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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Dune : Prophecy, saison 1 (2024)

Publié le 15 Avril 2025 par Lurdo dans Télévision, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, Drame, Thriller, USA, HBO, Critiques éclair, Fantastique

Six épisodes de 60-80 minutes au programme de cette série prestigieuse HBO Max adaptée d'un roman du fils Herbert et de Kevin J. Anderson, et qui sert de préquelle aux films Dune de Denis Villeneuve...

Dune : Prophecy, saison 1 (2024) :

10 000 ans avant l'ascension de Paul Atreides, deux sœurs Harkonnen, Valya (Emily Watson) et Tula (Olivia Williams) prennent la tête de la Sororité (qui deviendra l'ordre du Bene-Gesserit), et décident de la modeler à leur image, influençant ainsi les Maisons de l'Empire et la famille même de l'Empereur (Mark Strong) pour parvenir à leurs fins...

Et tout de suite, abordons le problème qui fâche : oui, Dune : Prophecy (initialement Dune : Sisterhood) a été mis en chantier en 2019, et était initialement supposé être écrit par Jon Spaihts, développé en parallèle du premier métrage de Villeneuve. Sauf que rapidement, le projet s'est compliquée, des critiques ont fusé sur l'absence de femmes à la production... et le tout a abouti entre les mains de la showrunneuse de la saison 2 d'Altered Carbon.

Ce qui, forcément, n'augurait pas forcément du meilleur, sans même mentionner le recours une équipe créative composée mécaniquement de binomes homme/femme à chaque épisode, histoire d'éviter toute accusation potentielle de sexisme... Et donc, on se retrouve avec une première saison un peu bancale de Dune Prophecy, une série qui tente très fort de singer le Dune de Villeneuve, son esthétique, sa direction artistique, sa manière de filmer, son côté nébuleux et épique, etc... mais n'y parvient pas vraiment.

Le souci, en fait, c'est que Dune Prophecy tente de concilier l'influence inévitable des long-métrages avec une approche prestige tv coulée dans le moule de House of the Dragon : des jeux de pouvoirs, des complots, des manipulations à tous les étages, des visions prophétiques, une famille impériale en péril... et surtout, des personnages que les scénaristes veulent ambigus... au point d'en être contreproductifs.

Difficile en effet de se passionner pour ce que l'on nous présente à l'écran - les proto-Bene Gesserit dirigées par deux sœurs Harkonnen revanchardes, les jeux de pouvoir à la cour de l'Empereur, l'histoire d'amour impossible entre la Princesse et un Atreides, etc - quand l'immense majorité des personnages peine à créer l'empathie du spectateur, voire même lorsqu'ils sont antipathiques au possible.

Ce n'est pas la faute des acteurs, pour la plupart excellents et/ou sous-exploités (Mark Strong n'est pas forcément gâté par son rôle d'empereur manipulé par tout le monde, mais c'est un peu le cas de tous les personnages masculins, qui passent au second plan) : ils font avec ce qu'on leur donne, même s'il faut bien avouer que Travis Fimmel semble jouer la moitié de ses scènes en mode Jack Sparrow illuminé, ce qui n'est pas forcément un choix très probant.

Non, ce qui ne fonctionne pas dans cette écriture, c'est qu'elle tente très fort d'humaniser les Harkonnen sans y parvenir, et qu'elle est handicapée, dès le début, par un postulat de départ qui ne convainc pas, à savoir l'époque qui sert de cadre au programme. La série se déroule moins d'une centaine d'années après une guerre contre les machines... et plus de 10000 ans avant les éléments des films.

10000 ans. Pendant lesquels tout cet univers est visiblement restée stagnant, tant dans sa mode, sa technologie, l'organisation et la structure de la société, les traditions, etc, etc, etc... et durant lesquelles tout continue de tourner autour des Harkonnen et des Atreides.

