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LE TÉLÉPHAGE ANONYME

Un nouveau départ pour le blog de Lurdo, après quasiment 14 ans de critiques cinéma et tv publiées tous les jours... ou presque. Archives sur lestelephagesanonymes.over-blog.com.

histoire

Critique éclair #114 - Saturday Night (2024)

Publié le 19 Février 2025 par Lurdo dans Cinéma, Comédie, Histoire, Critiques éclair, Biographie, Télévision, Review, USA

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

Saturday Night (2024) :

Les 90 minutes précédant la diffusion en direct du premier épisode du Saturday Night Live, et les nombreux conflits et événements ayant mené à cette diffusion portée à bout de bras par Lorne Michaels (Gabriel LaBelle) et son équipe...

Entre deux Ghostbusters nostalgiques, Jason Reitman et son compère Gil Kenan décident de jouer les fanboys et de narrer, quasiment en temps réel, les coulisses de la première édition du Saturday Night Live... mais très honnêtement, j'ai trouvé tout ça un peu vain et creux.

C'est très nombriliste, une reconstitution partiellement fantasmée et idéalisée, ça ressemble un peu à du Aaron Sorkin sans le mordant et la virtuosité, et les choix d'interprétation (LaBelle, notamment, choisit de faire de son Lorne un personnage totalement flegmatique et passif, qui peine à convaincre en génie créatif et meneur d'hommes) laissent parfois dubitatif : en somme, c'est un biopic plein de révérence, à la reconstitution visuelle réussie, et qui parvient à retranscrire l'énergie excentrique et chaotique de l'enregistrement d'un show live dans les années 70 (quitte à bourrer le film d'anecdotes et de moments inutiles, et à sous-exploiter un paquet d'interprètes), mais qui échoue à exprimer le caractère révolutionnaire et hilarant du show, tel que Reitman et Kenan le perçoivent avec le recul.

Et puis il y a le problème de baser toute la tension du film sur la diffusion ou non du premier épisode du SNL, un problème assez symptomatique de l'écriture du film : en tant que film de fan bourré de clins d'œil à l'histoire du SNL, à ses sketches célèbres, au destin de ses acteurs, etc, SN tente d'avoir le beurre (la tension artificielle qui fait comme si le spectateur ne savait pas déjà comment tout cela allait se terminer) et l'argent du beurre (les innombrables coups de coude au spectateur qui supposent clairement que le spectateur a toutes les références, reconnait toutes les anecdotes, les sous-entendus, les visages, et donc, sait déjà clairement comment tout va se terminer).

On se retrouve donc avec un exercice de style qui a le postérieur entre deux chaises : c'est tout à fait regardable et même divertissant, et la distribution est excellente, mais niveau intérêt intrinsèque, ça s'arrête là.

3/6

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

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Critique éclair #089 - QUINZAINE SAINT VALENTIN - To the Moon (2024)

Publié le 5 Février 2025 par Lurdo dans Cinéma, Histoire, Romance, St Valentin, Critiques éclair, Review, USA, Apple, Comédie

## Au programme : des films et des séries, pour un minimum de quatre critiques par semaine... ##

To the Moon (Fly Me to the Moon - 2024) :

En 1968, Kelly Jones (Scarlett Johansson), publicitaire new-yorkaise, est recrutée par Moe (Woody Harrelson), un agent gouvernemental, pour aider la NASA à redorer son image de marque, en utilisant tous les trucs et astuces des professionnels de Madison Avenue. Mais en parallèle, alors que Kelly apprend à connaître Cole (Channing Tatum), le directeur du prochain vol Apollo 11, elle reçoit aussi pour tâche de mettre en scène un faux alunissage dans un hangar de la NASA, au cas où le véritable alunissage se déroulerait mal...

Un film Apple Tv réalisé par Greg Berlanti, écrit par un trio de scénaristes inexpérimentés, et qui, bizarrement, est la définition même de "la mayonnaise ne prend pas". Les acteurs sont sympathiques (même si Channing Tatum semble un peu anachronique dans cet environnement Sixties), la reconstitution est compétente, c'est plein de bonne volonté, mais le mélange des genres et des tons fait que le tout ne se cristallise jamais en quelque chose d'homogène et d'efficace.

Fly Me to the Moon se veut en effet à la fois comédie satirico-conspirationniste, comédie romantique, éloge nostalgique de la conquète spatiale, critique du monde de la publicité, reconstitution historique, mélodrame, farce improbable... le tout en près de 2h15, et sur la base d'un script un peu décousu, jamais totalement maîtrisé et rythmé par Berlanti (issu du monde de la télévision).

On se retrouve donc avec un long-métrage qui saute thématiquement du coq à l'âne, et n'a jamais vraiment la légèreté, le pétillant et le fun qu'exigerait une comédie romantique se déroulant dans les années 60. C'est dommage, parce que çà et là, pourtant, le film trouve des moments ludiques, qui fonctionnent bien, et laissent deviner le film que scénaristes et réalisateur avaient en tête.

Mais dans l'ensemble, mwebof. Ce n'est pas désastreux, mais c'est très peu plausible, un peu trop éparpillé, et l'alchimie entre Tatum et Johansson ne casse pas des briques, ce dernier étant un peu trop en mode "je suis sérieux et hanté par le drame d'Apollo 1" pour se mettre sur la bonne longueur d'ondes.

