##
/image%2F7070347%2F20250801%2Fob_e7b46f_new-poster-for-mike-flanagans-th.jpg)
Life of Chuck (2024) :
Dans un futur proche, alors que le monde est ravagé depuis un an par une succession de catastrophes meurtrières, et que l'humanité est au bord du gouffre, Marty Anderson (Chiwetel Ejiofor), enseignant, et Felicia Gordon (Karen Gillan), infirmière, réalisent que des phénomènes étranges se produisent en parallèle, et que des messages remerciant un certain Chuck Krantz (Tom Hiddleston) apparaissent çà et là. Un Chuck qui est sur le point de s'éteindre dans un lit d'hôpital, et qui semble étrangement lié au destin de l'humanité...
Après Jessie et Doctor Sleep, Mike Flanagan continue ses adaptations de Stephen King, en s'essayant ici à une nouvelle plus... "feel good" que les récits d'horreur de King. Il en résulte un film bâtard et intrigant, mi-éloge du carpe diem et du besoin de suivre ses passions avant qu'il ne soit trop tard, mi-film fantastique avec des visions prémonitoires.
Comme toujours chez Flanagan, la forme, l'écriture et l'interprétation sont maîtrisées, et le film utilise ainsi une chronologie à rebours pour narrer son histoire et laisser le spectateur se poser moultes questions.
Pendant 40 minutes, le spectateur se trouve dans un film catastrophe où le monde part en miettes, où les humains sont condamnés, où de nombreux visages familiers se résignent à accepter leur sort, et où Flanagan pose son mystère et plein d'éléments intrigants - les plus perspicaces auront probablement cerné le rebondissement final du film dès la fin de ce premier segment, mais ce n'est pas trop gênant.
Puis vient une petite vingtaine de minutes pendant lesquelles Chuck, à moins d'un an de sa mort, décide spontanément d'esquisser un pas de danse en public avec une charmante inconnue (Annalise Basso, une habituée de Flanagan), sur le rythme d'une musicienne/joueuse de batterie des rues. Un petit moment de fantaisie qui prend son sens ensuite, dans les 50 dernières minutes du film.
Une dernière partie qui explique le pourquoi du comment du film, qui revient sur le personnage de Chuck depuis sa plus tendre enfance, avec toujours plus de visages familiers de la filmographie de Flanagan, parfois aperçus plus tôt dans le film, et qui est fasciné par le poème de Walt Whitman qui dit "Je contiens des multitudes", et qui, pour être clair, se trouve au cœur même du scénario du film.
Tout ça, c'est intéressant, c'est touchant, c'est doux-amer, mais ce n'est pas parfait pour autant : Flanagan reste fidèle au style littéraire de Stephen King, et l'on se retrouve ainsi avec une narration un peu maladroite et intrusive de Nick Offerman, avec quelques monologues qui paraissent initialement superflus, ainsi qu'avec un twist de fin que l'on voit venir de très loin, comme je le sous-entendais plus haut. On pourra même trouver que Flanagan explicite un peu trop ce qui se passe, mais vu le nombre de spectateurs en ligne qui n'ont apparemment pas compris le concept même du film, on va dire que c'est nécessaire.
Et puis il est certain que les esprits les plus cyniques auront du mal avec ce portrait d'un jeune homme au destin funeste, passionné par la danse mais engagé dans une carrière de comptable...
Mais si l'on se laisse porter, il y a de quoi trouver là un récit plein de mélancolie et de poésie, qui mérite le coup d'œil.
4/6
--
Et comme toujours, vous pouvez retrouver la liste complète de tous les films récemment passés en revue sur ce blog en utilisant le menu de haut de page, ou en visitant les milliers de critiques de films archivées ici...
/image%2F7070347%2F20241211%2Fob_135e0f_ob-71ee5e-mmm.jpg)