On touche là au problème des préquelles placées dans un lointain passé, histoire d'éviter de parasiter les événements de la franchise principale : trop souvent, les scénaristes sont tiraillés entre le désir de faire quelque chose de radicalement différent, et le besoin de renvois constants aux personnages et événements établis... ce qui finit par sonner faux, par donner un toutéliage creux, et par frustrer.

Ici, outre le cadre temporel et les personnages, il y a aussi des problèmes de rythme, des problèmes d'ambition (difficile de rendre plausibles les manigances supposément ultra-complexes des Sœurs lorsque le spectateur a constamment trois longueurs d'avance sur les rebondissements du scénario, et lorsque les personnages ne semblent pas forcément très intelligents ou rusés), de la nudité gratuite (très peu, mais suffisamment pour remplir le quota contractuel), un générique assez quelconque, des flashbacks à rallonge un peu redondants...

Bref, si Dune Prophecy est relativement bien filmée, et si le budget important permet de rendre le tout crédible à l'écran, il n'empêche que la série donne l'impression d'avoir les yeux plus gros que le ventre, ou plutôt d'avoir des ambitions démesurées (= tenir la comparaison avec les films Dune et présenter un récit au point de vue farouchement féminin) sans en avoir forcément les moyens (ou le talent).

Résultat : je n'ai pas accroché plus que ça, je me suis lassé en cours de route, j'ai eu du mal à finir (il faut dire que le dernier épisode, de plus de 80 minutes et qui finit en laissant plein de choses en suspens pour la saison 2, est assez brinquebalant), et à en juger par l'accueil tiède de nombreux critiques, pas sûr que le programme aille beaucoup plus loin que la saison 2.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - Batman, le justicier masqué, saison 1 (2024)

Publié le 14 Avril 2025 par Lurdo dans Action, Animation, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Science Fiction, DC, Amazon, Review, Thriller, Fantastique, Jeunesse, Télévision

Dix épisodes de 20-25 minutes pour cette suite spirituelle à la série animée Batman des années 90 : chapeautée par Bruce Timm en personne, produite par JJ Abrams et Matt Reeves, et ayant recours à des scénaristes de comics, Caped Crusader se déroule intégralement dans les années 30-40, avec un Batman proche de son incarnation originale, et une réinvention de l'univers de Gotham, pour un résultat délibérément très rétro et film noir...

Batman, le justicier masqué, saison 1 (Batman : Caped Crusader, season 1 - 2024) :

À Gotham, une poignée d'hommes de loi tente de fire respecter la Loi et l'ordre, dans une ville où règne la corruption et le crime. Heureusement, le Batman, un justicier nocturne, aide la police en s'opposant aux criminels les plus extrèmes et déséquilibrés...

Dans l'ensemble, une saison 1 plutôt réussie, même si non dénuée de problèmes et de scories. Ce n'était pas gagné, puisque passer après Batman TAS, avec un trait aussi proche, une identité aussi marquée, et une réputation aussi massive, c'était assez risqué.

Mais cette nouvelle série fonctionne assez bien, même si, pour être très honnête, elle n'échappe pas aux impératifs de l'époque (notamment en matière de diversité à l'Américaine) et à quelques réinventions totalement inutiles.

Tout au long de la saison, Caped Crusader propose ainsi une sorte de quasi-Year Two du personnage de Batman : il est récemment établi, mais rencontre toujours certains de ses alliés et ennemis pour la première fois (Catwoman, Clayface, Harvey), et sa relation avec Alfred est plus distante, évoluant au fil du temps. De manière générale, d'ailleurs, Batman est ici plus froid et calculateur, obsédé par sa mission. 

L'occasion pour Timm et compagnie de réinventer certaines des figures incontournables de l'univers Batman : si Bruce reste égal à lui-même (pas convaincu par la grosse voix forcée adoptée par Hamish Linklater en Batman), Gordon et sa fille deviennent afro-américains, Barbara (toujours rousse) devenant avocate commise d'office, Harleen Quinzel devient asiatique et l'une des amies de Barbara, Montoya devient quasi-plus size et a un début de romance avec Harley, Alfred est lui-aussi rondouillard, le Pingouin devient une chanteuse de cabaret qui n'hésite pas à éliminer ses enfants adultes lorsque ceux-ci la trahissent, etc...

