Sur le blog du Téléphage Anonyme, de mi-septembre à début novembre, on fête Halloween avec l'Oktorrorfest, un marathon quotidien de cinéma fantastique et d'horreur...
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Below, saison 1 (2026) :
Dans le petit village de Snook's Arm, en Terre-Neuve, l'arrivée d'un énorme glacier dans la baie s'accompagne de mystérieuses disparitions et d'accès de folie : un poulpe géant d'une espèce inconnue, réveillé par la fonte des glaces, nage dans les eaux locales, et pour les pêcheurs - dont Calvin (Josh Harnett) et sa famille, c'est là une nouvelle menace imposée à leur mode de vie...
Amusant de constater, au visionnage de cette mini-série en 6 x 30-45 minutes, combien le tout aurait pu appartenir au genre de l'horreur lovecraftienne: un poulpe géant meurtrier, réveillé de son sommeil par la fonte de la banquise, qui attaque une petite communauté de pêcheurs ; une créature indicible qui rend fou et suicidaire tous ceux qui entrent en son contact, et leur donne des rêves enfiévrés et des hallucinations ; un être vénéré par une poignée de cultistes psychopathes qui communiquent avec la bête en échange de pêches fructueuses, et sont prêts à tuer pour dissimuler leur secret...
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Amusant, parce qu'en réalité, la série ne fait rien du tout de tous ses éléments, les désamorçant systématiquement à chaque étape de la saison. Ce qui intéresse Jesse McKeown, le showrunner et scénariste de la plupart des épisodes, c'est cette communauté de Newfies, pêcheurs dont la bourgade risque d'être délocalisée par une très méchante corporation (dont on apprend en cours de saison qu'ils ont détecté des minerais rares dans les terres locales).
Le poulpe, lui, sert presque de toile de fond, réapparaissant de temps à autre pour détruire un bateau ou attraper un humain ou un animal imprudent passant trop près de la berge... parce que voyez-vous, la série a un message écologique. Ce qui, en soi, n'est pas un problème. Mais là... mouais.
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Le réchauffement climatique, c'est un fléau qui détruit la banquise, emmenant avec ses glaciers les œufs de ce poulpe. Une maman poulpe perdue dans des océans trop chauds, et qui tente de défendre ses petits... Spoiler : mère et petits meurent à la fin, de manière très nihiliste, parce que « réchauffement climatique ». Et à vrai dire, ce poulpe à géométrie variable (dans certains plans, il est immense, dans d'autres, il fait la taille d'une barque) n'est de toute façon qu'un prétexte.
Un prétexte pour multiplier les sous-intrigues et les personnages inutiles, à commencer par tous ces habitants de la bourgade : Calvin ; son fils bon à rien (Charlie Heaton de Stranger Things) ; son autre fils bon à rien (Rohan Campbell) qui a des dettes, avec donc deux petites frappes qui viennent réclamer leur dû pendant la saison ; sa fille et son fiancé (qui perd sa bague en cours de saison - une sous-intrigue qui ne sert à rien) ; la soeur de Calvin (Willow Keane), officier de port bourrue qui ne sert à rien ; tous ceux qui les entourent au quotidien, rivaux, amis, touristes, etc ; Natasha Hendsrige qui ne sert à rien de toute la saison (c'est une méchante, c'est la fille du patron de la corporation, elle a cinq lignes de dialogue) ; le patron de la corporation en question, qui veut expulser tous les pêcheurs pour pouvoir miner en paix ; Mackenzie Davis en biologiste marine incompétente (elle prend à main nue une poche gélatineuse inconnue, la presse comme un bouton infecté, et tente d'en attraper la bestiole qui en sort) qui passe la saison à tenter de comprendre ce qui se passe, un air ahuri sur le visage (et qui sert vaguement de love interest à Calvin) ; David Wenham en "conservationniste" qui traque le poulpe avec son compère chercheur et un équipage d'asiatiques, à bord d'un bateau scientifique ; trois figures mystérieuses qui vénèrent le poulpe, etc, etc, etc.
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Autant de personnages sous-développés, qui en six épisodes n'ont pas le temps de justifier leur existence. Il faut dire que le scénario est un bordel sans nom, qui tient à peu près la route durant la première moitié de la saison (c'est probablement pour cela que les critiques de la presse, souvent basées sur une poignée de premiers épisodes, sont à ce point enthousiastes), mais part immédiatement en vrille dès que la "folie" guérit spontanément en 48 heures, que Calvin survit à une dépressurisation de sous-marin, que la vérité sur les figures mystérieuses est révélée, que l'armée et la corporation débarquent, et que le final conclue le tout de manière particulièrement médiocre (la menace d'un bombardement, lol, comme si on regardait Godzilla), à tous les niveaux.
Tout au long de la saison, la série multiplie ainsi les raccourcis et les grosses ficelles (je ne serais pas surpris d'apprendre que le nombre d'épisodes a été réduit en cours de route, ou que Netflix a vu les premiers épisodes produits et a soudainement décidé d'intervenir dans le script, tant plein de moments - la guérison de la folie, le poulpe vs l'armée, etc - se déroulent hors champ, entre les épisodes), les personnages sont rarement attachants, le suspense est souvent inexistant, et globalement le tout est trop approximatif et décousu pour convaincre.
Décidément, Netflix et les poulpes... ce n'est pas ça.
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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films passés en revue dans le cadre de l'Oktorrorfest dans le menu de haut de page (onglet Pages), ou en cliquant directement sur ce lien...
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