3/6 

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Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...

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Les bilans de Lurdo - Le Décaméron (2024)

Publié le 1 Février 2025 par Lurdo dans Comédie, Drame, Histoire, Romance, Critiques éclair, Les bilans de Lurdo, Télévision, Netflix, Review, USA

Adaptation libre du Décameron (recueil de nouvelles italiennes de Giovanni Boccacio publié au 14e siècle et ayant récemment inspiré le quelconque Les bonnes sœurs) par la showrunneuse de Teenage Bounty Hunters (et avec Jenji Kohan à la production), cette mini-série en huit épisodes d'une heure, produite pour Netflix, garde le cadre et le ton de l'œuvre originale, plutôt que les événements ou les récits exacts, pour proposer un récit collégial au carrefour des genres, à mi-chemin entre la comédie décomplexée, la romance impossible et la tragédie dramatique, le tout saupoudré de satire sociale et de guerre des classes...

Le Décaméron, saison 1 (The Decameron - 2024) :

Alors que la peste noire ravage l'Italie, Licisca (Tanya Reynolds), servante, fuit Florence avec sa maîtresse Filomena (Jessica Plummer) pour se réfugier dans la Villa Santa, possédée par Leonardo, un parent éloigné de cette dernière. Lasse d'être méprisée, elle finit cependant par pousser sa maîtresse arrogante d'un pont et endosse alors son identité. Sur place, elle rencontre Pampinea (Zosia Mamet), noble égocentrique promise à Leonardo, et sa fidèle servante Misia (Saoirse-Monica Jackson) ; Tindaro (Douggie McMeekin), homme-enfant immature et Dioneo (Amar Chadha-Patel), son médecin particulier musclé et séduisant ; le calculateur Panfilo (Karan Gill), aux penchants homosexuels dissimulés, et son épouse Neifile (Lou Gala), pieuse et en manque de sexe ; Stratilia (Leila Farzad), la cuisinière sarcastique de la Villa ; et Sirisco (Tony Hale), l'intendant en charge du domaine... Seul problème : Leonardo est récemment mort de la peste, mais Sirisco est le seul à le savoir, après avoir jeté le corps dans les douves de la Villa... et Filomena finit par arriver au château, où elle est prise pour la servante de sa "maîtresse".

Une vraie bonne surprise que cette mini-série Netflix historico-comique assez polarisante : on adhère ou pas au délire ambiant mais, dans mon cas, l'équilibre improbable de ce programme a bien fonctionné.

Comme je le mentionnais en introduction, le show est en effet constamment sur le fil du rasoir ; après une mise en place plus comique et caricaturale, bien portée par des acteurs n'hésitant pas à forcer le trait lorsque nécessaire, la série prend progressivement un virage plus sérieux, et ce dès le troisième épisode.

Un épisode qui commence pourtant par des coucheries dans tous les sens... mais devient rapidement plus intense et dramatique, voire même parfois touchant.

Cette tendance se confirme ensuite, alors que se multiplient les secrets, les mensonges, les morts, les humiliations et les confessions dans le cadre de cet environnement clos, de ce confinement pandémique qui permet ainsi aux personnages d'évoluer, de se révêler, de se développer et de changer, voire de se transcender, le tout sans se défaire d'une approche décalée et improbable de la fiction "historique" : alors que les costumes et les décors sont somptueux, l'illustration musicale alterne entre le Concerto pour mandoline de Vivaldi, qui sert de thème principal, et des classiques 80s (Depeche Mode, Pixies, Enya, etc).

Le décalage ainsi créé permet ainsi à la série de passer lentement de la satire à une méditation sur l'amour, le deuil et l'isolation, sans jamais oublier d'être amusante : les acteurs (en grande partie issus de la télévision anglaise) sont excellents (mention spéciale à Tony Hale, qui compose ici un personnage bien éloigné de ses rôles précédents), parviennent à maîtriser tant le versant comique que l'aspect tragique de leur personnage, et le scénario n'hésite pas à sacrifier certains d'entre eux au gré de sa progression, ici sous les coups d'une lame, là à cause de la maladie...

Ajoutez à cela un joli générique animé à base de rats, et voilà, une fresque satirique en costumes qui intrigue, divertit et touche tout au long de ses 8 épisodes... ou presque.

Si je peux reprocher quelque chose de tangible à la série, en effet, c'est peut-être son format : le récit multiplie un peu trop ses rebondissements, avec des personnages qui quittent la villa, y reviennent, repartent, etc, et des éléments parfois un peu répétitifs : six épisodes auraient peut-être été préférables, et permis d'éviter quelques longueurs redondantes, ainsi que certains personnages un peu girouettes, qui finissent par changer d'avis comme de chemise, histoire de bien renforcer à quel point ils méritent leur sort final.

Mais sinon, comme je le disais, une bonne surprise, dans l'ensemble, et un projet unitaire bien maîtrisé (dommage que la showrunneuse n'ait pas décroché le poste de showrunneuse de la future série Harry Potter de HBO, à la place de Francesca Gardiner, à l'expérience somme tout plus limitée).

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Retrouvez aussi toutes les autres séries passées en revue sur ce blog en cliquant ici et en consultant nos archives .

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