Plein de petits changements qui, pour la plupart, fleurent bon le résultat d'un cahier des charges imposé (honnêtement, tout le côté diversité n'apporte absolument rien aux personnages... ni ne leur enlève quoi que ce soit, donc à quoi bon) et sont assez anecdotiques.

Là où la série surprend, par contre, c'est dans le rôle de Batman, qui passe très souvent au second plan, laissant la place aux enquêtes de Gordon, de Montoya, de Barbara ; qui parait fréquemment dépassé par les événements, ou avoir besoin d'aide pour affronter les méchants, etc.

En faisant passer son Batman en retrait, Timm & co changent totalement la dynamique du programme, installant notamment une sous-intrigue de fond sur la corruption de la police, et sur Harvey Dent, assez antipathique, mais dont la transformation en Two-Face a ainsi plus de poids dramatique en toute fin de saison.

Mais pour arriver là, il faut passer par des épisodes plus ou moins inégaux : le Pingouin est anecdotique, mais la relecture de Clayface fonctionne bien ; l'adaptation de Catwoman est assez classique, mais efficace, à contrario de deux épisodes hors-sujet qui opposent Batman à un fantôme issu de la Révolution américaine, puis à Nocturna la vampirette fringuée comme Mercredi Addams ; la nouvelle Harley, qui a à peine le temps de s'installer qu'elle devient aussitôt une antagoniste, est plus une tweener qu'une véritable méchante, ce qui participe de la réhabilitation du personnage à la mode chez DC...

Le show, qui fait pourtant tout son possible pour imposer son ambiance rétro/noir (allant jusqu'à imposer un grain artificiel à l'image), finit par souffler malgré tout le chaud et le froid sur certains plans.

D'autant que d'un point de vue technique, c'est là aussi inégal : l'animation est assez raide (notamment les déplacements et les combats de Batman) avec en particulier quelques problèmes dès que les personnages tournent la tête, et des proportions aléatoires (Montoya semble parfois étirée en largeur dans certains épisodes, comme si elle avait été dessinée avec une silhouette normale, et que le côté plus-size avait été rajouté tardivement dans la production) ; il manque un vrai thème musical fort ; le doublage de Linklater est polarisant, comme je l'ai dit plus haut ; et les scénaristes ont fait le choix d'éliminer certains des méchants de manière définitive au terme de leur arc narratif - pour Firebug, ce n'est pas très grave, mais pour Dent, ça laisse plus dubitatif.

Cela dit, j'ai été agréablement surpris par le programme, alors que je ne m'attendais qu'à une redite des greatest hits de Bruce Timm : en l'état, c'est imparfait, mais le ton plus "réaliste" et noir est agréable et intéressant, et je suis curieux de voir la suite, quand bien même le tout se termine par l'annonce (précoce, amha) de l'arrivée du Joker...

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - The Office, saison 1 (2024)

Publié le 13 Avril 2025 par Lurdo dans Comédie, Documentaire, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Série, Télévision, Review, Australie, Amazon

Nouvelle adaptation de la série britannique de Ricky Gervais, cette déclinaison australienne en 8 épisodes de 15-20 minutes transpose The Office à Sydney, et est plus ou moins sortie sur Amazon dans l'indifférence la plus totale. Était-ce bien mérité ?

The Office, saison 1 (2024) :

Parce que la pandémie a bouleversé les habitudes de travail, la succursale de Flinley Craddick, entreprise de packaging, gérée par l'excentrique Hannah Howard (Felicity Ward), va devoir passer en télétravail complet et fermer ses locaux. Ce qui terrorise Hannah, bien décidée à conserver son équipe en présentiel : elle a désormais un mois pour décrocher 300 000 $ de vente, et prouver ainsi à la maison-mère la valeur de sa succursale...

