifer Carpenter, n'en a ni le physique ni la caractérisation (elle passe toute la saison embarquée dans des frasques de lycéenne girly rose bonbon, à se droguer, à coucher, à se rebeller contre son père, à engueuler son frère, etc).

Encore une fois, ce n'est pas la faute de l'actrice, mais des scénaristes, qui peinent à la rendre vraiment intéressante ou à rendre naturels tous ses fucks et ses insultes, ainsi que son soudain intérêt pour le travail de la police, en fin de saison ; idem pour Harry, qui passe toute la saison à s'inquiéter des tendances de Dexter (ce qui est normal), à enquêter sur le tueur s'en prenant aux démunis (en fait, c'est Brian, le frère de Dexter, qui se venge de ceux qui lui ont fait du mal : un toutéliage forcé, à nouveau, et pas forcément très utile) et à avoir des flashbacks relatant sa relation avec la mère de Dexter (le péché originel d'Harry), et tout ce qui en a découlé, y compris le toutéliage avec Brian. Des flashbacks redondants, pas très utiles, qui se contentent de répéter ce qu'on savait déjà et qui semblent uniquement là pour donner des choses à faire à Christan Slater.

Ce qui pèse tout de même assez lourdement sur l'ensemble de la saison, une saison qui se regarde, mais qui n'est pas forcément très palpitante : Dexter rencontre ses futurs collègues, Dexter tue des méchants, Dexter commet des erreurs sans conséquences car résolues par des grosses ficelles narratives très faciles, et le méchant principal est rapidement évident, dès ses premières apparitions (encore une fois, le fait d'avoir un tueur masqué et de cacher délibérément son identité trahit paradoxalement immédiatement cette dernière, surtout quand il n'y a que deux nouveaux acteurs au casting, Patrick Dempsey et Sarah Michelle Gellar).

Cela dit, cette préquelle de Dexter a pour elle de restaurer un peu de l'atmosphère de la série originale, ce qui est toujours très agréable. Après, même si le tout est nettement plus agréable à suivre et nettement moins cosplay que ce que je redoutais, je ne suis pas certain que le tout soit réellement indispensable, si ce n'est pour faire de Dexter une franchise avec plusieurs séries en parallèle...

M'enfin ça se regarde.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Sprung (2022)

Publié le 1 Juin 2025 par Lurdo dans Comédie, Policier, Thriller, Critiques éclair, Sitcom, Les bilans de Lurdo, Télévision, USA, Review, Amazon

Après My Name is Earl, Raising Hope et The Guest Book (au format anthologique plus anecdotique), le showrunner Greg Garcia a remis le couvert pour le service freevee d'Amazon, avec une nouvelle mini-série en 9 épisodes de 30-60 minutes dans la droite lignée de ses productions précédentes : des visages connus, des personnages magouilleurs et white trash, de l'humour absurde et plein de bons sentiments...

Sprung (2022) :

Après avoir passé plus de 25 ans en prison pour un trafic de marijuana, Jack (Garret Dillahunt) est libéré en pleine crise de la COVID, sans avoir nulle part où aller. Avec Gloria (Shakira Barrera), une autre prisonnière avec laquelle il avait flirté à distance derrière les barreaux, il accepte alors l'offre de Rooster (Phillip Garcia), son codétenu, et s'installe chez la mère de celui-ci, Barb (Martha Plimpton). Mais ce logement est assorti d'une condition : que Jack, qui a tout appris en prison et qui est doté d'une excellente mémoire, aide Barb et compagnie à effectuer de petits larcins, voire même... à voler une fortune en tableau chez une représentante du Congrès malhonnête (Kate Walsh).

Difficile de faire rire avec la Covid, et pourtant, en présentant cette crise du point de vue d'une bande d'incapables (Rooster est assez lent, sa mère à peine plus vive d'esprit, Gloria ne pense qu'à magouiller, et Jack, lui, est naïf au possible), Garcia y parvient.

La série propose ainsi le portrait d'une crise durant laquelle personne ne comprend rien à rien, et d'une confusion générale qui va profiter à cette bande d'opportunistes. Tout d'abord, au travers de petites magouilles qui, sous l'impulsion de Jack, prennent pour cible de petites frappes : un trafiquant de papier toilette, un vétérinaire qui fait des tests PCR frauduleux, un trafiquant de drogues/prêteur sur gages... de quoi poser un format intrigant qui laisse deviner ce qu'aurait pu être la série si elle avait été diffusée sur un network.

On y voit en effet un Jack naïf mais ultra-doué, qui a retenu toutes les leçons enseignées pendant ses 26 années en prison, et est capable de les mettre en pratique IRL, comme une sorte d'idiot savant à la fois cambrioleur, homme d'action, spécialiste en tout, etc. Le tout mis en images avec des flashbacks sur son séjour en prison, où Jack apprend X et Y, en fonction de ses besoins du moment.

Autour de lui, que des incapables attachants, qui rapidement vont s'embarquer dans une intrigue de vol de tableaux - un fil conducteur efficace, qui culmine dans l'épisode final (le plus long), et permet une évolution de tout ce petit monde, notamment sur le plan personnel (tout le monde change un peu au gré de la saison, des romances se créent).

Bien qu'étant un peu inégale au niveau gestion du rythme, la série se regarde ainsi très facilement : les personnages sont attachants (comme souvent chez Garcia), les rebondissements sont improbables, l'humour souvent décalé, et cette vision absurde de la crise pandémique fonctionne plutôt bien, sans jamais se départir d'un fond de sincérité et d'émotion toujours agréable.

J'ai donc passé un moment plutôt agréable.

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