De mémoire, la première saison de The Office (US) était assez mollassonne, une adaptation un peu trop fidèle de la version anglaise, qui n'avait pas encore trouvé son rythme de croisière ou son identité. Ici, pour cette version australienne signée Julie De Fina et Jackie Van Beek, c'est un peu la même chose, voire pire, puisque la série doit réussir à se démarquer de la version US et de la version UK, ce qui complique d'autant la tâche à la production.

Adaptation oblige, les personnages sont ainsi très (trop) similaires : la patronne excentrique prête à tout pour sauver son entreprise, son bras droit autoritaire et sadique, les deux employés qui jouent des tours à cette dernière tout en ne s'avouant pas mutuellement leurs sentiments, le responsable des RH stoïque, le stagiaire, etc, etc... on est en terrain très familier, et malheureusement, pendant une bonne moitié de la saison, on a simplement l'impression d'un programme déjà vu, ou qui tente très fort de se démarquer de l'original en poussant les curseurs un peu trop haut.

Parce que pour le coup, Hannah Howard/Felicity Ward est gentiment fatigante, et très caricaturale, peut-être plus proche de David Brent que de Michael Scott. À deux doigts d'un personnage de sketch du SNL, avec une énergie sur laquelle le reste du show peine un peu à s'aligner.

Alors certes, cette version de The Office modernise un peu son contenu, abordant le télétravail et les licenciements qui en découlent, et à mesure que cette micro-saison avance, on sent que les scénaristes comme les comédiens trouvent un peu leurs marques, mais dans l'ensemble, on reste en terrain très familier, probablement trop pour que le show connaisse l'illustre destin de ses prédécesseurs.

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SEMAINE SÉRIES - Les bilans de Lurdo - La légende de Vox Machina, saison 3 (2024)

Publié le 12 Avril 2025 par Lurdo dans Action, Amazon, Animation, Aventure, Comédie, Critiques éclair, Fantastique, Drame, Romance, Review, USA, Télévision

Troisième saison pour Vox Machina, une saison toujours sur Amazon, toujours en 12 x 25 minutes, toujours bien animée et spectaculaire, toujours aussi bien accueillie par le public... et toujours aussi frustrante pour moi, comme cela l'était en saison 2.

La légende de Vox Machina, saison 3 (The legend of Vox Machina, season 3 - 2024) :

Désormais en possession des Vestiges de légende, Vox Machina doit affronter Thordax avant que les œufs de ce dernier n'éclosent. Pour cela, ils doivent unir leurs forces à celles de leurs nombreux alliés, et faire confiance à Raishan, alliée de Thordax qui semble vouloir trahir ce dernier...

Alors très franchement, je ne me suis pas renseigné, et donc je ne sais pas si la série connaîtra une saison 4 (la fin de saison semble assez définitive et ferait une happy end convenable, avec une porte ouverte pour une suite, au cas où), mais je ne suis pas certain d'être de la partie.

Non pas que cette saison 3 soit mauvaise, loin de là... mais plus le temps passe, et plus je m'aperçois que je n'ai pas l'attachement nécessaire aux personnages à l'univers pour passer outre les défauts récurrents du programme, inhérents à sa nature d'adaptation de campagne de JDR.

La saison 3 reprend ainsi là où la série s'était arrêtée : sur le conflit de Vox Machina contre le Conclave des Dragons de Thordax. Et si l'on ne peut pas nier que les affrontements sont toujours impressionnants, visuellement, le fait que la série botte immédiatement en touche et envoie l'équipe en quête d'un autre artefact, à l'autre bout du monde, n'en est que plus frustrant.

On se retrouve alors avec pas mal de digressions et de sous-quêtes : ici, Scanlan qui tente de renouer avec sa fille et déprime ; là, Percy qui retrouve Ripley et Orthax le démon, qui veulent produire des armes à feu en grand nombre ; ailleurs, Kayleth qui chouine parce que personne ne l'écoute ; et puis le groupe se sépare, la moitié partant en Enfer, l'autre étant embarquée dans une intrigue secondaire pas très intéressante avec Allura et Kima ; il y a des coucheries et du shipping dans tous les sens ; Pike apprend à ne plus se fier uniquement à sa Foi ; on a droit à un match de catch entre un démonKong et Thordaxzilla ; Percy décède ; et la communauté de l'anneau Vox Machina et de tous leurs alliés s'unit pour attaquer le Mordor le volcan où trône Sauron Thordax, dans un ultime affrontement épique qui occupe deux bons épisodes et conclut la saison...

Ah, non, c'est vrai, il reste encore trois épisodes ensuite, principalement centrés sur un autre boss fight, Kayleith qui élimine Raishan, et sur le groupe qui ramène Percy à la vie.

Donc voilà - malgré l'action comme toujours épique, les enjeux finissent par être limités : les personnages principaux bénéficient tous d'une plot armor, jeu de rôle oblige, ils montent tous en puissance d'une manière ou d'une autre (level up oblige), c'est très très axé sentiments et larmes (l'humour continue de reculer progressivement), et si l'on sent la bonne volonté de tout le monde pour transformer une campagne de JDR en récit cohérent et bien structuré, ça reste un peu vain.

Car à mes yeux, Vox Machina continue de grincer aux entournures, et sans l'attachement inhérent des fans aux personnages, qu'ils ont suivi pendant des années et des années avant le début de la série, je peine à m'intéresser vraiment à tout ça : entre deux saisons, j'ai tendance à oublier qui est qui, qui fait quoi, et qui sont tous ces personnages secondaires, je me contrefous du shipping un peu pataud, et lorsque vient un moment typiquement JDR, ça a tendance à me sortir du récit plus qu'autre chose.

Après, comme d'habitude, les fans répondront sans doute présent, donc mon avis importe peu.

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Critique éclair #134 - Novocaïne (2025)

Publié le 11 Avril 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Romance, Critiques éclair, Action, Thriller, USA, Review

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Novocaïne (2025) :

Nathan Caine (Jack Quaid) est un employé de banque tout ce qu'il y a de plus normal, à un détail près : il est génétiquement incapable de ressentir la moindre douleur physique, ce qui l'amène à vivre une vie très rangée et prudente. Jusqu'à ce qu'il s'éprenne de Sherry (Amber Midthunder), une collègue, et qu'un groupe de braqueurs menés par Simon (Ray Nicholson) s'en prenne à sa banque ; lorsque les criminels s'enfuient en prenant Sherry en otage, Nathan n'hésite pas un instant, et part à leur poursuite...

Mouais. Un thriller d'action très dérivatif (on pense à Hyper Tension, à Jolt,  Upgrade, à Kickass, à Darkman, à Deadpool, etc) mâtiné de film superhéroïque assez sadique (le métrage prend un malin plaisir à montrer toutes les blessures subies par Caine) et qui prend bien son temps, puisque l'action ne démarre qu'après 25 minutes de mise en place.

D'ailleurs, c'est un peu paradoxal, mais pour un film qui se veut une grosse course-poursuite, tout ça est un peu mollasson dans sa mise en scène, que ce soit durant les scènes d'action ou les poursuites en voiture. Ajoutez à cela des effets pratiques inégaux, un script qui demande une énorme suspension d'incrédulité, et une écriture pas très inspirée qui enchaîne les dialogues assez plats et les rebondissements téléphonés, et l'on se retrouve devant quelque chose de très moyen.

Ce n'est pas antipathique pour autant, et c'est tout à fait regardable (la distribution est compétente et sympathique, même si Jacob Batalon est dans son rôle habituel et que Nicholson fait du Nicholson), mais très moyen, donc (à l'image de cette dernière ligne droite, qui semble uniquement là pour rallonger la sauce et donner autre chose à faire à Amber Midthunder que "demoiselle en détresse" - déjà que le rebondissement à son sujet est bien capillotracté...). 

3/6 pour être gentil. 

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Critique éclair #133 - Jules (2023)

Publié le 9 Avril 2025 par Lurdo dans Comédie, Drame, Critiques éclair, Cinéma, Science Fiction, USA, Review

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Jules (2023) :

Vieil homme commençant à exhiber les premiers signes d'Alzheimer, Milton (Ben Kingsley) vit seul, surveillé à distance par sa fille Denise (Zoë Winters). Jusqu'au jour où une soucoupe volante s'écrase dans son jardin, avec à son bord un alien muet et blessé (Jade Quon). Avec l'aide de Joyce (Jane Curtin) et Sandy (Harriet Sansom Harris), deux connaissances de son âge, Milton va prendre l'alien sous son aile, et l'aider à réparer son vaisseau...

Une jolie comédie indépendante de science-fiction sur la vieillesse, la maladie, la solitude et le besoin d'autonomie, réalisée avec subtilité et mesure par le producteur de Little Miss Sunshine, entre autres.

C'est simple, sentimental et poétique, très bien interprété, et ça fonctionne, tout simplement, en tant que film indépendant discret mais efficace, avec ce que ça comporte de points forts et de points faibles.

4.25/6  

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Critique éclair #132 - Role Play (2024)

Publié le 7 Avril 2025 par Lurdo dans Comédie, Thriller, Action, Cinéma, Critiques éclair, USA, Amazon, Review, Romance

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ## 

Role Play (2024) :

Mère de deux enfants et épouse de Dave (David Oyelowo), Emma (Kaley Cuoco) est aussi une tueuse à gages exceptionnelle, qui cache sa double-vie à sa famille. Le jour où Emma et Dave décident de redonner un peu de piquant à leur vie amoureuse en se livrant à un jeu de rôles au bar d'un hôtel, Emma est cependant reconnue par un autre tueur à gages, Bob (Bill Nighy), dont elle se débarrasse prestement. Mais c'est là le début d'une spirale infernale qui fait s'écrouler le mensonge de la tueuse...

Un postulat un peu trop générique, pour un film Amazon réalisé par un Français, écrit par le scénariste de Morgane et de Mon ex-beau-père et moi (double aïe), et qui ne convainc pas : jamais particulièrement drôle, jamais particulièrement pêchu, jamais particulièrement romantique, jamais particulièrement crédible (pour une tueuse aguerrie et recherchée par tous, Emma est vraiment trop émotive, trop hésitante, trop imprudente, trop brouillonne, voire pas douée du tout), avec une réalisation et des scènes d'action qui ne sont pas exceptionnelles et un script qui s'éparpille un peu trop pour vraiment fonctionner.

On oublie vite.

2/6  

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Les bilans de Lurdo - Tomb Raider : la légende de Lara Croft, saison 1 (2024)

Publié le 6 Avril 2025 par Lurdo dans Animation, Netflix, Critiques éclair, Action, Fantastique, Review, USA, Les bilans de Lurdo

Huit épisodes de 25 minutes environ pour cette série animée Netflix prenant place dans la continuité de la trilogie récente de jeux vidéo rebootant le personnage et son univers... un programme qui demande donc d'avoir joué à ces jeux pour vraiment cerner la personnalité de Lara, bien comprendre ses réactions et savoir qui sont tous ses amis et collègues.

Tomb Raider : la légende de Lara Croft, saison 1 (2024) :

Toujours hantée par les événements récents l'ayant marquée, Lara Croft (Hayley Atwell) traque Charles Devereaux (Richard Armitage), qui tente de réunir des artefacts de légende dissimulés aux quatre coins de la planète, afin de se venger d'une société secrète descendant des Templiers...

Animée par le studio responsable des Castlevania, de Skull Island ou encore du reboot des Maîtres de l'Univers, tout ça pour Netflix, Tomb Raider : la légende de Lara Croft a été écrite et showrunnée par une scénariste ayant fait ses armes sur... euh... une adaptation ciné de Red Sonja (pas encore sortie), et sur... le calamiteux Witcher : L'héritage du sang.

Un pur produit Netflix, donc, même si ce Tomb Raider s'en sort à peu près honorablement sur le plan de la production : c'est dynamique (les personnages sont ponctuellement un peu raides et l'animation inégale, mais rien de méchant), c'est bien doublé (Hayley Atwell est excellente), c'est assez fidèle à la franchise ; bref, c'est honorable... mais ce n'est pas exceptionnel, notamment sur le plan de l'écriture.

C'est probablement une question de goûts personnels, mais je n'ai pas particulièrement accroché à toute cette histoire d'artefacts et de mythologie chinoise - déjà, parce que je n'ai pas une grande affinité pour tout le panthéon chinois, son esthétique, etc, mais aussi et surtout parce que je n'ai pas les prérequis vidéoludiques nécessaires pour vraiment apprécier cette Lara Croft bourrée d'états d'âme, de culpabilité et de traumatismes, qui pleure fréquemment, qui est particulièrement proche de tous ses amis tout en les maintenant en distance car elle est fermée émotionnellement, etc.

Des amis d'ailleurs jamais vraiment suffisamment présentés et développés pour qu'un néophyte s'y intéresse (par exemple Sam, sur qui repose l'intégralité du cliffhanger final) : je n'ai joué qu'au premier volet de la trilogie rebootée, à sa sortie, (et encore, je ne suis pas allé bien loin à l'époque faute de temps), et donc, la plupart de ces personnages ou des références aux jeux m'ont laissé totalement de marbre - à partir de là, difficile de ne pas trouver un peu maladroite l'insistance de la scénariste/showrunneuse à revenir encore et encore sur les traumatismes de Lara (avec flashbacks fréquents), sur son côté émotionnellement fragile, et sur son besoin de se reposer sur ses amis et compères pour s'en sortir.

Il y a notamment tout un passage à Paris avec Camilla, la BFF de Lara (et plus si affinités ? Elle est présentée comme l'amie d'enfance de Lara, mais la scénariste a, de son propre aveur, délibérément joué la carte du queerbaiting avec quelques sous-entendus), agent badass d'Interpol, des Templiers, les catacombes, de l'accordéon, blablabla : un tout tellement cliché que ça m'a bien fait lever les yeux au ciel. Idem pour Devereaux, au character design assez médiocre, et qui finit par être un bad guy assez anecdotique.

Et puis, je l'avoue, le show part bien trop rapidement dans le surnaturel à mon goût : dès le deuxième épisode, Lara affronte sans broncher des créatures géantes, des fantômes, des démons, etc ; je sais que la franchise n'a jamais hésité à aller franchement dans cette direction, mais il n'y a ici aucune montée en puissance dans le surnaturel, on y va à fond dès les premiers épisodes, il y en a partout, tout le temps, ça bourrine et ça finit par une déesse chinoise, une menace de destruction complète de la Terre, un paradis perdu, et des dinosaures.

Parce que oui, il fallait bien placer des dinosaures, au cours d'un ultime épisode faisant très (trop) jeu vidéo, avec pièges et énigmes à résoudres, et, donc, un immense T-Rex... que Lara finit par achèver au fusil à pompe sur fond de musique triomphale. Parce que c'est dans le jeu vidéo. Youpi.

Je le redis : j'ai eu du mal. La série est tellement inféodée aux trois jeux vidéos, à leur caractérisation de Lara et aux clichés du support qu'elle finit par frustrer et par agacer un peu... heureusement, l'interprétation de Hayley Atwell reste enthousiasmante et énergique, portant quasiment l'intégralité du show sur ses épaules. Le reste, malheureusement, étant trop peu inspiré pour me convaincre.

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Critique éclair #131 - Old Guy (2025)

Publié le 4 Avril 2025 par Lurdo dans Cinéma, Action, Comédie, Thriller, USA, Irlande, UK, Critiques éclair

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ## 

Old Guy (2025) :

Fatigué et récemment blessé à la main, en plus de souffrir d'arthrose, Dolinski (Christoph Waltz), tueur à gages renommé, reçoit pour ultime mission de superviser Wihlborg (Cooper Hoffman), un jeune assassin de la Gen Z difficile à canaliser. Mais la mission prend un tournant dramatique quand, envoyés en Irlande du nord, le duo se trouve pris entre deux feux...

Mouais.

Une comédie d'action sans beaucoup d'action ni de comédie, chapeautée par Simon West qui nous propose pourtant ici un métrage assez mou et décousu, ce Old Guy est très oubliable.

Aucun des relations (que ce soit celle de mentor/protégé de Dolinski et Wihlbord, ou la pseudo-romance de Dolinski avec son amie de long date, jouée par une Lucy Liu fidèle à elle-même - et est ici sous-exploitée) ne paraît suffisamment développée, le récit reste assez quelconque, il n'y a aucun style, et les quelques éléments un peu excentriques (Dolinski qui s'éclate en boîte de nuit, par exemple) ne débouchent sur rien.

Pas grand chose à en dire de plus, en fait, c'est du pilotage automatique.

2/6

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Critique éclair #130 - Long Distance (2024)

Publié le 2 Avril 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Critiques éclair, Science Fiction, Romance, Review, USA, Thriller, Horreur, Amazon

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Long Distance (aka Distant - 2024) :

Dans un futur lointain, arraché à son caisson de cryogénisation par une collision ayant provoqué le crash de son vaisseau minier et de ses nombreux passagers, Andy (Anthony Ramos) se retrouve seul sur une planète inconnue, avec une réserve d'oxygène très limitée. Il commence alors à chercher d'autres survivants, et est contactée par Naomi (Naomi Scott), blessée dans son pod de secours. Malgré les dangers qui l'entourent et les remontrances de Leonard (Zachary Quinto), l'IA de sa combinaison, Andy se met alors en route pour tenter de retrouver Naomi avant qu'il ne soit trop tard...

Aux commandes, deux réalisateurs de comédie (Blades of Glory, Joyeux Bordel !, la série Hit-Monkey) et un scénariste assez médiocre (responsable d'Extinction, de Moonfall et d'Expendables 4), pour un film de survie/sf bourré de petits défauts (qui expliquent probablement le fait que le film soit resté en development hell depuis son tournage en Islande en 2020), mais qui se regarde tout de même assez bien, grâce à un ton relativement léger et décalé, et une mise en images réussie.

Dommage que l'écriture ne suive pas forcément : pendant la première heure, on est en mode survie, avec un ton semi-sérieux, un Andy qui se dispute constamment avec l'IA de sa combinaison, et qui finit par contacter Naomi, une Naomi à la caractérisation un peu agaçante, mais qu'il retrouve après avoir été traqué par des monstres sanguinaires : le film passe alors en mode film de monstres, avec des monstres qui poursuivent le duo relié par un tuyau d'oxygène : une dynamique intéressante, mais sous-exploitée, et qui est rapidement remplacée par l'exploration de l'épave du vaisseau minier, et un passage en mode film de couloirs, avec en pointillé, deux protagonistes qui se rapprochent, pour un embryon de romance.

Et tout ça est plutôt sympathique, honnêtement... même s'il faut vraiment fermer les yeux sur de gros problèmes au niveau de la plausibilité scientifique et des réactions des personnages, avec un scénario qui se contredit lui-même fréquemment sur ces plans-là et qui a de beaux problèmes de logique interne.

Mais contre toute attente, malgré des défauts évidents, et des inspirations guère dissimulées, le tout reste néanmoins intéressant, avec des effets spéciaux convaincants, des acteurs sympathiques, et des bestioles agressives. J'ai vu bien pire (en l'occurrence, l'immense majorité des productions des plateformes de streaming).

3.75/6 (mais la tagline de l'affiche anglaise "Right girl, wrong world", est totalement hors-sujet)

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